Monthly Archives: February 2010

Where should you go to the cinema in Paris?

Miss J has been using her Sunday super productively to write a quiz. Click on the link below to try it…

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Filed under Cinema, Quiz

Mother

In a nutshell : In this dark and humorous thriller, actress Kim Hye-ja puts “mother” into “smother” as her smouldering character tries anything she can think of to save her simpleton of a son of being convicted for murder.

Enfin ! Enfin, après avoir échoué deux fois aux portes du cinéma, nous pûmes découvrir la dernière réalisation de Bong Joon-ho : Mother. La critique est excellente mais nous nous demandions ce qu’il en serait puisque deux de nos amis l’ont vu et ont eu des avis spectaculairement opposés. Sans trop vouloir m’avancer sur la critique de Miss J., je crois que cela nous a beaucoup plu à tous deux.

En effet, Bong Joon-ho fait dans le décalé. Chacun de ses films n’est jamais ce qu’il paraît être et il mélange les genres avec une maîtrise toute shakespearienne. Son dernier film, Mother est principalement un thriller mélodramatique, mais l’enquête haletante est traversée de moments incongrus, burlesques, tragiques et humoristiques donnant une impression de réalité bien plus touffue et riche que la majorité des films n’ayant qu’une atmosphère, une émotion, ou une note.

Le film débute sur une scène marquante, dans un beau et silencieux champ de blé une femme âgée (Kim Hye-ja), élégante, quelque peu échevelée, danse seule, étrangement. Pourquoi est-elle clairement poussée à bout ? On apprend vite qu’elle s’occupe seule et très possessivement de son fils unique, Do-joon, 28 ans, garçon gentil mais légèrement demeuré et dont la naïveté l’entraîne parfois sur la pente savonneuse de la bêtise. Une jeune fille est retrouvée morte et une balle de golf signée par Do-joon est à ses côtés. La police l’arrête. Sa mère pour le sortir de prison se montrera alors prête à tout pour prouver l’innocence de son enfant. Le spectateur est emporté dans cette enquête maternelle imprévisible.

Bong Joon-ho joue avec art et son public et propose simultanément un portrait intense et intime de la figure maternelle et une description ironique et transversale de la société coréenne. Son message sur la maternité est déroutant et subversif car la relation organique qui lie la mère à son grand fils frise le malsain et dérange, tandis que la folie du personnage augmente. Le résultat doit être plus horrifiant encore pour le spectateur coréen car Bong a choisi Kim Hye-ja comme actrice principale, une icône du pays du Matin Calme depuis plus de quarante ans, une sorte de Catherine Deneuve locale, connue pour ses interprétations de la mère digne et patriote, qui aime totalement et se sacrifie pour le bien-être de ses enfants. L’acharnement, le déséquilibre et la violence de cette mère incarnée à la perfection par cette impressionnante comédienne doit en conséquence remuer et surprendre les connaisseurs et amateurs du cinéma coréen.

Si la mise en scène et le découpage sont un peu lent, Bong multiplie les plans beaux et intrigants et jongle en virtuose avec des éléments contradictoires. Les changements de rythme, les ruptures de tons, les mélanges entre noblesse et corruption, trivialité et profondeur, superficialité et réflexion accentuent l’impression de réalisme. Il est plutôt rare de rencontrer des gens dont le caractère et les actes ne seraient que d’une seule pièce et jamais paradoxaux. Les doutes du réalisateur n’en deviennent que plus pertinents quand il souligne les dysfonctionnements  et l’inertie des institutions, les carences de la société, et la difficulté à admettre que tant de catastrophes sont uniquement construites sur l’amour et la volonté de bien faire.

En résumé : Dans la catégorie ‘mères intensément protectrices’, ce film de suspense fonce sans hésitation dans la direction ‘complètement effroyable’, mais le résultat est surprenant et délicieux.

Bong Joon-ho’s Mother was a bit of a surprise. I was expecting a sombre, straightforward if psychologically zingy thriller, and what I got was almost burlesque black humour, surreal moments… and elements of a more sombre straightforward thriller to keep me on my toes.  It starts as it means to go on with its heroine, Kim Hye-ja, pirouetting across a field, half dancing, half sobbing, half laughing (and defying the laws of mathematics too). As Monsieur D.’s pointed out, Kim Hye-ja is something of a Corean Catherine Deneuve, so her dishevelled, loopy demena makes for quite a stark contrast to her usual bourgeois chic factor. What we then get from the film, post-field prancing, is quite the flashback. Kim Hye-ja’s character has a (casts around for politically correct term and probably fails) mentally underdeveloped son, Do-joon. His mum savagely protects him and is prepared to do ANYthing to make sure her boy’s OK. She’s a few centimetres beyond the border of ‘downright scary’ in her devotion, but there’s nonetheless a twitchy-eyed dignity, or at the very least heartrending consistency, to her passion to protect him. Things take a very bad turn however when her son ends up not only accused, but also confessing under intense police pressure to the murder of a young schoolgirl.

She encounters countless and sometimes almost madcap obstacles in her mission to rescue him, notably in the form of a lawyer who ultimately gets everything he wants but in seriously leftfield way. She balks at no expense and is undetered by her son’s utter inability to recall anything about the evening in question, as well as the pity of the policemen she’s been used to regularly bribing with alcohol and tax-free acupuncture sessions to keep her son out of trouble. While her son seems almost contented to be in jail, she puts her life in danger, gets threatened, discovers disturbing secrets about the neighbourhood and gets showered on by unwelcome home truths trying to secure his release. What makes the film truly memorably though is the way absurd humour bubbles up from beneath the plot’s basic structure, shrouding the whole affair in irony and dragging the viewer away from any potential feeling of pathos back into a more sceptical mode of watching, only for the film to then playfully tickle the viewer under the chin with its rapid shifts in register. Unfortunately the film’s let down a little by its slack pace in places. While to have taken a much livelier rhythm would probably have been doing it a disservice, the plot itself could have done with a little tightening up in places. Nonetheless it’s a great watch, better than even expected and full of surprises.

La note de Miss J:

8/10: as bitter-sweet and multi-textured as a Pierre Hermé chocolate and passionfruit macaroon

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Le Mac

En résumé : José Garcia is a wonderful and lively comedian. The movie, not as wonderful but as lively, is fairly entertaining, if you like José Garcia.

Voici une comédie relativement efficace, qui ne cache pas son envie de distraire sans subtilité particulière. Entre la vanne facile, la saillie joviale et le quolibet facétieux le film choisit de rester en eau peu profonde afin que personne ne perde pied. L’histoire est élémentaire : deux jumeaux séparés à la naissance, Ace et Gilles (José Garcia x2), ont des trajectoires bien différentes, l’un marseillais, est un gredin, truand assassin et proxénète, et l’autre, parisien, un doux et terne employé de banque. Soupçonné à juste titre par Mendès, le parrain local (Gilbert Melki en conduite automatique), de renseigner la police, Ace disparaît. Pour faire chuter Mendès, la police va chercher le maladroit Gilles Chapelle et lui impose de prendre la place de son frère. L’apprentissage sera rude et le scénario généreux en catastrophes et quiproquos, mais Chapelle finira par très convenablement s’adapter.

Pascal Bourdiaux filme l’ensemble sans grande imagination mais proprement, avec une attention pour le détail qui lui permet d’éviter trop de déchets. Très conscient du talent de sa distribution composées de gueules originales (Carmen Maura en mère indigne et violente, Arsène Mosca et Joe Prestia en hommes de main volontaires intellectuellement limités, etc.), il offre surtout une autoroute à José Garcia qui étincelle dans son double rôle, donnant la pleine mesure de son talent tant physique que comique. Excellent acteur, Garcia utilise toute sa large palette pour rendre la farce crédible et drôle. Les amateurs de l’acteur seront ravis de le retrouver virevoltant et débridé, les autres seront sans doute bien moins séduits. L’ensemble est tout de même bien ficelé et le résultat n’est pas déplaisant.

On s’étonnera néanmoins du choix de scènes assez adultes au fil du film qui par leur caractère sexuel, mais surtout violent font parfois basculer le film dans un divertissement moins familial, bien plus adulte. En dépit des déclarations de José Garcia et du producteur Thomas Langmann, qui ne souhaitent pas “éveiller des vocations”, on regrettera aussi l’objectification des femmes (potiches sublimes et souvent nues) et la morale qui tend, sans en cacher les risques, à prôner une vie de mac plutôt que d’employé de banque.

C’est donc bien un produit moyen pour vous changer les idées, un samedi soir pluvieux, où vous pourrez sourire et parfois plus devant ce sympathique festival José Garcia.

In a nutshell : Je n’ai pas vu ce film, j’avais du travail si je me souviens bien, donc voici ma traduction de Monsieur D dont l’avis sur ce film me convainc que je n’ai pas raté grande chose même si j’aurais sans doute souri un peu.

This is a fairly decent comedy that doesn’t hide the wish to be enjoyable without much by way of subtle content. With its easy jokes, playful repartee and easy jibes, it stays in shallow water to ensure no one gets out of their depth. The storyline is simple: two twins, Ace and Gilles (José Garcia x 2) are separated at birth and grow up very differently, one in Marseilles to become a crook, murdering gangster and a pimp, the other in Paris to become a mild-mannered and dull bank worker.  When the local mafia boss Mendès (played by Gilbert Melki on autopilot) rightly comes to suspect him of acting as a police informant, Ace goes on the run. To bring down Mendès, the police hunts down the hapless Gilles Chapelle and force him to take his brother’s place. It’s a sharp learning curve for him and the plot’s generous in catastrophes and misunderstandings, but Chappelle ends up adjusting to everything very well.

Pascal Bourdiaux films it all rather unimaginatively but competently, with an eye for detail that means he avoids too much damage. He’s fully aware of the talent of his cast of flamboyant faces (Carmen Maura as a neglectful and violent mother, Arsène Mosca and Joe Prestia as willing but intellectually challenged henchmen, etc.), and most importantly he offers a platform for José Garcia who shines in his double role, bringing out fully his physical and comic talent. Garcia’s an excellent actor and his wide range helps make the farce believable and funny. Fans of the actor will be happy to find him moving at high speed and fully unleashed, but everyone else probably won’ t be anywhere near so won over.  Overall, it’s well put together and the result isn’t bad.

The choice throughout the film of sexual and above all violent adult scenes is nevertheless surprising and means it’s less of a family than an adult kind of entertainment. Despite José Garcia and producer Thomas Langmann’s declarations that they don’t want to “glamorise the vocation”, the objectification of women (into sublime and frequently nude figurines) is regrettable, as is the moral of the story which tends to advocate for the life of a pimp over one as a bank employee.

So it’s a middle-of-the-road product, good for a change of scene on a rainy Saturday evening where you’ll get a smile, and sometimes a little extra, from this good-natured José Garcia festival.

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Fantastic Mr. Fox

In a nutshell Wes Anderson’s take on Roald Dahl’s book is spot on, magical, obviously « fan-tas-tic ». The animal puppets are interestingly more credible than so many actors (you do know who I am thinking of, we probably share the same list). Simply a delight.

N’avez-vous jamais souhaité être fantastique, aimé pour ce que vous êtes, reconnu, suivi tout en gardant votre originalité? Est-on vu, lu comme le voudrait Mr. Fox? A-t-on un impact sur sa communauté? Wes Anderson, depuis Bottle Rocket et Rushmore, explore ce désir, ainsi que celui de créer, comprendre sa place dans la cellule familiale et se faire accepter. Il mêle ces thèmes à l’univers du talentueux écrivain Gallois Roald Dahl, dont l’imagination fertile et bondissante, l’humour régulièrement noir, la tendresse et la délicate et souvent allègre cruauté ont enchanté tous ses lecteurs jeunes et moins jeunes. La densité de son imaginaire et la magie de son oeuvre lui a permis d’être déjà fort bien servi par le cinéma, Fantastic Mr. Fox ajoute une pierre supplémentaire au monument de son talent. L’adaptation de son conte pétillant et son métissage avec le monde mélancolique et chic d’Anderson donne un film d’animation drôle, unique et beau.

Maître Renard (George Clooney) est un voleur expert, un Lupin des poulaillers en retraite, forcé qu’il fut par son épouse, la douce et ferme Felicity (Merryl Streep), à laisser de côté la cambriole pour la sécurité de leur fils Ash (Jason Schwartzman) et l’harmonie de leur foyer. Il est désormais journaliste, la déchéance est absolue. Vivant au dessus de ses moyens dans un très bel hêtre avec vue sur trois riches fermes gorgées de poules, d’oies et de cidre canaille, arrive ce qu’il se doit, Maître Renard succombe à la tentation du chapardage. Mais les propriétaires sont plus belliqueux et revanchards qu’escomptés et une guerre sans merci débute entre les êtres humains brutaux et acharnés et les animaux de la forêt, bien plus civils, mené par notre Renard dandy. Cette lutte permettra à Mr. Fox de se retrouver et de s’assumer et à son fils, Ash, de se confronter à ses complexes, notamment ceux d’être si différent de son flamboyant père et en deçà de son aimable cousin Kristofferson (Eric Chase Anderson, frère du réalisateur) par trop parfait.

La séduction de l’oeuvre tient non seulement à l’humour des répliques et des situations et aux rebondissements qui scandent cette aventure mais aussi à l’adéquation entre forme et fond. En choisissant des marionnettes se mouvant avec une raideur fluide dans un décors où chaque détail est choisi, Wes Anderson utilise optimalement son perfectionnisme et son élégance (jusqu’aux pommes siglées Louis Vuitton), car l’équilibre entre imaginaire et réalisme, étrangeté et repères ordinaires, devient parfaite et permet à l’illusion de s’incarner. Les tics habituels du réalisateur, ses éventuelles faiblesses à aimer les univers calfeutrés, contrôlés, tout de raffinement distingué complètent remarquablement le réalisme des dialogues et des situations, la “sauvagerie” de tous derrière le vernis de civilisation et l’inachèvement artisanal des poupées humaines et animales. La sophistication du dandy inadapté qu’est Anderson retrouve tout son charme et offre un moment de bonheur, de loufoquerie et de poésie automnale. A voir, sans doute même plusieurs fois.

En résumé : Wes Anderson se tourne pour la première fois vers l’animation avec cette superbe adaptation du roman Fantastique Maître Renard de Roald Dahl.

I was a childhood Roald Dahl fanatic. The Witches gave me nightmares, The Twits disgusted me with their cornflake-infested beards, Matilda had me cheering for revenge against sadistic headmistresses, the BFG was a dog-eared snozcumber-tastic favourite, James and the Giant Peach had me wistful for glow-worms and grasshoppers crossing the ocean on hot-peach-balloons towed along by seagulls, and Danny The Champion of the World had me convinced that Coxes Orange Pippins are the closest to apple nirvana that you can get. So I was a bit dismayed with myself that I couldn’t remember much at all about the original story of Dahl’s Fantastic Mr Fox. Wes Anderson’s fantastic animated adaptation of the tale didn’t ring many bells either plot-wise, other than its trio of enraged farmers. What you get is a very nicely done riff on the original and it’s by no means a carbon copy.

The Fox Family find themselves in hot water when the dapper Mr Fox (George Clooney) finds himself unable to resist a poaching crime spree in Boggis, Bunce and Bean’s industrial-scale farms not far away from his brand new, swanky tree house (as an upmarket Fox family, they decide to upgrade their formerly underground lifestyle). His wife isn’t happy, especially when the robbed BBB trio turn up with bulldozers, explosives and the combined wrath of generations of wronged farmers to annihilate him from the face of the earth. They have to start digging for their lives, as does half of the neighbourhood’s properly disgruntled wildlife. In keeping with Wes Anderson’s directing style, it’s smart, gently ironic and softly understated. The animation adds a generous dollop of deliciously sweet, painstakingly crafted, uplifting visual genius. The result is subtle, witty, affectionate, suave, and highly recommended.

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I love you Phillip Morris

In a nutshell : In his second biopic (after Man on the Moon) Jim Carrey shines and proves he is no impostor as his character is one of the best on the Texan market. A gay original jail and love story !

Non lecteur malicieux et tabacophobe (ou –phile, nous respectons les goûts de chacun, aussi déviants et hideux soient-ils), il ne s’agit pas d’un film publicitaire en faveur de la cigarette, même si son héros, Steven Russel, interprété magistralement par Jim Carrey, est un as des coups fumants. Le film retrace la vie de l’imposteur, escroc et prince de l’évasion qu’était le véritable Russel, aujourd’hui sous les verrous texans, condamnés à la perpétuité pour ses brillantes arnaques.  Il s’agit donc d’une biographie d’un homme étonnant, d’un homme sans peurs, d’un homme amoureux. Car pour leur premier film de réalisateur, les scénaristes John Requa  et Glenn Ficarra (Cats and Dogs, Bad Santa, Bad news Bears) ont choisi une histoire d’amour totale et originale, basée, comme souvent dans la vie, sur une attirance sexuelle immédiate et une série infinie de mensonges.

Au début, Steven Russel cache son homosexualité à tous, sa femme et sa fille en premier lieu, ses voisins, ses coreligionnaires, ses collègues, etc. jusqu’au jour où il survit à un accident de voiture et se décide à assumer ce qu’il est : flamboyant et attiré par les hommes. Mais pour s’autoriser le meilleur, il faut en avoir les moyens … il échouera donc très vite en prison pour escroquerie. C’est là qu’il rencontre son ange blond, Phillip Morris (interprété par un Ewan McGregor niais à souhait et aussi expressif qu’une part de tarte au citron) et se promet qu’il ne le quittera jamais et le protégera sa vie entière, ce qui impliquera une série d’arnaques et d’évasions d’une telle inventivité qu’elles redonnent confiance en la créativité humaine et dans le pouvoir étonnant de la volonté.

Car Carrey réussit à faire aimer cet affabulateur prêt à tout initialement pour se faire accepter, puis se faire aimer et enfin pour un moment de plus en compagnie de son amant. Par sa verve, son énergie et sa confiance en son boniment il rend attachant un personnage ambigu et foncièrement malhonnête sans jamais cacher ses défauts. Toujours menacé par la tentation du cabotinage mais n’y succombant jamais, Jim Carrey offre un portrait en creux du comédien génial perdu sous ses masques qui ne peut que passionner les admirateurs de l’artiste et de sa difficulté à faire ce qu’il aime et à retrouver les faveurs du grand public. Le film pèche parfois par son montage inégal et souvent par paresseux académisme mais il trouve la rédemption dans son scénario ancré dans le réel, pourtant absolument fou, et dans l’amour évident que les réalisateurs ont pour tous les protagonistes, jusqu’aux plus texans.

En résumé: une histoire trop bizarre pour ne pas être vraie.

The incredible thing about I Love You Phillip Morris is that it is a true story. Only by watching the film can you begin to grasp the sheer freakiness of it all. The real-life Steven Russell is currently languishing in a jail in Texas on a twenty-three-hour lockdown. This is the story of how he got there, tracing some of his truly incredible life as a confidence trickster. Starring a superbly manic and well-casted Jim Carrey, some biographical details have been slightly reshuffled, especially chronologically, but the essential nuts and bolts of how it happened are present and correct. Steven Russell discovers during his teenage years that he’s in fact adopted. He later gets married, has two children, fears the Good Lard along with them, joins the police force and digs through their files to trace his true mother, who simply slams the door in his face. Not soon afterwards, he’s involved in a massive car accident. At this point, one might conjecture that he suffered some kind of massive brain damage that fried whatever part of his brain was responsible for inhibiting risk-taking behaviour, along with a large portion of his capacity for empathy. That, or else the sheer shock of it all jolted him into transforming into a truer version of his original self – which certainly seems to be the film’s take on it. In any event, the accident spurs him to emerge as flamboyantly from the closet into homosexuality as could ever be done, leaving his family while staying on impressively good terms with them to begin a whole new life.

An expensive whole new life. And the problem with this is the sheer, spectacular extravagance of it all. He gets into credit card and insurance fraud, inflicting crazy injuries on himself, and inevitably, in the due course of time, the law catches up with him. But he persists in devising ever more intricate and (without wishing to endorse anything) ingenious ways of playing the system. Things escalate to a new level when he meets and falls passionately in love with Philip Morris (Ewan McGregor) while he’s in jail. Morris also brings out the mother hen in him. He arranges sweet little treats for Philip, such as arranging for the nocturnal screaming guy in his next-door cell to be beaten to a pulp, or getting another prisonner to play romantic music so they can slow dance in the cell he’s arranged to share with him. Russell is indeed prodigiously intelligent and spectacularly gifted at scamming. Once separated from Morris, he’s able to rescue him from jail by posing as a lawyer. He fixes the terms of his own parole, dresses up as a doctor to walk out at one point, and in between his numerous incarcerations, he fakes his credentials as a financial guru to land a plum job at the top of a big company. It all unravels eventually. It’s hard to get under Russell’s skin though, despite good acting by Carrey. If this story weren’t documentably true, I’d flame it for its shameless preposterousness. As it is, it all made me think long and hard about the extreme frontiers of the human spirit and what it’s capable of, for better or worse.

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Bright Star

In a nutshell : Intelligence, incredible gorgeousness, subtle feelings, love of literature and poetry, and, yes, as expected, quite a few dull moments : a very good Campion movie.

Il est si difficile de parler, montrer ou expliquer la fragilité des sentiments, la force de la poésie, l’importance de la littérature, la nécessité essentielle de la beauté qu’on ne peut être que reconnaissant que Jane Campion tente de le faire et réussisse sur bien des points. Comme à son habitude sa mise en scène et son montage sont d’une fluide élégance, sa photographie d’une intense et rassasiante beauté, sa distribution parfaite et ses acteurs réservés mais brûlant d’une passion soutenue. Comme à son habitude son scénario se concentre sur la métamorphose des sentiments plutôt que l’action des protagonistes, sur la suggestion que sur l’exposition, ce qui entraine presque automatiquement de longues plages méditative qui peuvent être diversement appréciés par un spectateur impatient. Comme à son habitude, Campion se focalise sur le passage à l’âge adulte d’une jeune fille, Fanny Brawne (la belle Abby Cornish), et la densité de son univers sentimental. Il s’agit donc d’un film aux thématiques maîtrisées auxquelles s’ajoute un hommage à la poésie et à sa vocation à changer le monde, à faire naître la matière, la vie ou l’amour.

Et c’est l’histoire de l’amour romantique par excellence auquel nous convie la réalisatrice. Un amour chaste mais transformateur, dont la flamme est si soutenue qu’elle finit par brûler plus qu’elle n’éclaire : le jeune Keats (Ben Winshaw) en périra tandis que la douce insolente Fanny, en portera éternellement le deuil. Mais c’est aussi l’histoire de l’amour de la langue et de l’amitié symbolisée par la cohabitation gaillarde et complice du poète et de son meilleur ami et premier admirateur Charles Brown (Paul Schneider). Si celui-ci apparaît initialement aux yeux de Fanny et de la réalisatrice comme le cuistre jaloux, le brutal et sarcastique empêcheur de s’aimer, il s’humanise au fil du film et l’on comprend que la vie de ce marchand cultivé fut changée par sa rencontre avec la poésie de Keats et par son amitié. La relative androgynie de Keats sert le propos de Campion démontrant la matérialité de la poésie.

L’amitié des deux hommes s’exprime par l’écriture et ce sont les cours de poésie, les poèmes puis les lettres de Keats qui séduisent Fanny, plus que l’homme lui-même. Au cœur du film la phrase : «Je rêve que nous sommes des papillons n’ayant à vivre que trois jours d’été – Avec vous ces trois jours seraient plus plaisants que cinquante années d’une vie ordinaire» représente la réalité de leur relation mais entraine aussi Fanny à commencer dans sa chambre un élevage de papillons qui permettent à sa mère (excellente Kerry Fox) de démontrer toute la patience et l’affection qu’un parent peut avoir pour sa fille.

Le film tout en subtilité exprime avec talent la sensualité des mots qui devient celles des matières (robes et coutures de Fanny, touchers des meubles, puis finalement des corps) et décrit la beauté d’un amour naissant et la maturation d’une jeune fille indépendante devenant femme forte et dont le désir dépasse sa raison. En cela l’interprétation de l’actrice australienne Abby Cornish force le respect. La puissance du film tient principalement en ce que Jane Campion recrée et insuffle une énergie à toutes les figures de l’amour romantique. Sa faiblesse est peut-être la minutie avec laquelle cette société de femmes parfois visitée par Keats est filmée. La perfection de la reconstitution et la lenteur de leur vie étouffe l’ardeur de la passion mais aussi le bon vouloir du spectateur qui passera par de nombreux moments d’attente voire d’ennui et le bridera dans son empathie pour ces héros tragiques. On conseillera donc ce film réussi, en regrettant qu’il charme plus intellectuellement que viscéralement.

En résumé : Keats omet de mettre un manteau d’hiver et les conséquences sont tragiques.

Jane Campion’s latest film Bright Star takes a long, lingering look at Romantic poet John Keat’s push-pull three-year love affair with the young Fanny Brawne, drawing closely on Andrew Motion’s biography Keats. The film’s name is taken from Keat’s sonnet of the same name, Bright Star:

Bright star, would I were steadfast as thou art —
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like Nature’s patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors —
No — yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever — or else swoon to death.

Bright Star focuses on the final three years leading up to Keats’ death from tuberculosis in Rome at the age of 26, penniless and erroneously convinced of his eternal literary obscurity. But the film above all centres on Fanny and her family life and in this Campion’s personal touch is key, filling in missing biographical gaps regarding Fanny, whose side of the affair still remains obscure owing to a lack of archive material. Keats by contrast showered her with letters professing intense jealousy and confliction over his own poverty that made marriage to her impossible. Ben Whishaw plays a (sometimes literally) feverish Keats, who meets Fanny (Abbie Cornish) when he lodges next door to her family in the idyllic countryside with a touchingly jealous fellow writer, Charles Armitage Brown (Paul Schneider), who doggedly tries to look after him and stop him getting involved with Frilly Girls who’ll just distract him from his writing. But Fanny fights her way past all of the gatekeepers, transforming from a fashionable and flirty teenage seamstress into a coquettish and later passionately faithful one, with a discovered passion for poetry in general and Keats’ in particular.

The poet comments to Fanny that he would rather be a butterfly and experience but three perfect days at her side than live a banal passionless life devoid of love. It’s a beautiful moment, although it leads to a rather disturbing scene involving a bedroom-reared butterfly farm as Fanny’s literal homage to this remark, giving her widowed mother (Kerry Fox) the opportunity to demonstrate extraordinary patience in the face of what’s growing into a rather life-changing crush for her daughter. The couple’s affair ricochets from the euphoria of stolen kisses in cherry blossom orchards to professions of the impossibility of everything, suicidal ideation and later the cruel consequences of Keats roaming the countryside without a proper winter coat. Cue the coughing of blood…. All in all, it’s a delicately told tale, light of touch and slow in pace. Moving, too. Very much recommended, except perhaps for diehard adrenaline addicts.

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Agora

In a nutshell: A philosophical peplum hesitating between action and reflection around the life of Hypatia of Alexandria. Clumsy movie for a breathtakingly wonderful heroine.

Miss J. est plus “plum pudding” que “peplum” et craignant une soupe trop indigeste a préféré me laisser m’aventurer seul en Alexandrie antique. Le voyage m’a plu même si je ne fus pas conquis car Alejandro Amenabar, emphatique, ne réussit pas à équilibrer son désir de présenter un film d’action historique avec sa volonté de réflexion philosophique sur le danger des religions, d’une trop grande tolérance, et d’être simplement une femme libre.

Le film s’ouvre sur l’arrivée des chrétiens au pouvoir, au IVème siècle de notre ère, en une Alexandrie encore païenne et phare de la culture méditerranéenne. L’envoûtante Hypatie (Rachel Weisz à couper le souffle), fille de Théon, directeur de la Grande Bibliothèque (Michael Lonsdale), enseigne philosophie, mathématiques et astronomie à ses étudiants juifs, païens et chrétiens. L’intolérance et la violence de l’agressive nouvelle religion réduira la bibliothèque en cendres et les philosophes païens à la conversion et au silence, sinon à la mort. Protégée par un disciple transi, le riche et pragmatique Oreste (Oscar Isaac), bientôt préfet, Hypatie poursuivra ses travaux sur l’héliocentrisme malgré la haine et la puissance grandissante des sectateurs du Christ. Des années plus tard, le machiavélique évêque Cyrille (Sammy Samir) fera tout pour se saisir du pouvoir et détruire ses opposants réels ou imaginaires, Hypatie y perdra alors la vie. Comme l’écrit Socrate le Scolastique (vers 440) : « Contre elle alors s’arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. »

La vocation pamphlétaire est nette et Amenabar n’hésite pas avec intelligence mais lourdeur à s’attaquer à l’obscurantisme religieux, chrétien, et derrière aussi musulman, puisque ses premiers chrétiens ressemblent par le costume et l’accent à un mélange entre des chiites sur le chemin de Kerbala et des terroristes libyens affiliés à Al Qaïda. Faisant ressortir sans subtilité la sauvagerie des fanatiques, le réalisateur dénonce la manipulation des textes sacrés et l’indispensable vigilance nécessaire aux laïques face au prosélytisme et au sacré, toujours rapidement politisés. A l’instar de ses films précédents, il tente d’édifier son public et d’amener ses protagonistes à ouvrir les yeux sur une réalité que chacun préfère ignorer. Et c’est avec mélancolie qu’il dessine notre bêtise et notre vulnérabilité et le gâchis régulier que nous nous imposons en refusant le doute et la remise en cause des dogmes que nous avons choisi.

Ainsi pour l’illustrer : la spectaculaire destruction du temple de Sérapis où sont conservés les restes de la Grande Bibliothèque, ou les réguliers progrès d’Hypatie dans sa découverte du système héliocentrique et de l’orbite elliptique des planètes tous dus à d’intenses remises en question et, par l’assassinat de l’héroïne, leur annihilation jusqu’à Kepler, onze siècles plus tard. Le choix de Mlle Weisz pour incarner l’astronome est indiscutable tant le film est porté par son interprétation. Sublime héroïne positiviste et féministe, elle fascine jusqu’à ses esclaves, et permet à Amenabar de faire passer les artifices de son peplum, sa grandiloquence, sans faire trop tiquer son spectateur.

Les intentions du réalisateur sont donc louables mais se pose avec une douloureuse acuité la question de l’adéquation entre forme et fond car l’hybridation fonctionne peu. Les scènes de foules réussies apesantissent la démonstration philosophique, tandis que les scènes plus intellectuelles sont couvertes et malmenées par les combats, la fureur et le mouvement. Le résultat est en conséquence assez didactique et brouillon et comprend simultanément fulgurances et gaucheries. S’il reste néanmoins engageant c’est à la fois grâce à l’attrait du pamphlet politique et à l’intensité du jeu de la très gracieuse Rachel Weisz, en tout point admirable.

En résumé : Légers regrets de ne pas l’avoir vu, mais certains choix difficiles doivent se faire dans la vie, et cela me fait plaisir de partager cette traduction avec vous.

Miss J. is more ‘plum pudding’ than ‘peplum’ and fearing something unpalatable, she preferred to let me venture alone into ancient Alexandria. I enjoyed the trip, even if I wasn’t won over due to the fact that Alejandro Amenabar, emphatic as he is, doesn’t manage to balance the desire to make a historical action film with wishing to philosophically reflect on the dangers of religion and excessive tolerance, and of simply being a free woman.

The film opens by the Christians taking power in fourth-century Alexandria, still a pagan city and a lighthouse of Mediterranean culture. The enchanting Hypatia (breathtaking Rachel Weisz) is the daughter of Théon, Director of the Great Library (played by Michael Lonsdale), who teaches philosophy, mathematics and astronomy to Jewish, pagan and Christian students. The intolerance and violence of the aggressive new religion reduces the library to ashes and the pagan philosophers to conversion, silence, or else to death. Protected by a terrified disciple, the rich and pragmatic Oreste (Oscar Isaac), who’s soon to become a prefect, Hypatia continues her work on heliocentrism despite the hatred and growing power of the sectarians of Christ. Years later, the machiavelic bishop Cyril (Sammy Samir) moves heaven and earth to seize power and then to destroy his real or imagined enemies, leading to Hypatia losing her life.  So, as Socrates the Scholastic wrote in around 440: “Now jealousy armed itself against her; because indeed she was starting to meet Oreste rather regularly, and this provoked calumny against her from the Christian populace, who took her to be the one who was impeding friendly relations between Oreste and the bishop.  And so the impassioned men, led by a certain Peter the Reader, raised a plot against Hypatia and laid wait on her as she returned home: throwing her out of her carriage, they dragged her to the church that was known as the Cesarium, stripped off her clothing and attacked her with shards of glass, breaking up her body into little pieces that they carried up to the heights of Cinarôn and burnt to a cinder”.

The film’s pamphleteering vocation is clear, and Amenbar doesn’t hesitate to intelligently but heavy-handedly attack religious obscurantism, not only within Christianity but also by extension in Islam, the Christians’ accents and clothing evoking a cross between Chiites on the road to Kerbala and Al Qaïda-affiliated Libyan terrorists. In unsubtly highlighting the savagery of fanaticism, the director denounces the manipulation of sacred texts and highlights the indispensable vigilance secular people should uphold when faced with proselytising and the sacred, which always swiftly becomes politicised. Continuing from previous films, he looks  to educate his audience and to force his protagonists to open their eyes to a reality that they would all prefer to ignore. He melancholically shows our stupidity, vulnerability, and the regular waste that we bring on ourselves by refusing to put into doubt and to question the dogmas we’ve chosen.

By way of illustration comes the spectacular destruction of the Temple of Serapis where the remains of the Great Library are conserved, the site of Hypatia’s steady progress in discovering the heliocentric system and the elliptical orbit of the planets through intense questioning alone. The heroine’s murder annihilates progress on the topic up until the work of Kepler some eleven centuries later. The choice of Miss Weisz to play the astronomer is unquestionable given how much the film is carried by her interpretation. She is a sublimely positivist and feminist heroine, fascinating down to her slaves, allowing Amenabar to get away with the artificiality in his peplum and its grandiloquence without too greatly irritating the audience.

The director’s intentions are thus laudable but the acutely painful question of the poor match between form and content has to be raised: the hybrid doesn’t work well. The successful crowd scenes are weighed down by philosophical demonstrations, whereas the more intellectual scenes are clouded and distorted by fights, fury and intense action. For these reasons, the result is rather didactical, haphazard and full of both ranting and clumsiness. If it still remains engaging, it’s thanks both to the attraction of the political pamphleteering going on, and the intensity of the acting by the most gracious Rachel Weisz, admirable in every way.

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Ninja Assassin

In a nutshell: Ninja assassin, what else do you need? In any case you won’t get anymore than this.

Miss J. a des refus compréhensibles. Pourquoi aller voir pendant 99 minutes des jeunes gens (et parfois des jeunes filles) se couper en rondelles grâce à des armes blanches de diverses tailles et maniabilités mais toutes tranchantes et mortelles? Je ne sais pas si j’ai vraiment une réponse, si ce n’est l’habituel “parce que c’est cool”! Et ici, les combats sont impressionnants et ne déçoivent pas, offrant ainsi la chorégraphie adrénalinée que les spectateurs de cette oeuvre mineure seront allés chercher. Le reste n’est malheureusement pas aussi convaincant.

L’histoire est au mieux sommaire : depuis plus de mille ans le clan ninja Ozunu recueille des orphelins et les entraîne à devenir les assassins les plus terribles et efficaces qui soient. Le jeune Raizo (le sculptural et marmoréen Jung Ji-Hoon ou Rain) , achevant son dur apprentissage, décide, révolté par l’âpreté et la cruauté du clan, de liquider ses frères ninjas. Une traque mutuelle commence alors. Elle s’achèvera quelques années plus tard, à Berlin quand une naïve et jolie criminologue d’Europol, Mika (Naomie Harris) se décide à enquêter sur des crimes politiques irrésolus dont les ninjas pourraient être les responsables. Elle devient la cible du clan et Raizo, on ignore bien comment, l’apprend et se met à la protéger jusqu’au combat final contre le terrifiant maître des Ozunu.

Parsemé de trous aussi grand que le Japon, le scénario n’hésite ni devant les absurdités, les incohérences et les dialogues invraisemblables pseudo-philosophiques énoncés avec un sérieux papal. Tout cela peut entraîner à sourire mais à condition d’être amateur de film de genre, le résultat, sanglant et vif dans les scènes d’action, heureusement régulières, est attrayant. James McTeigue, habile faiseur, dont V comme Vendetta avait séduit, déçoit néanmoins quelque peu car son montage manque de clarté et les scènes entre les combats sont souvent invraisemblables, lentes et longues, même si les admiratrices (et admirateurs) de la plastique de Raizo en auront pour leur argent – mes voisines de séances en ont soupiré d’aise. Les amateurs de manga musclés, de shurikens et de katanas y trouveront donc leur compte, un plaisir coupable. Les autres feront bien, tout comme Miss J., de s’abstenir.

En résumé: je n’avais pas envie d’y aller, une histoire de jeunes gens qui se coupent en rondelles, c’est mal barré pour ne pas avoir des cauchemars la nuit. Voici donc ma traduction de ce qu’a vécu Monsieur D qui aime ça, lui.

Miss J quite understandably vetos certain things. Why go to watch 99 minutes-worth of young people (sometimes young girls) chopping each other up with assorted knives of various shapes and sizes – all sharp and deadly?  I don’t know if I have an original answer to that, just “because it’s cool!!” The fight scenes are impressive and fail to disappoint here, delivering to the audience the adrenaline-fuelled choreography they went for. Sadly however, the rest is a disappointment.

The plot is perfunctory at best: the Ozunu ninja tribe has been taking in orphans for the past thousand years, training them into the most terrible and swift assassins in the world. Young Raizo (played by the well-chizzled and marble-like Jung Ji-Hoon or Rain) has just completed his apprenticeship. Sickened by the tribe’s poisonous cruelty, he decides to wipe out his fellow ninjas. And so, a mutual manhunt begins. It climaxes several years later in Berlin, when a naïve and pretty Europol criminologist, Mika (Naomie Harris) decides to investigate some unsolved political crimes that the ninjas might be responsible for. For unclear reasons she becomes the target of both the tribe and Raizo, discovers this and defends herself up to the final fight scene against the terrifying Ozunu master.

Riddled with holes the size of Japan, the plot doesn’t flinch in the face of its own absurdities, incoherencies, and laboured pseudo-philosophical dialogues delivered with Pope-like solemnity.  It can still bring a smile, but only if you’re a fan of the genre thanks to the pleasingly bloody, vivid and mercifully regular action scenes that ensue. James McTeigue is a skilled director, and was great with V for Vendetta, but this is a little disappointing, as his montage lacks clarity and the scenes between the fights are consistently implausible, slack and longwinded, even if admirers (of whatever gender) of Raizo’s physique will get their money’s worth – the contentedly sighing girls next to me at the screening were making the most of that. Fans of hardcore mangas, shurikens and katanas will enjoy it as a guilty pleasure. Anyone else, like Miss J., is better off giving it a miss.

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The Princess and the Frog – La Princesse et la Grenouille

In a nutshell : A hardworking black girl from New Orleans deserving to be a princess, a handsome prince turned into a frog, will they end up together? Disney’s last flick is like your old pair of slippers: used to the thread, but sooo comfortable.

Après notre premier essai, Mother a continué de nous narguer proposant une salle à nouveau pleine lors de notre essai suivant. Nous nous rabattîmes alors sur le dernier Disney, partageant commodément le même horaire que le thriller sud-coréen. Il serait sans doute intéressant de parler de la difficulté qu’à Disney à transcender les clichés et à combattre le racisme qui veut que toutes les héroïnes soient plutôt pâles de peau, car le conte de fée qu’est La Princesse et la Grenouille, n’arrive pas franchement à présenter une vision convaincante de la diversité états-unienne et des tensions inter-raciales que pourtant le film ébauche dans les minutes initiales pour les oublier bien vite sous une tonne de bons sentiments douçâtres.

Ainsi, toutes les petites filles ne rêvent pas qu’un jour leur prince viendra, Tiana (Anika Noni Rose) veut son propre restaurant et que celui-ci soit le plus luxueux et le plus délicieux de la Nouvelle Orléans. Mais être une petite fille noire, même dans un Disney, peut compliquer les choses, il va falloir donc beaucoup travailler et, qui sait, par la magie du bayou, du vaudou et d’un scénariste fatigué, se faire aider par un prince ensorcelé, transformé en taquine grenouille.

Sous la houlette du créateur de Pixar, John Lasseter, Disney revient à ses bases pour retrouver un public et le succès. La grande maison américaine vacillait sous les coups de ses concurrents plus audacieux et affûtés et le pari est en passe d’être rempli. La Princesse et la Grenouille relance la tradition du dessin animé classique. La fabrication artisanale, image par image, donne au film une beauté, une qualité fluide, électrique, poétique que l’on croyait oubliée. Le scénario, quoique ultra classique et attendu, est structuré et bien plus solide que les fâcheux précédents (Home on the Range ? Treasure Planet ? Brother Bear ???), on retrouve les bases du succès de Pixar et celles plus lointaines qui firent celles de la société de Walt. On peut néanmoins regretter le manque d’originalité et le conformisme de cette histoire dont la seule hardiesse est la couleur de peau des héros, par ailleurs très vite verts puisque changés en grenouilles.

Si les chansons sentimentales et les musiques enjouées, si les rebondissements et les personnages secondaires amusants sont tous présents, fidèles au poste, rien ne surprend non plus. En conséquence on assiste à un film de sortie de convalescence, les bases et le talent sont là, les premiers pas sont hésitants et on perçoit la prudence de la grande société ébranlée. Le résultat est solide mais manque un souffle, un enthousiasme, la part de magie qui emporte, plutôt qu’un message très convenu sur les valeurs du travail et l’importance de suivre son cœur qui laisse en bouche l’arrière-goût vaseux des marais de Louisiane.

En résumé : Disney vous invite au voyage vers la Nouvelle Orléans dans un film d’animation qui retrace savamment les grands classiques d’animation du type happy ever after.

Hot on the heels of Planet 51, it’s straight off to another animation – Disney’s latest, The Princess and the Frog. This is a much sleeker, more classical affair, reviving the mood and message of the traditional Disney fairytale. There’s cheery tunes, cute and/or hairy woodland creatures, the reminder that love will prevail and that dreams can come true, reminders to be brave, bold and true, to whistle while you work and to accept people as they are, unless they’re bad to the bone of course (gotta have a bad guy)! It’s set in New Orleans, making the most of the city’s pre-apocalyptic flooding cheerier clichés/trademarks – jazz, voodoo, river steamers, great cuisine and suchlike. It smoothly slips a soft veneer over the uglier side of the racial and economic tensions that have plagued the city’s past – there’s rich and poor, black and white, but everyone’s rubbing along, there are no drive-by shootings or anything.

Tiana (Anika Noni Rose) is the film’s beautiful, smart and determined black heroine. She’s saving up all of her earnings as a waitress to open her own restaurant, as was her father’s dream. Her mother used to work for a wealthy family at a mansion up the road, and their little girl is a prince-obsessed spoilt brat who’s constantly twitching and twirling, hanging from her daddy’s moustaches, teetering between pigginess and cuteness. She’s insufferable but likeable, with Disney here suavely self-parodying its own role in the mass production of prince-obsessed pink-dress-and-tiara-wearing little princesses all over the world. The film overall is relentlessly charming, flawlessly doing its thing, with some beautiful, spunky visuals and fantastic use of music – the jazz is a treat, and its treatment of the voodoo side of the plot is in the pure spirit of Fantasia. It’d be hard to have a bad time watching the film – it’s like a ‘best of’ Disney compilation (and hence a leetle bit lazy plot-wise), drawing on bits and bobs from Cinderella, The Frog Prince, The Jungle Book, Bambi, you name it, there’s a wink and a nod in there at some point.

I hadn’t expected to see this one, it was the result of our first choice (Mother) being sold out, but I’m glad I went, I left in a mellow mood, although the massive mug of Chai tea and a caramel muffin probably helped too in that department. It’s a comfort film, as Monsieur D has pointed out – and it’s something ideal to curl up under the duvet watching on DVD, munching on a box of cookies, to emerge rejuvenated but in the mood for something meatier.

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Planet 51

In a nutshell : Nostalgia of the fifties is funky, deep in space, on planet 51, where one finds out that conspiracy theories are false, they don’t go far enough.

Je suis amateur de cinéma asiatique et « Mother » le nouveau film du Sud-Coréen Bong Joon-ho m’intrigue et m’attire. J’ai donc convaincu Miss J. de m’accompagner pour aller voir le film. Nos tentatives furent jusqu’à présent vaines, rencontrant à chaque fois des salles combles et la nécessité de trouver un autre film suffisamment attirant. Et vite, très vite. Les multiplexes offrent heureusement des alternatives et c’est le pectoral saillant, l’œil vif et le menton conquérant que nous choisîmes un dessin animé européen (hispano-britannique) : Planet 51.

Imaginez une planète lointaine peuplée de petits êtres verts et ceux-ci vivent le rêve américain, celui des années 1950, du travail pour tous, une vie confortable en banlieue,  la sécurité, le confort matériel et le samedi une soirée au cinéma à  se faire peur devant la dernière grosse production, celle qui effraie délicieusement et offre du rythme et un certain exotisme.  Le film qui marche le mieux est une série sur des extraterrestres effrayants qui envahissent cette jolie planète et réduisent la population en esclavage avant de déguster ses organes, cette ignoble menace est celle des “Humaniacs” qui ressemblent étonnamment au malheureux et très (trop, quel que soit le sens du mot) brave astronaute terrien Chuck Baker (Dwayne Johnson) qui s’imaginait découvrir une autre lune plutôt qu’une réalité nostalgique et alternative de sa propre planète.

Et les joies sont alors multiples pour le cinéphile, non seulement la qualité de l’animation est équivalente aux meilleurs réalisations de Pixar et cette reprise burlesque inversée d’E.T. peut tenir fièrement tête à la concurrence américaine, mais les références aux incontournables de la science fiction ajouteront encore au plaisir. C’est avec malice que l’équipe rend hommage aux classiques, des films de série B des années 50 à X Files et Wall-E en passant par Mars Attacks, Alien, 2001, La guerre des étoiles et tous les films qui ont pu ravir votre âme enfantine d’ufologue.  Cette maturité liée à des dialogues enlevés fait oublier la sveltesse du scénario et excuser le côté assez sage de ce film tout public. Voici un agréable divertissement qui explique enfin pourquoi nos sondes ne nous envoient que des photos de cailloux et le danger de trop croire au cinéma, même si parfois on le souhaiterait vraiment.

En résumé :Cette animation sur l’invasion terrifiante d’une planète par une armée brutale, composée d’un seul astronaute peu doué sur le plan intellectuel, vous remontera le moral. Garanti ou remboursé.

Planet 51 is a slick animated film that looks and sounds honest-to-god like an American movie, but is in fact a joint Spanish and British production (and indeed at one point, John Cleese makes an appearance as a mad scientist). It’s set on Planet 51, billions of miles away but uncannily similar to earth, although it rains rocks, so people need much tougher umbrellas (and perhaps craniums). Its inhabitants moreover live in a carbon-copy extra-terrestrial version of 1950s America, complete with diners, crooners and genuine, good-natured wholesome neighbourhood spirit. The young main protagonist, Lem (Justin Long), embarks the film celebrating having being hired, at a pinch, as a guide at a planetarium (although he briefly set it on fire during his tryout teaching session, only saving the day by using the drama to enthral the kids – I have taken note). Teaching about the universe is a passion of his, especially the part about it being 600 miles long. Lem is crazy for his next-door neighbour Neera (Jessica Biel), working up his nerve so he can one day ask her on an actual, proper date, the swellness of everything making his heart soar. His perfect life gets shattered however when he finds himself babysitting a space invader, in the form of a very meat-headed, if well-meaning, astronaut sent from earth by NASA, Captain Charles “Chuck” Baker (Dwayne Johnson).

The problem is that Planet 51 has been gorging itself on horror ‘Humaniacs’ films ever since horror sci-fi films became the 1950s rage over there. So when the friendly meat-head lands expecting nothing but a brief reconnoitre, he’s shocked to discover not only an advanced civilisation, but one where he’s at the top of its military’s most wanted list. He begs and beleaguers Lem into hiding him and helping him get back to his spaceship. He’s also reunited with ‘Rover’, a missing NASA probe with a wagging aerial, who has such convincingly doglike qualities he has to be one of the most endearing animated robotics ever. He’s been spending his time on the planet joyfully collecting rocks to stow away in his metal underbelly, which are in plentiful supply owing to Planet 51’s above-mentioned climactic tendency for stone storms. The whole thing’s a sparkling, slick affair, with lots of parodical back-references to classic 50s movie culture as well as more modern-day horror/sci-fi, such as an ‘Aliens’-esque pet dog which attaches itself horrifyingly to Chuck’s face with its exuberant extending suckers. It cracks on at a smart pace and there’s plenty to keep the energy high and the storyline moving. While there’s nothing in it that raises Planet 51 to the exceptional, it’s a very solid animation and a much-needed cold February mood-lifter.

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