Monthly Archives: November 2009

In the loop

Heureusement surprise par Damned United, alléchée par la bande annonce, les critiques positives de la BBC et par les miennes, Miss J. réussit à trouver le temps d’aller voir dès le lendemain le très caustique In the Loop, que j’avais vu il y a quelques mois lors d’un passage londonien. Je ne crois pas qu’elle le regretta, et je fus heureux de le revoir en sa compagnie, hilare.

Le film, violente satire politique, montre les difficultés de Simon Foster (Tom Hollander), secrétaire d’Etat britannique au développement international (sic) volontaire mais gaffeur, dans sa communication, alors que la décision ou non d’entrer en guerre et d’assister les Etats-Unis dans leur invasion de l’Irak est en train d’être durement négociée au plus haut niveau. Ses bourdes répétées dues à son ambition et son enthousiasme vont amener Malcolm Tucker, l’intimidant et ordurier directeur de la communication du Premier Ministre (Peter Capaldi, exceptionnel), à s’occuper personnellement de lui afin de limiter au mieux les dégâts et tourner la situation dans la direction désirée par son patron, et, on le découvre très vite, les faucons états-uniens.

Et c’est là que le jeu de massacre commence : la description des luttes de pouvoir à tous les niveaux, des stagiaires aux ambassadeurs, est sans pitié et scandée par les insultes les plus imagées et les plus puissamment vulgaires que l’on puisse imaginer, d’ailleurs on ne le peut pas, ce qui amène le rire. Alors que le sort d’un pays et d’un peuple, et la vie de centaines de milliers de personnes est en jeu, tous les protagonistes font preuve des défauts les plus affligeants et les plus réalistes pour garantir une catastrophe. Velléitaire, lâche, opportuniste, hypocrite, d’un égoïsme sans faille ou d’une bêtise sans fond, chacun tend à prouver qu’il est plus médiocre et méprisable que le précédent, que celui-ci ou celle-ci soit du côté de la paix ou de la guerre. La morale de l’histoire ressemble à la plaisanterie connue sur les hauts-fonctionnaires : les êtres humains peuvent être intelligents, honnêtes et hauts-fonctionnaires mais jamais les trois à la fois. On peut être intelligent et haut-fonctionnaire, mais malhonnête ; honnête et haut-fonctionnaire, mais stupide ; honnête et intelligent, mais dans la salle de cinéma, pas dans In the Loop.

Difficile d’ailleurs de traduire le titre. Tentons deux interprétations « en cercle » et « par la bande » qui bien que très approximatives donnent le ton. “En cercle” car les personnages butent les uns sur les autres et tournent dans les mêmes corridors et les mêmes cercles, sans réussir à en sortir, désirant même être au centre de ceux-ci. “Par la bande” puisque c’est une histoire de où les décisions se prennent non pas pour le bien commun mais pour la bande et par celle-ci, c’est à dire indirectement. Le vitriol, la crudité des dialogues et des situations, la mesquinerie et la vanité des « héros » auraient pu aisément amener le traducteur à choisir Intolérable cruauté ou encore La métamorphose des cloportes comme titres, si ceux-ci n’avaient pas déjà été utilisés.

Revoir ce film fut à la fois un plaisir et une torture. Un plaisir car la vivacité des dialogues, l’âpreté des insultes échangées, l’énergie des acteurs transportent et émerveillent. Une torture car la cruauté dont font preuve tous les personnages les uns envers les autres et paradoxalement le réalisme de cette parodie de la scène diplomatique internationale serrent le cœur. On peut regretter que le réalisateur, Armando Ianucci, ait choisi une cinématographie proche de celle du reportage, de la caméra à l’épaule, car si le côté documentaire sert d’une certaine manière son propos et rapproche le film de la série télévisée (The thick of it) dont il est issu, ce biais ajouté aux pétaradants dialogues finit par amener une forme d’essoufflement à la fois à l’écran et chez le spectateur. On reste néanmoins impressionné par la grossièreté insane des personnages, en particulier les Ecossais, tous dans la communication, le talent de la distribution , des rôles principaux, tel James Gandolfini impérial en général pacifique et dépassé, ou secondaires, comme Steve Coogan, en horripilant électeur moustachu névrosé, et l’audace du scénario, la violence de la charge. On rit plutôt que d’en pleurer. Fort.

And here is what our expert in satire (and Cheddar cheese) had to say :

This is a dark, sizzling film in the purest lineage of the wonderful 1980s British satirical television programme ‘Yes Minister’. The series was a total joy but also an exquisite torture, owing to its portrayal of troublingly plausible UK parliamentary skullduggery with a large dollop of sharp wit and cynicism, and a sparkling script. In ‘Yes Minister’, it is the oily-tongued, erudite and inscrutable civil servant Sir Humphrey Appleby, flawlessly played by Nigel Hawthorne, who seamlessly runs the political show whilst his minister, Jim Hacker, is haplessly swept along by the ebbs and flows of political power manoeuvring, outwitted at every turn by his impeccably ‘civil’ servant. Here they are in action, for your (nostalgic) viewing pleasure:


‘In the Loop’ takes up the cynical, blackly hilarious trail blazed by ‘Yes Minister’. It too, was originally a television series. We find the same kind of hapless minister desperate not to bungle his career, this time in the run-up to a controversial US-UK joint Middle East invasion (hm – no need to think too long or hard about what that could be about). The silver-tongued Sir Humphrey is replaced by the spectacularly foul-mouthed spin doctor Malcolm Tucker (Peter Capaldi), who proceeds to sweep aside everyone blocking his (war)path using spitfire insults, bombastic threats and cutting put-downs. In other words, the spirit of ‘Yes Minister’ has been transported to the Noughties, and, fittingly for the times, it’s dropped all pretences of a good upbringing. The primary target of Tucker’s ire is Simon Foster MP (Tom Hollander), who has the misfortune to find himself, under pressure to the media, blurting out the unfortunate statement that to in order to preserve peace, “we sometimes must climb the mountain of conflict”.

I found myself doubled over with laughter throughout much of this film. It is exceptionally well played, and its caustic lines are delivered with just the right level of throw-away casualness that demands you sit up and listen carefully. Steve Coogan incidentally puts in a brilliant appearance as an enraged constituent determined to bring Simon Foster to account for a government-owned garden wall that is crumbling into his mother’s garden, this most minor of incidents snowballing into a perfect career storm, fuelled by the gaffes of Foster’s bendy-spined communications assistant Toby. The script is excellent and the characters suitably odious, incompetent or even grotesque, as befits such a woeful tale of manipulation, short-sighted acts of self-preservation and generalised backstabbing. It reduces political folly to the smallest, most petty of human dimensions, transposing seemingly enormous and ungraspable events into an absurd but logical frame of events. This does not make them any less tragic or infuriating, but perhaps, potentially, somehow easier to tackle on equal terms with the perpetrators. It is a film that says: “it’s not you, it’s them” – it urges the spectator to be politically vigilant, not to leave things in the hands of people who are just as flawed, if not far more so, than the most mediocre of us.

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The Damned United

Ken Loach s’était récemment attaché à décrire les difficultés de la classe ouvrière dans sa comédie sociale et footballistique, Looking for Eric. Tom Hooper investit également le monde du football pour offrir un portrait de son pays au début des années 1970, mais surtout celui d’un homme mené par son talent mais aussi par son orgueil. Le film se concentre sur l’enfer que vécut Brian Clough (Michael Sheen) en tant qu’entraîneur de Leeds United en 1974. Le club de Leeds avait agressivement survolé le championnat anglais les 13 années précédentes, sous la direction paternelle, cynique et minérale de Don Revie (Colm Meanie). Celui-ci appelé à de plus hautes fonctions, entrainer l’équipe nationale, laisse sa place à son ennemi intime, le très ambitieux et très jaloux Clough.  Celui-ci pouvait se prévaloir d’avoir mené l’équipe de Derby County du fond de la seconde division jusqu’au titre de champion d’Angleterre, détrônant ainsi Leeds. Reprendre une équipe, jusque là ennemie, encore très attachée  à l’entraîneur précédent, à qui tout vous oppose, s’apparente à un travail de titan, Clough ne tiendra que 44 jours, sans doute tous de trop.

Mais pour ceux qui n’apprécie pas ou peu les jeux de ballon, pas d’inquiétude, Damned United n’est pas du tout un film « sportif ». Nul besoin de savoir que Brian Clough est un personnage célèbre du football anglais, un entraineur de légende, car l’histoire avec grande intelligence se concentre sur le caractère de l’homme et les dangers de l’ambition. Comme le faisait remarquer le dynamique couple d’amis qui nous accompagnait (cordiales salutations à vous E. et F.),  une des plus grandes réussites du ce film tient en l’évocation brillante de ce moment charnière où le football devient une industrie avant d’être un sport, où les médias transforment le jeu, ses acteurs et ses spectateurs. La critique sociale est moins développée que chez Loach, mais quoique modeste elle reste présente et exacte : les tensions entre rentabilité et fierté du maillot, décalage grandissant entre supporters et présidence des clubs, etc.

Le style de Clough tout en gueule et en flamboyance correspond à ce changement d’époque. Mais la célébrité et le pouvoir qu’il tirera de ses talents se montreront toxiques : il fera le choix de suivre sa rancune et sa vanité, d’oublier son fidèle et indispensable second Peter Taylor (Timothy Spall), plutôt que de gérer ses succès avec sagesse, avec honneur. Ce thème de l’ambition et de ses dangers, du désir de vouloir s’élever quel qu’en soit le prix, de l’ivresse du pouvoir, rapproche l’œuvre des scénarii précédents de  Peter Morgan, ici adaptateur du livre éponyme de David Peace. Il poursuit la réflexion initiée dans Frost/Nixon, Deux soeurs pour un roi, ou Le dernier Roi d’Ecosse. Les dialogues savoureux et la réalisation de Tom Hooper, intelligente et nerveuse, nous guident avec légèreté et humour sur les chemins tortueux d’une tragédie, superbement servie par l’ensemble de la distribution, Michael Sheen en tête. Cet acteur démontre film après film l’étendue de sa palette et de son talent, ainsi que son monopole sur les Anglais célèbres pour leur talent médiatique (Tony Blair dans The Queen, Nick Frost dans Frost/Nixon et ici Brian Clough).

Ainsi, vivent les rudesses du football anglais, puisqu’elles inspirent des comédies nuancées, de jolies tranches d’Angleterre et ici une intéressante découverte de la grandeur et des faiblesses d’un homme attachant, qui d’après Miss J. reste légendaire.

 

 

Prior to The Damned United, I wouldn’t have imagined it possible to enjoy so wholeheartedly any production announcing itself as a ‘British Sports Drama Film’. Especially if viewing it at the cinema in question, the wishfully named ‘Orient Express’ cinema, which I would like to nominate as one of the grottiest cinematic venues in Paris. It lurks, creepily, in a dank and airless corner of the underground shopping centre ‘Les Halles’, so close to the underground rail network that every film you see there bears the deep rumbles of departing trains. This works better in action movies with plenty of regular explosions to tactfully mask such growling than in more sensitive pieces prone to meaningful pauses in a bid to heighten their dramatic tension. The ‘Orient Express’ is where films are relegated by UGC when they are not deemed fit for its much larger, more presentable and better ventilated multiplex at the other end of ‘Les Halles’. It is where the chairs groan miserably and tumbleweed frequently blows across semi-abandoned rooms, in some cases punctuated by the rumbling of snoring merging with the departing trains. It was the cinema where Mike Myers’ The Guru was sent from the outset.

I suspect that The Damned United was put in this sad corner because its hero was hardly expected to draw hordes of people clambering to find out more about a relatively obscure chapter of 1970s British football history. Indeed as far as my British self was concerned, the name Brian Clough had initially rung only the most distant of bells in my mind. And even then, I now suspect that the faint clanging I thought I had heard was due to mixing him up with a certain GORDON Clough, the deep-voiced former presenter of ‘The World At One’ on BBC Radio Four. Who has nothing to do with the edgy, short-fused, mercurial football manager at the centre of this tale. Of course, it took just one glance at his photograph after the event for me to slap my forehead in instant recognition of the man who had dominated international football match commentary teams for as long as I could remember, but on whose past I had never thought to inquire, as I do not ‘do’ football. I do remember that he seemed utterly immersed in each game, living fully each instant of the match and blasting off fiery remarks that sometimes made the presenter cough ever so slightly or shoot the camera a wry glance.

This is a film that is both completely about football, as with the man himself, and entirely about the inner life of Brian Clough, as with the man himself. It follows his disastrous forty-four day reign at the head of Leeds United, a team of dirty bullies (I recount only the film here, the actual history could have been different for all I know). It is also the touching tale of a friendship between a manager and his assistant, pushed to beyond its limits by Clough’s hubris, but which equally soars as a collaboration thanks to his iron obsession with climbing to the top of every league table they encounter. The film has wonderful dialogues, it is beautifully shot, and the tale is compelling. It almost never stops raining, which rings true for the north of England. Michael Sheen is superb as Clough, having now successfully negotiated roles as Frost and Tony Blair in Frost/Nixon and The Queen. And now The Damned United. Just as a much a legend as the other two.

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Les livres ont un visage, les films ont-ils celui d’Irène?

Miss J. étant en ce moment très concentrée sur ses obligations professionnelles d’intellectuelle de haute volée écrivant de très profonds articles, que dis-je, des chapitres, sur la philosophie de l’humour et l’histoire culturelle françaises, j’en profite pour aller voir des films qui n’apparaissent pas au faîte de ses envies. Ici, accompagné par un de mes amis, le très melvillien et léonien J.M., j’allais découvrir le documentaire intime d’Alain Cavalier, Irène. Le film est un essai de retranscrire en image le questionnement, la peine, la culpabilité, en un mot le deuil que vit Alain Cavalier depuis la mort de sa femme il y a presque 40 ans. Irène fut victime d’un accident de voiture et Alain Cavalier ne s’en est pas vraiment remis.

Le style choisi par Cavalier est assez radical, pas d’acteur si ce n’est sa voix, le plus souvent susurrante, des plans fixes et des gros plans pris de sa toute petite caméra sur des objets ou des lieux, l’effet est insolite, sacralisateur et par conséquent efficace. Le spectateur se retrouve dans la position d’un psychothérapeute : l’attention est flottante mais bienveillante, devant la douleur d’un homme qui se livre aussi honnêtement qu’il le peut. Parfois cru, parfois rusé, parfois maladroit, toujours franc, Cavalier expose son obsession de cette femme, et la transformation de celle-ci en icône.  Nulle actrice ne peut la représenter et les images elles-mêmes sont traîtresses. Les photos d’Irène n’apparaîtront que tard dans le film. Les confidences narcissiques du filmeur touchent mais n’émeuvent pas, car Cavalier clôt son film et, paradoxalement, ne partage pas « son » Irène. Le rythme d’une très grande lenteur, la répétition obsessionnelle de ses confessions, la relative banalité des ses plans amènent à un ennui massif, mais en rien désagréable. Et on ne peut que compatir face à ses regrets et à sa nostalgie.

De manière intéressante on retrouve des sentiments équivalents dans le dernier ouvrage de Jérôme Garcin, les livres ont un visage. Le journaliste présente une galerie de portraits sensibles, principalement d’auteurs décédés qui furent des admirations ou des amis : Jacques Chessex, François Nourissier, Gabrielle Wittkop ou Julien Gracq. On dénote des descriptions de ceux qui sont encore parmi nous, une forme de mélancolie, de nostalgie d’un temps passé (Sempé, Barnes, Le Clézio, Zouc …), de la difficulté de voir disparaître ceux que l’on aime sans vraiment pouvoir les retenir. Restent les souvenirs, fugaces (ces chapitres sur l’équitation), et les œuvres, durables mais distinctes de l’existence de ces pourvoyeurs de rêves. Ecrites avec précision, en un style très classique, ciselé, parfois légèrement emphatique, parfois suranné, toujours gracieux, les pérégrinations littéraires de Garcin emportent et séduisent. Elles offrent un livre qui paraît presque d’un autre temps, celui de son père, emporté trop tôt par une chute de cheval et à qui il dédie cet ouvrage. Le livre et le film se complètent ainsi et se répondent en cette quête d’un visage de l’être aimé, de l’être manquant, à qui l’œuvre, écrite ou filmée, bâtit un mausolée de paroles et d’émotions.

 

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La loi de Murphy

Certains films offrent de modestes lucarnes de bonheur dans un monde grisailleux. Il ne faut pas les prendre pour plus qu’ils ne le sont, leur ambition le plus souvent ne dépasse pas la volonté de divertir, et si possible pas trop bêtement, mais avec gourmandise et dans la joie. Et quand on y pense, c’est bien plus ardu qu’on l’imagine. Christophe Santos s’y attache dans un premier film, la loi de Murphy, celle de l’emmerdement maximum, et il se débrouille plutôt bien.

S’étant allié au scénario avec l’audacieux Mabrouk el Mechri qui paraît bien parti pour être un des rénovateurs français du film de genre de qualité (intéressant Virgil, excellent JCVD), Santos a créé un univers loufoque et hospitalier dans lequel les histoires les plus abracadabrantes vont avoir lieu. Un vol de diamants raté va mener dans le service d’Elias (Pio Marmaï), brancardier à 5 heures de la fin de sa conditionnelle, son ancien compagnon de cellule (D. Pinon), le diamantaire blessé (S. Larivière), les nuisibles frères Ortega (K. Belkhadra, B. Ricci et un étonnant Omar Sy, meilleur de film en film), un portugais obèse, petit receleur et grande crapule (F. Saurel), et la moitié des forces de police française capillophile (mention spéciale à J-M. Noirey). C’est là que le malheureux Elias va comprendre que les ennuis volent en escadrille, et les problèmes ne viennent jamais seul. Il n’aura pas assez du film pour tenter de se dépêtrer de ce sac de nœuds, aidé heureusement par une ravissante interne (F. Valette), sensible à son charme.

La distribution est une des forces du film, les premiers et seconds rôles (citons encore G. Lecluyse, J. Lambert, M. Duchaussoy, et Fred Testot en Frégoli puisqu’il tient 5 rôles différents) sont finement choisis et tous réjouissants. L’attention pour le détail, les arrière plans, amènent à souvent sourire des divers clins d’œil que nous adresse le réalisateur. Comme l’homme a de la culture, il cite, on peut reconnaître l’influence très (trop ?) imposante de Guy Ritchie, en particulier Snatch, mais aussi dans un sympathique désordre Scorcese (After Hours), Chuck Norris, Starsky et Hutch, les séries médicales américaines ou françaises (de H à Urgences), etc. C’est là peut-être une  faiblesse du film, car si le spectateur n’est pas emporté par ce tourbillon énergique, il peut parfois trouver lassant ce généreux foutoir. Le rythme et ladite générosité de l’ensemble m’ont cependant séduit et ont excusé les petites lourdeurs, maladresses ou facilités de l’œuvre. On ne peut qu’espérer de prochains films tout aussi, voire plus divertissants encore et un encouragement aux créateurs et producteurs français à s’investir dans le cinéma de genre.

 

 

To give some context to my experience of this film, I should say that I was not just urged to see it, but verily shepherded into the cinema in the company of a dear friend, T, along with Monsieur D.

T had experienced this film as an epiphany, a revelation, the proof that French cinema still has more zest for life in it than a pro-life march, something that I should not miss at any cost, that would be the perfect conclusion to an evening previously spent in yogic meditative bliss after a heavy day of teaching. The excitement was palpable. I clutched my hastily purchased sandwich, savoured the lingering sensations of relaxation from the yoga coursing through my body, and the title music started to roll. From then on, it was like being repeatedly stabbed in the forehead with a biro. The music thudded, its dance beat calling up every ounce of adrenaline available in my body, propelling my heartbeat up to twice its previous speed, car engines roared, people shouted, screamed, shot each other, panicked, got very angry and acted wholeheartedly on it. I was tired, I was confused. A man on the verge of reaching the end of his lengthy parole sentence, transformed into an exemplary hospital aide since exiting jail, has the misfortune to find himself suddenly surrounded by his former prison cellmate, a gang of diamond dealers with a grudge and a number of very suspicious police officers. Things are not looking good.

But the only question I could ask myself in the face of this mayhem is “why doesn’t he just go home??” After all, it’s not going to look great to pull a sickie and suddenly take off for the night, what with being a loyal employee and all, but surely it’s a better option than sticking around, getting hopelessly implicated as he does, into a horrible mess involving laxatives, incompetent surgeons with a death wish on their patients and his career, and irreparably damaged motor vehicles. And from an entirely selfish point of view, if he’d gone home, perhaps all of the shouting would have stopped, and I would have liked that. I’d have liked to see the inside of his studio whilst he took a nice hot soak in the bath and smiled to himself smugly thinking how it was a good thing he’d got home while the going was good. But no. Wrong kind of film, I think. I’m not the best audience for Tarantino-esque ‘madcap’ comedies.

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L’Imaginarium du Docteur Parnassus

Comment ne pas aimer Terry Gilliam, le conteur ? Un homme imaginatif, drôle, co-créateurs des Monty Python (encore merci), capable de faire de grands films uniques et baroques, parfois bancals, toujours étonnants (Brazil, le baron de Münchausen, Fisher King, etc.). Comment ne pas plaindre Terry Gilliam, le maudit ? Un homme qui a du mal à réunir des fonds, l’adaptation de Good Omens de Pratchett et Gaiman aurait dû sortir il y a déjà dix ans, qui fait fuir ses producteurs (Brazil), qui attire les accidents : les costumes de Münchausen brûlent, Don Quichotte doit s’arrêter frappé par des trombes d’eau en plein désert et faute de Jean Rochefort, dont le dos ne se remettra pas du tournage. Et là, son acteur principal, le talentueux Heath Ledger, avec qui il avait tourné son dernier succès (les Frères Grimm), décède en plein tournage.

Comment résister à l’alliage de ces deux réputations ? Le film offre quelques pistes.

L’Imaginarium du Docteur Parnassus n’est pas sans qualités, mais celles-ci ne sont pas à la hauteur de M. Gilliam. Pourtant l’argument initial correspondait à son univers : Le Dr. Parnassus (Christopher Plummer en ivrogne flamboyant), il y a mille ans, parie avec le diable (Tom Waits), gagne l’immortalité puis la perd pour la jeunesse, en échange de sa fille (Lily Cole), alors promise au diable le jour de ses 16 ans. Pour la sauver, le Dr. Parnassus et sa désuète troupe de théâtre ambulant offrent à leur public de passer par un miroir magique qui leur permettra de vivre dans leur imagination, à eux de choisir s’ils choisissent les propositions du diable ou celles de la créativité. Chaque âme gagnée éloigne le Malin, mais ces victoires sont rares, car les bateleurs plus ridicules qu’attirants. Tony (Heath Ledger), un escroc charmeur, leur viendra alors en aide, ou pas.

Le décès de l’excellent M. Ledger n’est même pas le problème majeur de l’œuvre. En effet, les remplaçants de luxe, messieurs J. Depp, J. Law et C. Farrell, jouent les avatars de Tony de l’autre côté du miroir, et l’ensemble reste logique et cohérent. Les quatre acteurs dans des registres différents sont d’ailleurs magnifiques. Mon moment préféré du film tient en un quart d’heure où le magnétique Johnny Depp résiste aux avances d’une bourgeoise londonienne dans un monde de nénuphars et gondoles. Mais ces acteurs d’exception et ces moments oniriques et décalés ne remplacent pas les carences d’un scénario sans queues ni têtes, décousu à l’extrême. Ils ne remplacent pas non plus le souffle lyrique qui traverse habituellement les films de Terry Gilliam. L’inventivité de Gilliam est toujours présente mais plus faible et moins à propos que dans ses réalisations précédentes. Son image est souvent laide, entre le trop coloré et le sépia, ses machines et fantaisies paraissent fonctionner à vide, leur âme ayant été remplacé par du vent.  Mais avant tout manque l’émotion, les relations entre personnages trop hystériques, finissant par devenir très mécaniques.

Ainsi, le film est plus original qu’une grande majorité de la production internationale mais on ne peut s’empêcher de regretter que cette originalité visuelle ne le soit pas tant et plus encore ne soit pas mieux servie par une histoire solide et un montage plus carré, car il est à redouter qu’on ne se souvienne de cet Imaginarium que comme d’un immense fatras, un capharnaüm, remarquable seulement par la mort de son acteur principal.

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Le concert

Après d’étonnantes péripéties, allant jusqu’à l’annonce susurrée par une caissière que je fais partie d’une « liste noire », m’empêchant par conséquent d’utiliser ma carte d’abonnement, je tentais une semaine plus tard, accompagné de Miss J., d’assister au fameux Concert, proposé par Radu Mihaileanu. Le bouche à oreille est excellent, certains amis étant revenus enchantés, de plus je garde un très bon souvenir des précédentes réalisations de M. Mihaileanu, la fable sur la Shoah, Train de Vie, et surtout le beau Va, Vis et Deviens, narrant l’exode vers Israël d’un enfant éthiopien chrétien, qui se fait passer pour un orphelin juif, afin d’échapper à la famine et une mort probable.

Le Concert reprend les thématiques chères à l’auteur : secrets et mensonges, réflexions sur la judéité et sur l’histoire contemporaine, le tout proposé sous forme de fable. Ici, Andreï Filipov (Aleksei Guskov), brillant chef d’orchestre, est réduit par la politique brejnévienne à ne plus être qu’homme de ménage au Bolchoï. Il a refusé de se séparer, il y a trente ans, de ses musiciens juifs, ce qui lui valut un humiliant licenciement. Tombé par hasard sur l’invitation du Théâtre du Châtelet à faire venir en dernière minute le Bolchoï à Paris, il mobilise tous ses anciens camarades, afin de vivre son rêve le plus fou : jouer le Concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski et trouver ainsi l’harmonie parfaite à laquelle il aspire.

L’idée est attirante, la bande annonce en témoigne, mais le résultat calamiteux. Cette équipe de musiciens, tenant plutôt des bras cassés que des virtuoses, arrive sans répétitions à donner un récital parfait : plutôt étonnant, au delà même du miraculeux. Et tout le reste du film est à l’avenant, oscillant entre le cliché, le grotesque et l’humour le plus discutable : les tsiganes sont arnaqueurs et hâbleurs, les russes alcooliques et brutaux, les juifs ont le commerce dans le sang … La soliste, interprétée par Mélanie Laurent, a l’air de découvrir ce qu’est un violon, et la recherche de ses racines et parents apparaît plaquée et superficielle. On retiendra néanmoins la beauté de la musique, le talent de quelques acteurs, notamment les deux rôles russes principaux, Aleksei Guskov et Dimitri Nazarov, qui font parfois presque oublier les lourdeurs et les incohérences du scénario. On soulignera aussi le fait que si M. Mihaileanu ne sait pas proposer une mise en scène dépassant celle du soap-opéra moyen, il aime ses acteurs et sait les mettre en valeur. Ajoutons encore que son désir de raconter des histoires, d’émouvoir et de faire rêver son public est respectable et admirable, mais, ici, mon âme d’enfant ne fut pas éveillée, et la fable qui aurait dû être une farce slave poignante, chaleureuse et loufoque, n’était qu’un tire-larmes poussif et plat.



The Concert, directed by Radu Mihaileanu, attracted my attention weeks ago. I am on a tight cinema ration at the moment as I try to focus my attention ruthlessly single-mindedly on the old Pile Higher and Deeper, with going to the cinema feeling a bit like having a cheeky cigarette in a no smoking pub (although that would be a better analogy if I smoked).  But this film was pretty much at the top of my want-to-see list, overwork or no overwork. It turned out to be one of those films that had told more or less the whole story in the trailer already, so the pleasure had to be taken in the journey, rather than the destination, if anywhere. In brief: former Soviet-ousted Bolchoï orchestra posing as the current Bolchoï orchestra goes to Paris on the sly to give a concert at the Théâtre du Châtelet, but the conductor is much more interested in tracking down the violin soloist Mélanie Laurent and making her cry a lot (I simplify a little, but Monsieur D will cover my back on that count). I am happy to report that I had a better time at this film than Monsieur D, and indeed that is a very good thing, as there would otherwise have been two extremely cross bunnies by the end of the show.

OK, so there are few ever-so-slightly niggly details that probably shouldn’t have flown with this film. Firstly, there is a lot of criminally terrible miming along to musical instruments. I find it really irritating when an actor’s fingers fly about on an instrument in random flapping motions, having only the most passing resemblance imaginable to the music being played in the background from the comfort of someone’s MP3 player. From percussion to guitars, from bassoons to violins, it’s always the same problem – no one ever seems to have touched one before in their lives prior to getting the gig. Such lack of realism is but nothing in comparison to finale of the film however, where the performance of the orchestra in question transforms in a matter of minutes from something not even a school orchestra would perpetrate, to a soul-wrenching, ecstatic, agonisingly beautiful explosion of sound capable of launching a multi-continent world tour. The solo violinist in question is moreover capable of performing a piece by heart that she had never even touched a week previously. It’s really too far-fetched, and it shouldn’t fly, but fly it did, and I forgave it at the time because the music at the end was just… so… gut wrenchingly beautiful, and I am a complete sucker for such wonderful sonic gorgeousness.

That said, this is a film that, for me, lurches around between a heck of a lot of different registers. The characters refuse to stay in part, apart from the ones that stay so rigidly in part that you want to shake them out of it and ask them to please lighten up for a moment (that goes for you, Andreï Filipov, obsessive orchestra conductor reduced to bin emptying at the Bolchoï.) There are some extreme instances of ethnic clichés that will probably be used as case studies for discrimination in sociology lectures around the world at some unspecified point in the future (if worldwide Higher Education doesn’t implode thanks to moronic bean-counting bureaucrats well before that, although I should probably not get started on that entirely unrelated subject). There were some good satirical moments nonetheless, if you could forgive the clichés flying around in all directions. But above all, I enjoyed the wonderful music. The Tchaikovsky at the end was utterly spine tingling. So thanks for that, Mr Mihaileanu, and really sorry for your evening, Monsieur D. Thanks for holding it in until we got out the cinema.

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Les Herbes folles

2 Alain Resnais est un grand réalisateur, un cinéaste expérimenté, éclairé, imaginatif, audacieux. Il a la chance, à un âge avancé, de ne plus avoir à se préoccuper de ce que penseront les critiques déjà conquis. C’est ici bien dommage. Les Herbes folles, en dépit d’une distribution de haut niveau (Azéma, Dussollier, Devos, Amalric et Consigny pour les personnages principaux) et d’un narrateur de choc et de charme, le souvent merveilleux Edouard Baer, ne réussit rien d’autre qu’à ennuyer.

Cette tragi-comédie « non-sensique », se voudrait intelligente, créative, brillante et n’est que verbeuse et incohérente. Tout autre réalisateur qui aurait proposé un tel film aurait été aligné par la critique mais ici, on est prié de ne pas toucher aux monstres sacrés. Il est difficile de croire à l’histoire d’obsession plutôt que d’amour qui se noue entre Sabine Azéma, à la coiffure improbable, et André Dussollier aux réactions aberrantes,  si ce n’est par l’imposition de leurs relations passées dans les films précédents de Resnais. Quitte à être un peu mufle, il serait d’ailleurs temps de dire à Mlle Azéma qu’elle a dépassé l’âge d’être crédible en petite fille, qu’elle est une actrice talentueuse et que le défi de jouer une femme de son âge est à sa hauteur. Tout dans ce film fait faux, toc, superficiel. Les acteurs paraissent pour la plupart errer ou se retrancher dans le rôle qu’ils possèdent le mieux. Et les scènes ennuyeuses suivent les scènes sans intérêt pour s’achever sur Dussollier s’envoyant littéralement en l’air, gros plan sur sa braguette ouverte, avec Azéma qui tient puis lui passe le manche. Le film se termine sur un crash, bon résumé.

Avez-vous remarqué que parfois les bandes annonces sont bien plus attirantes et mieux rythmées que le film ? Sans doute. En règle générale, elles reprennent les meilleurs moments de l’œuvre, ici, ce qui est une preuve supplémentaire du talent d’Edouard Baer est qu’il ne parle pas du film, trois fois tout de même, et c’est ce qu’il y a de mieux dans cette entreprise. Je vous laisse donc en sa délicieuse compagnie :

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Micmacs à tire-larigot

1 Let’s go back in time. A week before Away we go, we went with family and friend (Hello Miss C.) to an independent movie theatre, Le Majestic, well known for its unfriendly personnel and its two rooms : one grand and beautiful, and the other quite uncomfortable. I almost believe that it was created to make you feel you could earn the title “cinéphile” just by sitting down, and staying. The last Jeunet movie was on the menu, everybody was fairly curious if not excited. His previous one, Un long dimanche de fiançailles, was, well, a bit long, but Amelie remained in everyone’s heart.

Voici ce que Monsieur D. en pensa :

Micmacs à tire-larigot est un film burlesque et une histoire simple : Bazil (un clin d’œil au Brazil de T. Gilliam ?), joué par Dany Boon, mi Keaton, mi-Bourvil, a perdu son père, tombé lors de la guerre d’Algérie en sautant sur une mine. Devenu employé d’un magasin de vidéos, il reçoit un soir une balle perdue, qui viendra se loger dans son cerveau. Apparemment survivant, il se retrouve à la rue, à sa sortie d’hôpital. Il sera alors recueilli par sept marginaux, vivant fraternellement de récupération, et d’astuces. Grâce aux qualités de chacun et leur chaleureuse solidarité, Bazil réussit alors à pouvoir se venger des deux fabricants d’armes responsables de son malheur.

On reconnaît immédiatement la patte  et le tour de main de Jeunet sur un film ou même dans une publicité (celle pour Chanel N°5 avec Audrey Tautou passe d’ailleurs juste avant Micmacs) : image sépia dans des teintes brunes et vertes, lieux imposants, à l’architecture souvent complexe, affection pour les personnages marginaux servis par des acteurs aux physiques singuliers, entourant la plupart du temps une héroïne brune, sylphide, femme-enfant,  enfin une nostalgie douce rehaussée par une sorte de débrouille inventive. La méthode fonctionne puisqu’elle a permis à Jeunet seul ou accompagné de Caro de faire des films inoubliables, personnels et pourtant populaires : Delicatessen, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, bien sûr, ou encore La Cité des enfants perdus, Un Long dimanche de fiançailles, jusqu’à son interprétation d’Alien, le prouvent bien.

Ici, tout y est, ou presque, car la mayonnaise de prend pas. La recette n’est pas ratée mais la magie n’opère pas. Le rythme est lent et le scénario si simple qu’il est difficile de ne pas s’ennuyer, certes agréablement car l’ensemble est de bonne facture, mais il manque un souffle, l’attention pour le détail dans le geste ou dans l’objet, pour ancrer un personnage et soudain lui donner plus qu’une présence à l’écran, un passé.  Tout paraît tourner à vide, la machine est bien huilée mais à l’instar de celles inventées par l’un des personnages, Petit Pierre (Michel Cremades), sans attraits ni utilités. L’inconvénient est qu’à l’instar des ses héros, as de la récup’, Jeunet rend hommage et reprend bien trop les éléments ayant bâtis sont succès (très mérité). L’ensemble finit par ressembler à une anthologie complaisante, sans originalité : ses auto-références, quatre affiches de son propre film à l’intérieur de celui-ci, ou une scène de scie musicale exposant ce que sont devenus le couple principal de Delicatessen ne m’ont par exemple aucunement séduit ou convaincu. La fin du film, naïve et sans fantaisie m’a même déçu.

Mais tout n’est pas à jeter dans ce film de chiffonniers, car on trouve toujours de petits trésors dans une bonne brocante : certaines scènes sont particulièrement réjouissantes, quelques acteurs superbes (Omar Sy en ethnologue pédant, André Dussollier en pdg précieux et pète-sec, collectionneur de reliques humaines) et parfois les dialogues étincellent.  Ceux qui idolâtrent ou connaissent mal Jeunet y trouveront donc leur bonheur, les autres, qui aiment et admirent le réalisateur, espèreront qu’il retrouvera sa verve et son énergie dans son prochain long métrage.

And here is what Miss J. had to say :

Ah, the jauntily eccentric characters and their quirky ways of getting around a problem that populate this film. What more irksome a situation than having a bullet lodge in your brain on the doorstep of the film rental store where you work, only to lose your job to a younger, more feminine version of yourself and become homeless, all whilst sporting an immense scar on your forehead and a new propensity towards hallucination-fuelled epileptic fits? Dany Boon’s aforementioned predicament springboards him into a new life as a vengeful arms dealership saboteur, after having the great fortune of being adopted by a faithful band of miscellaneous oddballs and scavengers living in a feverishly inventive underground community in docklands by the Seine. If such an accident ever befell me, I would hope for such luck, too. This film has villains (hateful arms dealers), it has contortionists, it has heroic underdogs with ingenious plots to take down the big bad bullies, it has a full cast of Jeunet favourites (Dominique Pinon, Yolande Moreau…), but what it doesn’t have is a decent plot. The film is a giant pinewood tree with rot down the middle, a technically irreproachable alloy of Jeunet’s previous films, but there’s nothing to stop it crashing down because it’s all hollow in the centre. I’m not sure quite what was missing: aliens? A charmingly gauche Matthieu Kassovitz? Oh well. Hoping for better things next time, JPJ.

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Away we go

away_we_go_xlg What better titled first movie to review on this blog than than Sam Mendes’ Away we go? Seen late one Monday evening at Les Halles in VO with   French subtitles in a beautifully quiet, huge movie theatre.

And here’s what Monsieur D., your friendly French reviewer, made of it:

Burt et Vérona sont de jeunes trentenaires et s’aiment d’une manière bancale mais suffisante. Vérona (Maya Rudolph) est enceinte, Burt (John Krasinski) en recherche d’un travail épanouissant, lâchés par leurs parents, il vont se retrouver tous deux en recherche d’un lieu pour vivre, d’une communauté qui soit la leur, d’un équilibre. Cette fuite tendre devient d’étape décalée en étape émouvante une aventure enjouée, existentielle, qui les mènera, comme souvent dans les films de Mendès à réinventer la normalité d’un couple traditionnel.

Le travail de caméra souligne d’abord par son académisme, sa beauté formaliste, l’appropriation que ce couple fera d’une vie certes commune mais originale car choisie. Le rêve américain et la capacité à créer des liens familiaux durables sont les deux thèmes qui fascinent Sam Mendès, réalisateur d’Away we go. Ce film, à l’instar des précédents expose les décalages, les hypocrisies de la société nord-américaine et ceux du couple, mais ne réussit pas comme dans American Beauty à finement révéler une réalité.

Le résultat est agréable, les acteurs convaincants, certains détails délicieux ou cocasses mais une certaine mièvrerie, et le choix d’un montage en courts chapitres empêchent d’être pleinement emporté par le charme discret de Burt et Vérona, et de ne pas percevoir dans cette suite de scènes une sorte de catalogue qui vire parfois à la bien pensance.

And here’s what Miss J., your Marmite-munching British reviewer, had to say:

Away We Go is a film about lost thirty year olds. Somehow stumbling through their existence, in patches with brilliance, but mostly as if hopelessly sleepwalking, numbed by the complexities of the world and incubating one another sweetly with their mutual love and complicity, Burt and Verona find themselves pregnant, only to learn that Burt’s parents are gleefully set to leave for the other side of the world. (Belgium, more precisely: good luck to them.) Verona’s parents meanwhile are also sadly departed – but in the more permanent sense of the term. The couple feel abandonned to fend for themselves, and realise there is nothing to keep them from taking off themselves in search of a new place to settle. This quest for a new home takes them on a journey across North America that brings forth wonderful moments of social satire, but also slumps into lingering moments of disappointingly slack, plodding introspection.

One of the high points in the film is undoubtedly its portrayal of one of Burt’s old friends, a dreadful Madison college law professor brilliantly played by Maggie Gyllenhaal. I must admit a personal fondness for yoga, but if I ever get anything like this pickled-in-her-own-mysticism fruitcake, I give you permission to shoot me. Meanwhile in Arizona, the superbly grating Lilly and her amorphous husband Lowell are a great counterpoint to Gyllenhaal’s flakiness, and their vacant-eyed, listless children should be enough to make anyone to think very carefully before considering procreation.

Sadly however, the film lost its edge from about halfway through. The low point involves a red-eyed, tragedy soaked Munch (Melanie Lynskey), the wife of another of Burt’s old friends, performing a seemingly interminable pole dance in a Montreal club to express her sorrow at her inability to have children. It is of course a sad personal situation, but she seems to have already succesfully adopted a huge clan of multiethnic children that would be the envy of any A-list celebrity. By the end of this film I was left with a feeling of deflation, the satirical spark having faded into soggy melancholia and the slightly depressing sense that it is personal luck if anything, rather than any bigger answers to the problems of modernity, that is going to get this couple through their next thirty years of life.

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Hello world – Bonjour à toutes et tous !

Voici un essai de blog critique : critique de cinéma tout d’abord, mais sans doute pas uniquement, dont l’originalité consistera à s’employer à donner non pas un mais (au minimum) deux avis en français et in english, par le principal intermédiaire de Miss J. et Monsieur D.

 

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