Monthly Archives: April 2011

Unknown – Sans Identité

In a nutshell: What was this movie about? Amnesia and kicking ass. I can’t really recall it, but do remember a very solid, serious and committed Liam Neeson. Go Liam! But maybe go into a more memorable movie next time.

Sans identité est un titre admirable, il correspond parfaitement au film car après quelques semaines (mois?) à n’avoir pas ou peu le temps d’écrire pour ce blog, mes souvenirs se sont estompés et il ne me reste pas grand chose des aventures berlinoises de Liam Neeson. Au fond, le réalisateur Jaume Collet-Serra est remarquable puisqu’il réussit à faire ressentir à son spectateur les affres de son protagoniste principal, soit une amnésie partielle.

En dépit d'efforts méritoires, "Unknown" reste au sol.

Victime d’un accident de taxi, un homme (Neeson avec conviction) découvre qu’un autre a pris sa place, son identité, sa femme, sa vie, et qu’il cherche en plus à le tuer. Peu conciliant et un rien colère, on le comprend, il s’appuie alors sur l’aide fort aimable de sa conductrice de taxi (Diane Krüger) et de quelques Allemands obligeants pour survivre et retrouver son identité. Bien évidemment il s’avèrera être une pièce centrale dans un complot dont je ne vous dirai rien pour préserver le suspense mais aussi parce que je ne me souviens plus très bien de quoi il s’agit, hormis qu’un des fleurons de l’hôtellerie mondiale, le magnifique Adlon, y perd quelques étages, mais, miracle du placement de produits aucun client. Ouf.

Collet-Serra filme efficacement ses poursuites et les combats de son héros mais n’a pas la maîtrise d’un Hitchcock ou la puissance d’un Jason Bourne. Il propose en conséquence un produit pas désagréable mais peu crédible, très lisse et aux effets soulignés. Modeste film de genre il pourra distraire le temps d’un vol, à Berlin par exemple, je doute qu’il puisse apporter plus.

En résumé : Un thriller psychologique vite oublié qui est sauvé (un peu) par la bonne volonté d’un Liam Neeson professionnel à souhait en toutes circonstances cinématographiques. 

What do you do if you wake up after an accident in a hospital bed in Berlin, to discover that another man has taken your identity and your wife is acting as if everything’s fine? And when no one seems to listen or care, and you have no family or friends to contact, no email account, no traces of yourself on the web (…so far so plausible)? Well, if you’re Liam Neeson, you put on your best serious face and you act the life out of that badly cobbled together script. Thank goodness. Because Liam Neeson’s gameness is one of this silly story’s few saving graces. Another, as Monsieur D. has already pointed out, is the luscious Hotel Adlon in Berlin.

Jaume Collet-Serra’s Unknown is a thriller that’s terribly pleased with itself, because it has a Twist in the story. I won’t give it away – if you watch this thing on a plane some day you might just want to save that twist up to enjoy with your plastic compartmented aeroplane meal. However it’s all terribly workaday, often to the point of cliché. Berlin is cold and threatening. Scientists have dark and dangerous hidden agendas. Wives pouts and diplomats shmooze. Meanwhile (thank goodness), Neeson strides about, furrows his brow, crouches behind furniture and peeks out at bad guys with cagoules, thinks as hard as he possibly can, he is Living That Thing.

Lurking like a pro

And for that, Liam, I thank you, because you went for it with the nobility of a pure professional, and not for one minute did you falter, not for one minute did you give less than your All. The questions of whether or not this whole thing was appallingly conceived and dismal in its crater-like plot holes were not relevant to you while the camera was rolling – and that’s just how it should be. Rendez-vous same time next year, as you sort-of save another creaking-at-the-seams thriller?

Leave a comment

Filed under Action, Thriller

Source Code

In a nutshell: Will you be able to read in eight minutes the following review? It’s the time Captain Stevens has to find a mad bomber in a train bound to Chicago. If he fails ? The time travel programme he’s into is reset and back he goes … Groundhog Day becomes a thriller, an improbable but entertaining one.

Pour vous je ne sais pas, mais pour nous cette moitié d’année 2011 nous parait, sans doute à tort, assez creuse, année de vaches maigres pour le cinéma. Le côté positif de cet état tient à partir à la découverte de films qui n’auraient pas forcément retenu notre attention sinon. Vous l’avez deviné, Source Code fait partie du lot. La science fiction a cela d’agréable que l’on apprend toujours un petit quelque chose, ici j’ai appris que David Bowie avait un fils, Duncan Jones, et que celui-ci était réalisateur à Hollywood. Au niveau scientifique, c’est un peu plus flou, mais j’ai suivi que ce récit défendait l’idée de multivers, qui n’est pas un groupe de lombrics et ténias prêts à envahir le monde mais plus abstraitement celui issu de la théorie des cordes, soit un ensemble d’univers possibles, coexistant parallèlement avec peu ou pas d’interactions ou d’intersections entre eux. On conçoit que le sujet soit riche en possibilités scénaristiques et que l’on s’attache à créer des liens entre ces différents plans.

Gyllenhaal et Farmiga s'attachent à créer du lien

C’est ce que propose Source Code, programme informatique qui projette notre héros, le capitaine Colter Stevens (Jake Gyllenhaal), dans le corps d’un homme qui vit ses huit dernières minutes à bord d’un train en route vers Chicago ayant explosé dans la matinée, afin qu’il puisse découvrir le responsable de l’attentat et empêcher l’action terroriste suivante. Cette enquête dans cet univers parallèle permet donc d’avoir un impact sur son univers de référence, mais à chaque échec (c’est court huit minutes) Stevens est renvoyé et il devient complexe pour lui de savoir à quel univers il appartient vraiment, quelle est l’alternative la plus séduisante à vivre, entre un train miné dans lequel se trouve la délicieuse Michelle Monaghan et un centre militaire austère commandé par un scientifique fat et irritable (Jeffrey Wright) et une capitaine très carrée (Vera Farmiga).

Mélange habile et amusant d’Un jour sans fin (Groundhog Day), Code Quantum (Quantum Leap – on notera la brève participation de Scott Bakula, héros de la série, ici père de Stevens), Twilight Zone et toute proportion gardée Hitchcock (North by Northwest) et Trumbo (Johnny Got His Gun), Source Code est un thriller romantique malin, tendu et souvent drôle puisque le scénario, bien construit, prend en considération ses carences et (parfois) ses absurdités pour donner à ses protagonistes des répliques  permettant par une pirouette de faire passer une pilule quelques fois énorme. A la différence de Bill Murray, qui vivait pleinement sa journée de la marmotte, Jake Gyllenhaal apparaît plus comme un joueur qui échoue partie après partie à un niveau difficile, mais qui au fil du temps, en vient à se demander s’il n’est pas lui-même partie d’une simulation plus vaste encore. Le discret travail de Jones sur la répétition, l’enfermement, le libre-arbitre et l’identité est intéressant et permet à ce blockbuster souvent invraisemblable de prendre une dimension et une consistance qui fait momentanément oublier les inconsistances de l’histoire pour offrir un savoureux petit plaisir estival.

En résumé : Un soldat américain est chargé de découvrir l’identité d’un poseur de bombes. Le problème est qu’il doit voyager dans le temps pour le faire et qu’il n’a que huit minutes à chaque essai – que de stress –  mais on s’amuse bien!

The scenario to Duncan Jones’ thriller Source Code is something of a mash-up between Groundhog Day and Quantum Leap, with a side serving of The Matrix. Jake Gyllenhall plays US soldier Colter Stevens, who suddenly finds himself in another man’s body, on a train, being praised for the quality of advice he can’t remember having given by an attactive women he never met, Christina (Michelle Monaghan). And then the train blows up. He comes to in a weird time capsule, and is sent, over and over, to go back over the same events until he can figure out who the bomber is. He also has just eight minutes to act, as he’s in some kind of quantum contraption, living  the last minutes of people who are already dead.

Yesss…. So far, so morbid (and plausible). Vera Farmiga plays Colleen Goodwin, the tight-lipped supervisor who keeps sending him back into the same loop, under whose urging he gradually pieces together just what kind of plot he’s up against, all whilst falling for Christina. It is a guilty pleasure of a film: decently high-adrenaline, well played, and forgivably daft – because it’s well done, it’s not too much to ask to put all the implausibility to one side and to get sucked into the mini-dramas of the side stories and ‘suspects’ in the train – from a bitter comedian with an alcohol problem, to a hustler in shades who just has to finish his business deal, to a quiet geeky student in the corner… and a train loo with an ever-ticking device.

Half Man, Half Machine: what does it mean?

The ‘8 minutes’ permaloop works well and it’s overall well structured plotwise, with plenty of twists, theme park mini-roller coaster style. All while the train blows up countless times, I ended up happily rooting for the hero to somehow make his way out of this interminable maze he’s stuck in, while sniggering a little at some of the over-the-top lines that were delivered. The fact I was able to care at all was a great relief after the grating debacle of one of Jake Gyllenhall’s other recent cinematic forays in Brothers. As Monsieur D. has said, we probably only saw this because it was a slow cinema week, but there were no regrets, lots of enjoyable moments and only a few smirks.

Leave a comment

Filed under Action, Romance, Sci-fi, Thriller

Rango

In a nutshell: A chameleon accidentally becomes Dirt’s new sheriff. He has to investigate the city’s water problems and will solve them by being inspired by the Spirit of the West. It should be “YAY” but is only “yawn”.

Un caméléon (Depp) neurasthénique tente de survivre à l’ennui dans son terrarium en s’inventant mille vies et se considérant comme un acteur. Un accident de parcours le propulse à son corps défendant en plein coeur du désert du Mojave où il finit par trouver une ville, Dirt, si misérable que les légendes de l’Ouest y sont bien vivantes. Ayant besoin d’espoir, les habitants trouvent chez ce caméléon menteur compulsif un nouveau shérif. Et Rango, acceptant la charge, de s’inscrire à son tour dans l’Histoire de l’Ouest américain. Plutôt récit initiatique qu’aventures comiques, le héros se découvre lui-même tandis qu’il résout les énigmes et dangers auxquels “sa” ville doit faire face.

De quoi fulminer car ce film promettait ...

Johnny Depp dans un western, c’est tentant, mais si l’acteur donne de la voix, le silence du désert écrase tout et Rango est aussi stérile que les champs de “Dirt”, ville aride, asséchée par les manigances vicieuses et criminelles de son maire (Ned Beatty). Gore Verbinski s’emploie à construire un pastiche subtil et riche en références mais pour le divertissement ses efforts restent vains. Les rires sont rares et incapables de choisir s’il fait un film pour adultes ou enfants il ne réussit qu’à ennuyer les deux. Certes l’animation est superbe, certaines scènes très réussies, et les hommages aux classiques si nombreux que Tarantino pourrait en faire un malaise de jalousie mais pour un récit morne et téléphoné scandé par les accords assommant d’un Hans Zimmer loin du souffle d’un Morricone, pourtant peu connu pour sa légèreté.

Opportuniste et assez factice, ce film d’animation se laisse voir, se fait apprécier parfois par ses clins d’oeil (de Las Vegas Parano ou Apocalypse Now à Terminator 2 ou Deliverance en passant par toute la crème du Western), ou par le choeur tragique des hiboux mariachis mais laisse ô combien sur sa faim. Jamais le metteur en scène ne s’approprie ce riche univers, jamais il ne profite de l’animalité de ses protagonistes dont la forme n’est qu’un prétexte à étaler les hommages aux grandes figures du genre. Bill Nighy ou Isla Fisher ont beau faire de leur mieux, l’héritage est trop lourd et Rango fait plus bailler que vibrer.

En résumé : Un caméléon mythomane se perd dans le désert, ainsi que nos espoirs d’un bon moment cinématographique.

And now for another animation starting with an R – but a very different beast. For starters, instead of the parrot protagonist of Rio, we have a chameleon: Rango (voice of Johnny Depp). And we’re in the Mojave desert. Rango is a lonesome pet who uses the props in his cage as characters in his own plays, and is tossed from his owners’ car while they’re driving through the desert.  Serenaded by some of the most morbid (but cutest) owls ever, he makes his way to the water-parched Old West town of Dirt, populated by a crew of threatening beasts he manages to win over by lying to them about a heroic past and somehow slaying a hawk. And then he’s made Sheriff! Except it soon becomes apparent that it’s a cursed job, and that the town’s mayor (Ned Beatty) is more than a little shifty, and that if they don’t get some water soon, they’re all going to die.

Owls of doom

This is an animation that takes itself Seriously. Its soundtrack tweedles and whines spookily, and the dust rattles across the plains. Corruption and baseness claw out at the viewer at every turn. Knowing pastiche references to Westerns abound, and never, Never would the scenario be caught dead stooping to anything easy or clichéd… sadly though, it  forgets not to be really heavy about it. It won’t let you forget one minute how hard, how absurd, how alone we all are in this world and how the dust swirls around our miserable, vulnerable bodies and there is no hope and even if there were, someone would steal it away from you, so let’s twang guitars and twirl our moustaches. It seems proud of the fact it’s lured you into the cinema with the promise of masterful animation (which it visually delivers), and then proceeds to bore you to death by interrogating every prejudice you may have had about what animation Can or Can’t Do.

Fine. But it’s pretty dry stuff, and would have been far better as a short feature lasting twenty minutes or so, without the half-hearted adventure elements they throw in because, sadly, they don’t quite dare to do what they felt like, which is visual poetry, dropping any semblance of a linear narrative at all. It slouches, and the characters are too weird to want to hang around for very long. After the initial thirty minutes or so, it all left me wanting to back away slowly.

1 Comment

Filed under Animation, Comedy, Western

Rio

In a nutshell: “Blu”, smuggled when a chick in Minnesota, adopted by a kind owner, is brought back as an adult macaw to Rio, where he will try to find love and will hope to learn how to fly. Both will prove arduous, to our greatest joy. Formulaic, yes! But a very sunny, funny and musical animation.

Si les réactions de Miss J. sont un étalon du succès public d’un film, Rio de Carlos Saldanha va s’imposer comme la grande réussite de 2011, les records du box office mondial vont trembler. Les aventures de Blu (Jesse Eisenberg), sympathique et sédentaire ara bleu, propulsé de sa librairie paumée du Minnesota, avec Linda son aimable propriétaire et bouquiniste, à Rio, dans la fascinante et tumultueuse métropole brésilienne correspond à la plume près au film-formule. La logique serait donc à une appréciation paresseuse, à déplorer un manque d’originalité marqué, à s’attrister des abus de bons sentiments propre à ce genre de production.

Sauf que …

Sauf qu'on ne peut qu'aimer Rio.

Tout est réussi. L’animation est extrêmement soignée, la distribution des voix impeccablement choisie, Anne Hathaway fait une femelle perroquet énergique, séduisante et futée, Will. I. Am. et Jamie Foxx sont brillants et drôles en petits oiseaux cariocas, Tracy Jordan parfait en bouledogue attardé et affectueux, et je ne suis qu’enthousiasme devant la prestation de Jermaine Clement, qui fait l’un des plus attachants méchants de  films grand public. Qu’il soit un Ninja du Tonga ou un membre des indispensables Flight of the Conchords, ce Néo-Zélandais assure! La partition musicale est à la hauteur du reste et les percussions de Carlinhos Brown ne vous laisseront pas de marbre. Une (très) jeune cousine mienne peut entamer la danse des perroquets avec concentration et passion sur (ou sans) demande (et, je pense, que Miss J. aussi).

Alors oui, c’est une recette, oui, tous les personnages sont dans la norme, oui, l’histoire, et notamment la double romance, est mille fois vue et plutôt mièvre, mais chaque ingrédient est de si bonne qualité, que le résultat comble, voire grise. Sur un rythme entrainant de carnaval, dans une symphonie chatoyante de chansons, d’actions et d’humour, on est diverti et bien. Très tentant en conséquence de suivre les conseils de Raphaël, le toucan, de laisser son cerveau au vestiaire, d’écouter son coeur et de s’envoler, ébouriffé, dans Rio. Ce n’est pas Miss J. qui me contredira.

En résumé : Un film d’animation racontant les mésaventures d’un ara qui ne sait pas voler. On ne peut plus classique dans le meilleur sens du terme : c’est drôle, visuellement éblouissant, ce dessin animé fait du bien.

On the face of it, Carlos Saldanha’s  Rio was going to be just another animation – albeit I’m all for those, especially when it’s by the makers of Ice Age. But when people who don’t usually go for animation started raving about it, I ratcheted Rio to near the top of my ‘want to see’ list, and off we went, Monsieur D., myself and dear Madame T., having been thwarted by a sold-out avant-premier of Inspector Dee and the Case of the Missing Plot (or something – to be reviewed under its proper title shortly).

It was in 3D (yawn), so it was a relief to find that a) it was ‘only’ a 1 Euro supplement and b) the usual Stevie Wonder-style heavy red glasses had been replaced by a more Elton John-style, lighter, ‘take home’ pair, which have been lurking in my bag ever since. It began, of course, with the obligatory ‘whoosh-in-your-face’ 3D advertisements for various forms of sugary snacks, and we duly grumbled that so far, 3D pre-film advertisements have far outstripped actual films in using the full potential of actually getting ‘in your face’.

Rio then began, and with it an avalanche of comedy, music, bright colours and an actual decent storyline, in the sense that you could care about what happens to everyone. A blue macaw, Blu (voice of Jesse Eisenberg) is stolen from the rainforests of Rio and ends up rescued in Minnesota by Linda (Lesley Mann), where they grow up happily together in geekdom, until Tulio, a researcher from Brazil, lures them back to Brazil for Blu to try and mate with Jewel (Anne Hathaway), they being the last of their species. Poor Blu can’t fly, and is mortified about it, although a dab hand at using public transport and other alternatives instead.

Wheels, not wings

So much for the set-up: a comedy gang of criminals in possession of an evil bird called Nigel (Jermaine Clement), who has the best ‘bad guy’ song in history, then steal the birds and so begins a lengthy chase across town, peppered with gags, adventures, carnival sounds and swooshtastic 3D visuals. While there’s nothing classically ‘original’ about any of it – it’s in many ways as formulaic as it gets – it ticks absolutely every box for a quality animation, and is spectacularly professionally carried off, conveying love and enthusiasm for the medium, while working every detail to perfection.

The beaches and mountains of beautiful Rio don’t hurt; nor do the very decently put together soundtrack (led by Brazilian musician Carlinhos Brown), and the stellar performances of the actors, including Jamie Foxx and Will.i.am as sidekick supporter birds, and Tracy Morgan as an uncontrollably drooling bulldog: “it’s a medical condition!!” (Cf. 30 Rock). A bunch of deranged thieving monkeys also add to the fun. Unlike, for instance, Kung Fu Panda, which delivered on the visuals and slumped with the storyline, here, everything sizzles along… a feel-good movie in the finest vintage, that manages to capture some of the carnival spirit of Rio.

1 Comment

Filed under Animation, Comedy

Tomboy

In a nutshell: A lovely family moves to a new place, their lovely older daughter passes herself off as a boy with the neighbourhood kids, helped in her plan by her lovely younger sister. School will start again, soon, this can’t last. A bit long, but, you guessed it, lovely.

Voilà un film tout doux et tout tendre qui réinvestit l’idée de Jules Renard : “un garçon manqué fait une fille très réussie”. Ici un garçon manqué (Tomboy) fait un film plutôt réussi. Céline Sciamma poursuit après La Naissance des Pieuvres son exploration du monde de l’enfance et de l’adolescence et l’éveil de son identité, de son genre.

Filmant avec dilection et distance son héroïne, Zoé Héran, magnifique de finesse et d’ambivalence, dans un quotidien apaisé, une famille aimante, un environnement pacifique et ensoleillé, la réalisatrice tente de démontrer dans un premier temps l’ambiguïté du sexe social. L’enfant est androgyne et n’est dans ses actions ni particulièrement virile ni tellement féminine, sans que cela pose de problèmes particuliers. La seconde partie du film offre un léger suspense puisque Laure, prise pour un  garçon par les enfants du quartier, se présente alors comme Mickaël et espère ne pas se faire confondre dans une suite d’activités de plus en plus sexuées, jusqu’à l’ébauche d’une première histoire d’amour avec la charmante Lisa (Jeanne Disson). La rentrée en CM2 risque de tout compliquer et l’évidence s’impose, tout ceci se terminera dans les pleurs. Préférant la fable, l’affection et la tolérance, Céline Sciamma finit de manière optimiste et charmante cette jolie chronique d’été préférant l’épanouissement et l’innocence à la dureté ou à la cruauté.

Les défis du monokini

Ni explicatif, ni (très) moralisateur, le film marque par la justesse des enfants tous naturels et charmants, avec une mention particulière à la toute jeune Malonn Lévana, en petite soeur craquante et complice. Le respect de la réalisatrice pour ses acteurs lui permet d’exposer assez prosaïquement les deux univers de l’enfant, la cellule familiale ombragée, l’appartement, où Laure trouve beaucoup d’amour, de sécurité mais pas la liberté qu’elle souhaite, et l’extérieur, solaire, ludique, où Mickaël, toujours dans la crainte d’être découvert vit intensément son été.

Délicate et pudique la caméra, naturaliste, s’attarde sur les visages, les silences, les détails sensuels du quotidiens, parfois longuement. Délibérément dépouillé le film, sans musique (hormis celle qui liera par la danse Mickaël/Laure et Lisa), sans effets, sans psychologisme, se concentre sur les actions de son héroïne, oubliant les enjeux dramatiques de ceux et celles qui l’entourent. Cela amène  à un étirement des scènes qui font penser que les qualités évidentes de ce long métrage d’une heure vingt auraient peut-être été encore mieux mises en valeur dans un moyen métrage d’une quarantaine de minutes sensibles et gaies.

En résumé : Un drame sobre et bien joué sur une petite fille ‘garçon manqué’ qui se présente comme garçon aux jeunes de son quartier après un déménagement; ses nouveaux copains apprécient moyennement. 

Céline Sciamma’s film Tomboy has attracted accolades along the lines of ‘thundering, earth-shaking, life-changing, searingly powerful’ and the almost unanimous swooning of the critics. I wasn’t especially aware of the adulation before I went to see it, but I’d thought it looked like an interesting idea. Zoé Héran plays a roughly 10-year-old girl tomboy called Laure, who after moving house with her parents and her sweet and very girly little sister, finds herself passing herself off as boy, ‘Mickaël’.

Cue an increasingly complicated web of falsehoods… after the initial delight of playing football with the lads and hanging out chez new friend Lisa (Jeanne Desson), come swimsuit chopping-up and playdough prosthetics, and first kisses… and the skin-crawling inevitability of it all unravelling (will the swimsuit hold?!). There was a horrible sense of impending doom for the hurt and confusion that presumably lay ahead, and Laure’s big innocent eyes really heightened that ‘lamb to the slaughter’ feeling.

A hit with the ladies

While everything remains understated and in many ways dedramatised, the momentum of the discovery of her deceit is still painful to watch, as she ends up ‘on trial’ under the hostile gazes of the others. The mother’s shock of discovery sends her into a rage, dragging Laure off in a dress to confess. This shocked me with its brutality and I felt that she failed to take her daughter’s feelings into account by actually listening, first, to what she may or may not have been going through. To me this seemed a case of someone who feels like a boy trapped in a girl’s body, and if that’s the case, then the big loud message is that not even her parents are prepared to take the time to listen properly to what she’s going through.

That said, it all seems to end reasonably well (rather surprisingly well in fact, and in my mind a more pessimistic version played out unimpeded). The film has a sober and leisurely pace, leaving lots of time to project your own mental cinema onto what’s going on. The children’s performances are excellent and Laure’s sister Jeanne (Malonn Lévanna) straight out heart-melting. It didn’t leave me swooning to quite the degree of its besotted admirers in the press, but its questions of belonging and identity in the strange liminal zone of pre-adulthood made for a thoughtful, sensitive, if sometimes dragging-its-heels drama.

1 Comment

Filed under Comedy, Drama

Paul

In a nutshell: Two British geeks suddenly find out during their vacation near Area 51 that the science they love might not be that fictional and E.T. is less alien than the cops trying to catch him. Mildly funny.

Après avoir rendu hommage aux films de zombies (Shaun of the Dead) et aux films d’action policiers (Hot Fuzz), le duo britannique, Frost (le gros) et Pegg (le petit), s’attaque à la science fiction. Pour mettre toutes les chances de leur côté, ils ont confié la réalisation au talentueux Greg Mottola qui a pu transformer des scénarios parfois lourds en jolis bijoux tels Adventureland ou le très réussi Supergrave. Mais Mottola peine ici et malgré ses efforts, le résultat est mitigé et Paul n’aura sans doute pas la postérité de son illustre homonyme chrétien.

Pegg et Frost, grands gamins exceptionnels

Graeme (Simon Pegg) et Clive (Nick Frost) sont plus que des amateurs, ce sont des fans de science-fiction, et décidés à nourrir leur passion, ils partent pour un voyage dans les hauts lieux de l’ufologie états-unienne. A leur surprise, ils découvrent que les extraterrestres existent vraiment, un en tout cas, Paul (Seth Rogen), et que celui-ci est poursuivi par le gouvernement américain décidé à se débarrasser de lui après 60 ans de loyaux services, de collaboration et d’enseignement sur la vie extraterrestre. Nos deux braves Anglais décident de lui  porter secours et leur “road trip” se transforme alors en poursuite échevelée.

Cette longue course donne l’occasion à nos héros de décliner en une suite de scènettes plus ou moins achevées ou drôles tous les thèmes des films de science-fiction, faisant référence avec plus ou moins de bonheur aux grands classiques du genre. On sourit, on rit même çà et là, mais la force comique ou burlesque de ces artistes talentueux – ajoutons au précités Frost, Pegg et Rogen, Jason Bateman, Bill Hader et Kristen Wiig percutants – s’essouffle vite. On appréciera néanmoins les piques contre les créationnistes, les apparitions ou participations fugaces d’un certain nombre d’icônes du genre et la volonté du réalisateur de servir avec fluidité l’énergie de ses acteurs. On regrettera que la soucoupe de Paul ne décolle jamais bien haut, qu’elle plane plus qu’elle ne vole et que parfois on se demande où est la tasse. On espérait mieux et on se retrouve avec une Roswellerie potache distrayante mais un peu fatiguée.

En résumé : Un extraterrestre immature adopte des britanniques ados attardés. S’ensuivent amitié, aventure, rencontres variées, parfois religieuses, quelques fois  drôles. 

Paul is a kind of tribute sci-fi comedy movie, featuring an alien who likes to scratch his butt. Simon Pegg and Nick Frost wrote and star in it, and it’s a toothless grin of a production by a couple of Brits who’ve had to drop half of their slang and pronounce their vowels differently to be more accessible to a wider audience. It reminds me a bit of Ricky Gervais in The Invention of Lying – still British, but not to a British audience. Which is, I suppose, fine (sulk), but sometimes they seem to be taking the piss and dumbing themselves down.

Pegg and Frost play Graeme Willy and Clive Gollings, two British sci-fi and comic fans who head over to the US for Comic-Con, have a blast, and then head off in a dilapidated camper van for a tour of the US’ multiple UFO sites. They get more than they bargained for when an alien on the run (Paul) adopts them, who has Seth Rogen’s voice and persona from his various other wooah-help-me-get-laid comedy flicks. They meet a fundamentalist Christian girl, Ruth Buggs, in a campsite and add her to the group, and she is eventually glad to be freed from the malevolent influence of her gentle and tolerant father Moses.

For a proper English accent, imagine having a hot potato in your mouth ...

This is a movie that keeps sliding towards the unwatchable, but then redeems itself just in time, over and over again until the credits roll. I wondered if there hadn’t been some kind of constant battle with the producers over where it was all going, with all this comic genius sputtering under the surface, but where fears of putting off the biggest possible audience kept squishing things down. Or perhaps it was the opposite, with some careful outside crafting being what saved it all from the land of abject puerility comedy.

Either way it was watchable, fun, a dapper pastiche of various alien-related films of the likes of E.T., and which has ‘market demographic’ written all over it. There are a few highly welcome, vaguely taboo-breaking subversive forays out of the formulaic box to keep it going, though, and it’s so high-energy it eventually beats you down into submission. But it definitely left me wanting something more, and it wasn’t more of aliens on the lash with their mates.

Leave a comment

Filed under Comedy, Sci-fi

Les femmes du 6e étage

In a nutshell: A sweet French comedy about immigration, assimilation and the joy of being taught a foreign language by a beautiful woman.

Il faut une volonté de fer pour tenir un blog sur la durée et plus le temps passe plus je suis impressionné par la blogosphère et celles et ceux qui réussissent à tenir le rythme avec constance, parce que, c’est sûr le fer, ça rouille. Revenons avec retard sur la délicate comédie populaire de Philippe Le Guay retrouvant pour la 3ème fois Fabrice Luchini après les moins achevées L’Année Juliette et Le Coût de la Vie.

Agent de change endormi par une routine professionnelle et familiale, Jean-Louis Joubert (Luchini dans un rôle taillé pour lui) retrouve humanité, désir, gourmandise et joie de vivre au contact des bonnes espagnoles déferlant sur la France au début des années 1960. Fable sociale un brin mélancolique, joliment tendre, Les Femmes du 6ème étage expose avec optimisme les difficultés des nouvelles immigrantes, l’assimilation complexe des codes de la bourgeoisie française et d’une société de classes rigide, la dureté de l’exil. Malgré cet ensemble de thèmes, plutôt pesants, audacieux à traiter en finesse, le film échappe aux écueils de ce genre de projet. Et si la fin assez niaise entache la partition d’un romantisme fade, un rien forcé, c’est avec bonheur que le spectateur suit l’éveil social de Joubert tandis qu’il découvre avec étonnement l’existence de ces émigrées remisées dans les combles.

Luchini tout fiévreux d'être dans une comédie populaire plutôt réussie.

Même si Le Guay n’hésite pas devant les clichés, le choix de sa distribution est si pertinent que les facilités “castagnettes, flamenco et paella” lui sont tout pardonnées. Il sert à ses Espagnoles des dialogues et des situations enlevées que ses actrices (Carmen Maura superbe, Natalia Verbeke, délicieuse) s’approprient avec énergie et fantaisie. Et les bourgeois un peu rances sont bousculés avec tant de gentillesse que leur ridicule en devient touchant. L’épouse vaine de Joubert, jouée remarquablement par Sandrine Kiberlain, finit par émouvoir en dépit de son suivisme sot, et de la vacuité que lui impose son quotidien. La critique est douce, cette France une utopie et l’histoire de ces bonnes un conte de fée, mais il est parfois bien plaisant de s’offrir  un généreux turròn, un peu sucré, mais réconfortant.

En résumé : Une comédie où un Parisien s’aperçoit qu’il préfère la compagnie des femmes joyeuses du 6e étage de son bâtiment aux ennuyeux de son étage habituel. Il devient un peu obsessionnel, mais au moins il découvre les joies de l’apprentissage d’une langue étrangère.

Philippe Le Guay’s Les femmes du sixième étage beckoned to us like a juicy Sunday roast. But would it hit the comedy sweet spot, or sputter out into over-earnestness or awkward tweeness? As is so often the case, the film came with one of those bande annonces that gave away most of the plot in advance. It’s a hearty storyline, fit to burst at the seams in fact, with Parisian Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini) fleeing his stilted existence by befriending the Spanish maids of the sixth floor of his building, to the point of camping out there, oblivious to the ensuing awkwardness. Sandrine Kiberlain plays his wife Suzanne, expertly hamming up her role of languishing housewife on a strict diet of bridge and cocktail parties.

Getting a tea party headache

Jean-Louis gets drawn into the far more robust world of the Spanish maids through Maria (Natalia Verbeke), his family’s new maid (apparently Bretons are ‘out’, while Spaniards are ‘in’). And together they all sing, dance and bask in the warm glow only an honest hard day’s work can bring – or something. Except it’s more complicated than that, because he’s the boss, and they are the ones who clean up his family’s mess. And the maid’s toilets are blocked, nobody cares, and the Parisians treat their Spanish maids like second-class citizens, something to which Jean-Louis awakes with the jolt of the hopelessly oblivious.

It all blends together very well thanks to the sincerity of the performances, and the clear efforts to try and bring some sense of balance to a film that could have buckled under the sheer weight of a number of worn-out tropes. The main body of the film, encased though it is in period costume drama stiffness, is multi-dimensional, plausible and consistently witty. What could have been creaky or stale was knowing and vivacious, and time passed briskly thanks to the bright energy of it all. Sadly, that doesn’t quite extend to the end of the film, which scrambled for 100% closure and fell face-first into the syrup.

Leave a comment

Filed under Comedy, Historique

The Adjustment Bureau

In a nutshell: This movie was unfortunately left too soon by the “adjustment bureau”. After an interesting first half and a decent start of a thriller,  the second half is an emollient romantic let down. Too bad for Damon, at the top of his game.

Matt Damon serait-il le grand acteur américain de sa génération? On en viendrait à le croire tant il s’améliore année après année et convainc, quel que soit son rôle, que les films dans lesquels il joue soient bons ou médiocres. The Adjusment Bureau (l’Agence) fait malheureusement plutôt partie du second groupe, même si la première partie du film promettait beaucoup.

Première réalisation de George Nolfi, également scénariste de l’oeuvre, The Adjustment Bureau est une adaptation lénifiante d’une nouvelle de Philip K. Dick, The Adjustment Team. David Norris (Damon, crédible même quand il ouvre une porte, même s’il passe surtout son temps à ouvrir des portes) perd les élections sénatoriales auxquelles il se présentait pour la première fois. Alors qu’il tente de trouver les mots justes avant de faire face à la presse, il rencontre une femme délurée et séduisante (Emily Blunt) qui l’encourage à être plus original et honnête. Transformé par cette rencontre, Norris improvise un discours qui fait alors de lui le favori pour les élections suivantes, celles de 2010.

Des agents qui travaillent du chapeau ?

Cette rencontre était-elle inopinée ou organisée par une mystérieuse organisation d’hommes à chapeaux? Bien vite, Norris s’apercevra que des forces discrètes mais attentives (magnifique Terrence Stamp) nous manipulent pour nous amener à suivre au plus près un plan mystérieux. Celui-ci promet bien du bonheur au politicien mais le sacrifice de ne plus jamais revoir la belle inconnue dont il est tombé amoureux fou. Il se révolte alors contre cette “agence” et son destin et fait tout pour retrouver la belle …

Hésitant entre le thriller paranoïaque et la comédie romantique, Nolfi crée un New York assez beau mais aseptisé et quelque peu mièvre. Autant il est attrayant de voir un film ou la conspiration, le complot et la résolution de celui-ci se font sans coups de feu, ni réelles violences, les “agents” sont bien plus des bureaucrates en mission que de maléfiques espions, autant il est agaçant de voir la tension se diluer dans les amours molles de Blunt et Damon. Le personnage féminin, une danseuse contemporaine, est si peu étoffé qu’en dépit des efforts méritoires de Mlle Blunt, on comprend mal les raisons qui poussent David Norris à préférer son joli sourire et ses entrechats à une carrière qui, selon toute vraisemblance, ferait de lui un acteur central du mieux être de l’humanité (rien que ça). Et l’inquiète question philosophique de la prédestination et de la liberté se noie alors dans une eau de rose égotiste.

Leave a comment

Filed under Romance, Sci-fi, Thriller

Sucker Punch

En résumé : Que penser quand on choisit un film sur les qualités titillantes de ses affiches et que l’on découvre que derrière le cosmétique il y aurait même un film discrètement profond? Mr. J.A. n’en revient toujours pas et livre ici son analyse.

OK, I’ll admit it: I was sold on going to see Sucker Punch on the basis of the promo poster alone. On display were pretty girls with samurai swords and guns, mecha, biplanes, explosions, and even a fire-breathing dragon (yes, a fire frickin’ breathin’ dragon!). Said poster was not nearly as persuasive to my wife, who informed that Sucker Punch was a film I would have to see with one of my man-friends. I even feigned certitude that the script would be of Shakespearean quality—it would have to be in order to incorporate so many distinct fantasy-genres into one presentation.

And I was pleasantly surprised to discover that I was right.

Forget what you may have heard already. Sucker Punch stands out with a highly original script, in comparison to the typical Hollywood action movie. It’s not a superhero movie. It’s not a re-boot of a franchise that are all too common now, à la Superman, Spiderman, Batman, Star Trek, Terminator, Scream, Friday the 13th, etc. It’s not based on a graphic novel or a videogame (sadly, it doesn’t even have a videogame tie-in). I’ve honestly never seen a movie quite like it.

Shakespeare also never saw anything quite like this

Notably, the lead character and most of the main characters are female. The film opens with a scene in which it’s implied that our protagonist and her younger sister are victims of chronic sexual abuse by their step-father. When she stands up to him, he has her committed to an insane asylum and arranges with the staff to have her lobotomized so as to make her unable to later report the abuse. Not exactly your typical premise for an action movie.

Things seem to be going from bad to worse (to completely down the toilet) for our heroine as we see her forcibly strapped to a chair awaiting her surgery, and this is where the film really starts to get interesting. In the instant preceding the piercing of her frontal lobe, she dissociates, escaping into a fantasy world in which she is not in an asylum, but rather a bordello, and she and the other residents are not patients, but dancers captive to their ruthless and abusive manager/pimp. From a psychological perspective, this seems like a vaguely plausible turn of the events, as it borrows from current understanding of dissociative identity disorder (previously referred to as multiple personality disorder). As she cannot physically escape from the men in her life, be they her abusive step-father, the police who won’t protect her, the asylum staff who would exploit her, or the surgeon about to deliver a brain injury, she does so by pretending this is all not happening.

A strong case for dissociative identity disorder

Even in her bordello fantasy world, she is being forced to dance, and she does this by dissociating further, in a manner reminiscent of Inception, to a fantasy-within-a-fantasy world in which the dancers (complete with appropriately stripper-themed monikers such as, “Babydoll,” “Blondie,” and, “Sweet Pea”) are in fact a squad of military crack- commandos on a quest to obtain the items that will provide the means of their parallel escape from the bordello/asylum. And this uber-fantasy world is how it comes to be that scantily clad women in high-heel boots can take on minigun/RPG-toting giant samurai, WWI German clockwork zombie soldiers, space robots, Lord of the Rings-style orcs and the above-mentioned fire-breathing dragon.

Alas, there was no nudity in this PG-13 rated adventure. Even when “Babydoll” is dancing, we don’t get to see it, because she’s now busy kicking ass (she’s dissociating, remember?). But then that’s the whole introspective point of this endeavour: as the male voyeur, I’m the same as all of the male characters on screen in that it is as a consequence of male lust that our heroine is made to struggle and suffer.

For those who enjoy their action films with a heavy dose of thought-provoking, dark and mature themes, Sucker Punch does not disappoint.

In a nutshell: A sucker punch is usually a blow made without warning. Sucker Punch has indeed been marketed to be a hit, the surprise lay in the storyline, way more “adult” and dark than what could be expected in this epic action fantasy.

Abandonné par son épouse aux portes du cinéma, Mr. J.A. recherchait un ami avec lequel partager les nouvelles inventions visuelles de Zack Snyder dont les réalisations précédentes (300 ou The Watchmen) avaient pu impressionner par leurs qualités cosmétiques. Je me devais donc de l’accompagner. Seul. L’affiche et la bande annonce ne convainquaient pas Miss J., restant peu sensible à cet univers d’adolescents. Admettons d’ailleurs qu’il est difficile d’imaginer qu’un film mêlant jeunes filles en jupettes, samouraïs géants, soldats allemands-zombies, dragons et robots soient autre chose qu’un festival régressif, éventuellement jouissif, de scènes d’action racoleuses.

Régressif; jouissif; racoleur.

Le résultat proposé est étonnant car le film correspond tout à fait à l’impression première d’un produit léché défini pour être consommé puis dérivé en une multitude de gadgets, jeux vidéos en tête. Il est surprenant qu’une adaptation pour console ne soit pas déjà en magasin et il est parfois agaçant de suivre l’héroïne et ses comparses dans des scènes qui semblent n’avoir été créées que pour les “gamers” les plus enthousiastes, beaucoup moins pour les cinéphiles. Les dialogues sont souvent plats, les protagonistes peu développés, certains acteurs à la limite du ridicule (baisers à Carla Gugino, dont l’accent polonais est aussi convaincant que l’accent africain de Michel Leeb). Alors, un navet? Pas si simple.

Zach Snyder garde, d’une part, un talent (pompier) certain pour la mise en image et il réussit toujours en quelques scènes à lier esthétique et efficacité narrative. Les premières minutes du film que vous trouverez ci-après vous le démontreront. Le scénario est d’autre part original et bien plus profond et noir que ce que ce genre tolère.

Quand Snyder rêve, ce nest jamais à moitié

Expérimentant toujours tant, en virtuose, avec l’image que, plus maladroitement, avec les sentiments d’angoisses et de culpabilité, Snyder expose le monde intérieur d’une jeune fille (Babydoll – Emily Browning), enfermée en asile psychiatrique par un beau-père abusif. Condamnée à être lobotomisée, Babydoll imagine un plan qui pourrait la mener à la liberté. Ce pouvoir de l’imagination, de l’auto-persuasion et de la mise en abîme dont raffolent les cinéastes ces derniers temps (Inception, Black Swan, Shutter Island, Lovely Bones) est habilement exploité par le réalisateur qui présente un nouvel univers, un nouveau film à chaque rêve emboité dans le précédent. Le drame familial et hospitalier horrifique se transforme en comédie musicale et thriller sexy qui à son tour s’ouvre sur de mémorables scènes d’action dans divers mondes entre fantastique et science-fiction (voir les samouraïs et dragons), le tout ressemblant à un jeu vidéo post-moderne entre fétichisme soft et féminisme pop.

Cette superposition ironique d’univers et le sérieux des thèmes esquissés donnent au film un côté inabouti, bancal mais également un charme baroque et une séduction troublante à des personnages pourtant plus silhouettes pixellisées que héroïnes incarnées. Et c’est empli de réflexions que l’on ressort du cinéma, intrigué, presque conquis.

1 Comment

Filed under Action, Aventure, Drama, Fantasy, Sci-fi

Black Swan

En résume: un film d’épouvante psychologique où la folie guette quand on tient à exceller à tout prix, au milieu du ballet comme dans la vie tout court. Et ça va saigner.

Tchaikovsky’s Swan Lake has been having a busy run of it lately. It was used to spine-tingling effect (or nauseatingly, depending on one’s disposition) in Des Hommes et des dieux. Darren Aronofsky’s dark psychological horror film Black Swan takes things a step further by incorporating this beautiful, if overexposed, musical masterpiece into the fabric of a whole film. Monsieur D. decided to pass on this one, and I couldn’t blame him. Various friends and family of sound mind and disposition had watched it with a mixture of repulsion/yikes/oh-dear, but others had at least found it worthy of the time of day, or plain enthused about it. So I was curious. It was worth the effort, delivering what felt like a slamming indictment of some of contemporary society’s more crushing pressures. The music took me back to childhood happiness (twirling around to Swan Lake, blissfully unaware of the schoolyard confusion that awaited me for my abject ignorance of any popular music whatsoever). The film duly overlaid such memories with painful images of horribly mutilated, bleeding body parts all contorted up in the name of perfection.

Natalie Portman plays Nina, a technically irreproachable but emotionally anaemic ballet dancer in the New York Ballet Company. She lives with her intense mother Erica (Barbara Hershey) who – healthily enough – had been set to become a famous ballet dancer herself but fallen pregnant with Nina, and who is enough to make anyone feel a tad on edge. Audition time comes around, and sleazy ballet director alpha-megalomaniac Thomas (Vincent Cassel) is on the prowl for a new star to revive the ballet’s flagging ticket sales. Nina is clearly perfect for the role of the virginal white swan, but a dubious prospect as the black swan, who’s supposed to seduce everyone in sight, rather than make them feel concerned about whether she’s getting enough iron in her diet. Meanwhile a seriously seductive new rival, Lily (Mila Kunis), is smouldering in the wings ready to take her place. Poor Nina, who has never had much by way of a life outside ballet, and who grips onto the idea of perfection like a mollusc to a rock, melts down emotionally and physically under all this pressure. Cassel’s unorthodox coaching methods don’t help out much in keeping her sane.

And they told me ballet would be fun...

What particularly struck me was how brutal and unkind everyone around Nina in this film seemed to be (nor is Nina kind, for that matter). The dancers sneer, point and poke fun at their rivals. Thomas gets a massive power trip out of his dancers’ desperation for selection. There is little friendship, no one to truly trust. No sense of control other than the obsession of reaching for the top, with the certain knowledge of getting unceremoniously thrown on the scrap heap soon enough without a second glance. The beauty of the music and the dancing turn creepy and shrill next to all the scrambling, the bleeding toenails, the self-harm, the drive to push things beyond all tolerable levels in the quest for that ‘one’, presumably transcendent moment of perfection. It’s chilling stuff if you allow yourself to buy into the film’s various creaky premises, including its tenuous grip on the practical workings of the world of ballet. It continues The Wrestler’s explorations of waging war with one’s own limits of physical endurance, but was weaker overall; a bit overly crash-and-boom, Shutter Island style.

1 Comment

Filed under Cinema, Drama, Horror