Monthly Archives: October 2010

Mr. Nice

In a nutshell: If you’ve been to any airport or station in the UK, you must have seen the book … a bestseller and an autobiography of Howard Marks, the most famous drug smuggler of Britain. Bernard Rose is adapting it. He has the best ideas in terms of cast, Rhys Ifans is stellar, David Thewlis perfect, and less forceful ones in terms of his scenario. The shit’s good but you don’t get that high!

Je suppose qu’aucun ou que fort peu de mes lecteurs français auront entendu parler de Howard Marks, pour les plus anglophiles ou les plus liés au monde sulfureux des trafics illégaux d’entre vous, il évoquera en revanche beaucoup. Véritable légende au Royaume Uni son autobiographie fait partie des meilleures ventes depuis quelques années et il reste le plus célèbre des trafiquants de marijuana du monde anglo-saxon. Car avant de se faire pincer par des forces de police états-uniennes vexées qu’il fasse passer Scarface pour un épicier de cours d’école, et qu’il ne purge sept ans dans un pénitencier de haute sécurité, l’homme a importé en Grande Bretagne (et brièvement aux Etats-Unis) suffisamment de haschich pour offrir des rêves opiacés à toute la population de l’Union Européenne.

Le film se penche sur le destin de cet homme charmeur, intelligent, charismatique et sur les hasards qui le menèrent à choisir avec succès la voie cahoteuse du trafic de drogue. Ainsi Mr. Nice, l’un de ses 89 alias, mais également la manière dont le réalisateur voit son héros, aurait pu s’appeler “Hasard et dépendance”, tant la vie de Marks, incarné à la perfection par le splendide Rhys Ifans, s’articule autour de rencontres absurdes le menant à des décisions étonnantes (et souvent illégales) et autour d’assujettissement à la drogue bien sûr, mais aussi à l’adrénaline, au goût du risque, à l’aventure … Et tout semble se faire, glisser avec aisance alors que l’on suit Mr. Nice négocier ses études à Oxford, débuter sa carrière de professeur, ou se lancer dans l’import de drogue en passant par les réseaux de l’I.R.A..

Le petit truc mode de votre dealer : bien choisir ses lunettes de soleil (et l'arrière plan ironique de ses photos)

C’est là que le bât blesse. Tout est si facile, si léger, si heureux, que l’on a peine à y croire. La violence est presque absente et Marks s’installe dans la distribution de stupéfiants plus rapidement qu’un couteau s’enfonçant dans du beurre mou. On ne peut s’empêcher de penser que l’ensemble dût être plus complexe. Ainsi, l’histoire devient trop belle et il manque le détail nécessaire qui fait que l’on a foi en ce qui nous est montré. Le montage, rapide, serré, augmente les effets de superficialité du film et les ellipses nombreuses entre les moments drôles, intenses ou touchants de la vie de cet homme lui font perdre de sa réalité. On ressent en conséquence les brumes des nombreux pétards sans bénéficier des avantages de ceux-ci.

Le résultat donne un film souriant, parfois intriguant, impeccablement interprété par des acteurs plus vrais que nature – Rhys Ifans connaissait apparemment Howard Marks et celui-ci a insisté pour que son compatriote gallois emporte le rôle; il a eu raison -, mais manquant singulièrement d’épaisseur.

Leave a comment

Filed under Biopic, Comedy

Compétition Femis/NFTS

In a nutshell: Two film schools, on my right the Parisian Femis, on my left the Londonian National Film and Television School, each of them are sending three short feature movies from their best students. Conclusion? Girls do it better! Five out of six of the young directors were girls and my least favorite film was the boy’s. My candidate for best short won … so Vive Vicky Mather, Vive NFTS and of course Vive le cinéma!

La vérité m’oblige à dire que cette aimable compétition de courts-métrages ne fut pas notre choix initial. Mais refusé à la séance d’un des films en compétition – trop de monde – nous nous précipitâmes vers la nouvelle génération, celle qui nous fera rêver demain. Quatre des six réalisateurs nous ont accueillis, et, intimidées, nous ont expliqué leur projet, puis la silhouette hiératique du grand Hitchcock est apparu et le film de Paul Wright (NFTS), l’unique cinéaste mâle, débuta. Ce fut assez désagréable.

Until the River Runs Red nous impose la vie errante de Chloé, qui se pense la fille unique de Dieu. Ses parents, Jack et Kate, ont construit ce mensonge, mais dans quel but … ? Paul Wright ne semble pas tant se préoccuper de son histoire, un peu tirée par les cheveux, que par la mise en image de son projet. Il tente ainsi un montage original, mêlant essais de caméras, de mouvements, de lumière, de couleurs, etc. Malheureusement l’ensemble fait moins penser à Godard, même dans un mauvais jour, qu’à un exercice d’étudiant. Notons néanmoins que ses acteurs sont excellents.

Le second film, Stanley Pickle, fut en revanche un enchantement. Choisissant le conte et l’animation en volume (ou animation image par image ou stop motion), la réalisatrice Vicky Mather (NFTS) réussit à charmer, émouvoir et déclencher les rires en narrant l’histoire étrange du trop casanier et bricoleur Stanley. L’imagination et la qualité des acteurs est mise en exergue par l’étrangeté heurtée que crée l’animation en volume. L’ensemble, délicieux, persuada la majorité des spectateurs qui anticipèrent par leurs applaudissements le succès de ce film, couronné en fin de festival par le prix du meilleur court-métrage.

Le travail de Lottie Gamon (NFTS) suivit les aventures du jeune Pickle. Mlle Gamon proposait dans Behind the sea non pas une fiction mais l’âpre réalité des immigrants africains, transitant de Lybie pour atteindre l’Europe, et leur arrivée souvent dramatique sur les côtes de la minuscule île de Lampedusa, avant-poste italien en mer Méditerranée. Le film débute par les images belles, tragiques et fortes des iliens nettoyant leurs plages après une tempête et le spectateur prend conscience en même temps que la réalisatrice que derrière chaque gilet de sauvetage échoué, il y a un noyé, un être perdu en mer. Le film suit alors certains Africains qui ont pu survivre et rejoindre les côtes et qui attendent que l’Italie et l’Europe statuent sur leurs sorts. La caméra est nettement en leur faveur et ce court reportage manque alors d’un oeil critique, du recul nécessaire qui permettrait de mieux compatir ou de mieux comprendre la complexité et les drames humains, économiques, structurels liés à ce genre d’immigration. Le film devient un témoignage parmi tant d’autres de la misère humaine et passe à côté des tensions immenses et des histoires infinies que recèle ce genre de sujet.  Je conseille plutôt pour ceux que cela intéresse la bande dessinée maltaise de Joe Sacco, Not in my country, bien plus complète et plus impartiale, ou même Welcome de Philippe Lioret.

Le programme se poursuivit par Like Love, un autre reportage, émouvant, de la britannique Sarah Cunningham (Femis). Avec une délicate attention, Mlle Cunningham dessine le destin brisé au fond d’une piscine de Jacob, jeune professeur de philosophie désormais en chaise roulante. La sensibilité de la réalisatrice fait ressortir la tendresse immense des proches de Jacob et l’amour de Ramona, jeune femme qui l’entoure d’une amitié affectueuse, douce et persistante. En dépit du drame, de la colère devant ce corps gâché, de la peine à vivre diminué, chacun ressort grandit. Ce fut une autre perle de ce programme, car ces trente minutes en compagnie de Jacob ne tirent pas une larme mais réconfortent et rendent peut-être même meilleur.

Bojina Payanotova (Femis) préféra, elle, choisir la fiction et développa dans A domicile, les difficiles retrouvailles d’un père et de son fils, tous deux adultes et rugbymen amateurs. Le fils, idolâtré par son père, n’a pas de bonnes nouvelles à lui annoncer et tente de trouver courage et opportunité lors d’un entraînement. Le tout est plaisant, sans accrocs, mais si lisse que rien ne marque non plus. On aurait voulu mieux connaître les protagonistes.

Pauline Gay (Femis) réussit bien mieux que sa camarade à définir et à incarner ses personnages dans La Ballade de Jean-Paul. Son film court, dernier à être présenté, hésite entre documentaire et fiction mais décrit avec finesse et humour en plus d’une remarquable économie de moyens la vie sentimentale de Jean-Paul et de ses amis agriculteurs. Le résultat fait penser que Mlle Gay a compris les leçons de Pialat, Rohmer et Depardon, en joue et insuffle dans celles-ci la gaité et l’enthousiasme des premiers projets. Il s’agissait donc d’une bien agréable conclusion pour une programmation intéressante, même si je fus un peu déçu du manque d’ambition, de folie ou d’ampleur sur la forme ou le fond des films de ces jeunes cinéastes, à l’exception de celui de Mlle Mather (et la bande annonce qui suit ne lui rend pas justice).

Leave a comment

Filed under Animation, Cinema, Comedy, Documentary, Drama, Uncategorized

Guest critique n°8 – RED

To very kindly tell us to get on with the programme, because, this festival of Dinard looks nice and everything, but could we just get more critiques please … Mlle L. is sending us a raving review of a movie I would love to go and see, and hence I do feel a twinge of envy reading the following lines:

Helen Mirren dans un film d’action “starring Bruce Willis”, avouez que ça intrigue. Je suis allée voir : non seulement je n’ai pas regretté, mais je vais m’empresser d’y retourner. RED, pour faire concis, c’est les Tontons Flingueurs qui barouderaient à travers les USA.

Bruce Willis y tient le rôle d’un super espion de choc de la CIA, mélange de James Bond sous amphétamines et de Rambo sans poils, fraîchement rangé du service et qui s’ennuie ferme dans sa banlieue résidentielle coquette et enneigée (bienvenue à Cleveland, Ohio).

Depuis Mon Voisin le Tueur, on sait que le rôle du flingueur retraité légèrement psychorigide, Willis maîtrise, et pas qu’un peu. Dans sa belle robe de chambre écossaise en pilou (on vous le répète, les hivers à Cleveland sont rigoureux), pépé Willis se languit des latages de maxillaires sous climats exotiques et n’a, pour égayer ses (très longues) journées, que de sporadiques conversations téléphoniques avec sa lointaine “conseillère en ligne – pensions retraites gouvernementales”, la totalement irrésistible et fêlée Marie-Louise Parker, dont les conseils littéraires décomplexés vous acquerront immédiatement à sa cause sans contestation possible.

Ce qui devait arriver arrive (c’est un film Américain), et notre brave retraité se voit dans l’obligation de reprendre ses vieilles habitudes brutales, tout malmené qu’il est par les vilains perfides (et ex-collègues sans scrupules) de la CIA, qui s’avèrent en vouloir non seulement à sa peau mais à celle de sa conseillère téléphonique chouchoutée et à ses vieux copains favoris : ça ne se passera pas comme ça, le voici lancé dans un road-movie déjanté où vont l’accompagner Morgan Freeman, tout ravi de faire l’andouille avec ses copains dans un beau costume bleu ciel à épaulettes, Helen Mirren donc, qui conserve son admirable classe flegmatique d’Elizabeth d’Angleterre passée 12ème dan dans le maniement de l’AK 47 et autres gros calibres, et surtout, surtout, John Malkovich.

What do you mean, "no time to go to the movies"?

Comme les bande annonces le laissaient entendre, Malkovich incarne un survivant miraculé d’un programme expérimental de la CIA consistant à le soumettre pendant de longues années (ou au mieux de longs mois) à une dose létale et néanmoins quotidienne de LSD. L’animal, on s’en doute, a gardé quelques séquelles de ce rude traitement : méfiance aiguë confinant assez régulièrement à la paranoïa la plus débridée, à laquelle se mêle une exaltation enfantine pour tout ce qui touche à faire péter des trucs et des machins et, en conclusion, un léger chaos morphologique au niveau des expressions faciales, surtout dans la partie inférieure du visage.

Malkovich est brillant. Il est fou furieux. Indéniablement réaliste. Parfaitement adorable. L’intégralité du film pourrait être minablement nulle (et c’est loin d’être le cas), voir Malkovich resterait une raison suffisante d’acheter un ticket.

Je ne m’emballe pas vainement en comparant RED aux Tontons Flingueurs : les dialogues sont brillants (Marie-Louise Parker expliquant à Bruce Willis qu’elle l’avait imaginé… différent, physiquement parlant…), les situations proprement hilarantes ne sont pas sur-exploitées; juste au moment où peut être risquerait de s’installer un rythme potentiellement routinier, on passe à quelque chose d’encore plus dingue qu’au préalable.

Certes, les rebondissements scénaristiques sont prévisibles : Bruce Willis gagne à la fin, les plus méchants ne sont pas ceux que l’on croit, etc, etc.  Broutille, détail, on s’en fiche et on est même reconnaissant! Sans ça, ce serait la crise cardiaque assurée (je n’ai pas ri autant à un film depuis la sortie du premier OSS 117) mais en outre il en advient déjà trop à la fois pour que l’on ait le temps de profiter de toutes les perles de dinguerie de ces tontons furieux.

RED, comme c’était le cas chez Lautner, est un film d’acteurs, un gros cadeau réjouissant qu’on a commandé au père Noël et qui s’avère être encore mieux que ce qu’on s’attendait à déballer. Le réalisateur, Robert Schwentke, manifestement très amoureux de la bande dessinée de Warren Ellis et tout heureux des beaux dialogues des frères Hoeber, a mis toute son énergie pour qu’on sorte de son film aussi ravi que l’est son quatuor de personnages cinglés : il a vraiment, vraiment fait du très très très bon boulot.

Rendez plusieurs visites à vos Tontons Flingueurs venus d’Amérique : il fait sûrement gris à Paris et leurs personnalités aberrantes valent toutes les cures de Magné B6 / vitamine C du monde!


Leave a comment

Filed under Action, Comedy

Four Lions

In a nutshell: Becoming a muslim martyr requires more commitment than your basic British terrorist can initially imagine. Omar and his fellows in faith will soon discover it in Chris Morris’s first movie. It’s as brash, daring and clever a satire could be, which will blow you away. Who could ask for more?

Le hasard faisant bien les choses, juste avant de partir pour Dinard nous avions acquis et regardé Four Lions, le premier film de l’humoriste Chris Morris et son film était présenté en avant-première au festival. Nous en profitons donc pour revenir sur l’un des plus beaux films satiriques des dernières années.

Les Britanniques font fort, après In the Loop d’Armando Ianucci, excellente comédie dénonçant la bêtise des faucons, la lâcheté des colombes et la stupidité des médiocres au pouvoir alors que l’Amérique part en guerre, Morris s’attache à se moquer et décortiquer l’épineux sujet du terrorisme musulman et du fondamentalisme religieux. Dans le même temps, en France, le plus audacieux que nous réussissons à faire dans la comédie engagée c’est peut-être L’Italien … nous avons de la marge pour progresser.

Four Lions ne fait aucun prisonnier, tout le monde en prend pour son grade et l’on sent jusque dans les détails les plus insignifiants le mordant sans retenue de l’homme du Day Today qui aurait inspiré Le Daily Show de Jon Steward ou encore Brass Eye, qui ouvrit la voie au Screenwipe de Charlie Brooker, deux émissions qui font passer les Guignols de l’info pour Les Aventures de Oui-Oui et Groland pour les essais maladroits mais méritoires d’un petit cousin de province un brin lourdaud. Morris dénonce avec intelligence, verve et truculence l’aveuglement de nos sociétés et l’absurdité des fondamentalismes, ancrés dans la modernité occidentale, au travers du parcours pathétique de quatre terroristes ineptes mené par un cinquième, Omar, citoyen, mari et père de famille exemplaire, déçu de la manière dont les musulmans sont traités de par le monde.

 

Les voies du Djihad digne sont parfois vraiment impénétrables

 

Omar (Riz Ahmed) a bien du mal à faire de ses coreligionnaires des soldats de Dieu. Ses amis Waj (Kayvan Novak) et Faisal (Adeel Akhtar) ont en parts égales enthousiasme et naïveté, voire bêtise, et ils sont extrêmement enthousiastes. Barry (Nigel Lindsay), un Anglais agressif converti à l’Islam radical, est en désaccord par principe et Hassan (Arsher Ali) n’est pas totalement sûr de savoir s’il préfère le rap ou le djihad. Morris suit ces Pieds Nickelés dans leur préparation à la guerre sainte et réussit le tour de force de nous les faire aimer malgré leurs ridicules et leur effrayante philosophie : il est difficile de ne pas se sentir mal à l’aise lors des scènes familiales tendres chez Omar, où celui-ci discute de sa fin prochaine et de la grandeur du martyr avec sa femme Sophia, la très belle Preeya Kalidas, et son jeune fils.

Refusant la moquerie gratuite et aliénante, Morris fait ressortir tout le sérieux et le dramatique de la situation et quand la mort frappe elle n’est en rien banalisée. Il n’hésite pas à s’attaquer dans le même temps à l’ignorance anglaise des réalités de l’Islam, à la xénophobie latente de la société britannique, à l’incompréhension totale de ses élites face à un phénomène complexe. Là où In the Loop ne montrait aucune pitié et où tous les protagonistes étaient traités avec la même brutalité, Four Lions montre un alliage étonnant entre solide causticité et compassion. Le résultat est tragiquement drôle et le film est marquant laissant un souvenir presque hugolien à ses spectateurs :

“J’allai voir le lion de Waterloo. Je vins
Jusqu’à la sombre plaine à travers les ravins…
J’arrivai jusqu’à lui, pas à pas m’approchant…
J’attendais une foudre et j’entendis un chant.
Une humble voix sortait de cette bouche énorme.
Dans cette espèce d’antre effroyable et difforme.
Un rouge-gorge était venu faire son nid ;
Le doux passant ailé que le printemps bénit,
Sans peur dans la mâchoire affreusement levée,
Entre ces dents d’airain avait mis sa couvée ;
Et l’oiseau gazouillait dans le lion pensif.
Le mont tragique était debout comme un récif
Dans la plaine jadis de tant de sang vermeille ;
Et comme je songeais, pâle et prêtant l’oreille,
Je sentis un esprit profond me visiter,
Et, peuples, je compris que j’entendais chanter
L’espoir dans ce qui fut le désespoir naguère,
Et la paix dans la gueule horrible de la guerre.”

Le lion de Waterloo, V. Hugo.

En résume: Une comédie britannique peuplée de djihadistes joyeux variés. What fun!

Chris Morris can always be relied on to bring a bit of controversy to the table, even for a satirist. Nothing was ever the same again after his 2001 Brass Eye Special, ‘Paedogeddon’, which pilloried media hysteria about paedophilia, roping in unsuspecting celebrities to endorse claims along the lines of: ‘it’s been scientifically proven that paedophiles genetically have more in common with crabs than other human beings. There’s no actual proof of that, but it’s a scientific fact’. But of course… Actually, when I watched that, I was convinced that the celebrities were in on the joke too and marvelled at their keen sense of irony and willingness to participate in bringing down media excess; and about time too. Turns out the celebrities had been clueless and just read out whatever their publicists handed over to them. That I had a harder time believing. In a matter of days, the scandal was all over the papers, and parliament. People railed against Paedogeddon without ever having seen it. Which was their tough luck, because it was the most hilarious thing ever.

So, Morris is back, this time with Four Lions, a satirical tale of five would-be suicide bombers.  Omar (Riz Ahmed) is (almost) every inch a nice guy, his wife’s a nurse, his family is lovely, and he just happens to be on Djihad. Fervent British terrorist convert Barry (Nigel Lindsay) really wants a big piece of the action too and jostles for leadership with Omar: the others, Waj (Kayvan Novak), Faisal (Adeel Akhtar) and Hassan (Arsher Ali) are happy to be foot soldiers to the cause, and to buckle down and obey: at least in theory. In practice they have an uncanny knack of messing things up. As Monsieur D’s  already pointed out, there’s actually a lot of tenderness to the story. The very fact of making a black comedy about a bunch of British Djihadists perhaps nicely quenches Morris’ thirst for the ‘ouch – wow – is that for real’ factor, leaving him free to develop up the characters as flawed but far from unlikeable – except of course for the awkward obsession with blowing things up.

It’s an absurdist film that goes to the heart of the insanities of the world the media concocts and participates in, whilst also acknowledging the real madness of fanatics: there are animal costumes, exploding sheep, gritty urban settings with tired, doing-their-best people and an enthused joie de vivre amongst the terrorists as they gamely concoct their own deaths. Chris Morris’ ideas are as brilliant as ever, and properly subversive to boot.  It takes a hard-headed brutality of vision to put together a film like this, and in contrast to something like Sacha Baron Cohen’s Borat, Morris doesn’t sell out to the Rabelaisian schoolboy humour route for a cheap gasp.  He aims straight between the eyes.  And the lucidity of it all should be prescribed on the NHS.

 

Blending in seamlessly

 

1 Comment

Filed under Comedy

Exam

In a nutshell: Eight very representative candidates, four men, four women, are at the end of a very harsh selection process to join an extremely powerful corporation. They are locked in a room for 80 minutes, who will prevail? Tension rises as the candidates are more and more ready to do anything in their power to land that job. A very good set up for a very poor conclusion.

Notre première projection dinardaise fut choisie par Miss J., obnubilée par un oral proche, trop proche, son oeil s’était arrêté sur ce thriller au titre menaçant: Exam. Le réalisateur accompagné de deux de ses acteurs (Chukwudi Iwuji et Nathalie Cox) nous attendaient et ont fait une présentation de leur oeuvre alliant professionnalisme et charme. Nous nous sommes réjouis!

Il s’agit du premier film du scénariste et script doctor Stuart Hazeldine, un huis-clos ambitieux qu’il a écrit, produit et réalisé avec une efficacité qui force l’admiration. Huit candidats, qui resteront raisonnablement anonymes puisque nous connaitrons seulement leurs surnoms (Blanc, Noir, Blonde, etc.), se retrouvent dans une salle et, comme dirait le brave Lambert (Christophe), il ne doit en rester qu’un. L’angoisse des candidats est palpable lors de leur entrée dans la salle, elle s’incarne plus encore lorsqu’ils découvrent que la feuille disposée devant eux est … blanche. La recherche de la question, les mènera sur des chemins qu’ils ne souhaitaient probablement pas suivre.

 

And this is when I told them they weren't in the right room.

 

La trame est proche de  l’intéressant et très brutal film de Marcelo Pineyro, La Méthode, tirée de la pièce de théâtre La Méthode Grönholm de Jordi Garcelan. La mise en scène, au cordeau, prend exemple sur celle impeccable de Sidney Lumet dans 12 hommes en colère. Si vous ne l’avez pas vu, vous devez impérativement le louer, l’acquérir, le télécharger, bref, vous vous débrouillez mais vous allez le voir maintenant. L’univers du film, bien que moins horrifique, rappelle le faible Cube de Vincenzo Natali et le médiocre Mindhunters de Renny Harlin, on retrouve les mêmes ficelles et les mêmes retournements de situations assez peu crédibles. Il est malheureux que Hazeldine ait souhaité conclure sur une explication rassurante son scénario car son dialogue final est l’un des plus ineptes que j’ai eu l’occasion d’entendre. L’ensemble est en conséquence inégal, car si les acteurs sont exceptionnels et si Hazeldine a su filmé avec dynamisme son lieu clos, ses usages du close up sont remarquables, son montage manque de la tension nécessaire pour installer l’angoisse du thriller et son scénario malgré ses velléités de brio et d’originalité, échoue à convaincre. Le public de notre séance est ressorti mi-séduit, mi-grognon, certains déçus que le message politique du film soit totalement démantelé par une conclusion niaise. J’en étais.

En résumé: Par rapport à ce film,  l’Agrégation c’est du gâteau.

Exam, Exam, Exam… amidst the fifty-odd titles playing at Dinard, the name caught my eye for the Friday night showing. It was sober-sounding, and attention-grabbing for anyone remembering facing an exam or two in their quest to gain access-all-areas rights to adulthood –  that would be most people. At the Dinard British film festival, virtually every film projected came with a director, or an actor, or a producer who emerged at the beginning to thank the audience for having chosen to wait in line to watch their production. Exam was no exception; we were greeted by the screenwriter and director Stuart Hazeldine, along with actors Chukwudi Iwuji and Nathalie Cox, and it was great. Then the glowing-red Hitchcock festival logo dimmed, and the stomach-churning examination horror of it all began.

Exam is a claustrophobic thriller best described, as an astute publicity poster points out, as ‘The Apprentice Goes To Hell’. Now I thought The Apprentice looked pretty hellish, so had I known, I might not have been so eager to sit through Exam–which is a feature-length riff on performance anxiety so intense you’d have to be made of stone not to end up with a knotted stomach and sweaty palms – if the run-up to the end hadn’t been so far-fetched that terror simply slumped into incredulity, that is. Oh, the story: eight candidates prepared to endure anything to get recruited by an ultra-powerful and strangely secretive corporation find themselves in a windowless Exam Room, where they’re told by a severe invigilator that they have 80 minutes to answer one question correctly, they mustn’t spoil their exam paper, or talk to the guard. That’s the guy standing by the door with a gun, with the willpower of a guard at Buckingham Palace who’s never coaxed into reacting, even when tourists are threatening to stuff egg sandwiches right in his mouth for a comedy photo snap.

Left to their own devices by the invigilator, the candidates are soon conferring, poking the guard, smashing the lights in, peeing on their (scarily completely blank) exam papers in the hope it helps bring to light some kind of secret code so they can work out what they’re supposed to be doing. An alpha male bully type, played by Luke Mably, quickly takes the upper hand, convinced it’s teamwork that’ll get him to the position where he can dump the others at the last minute to gain the prize. He comes up with handy nicknames for the others, such as ‘Blonde’, ‘Brown’ ‘Chinese’ and ‘Deaf’. Candidates start getting thrown out of the room for breaking the rules. A French guy at the front has a nervous breakdown only minutes into the exercise. The tension quickly reaches a crescendo among the remaining candidates and it all gets a bit Lord of the Flies –  and still the guard just stands there. Sadly the story creaks at the seams, the sci-fi elements explaining away incongruities left and right, and the final revelations in the concluding moments of the film just don’t seem plausible for everything that’s gone before – given the hirer’s actual priorities, they’ve picked the oddest crowd ever for their final shortlist. This was the weakest film of the Dinard trip for me, but that speaks more for the overall quality of the festival: it was still high-energy, convincingly played and a splendid infomercial for self-employment.

 

Bone-cracking stuff

 

1 Comment

Filed under Thriller

Franglaisreview, le retour?

 

Arrivée de franglaisreview à Dinard

 

And Franglaisreview is back or is it ? Let’s pray it is, I don’t even know how we are going to talk about the 15 to 20 movies that we saw and didn’t have time to review. Have any of you guys heard of that great Casablanca flick ?

In any case, to make it up to you, we moved Franglaisreview to beautiful Brittany (no I am not talkin about you Brest), in the charming town of Dinard, where they have … hold for this … a festival of British movies ! What better way to start over this blog : talk about « franglais » !

Nous avons commencé nos aventures festivalières par un tour à la plage, il faut connaître ses priorités et Miss J. n’aurait pas pu résister à l’appel iodé de la mer. La promenade était d’autant plus nécessaire qu’elle était accompagnée par la musique des Beatles, et l’imposante figure d’Alfred Hitchcock, dont une plus modeste statuette dorée est remise au vainqueur de la compétition. Cette année six films sont jugés par un jury présidé par Etienne Chatiliez. Nous en avons vus trois. Parallèlement de nombreux autres films sont proposés en avant–première et nous avons eu l’occasion d’en voir également trois : Four Lions (qu’en fait nous avons vu en DVD) de Chris Morris, Exam de Stuart Hazeldine et Exit Through the Gift Shop de Banksy.

Mais avant de vous parler de toutes ces œuvres, respectons l’ordre de nos activités. Nous avons assisté à l’atelier de  scénarios franco-britannique durant lequel 7 jeunes scénaristes issus de la Femis (Paris) ou de la National Film and Television School (NFTS – Londres) présentaient après neuf mois de travail minimum un scénario à huit producteurs français et britanniques. Ce sont donc sept arguments, ou « pitches », qui lanceront peut-être la ou les carrières de ces jeunes gens. La conclusion de l’exercice est que nos amis qui en amateurs avertis développent leurs projets ont ô combien raison de le faire car cette jeune élite créative ne nous a pas particulièrement emballée. Leurs histoires étaient bien souvent nombrilistes et moroses et un brin de fantaisie n’aurait pas nui.

Le premier projet, The Tragedy of Trudi Glück, était celui d’une Suédoise désormais sur sol autrichien, Caroline Bruckner. Elle exposait la vie tragique d’une riche et jolie Viennoise d’une autre époque, forcée de rompre ses fiançailles puis d’avorter par le menaçant Ministère de la Santé au vu de sa filiation peu aryenne. Malgré l’opération, le fœtus survit mais l’enfant naît manchot et déformé, il est alors emmené par les hommes du Ministère et l’héroïne partant à sa recherche le retrouvera dans le formol, dans les sous-sols d’un hôpital d’Etat. Aucun des producteurs ne souhaitait produire le film, même si l’un d’entre eux, hypocrite, a indiqué qu’il y avait « des films que l’on veut faire, des films que l’on peut faire et des films que l’on doit faire », que « ce dernier tombe dans cette dernière catégorie, mais que lui ne pouvait le faire ». Un silence poli a suivi cette sortie.

 

Franglais top this!

 

Le second projet, L’oiseau blessé, était présenté par l’Espagnol Pablo Garcia Canga, diplômé de la Femis. Juan, son héros, s’établit, comme lui, à Paris, dans une collocation où le mini-golf d’intérieur semble avoir une place dominante. Il trouve une jeune fille, probablement prostituée de l’Est, et la ramène dans sa chambre pour la protéger. Elle tombe malade, il la séquestre alors par amour. La fin est dramatique. Les producteurs ont souligné avec justesse que le début de l’histoire était prometteur, rappelant un jeune Almodovar qui s’attaquerait à Shallow Grave (Petits meurtres entre amis), mais que la comédie noire s’évaporait trop vite, ne laissant place qu’à un mélodrame étriqué.

Le troisième projet, Pertes et Profits, est un thriller financier, mêlant terrorisme, blanchiment d’argent et abus de pouvoir, les producteurs ont été sensibles au sujet, au rythme haletant de l’histoire, à l’attrait d’une théorie du complot habile, mais ont regretté voir plutôt un roman qu’un film, tant la mise en image de Benoît Joly leur paraissait atone.

Je passerai sur Pour le reste de ma vie de Fabrice Cormy « pas social, simplement humain » : une strip-teaseuse en quête de rédemption, digne malgré la misère, trouve un appui chez un gardien de Prisunic complexé qui habite une caravane. Si on m’avait donné cinq centimes par cliché misérabiliste ce séjour à Dinard nous aurait été offert.

Panic Class était intrigant. Il s’agit d’une comédie romantique sous anxiolytique. Deux angoissés se rencontrent en thérapie et deviennent « panic buddies », l’amour peut-il éclore malgré la nature anxiogène de la vie ? Oui. Tout le monde était très curieux de découvrir les dialogues, mais l’œuvre paraissait prometteuse et le jeune Duncan Barrett est reparti avec quelques contacts qui, j’espère, lui permettront d’aller plus loin.

Les enfants de nulle part était le projet le plus solide, le plus convaincant. Coralie Majouga raconte l’histoire de deux enfants qui, chassés par la guerre, traversent l’Afrique pour rejoindre leur père, émigré en Angleterre. Ils se retrouvent arrêtés en Bretagne et recueillis,  malgré lui, par un trentenaire parfois infantile. Les deux frères se séparent alors car l’un trouve une famille en cet homme, tandis que l’autre rejoint son père et espère amener son frère à tenter à son tour la difficile traversée de la Manche. Il découvre alors que l’homme qu’il avait idéalisé, ce père de rêve n’est plus, n’a peut-être jamais été, et que celui avec lequel il vit a été transformé par sa vie d’immigrant. Le film s’achève sur un coup de téléphone entre les deux frères où le plus anglais des deux demande à l’autre s’il peut « revenir à la maison ». La simplicité de l’histoire, liée à la force des thèmes évoqués, ainsi qu’une certaine originalité dans la chute, puisque les deux frères choisissent chacun à leur tour l’assimilation plutôt que le respect strict de leur identité initiale, a séduit et inspiré tous les producteurs qui furent émus et intéressés. Il semble évident que ce scénario a de grandes chances de devenir film. Reste à savoir s’il deviendra un téléfilm, un nouveau Welcome, ou mieux encore.

Chris Scott aurait dû présenter The Girl from Mildmay mais n’a pas pu se rendre à Dinard et son projet a donc été logiquement écarté.

Enfin David Bloom a défendu le projet le plus culotté, Motherland, qui a durablement choqué Miss J (et la plupart des producteurs britanniques) puisque l’apogée du scénario consiste en un inceste réalisé entre une mère quelque peu indigne et son fils parti à sa recherche. Les producteurs français ont en revanche apprécié la réflexion sur la maternité et la filiation et la volonté de M. Bloom de ne pas juger ni positivement, ni négativement ses personnages. Certains ont montré un intérêt marqué pour lire, voire financer le projet.

Ainsi s’est achevé notre première rencontre avec ce festival, et c’est la tête emplie d’idées de scénarios, d’envies d’histoires fortes, et de désirs d’images marquantes que nous nous sommes hâtés vers notre première projection dinardaise, un premier film : Exam.

2 Comments

Filed under Cinema