Monthly Archives: June 2011

The Hangover 2

In a nutshell: The same three idiots, Alan, Stu and Phil,  from the Hangover wake up hazily with the younger brother of Stu’s bride missing. They need to find him not in Vegas but in the sultry streets of Bangkok so Stu can get married. This new setting transforms their silly fun into something more sordid, a kind of a neocolonial obtuse and insulting adventure. A very bad trip indeed.

Alors que devant le succès des mésaventures des trois fêtards, déjà 200 millions de dollars de recette, on annonce le tournage du n°3, à Amsterdam dit-on, le n°2 débarque sur nos écrans et fait un carton. La raison de ce succès m’échappe, et c’est peu de le dire. Autant le premier avait pu m’amuser par l’originalité transgressive de son argument : un enterrement de vie de garçon est transformé en enquête par les trois zozos ahuris qui retracent leur joyeuse nuit à Vegas pour retrouver Doug, leur ami perdu, l’indispensable fiancé. Autant ce second volet m’insupporte par sa sordide vulgarité, ses plaisanteries insipides et faussement provocantes et son manque total d’imagination.

Todd Phillips se montre incapable de proposer autre chose qu’une répétition poussive, à la scène près, des péripéties du premier épisode. Le lieu change, Bangkok plutôt que Las Vegas, le disparu n’est plus le marié mais le jeune frère de la mariée, l’animal enlevé à de dangereux individus n’est plus le tigre de Mike Tyson mais le singe de mafieux russes, etc. Et ce n’est pas tant la paresse d’un scénario indigent qui choque mais plutôt l’arrogance d’un réalisateur méprisant son public et le pays dans lequel il met en scène les provocations puériles et grotesques de ses protagonistes.

Effectivement, c'est à pleurer.

Si Las Vegas peut se prêter à n’être qu’un décors aux abus des héros, la Thaïlande ne se résume pas qu’à cela. L’imposition néocoloniale et je-m’en-foutiste de ces fêtards états-uniens, la transformation des rues de Bangkok en arrière plan exotique et de ses habitants en objets décoratifs pour les seuls besoins des héros choquent. Le refus de prendre en considération, même de manière minimale, la culture de l’autre, autrement que comme un pittoresque dont on peut se moquer, est à mon avis indigne.

Les malheureuses provocations, la recherche sans répit de moments chocs, bêtes et méchants, le carnavalesque revendiqué de l’ensemble n’ont pas été cette fois-ci une catharsis, une désacralisation hédoniste et gourmande des valeurs des classes moyennes américaines, mais la trivialisation malencontreuse des rares qualités des héros. Ne demeurent donc que trois abrutis rances, errant sans inspiration dans le sud-est asiatique, recréant sans surprise une nuit de débauche où leurs inventions inutiles déçoivent quand elle ne dégoûte pas tout simplement.

En résumé : Un film dénué de sensibilité et de vrai imagination comique, d’un grotesque paresseux et sans aucune originalité. A éviter.. 

We went to see Todd Phillip’s Very Bad Trip 2 (The Hangover 2) as the second lap of a mini film binge one evening, crossing Paris from Les Halles and the gentle uplifting delights of Le chat du rabin to Odéon, in mood for something silly and brainless.  But, good god, not THAT silly and brainless.  Opting for Very Bad Trip II proved the good mood killer of the century, at least for Monsieur D., who emerged despairing for the future of humanity, every one of his values trampled by the high-adrenaline, low-taste, lazy, uninspiring **** that spilled off the screen.

I hadn’t seen the first in the series, but apparently it was a little better. The general idea is a stag night that goes so insanely wrong, it all becomes Jackass-esque and you get to have a laugh at just how disastrous everything is. The first in the series was set in Las Vegas, but for this sequel the same hapless stag night guy (dentist Stu, played by Ed Holmes) is off to Thailand for his second stab at a wedding. Bangkok becomes the rent-a-backdrop for endless rounds of mayhem – dead bodies, a trail of destruction, the friends awaking the next day with no idea where on earth they are…

A film that creaks at the seams

It’s all as crass as it comes, but is unforgivably lazy in its use of Thailand as a backdrop, descending rapidly into the sordid without anything truly original or subversive to redeem it, brazenly cashing in on the original while bringing little new to the table. I at least hadn’t seen the original version so I enjoyed the randomness of the original ‘how did we get here’ gag, but soon grew tired of the sheer idiocy of the characterisation and the laziness of the humour. There was such raucous laughter and applause around us at the end though, that a further sequel looks depressingly likely – we’ll be giving that one a miss, for sure.

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Le chat du rabbin

In a nutshell: From the Rabbi’s cat to the Rabbi and his cat, Sfar’s second movie hesitates between stories and points of view. But let’s not be a real bag of cats or a sourpuss, even if at times clumsy this film is mostly charming and delightful.

Joann Sfar est un ambitieux. Il peut donc agacer par sa prodigalité et souvent son côté brouillon. Ses bandes dessinées sont trop régulièrement composées d’une case léchée suivie de trois qui dépassent à peine le croquis, et ce, planche après planche. Son annexion, parfois bien paresseuse, des grands classiques peut aussi irriter: philosophie, littérature, musique, peinture, nul ne lui échappe, ce qu’il rappelle en clin d’oeil au début de son film, dans le port d’Alger, où mouille le “Chagall”, paquebot russe d’où sortira l’un des héros du Chat du Rabbin. Reprenant trois des cinq albums (les 1,2 et 5) de sa série, Sfar ici ne se trompe pas et propose un joli conte chatoyant et théosophique.

Dans les années 1920, à Alger, le doux et tolérant rabbin Sfar (Maurice Bénichou) et sa gironde fille Zlabya (Hafsia Herzi) découvrent avec stupeur que leur chat étique après avoir dévoré un perroquet a de la parole et bien peu de morale. S’ensuivent péripéties philosophiques et aventures africaines, les premières parce que le chat (François Morel) voudrait faire sa Bar-Mitzvah, les secondes car un beau peintre russe réfugié (Sava Lolov) – trop de pogroms – convainc le rabbin et son cousin soufi (Fellag) d’aller à la recherche de la Jérusalem d’Afrique, la cité fondée par la 13e tribu d’Israël il y a tant d’années.

La Jérusalem d'Afrique c'est par là.

Sfar et Delesvaux, les deux réalisateurs, réussissent leur retranscription filmique de la bande dessinée. Le scénario reste fidèle au conte et interpelle alors que les croyances de chacun sont gentiment égratignées. La distribution vocale est très pertinente, les couleurs méditerranéennes enthousiasment, la musique arabo-andalouse ou jazzy est entraînante à souhait, la mise en image travaillée et pensée élimine tous les à peu près de l’oeuvre originelle : en somme, de la belle ouvrage.

Et pourtant Le Chat du Rabbin n’est pas tout-à-fait la merveille esquissée. Scénaristiquement, Sfar s’égare, il commence par raconter l’histoire du chat pour petit-à-petit s’en éloigner et se concentrer sur l’histoire de sa famille (celle du rabbin Sfar). Ainsi le chat d’acteur devient témoin et s’effondre alors avec lui la représentation à hauteur de félin du monde colonial et religieux de l’Algérie française. Cela entraîne des sautes de rythmes et l’enlisement d’une histoire qui légère et ironique se révèle alors assez didactique. Visuellement, on regrette que le film ne soit pas plus audacieux, comme il peut l’être dans son propre générique, et l’on ignore ce que la 3D était censée apporter tant son usage paraît si superficiel qu’il en est aberrant. Demeurent une excellente introduction au monde du félin, des scènettes très réussies et drôles (la séquence du pogrom et celle du reporter sont d’anthologie) et une réflexion sur la tolérance religieuse qui à défaut de convaincre ne nuira pas.

En résumé : Le deuxième film de Joann Sfar est bien meilleur que le premier, son rabbin étant plus touchant que son chanteur. Les rythmes d’Alger sont chat-loupés, les personnages chat-marrés, l’histoire chat-rmante. Que les dieux du cinéma protègent ce félin.

Ah, versatile Joann Sfar… after the swooned-over (but not by us) Gainsbourg, he’s returned to his BD (graphic novel) origins with this 3D animated adaptation of Le Chat du Rabbin. This is an (at last time of counting) 5-part BD series based around – French 101 graduates you guessed it – a Rabbi’s cat. The first in Sfar’s BD series is so good that it should feature high on anyone’s ‘things to read before you die’ list, even if you don’t generally do BD, or indeed such putridly gimmicky things as a list of this sort. While Sfar has acquired a reputation as something of a big-head, causing some of our friends to balk at the thought of even giving him the satisfaction of a ticket sale, I still very much wanted to see the adaptation, and I wasn’t disappointed – if at times just a little stultified.

The film begins in Algiers with the grey feline racing away with a choice morsel of fish in his mouth, before having his catch cruelly pilfered by some other cats. On arrival at his home he discovers that his mistress, the Rabbi’s daughter Zlabya, has been given a parrot to look after, which he duly pounces upon. Coughing up a few feathers and whistling his innocence, he finds himself able to speak, and duly does so, with the pleasingly cast voice of François Morel. The Rabbi is appalled and bans his daughter from associating with the now novel reading, Stendhal-reciting beast, leading the cat to crave a Bar Mitzvah and renewed respectability as a Jew. This proves theologically awkward, and multiple scenes of doctrinally inspired comedy ensue.

Ganesha in a bar mitzvah might prove theologically awkward

Things then rapidly take a travel adventure turn, with the film drawing on the first, second and fifth of the series. It weakens plot and rhythm-wise as the focus shifts increasingly from the cat as a central character to the cat as a witness and simple companion. The story becomes increasingly sinewy, and relies more and more on its visuals to keep the spectator’s interest from flagging. But what visuals! Notwithstanding the fact that the 3D elements were utterly redundant, providing little more than the odd strangely flat distancing perspectives, its use of colour, the morphologies of the characters, the humorous shifts in style, were truly masterful.

This has to be the first film both Monsieur D. and I have seen that manages to make a Russian pogrom funny, for example. There’s a cheap but highly entertaining satirical dig at Tintin in Congo, and a wonderful depiction of the cat having a nightmare where his mistress dies, the Rabbi transforms into a morose ginger cat, and they both weep at her grave. It’s consistently imaginative, sometimes melancholic, witty but never heavy – an absolute joy to watch in the visuals department. Alongside that, I found the soundtrack perfect, not least thanks to a wonderful – and hilarious- song at the end, which would be best not to give away. To this extent, it blew Gainsbourg out the water. Sadly it shared Gainsbourg’s slack pacing and meandering, which somewhat pulled the rug out from under the proceedings, but not entirely.

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