Monthly Archives: December 2010

Top 10 – 2010

In a nutshell: 2011 rock on ! Happy New Year to you dear reader !! Reflecting fondly back on both the cinematic wonders and damp squibs of 2010, here’s our top 10 hits of the year, along with the top 3 films we wished we’d found the time to see, and the 3 we really rather wish we hadn’t. What’s reaally cool, our guest critics joined in and gave us their top 5. Enjoy and let the controversy begin!

Une année de cinéma s’achève et dans la grande tradition des listes britanniques nous revenons sur les films que nous avons aimés, ceux qui nous ont déçus et ceux que nous aurions vraiment voulu voir et que nous tenterons de retrouver en DVD ou en projection dans les années qui suivront. Le grand changement pour franglaisreview est que nous ne sommes plus seuls. Dans l’espace électronique on vous entend crier, et nos admirables “guest” critiques sont revenus partager eux aussi leurs goûts et leurs dégoûts. Bonne et heureuse année à toutes et tous !

Let us start with the cool and composed Mr. J.A.
His favorite movies of 2010 were:

1. Inception – Christopher Nolan
2. Kick Ass – Matthew Vaughn
3. Iron Man 2 – Jon Favreau
4. A-Team – Joe Carnahan
5. Green Zone – Paul Greengrass

His biggest disappointment has been made obvious in his review: Clash of the Titans by Louis Leterrier.

Missed: lots, but he would most like to see Repo Men by Miguel Sapochnik.

Dans un style bien différent, Mlle CTP a aimé :

1. La Bocca del Lupo – Pietro Marcello
2. Des hommes et des dieux – Xavier Beauvois
3. Oncle Boonmee – Apichatpong Weerasethakul
4. Copie Conforme – Abbas Kiarostami
5. Les amours imaginaires – Xavier Dolan

Sa plus grande déception cinématographique (s’en étonne-t-on?) fut Sex and the City 2 de Michael Patrick King.

Elle brûle d’impatience de découvrir Rubber de Quentin Dupieux.

M. J.M., lui, a goûté :

1. Mother – Bong Joon-ho
2. The Ghost Writer – Roman Polanski
3. A serious man – Joel & Ethan Coen
4. Inception – Christopher Nolan
5. Vénus noire – Abdellatif Kechiche/ Fantastic Mister Fox – Wes Anderson

Sa déception cinématographique la plus imposante fut Belle Epine de Rebecca Zlotowski.

Il aurait tant voulu voir Poetry de Lee Chang-Dong, et plus encore Oncle Boonme d’Apichatpong Weerasethakul.

Notre envoyée spéciale à Cannes, Mlle Clara a apprécié :

1. Dans ses yeux – Juan Jose Campanella
2. I love you Philip Morris – Glenn Ficarra & John Requa
3. Lola – Brillante Mendoza
4. Bright star – Jane Campion
5. Tamara Drewe – Stephen Frears/Carlos – Olivier Assayas

Elle a détesté Les Petits mouchoirs de Guillaume Canet.

Et elle n’a pu voir une multitude de films. Frustrée de ce plaisir, elle nous propose un festival de titres alléchants : Les Mystères de Lisbonne de Raul Ruiz, Vénus noire d’Abdellatif Kéchiche, Poetry de Lee Chang-Dong, Oncle Boonmee de Apichatpong Weerasethakul, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen, The Social Network de David Fincher, Belle épine de Rebecca Zlotowski, Inside job de Charles Ferguson, La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier et La vie au ranch de Sophie Letourneur.

Mlle L. nous envoie ses choix décoiffants et brièvement justifiés de sa lointaine Pennsylvanie. Elle a élu pour 2010 :

1. Machete – Robert Rodriguez & Ethan Maniquis, “parce que c’est décomplexé et formidable”
2. Fantastic Mr Fox – Wes Anderson, “tout y était bien de l’adaptation à l’animation”
3. R.E.D. –  Robert Schwentke, “qui m’a vraiment fait rire”
4. Kick Ass – Matthew Vaughn, “surprenamment élaboré vu le sujet”
5. How to train your dragon – Chris Sanders & Dean Deblois, “charmant et bien fait”/ The Human Centipede – Tom Six, “ce film m’a sciée, mais vu qu’il ne s’agit que d’une sortie USA et encore, en vidéo, je me suis dit que ça ne comptait pas”

Elle nous fait part de deux déceptions pour le prix d’une :

1. Jonah Hex de  Jimmy Hayward, “un innommable foutage de gueule”
2. The Wolfman de Joe Johnston, “qui m’a endormie 3 fois avec une efficacité remarquable et avant la fin de la première demi heure y compris lorsque j’étais cliente captive et que j’essayais de lui donner une dernière chance dans l’avion, c’est dire si c’était bien…”

Et elle regrette bien de n’avoir pu se réjouir aux excitantes aventures des apprentis terroristes britanniques dans Four Lions de Chris Morris.

Miss, what am I saying, Dr. K. et M. Charles déplorent de n’avoir pas eu la disponibilité de voir suffisamment de films pour offrir un Top 5 dont ils soient satisfaits.

M. Charles propose néanmoins deux films qui lui plurent :

1. Agora – Alejandro Amenabar
2. Mon nom est Khan – Karan Johar

Il fut modérément déçu par Invictus de Clint Eastwood, dont il attendait plus comme le décrit sa critique, même si, souligne-t-il, ce n’est en rien “un bide”.

Ses désirs de cinéma sont multiples mais les deux premiers films sur sa liste sont le décalé Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine et le percutant Inside Job de Charles Ferguson.

And then comes Miss J. Yay

It was hard to pick a top ten this year, whilst the first five were easy to find, there were many more than the remainder of the list that were great to watch. The three turkeys, though, come wholeheartedly unrecommended. Happy new year!

1. Des hommes et des dieux – Xavier Beauvois. The most moving film of the year.
2. The Ghost Writer Roman Polanski. Blown away.
3. Treacle Jr.Jamie Thraves. Fantastic film that will hopefully get a release in 2011.
4. Inside Job – Charles Ferguson. Everyone should see this film.
5. Exit Through The Giftshop – Banksy. Funny, smart, intriguing. And Bristolian, yay!
6. Quartier Lointain – Sam Garbarski. A quiet grower, it’s stayed with me since I watched it.
7. Mother – Bong Joon-ho. Warped wonderfulness.
8. El Secreto de sus ojosJuan Jose Campanella. Cinema with a capital C.
9. Whip It – Drew Barrymore. Sparky, funny, good for the soul.
10. A Serious Man – Joel and Ethan Coen. Black absurdism does its thing.

Also loved:  Bright Star – Jane Campion. Moving and beautiful. / 4 Lions – Chris Morris. Eye-popping satire.

Did not in any way love:

1. Brothers Jim Sheridan – this one made me angry, see review for details.
2. Les meilleurs amis du mondeJulien Rambaldi. We should have known better.
3. It’s complicated Nancy Meyers. Save the Rom Com!

Still want to see :

Tamara Drewe – Stephen Frears. I wanted to see this loads of the time but I had my head stuck in a thesis. Stephen Frears rarely disappoints.
A single manTom Ford. It looked like a moving and interesting storyline, I also didn’t have the time to go and see it but some of the critics of it have been a bit muted. Still, I’d watch it given the chance.
A cinq heures de Paris – Léon Prudovsky. Monsieur D. confirms I would have loved this one. Raises fist to sky to the gods of the thesis.

M. D. clôt l’exercice et son Top 10 est le suivant:

1. The Ghost Writer – Roman Polanski. Un beau film d’auteur et un impressionnant et subtil thriller !
2. Des hommes et des dieux – Xavier Beauvois. Le chef d’oeuvre émouvant, inspiré et nuancé de Xavier Beauvois.
3. Mother – Bong Joon-ho. Une actrice formidable, un film puissant.
4. Inside Job – Charles Ferguson. Le documentaire sur la haute finance que tout le monde devrait voir et que les journalistes devraient prendre en exemple.
5. A serious man – Joel & Ethan Coen. « Reçois avec simplicité tout ce qui t’arrive », le premier film adulte des Coen.
6. Exit through the gift shop – Banksy. Réflexions loufoques et rythmées sur l’art et la célébrité. Vive Banksy!
7. Fantastic Mr. Fox – Wes Anderson. Remarquable et fine animation tirée du génial Roald Dahl, chez Anderson, tout est bon.
8. The Other Guys – Adam McKay. Le film le plus drôle de l’année? Pour moi, oui.
9. El Secreto de sus Ojos – Juan Jose Campanella. Le secret d’un film réussi : un bon scénario, de grands acteurs, une belle photographie.
10. Le Nom des Gens – Michel Leclerc. Un film militant, amusant et français (?)/Four Lions – Chris Morris. Un film militant, amusant et anglais (!)

Les trois films qui m’ont le plus déçu :

1. Bébé mode d’emploi de Greg Berlanti, si mauvais qu’on devrait interdire de plateau pendant 10 ans tous ceux qui ont participé au projet.
2. Greenberg de Noah Baumbach, parce que si le cinéma se met à copier le style des films français les plus bavards, poseurs et vains, il n’y a plus qu’à sangloter.
3. L’illusioniste de Sylvain Chomet, parce que même si j’ai vu bien pire cette année, j’ai été déçu par autant de talent pour si peu : tant de lourdeur, de laideur et de nostalgie.

Les trois films (pour commencer) que je ne pus voir mais, promis, dès que j’ai une occasion, je la saisis :

1. Les Mystères de Lisbonne – Raul Ruiz, parce qu’un film romanesque de 4 heures, je veux le voir  … dès que je trouve 4 heures.
2. Poetry – Lee Chang-Dong parce que cela a l’air profond, terrible et beau, parce que j’aime le cinéma coréen
3. La Bocca del Lupo – Pietro Marcello parce que si c’est le film préféré de Mlle CTP pour 2010 …

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Petits Meurtres à l’Anglaise – Wild Target

In a nutshell: Bull’s eye for Cible émouvante‘s remake. It’s lighthearted fun with Jean Rochefort’s moustache on an elegant Bill Nighy as the perfect hitman all shook up by his encounter with the eccentric Rose, a far too attractive and wild target.

L’ultime critique de l’année 2010 ne pouvait être qu’un film “franglais” et de préférence une comédie policière pour que tant Miss J. que moi-même y trouvions notre compte. Petits meurtres à l’anglaise est ainsi le candidat parfait. Remake de Cible émouvante de Pierre Salvadori, on y trouve les rires et les tueurs professionnels qui nous plaisent à tous deux. Le solitaire Victor Maynard (Bill Nighy), la moustache conquérante, à la Rochefort, tombe amoureux de sa cible, Rose, une pimpante arnaqueuse (Emily Blunt) et se voit, pour la première fois de son illustre carrière, incapable de remplir son contrat. Le commanditaire, un homme d’affaire hargneux (Rupert Everett dans un contre-emploi attrayant), envoie aux trousses du tueur inconséquent et de l’attirante voleuse un autre tueur professionnel, l’infâme Dixon (Martin Freeman) avec la charge de régler au mieux cette lamentable affaire. Maynard doit alors échapper à l’assassin, protéger malgré lui Rose, tout en faisant le point sur ses sentiments, les espoirs de son abusive mère (Eileen Atkins, mégère à souhait) et la préservation de la réputation de sa famille dans le monde policé mais violent des tueurs professionnels. Sa rencontre inopinée avec Tony (Rupert Grint, loin de Harry Potter), jeune candide éberlué qu’il prend en affection, lui fait penser qu’en ces temps difficiles, il a peut-être eu la chance de trouver un apprenti.

Mr. and Mrs. Smith à la rencontre d'Harry Potter?

Jonathan Lynn ne s’éloigne pas du modèle de Cible émouvante, et reprend, souvent au plan près, les idées de Salvadori et son univers. Plus policé que l’original, Petits Meurtres à l’anglaise se montre moins audacieux, moins coquin, ouvert à un très grand public. La malice, la folie, l’érotisme de Marie Trintignant ne se retrouve pas chez Emily Blunt, certes piquante et excentrique, mais en rien équivalente à la Française. Cette timidité déçoit un peu le spectateur qui a pu voir l’original (comme moi), mais elle n’est pas non plus rebutante. On trouve dans ce film le grain de folie nécessaire, l’anticonformisme rafraîchissant qui déjà séduisait dans le Salvadori. Le charme est dû en grande partie à la distribution parfaite de flegme anglais, et de drôlerie bon enfant, truffée de touches légères d’humour noir. Tous les acteurs sont délicieux, mais Bill Nighy est irrésistible. Son interprétation de l’assassin vieux garçon réservé et tâtillon, pince sans rire, francophile (de la gastronomie à la langue) de surcroît, est touchante et hilarante et fait oublier les quelques baisses de régimes burlesques de l’ensemble. On ressort du cinéma souriant et convaincu: le métissage franco-anglais, il  n’y a que ça de vrai!

En résumé: Un assassin ultra-professionnel perd ses moyens quand il tombe amoureux de sa cible – ça vous dit quelque chose? C’est normal, il s’agit d’un remake d’une comédie française de 1993, et c’est très bien à l’anglaise aussi.

What do you do if you need to get someone killed in a discreet and gentlemanly fashion? Victor Maynard’s your man if you’re in the British Isles. Wild Target is a remake of the 1993 French comedy Cible Emouvante by Pierre Saldavori. Discreet, polished hitman Victor, in the new version played by Bill Nighy, finds himself distracted on the job by the charms of a new target, beautiful kleptomaniac Rose (Emily Blunt). For the first time in his life he can’t bring himself to do the job, and instead becomes her bodyguard, helped out by a bloke out of Harry Potter (Rupert Grint as Tony), who turns out to be a natural protégé for Victor, giving a taste of something along the lines of assassin’s fatherhood. They all flee off to Victor’s weapons-laden country home, where they have to contend with Victor’s doughty mother (Eileen Atkins) and her various sharp instruments. Having taught Victor everything he knows, she’s less than impressed at his flagrant desecration of the Killers Code in becoming entangled with his target.

First date etiquette can't be improvised

Rose is in trouble because she’d managed to fob off a forged Rembrandt on the rabid art dealer crook Ferguson (Rupert Everett). Just when it seemed impossible for him to become any more incensed, he clocks on to the fact that Victor’s off the rails. He hires the hitman’s far more sadistic archrival Dixon (Martin Freeman) to kill not just Rose, but Victor for good measure. He can’t believe his luck in becoming new top dog assassin after years of second place, and sets to. Luckily, between the rabid mother, impervious Rose, dopey but somehow born killer Tony and Victor himself, they mount a decent resistance and even overcome some of the traumas of the past, assassin style. Bit by bit, things become positively aglow with warm feelings for Victor, which is pretty impressive for a cold-blooded assassin. The transition into a sentient being isn’t an easy ride, however. Nor is his tentative bid for a modicum of freedom from his mother’s steely regime.

The actors all put in a great performance and strike a vibrant comic balance somewhere between charismatic and outright mad. Bill Nighy is particularly impressive, conveying poised discreet professionalism with a twitch of gregariousness that’s bursting to get out. Emily Blunt breezes all over the screen and is great as a harbinger of chaos. There’s a good mix of madcap absurdity, tender moments and straightforward gangster mayhem, although apparently the mix has been a little toned down in comparison to the original French version, which I haven’t seen – although as it is, it’s hardly understated. There are some discreet homages to the film’s French lineage flying around, as with Nighy’s moustache that mirrors Jean Rochefort’s, and his valiant attempts to learn seductive sweet nothings in French with the help of a tape. By the end it’s all become quite Adams Family – heart-warmingly macabre stuff.

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Le Soupirant (+Rupture)

In a nutshell: It’s not really a movie of the year, but it’s a classic of French comedy and some good news. After years of legal problems, Pierre Etaix is allowed to present his movies. They are delicate, elegant, touching and quite funny. Le Soupirant as well.

Pierre Etaix est un homme délicieux, un acteur savoureux, un clown blanc d’anthologie, notre Buster Keaton et nous l’ignorons, c’est très triste. Ce qui l’était encore plus, c’est qu’un vilain escroc l’empêchait de diffuser ses films ou même d’en créer d’autres, c’est tragique. Mais après des années d’efforts et de combats légaux, ça y est, nous pouvons à nouveau, ou pour la première fois, aller nous distraire et rêver devant ses burlesques aventures; réjouissant!

La maladresse gracieuse du clown

Le Soupirant est l’avenante histoire d’un jeune homme qui pour complaire à ses parents va rechercher une fiancée, par tous les moyens des plus poétiques aux plus pathétiques. A la fois acrobate, musicien, magicien et clown derrière ses airs de grands dadais, Pierre Etaix brille dans ce film au charme suranné. Mêlant habilement antiennes de l’humour physique à la Chaplin à une inventivité axée sur ses maladresses et son sens de l’absurde, Etaix rend la quête de ce jeune homme célibataire tout à fait mémorable. Qu’il s’amourache d’une vedette du music hall, sorte de métissage entre une panthère et Juliette Gréco, qu’il essaie de trouver l’âme soeur dans un bar, ou qu’il souhaite échapper aux crochets d’une croqueuse de diamants, Etaix trouve des solutions tendres et drôlatiques et crée des situations décalées et gaies.

Profitez de vos étrennes et allez découvrir l’autre grand comique français dans le genre de Jacques Tati en vous offrant le beau coffret de ses oeuvres, ou en guettant ses films dans vos cinémas d’arts et d’essais favoris.


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You will meet a tall dark stranger (Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu)

In a nutshell: Alfie divorces to fall for a vulgar callgirl. His depressed wife finds comfort listening to a psychic and hopes to meet a tall dark stranger. This is what her daughter does, will it be a problem for her husband. It might, or might not, focused that he is on finishing his novel and ogling their sexy neighbour. Allen engages in lively sophisticated banter as death is leading the dance. A quite light and rather dark reflexion on the hopes of human beings.

La fin d’année approche et nos efforts pour couvrir l’ensemble des films que nous avons pu voir également. Vient le moment des bonnes résolutions pour l’année suivante, trop souvent voeux pieux et chimères. Ce sont pourtant ceux-ci qui intéressent Woody Allen. You will meet a tall dark stranger annonce-t-il, réjouissant programme ou annonce du compagnon bergmanien à la large faux … les deux.

Woody Allen papillonne dans son nouvel opus, ses héros badinent, marivaudent, mais en vain car le réalisateur fait ressortir avec dureté l’inanité de leurs efforts. Centré sur deux couples en crise, celui du riche Alfie (Anthony Hopkins fragile) et Helena (Gemma Jones horripilante), et celui de leur fille, Sally (Naomie Watts), et son romancier raté de mari Roy (Josh Brolin, grand ahuri allénien), le réalisateur joue avec les possibilités de destruction et reconstruction de ces couples tout en soulignant le non-sens de leur vie. Placé sous le haut patronage de Shakespeare, le film s’ouvre sur la célèbre citation de Macbeth : “la vie est un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur et qui ne signifie rien”. Le long métrage, théâtral à souhait en est une apte illustration.

Entrée en scène d'une belle et sombre inconnue

Les efforts de tous les personnages sont dérisoires et cruellement Woody Allen montrent ses acteurs comme des pantins angoissés, désireux d’échapper à leur condition mais tous laissés écrasés, défaits, ridicules par les hasards de leurs existences. Alfie (Hopkins) divorce pour profiter de la vie, il change de garde-robe, se met au sport, épouse une call-girl spectaculairement vulgaire (Lucy Punch), le film le laissera tuméfié, humilié, plus fragile et proche de la mort qu’il ne l’était. Roy (Brolin) s’éprend de sa voisine (Freida Pinto) qu’il voit se dévêtir soir après soir, son histoire se clôt ironiquement sur son observation de son ex-femme se déshabillant alors qu’il a déménagé chez sa nouvelle muse. Tenté par une escroquerie sans risque, on devine dès les premiers moments que le tout s’achèvera dans l’échec le plus cruel. Sally (Watts) veut un enfant et une galerie qui soit la sienne, elle tombe sous le charme de son patron, Greg (Antonio Banderas), mais se décidant trop tôt ou trop tard elle voit ses illusions perdues. Drôle et triste à la fois est la scène où Greg tente de la consoler et plus sa gentillesse augmente plus Sally est plongée dans l’amertume des occasions manquées. Seule Héléna (Jones) s’en sort un peu se laissant doucement envahir par une folie légère et exaspérante, remplaçant la dépression liée à son divorce.

La morale et la vision alléniennes sont noires mais restent souriantes, et le vieil humoriste ne résiste pas à mettre en scène avec simplicité un bal de répliques qui font mouche et de situations dont l’ironie ou la causticité feront sourire. Difficile de ne pas rire à la présentation de Charmaine (Punch), très court vêtue, au couple bourgeois-bohème Sally et Roy. Mais la vanité des chimères humaines rend le propos d’Allen plus acide et grave qu’escompté. On peut voir dans ses derniers films la décision de moins s’appuyer sur les dialogues et plus sur les actions de ses personnages coincés par leurs inconséquences. Son long métrage s’achève d’ailleurs en queue de poisson tant le baisser du rideau importe peu, seuls la mécanique logique et les actes de ses protagonistes comptent, ils prouvent notre arrogance et notre déraison.


En résumé: Une crise maritale, une voyante, des belles femmes, un écrivain névrosé: c’est le nouveau Woody Allen!

Ah, Woody Allen, faithful as clockwork to his ‘one film a year: no more no less’ schedule. His best ones of late have for me been those of the darker variety: Match Point was pretty good (and warped), as was the somewhat bleak Cassandra’s Dream. Vicky Cristina Barcelona was good, lighter fun and Penelope Cruz was shmokin’ in it – and, well, this latest one is a bit of a mixed bag. But there’s definitely one great reason to go and see it: Anthony Hopkins playing a spectacular prat with all the style and panache only an actor of his venerable calibre could muster. His aging character Greg has blasted his pottering-along-tepidly marriage out of the water in a fit of ‘oh my god I’m about to die’, splurging the family silver on a bachelor-boy lifestyle – clubbing, pubbing, blinging it up and hastily getting engaged to voluptuous call girl Charmaine (Lucy Punch), who proceeds to bankrupt him.

Love is in the air - for £100 an hour

The other characters in the film all have their own dramas. Allen looks to be showing these up as a set of similarly inconsequential smokes and mirrors flash in the pans typifying the average ‘fish flailing around in a net about to cark it’ human existence (there’s a bleak undertone to the thing for sure). Greg’s unfortunate divorcee Helena (Gemma Jones) turns to the occult for sustenance, foisting it on her unfortunate daughter Sally (Naomi Watts) and her nasty ‘I’m a genius see me write’ boyfriend Roy (Josh Brolin). Sally gets an unhealthy crush on her boss, Roy gets a creepy crush on the woman he pervs at out of the window across the street who seems to find that OK, which is strange as she’s supposedly in full possession of her mental faculties, and Helena eagerly awaits the man of her dreams, having been told by her clairvoyant that she’s going to meet a tall dark stranger.

It’s all perfectly watchable stuff, with some good comic moments particularly care of Anthony Hopkins; one Monsieur D.’s mentioned already is a moment of bourgeois meltdown where Sally and Roy get to meet Charmaine, Roy for once seeming vaguely happy and chucklesome based on Sally’s sheer consternation. Allen seems a tad distracted though;  the film ends as if he suddenly realised he had to catch a cab to the airport. This does, to be fair, underline the absurdity and smokes and mirrors side of the story, and it’s hard not to see some pointed self-directed mockery at adult and end-of-life neuroses in the film. If you’re a Woody Allen fan, give it a whirl, there are some good moments. If you were already wondering why on earth he bothers, this film is unlikely to give you any answers.

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El Secreto de sus ojos – Dans ses yeux – The Secret In Their Eyes

In a nutshell : Do cry for some of your children, Argentina, and for some unfortunate moments of your History, but rejoice for your cinema. Juan Jose Campanella offers a beautiful epic story of love, revenge and what to do with the memories of the past.

Franglaisreview rassemble ses forces et conjure obsessionnellement sa mémoire pour retrouver le fil de ses souvenirs et ses réflexions sur les quelques films découverts en 2010 malencontreusement oubliés jusqu’à aujourd’hui. Dans une certaine mesure, cela tombe bien pour le film de Juan Jose Campanella car son histoire de mort, d’amour et d’écriture ne traite que de cela, la mémoire et l’obsession. Benjamin Esposito (Ricardo Darin) veut écrire. Il est à la retraite et ambitionne une reconversion dans le roman. Quelle meilleure trame que ce qu’il a vécu? Il souhaite donc se souvenir de 1974, des détails de cette sordide affaire de meurtre qui le hante. Revient alors la mémoire, celle des méandres de l’histoire, des promesses et des amitiés, celle de l’ambiance délétère dans les couloirs de la justice alors que la junte militaire s’annonce, celle de l’amour pour Irène, sa toute jeune cheffe (Soledad Villamil), promise à un autre.

En adaptant le roman noir d’Eduardo Sacheri, Campanella pèche par excès de littérature, tout est si bien écrit et si bien servi par le classicisme de sa mise en scène, rappelant volontairement les grandes années d’Hollywood, que l’histoire âpre et glauque parait un peu engoncée dans ses habits de lumière et ce cadre si précis. Mais cette réalisation n’empêche en rien la délicatesse des sentiments ni la finesse de la réflexion et Campanella joue admirablement de la palette du mélodrame amoureux et celle du polar. Tendre et attentif avec tous ses acteurs, il fait naître autour des excellents Darin et Villamil une galerie de personnages mémorables et complexes.

Savoir regarder dans la même direction

Cette densité humaine lui permet d’explorer deux thèmes fascinants que sont le besoin de justice (et son corollaire, la vengeance) et la force des obsessions, tous deux nourris par l’imparfaite mémoire. Chacun des personnages s’articule autour d’une obsession au moins. Darin veut la vérité sur ce meurtre et les beaux yeux d’Irène. Son collègue Sandoval (Guillermo Francella magistral) ne vit que pour la bouteille. Le mari de la victime (Pablo Rago) n’est que vengeance. Le meurtrier ne vibre que pour son club de football. Etc. Ces idées fixes font vivre, agir, créer, avancer tous les protagonistes, mais elles finissent toutes par les handicaper et souvent les perdre quand l’obsession finit par primer sur le reste.

Parallèlement se développe une réflexion sur le besoin de justice, en particulier quand celle-ci est niée par l’Etat. Ce n’est pas un hasard si Campanella choisit 1999 comme le présent de ses héros. La crise argentine (1998-2002) prend une certaine ampleur et on reconnaît les mêmes prémisses qu’en 1974, mouvements sociaux, hausse de la pauvreté, négation des droits du plus grand nombre au bénéfice des privilèges de quelques uns, obsession d’un retour au calme, qui peut mener à un nouveau Videla. Quelle est alors la responsabilité individuelle de chacun quand le bateau prend l’eau, quand s’installe l’injustice ? Campanella y répond, plutôt brillamment, démontrant que la violence personnelle, ô combien tentante, résout bien peu et que la mort imposée ne simplifie rien, et qu’elle n’est ni la pire vengeance, ni la meilleure solution. Le film s’achève sur une jolie leçon aux fins habituelles des films noirs hollywoodiens. Il n’était que justice que El Secreto de sus ojos en soit récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger.

En résumé: Un polar exceptionnel qui met à nu à la fois les dérives et les beautés de l’obsession.

Juan José Campanella’s El Secreto de sus ojos (The Secret In Their Eyes) is a Spanish and Argentinean-produced thriller based around the struggles of investigative agent Benjamin Esposito (Ricardo Darin) to find and bring to justice the brutal rapist and murderer of a newly married young woman, Liliana Coloto. It takes the form of a flashback, with Benjamin drawing on these traumatic events of the early 1970s for a novel he starts writing in retirement in 1999. Benjamin recalls how he found himself working under a brilliant new supervisor and recent Columbia graduate, Irene Menéndez Hastings (Soledad Villamil). But he was blocked by his brutish rival Romano (Mariano Argento), who stitched up the case by pinning it onto a couple of random immigrants who had nothing to do with the matter.

The eyes have it

Liliana’s widower Ricardo Morales (Pablo Rago) is meanwhile melting down in anguish, begging Benjamin to catch the actual killer. Together with his tipple-happy colleague Pablo Sandoval and Irene, they go through Liliana’s old correspondence and notice a guy called Isidoro Goméz (Javier Godino) lurking at the fringes of various photos, looking creepy with a strange obsessed gaze (hence the film’s title). Following this hunch, they struggle to track him down, but thanks to tippling Pablo they reach the insight that everyone has their obsessions – and Isidoro’s is the Buenos Aires Racing Club – cue match-time stalking and a frantic chase when they spot him. Irene and Benjamin extract a confession out of Isidoro, Irene playing on his insecurities to make him explode and show her just what a terrifying psychopath he is. He’s imprisoned, but incredibly, justice is desecrated again by Romano, who’s been promoted, and is capable of releasing him just a year later to work as a hitman for the far-right wing of the Peronist party. Worse still, he’s released to murder Benjamin himself.

The film delves darkly into the themes of obsession, justice and the abuse of power and makes for an absolutely compelling thriller. The obsessive false-start love relationship between Benjamin and Irene is an ongoing theme in the film, but it is the obsession of the widowed husband, Ricardo, which turns out to be both the most chilling and moving, a life-long testimonial of devotion to the wife he loved so much and to whom he would dedicate his life, even in her absence. Love and hatred as undying obsessions are hammered home by the intensity of the performances the actors put in, which along with the painstakingly well crafted camera-work elevates the film from what’s already a very gripping thriller into something quite exceptional, deeply moving, a worthwhile winner of its Oscar for Best Foreign Language Film.

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Des hommes et des dieux

In a nutshell: A beautiful touching movie about the simplicity and the hardship of life, the importance of sharing and how choices define the world we live in.

Un film français sur des moines et un épisode contemporain de notre histoire … de quoi trembler. J’imaginais déjà l’attente, le silence, l’ennui, en plus des leçons de morale assénées, bref ce ne fut pas de gaieté de coeur que je m’installais dans les fauteuils bleus de cette salle obscure parisienne. Dès le début Des hommes et des dieux correspondaient  à mes préjugés, mais insensiblement le rythme lent et l’austérité choisie de Xavier Beauvois permettent une montée en émotion et en spiritualité. Le groupe de cisterciens, interprétés par des comédiens humbles, justes, solidaires, calque son existence sur les cycles de la nature et des traditions du village au sein duquel le monastère a pris racine.

L’histoire est connue, Beauvois s’inspire des événements de Tibhirine et les blessures de l’Algérie apparaissent avec brutalité. Nous savons la fin de ses moines, nous connaissons leur sacrifice consenti, nous les voyons cheminer sur les routes ardues du choix, de l’honneur, de la foi. C’est bouleversant. Pourtant Beauvois ne tombe pas dans les travers du film religieux ou ceux, plus dangereux encore, du film à message. Tout comme dans ses oeuvres précédentes, il colle à la communauté qu’il filme, il l’accompagne et laisse fleurir les singularités de chacun à travers leurs qualités, leur courage mais peut-être mieux encore à travers leurs défauts. La peur et les doutes de frère Christophe (Olivier Rabourdin intense et beau), la colère et l’autoritarisme de frère Christian (Lambert Wilson superbe et tout en retenue), ou l’insolence taquine de frère Luc (Michael Lonsdale émouvant et inspiré) incarnent l’humanité, la normalité de ces hommes qui au fil du film deviennent non des saints mais des compagnons. Cette observation respectueuse de leurs règles et de leur vie permet toutes les tolérances et le film ne montre pas une église prosélyte ou des guerres de religions, mais des communautés qui s’accordent ou pas selon la sagesse et le courage de leurs membres.

Mon frère, ce héros.

Nombre de critiques ont pu gloser sur l’ultime repas de ces moines, dernière Cène d’une lourdeur symbolique scandée par le profane Lac des Cygnes de Tchaïkovski, faisant de ce seul moment outré et mélodramatique la clé du film. En ce qui me concerne, j’ai été plus sensible au premier face à face entre les moines et les terroristes un soir de Noël, durant lequel frère Christian souligne que la mort est aussi un choix, mais qu’une fois librement choisie, elle libère et permet les audaces les plus belles et les plus adéquates. C’est ce moment de décalage, d’arrêt des rituels, de refus de routine qui permet ensuite la sacralisation des tâches les plus banales, l’harmonie véritable des moines avec leur entourage et l’élévation des personnages en hommes, en vrais!

Cette thématique est chère au réalisateur qui l’explorait déjà dans le Petit Lieutenant au travers de Nathalie Baye, ou dans N’oublie pas que tu vas mourir, liée à son obsession des règles qui structurent le groupe depuis son premier long métrage Nord, trouve son aboutissement ici. La caméra naturaliste, documentaire devient imperceptiblement métaphorique servie par un usage des clairs obscurs rappelant l’iconographie catholique mais surtout soutenue par des acteurs si profonds et impliqués qu’ils transcendent par leur présence la cinématographie parfois pesante du film. On pensera aux réunion des moines, ou aux actions quotidiennes du plus jeune et du plus effrayé, Christophe, au doyen,  Frère Amédée (Jacques Herlin), tout de vulnérabilité facétieuse.

Le dépouillement du film et sa puissance narrative favorisée par le refus de Beauvois à choisir les responsables dans le meurtre de ces moines (des groupes islamistes combattants, des militaires corrompus?) font de Des hommes et des dieux l’un des plus beaux et des plus importants films de l’année, un grand film tragique proche de la grâce.

En résumé: Un grand moment de cinéma. Il faut voir ce film.

Anglophone readers might not be as familiar as French ones as to the true story of the massacre behind Xavier Beauvois’ Des hommes et des dieux. I certainly wasn’t, and reportedly had an inward wail of horror all over my face when fifteen minutes in I found out that not only was everyone going to die, but that it was based on a true story. I really hadn’t done my homework before turning up at the cinema (shame), but it’s the story of a group of seven Trappist monks in a small western Algerian monastery in Tibhirine who get caught up in the civil war sweeping the country in the 1990s. The film deals with the run-up to their kidnap and execution in 1996, which comes about after they make the decision not to leave their monastery but brave out the increasing violence. By the time the film reaches that point, it’s so eloquently and sublimely drawn you in that you can’t help feel like a truck hit you. I did, anyway.

The film adopts a sober, indeed slow pace that suitably dignifies the peaceful ritual of monastery life. The monks are presented as anything but saints, and far more as flawed individuals grasping for grace. They struggle to grasp the situation they’re in, torn between fleeing their life’s work and the village they’ve devoted themselves to, or risking what seems to be an inevitable bloody death at the hands of the insurgents. The film’s punctuated with flares of confrontation: with the local authorities who become increasingly insistent that the monks leave, between the monks themselves as they grapple with fear, conflicted loyalties and the tenets of their own faith. The film’s slow pace allows for a real experience of how perfectly rooted they are in the community. This plays out in the most human of possible ways: caring for the sick, respecting the land, forcing their beliefs on no one yet finding themselves a flashpoint for tension for reasons beyond their control, but that tragically make perfect sense given who and where they are.

The initial meeting between the monks and the leaders of a local militia that lays out the humanity of all sides is a high point, the tension building up relentlessly and becoming almost unbearable as the film progresses. The monks are played in such a way that you come to care deeply about them. Michael Lonsdale is particularly impressive in his role as doctor. He’s stoic, detached, at times bemused, but increasingly dazed and angry at the tidal wave of violence poised to sweep away his monastic practice. Lambert Wilson as Christian, the group’s ‘leader’, is wrathful and intransigent at the outset, but increasingly humbled by the sacrifices his fellow monks ultimately freely agree to make in staying put. One of the final scenes, with the group eating silently together whilst Tchaikovsky plays, was so profoundly expressive and brought things together so well that it was truly one of those fabled Great Moments of cinema – as is this whole wonderful film.

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The Social Network

En résumé: Un film qui montre que le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, avait de l’audace à volonté quand il créait la source de 92% de la procrastination journalière mondiale .

David Fincher’s The Social Network dramatises the birth of the Internet Goliath Facebook, taking a thorough rummage through its creator Mark Zuckerberg’s dirty laundry. It begins with Harvard computer skillster Zuckerberg (Jesse Eisenberg) getting dumped for epic levels of arrogance by the Boston College girl he’s dating, Erica (Rooney Mara). This is depicted as a big narcissistic blow that propels him into spiteful retaliation. Having stomped home to disparage her ancestry on his blog, he creates ‘Facemash’ to take his mind of things, hacking into Harvard college databases to extract the photographs of its female students. So many Harvard users log in to rate the women that the local network collapses, and Zuckerberg gains overnight notoriety.

He’s in lots of trouble with the university authorities, but also catches the attention of the moneyed sports-god Winklevoss twins, who think Zuckerberg can be used as a technical hack for their lucrative social networking idea. For Zuckerberg, their advances start looking like a promising route into the gilded fraternity circuits that are usually permanently gated to ‘nobodies’ like him. Unfortunately for the twins, Zuckerberg takes the idea and runs with it himself, fobbing them off until they’re too late to prevent him from launching the beginnings of the Facebook we now know and procrastinate on. Zuckerberg gets financial backing for the server costs for the website by his good friend and, now, business partner Eduardo (Andrew Garfield). A small team comes together, taking over Harvard’s online world, having an excellent time with pizzas and programming, and rapidly expanding into other Ivy League networks such as Stanford and Cornell.

Did you say a billion dollars?

‘The Facebook’ as it’s then known attracts the attention of the maverick Napster founder Sean Parker (Justin Timberlake) who bonds flashily with Zuckerberg, women and expensive booze flowing in his wake. He smoothly suggests that a much better name for the site would be just ‘Facebook’ (kerching). He chides Zuckerberg for his paltry ambitions: “you know what’s really cool? A billion dollars”… Eduardo’s understandably jealous, and is wiped completely off the map over the summer when Zuckerberg and his team decamp to Silicon Valley for the vacation, as he stays back to do an internship in New York. Turning up several weeks too late, he finds himself almost completely out of the picture, angrily cutting off the project’s finances. When Sean Parker saves the day by brokering a massive deal with some big financial backers, Eduardo is left out of the cold, conned into signing himself into an insultingly slight share of the future business.

Court cases fly everywhere. The twins sue, Eduardo sues, Harvard growls. Much of the film is narrated through the testimonials given during the bitter court cases, and the whole thing seeped in acrimony and skulduggery. The Social Network is still far less grippingly fire and brimstone than other Fincher productions such as Fight Club, almost TV-showish at times. The actors put in very strong performances however. Timberlake is well cast as a savvy and vaguely greasy entrepreneur, Garfield as Eduardo is superb quavering in wounded indignation. Jesse Eisenberg is excellent: at least in his role of Zuckerberg as an arrogant, socially inept, vaguely brilliant opportunity surfer. Zadie Smith has argued, convincingly to my mind, that Zuckerberg was miscast in the film: he’s played as a decadent Roman archetype, seduced by power and pleasure, recklessly unconcerned for consequence. In true life, it seems more plausible that Zuckerberg’s more your ancient Greek archetype: inscrutable, lofty, cooly otherworldly– but not sleazy and revoltingly corrupted to the hilt. Fincher’s seemingly determined to put Zuckerberg’s insecurity with women at the heart of his drama. This explanatory thesis for what makes the programmer tick makes for a very taut storyline, which is all to its strength as a film, but is perhaps unfair to Zuckerberg himself, who knows. It’s worth a watch for a couple of hours speculating on the shadowy figure behind the ubiquitous ‘blue F’ website.

In a nutshell : Sorkin and Fincher explore how power leads to loneliness through efficient filmmaking and electric dialogues, but do they care about Facebook or the impact of Internet on our lives … not quite.

Sauf si vous vous êtes absentés les quinze dernières années vous avez dû noter qu’Internet a pris une place prépondérante dans notre vie quotidienne et si vous lisez cette critique la probabilité est importante que vous ayez eu vent de la parution de ces quelques mots par Facebook. Outil intéressant Facebook, même si on peut y être rétif, retrouver quelques signes de la vie quotidienne de ses contacts, surtout les lointains, et partager images, anecdotes ou nouvelles sur son forum personnel a un attrait. Il est logique que Mark Zuckerberg, le fondateur de ce mélange entre boîte courriel, trombinoscope et groupe de discussion, ait eu du succès. Il est remarquable que son succès se compte en milliards de dollars. Il est évident que d’aussi énormes dividendes lui amènent quelques avanies, mais aussi, comme souvent, que derrière ce genre de grandes réussites se cache un (ou plusieurs) grand crime.

David Fincher a perçu dans cette success story, un aspect suffisamment emblématique pour s’en saisir et construire l’intéressant portrait d’un jeune homme torturé et égocentrique. Cinéaste de l’obsession et du contrôle, il joue sur l’idée qu’un amour malheureux est le moteur secret qui poussa le peu populaire Zuckerberg à développer un outil qui le ferait être aimé, ou à défaut, le ferait être craint. Une philosophie qui rappelle les leçons de Machiavel, penseur apprécié du scénariste de The Social Network.

These 4 friends found their friends using the friend finder. Have you found all of your friends? Give it a try.

Andrew Sorkin dont la fascination pour le pouvoir et les répliques cinglantes ont fait la réputation (le créateur de West Wing, c’est lui) s’est attaché à décortiquer les rapports vipérins entre Zuckerberg et ses camarades lors de l’établissement de Facebook. Il réussit un tour de force scénaristique car il présente trois versions simultanées de la même histoire, celle de Zuckerberg, celle de son ancien meilleur ami et celle de ses premiers partenaires/concurrents, qui estimèrent que l’idée de Facebook leur avait été volée. L’architecture de son histoire est si forte qu’elle impose une forme de leçon sur l’hubris et la corruption du pouvoir, ainsi que son corollaire qu’est la solitude.

Cette puissance amène the Social Network a être meilleur que le boursouflé Benjamin Button mais Fincher ne réussit pas à transformer pleinement l’essai. En effet, le réalisateur ne démontre pas un intérêt énorme à ce que Facebook (ou Internet) signifie et quel serait son impact, ni scénaristiquement, ni ce qui est plus ennuyeux, visuellement. La mise en image est efficace mais n’est ni aussi magistrale ni aussi inspirante que dans ses œuvres précédentes (Fight Club, Zodiac …). On perçoit un intérêt pour Michael Mann mais les plans de boîtes de nuit font plus penser à une série américaine de bonne facture qu’à une vision artistique affirmée. Surtout rien ne définit vraiment ni Zuckerberg, ni son produit.

Contacts ou amis? Clones ou clowns?

Le personnage du fondateur de Facebook n’est en rien rendu fascinant et lui, comme les hommes qui l’entourent manquent de profondeur (je ne parlerai pas des personnages féminins, d’ailleurs Fincher ne le fait pas non plus). Celui qui s’en sort le mieux reste J. Timberlake, parce que son personnage, le créateur de Napster, est nourri de ce qu’il est, de l’idée que l’on peut avoir de lui en tant que chanteur et vedette. Mais que penser d’Eduardo (Garfield), meilleur ami de Zuckerberg, gentil garçon trahi, des jumeaux Winklevoss, athlètes et enfants gâtés caricaturaux, ou même de Zuckerberg (Jesse Eisenberg), à la limite de l’autisme ? On ne se rend pas compte de ce qui peut faire leur singularité, ou les rendre mémorables.

Fincher est loin du documentaire,  mais n’arrive pas à créer une légende. « Zuck » n’est simplement pas assez intéressant. Et peut-être est-ce le signe de notre époque, celui de la banalité désabusée ou cruelle. Une époque où est glorifié un instrument de procrastination et de paresseux divertissement et où son créateur, un artisan et homme d’affaire habile est élu « génie ». Peut-être aussi le monde froid et solitaire décrit par Fincher n’est pas celui lié aux hauteurs du pouvoir mais plutôt celui de nos sociétés où l’on confond « contacts » et « amis », prendre soin et s’intéresser à eux avec un léger mais persistant voyeurisme.

Et si, plutôt que de continuer à surfer sur la toile, nous allions au cinéma ou prendre un verre ?

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A cinq heures de Paris

In a nutshell : Two lonely hearts meet in Tel Aviv, each of them fearing the next plane, one because he’s afraid of flying but would love to go to Paris, the other because it will take her out of Israël into a North American dream she’s not sure to share. A modest, humorous lovestory very worthy of your attention.

Avec ce temps et les interruptions de transports peut-être sommes nous tous A cinq heures de Paris, Yigal (Dror Keren parfait), chauffeur de taxi désabusé, trop sensible pour Tel Aviv, lui, en est plus loin encore. Théoriquement il lui suffirait de prendre un avion mais il a peur de voler et ne peut donc pas visiter cette ville à laquelle il rêve, ni planifier d’accompagner son fils qui va y célébrer sa bar-mitsvah avec sa mère et son beau-père, un autoritaire sentencieux et borné. Pour se motiver il va voir un psychothérapeute et écoute de la variété française des années 70. A la frontière de la dépression, il rencontre la belle Russe, Lina (Helena Yaralova dans un rôle faite pour elle), pianiste et cheffe de la chorale de son fils, qui attend un visa pour le Canada où son mari (Vladimir Friedman), qui s’y trouve déjà, ambitionne de s’installer.

Léon Prudovsky déroule à partir de ce point de départ une très charmante et douce comédie sentimentale où la mélancolie se dispute à l’espoir. Les deux protagonistes vont subir une attirance grandissante, réfrénée par les turbulences imposées par leurs vies, leur entourage et leurs blocages personnels. Les incertitudes de Lena et le désarroi de Yigal forment un ballet de sentiments subtils scandé par les nostalgiques refrains de Dassin, Adamo ou Barrière.

Des passagers peu sensibles à Adamo

Pour une première réalisation, Prudovsky étonne. Sa direction d’acteur est impeccable, tant ses interprètes habitent, incarnent à la perfection chacun de leurs rôles. L’écriture de son scénario sait faire preuve d’une grande finesse car tous les personnages ont une épaisseur, une psychologie, une humanité. Sa cinématographie est modeste mais efficace et il sait trouver quelques fois des images évocatrices dont le pouvoir seul amène à sourire ou s’émouvoir.

Devant tant de qualités, il est dommage que le réseau de salles de cinéma indépendantes Utopia ait boycotté ce film parce que israélien, sans lien aucun ni avec le thème de l’oeuvre, ni avec les opinions du réalisateur. La polémique retombée reste un long métrage tendre, modeste et lumineux.

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Despicable me (Moi, moche et méchant)

In a nutshell: Gru is or wants to be the ultimate bad guy, he’ll find out he’s more cut out to be a superdad. Cute but probably more for your kids than for you.

Une petite fille de mon entourage me faisait remarquer à quel point elle avait apprécié “Moi, moche et méchant”. Elle axait sa critique sur une excitante descente dans un grand huit et la joie qu’elle éprouvait à voir tant de mignons minions, qui en plus d’avoir le bon goût de ressembler à des pilules jaunes à pattes, proposent une répétition mélodieuse aussi fondante que de la ganache: “mignons minions”, essayez, ça marche aussi en inversant l’adjectif et le nom. Et je ne vous parle même pas du plaisir dans les allitérations du titre, cela nous entraînerait trop loin, mais indubitablement il est enrichissant de côtoyer des enfants à l’oreille sensible et au vocabulaire étendu.

"Mignons minions" ou "minions mignons", à vous de voir.

Se pose néanmoins la question du jugement sur ce dessin animé efficace, doit-on juger à l’aune du public visé ou de ses éventuels accompagnateurs ? Pour les enfants, Moi, moche et méchant est un succès, j’aurais pourtant quelques réserves. Si Pierre Coffin et Chris Renaud nous réservent quelques surprises visuelles et autres clins d’oeil que les amateurs d’Inside Job apprécieront, leur intrigue est assez simple et sur la fin pataude et mièvre. Gru, supervilain, compte subtiliser la lune, ce qui fera de lui le méchant de légende qu’il souhaite être, il sera arrêté dans ses plans machiavéliques par un jeune adversaire plus vicieux encore que lui. Pour le contrer il utilisera trois orphelines qui, refusant de se laisser instrumentaliser, préféreront voir en lui un père.

Il est alors attendrissant de voir le méchant ours qu’est Gru (Steve Carell) être apprivoisé et transformé en Teddy Bear par les trois adorables pestes qu’il adopte malgré lui mais le coeur y gagne ce que les zygomatiques y perdent. Le film qui promettait initialement de jolis moments d’humour noir se révèle un divertissement calibré d’excellente facture mais sans le zeste d’originalité qui sépare le plaisant du mémorable et du jubilatoire.

En résumé: Bon père de famille et méchant du siècle, c’est possible? Cette animation se penche sur la question et laisse des doutes sur cette compatibilité.

Despicable Me is the animated tale of Gru (Steve Carell), Bad Guy extraordinaire with a multitude of Minions (fluorescent blob-like creatures) on hand to do his every bidding. Keeping up with the Bad Guy Jones is a tough job however, as there’s always some young new upstart looking to outdo you. To his horror, he finds out that some impertinent trickster has successfully managed to steal one of the Great Pyramids in Egypt. Incensed, he casts around for an even dastardlier act… and hits upon stealing the MOON mwhahahah! Heading for the Bank of Big Loans for Bad Guys (cue satirical dig at Wall Street and approving smirks in the audience), he presents his new fiendish theme to the manager, only to find out that a certain Vector is now grabbing all the attention, while he’s just looking old, hunched up and bitter.

The ups and downs of bad guy-dom

Things get more complicated still when he ends up evilly ‘adopting’ a trio of sweet little orphans to help him in his plans (they are supposed to break in to Vector’s HQs and steal his special equipment by selling him cookies, the only way he can be persuaded to let anyone in the door). Gru finds his paternal instinct somehow awakened, and a multitude of cuteness ensues, with the Minions finding a new nanny-ing side to their gleeful scheming ways. Overall, it’s a very watchable ‘bad guy turns good’ comic tale, colourful and perky, and going for the Christmas pantomime feel more than anything slightly edgy or poignant like Toy Story 3 or Up in the Air before it. I can just see the theme park rides and soft toys rolling out from here to eternity… and check out the badass theme song, yo… perhaps Gru wins after all?!

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Night and Day (Knight and Day)

In a nutshell: A superb blockbuster! Tom Cruise is great as a loony spy, Diaz is very convincing as a woman suddenly thrown into an action movie when she was thinking she was only leading a “normal” life, and enjoying the change a lot. So will you.

On ne peut pas faire autrement que d’admirer le sens du timing de Tom Cruise, alors qu’il apparaît de plus en plus comme un dingue avec lequel il ne fait ni bon travailler, ni bon vivre (Libérez Katie Holmes !?), celui-ci choisit un film dans lequel il joue une sorte d’espion dingue, éminemment sympathique, dans un monde délirant, ce qui vous fait passer un moment jouissif. Car Knight and Day est une histoire absurde, désinvolte et rafraîchissante, une sorte de parfait cocktail devant lequel on hésite (toutes ces couleurs, tout ce sucre, et je ne suis pas sûr du goût …) pour, sans très bien comprendre, se retrouver hilare, en fin de soirée, devant une rangée de verres vides et de petits parasols éparpillés.

James Mangold, habile réalisateur, joue avec les attentes du spectateur et propose l’exagération et l’invraisemblable pour réussir son film popcorn de l’été. Un quart d’heure après le début du film, Tom Cruise (Knight) agent secret paranoïaque et brillant, mêlant à la sympathie taquine et musclée d’un Bruce Willis, le détachement élégant d’un Pierce Brosnan, a dessoudé passagers, pilotes et personnel de bord d’un avion qu’il fait atterrir en rase-campagne avant de raccompagner chez elle, incrédule et paniquée, Cameron Diaz (June), innocente jeune femme du Midwest allant au mariage de sa soeur. A l’instar de June, on ne peut croire l’audace abracadabrante dans lequel le film nous embarque, tout comme elle, on lâche prise et on prend plaisir au voyage, à la limite de la parodie, dans lequel les moyens colossaux de la machine hollywoodienne sont mis en place pour nous en mettre plein la vue.

Bull's eye for Diaz and Cruise in Knight and Day

On passe d’île paradisiaque inconnue en féria sans broncher car tout devient possible tant on frôle constamment le grotesque. La jubilation des deux vedettes qui semblent toutes deux s’amuser beaucoup sert à l’optimisme, au pétillant du film et Mangold use de leur alchimie pour maintenir l’intérêt de cette course effrénée. Souvent dans ce genre, après un début en fanfare, le réalisateur ne réussit pas à maintenir le rythme et le spectateur se lasse des poursuites répétitives ou des combats, quand le soufflé d’action et d’humour ne s’affaisse pas tout simplement. Rien de tout cela ici, le plaisir est constant.

Reste à souligner le talent des acteurs, Tom Cruise démontre qu’il devient toujours meilleur et que la jolie gueule de Top Gun a ajouté au fil de sa filmographie plusieurs cordes à son arc. Il a aujourd’hui en plus de ses capacités esthétiques et dramatiques d’étonnantes capacités comiques qui font de lui un acteur complet et l’une des véritables et rares stars internationales capables de tout entreprendre. Cameron Diaz renoue avec ses rôles de grande et jolie gigue sympathique et conquérante, et trouve en Mangold un réalisateur féministe, désireux de donner épaisseur et importance au personnage féminin qui soutient à parts égales le succès de ce film enivrant.

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