Monthly Archives: February 2011

Shock Waves

In a nutshell: Is Shock Waves “the deep end of horror” as a viewing experience? No argues Mlle L., but then again … Nazixploitation at its best in any case, or not. Whatever, it’s an exciting new entry for our favorite 3 buck dvd corner.

En résumé : Des filles en maillot, des nazis sous l’eau, des hippies ballots et une expérience de cinéma digne de toutes celles que nous proposent si aimablement Mlle L., toujours en quête du plus absurdement parfait des dvds à trois euros. Pas sûr que Shock Waves vaille autant!

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Filed under Horror

True Grit

En résumé : Un beau western, simple et puissant, mélancolique et âpre qui tente de prouver l’inanité destructrice de toute vengeance. Les frères Coen ne révolutionne en rien le genre mais en proposent une interprétation plaisante.

The young Mattie (Hailee Steinfeld) lost her dad, killed by a coward and scoundrel, the sociopath Tom Chaney (Josh Brolin). She wants justice and revenge. Since the sheriff can’t go after Chaney, who hides in Indian territories, some sorts of contemporary limboes,  as a brave Calvinist teenager she swears to bring him back to Fort Smith, dead or alive. She hires a marshall, the murky Cogburn (a superb Jeff Bridges), who seems to know both sides of the law.  They are joined on the trail by Texas Ranger LaBoeuf (Matt Damon), who has been hunting Chaney for a while after he murdered a Texan senator and his dog.

The pen might be stronger than the sword, but what about the colt?

Joel and Ethan Coen seem to have a new tick, the illustration of a holy text. Taking the first half of Proverbs 28:1, “The wicked flee though no one pursues”, they demonstrate in the following 110 minutes, how true these words are and how destructive it becomes to pursue in hate and anger someone already doomed. “Shouldn’t we bury them, we promised” asks Mattie when she and the two bounty hunters leave an absurd battlefield. “Ground’s too hard. Them men wanted a decent burial, they should have got themselves killed in Summer.” answers her black knight, Rooster Cogburn. Sacrifices will have to be made, as Mattie states quite eloquently: “You must pay for everything in this world, one way and another. There is nothing free except the grace of God”.

Using extremely well the rules of the new western (think Unforgiven), the Coens bridge the gap between the fans of Leone and of Wayne and Ford. They also show how much literature is now central in their artistic development. Very mature in their adaptation, we can see in beautifuf shots of Texas and New Mexico, how a child becomes an adult, how an old man finds his soul again, how eventually empty revenge and violence can be. But the Coen brothers wouldn’t be who they are without a deep sense of irony and a keen eye for stupidity. The pretentious Texas Ranger, extremely well played by a pipe smoking and mustachioed Matt Damon, follows the path of righteous and well meaning idiots whose existence amused and irritated the brothers since their start as moviemakers.

Do you enjoy fashion? In Texas, among the Rangers, beige is the new black.

The result is a very decent movie with marvelous images and a stellar cast, but the mixing of Coenian sarcasm with classical tragedy doesn’t work as fully as they hoped. The underlying irony destroys most of the pathos of the story, while the humour prevents strong emotions to settle in. It is hence a pleasant ride with Rooster “one eye” Cogburn and stubborn Mattie Ross but not an indispensable one. Then again, what is nowadays?

In a nutshell: Miss J. went out in the countryside, in the West, for a few days, not unlike Hailee Steinfeld in the new Coen brothers’ western but for less vengeful reasons. Mlle L. is kindly holding the critique fort, waiting for her return. She is slightly unimpressed by True Grit.

Le tout dernier film des frères Coen est un western (aaah!), avec Jeff Bridges (ouéééé!), Matt Damon (cool), Josh Brolin (double ouééé!) et c’est même un remake d’un vieux et très bon John Wayne (même titre, 1969). Super youpi, me dis-je il y a quelques longues semaines en bravant la neige et en prenant mon bus pour Pittsburgh et le seul cinéma décent de ma région déshéritée.

Résumé rapide de l’histoire : une jeune fille de 14 ans qui “a du cran” (Hailee Steinfeld) engage le très détestable marshall Cogburn (Bridges), qui lui aussi “a du cran”, pour traquer le meurtrier de son père; elle va l’escorter de gré ou de force dans cette rude aventure qui n’est vraiment pas de son âge.

Bon, ben… C’est pas que ça ne valait pas les 6 dollars 50 ou les trois heures de trajet aller-retour, mais me voilà sortant du cinéma un peu déçue, un peu raplapla, sans trop savoir pour quelle exacte raison je ne suis pas extatique et haletante comme je l’avais été après No Country for Old Men, dont j’étais sortie avec une seule envie, celle de retourner voir le film aussi vite que possible. Là, je ne suis pas transportée par ce que je viens de voir, pour être honnête. J’ai eu la nuit pour y réfléchir, et je crois avoir enfin compris pourquoi.

Pas transportée ? Jeff Bridges en est tout effondré.

Les images sont belles, ce qui est normal pour un film des frères Coen. Un tout petit regret pour l’utilisation imparfaite du numérique dans la reconstitution des arrière-plans de la petite ville de l’Ouest à la descente du train, mais enfin c’est du pinaillage.

Les dialogues sont parfaits.

Matt Damon est tout à fait excellent dans le rôle du Texas Ranger Laboeuf, et en plus il est fort sexy avec sa moustache, ses cheveux longs et sa belle veste, ce qui est naturellement bien agréable. Je me réserve un paragraphe spécial pour le brillantissime Josh Brolin un peu plus loin. Les “rôles de complément” sont tous meilleurs les uns que les autres.

MAIS…

Mais ... ?

Déjà, le film s’ouvre sur une narration en voix-off qui m’a immédiatement rappelé, et ce n’était pas pour me plaire, l’ouverture de Titanic (aïe). Mais j’étais peut-être de mauvais poil sans le savoir, faisons donc abstraction. Hailee Steinfeld, petite fille moche, butée et avec un gros complexe Antigone type “la justice-je réclame la justice-tout ça-tout ça-la justice” est bien; Jeff Bridges est cracra à souhait, bon. Deux tiers du film se déroulent sous vos yeux et franchement, c’est bien mais pas transcendant. Plusieurs moments très bons, cinglés ou terribles, mais grosso modo on regarde un film au lieu d’être terrorisé, furieux ou désespéré avec les personnages… Là, je me suis juste sentie assise dans une salle de cinéma, devant un bon western, ouais, sympa.

Sauf que c’est un film des frères Cohen avec Jeff Bridges! Que se passe-t-il donc?! Tout d’abord, la faute en incombe un peu à Jeff Bridges (si si) : il s’amuse beaucoup, mais à force de s’amuser il cesse à plusieurs reprises d’être le personnage, pour devenir juste un acteur en train de jouer – de bien jouer, mais malgré tout en train de jouer. Ce qui naturellement vous déconnecte du film et vous replace dans la salle de cinéma, à regarder un truc sur l’écran, au lieu d’être en pleine traque désespérée avec les autres personnages.

J’avais trouvé que Crazy Heart était une (bonne) version micro-ondes de The Wrestler. Dans l’oeuvre des frères Coen, True Grit est une version micro-ondes de No Country for Old Men, alors que je m’attendais à mieux que du Bocuse dans mon assiette.

Et nous en arrivons au lynchage de ce qui se révèle être le principal coupable de cette sensation générale de “je suis pas dans l’ambiance, là, il faudrait pas grand chose pour que je finisse par être agacée, même”.

Steinfeld se prépare à la douche froide.

Hailee Steinfeld. Il m’a fallu la nuit pour finir par comprendre. Cette petite est très bien, très bien vraiment. Elle tient le rôle d’une enfant de 14 ans pleine de hargne, hargne camouflée sous l’éducation stricte et calviniste mais pourtant bien là, une petite fille qui ne recule devant aucun cauchemar pour obtenir la pendaison d’un homme, se sortant d’affaires qui devraient lui être totalement étrangères, de la capture d’un meurtrier au commerce des chevaux, mieux que beaucoup d’adultes, devenant plus décidée et plus féroce que son défunt père parce qu’elle n’a manifestement personne d’autre pour régler les comptes (de toutes natures) – la petite fille évoque, encore une fois très “calvinistement”, une mère totalement paumée et débordée par la situation en général et par les deux lardons supplémentaires dont elle s’occupe. Ce rôle devrait vous passer les boyaux à la moulinette. J’ai pensé à Angelina Jolie dans L’Echange de Eastwood : rien à secouer des malheurs en série de cette gonzesse, qui d’après les bandes annonces allait passer les deux heures et demie du film à chialer très fort. J’étais ressortie de L’Echange épuisée-traumatisée, Angelina Jolie (et Eastwood) ayant réussi à me mettre dans un état où tout ce à quoi j’avais assisté pendant le film m’était arrivé à moi personnellement.

Ce n’est pas le cas avec Hailee Steinfeld et les Coen.

Hailee Steinfeld dit admirablement bien son texte.

Et c’est tout.

Personnage central, elle est à l’écran quasi constamment, et c’est elle qui fait que vous n’entrez jamais vraiment dans le film : en disant admirablement bien son texte, elle vous rappelle en fait en permanence que vous êtes dans une salle de cinéma à regarder des gens en train de faire semblant.

Attention, quelqu'un pourrait bien ne jamais s'en relever ...

Le dernier tiers du film sauve heureusement la mise; dès l’instant où Josh Brolin apparaît (il s’agit ici strictement d’un repère temporel, le rôle de Brolin étant en fait assez minime, mais quand même, je suis navrée, pour moi ça en fait le sauveur absolu du film tout entier), tout se met en place. Vous êtes en plein dedans. Vous avez peur. Vous ne savez pas comment ça va finir, qui va mourir et qui va s’en sortir et comment. C’est enfin bien.

Vous passez même l’éponge sur une énoooorme invraissemblance scénaristique – pour ne pas vendre la mèche et vous ruiner la séquence, je poserai juste la question suivante : “Comment s’est-il dégagé, le Jeff Bridges, et comment a-t-il réussi à escalader la montagne?” Mais bon, à la limite on s’en fiche, tout content qu’on est d’être ENFIN dans le film et plus assis dans la salle à attendre l’heure du goûter. La course finale à cheval puis à pied est très forte, Bridges vous donnant enfin à voir ce que son personnage est réellement, cinglé, fou furieux, buté, quand il faut y aller il faut y aller quoi qu’il en coûte.

Le générique de fin vous apprend que le producteur exécutif de ce film s’appelle Steven Spielberg. C’est pas gentil de dire ça, mais ça ne me surprend pas. Si vous n’avez rien de spécial à faire, si vous avez une carte UGC illimitée, allez donc à True Grit, la fin rachète le début, c’est un bon film. Mais gardez en mémoire que ce que vous allez voir n’est rien de plus qu’un bon film, sans quoi vos attentes vous feront sortir de la salle déçu – et un peu fâché.

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Les Prédateurs de la nuit

In a nutshell: “Come face to face with evil” proclaimed Jesus (Jess for the international market) Franco to cunningly sell his movie Faceless. One might argue that Clueless would have been a better suited title. But enough cutting remarks, let us all appreciate Mlle L’s critique.

En résumé : Un film, vague remake Des Yeux sans Visage de Franju, où le producteur René Château est crédité comme Fred Castle et où apparaissent Telly Savalas en riche chauve et Brigitte Lahaie en infirmière maléfique ne peut pas être fondamentalement mauvais, quoique … allons en débattre avec Mlle L. par ici.

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La banda del trucido / L’Exécuteur vous salue bien

In a nutshell: Milian has an afro and a hideous baby. Merenda has a gun and, well that’s enough, wouldn’t you say. Massi has the pride to have his movie, La banda del trucido, reviewed by Mlle L.. Bloody hell or bloody L. ? Go and see!

En résumé : Quand le sosie italien de Bernard Tapie se met en chasse, Mlle L. est sur le coup et ça saigne presque autant dans la chronique que dans le film. L’exécuteur vous salue bien, lui rendrez-vous son salut en lui faisant l’hommage de vos trois euros?

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Sabata

In a nutshell: The woman with gunsight eyes and sharp penmanship comes back with an Italian western, Sabata, so go get your three bucks and your best glasses to appreciate the movie and her prose or else …

En résumé : Vendredi, c’est spaghetti, et Lee Van Cleef va tout faire péter dans Sabata, ce premier volet d’une trilogie semi parodique du signore Parolini. Fan de Leone, à vos magnétos, Mlle L. a pensé à vous.

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The King’s Speech

In a nutshell: Colin Firth stutters perfectly until Geoffrey Rush, commoner, Australian, speech therapist extraordinaire shows him how to speak like a king. Heartwarming feelgood fantasy for all Brits and beyond

La réponse parfaite au cauchemar anglais de Harry Brown se matérialise dans le Discours d’un Roi de l’amateur d’Histoire qu’est Tom Hooper (The Damned United c’était lui), les valeurs et les mythes de la verte Albion trouvent leurs défenseurs dans les thèmes et les personnages de ce film sympathique et rassérénant.

Albert Windsor, “Bertie” (Colin Firth), voit avec consternation l’âge de la communication de masse l’obliger à prendre la parole en public. Il bégaie, hésite et se ridiculise à chaque fois en dépit des médecins qui lui proposent un entrainement digne de Démosthène ou la consommation forcenée de cigarettes qui devraient selon eux relaxer le fond de sa gorge. Elizabeth, son épouse aimante (Helena Bonham Carter), va alors rechercher un thérapeute peu commun, Lionel Logue (Geoffrey Rush), un Australien modeste, qui par son originalité et sa persistance va l’aider à surmonter son handicap.

Tous ensemble : "Les chaussettes de l'Archiduchesse ..."

La singularité de cette relation tient en ce qu’Albert est héritier de la couronne d’Angleterre, et que les frasques de son frère David (Guy Pearce), brièvement Edouard VIII, vont obliger le prince infirme et angoissé à monter sur le trône et, en tant que George VI, à représenter le Royaume Uni dans les temps dramatiques, héroïques et guerriers de la Seconde Guerre mondiale.

Décrivant l’époque par le biais de l’intime et de l’anecdotique, Hooper fait ressortir la grandeur des valeurs de la Grande Bretagne par le cheminement des personnages plutôt que les actions des Etats. Et c’est la nostalgie d’une Angleterre digne et courageuse qui s’incarne dans la lutte contre lui-même du valeureux Albert. On voit s’esquisser le portrait traditionaliste d’une monarchie où le mérite est reconnu, l’effort récompensé, et l’underdog (l’opprimé) soutenu. L’un des messages centraux du film est la reconnaissance de l’ordre social si ceux qui sont en haut de la pyramide agissent avec la dignité, l’honneur, que l’on attend d’eux, et ainsi le charmant mais amoral Edouard VIII s’efface pour laisser la place au vulnérable et responsable George VI. Ainsi M. Logue, l’orthophoniste hétérodoxe de “Bertie”, ne l’appellera “Majesté”, qu’au moment où celui-ci, enfin, le regardera en égal, en ami.

Firth témoigne: "Pour mes problèmes d'élocution, je me suis fait poser une couronne"

Firth est admirable puisqu’il fait ressortir avec conviction l’humanité et la complexité de son personnage, père et mari aimant, prince hautain, fils et frère maltraité, être humain inquiet, impatient, angoissé, brutalisé par son rôle d’homme d’état. La qualité des dialogues et le classicisme sans chichis de la mise en scène lui permettent de briller et de s’imposer en héros ordinaire, à l’instar d’un Stewart dans les films de Capra.

On peut regretter çà ou là quelques lourdeurs ou maladresses. Timothy Spall fait un peu convaincant Churchill. Et les plus férus d’Histoire britannique seront peut-être surpris des libertés hagiographiques prises par Hooper. Mais qu’importe, le conte de fée est réussi et l’on se réjouit des succès de Lionel et “Bertie” et de leurs mutuels progrès l’un dans la société anglaise et l’autre dans l’art difficile d’être à la fois homme et roi.

En résumé: Le futur roi d’Angleterre bégaie horriblement. A l’aube de la Seconde guerre mondiale, c’est un Australien calé qui saura venir à son aide. Un drame historique drôle et émouvant qui mérite bien tous les hommages qui lui sont rendus.

Sometimes a film comes along preceded by such a string of critical accolades that missing it just isn’t an option, but there’s the lurking fear of falling foul of some kind of stampeding over-hype effect. Tom Hooper’s historical drama The King’s Speech, with its obscene category-squishing loot of BAFTAs and Independent Film Awards and doubtless future Oscars, was one of those. But Monsieur D. had given it the thumbs-up from an earlier viewing in London, and other than our La graine et le mulet debacle (which pre-dates this blog), we’re usually on similar pages film-wise. I’m happy to say it all totally lived up to the froth. It’s a wonderful experience, one of those films where afterwards you feel like you’ve had your city-rat priorities straightened out a little, and are left feeling all warm and benevolent towards mankind, with a twist of lingering melancholy.

The King’s Speech has a straightforward sobriety in its unity of focus. There’s little surprise it turns out to be an adaptation of a theatre play, and in this respect it reminded me of the intensity of Frost-Nixon, with its well-crafted exploration of the evolving relationship between two radically different men on vastly different positions in the social power spectrum. But where Nixon is the proverbial bad guy, Colin Firth as the stammering-afflicted George VI is decency incarnate. You root for him with every inch of your being as he stands helplessly before crowds of thousands, his tongue tied by a thousand knots in his dry mouth. Likable though he is, as future king he’s still no tedious saint, thankfully, aptly taking shelter behind self-defeating royal pomposity when straight-shooting Australian speech therapist Lionel Logue (the superb Geoffrey Rush) sets out to push him miles out of his comfort zone to overcome his speech impediment.

Mastering the art of the dramatic pause

Helena Bonham Carter is superb as George’s wife, engagingly conveying a blend of compassion and steely determination when urging her husband forward to face up to his impediment. The plot undulates smoothly along while packing a dramatic and emotional punch, poised and elegant, beautifully shot, paced to perfection, all with an unfailingly throat-lumping, but never simpering soundtrack. The ending is extremely moving, the pre-war culmination of the king’s efforts leaving more impressionable members of the audience (that would include me) as drained and wrung out as the characters. Long live the King’s Speech accolade bandwagon!


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Hereafter [Au-Delà]

In nutshell: The kid from the 6th sense grew up and, now, he is Matt Damon and can still see dead people, but feels very lonely. A British kid who lost his twin brother in an accident and a sexy French TV star who survived a tsunami might be of help. Eastwood gets drowned in an absurd melodrama.

Difficile de tenir le rythme d’un film par an et le grand Clint s’effondre doucement. Après l’excellent Gran Torino, le très correct Invictus, Hereafter sombre platement. Ne vouons pas l’ensemble de ce film aux gémonies, Eastwood n’a en rien perdu son oeil tendre et ironique derrière ses mises en scènes toujours classiques, parfois jusqu’à la sécheresse. On remarquera par exemple l’efficacité de la séquence du raz-de-marée, d’une violence brève et intense, emportant tout sur son passage, suivie par la respiration poétique, où Marie (Cécile de France), en suspension, offre un moment de beauté et de paix au spectateur.

Mais le film pêche ô combien par son scénario. Trois histoires parallèles nous sont contées et finiront, bien sûr, par se croiser. La première est celle d’un médium (Matt Damon), un vrai, capable de voir les morts, qui vit mal son “don” et ne réussit pas à trouver compagne tant il peut être socialement gênant d’embrasser une jeune fille en entendant sa grand-mère décédée vous raconter quelques secrets de famille. La seconde narre le deuil difficile d’un jeune garçon anglais (George et Frankie McLaren), qui perd son jumeau (George et Frankie McLaren) dans un accident, et voudrait tant le retrouver. La troisième, de loin la moins crédible, suit les pas de Marie Lelay, présentatrice vedette de France 2, dont la vie est bouleversée par sa noyade lors d’un tsunami qui la projette l’espace d’un instant au royaume des morts.

Après la noyade, rien de plus reposant qu'un bon bain

Le fil mélodramatique se déroule alors avec simplisme et il est ardu de ne pas être irrité par les caricatures qui sont faites des personnages. Les cours de cuisine italienne que prend Damon à San Francisco paraissent plus clichées que le restaurant de La Belle et le Clochard, les services sociaux britanniques semblent avoir des moyens imposants et un personnel toujours disponible pour s’occuper des plus pauvres, et le milieu du journalisme et de l’édition en France est risible. Ma scène préférée (ou honnie) est la surprise de Marie Lelay qui s’indigne que son éditeur n’accepte pas son manuscrit sur l’au-delà, alors qu’il l’avait engagée à écrire une biographie de Mitterrand. Les dialogues plombent plus encore l’histoire, ils sont pour la plupart ridicules et si Matt Damon s’en sort, sans doute en partie grâce au mutisme de son personnage, Cécile de France patauge.

Restent un respect du surnaturel, de la perte, et une dénonciation du charlatanisme et du cynisme, en particulier professionnel. Restent aussi quelques scènes étonnamment érotiques tant Clint Eastwood parait subjugué par la beauté de Mlle de France qu’il déshabille ou caresse de sa caméra. Une scène maladroite de dégustation à l’aveugle entre Matt Damon et Bryce Dallas Howard souligne plus encore que si le mélodrame paranormal convient mal spectateur, il réveille les sens du réalisateur. Réjouissons-en nous pour lui et espérons que son prochain film nous offrira autant de plaisirs qu’il a eu d’émotions.

En résumé : Un film complètement raté qui prouve que ce n’est pas parce que Gran Torino est un chef d’oeuvre qu’on peut toujours se fier à Clint en matière de réalisation.

Straight up: this one didn’t look great from the bande annonce. Its presentation of a thundering, epic, psychic safari, galloping through a laundry list of tragedies to ponder on Death and Hereafter and what-it-all-means, came over as a little trite and overwrought, aesthetically and script-wise. But then one massive point of persuasion came slamming in like a – ahem – tsunami: Hereafter is the directorial work of Clint Eastwood. Gran Torino Clint! Best film of 2009 Clint. Surely it would be worth the effort! Field reports reached us: no, it really wasn’t. I slammed shut my ears. Gran Torino Clint! Come on! So, in we went, and I still wanted to believe, right until about three minutes in, as I was blown backwards by the avalanche of shite streaming from the screen…

The grand prize for cinematic let-down here (amid stiff competition) goes to the French couple in the film, who are the chosen ones for defying the laws of plausibility to a vertiginous degree. (I hope that Les Gérards will honour the film at some point). Cécile de France is as stiff and compelling as stale bread as Marie Lelay, a rent-a-career France 2 ‘political talk show host’, who begins the film by apparently abducting a small child. Although that’s by-the-by. Her philandering TV producing boyfriend is well-chizzled, personality-free and equally implausibly employed in the world of political punditry, apparently as a detachable lifestyle accessory. Marie melts down after living through a tsunami. Off she swans to a publisher and convinces them through really enthusiastic facial expressions that she should be the one to write a groundbreaking new study of Mitterrand. Except she instead starts obsessively researching the Afterlife, and delivers a draft of that book instead, and is even peeved when it doesn’t go down well. There’s a view of the Eiffel Tower out of the window to pass the time while she sulksat them for their narrow-mindedness.

Booked up with clichés

The formula? Take a bucket-load of hand-wringingly good intentions. Liberally mix with wooden characterisation, not least featuring an actual psychic who’s ‘for real’ – and we’re supposed to care because it’s Matt Damon with his ‘pensive’ dial wound up to ‘too much, please stop’. Toss in three parallel-running, cloying, emotionally manipulative storylines, a twee soundtrack, and images of dead bodies bobbing about in a tsunami, explosions from the London Underground, and a road accident. Sprinkle with deaths in full view of a nosy journalist, plus wailing, somehow surprised families, even though they’re in a euthanasia centre. Serve with clichés of epic proportions, mamma mia (although the Italian cookery lessons part is so bad it’s good).

Meanwhile there’s a chim-chimeny London storyline to be getting through, with two ‘I-learned-my-lines-by-heart’ young brothers in a Heartrending Situation. And, as Monsieur D. has also commented, an outrageously implausibly well-funded social services staff attends to their every need. Don’t get me wrong, they are how it should be. It should also be possible for the cheery couple who fosters one of the brothers to be able afford to live in that central Londonian mansion thing that they live in – but they bloomin’ well couldn’t, they’d be out in Croyden in a semi. It’s all just plastic fantastic storytelling à la It’s Complicated, but in a psycho-dramatic register. Insultingly out of touch and bringing nothing to the table to make up for it. And worse still, here you can really sense that they are trying to make things seem plausible with all the excruciatingly annoying little details that keep coming out at you. Like the restaurant breadsticks. And they are obsessed with cut flowers throughout the thing, too.

That said: there are chinks of light. The disparate storylines weaving out of one another at least provide a break from the weaknesses of each storyline, and there is, rumbling away, somewhere deep in the belly of this thing, a sense of someone determinedly grappling with difficult questions and the pain of the impermanence of life and how it can be shredded from you. Gran Torino Clint, come out of this thing! And stay out! Here’s hoping for better: way better next time.

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Harry Brown

In a nutshell: Unforgiven meets Death Wish as Michael Caine cooly seeks justice vigilante style in London’s worse neighbourhoods. Black, bleak, a bit over the top.

Si vous ne vous souvenez pas de Charles Bronson, “justicier” nettoyant les rues des villes américaines des jeunes délinquants et criminels, si Clint Eastwood crépusculaire reprenant ses colts rouillés ne vous avait pas marqué dans Unforgiven, ne vous en faites pas, Daniel Barber vous propose une séance de rattrapage dans son western urbain Harry Brown.

Son Harry (Michael Caine) n’est pas Dirty, il est surtout fatigué, intimidé par la banlieue anglaise, jungle énigmatique dont il n’a pas les clés. Ne souhaitant pas d’ennuis, il détourne les yeux des actes d’incivilité ou même de franche délinquance dont il peut être témoin et préfère la tangente à la possibilité d’affrontement.

Je t'en foutrais des graffitis ...

Il en paiera les conséquences. Son épouse mourante à l’hôpital s’éteindra sans lui, car le crochet qu’il aura fait pour la rejoindre fut trop long, et il laissera solitaire son partenaire d’échec, Léonard (David Bradley), au moment où celui-ci en avait le plus besoin. La colère guidera alors Harry et la sombre vengeance de l’ancien Marine s’abattra sèchement sur les jeunes délinquants qui tiennent son quartier.

Caine est impérial en vieux héros fatigué et il darde ce qu’il faut de son regard bleu acier pour rappeler que le King du Cool tient encore à sa couronne même si son manteau est élimé. Le reste de la distribution est à sa hauteur et tous de nous faire accroire avec talent à cette banlieue sordide.

Le message sous-jacent de responsabilisation de tous pour participer au bonheur commun et de la nécessité d’intolérance devant les incivilités du quotidien est très clair et est souligné par une photographie glauque, des décors sales et des situations crues. Barber fait monter la tension parallèlement à la détermination consternée de son héros désolé devant tant de turpitudes et si peu de sens moral.

Conseil 26 : Ne jamais couper la parole d'un aîné

Avec intelligence le réalisateur échappe en grande partie aux accusations habituelles de tentations fascistes en jouant sur la détresse de certains des bourreaux, la perte de repères d’une jeunesse déjà condamnée par son gouvernement, par le manque de courage et la fausse tolérance de la société dans son ensemble face à ce genre de phénomènes, enfin par la faiblesse de ce brave Harry, bien trop vieux pour la mission qu’il s’est imposé. Les scènes les plus marquantes sont celles où il hésite, titube, s’essouffle, s’effondre.

On peut néanmoins regretter que ce thriller s’enfonce si profondément dans les bas-fonds anglais que l’Enfer de Dante ressemblerait presque en comparaison à un modeste fossé dans un riant jardinet. Cette noirceur désepérée (et sans doute la simplicité toute efficace du scénario) fut trop brutale pour Miss J. qui préféra en conséquence aller voir un DVD souriant, The Big Bang Theory, plus en adéquation avec son tempérament.

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Filed under Action, Drama