Monthly Archives: March 2010

The Ghost Writer

In a nutshell : Where does the truth lie ? Is it alright to be paranoid ? The new ghost writer of a former British Prime Minister under a whirlwind of media frenzy is trying to find out … in this subtle and masterful thriller.

Après une attaque de travaillite printanière, Miss J. et moi-même durent garder nos distances avec nos grands écrans favoris, retinrent nos respirations et laissèrent passer la vague … mais nous voici de retour, espérant que le temps et les bons films ne nous ferons plus défaut avant longtemps.

Quelle joie de reprendre la plume pour défendre le dernier Polanski. Vu séparément, Miss J. et moi en sommes revenus tous deux également émerveillés par tant de talent, de maîtrise et d’intelligence. The Ghostwriter est un magnifique thriller, sobre et rigoureux, et j’espère avoir l’occasion d’aller le revoir bientôt, tout dans ce film m’a ravi et impressionné. La beauté de chaque plan et la fluidité du montage m’ont rappelé à quel point avoir un regard au cinéma était fondamental et plus rare que ce qu’on pourrait penser, tant les images de Polanski suggéraient un univers, des références, des histoires supplémentaires, et ajoutaient au synopsis : l’art de présenter les personnages, chaque plan révélant un supplément d’âme, le choix du lieu, une île désolée et pourtant coquette, une villa à la fois bunker bétonnée et maison de verre, un hôtel entre rusticité désuète et hommage à The Shining … et un cocktail final, hitchcockien en diable, s’achevant sur une image marquante et singulière.

L’histoire est fascinante. Un nègre, mercenaire de la plume, l’écrivain fantôme du titre, est engagé en catastrophe pour reconstruire et parachever l’autobiographie d’Adam Lang (Pierce Brosnan), un ancien Premier Ministre britannique, dont le charisme de vedette de soap-opéra ou de sportif de seconde zone, rappelle un certain Anthony Blair. Le livre a besoin d’une réécriture car le l’écrivain fantôme précédent a été retrouvé noyé et les rotatives chauffent déjà, la sortie étant programmée trente jours plus tard. A son désespoir notre suppléant (Ewan McGregor), fantôme remplaçant petit à petit en tout un autre fantôme, découvrira que si « tous les mots sont là, ils ne sont pas dans le bon ordre », et qu’en plus ils recouvrent sans doute un complot. Et notre héros d’être brinquebalé dans des péripéties de hautes et basses politiques, des affaires de cœur et des affaires d’Etat, tandis que Lang est menacé d’être déféré devant la Cour internationale de justice à La Haye pour avoir couvert l’enlèvement par la CIA et des actes de torture contre des civils, musulmans et citoyens britanniques, dans une guerre peu probante contre le terrorisme.

La distribution d’une qualité particulière, sert la tension grandissante qui envahit cette petite île froide, située près de New York. Brosnan semble être né pour tenir le rôle ingrat d’un politicien dépassé par sa fonction, Ewan McGregor est parfait en nègre fade, s’éveillant doucement tant physiquement (il passe la moitié du film entre sommeil et inconscience), que politiquement, amoureusement et littérairement. Olivia Williams est simplement sublime en épouse blessée, traquée, assiégée par les médias, tout comme son mari. Et les seconds rôles font ressortir l’affection que Polanski peut porter au théâtre de l’absurde au travers des gardes du corps inutiles, de la secrétaire et maîtresse parfaite, Kim Cattrall, toute de blondeur et de contrôle, et pourtant sans maîtrise, ou du jardinier, énigmatique et réjouissant, condamné tel un Sisyphe moderne, à rassembler des feuilles mortes par grand vent.

Et c’est de là que le film tire sa puissance et son charme, l’alliance de talents remarquables sous la direction fine et ironique d’un maître élégant, choisissant dans ce cadre mineur de faire coexister profondeur et trivialité, mythologie et anecdotique,  maestria glacée et passion sous-jacente. Tous les thèmes de Polanski sont présents : la paranoïa, l’enfermement, l’absurde et la folie derrière une apparente maîtrise, l’ambiguïté morale. Ses symboles aussi : l’eau menaçante et mortelle, les femmes fortes, entre mystère et fausse soumission,  le héros naïf et brillant. Ainsi le film propose différentes lectures parallèles et simultanées entre joli divertissement et  intenses réflexions autour du destin ironique de ce héros, fantôme sans nom, s’incarnant peu à peu. Le résultat est un des meilleurs films de l’auteur et sans doute un des plus beaux de cette année. Courrez voir ce thriller politique !

En résumé: un grand bravo à Polanski pour le meilleur film de l’année jusqu’ici, et de sa carrière depuis bien longtemps.

Forget all the extracurricular tight corners and elephantine-scale spots of bother Roman Polanski’s currently been in, or, should I perhaps say, have seemingly caught up with him. His latest film, The Ghost Writer, is irresistibly masterful and any attempts on my part to do anything but swoon deliriously about it are probably somewhat doomed. From its first storm-drenched, quietly raging, broodingly blue-grey shots, it was all about sinking into the deepest, most velvety wallows of cinematic bliss. The Ghost Writer combines accomplished narratorial dexterity, cock-sure characterisation, audacious jabs of insinuation and powerful camerawork, reminding me of just what cinema can achieve when it puts its mind to it, and killing stone cold the next three films I saw after it by comparison. It also makes the special 3D effects impact of a film like Avatar (for instance) look like cinematic junk food.

The action centres around Ewan McGregor, a quick-witted, vaguely haggard ghost writer (only ever known as The Writer), with a knack for turning swathes of other people’s rambling autobiographical nostalgia into commercial hot cakes, making it all look deceptively simple, and resignedly knocking back the condescension of ‘real’ writers as to his ghost status. He suddenly ends up handsomely employed to complete the memoirs of a former British prime minister, Adam Lang (Pierce Brosnan), in just the space of a month, jetted off to work with him on a daily basis under the strictest of security. The size of the promised paycheque is enough for him to stifle his misgivings over how the previous ghost writer had washed ashore, lifeless, on the cold and windswept US island where Lang is bunkering down with his wife Ruth (the superb Olivia Williams) and his governmental support staff, including his marble-eyed mistress, Amelia Bly (Kim Cattrall).

Things quickly get exceptionally creepy once The Writer arrives on the island. Lang’s house is a grimly luxurious, tightly guarded concrete bunker of a building under siege by anti-war protesters. The former prime minister turns out to be on the verge of impeachment by the International Law Court for authorising torture in the interrogation of terrorist suspects, this all ringing very loud Blair-esque bells. Lang’s indeed a half sports-fanatic posturing airhead, half wounded ideologue, with some peculiar chronological holes in his supposed biography. It’s all kind of evocative of that certain non-fictional recent British Prime Minister with a penchant for soundbites and flashy but ill-advised foreign policies. The Writer soon finds himself further over his head than he ever imagined, blundering around in other people’s secrets and is quickly in danger of himself, too, bobbing up dead on some unknown shore. It’s all a powerful meditation on the limits of paranoia, the limits of (other people’s) fiction and its role in shaping politics, laced with black humour and impressive performances all round. The suspense is perfect: never overblown, but packing a punch from start to finish.

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Le bonheur de Pierre

In a nutshell: Pierre is happy to be in icy Quebec, good for him, not for his daughter, and frankly not for you either. What about going there instead ? This, you won’t regret !

Une amie chère, fière Québécoise, m’a offert le dvd du bonheur de Pierre et me l’a envoyé du Canada pour mon anniversaire en octobre et je ne l’ai reçu que la semaine dernière, cinq mois plus tard, en même temps que sa sortie à Paris. Selon la poste, il semblerait qu’il ait fait des allers et retours entre la Belle Province et l’Ile de France. De manière amusante, un destin semblable frappe un paquet dans le film et en plus de cette coïncidence, cette généreuse amie est à présent en France. Nous avons donc pu voir son gentil cadeau ensemble.

Je vais donc lui demander de se détourner des lignes qui suivent car si j’ai infiniment apprécié  l’attention et l’intention, je suis nettement moins persuadé par l’œuvre, réalisée par Robert Ménard. L’histoire est assez simple, Pierre (Pierre Richard), professeur Nimbus naïf et optimiste, persuade sa fille sarcastique et revêche Catherine (Sylvie Testud) de l’accompagner au fin fond du Québec pour reprendre l’auberge léguée par une tante décédée. Mais le maire du village, l’infâme Michel Dolbec (Rémy Girard), ne l’entend pas de cette oreille et fera tout ce qui est en son pouvoir pour chasser les « étranges », ces intrus, de Sainte Simone du Nord. Les claques et les avanies des plus modestes aux plus cruelles et criminelles s’abattront sur le père et sa fille, et cela en dépit du christique choix de Pierre de ne voir que le bien dans toute situation et chez son prochain. Son aveuglement est tel qu’on finit par trouver que sa naïveté prend très vite la teinte blanchâtre de la bêtise et du navet.

Les clichés sur les Québécois et les « maudits » Français tourbillonnent mais la bourrasque n’emporte pas à rire, elle le recouvre et le noie. Le scénario, lourdaud, outrancier, parfois à la limite de l’inepte, allié à un montage lent et didactique, empêche le spectateur d’être emporté par l’abattage des acteurs qui semblent souvent un peu perdus malgré leur talent et leur expérience. C’est avec tristesse qu’on assiste à la caricature que Pierre Richard fait de lui-même et on regrette de voir les excellents acteurs québécois (Girard, Louise Portal, Gaston Lepage, etc.) en être réduit à surjouer et sacrer dans la froidure. Ayant vécu au Québec j’ai eu grand plaisir à revoir ses magnifiques paysages et entendre à nouveau la parlure québécoise, si concrète et si imagée, le bel accent des locuteurs de joual, mais c’est peu pour un film gentillet à ses meilleurs moments.

Mon conseil : Branlez pas pan tout’, décrissez en câlisse, faites de l’air, faudrait avoir viré une brosse pour trouver que ça a ben de l’allure, toutes ces histoires de twits.

En résumé: Un comédie franco-québécois qui ne flatte ni la France, ni le Québec, mais qui propose une parabole pour vivre heureux, même si on est entouré d’abrutis mal-intentionnés.

Le Bonheur de Pierre, directed by Robert Ménard, is a Franco-Québec comedy that serves as a meditation on how we deal with adversity. It stars Pierre Richard as a quantum physicist, Pierre Martin, who eagerly snatches the opportunity to leave his professorial job in Paris to take over his deceased aunt’s guest house in Sainte-Simone-Du-Nord, lost in the icy mountainous Quebecan hinterlands of the Saguenay region. He’s accompanied by his petulant daughter, Catherine (Slyvie Testud), who only agrees to go because she believes her great-aunt’s will stimulates that she’ll inherit a fortune if she and her father can stick it out for a year. Pierre is filled with irrepressible childlike delight at the adventure of it all, whilst Catherine can barely suppress her horror at the ramshackle state of the guesthouse. That’s before the village’s utterly psychopathic mayor, Michel Dolbec (Rémy Girard) even gets going. He’s determined to see these foreigners off, convinced the guesthouse is his true heritage, and he resorts to every passive-aggressive, frequently outright criminal skulduggery to try to encourage the new arrivals to leave, egging on, bribing or otherwise coercing the other villagers to assist him. Before they know it, the hapless duo are deprived of telephone connection, electricity, water supply, postal supply and cannot even escape by road due to the mayor’s insistence on turning the roads into a death trap ice rink.

All of this makes for quite painful viewing at times owing to the sheer cruelty of it all. The plot lurches around rather a lot. But the catch is that although Catherine steadily slides towards an outright nervous breakdown, all too aware of the malicious intentions of the villagers, her father is utterly invincible in his ability to rise above it all, sometimes simply failing to notice that anything is wrong. He traipses contentedly through the snow, lost in a mountain reverie, to the point where he drives the mayor himself to the point of breakdown through his sheer indomitable detachment from everything going on around him, and the joy he experiences day by day. The film’s ultimately a parable about successfully rising above it all in a seemingly half dim-witted, half saintly fashion, taking your happiness where you find it. Pierre manages to survive and even thrive in the face of all manner of cruelly inflicted atrocities, and his daughter comes out alright in the wash too in the end – well, it is a comedy! It’s all a bit awkward as far as national stereotypes go though – I don’t know who I’d be more offended to have been portrayed as by this film – the Parisians (especially Catherine who is stuck up and obnoxious beyond all words), or the rural Canadians, who really don’t come off at all well. As an outsider to both cultures, I just fervently hope that things are as better than that in real life in Canada as they are in Paris – otherwise I’ll be giving a visit to that particular snowy corner of the globe a wide birth!


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An education

In a nutshell : How can you be so clever and yet so wrong? What should you teach to your children?
Jenny has answers of her own, and her “education” is something else entirely.
A very charming movie!

Un nouveau film anglais a retenu notre attention. La Danoise Lone Scherfig est au commande mais le reste est britannique et nous plonge dans  l’Angleterre « middle class » de 1961. Une jeune fille de 16 ans, Jenny (Carey Mulligan), se prépare à brillamment intégrer Oxford, une première dans sa famille, et une rareté dans son lycée à Twickenham. Elle rencontre alors David (Peter Sarsgaard), de vingt ans son aîné,  et dont les talents de séducteurs correspondent à ses succès financiers réels, mais ô combien douteux. Ses attentions pressantes vont transformer l’existence banale de la juvénile curieuse qui devra choisir quelle éducation elle favorisera. L’audace apprend mais offre aussi sa part de désillusions.

L’argument peut faire croire au drame mais si le sujet est grave, la réalisation point. C’est un excellent choix car le suspense est hors de propos. Tirée d’une histoire vraie, « Jenny » est aujourd’hui une éditorialiste reconnue dans un grand quotidien britannique, et en dépit de la crise économique et morale de la presse, nous considérerons que c’est une fin heureuse. Une éducation s’ouvre donc sur un air de jazz et de jeunes adolescentes rieuses, piaffantes et mutines en dépit de leur uniforme et de la sévérité de leur établissement chic et privé et le ton alerte du film est donné : c’est de désir de liberté, de volonté d’épanouissement et de passage à l’âge adulte dont il sera question, et le tout sera traité avec sourire et légèreté. Entre Francis Scott Fitzgerald et Françoise Sagan pour l’ambiance et les personnages, Mme Scherfig suit avec tendresse la transformation d’une enfant en femme. Evitant les écueils du pathos, de la condescendance ou de la lubricité, on voit une adolescente douée céder aux dangereuses sirènes de l’aventure et saisir l’occasion de s’émanciper. Chenille se voulant papillon, Jenny oublie vite combien ce genre de vie peut être éphémère.

La métamorphose est étonnante car la silhouette gauche de la remarquable Carey Mulligan s’affine pour rejoindre celle si féminine d’Audrey Hepburn. La transformation n’est pas que physique et l’apprentie existentialiste francophile qu’est cette écolière verra que si chaque être est maître de ses actes et des valeurs qu’il décide d’adopter, le destin a malgré tout quelques tours dans son sac. Finalement l’existence ne précéderait ni ne construirait strictement l’essence.

Le reste de la distribution est à la hauteur de l’enthousiasmante Mlle Mulligan, et la perfection de l’ensemble enrichit considérablement le film. Peter Sarsgaard offre une des ses meilleures interprétation et son « David », entre Humbert Humbert, Gatsby, et la faconde d’un commis-voyageur, est un modèle de charme, de finesse et d’ambigüité. Les professeurs (Olivia Williams maladroitement stricte, Emma Thompson, cassante à souhait), les camarades ou les parents de Jenny (Alfred Molina et Cara Seymour parfaits en parents aimants, irritants, dépassés), tout comme les partenaires de David (Dominic Cooper, aristocratique et fascinant, Rosamund Pike, merveilleuse ravissante idiote) sont tous si justes et si gracieux, que les voir jouer est un bonheur qui efface l’éventuelle banalité des plans et la fadeur de quelques scènes.

L’écriture est vive et fine, Hornby démontre une fois encore son talent de dialoguiste et son sentimentalisme humoristique qui permet de s’attacher à tous les protagonistes, finalement attendrissants. Lone Scherfig met donc en scène des personnages intelligents à la psychologie complexe et, avec modestie, décrit en arrière plan une société qui change et la revendication des femmes à une plus grande équité, à la liberté, et aussi à la frivolité. C’est face à cette discrétion qu’on peut éprouver  quelques regrets, car le film s’achève platement quand on aurait souhaité un peu plus de ressorts au vu des talents réunis. Le résultat reste infiniment charmant et la morale est celle de Fitzgerald et de Gatsby : « Car c’est ainsi que nous allons, barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé. »

En résumé: une très belle adaptation de l’histoire vraie d’une écolière brillante qui se laisse distraire de ses études, pour en sortir avec une éducation toute particulière.

An Education, directed by Lone Scherfig and starring Carey Mulligan, is a wonderful screenplay adaptation penned by Nick Hornby, based on the Guardian/Observer journalist Lynn Barber’s autobiography of how as a sixteen-year-old schoolgirl in the early 1960s, she was seduced into a lengthy relationship with a much older, acutely shady man. The film introduces young Jenny as a gifted A-level pupil on a scholarship at a private girls school, stultifying under the drudgery of her modestly-off parents’ (played by Alfred Molina and Cara Seymour) ambition for her to go to Oxford at pretty much any cost. She too is enamoured with the idea of Oxford, but she’s stuck in the grip of a catastrophically stodgy Twickenham-based academic hamster wheel of an existence. The tepid-at-best highlight of her week is playing the cello in a youth orchestra with puppy-eyed attention from one of its sweet but clueless teenage boys. This however is allowed only to give her a hobby to mention on her university application. She’s a vaguely cocky teacher’s pet to her exacting English teacher (Olivia Williams), who dolefully admits it’s only the rare girls of her academic potential that keep her in the profession.

Like a jaunty shark, older man David easily lures her away from all this into a second life, having encountered her one rainy evening on the way back from her orchestra. Peter Sarsgaard plays him very convincingly, teetering constantly between oily sleaziness and handsome charm. His worldliness is a gift and he initiates Jenny into a dreamlike, sophisticated London life with Real Adults. She’s especially welcomed into his circle by his two closest friends, the beautiful, kind, stupid and drippy Helen, and the uber-wealthy art sophisticate Danny (Rosamund Pike and Dominic Cooper). She luxuriates in being taken to jazz clubs, to the opera, going away for sports car weekend getaways, conversing about art and music, in seventh heaven and basking amidst the vaguely scandalised, envious talk of her school friends. All this not just under her parents’ noses, but with their increasingly enthusiastic blessing. David convincingly passes himself off to them as a dapper, moneyed gentleman with the social and economic capital, and hence the security that her parents crave for their daughter in bucket loads. Suddenly Oxford doesn’t seem to matter so much any more.

Sadly, all is far from what it seems (or far too much as it seems, depending on your perspective), so Jenny’s in for quite the series of (educational) shake-ups, and some serious endangerment of her academic prospects. What’s superb about this film is how psychologically compelling and convincing the tale is. The pride and flattery involved, the bamboozlement of the parents who only mean for the very best, Jenny’s gradual slide into denial and rationalisation and her immense moral compromises. These go beyond simply the standards of the day concerning so-called ‘fallen women’, although these feed into some excellent social satire involving the school’s icy headmistress, ravishingly played by Emma Thompson. Jenny talks herself into ignoring her own alarm bells, denigrating her moral compass as pathetically petit bourgeois and egged on by David to do so. Her parents though, are broken by the experience, letting their daughter down by having seen in David only what they wanted to see. Her father sorrowfully acknowledges her conclusion that he’d been interested in marrying her off to the highest bidder, her education being nothing but bait for the cause. In all, the film is discreetly tender and often light hearted, convincingly played, wise and thoughtful, with a great cast.

La note de Miss J: 9/10, as sharp and perky as an Oxbridge candidate

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