Monthly Archives: April 2010

L’Arnacoeur

In a nutshell : Romain Duris’s character can seduce them all, or can he ? Vanessa Paradis might prove hard to get, very hard. Pleasant actors, funny script, beautiful setting, overall a charming rom-com.

La question de base que vous devez-vous poser est celle-ci : êtes-vous sensible ou pas au charme de Romain Duris ? Si vous y êtes allergique, oubliez jusqu’à l’existence de ce film, l’acteur y est de tous les plans. Si vous êtes fan, courrez-y ! Et si, comme moi, vous faîtes au mieux preuve à son égard d’une neutralité toute helvétique  vous pouvez vous laisser tenter, car le scénario est suffisamment solide et divertissant pour faire oublier son côté freluquet et gavroche qui régulièrement pouvait me faire douter de ses talents de séducteur. En même temps, peu importe mes conclusions, je n’étais pas le primo-récipiendaire de ses yeux de velours et de ses tactiques de Casanova.

Car l’homme est un stratège et dirige une agence composée de sa sœur (Julie Ferrier) et son beau-frère (François Damiens, convaincant cabotin) qui garantit aux familles et amis de femmes malheureuses dans leur couple de transformer n’importe quel compagnon goujat en (mauvais) souvenir. Comme le garçon est un artiste et que ses ruses sont des œuvres d’art de romantisme, au vol de colombe et à la larme près, les dettes s’accumulent. Cela le force à accepter l’immorale tâche de briser une semaine avant leur mariage le couple parfait que forment l’autoritaire Juliette (Vanessa Paradis) et l’exemplaire Jonathan (Andrew Lincoln), anglais attentif, charmant et millionnaire ce qui ne gâche rien. Alex (Romain Duris) devra alors tout mettre en œuvre pour séduire la belle, en dépit des gaffes de ses équipiers, de la pression continue de ses créditeurs et de ses commanditaires, de la lourdeur salace de la meilleure amie de Juliette (Héléna Noguerra parfaite), et surtout de la méfiance légitime de ladite fiancée, concentrée sur la préparation d’une cérémonie de rêve monégasque.

Le scénario est cousu de fil blanc, mais Pascal Chaumeil, inspiré, lui insuffle ce qu’il faut de rythme de vie pour que l’alchimie entre les héros fonctionne. Les seconds rôles finement sélectionnés viennent pimenter l’action dès que l’histoire se relâche et le résultat est attrayant. L’ardeur des comédiens alliée à un évident professionnalisme  d’une équipe décidée à livrer un très beau divertissement, « à l’américaine », porte ses fruits et sans être exceptionnel le film, léger et ensoleillé, séduit, faisant oublier ses quelques faiblesses.

Les spectateurs ne s’y sont pas trompé et ont fait de cette fantaisie pétillante le succès français  comique de ce début d’année. Tant mieux. Il est amusant de constater qu’aucune chaîne de télévision ne croyait en ce projet, et que venant le moment d’acheter les droits, elles s’en mordent les doigts. Ne mordez pas les vôtres et si vous souhaitez un moment de détente allez sourire devant les pitreries de Damiens, les moues de Paradis et les entrechats de Duris.

En résumé : Romain Duris sait faire fondre les filles en tant qu’arnaqueur, mais il a beaucoup plus de mal avec Vanessa Paradis qui, ayant du goût, préfère un anglais. Une consolation pour lui: le film le met en valeur du début à la fin: pas l’anglais.

After some weighty filmviewing (The Ghost Writer, Precious), this Romain Duris-fest L’Arnacoeur (directed by Pascal Chaumeil) proved as light and fluffy as a space kitten, touting escapist sparkling views of the Côte d’Azur as a shooting location to boot. It’s a comedy about a three-member hit team hired by the friends and families of women to help extricate them from the dead-end romances they can’t admit to themselves they’re unhappy to be in. Half-smouldering, half squinting team member Alex (Romain Duris) is the Bait, the supposedly irresistible romantic sputnik capable of making a break-up sized dent in any stalling relationship, tactfully and tearfully slipping away without following through on an actual romance with his target. The film opens slickly with a breakneck paced demonstration of the team’s surgical precision: a holidaymaker in Morocco is ingeniously lured away from her stolid, beach addict boyfriend in an emotional epiphany at Alex’s side, with him posing as an emotionally damaged ‘humanitarian aid worker’ epitomising just the kind of (in this case unfortunately entirely fictitious) man she really wants. Things take on a whole new difficulty level for Alex, however, when he’s hired to steal away wealthy heiress Juliette (Vanessa Paradis) from her seemingly perfect fiancé Jonathan (Andrew Lincoln). The whole thing also comes to smack more of mobsterism and blackmail than a genuine rescue.

The mission takes on desperate dimensions because only a week remains before Juliette and Jonathan’s wedding. A giant gorilla of a thug moreover keeps sporadically turning up to give the hapless Alex a thump or to dangle him by his feet out of a window by way of encouragement. He passes himself off as Juliette’s bodyguard, earning her instant hatred, trailed constantly by the other valiant two team members, Alex’s sister Mélanie (Julie Ferrier) and her husband Marc (François Damiens). The whole film is clearly a lovingly crafted foil for Romain Duris to shimmy around, twirling and strutting his stuff, which he does with self-deprecating aplomb and good grace. He’s the ideal choice for the role, for once fitting perfectly into the grey area between smooth, suave and sexy, and just plain leery and sleazy. He’s 20% grease for the film, which is just about the right proportion of letch to fuel the comedy. A perky comedic plot keeps things hurtling along nicely, and whenever the plot slackens for the inevitable odd romantic interlude, as already mentioned, some glorious views of Monaco and the Côte d’Azur are there to pass the time. Perfect eye candy if Romain Duris isn’t entirely your thing (my case) and if fantasising about Mediterranean suntraps is (also my case, particularly for a dank and drizzly winter evening). It’s an efficient comedic ‘product’ of a film that delivers what it promises, no more, no less. No need for feeling scammed then, unlike the hoards of newly single women featuring in this film, had they ever realised what Alex was actually up to.

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Precious

In a nutshell : Your time is precious, so unless social porn is your thing, skip this one.

Le mois de mars apparaît aussi difficile pour ce blog que les ides le furent pour ce bon vieux Jules. Enfin, grâce aux valeureux efforts de  Miss J. ressuscitons l’ensemble en espérant que tout ceci ne sente pas trop la sueur et l’effort. Ce n’est malheureusement pas le cas de Precious, film besogneux et laid de Lee Daniels, qui selon ses dires pouvait comprendre son obèse héroïne « parce qu’il est gay ». Je ne vois pas vraiment le lien, mais je peux garantir que son homosexualité ne l’aide pas à faire des choix de réalisation que je trouve esthétiques ou simplement pertinents.

Mon introduction est sans doute un peu trop sévère car  le film n’est pas sans qualité. Le réalisateur se refuse à transformer ce pesant drame social en tire-larmes et pour cela il lui sera beaucoup pardonné. Il a aussi une excellente distribution en tout premier lieu l’exceptionnelle débutante Gabourey Sidibe, dont la masse puissante, sans-âge, butée, naïve et renfrognée, fait passer une étonnante délicatesse, qui permet de supporter la série d’insupportables catastrophes et humiliations qu’elle subit, apprend-on, depuis sa naissance ou presque. Ajoutons encore que la musique est agréable, pas forcément en adéquation avec l’image, mais très plaisante.

L’argument du film est la description de l’épouvantable vie d’une adolescente de seize ans, obèse et états-unienne, enceinte pour la deuxième fois de son père. Clareece « Precious » Jones (Ms. Sidibe) remarquée par son professeur de mathématiques et soutenue par la directrice de son école est envoyée dans un institut scolaire alternatif où elle peut alors apprendre correctement à lire et à écrire sous la bienveillante férule d’une sainte institutrice (l’angélique et ravissante Paula Patton). Cet espace protégé lui permet alors pour la première fois de raconter sa triste histoire et, avec l’aide de l’assistance sociale (Mariah Carey à contre-emploi) d’échapper à sa mère abusive (la vaillante Mo’Nique, récompensée d’un Oscar pour sa prestation).

Si l’histoire tragique s’achève plutôt bien, le film est lourd, d’une bruyante laideur kitsch dans les rêves de cette adolescente battue, d’un maniérisme sans regard, voulant rappeler, mais en vain, l’énergie des premiers Spike Lee et le travail sur la couleur et le montage de Wong Kar-Wai. La route est encore longue. « Precious » est avant tout un porno social. Si l’on en croit la définition du Petit Larousse, La pornographie est la « représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique » et ici que ce soit dans l’exposition des traumas,  de l’indigence affective et des problèmes divers de Clareece on perçoit non pas une critique sociale forte, une réflexion politique ou une exploration émotionnelle ou poétique de l’univers de l’adolescente mais un objet de divertissement qui s’il n’est pas sexuel reste masturbatoire, excitant le spectateur par l’exploitation complaisante de la misère sociale des protagonistes. On peut y trouver son plaisir, ce ne fut pas mon cas.

En résumé: Une fille abusée trouve de la rédemption grâce à un prof. Vive les profs !

Precious (directed by Lee Daniels) first caught my eye a couple of months ago, pre-French release, when I came across a snarling film blog critique in The Guardian by British writer and television producer David Cox entitled “Precious Is An Insult To The Poor”. With a severity matching his photograph, which seemed to be reproaching me for my very presence on his web page, he argues to the effect that the film, which is based on the novel Push by Sapphire, is close to the worst setback to social justice for the poor since Joseph Stalin got in on Communism. The film apparently pinpoints an innately abusive, child beating, liquor drinking, animalistic underclass as the cause of its heroine’s ills, and as such perpetuates negative stereotypes of the poor that allow the audience to remain smug, distanced and superior, whilst cheering on and glowing warmly with compassion for little (perhaps not the best chosen word in this case) Precious. The audience is moreover apparently egged on to take voyeuristic pleasure in her rescue thanks to the efforts of hardworking, frequently vaguely moneyed folk who’d never allow themselves to be dragged into similar quagmires because they’re such decent folk. To take up from where Monsieur D left off, social porn anyone?

Cox’s review itself was met by a hail of insults from readers, which only got me more intrigued. I could certainly see why some people might get irritated by how he lumps ‘The Poor’ together as a category on behalf of whom to take Umbridge. It didn’t read like a convincing argument per se against the story, as sadistic/abusive behaviour towards others was not the preserve of any given economic social category last time I checked. Note, however, that Oprah Winfrey is a producer, and that no less than Mariah Carey and Lenny Kravitz play minor roles (as a social worker and a nurse), so a gilt-caged, heartfelt celebrity chorus can most certainly be detected singing along to this tale of obesity, child abuse and redemption. No actual sign of Bono, but he probably haunts the production in spirit. Precious, then, is the tale of a massively overweight Bronx teenage girl, excellently played by Gabourey Sidibe, facing her second pregnancy… by her father. Her mother (Mo’Nique) is quite mad, physically and verbally abusing her daughter too. A special educational programme helps turn her life around. I really was expecting something abjectly depressing, but in fact there was an upward trajectory to the whole thing that reaffirms the idea that with support from others, through hard work, compassion and determination, you can overcome your obstacles, however great.

Very Oprah-esque, then. And yes, really quite social porn-esque. And probably with the faults (and qualities) of regular porn. Everything is framed to have the maximum impact and can’t help but blow things up larger than life as a result, with the viewers’ experience constantly in mind: distasteful though it is to acknowledge, entertainment really is king. Precious cannot look its subject dead in the eye, instead literally blasting off into fantasy celebrity land, with the central character constantly sweeping away from her suffering into glitzy fantasies of fame and adoration, taking the audience with her. Precious walks the viewer through the drama in the most intimate, voyeuristic way possible, facilitating a close-to-fusional identification with the main character, encouraging the (arguably) pernicious illusion of ‘truly’ knowing that character, whereas in fact it’s inevitably a lot about projection, or conversely outright rejection of what’s being put in front of you. I personally did feel drawn into her story, which doesn’t collapse into pathos but shows her strength and capacity to adapt. It uses all the tricks in the book to turn a story of what could be seen as inherently awful into something actually convincingly hopeful. Yet, there are stock ‘porn prop’ characters, notably the teacher (Paula Patton) whose slimness, beauty and apparent wealth (please tell me how she managed that) makes her extraordinarily cliché of a super-invested Superteacher capable of overcoming any kind of practical constraints. Personal responsibility as a force for change is moreover touted at every turn over any need for wider collective political action, which gets annoying. Still, I’ll give Precious this: it gives a voice to a very different type of heroine, and it gives that voice dignity and visibility. It just either enrols the viewer to so closely identify with her that it all risks becoming very fusional, or fails miserably to convince, it would seem.

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