Monthly Archives: June 2010

Mot d’excuse

Pour des raisons trop dépendantes de notre volonté (réjouissances amicales et familiales nombreuses, thèse et travaux divers), nous nous devons de faire des choix difficiles et de laisser reposer quelque peu ce joli blog.

Mais pas d’inquiétude, la suite arrive dès que nous pouvons trouver plus de cinq minutes ou une critique amie.

Sachez que nous avons beaucoup aimé El Secreto de sus Ojos, sommes partagés pour l’Illusionniste, et passerons Les Meilleurs Amis du Monde sous silence (jusqu’à leur critique sévère bien sûr). Bébés fut charmant et L’Agence tout risque amusante.

We shall be back as soon as we possibly can … in July.

Et comme apparemment ce site manque de sexe voici un peu de porno.

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La tête en friche

In a nutshell: Welcome back Gérard! If anything La Tête en Friche shows that Depardieu seems to have got his mojo back. The movie itself is fairly cliché, but overall alright. You should be smiling at the end, and hopefully not because it’s finally over.

En sortant de Mammuth, nous ne pûmes résister à nous offrir une soirée spéciale Depardieu et nous rempilâmes pour son dernier film, La Tête en Friche. Et notre surprise fut grande de le retrouver presque à l’identique, replet, prolétaire, taiseux, illettré. Mais Jean Becker n’a pas le même univers que les Grolandais Kervern et Delépine et sa dernière réalisation est bien plus « ronde », académique, traditionnelle et apaisée. On retrouve tout ce qui fait le charme des films de Becker (Les Enfants du Marais, Elisa, Effroyables Jardins etc.), un ton humaniste tendre entre rire et larmes narrant une histoire autour de caractères plutôt que de situations. Germain (Depardieu), gentil colosse fruste, est pris pour le benêt du village jusqu’au jour où il rencontre au parc une charmante vieille dame, Margueritte avec deux t (Gisèle Casadesus), qui lui donnera le goût de la lecture et lui ouvrira ainsi les portes du bonheur : regain d’honneur par la conscience de sa valeur, harmonie dans son foyer tant dans l’acceptation de fonder une famille avec sa compagne (mignonne Sophie Guillemin) que de régler ses conflits avec sa peu aimable mère (excessive Claire Maurier). Une jolie ode, en dépit des clichés, à la lecture et à l’(auto-)éducation

Travailler plus, pour manger plus!

Je ne sais pas si le concept de cinéma de droite républicaine existe mais le film me paraît très bien remplir l’idée que l’on peut s’en faire : une France nostalgique et rurale où les produits du terroir ont la prééminence, il faut voir Germain vendre ses légumes sur les marchés. Une France ouverte et intégratrice dans laquelle tous ceux qui souhaitent participer à la vie commune sont bienvenus s’ils agréent avec les valeurs de celle-ci, l’Italien Marco (Bruno Ricci) et l’Arabe Youssef (Lyes Salem) l’illustrent. Une France où l’on travaille dur mais où, en cas de difficulté, on reste solidaire, Landremont (Patrick Bouchitey) ou Francine (Maurane) peuvent en attester. Une France laïque, on vit « à la colle », mais morale et tolérante, avec néanmoins un petit fond de racisme, le seul qui trompe sa compagne, c’est quand même Youssef. Une France dont le guide reste Maupassant, et en conséquence un film aux accents surannés.

Le spectateur remarquera l’attention portée aux dialogues, le relativement récent académicien qu’est Jean-Loup Dabadie s’en est chargé, mais s’ils sont souvent fluides et spirituels, ils apparaissent régulièrement comme désuets, voire factices, et ce malgré le talent des acteurs. Je doute que Margueritte, malgré ses 96 ans, ignore ce que « morbac » signifie. N’ayant pas lu le livre de Marie-Sabine Roger, dont est tiré l’œuvre, je ne sais pas si le film reprend les défauts de l’histoire originale, mais en tout cas il en tire d’agréables émotions. Par sa simplicité, Becker offre un moment plaisant et une occasion supplémentaire à Gérard Depardieu, juste et sincère, de nous convaincre qu’il a refermé sa parenthèse d’accablants navets ouverte il y a bientôt quinze ans. Welcome back Gérard!

En résumé: Gérard est de retour et cette fois il fait moins peur, car il a coupé ses cheveux depuis Mammuth pour un bon ciné de valeurs traditionnelles, touchant et digne comme c’est pas possible.

In a spooky turn of events, Mammuth ended up turning into a Gérard Depardieu double bill. You see, Mammuth was kind of disturbing, so given that there was time to change gears a bit, we cast around for another film to watch straight afterwards. There wasn’t a lot of choice given the timing of things. I was pitifully craving something as formulaic and plastic as possible and would have jumped at Prince of Persia if that had been an option, but alas it had started twenty minutes too soon. So we were left with Gérard’s other film: La Tête en friche, directed by Jean Becker. Which had been widely billed as Sweet and Heartwarming, a classically set out adaptation of the novel by Marie-Sabine Roger. But where, a tad uncannily given the similarity with Mammuth, Gérard plays an intellectually simple, marginal guy (this time called Germain) with some gross personal habits who’s badly in need of a big booster shot of love to sort out his morale and generally shabby demeanour. Leaving off very much where we had started, then. And so it was: Germain lives on the poverty line in an obscure provincial setting with an understanding woman (Sophie Guillemin) whom he only learns to truly value in the latter stages of the film.

As much as Mammuth is cutting and anarchic, La tête en friche is indeed just a big warm bear hug of a film, and jolly cozy it all was too, if a tad eerie given the extremes of the previous film. Germain is illiterate and bullied by his histrionically inclined, increasingly demented mother (Claire Maurier), and mocked relentlessly by the motley crew of regulars at his local café. He befriends an elderly lady, Margueritte (Gisèle Casadesus) whilst pigeon watching in the village square. She introduces him to the world of literature and reads him extracts of all sorts of stories that gradually allow him to flabbergast his detractors at the café with pertinent witty references. Meanwhile however, it transpires that Margueritte’s health is frail and her family fickle and self-centred, threatening her place at the comfortable local old people’s home. It’s a film of healing and integration, the power of friendship and dignity in the face of adversity, and it contains eleven essential vitamins and minerals to give you strong teeth, glossy hair and a radiant complexion. All as wholesome as Mammuth is ingeniously sordid. Seriously though, as Monsieur D. has commented, Gérard’s on fantastic form of late, excelling in two incredibly strikingly different films with these performances, playing characters that are the crazy mirror image of one another.

Bookish guy = bird magnet

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Mammuth

In a nutshell: Depardieu on a massive motorbike is on the roads of Charente Maritime but times have changed and it isn’t an easy ride. A bitter-sweet road-movie with moments of horridness, and flickers of grace.

Gustave Kervern et Benoît Delépine en sont à leur quatrième film dur, tendre, décalé, abrasif et foutraque : celui-ci se nomme Mammuth, du nom de la moto allemande sur laquelle Serge Pilardos (Gérard Depardieu), nouveau retraité, parcourt les routes de Charente Maritime à la recherche des fiches de paye manquantes qui lui permettraient de toucher une retraite complète. Pilardos est lui-même d’une rotondité pachydermique et d’une époque quasi préhistorique car il est net qu’il ne comprend plus, s’il n’a jamais compris, ses contemporains. Accompagné dans sa quête amère, décousue, et ses rencontres lamentables par le fantôme de son premier amour (Isabelle Adjani), il finit par trouver une forme de paix intérieure et de regain d’amour pour ses proches, tant Miss Ming, sa nièce excentrique, qu’il retrouve enchanté, que Catherine (Yolande Moreau), son épouse bougonne et patiente.

C'est çui caddie qui y est

Depardieu est à tout point de vue monumental dans ce film, tant il impressionne d’abord par son tour de taille plus généreux encore que sa coupe de longs cheveux blonds filasses qui flotteront au vent sur son marcel défraichi. Mais aussi car dans ce film il est avec générosité un monstre de tendresse, de retenue, de pudeur. Le voir contempler de longues minutes silencieuses son puzzle de neuf cents pièces, cadeau d’adieu de ses anciens collègues de l’abattoir, est un moment épatant de cinéma sur lequel on n’aurait pas forcément parié sur le papier. Sa lourdeur touchante dans un grand moment de maïeutique orchestré par un des ses anciens patrons interprété par Siné amuse et serre le cœur. Son étonnement et sa méfiance mélancolique, puis son émerveillement face aux singularités de sa nièce résument bien les jolies émotions de ce gros homme simple, en mal d’amour.

C’est vraiment l’acteur des grands jours auquel on a droit, il s’était fait rare. Dommage que la réalisation ne soit pas à sa hauteur, l’image est assez laide, souvent floue, rarement bien cadrée, le scénario est moins une histoire qu’une lente suite d’instants plus ou moins drôles, plus ou moins choquants, souvent désespérés et miteux. On se demande parfois quelle nécessité à garder certaines scènes « grolandaises », comme par exemple la perturbante masturbation mutuelle de Pilardos et son cousin, dans un cadre plus poétique et plus socialement juste entre Jarmush et The Wrestler d’Aronofski. On se perd donc à rechercher les intentions des réalisateurs, intentions parfois péniblement surlignées, parfois étrangement absentes. Finalement un résultat correspondant assez au parcours du personnage : on croit partir en motard sur Munch Mammuth et on revient en djellaba à vélomoteur ! Mais changé et, en dépit de tout, assez satisfait des deux ou trois moments de grâce rencontrés.

En résumé: Gérard est splendide et mammouth dans ce film par moments tendre et drôle, mais le plus souvent rebutant et lent.

Prior to Mammuth, the last film I’d seen directed by Gustave Kerven and Benoît Delépine was the searingly fabulous Louise Michel, also starring Yolande Moreau. The bar was therefore set good ‘n high for this new production, even if my expectations were a bit lowered due to the odd damp squib of a warning review. Some people equally took exception to all of the directors’ rich and famous mates cameo-ing in the film as regular proletariat folk and insultingly playing people who are objectively and exclusively totally off their trees. Still, I was hoping for elements of the same vengeful humour, daring characterisation and unpredictably explosive storyline that Louise-Michel touted. Mammuth is a road movie featuring the truly mammoth Gérard Depardieu as Serge Pilardos, and this time he’s replete with greasy crimped peroxide blonde waist-long hair, immense beer belly and a perpetually lost demeanour. It all begins abrasively, with grainy-shot slabs of recently slaughtered meat and shredded pig rolling out across an abattoir from where Serge is about to retire. Cue striking scene of his colleagues obliviously shovelling piles of crisps into their mouths with blood dripping off their fingers as Serge listens impassively to his manager reading him a generic ‘thank you – goodbye’ retirement speech before presenting him with a parting shot giant jigsaw puzzle gift.

Serge ekes out his life sharing a small provincial whitewashed bungalow with his wife Catherine (Yolande Moreau), who often has some trouble dealing with his chaos, and indeed seems to be the only person around remotely capable of doing so. He’s mostly stuck on another planet. His idea of an appropriate response when a man drops dead in his isle at the supermarket where he’s picking up some groceries, and where his wife works, is to poke at him with a baguette before walking off. Serge quickly discovers that his retirement is going to be in jeopardy if he can’t get an official signature from every place he’s ever worked in his life to prove that he’s entitled to a pension. Catherine duly sends him off, armed with her mobile phone, on his giant hulk of a motorbike, ‘Mammuth’, to track down each and every one of his former employers. It all gets a bit Broken Flowers at this point, with a linear process to follow in terms of tracing his life backwards, and getting to witness some of the mess he’s left behind him over the years. He’s been spending the last thirty-odd years fighting his demons, ever since being responsible for a motorcycle accident that killed his fiancée, whose bloody face haunts him constantly (played by Isabelle Adjani).

"It was this big"

He goes from grave diggers to fairground owners, to derelict roadside cafés, gets abused, laughed at, occasionally helped but scammed and swindled, laughed at, and is involved in a horrific, out of the blue, far-too-much-information-here ‘cousin to cousin’ masturbation scene. A reunion with his grown niece, who likes to scare off potential employers by telling them that she writes poems in her menstrual blood, finally helps him to get over the loss of his fiancée. To say that it doesn’t hang together as well as Louise Michel would be putting it mildly. The pace is much slacker, the storyline more bleary-eyed, the humour’s largely absent and replaced by flat out gross stuff, but there’s some strong characterisation for Gérard who puts in a cracking, indeed ‘brave’ performance. Just so too very much information at times though… Bleargh.

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Date Night – Crazy Night

In a nutshell: Unfortunately, a not so “crazy night” but it was fairly pleasant to spend ninety minutes with the charming and quirky Fey and Carell and, as for Miss J., with a deadpan shirtless Wahlberg.

Pour nous remettre de nos émotions « kickassiennes », Miss J. et moi nous réembarquâmes dans un film moins bouleversant et notre choix porta sur la gentille comédie américaine Date Night, transformée en Crazy Night pour le public français car les distributeurs comprirent sans doute qu’il était nécessaire d’amener un peu plus de folie et de rythme dans cette petite comédie policière et sentimentale.

Un couple pépère et sans histoire, ou, pour paraphraser Tolstoï, avec la même que toutes les familles raisonnablement heureuses, se désespère de voir un couple ami divorcer et souhaite redonner une bouffée de jeunesse festive et d’aventures à une routine quelque peu terne. D’où l’idée improvisée de quitter leur banlieue et sortir en tête-à-tête dans un chic restaurant new-yorkais. Evidemment sans réservation ils n’y trouvent aucune table. Ils décident alors de se faire passer pour un couple apparemment absent et de prendre leur réservation. Profiter de cette défection leur coûtera cher car les voici désormais cible de policiers corrompus et mafieux en tout genre.

Les Fosters et Miss J. sous le charme de Mark "je pimente ce film" Wahlberg

Si les courses poursuites ont dû pimenter le quotidien de Phil et Claire Foster (Steve Carell et Tina Fey), la comédie est elle-même assez fade et manque justement des épices suffisantes pour que l’on puisse vraiment la recommander. Les péripéties subies par les héros cachent une vacuité scénaristique et une forme de paresse dans la présentation très peu transgressive du modèle de couple états-unien. On voudrait voir Carell et Fey à leur plus outrancier, ou du moins à l’égal de leur étonnant talent comique (The Office ou 30 Rock) révélé à la télévision et l’on se rend compte que le modèle économique hollywoodien interdit désormais aux films d’être plus audacieux que ceux financés pour la télévision.

On sourira devant quelques scènes, notamment celles où apparaissent le musculeux Mark Wahlberg, mais le scénario de Josh Klausner et la réalisation de Shawn Levy sans démériter pêchent par leur manque de punch, de rebondissements et de surprises. Un divertissement oubliable qui pourra vous faire passer un samedi après-midi pluvieux de manière plaisante, mais si vous en voulez plus, organisez votre propre rendez-vous galant ! Un conseil de restaurant ? Mmmm, pourquoi ne pas essayer le Grand Méricourt, La Gazetta ou peut-être même, nuit de folie, Ze Kitchen Gallery ?

En résumé: Steve Carell et Tina Fey démontrent avec panache pourquoi il ne faut jamais essayer de tricher quand on n’a pas bien réservé sa place au resto.

Claire Foster (Tina Fey) and her husband Phil (Steve Carell) are a married with children couple, living in a pert ‘standard romcom’ house outside New York, doing pretty well, careers scrubbing up nicely, kids prancing everywhere. They are spun for a loop, however, when two of their good friends announce they’re getting divorced from each other, one deliriously happily, the other in a life-shattered state of shell shock. Both Claire and Phil start wondering if they haven’t also warped into roommates on the brink of coupledom doom. This has to be prevented. Steve Carell springs into action, books a fancy evening out at You Could Never Afford This Restaurant Nor Indeed Get A Table Here Without Reserving Six Months Ahead, NYC. Except he doesn’t actually book a table. They just turn up, hoping for the best. Well, depending on your definition of ‘best’, it doesn’t go quite as far in that direction as hoped. The table they unscrupulously grab following a ‘no-show’ by another couple turns out to have been booked by people on the run from some bent policemen linked to a dogged criminal outfit of the ‘kill them all’ variety. Cue horrendous mixup. And the absolute imperative to hand over ‘the’ USB key before the Foster’s babysitting arrangement needs transferring into a hasty foster programme.

Look at the verve on that

The rest of the film is spent with the duo redefining their couplehood whilst trying to get out from underneath the instant karma they’ve brought down on themselves by stooping so low as to pose as another couple at a restaurant. Mark Wahlberg facilitates the process, rarely to be seen with a shirt on, which is kind of nostalgically comforting in a ‘they did that on purpose didn’t they’ way. It’s a solid post-marriage-romcom, escapist and silly, and played with verve by the actors, although I’m not sure whether that’s a good thing to say as I was once commented to have written an academic text with that. I felt like it was a nice way of saying that at least my heart was in the right place, and actually that’s what I thought about Carell and Fey in this movie, hm. Verve all the way, baby, Bitter Sweet Symphony style. They do the ‘married roommates’ thing well, without much by way of a spark of noticeable sexual tension. My favourite part of the film involved them trying to escape from the two armed corrupt policemen across the lake in Central Park in a motor boat that goes at about two miles an hour at full throttle. You had to be there, perhaps. Anyway, Monsieur D has recommended some alternative better ideas for a successful Date Night in his review (I back them up), but for my money it’s still worth giving the film a chance, if you’re after a sporadically funny, distracting action romcom, done with a nice bit of verve.

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Kick-Ass

In a nutshell: It’s surprisingly dark, but also sleek and funny and probably deeper than it appears. In its genre, it (too?) violently kicks ass!

C’est bousculés que nous sommes sortis du dernier film de l’anglophile Californien Matthew Vaughn sur un scénario de l’Ecossais Mark Millar, car quand les Britanniques se métissent avec des Etats-Uniens cela peut amener un désordre sans nom dans la mythologie héroïque des Supermen. Et nombre de spectateurs se retrouvent face à ce film comme des consommateurs devant un pot de Marmite alors qu’ils s’attendaient à, mettons, de la mousse au chocolat . Ca décoiffe.

Moderne, violent, parfois immoral, Kick-Ass est un film difficile. Se présentant sous les atours d’une parodie de films de super héros,  on comprend très vite qu’il s’agit en fait d’une exploration sérieuse du mythe et de ses significations. Si le scénario se moque gentiment des scènes classiques du genre, celle du Spiderman de Sam Raimi en particulier, il propose un certain nombre de réflexions sur l’héroïsme et la justice.

David Lizewski (Aaron Johnson ébouriffé) est un jeune homme normal, qui, comme souvent les adolescents souhaitent plus de justice et se veut plus fort, vivant ses fantasmes au travers de ses lectures, jusqu’au moment où il se décide à transcender son impuissance en devenant à son tour un super-héros, Kick-Ass.  Faille de taille dans ses plans, il n’a qu’un costume, acquis sur Internet, mais aucun entrainement adéquat, nuls qualités et pouvoirs lui permettant de rivaliser avec Batman ou qui que ce soit d’autre en fait. Ses actions héroïques s’achèvent en conséquence toujours funestement pour lui, mais sa persévérance impressionne. Elle finit par être remarquée par un spectateur-voyeur qui plutôt que d’appeler à l’aide préfèrera filmer la bagarre et partager la trempe que se prend Kick-Ass sur Internet. Célébrité immédiate qui plutôt que de lui apporter le succès qu’il escomptait auprès des filles fait penser au Parrain local (imposant Mark Strong) qu’il est responsable de la disparition de certains de ses hommes. Les véritables perpétrateurs sont en réalité un père ancien flic – Nicolas Cage moustachu – et sa (très jeune) fille surentrainée – impressionnante et délicieuse Chloé Moretz -, tous deux sociopathes en costume et ivres de vengeance. Tous sont donc appelés à se rencontrer, et sans doute pas autour d’une tasse de thé. Sachez uniquement qu’un bazooka verra du pays, que je ne regarderai jamais plus mon micro-onde de la même manière et que le film prouve s’il en était besoin qu’il ne faut pas laisser d’armes à disposition des plus jeunes, surtout s’ils savent s’en servir.

Et c’est cela qui m’a le plus interessé, car si la violence est prégnante, elle ne m’est pas apparue comme gratuite mais au contraire comme la nécessaire conclusion au mythe du héros solitaire et masqué. A la fois protection et béquille le masque sépare du reste de la communauté et permet toutes les transgressions, sans jamais vraiment rapprocher son porteur de son but véritable. Ainsi ce n’est qu’en tombant le masque que Kick-Ass pourra non plus abstraitement séduire mais concrètement trouver une compagne, et ce n’est qu’en se couvrant que les autres personnages sont les plus destructeurs. De même, la relative subtilité avec laquelle chacun est décrit laisse part à une ambiguïté perturbante et stimulante pour le spectateur: par exemple le patron de la mafia, Frank D’Amico, ne souhaite que protéger son fils, le chérir, et ne désire pas lui imposer la violence, ô combien destructrice, liée à son milieu. Le scénario dénonce avec finesse la désagrégation des liens et des solidarités sociales qui mènent à un regain de voyeurisme béat et de vaine brutalité. Et le portrait de notre société n’est alors pas beau à voir.

Cette noirceur et cette réflexion sur la grandeur de la “normalité” impliquée font ressortir à quel point les “héros” sont des amputés de la vie et les justiciers ne peuvent être que troubles. Et ça, franchement, c’est plutôt intrigant pour un film cool pour ados. En fait, il s’agirait d’un peu plus qu’une histoire kiffante de super-héros que je ne serais même pas tellement surpris.

En résumé: C’est violent, c’est trash, c’est Kick Ass!

Oooof, where to start. This is actually some surprisingly violent stuff! OK, so the clue’s in the title… ‘Kick’+ ‘Ass’. I did get that part before buying my ticket… but I thought it was all going to be slapsticked up, family entertainment and all that. There was indeed a nine year old howling in delight at the front of the cinema throughout as human limbs were sliced, diced and on occasions microwaved, while I winced along fighting back the odd bout of queasiness. Kick Ass is a creative new cinematic take on comic books of the ‘flawed hero’ Spiderman variety, flinging forth superheroes of the self-tortured school of superheroing, who battle their way through real life rubbish that keeps dumping itself over their flawed superhero selves whilst they wrestle on determinedly, tragic lone destiny and servant of the people, someone’s got to do it, tralala, watch out, bad guy at 12 o’clock, etc etc.

The film features Dave Lizewski (Aaron Johnson), average adolescent high school dork dude extraordinaire, except for the fact that he harbours fantasies of becoming a superhero that he actually acts out. He goes and orders a slinky skin tight green costume on the internet complete with cape and all necessary accessories, and is good to go… out into the streets of New York as Kick Ass to kick the ass of some villains, of which there are more than a few, all of them oozing Eau De Bad Guy and brisling with sharp weapons. And he gets absolutely shredded by them, in far more graphic detail than I’d been expecting, but hey. I think it’s my grandfather I inherited my fear of blood from, but he heroically got past it to be a good doctor, so I can get past it and heroically sit through violent blood-fests at the cinema, right… ahem, how useful do I feel now. Anyway, Kick Ass gets his ass kicked but also shoots to fame on YouTube thanks to some voyeuristic teens who capture the whole thing on their mobile phones (conveniently forgetting to help out – a running theme of the film).

Meanwhile, some other properly bad guys are up to no good, led by New York übermobster Frank D’Amico (Mark Strong), and those bad guys are having their ass kicked by some mystery avengers. Step in Nicolas Cage as Damon Macready (ehm, ‘Big Daddy’) and his charming little daughter (she looks about 10 years old) Mindy (Chloe Moretz), ‘Hit Girl’, who makes the rollerbladers from Whip It look like extras from The Sound of Music. Big Daddy is an unhappy former cop and part time comic book artist who’s out to get revenge on Frank D’Amico with the help of his gun toting little girl, and the pair of them are utterly psychotic. They trash his thugs, burn his drugs, murderously work their way up through his gang’s hierarchy, sparking ineffectual retaliation murders amongst the gang. All this commotion is watched on by Frank’s mawkish teenage son Chris (Christopher Mintz-Plasse) who desperately wants to get involved and help out his father, but instead has to content himself with going comic book shopping with armed thugs for company, at least for the time being. Meanwhile unfortunately for Kick Ass, all the attention he’s been getting on the web convinces the gang that it’s him who’s behind all the recent troublemaking.

The whole thing is very dark, very energetic, cool and slick, totally bloodthirsty and high octane, and probably a cathartic watch if you’re harbouring murderous bloodthirsty repressed rage at all times, for instance if you’re a teenager. I kind of enjoyed it but the graphic violence was far more hardcore than I was expecting and it did kind of disturb me that it’s come to this, what kind of world are we living in, etc, etc, but then I remembered that I have years ahead of me to studiously avoid such things and stick to sensible films the like of Solutions Locales Pour Un Désordre Mondial, an absolutely superb and important environmental documentary that I watched ages ago and despair of ever actually reviewing because it was all complicated. Kick Ass on the other hand is bleak in its message: society doesn’t work, defend yourself as best you can, and don’t be surprised if there’s corruption and fickleness everywhere you turn. That said, there are cool guns and we can be superheroes. For a while, if we’re lucky.

 

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Greenberg

In a nutshell : Greenbeuaark. Or when Americans try their hand at atmospheric French comédie-dramatique, they succeed: it’s just as bad.

Aimez-vous le cinéma français ? L’intellectualisant, l’héritier de la Nouvelle Vague, celui qui estime que loin des effets de manche suivre des héros normaux dans leur vie quotidienne est une ouverture sensible vers un monde nuancé de sentiments et raisonnements profonds et … bon, je vais vous la faire courte, ce cinéma m’ennuie plus qu’à son tour, quand il ne m’irrite pas carrément tant il peut être poseur et vain. L’attrait qu’à pour moi le cinéma indépendant américain, celui des Cassavetes, des Anderson ou des Altman est un cinéma d’histoire, de passions, surtout un cinéma qui n’oublie pas son spectateur, un cinéma d’invention et de partage.

Comme vous l’aurez compris Greenberg ne fait pas partie de ce cinéma là, il en est très loin et lorgne plutôt vers la tradition des films français les plus égocentriques. Le générique d’ouverture suit la jolie Florence Marr (Greta Gerwig), gentille et serviable jeune fille sans moelle épinière et de peu d’ambition, conduisant dans les rues impersonnelles de Los Angeles. Cet épisode quotidien en travelling latéral peu passionnant est à la hauteur du reste du film : médiocre et mi-dépressif.

Florence, chanteuse amateur, est l’assistante ménagère/ baby sitter des Greenberg, qui partent en vacances laissant leur chien et leur maison à ses bons soins et à ceux bien moins sûrs de Roger (Ben Stiller), l’oncle New Yorkais nombriliste, convalescent – il sort de dépression – et toxique. L’homme est antipathique, sans empathie et sans amis, même si un ancien camarade (l’exceptionnel Rhys Ifans) le soutient en dépit de lui-même. De manière poussive on verra ces deux solitudes mélancoliques se rejoindre tandis qu’on apprendra les raisons qui poussent Roger à vivre dans le passé : il aurait pu devenir une vedette rock, par sa bêtise égoïste il condamna ses amis d’alors et lui-même à une certaine obscurité.

L’oisiveté faussement choisie de l’odieux Greenberg est celle que l’on retrouve dans le scénario terriblement bavard et les choix filmiques. Même si Greenberg n’est pas le pire film que vous pourrez voir, car certaines scènes sont à sauver, les acteurs jouent juste, et quelques répliques font mouche, le résultat n’en devient pas attrayant pour autant. Noah Baumbach tente d’être malin, décalé et sophistiqué, en vain, l’ensemble s’effiloche doucement vers le néant.

En résumé : Ben Stiller est superbe en tant que narcissiste incompris dans ce film drôle et mélancolique de Noah Baumbach.

  Roger Greenberg (Ben Stiller) is fresh out of a stint in a psychiatric hospital at the outset of Noah Baumbach’s latest production, Greenberg. Depression. All better now. Kind of. He’s taken in by his brother into a swish Los Angeles suburb, charged with building a new dog kennel and keeping the swimming pool filtered, and promptly left to his own devices whilst brother and family jet off for a long sojourn in Vietnam. The only sporadic company he gets (apart from the dog) is from Florence Marr (Greta Gerwig), au pair and general household trouble-shooter. The film opens at a slack, too-cool-for-school pace with Florence driving a battered car across town, either deep in thought or totally absent from it, it’s hard to tell. From this uninspiringly posturing ‘m’as-tu vu’ start, it gradually warms up into something really enjoyable. Yes, Monsieur D and I diverge majorly on this one.

The success of the film for me lies in its brilliant characterisation of Greenberg. It’s a laboratory-precise, incisive exposition of an obliviously narcissistic, spiteful, bitter if charming-when-pleased, personality. All the potential, for instance as a musician, that he’s failed to bring to fruition is starting to positively stagnate and eat him up from the inside. He’s reached the point, and an age, where the boundaries of his life expectations and what the world is prepared to give him have stretched so widely that it’s no longer possible for the two to hold together neatly any more – something has to give, yet he can’t adjust his demands. Initially he has a nervous breakdown, which works out fairly well as a stopgap response, but as noted, he’s out of the hospital by the time the film starts. Another potential balm for that kind of mismatch is a relationship with an admiring woman who’s prepared to buy, however imperfectly, into the injustice he’s being subjected to: enter Florence.

That’s it, really. But it’s done really, really well. Greenberg gradually unfolds as half-tragic, half slapstick-hopeless, and the reactions he elicits from his old friends from student days, and his utter incomprehension as to his effect on them, is genius. The bitterness he accumulates over time and the nonchalant disregard with which he fails to see, or reach out to the individuality in others, raging instead at the ‘big picture’ (writing reams of angry letters to big nasty multinationals like Starbucks), is cathartically comically accurate. The film inches you towards sympathy and affection for him, only for Greenberg to blow everything in a way that makes it all too apparent how he’s been spinning in circles ever since his early twenties. His ex-girlfriend can’t remember any of the anecdotes he’s still ruminating over, smiling politely but bemused at the extent he’s still churning up about them. Rees Ifans is perfect in the role of his ‘best friend’ whose life he partly ruined, and whose present woes are completely indifferent to him. The love story offered by the film offers less genuine solution than creaky band-aid. Much kudos to Ben Stiller for leveraging his comic talents into something darker but just as enjoyable, and to Greta Gerwig for a great performance, too.

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