Monthly Archives: October 2011

The Help – La couleur des sentiments

In a nutshell: “Help, I need somebody, Help, not just anybody, Help, you know I need someone, heeeeelp” could be sung by the African-American women serving the white bourgeoisie of Jackson, Mississippi, in the early 1960s, a young idealist of a reporter, Skeeter (Emma Stone) might just do that. A decent melodrama.

Pourquoi aller voir La Couleur des Sentiments? Pourquoi cette traduction de The Help? Pour répondre à la seconde question, parce que L’Aide est laide et Les Bonnes avaient été prises par Genet, et pour la première la réponse est plus longue. Il y a déjà un an, j’avais la chance de participer à un jury littéraire d’un prix (encore) discret, le Grand Prix du Web, qui récompense les romans les plus appréciés par les blogueurs et usagers de la Toile francophone et, je vous le donne en mille, à qui avons-nous attribué notre prix du meilleur livre étranger … à La Couleur des Sentiments, anticipant son incroyable succès en librairie et son adaptation obligatoire par Hollywood. Si la défaite est orpheline, le succès a mille pères, je suis en conséquence heureux d’en être un. Il m’était indispensable de voir ce qui en avait été fait.

La Couleur des Sentiments retrace les efforts de la jeune Skeeter (Emma Stone) à vouloir raconter pour la première fois, au début des années 1960, la vie des bonnes noires de Jackson, sa ville natale, la plus raciste des Etats-Unis, dans un ouvrage qui, espère-t-elle, lui ouvrira les portes des plus grands magazines de la côte est. Elle se liera alors d’amitié avec deux bonnes, la douce Aibileen (Viola Davis) et l’insolente cuisinière Minnie (Octavia Spencer), ce qui la mettra en butte à la colère et au rejet de la bonne société blanche menée par son amie d’enfance, la désormais détestable Hilly (Bryce Dallas Howard). Alors que le mouvement des droits civiques prend de l’ampleur, les relations d’amour, de haine, d’incompréhension, d’ignorance et de partage entre blancs et noirs du sud des Etats-Unis nous sont narrés par ces femmes, faisant ressortir la complexité des rapports que les familles blanches ont avec leurs bonnes noires, à la fois centre de la famille, mères de substitution, et citoyennes de deuxième classe, exploitées et méprisées.

Scandale du solfège ! Une blanche vaudrait-elle deux noires?!

Comme souvent le livre a été simplifié et de nombreux détails et intrigues secondaires supprimés, subsistent le “scandale” de la tarte et le lien de confiance entre Aibileen, la nounou noire, Minny, sa meilleure amie, et Skeeter , la jeune journaliste libérale blanche. Le minimum a été préservé. On assiste pendant 2h26 (tout de même) a un mélodrame sans nuance sauvé par le talent de ses nombreuses actrices. Emma Stone dont la maturité des choix impressionne, Viola Davis et Octavia Spencer sont remarquables de justesse, Jessica Chastain (Celia), aperçue dans The Tree of Life, brille et séduit, Bryce Dallas Howard paraît née pour interpréter une insupportable mais ravissante mégère dont la perfidie et le racisme “de bonne foi” écoeureront jusqu’au plus cynique des spectateurs.

Cette générosité  fait souvent oublier une réalisation aux jolies photos, assez statique et insipide (mais ce n’est que le deuxième film du réalisateur Tate Taylor), et parfois le manque d’aspérité et de profondeur des personnages, devenus trop lisses. Ainsi les personnages plus fouillés du roman se séparent en noires débonnaires, blanches courageuses d’un côté et blanches vulgaires et/ou odieuses de l’autre. Le spectateur ne peut qu’éprouver une bienveillance certaine envers les héroïnes  et mépriser les actes rétrogrades d’une société aujourd’hui en décalage profond avec notre époque. Le roman déjà très normé devient un film très prévisible, empli de bons sentiments, proposant une forme de réconciliation à une Amérique tentant de tourner la page du racisme. Un peu lénifiant mais sympathique, le film logiquement devient un candidat sérieux pour les Oscars. Ne boudons pourtant pas notre plaisir, même si ici, il est facile.

En résumé : Une belle adaptation du roman La Couleur des Sentiments de Kathryn Stockett, qui perd pas mal de nuances par rapport au roman, mais qui convainc quand même grâce à la force des acteurs.

I had heard great things about Kathryn Stockett’s The Help from Monsieur D., who had helped to get it voted as best foreign book as a member of the jury for the 2010 Grand Prix du Web. I hadn’t had the chance to read the book, alas, but was very much looking forward to the film adaptation, which has Oscar nomination written all over it. It’s set in Jackson, Mississippi, at the time when the Civil Rights movement was just getting going, and when every well-to-do white bourgeois Southern household had its own ‘Help’; black women who all but raised their children and ran their households, but who weren”t even allowed to use the same bathroom as their employees, such was the extent of racist segregation.

The story centres on young journalism graduate Skeeter (Emma Stone), who returns to her home town of Jackson only to find that the maid who raised her is no longer there and that no one seems to want to tell her what happened to her. She’s more conscious than ever of the extent to which the maids are treated as second class citizens, not least by her obnoxious former childhood friend Hilly (Bryce Dallas Howard), who’s even at the head of a campaign to make separate bathrooms for black employees mandatory on hygiene grounds. So she decides to write a story from the point of view of the help.

"You is kind. You is smart. You is important".

It’s hard at the start, but Skeeter manages to enlist the assistance of Aibileen (Viola Davis, above), who had lost her son because the white people who had discovered him after a workplace accident had just dumped him outside of a hospital, and Minnie (Octavia Spencer), who expresses her disgust at her ill treatment by baking a pie to remember. It’s a very smooth, engaging adaptation that derives its strengths from the performances of its actors and the excellent quality of the novel it adapts. According to Monsieur D it loses some of its nuance by portraying many of the white characters as thoroughly detestable, whereas in the original novel the decent sides of many of them had shone through a bit more. In the film version there’s no room for doubt as to who to boo, hiss and want to throw bottles at. It is still a very good watch, however, and recounts important things that still leave you shocked as to how bad segregation was, and how strange it seems, from today’s standpoint, to see how ‘natural’ its travesties were viewed at the time.

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Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

Tintin sold roughly 200 million albums, we wish we could have as many readers … regardless, we are very proud to present our 200th review. Tintin a vendu environ 200 millions d’albums, si seulement nous pouvions avoir autant de lecteurs … en attendant nous sommes très fiers de vous présenter notre 200ème critique. Thank you to all of you (especially to Mlle Clara, Mlle L. and Mr. J.A. but also to all of our visitors: almost 15’000 clicks maybe more when you finish reading this), we are very grateful. Mille mercis à tous (en particulier à Mlle Clara, Mlle L. et M. J. A., mais à tous les autres aussi : presque 15’000 visites, peut-être plus quand vous aurez terminé de lire cette introduction), nous vous en sommes très reconnaissants.

In a nutshell: Spielberg’s take on Tintin is far from perfect, but interesting, rather entertaining and extremely close to Indiana Jones’ first adventures. It starts very well but was it absolutely necessary to transform it into an insipid blockbuster towards the end? And why on earth in 3D?

J’ignore s’il est pertinent de savoir s’il fallait adapter Tintin au cinéma, les essais précédents démontraient que non, seuls Philippe de Broca (avec Belmondo) et Steven Spielberg (avec Indiana Jones) réussirent l’exploit mais non en l’adaptant mais en reprenant l’esprit des aventures du reporter du Petit Vingtième. Difficile, donc, de penser à un meilleur réalisateur que ce dernier pour les nouvelles aventures du plus célèbre des héros belges.

Cette nouvelle version prendra-t-elle l'eau ?

Le début de cette interprétation spielberguienne de ce Tintin (prononcez Tine-Tine) est particulièrement réussi. Le générique, véritable hommage à Saul Bass et la ligne claire, voit une aventure originale se dérouler et s’achevant sur le nom de l’illustre réalisateur américain (qui donnera ensuite ses traits à Sakharine/Rackham … le méchant ; les contempteurs du film apprécieront). Il est suivi par une très habile présentation du projet Spielberg-Jackson : en présentant Hergé en caricaturiste de rue croquant la version mutante de Tintin due à la performance-capture voulue par Spielberg, celui-ci la rend acceptable et logique. Il n’était pas évident d’accepter d’emblée les interprétations des personnages aperçues sur les affiches et par ce biais, le réalisateur réussit son pari. Commence alors une première heure enlevée et passionnante, qui, dans l’esprit, correspond tout à fait aux aventures d’un des éminents héros de mon enfance. L’attention portée au détail est enthousiasmante, les clins d’oeil charmants, notons seulement les serins entourant la tête d’une dame bousculée qui s’avèrent s’être échappés d’une animalerie.

L’heure suivante est malheureusement moins achevée. Si certaines scènes s’avèrent magnifiques, quelques moments amusants et le couple Haddock-Tintin très harmonieux, l’agitation frénétique prend le pas sur l’élégante et astucieuse énergie d’Hergé. Pour schématiser à grands traits, Spielberg se montre brillant tant qu’il adapte Tintin (Le Secret de la Licorne et Le Crabe aux Pinces d’Or principalement) et brouillon lorsqu’il invente, ce qui est bien plus le cas dans la deuxième partie du film. Et il invente bien répétitivement car il est alors difficile de ne pas songer aux péripéties les plus marquantes d’Indiana Jones. Cette nécessité de la pyrotechnie, de l’über-spectaculaire n’est pas en tant que telle ratée, au contraire, chaque plan souligne les immenses qualités de Spielberg, mais étouffante. Elle désincarne le film et noie les personnages dans un maelström inepte de mouvements, qui, avec la 3D, garantit un mal de tête et une double foulure de la rétine.

Tintin-diana, Snowy et Haddock Jones au coeur du maelström

Cet effacement des personnages est dommageable à l’histoire et à la crédibilité des personnages, pourtant chères à Hergé. La performance-capture gommant en plus la spécificité de chaque acteur en dehors de ses capacités vocales. Doués seront ceux qui identifieront Gad Elmaleh, Simon Pegg, Nick Frost ou même dans un rôle plus important Daniel Craig. Serkis et Bell eux-mêmes ne seront probablement pas reconnus dans la rue, le costume recouvre trop l’acteur et le film est bien plus un film d’animation qu’un long métrage classique.  Je ne reviendrai que peu sur l’usage de la 3D, mais plus le temps passe moins cette technique m’attire. Plus un gadget, qu’autre chose, elle apparaît davantage comme un choix commercial plutôt qu’artistique. L’inconfort des lunettes, la fatigue visuelle imposée par cet outil et la grande banalité des cadres et des usages proposés pour le moment par les réalisateurs (à quelques rares exceptions tels Cameron et Wenders) tendent à me persuader de préférer désormais les films “plats” aux médiocres nouveaux reliefs de ce cinéma.

Les Aventures de Tintin n’est pas, cela dit, un film opportuniste. L’affection de Spielberg pour les personnages et l’univers d’Hergé transparaît, mais il semble évident qu’il a fait son film pour un public non francophone, ignorant tout ou du moins beaucoup du célèbre reporter et de ses amis. L’ensemble, hybride, n’est pas déplaisant mais n’impressionne pas autant qu’escompté. Si on ne pouvait réellement espérer retrouver l’humour langagier d’Hergé, la version anglaise manque terriblement de “bachibouzouk” et de “moule à gaufres”, je regrette surtout les 20 dernières minutes durant lesquelles Spielberg clôt son aventure avec une telle rapidité qu’elle en paraît presque méprisante pour tout ce qui lui était antérieur et annonce bien trop pesamment pour un artiste de ce calibre la suite de ces aventures. Il paraît que Peter Jackson s’y collera et que ce sera une trilogie. La Nouvelle Zélande serait-elle la nouvelle Belgique et Wellington le Hollywood de demain ? Réponse dans quelques années. Tonnerre d’Auckland !

En résumé: Cette adaptation de Tintin par Spielberg a du mérite mais trop de lourdeur par rapport aux BD originales de Hergé. Et Tintin est bien moche dans ce film.

It seemed that we were in for a run of exuberant cinema fun-fests of late – after the gobsmacking silliness of The Three Musketeers, it was on for an adaptation of another cultural holy cow, this time Hergé’s Tintin, by Steven Spielberg and co. This time I went in far more of an upbeat mood, as the animation side of it had looked at the least interesting from the trailers I’d seen. Unfortunately it got almost more lost in its own exuberance than the Great Dumas Distortion that nearly finished off Mr J.A., and I found my interest flagging after a strong first twenty minutes or so.

It recounts young investigative reporter Tintin’s efforts to get to the bottom of a frantic race to gain ownership of an old model ship he has bought at the market, only to have it stolen from his home. The chase leads him and his dog Snowy onto the high seas where he meets the alcoholic Captain Haddock. Together they try to outwit a creepy guy called Sakharine who believes that Haddock is the key to a mighty stash of treasure lost somewhere at the bottom of the ocean. The film’s at its best when the focus is on suspense and creeping around, cloak-and-dagger style. It’s at its weakest when it’s in full-throttle chase mode, not because the scenes aren’t expertly handled but because they drag on for too long.

Captain Haddock feeling the drag

I can’t tell you how much my heart sank after the intrepid team, which had somehow survived a shipwreck and the destruction of their own life raft, clambered onto a microlight aircraft (which Tintin  miraculously learns to fly), before heading into a huge storm, only to crash, to get lost in the desert, and for more and more obstacles to get thrown up, to be tackled with unflinching boy scout enthusiasm and dizzying feats of improbable physical prowess. It all tends towards overload and would have worked better with a swifter transition to the concluding phases of the film. As it stands it comes over as somewhat anti-climactic, with the whole voyage feeling vaguely unnecessary in the light of the final revelations.

The 3D elements are so-so at best and we were only impressed, once again, by the adverts before the film started. Why is it that they are the only parts where things really seem to come and stick out right into your face in an almost miraculous way? As ever, once the film started, the 3D lurked feebly in the background and I forgot about it after a while, other than for the obligatory ‘I’ve just seen ten films, not one’ levels of eye fatigue afterwards. The animation is impressive, although it does make Tintin look horrible – I don’t think Hergé could possibly have had such an unlovely face in mind when he created the boy reporter.  I was left with the impression that Tintin works best in comic book form. The racing storylines are tempered by the cool silences around the frames, making the reader do a part of the imaginative work. Here, nothing is left unspoken. The end result is a bit too breathless for comfort.

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The Three Musketeers

En résumé : Attention la critique qui suit, quoique exceptionnelle, n’est pas pour tous les lecteurs. This movie review is rated PG-13, parents are strongly cautioned. Reader’s discretion is advised. Mr. J.A. n’est pas content. Du tout. Son résumé des Trois Mousquetaires : c’était mauvais comme du Milla Jovovich. Vous voici prévenus.

Dear Michael Bay,

It seems that I owe you an apology. When I watched your latest instalment of The Transformers (the third one) this past summer, I was under the impression that you were uniquely responsible for making movies designed to crush and mock the few parts of my childhood that still hold nostalgia.

But I was so very wrong. And for that, I humbly apologize.

With The Three Musketeers, Paul Anderson has managed to take that nostalgia, and then crush, mock, stomp, spit on, bend over and ass-rape it before setting it on fire and kicking it over a cliff. And then he stood up and slapped my grandmother across the face.

Mr. J.A.'s childhood memories in mortal danger, and it shall soon be Ms. Jovovich's turn.

This movie was horrendously, startlingly bad. It was a lesson in how to make a terrible movie. I suppose I shouldn’t have been shocked—it starred Milla Jovovich, who proved, once again, why she remains the gold standard in poor acting, i.e., “I saw a movie and the acting was horrible.” “Really? How bad? Like, Milla Jovovich bad?” “Yes. It was Milla Jovovich bad. It was Uwe-Boll-winced-when-he-saw-it bad.” Not since Underworld: Evolution has a director married to the lead actress delivered audiences such a steaming pile of horse manure.

I think Orlando Bloom’s casting in this piece of shit ends any illusion we might have had that he was the one who said, “No,” to the fourth Pirates movie. The poor bastard must really need some money to have said yes to this—like, blackmailed-with-pictures-pairing-him-with-a-dead-transsexual-hooker-and-he-can’t-wait-until-the-Hobbit-comes-out needs some hush money.

I suppose I shouldn’t be so hard on Orlando. As the only English character, his accent (not to mention that he speaking the English language) was the closest to being appropriate. Most of the French characters speak with English accents too, so much so that Ray Stevenson’s (who I really liked in Rome) character has to be introduced as a “sexy Frenchman.” (that’s right, just in case you’re confused, this guy here is in fact supposed to be French). Also, country boy D’Artagnan, played by who-the-fuck-cares, comes with an American accent and smarmy, but flat one-liners so bad that by the time he meets Rochefort I was hoping they’d just kill him and put him out of my misery. I don’t mean simply killing the character—I mean I found myself hoping for a Brandon Lee style we-thought-they-were-blanks kind of mix-up that would ensure I never have the misfortune of catching sight of the little shit ever again.

Oops !

I needn’t really bother with a spoiler alert when discussing the plot here. Concern for spoiling this already spoiled movie is kind of like being worried your yogurt has gone bad—it’s fucking rotten milk. Why are you even eating that shit?

But I digress. Like Dumas’ novel, the Musketeers’ main objective is to return the Queen of France’s stolen diamonds from England. Anderson resorts to a muddled series of twists, attempting to resemble a game of chess in which one is always thinking three moves ahead: Milady de Winter will expect the Musketeers to attack in force, so they will use distraction. But no! The Duke of Buckingham expected that so D’Artagnan was caught. But no! The Musketeers expected that so it was all a ruse. But no! Milady expected that and fled with the diamonds. But no! The Musketeers expected that so used Planchet to catch Milady and the diamonds. Milady jumps off the zeppelin (yes, the zeppelin) to her death. But no! She’s been saved by the Duke who has a fleet of warship zeppelins with which to invade France in the set-up to a sequel?!?

In Anderson’s version of chess, apparently one can castle out of check.

Although Rochefort (Mads Mikkelsen not Jean) is a "Bad Boy", Mr. J.A. wants Michael Bay back.

They spent 80 million dollars making this thing. Clearly they spent big on costumes and really bad CG effects. I had expected this to be swashbuckling meets The Matrix, but Anderson’s attempt at bullet-time is just a slow-motion sequence with running. That’s not bullet-time. That’s the Six Million Dollar Man / Bionic Woman. That’s been around since the 70’s.

To his supporters, Anderson is just a guy having fun making a popcorn movie. They pretend he’s poking fun at the genre. Austin Powers was poking fun at the genre. I don’t know what Anderson was trying to make. And what’s more, I don’t think Anderson knows what he was making either. And for the record, I like popcorn movies. I even like bad popcorn movies (I own all three Blade movies). But this is just a really bad movie, really badly done. Calling this a popcorn movie is an insult to popcorn movies. It’s an insult to movies. It is an insult  . . . to popcorn.

And now if you’ll excuse me, I’m going to re-acquaint myself with Bad Boys, The Rock, and Armageddon.

In a nutshell: After such heartfelt words, and apparently we only got the toned down version, what to say? The Three Musketeers is a turkey, yes! But a rather joyful carefree turkey. No grandmother is getting slapped in the following review.

Dieu merci nous n’avons pas vu ce film en 3D, Mr. J.A. n’aurait sans doute pas survécu. Je vous conseille en tout cas d’aller voir ce film en groupe car si vous avez la chance, tout comme moi, d’être assis entre une Miss J. toute guillerette, pouffant çà et là aux bêtises abracadabrantes d’Anderson, et Mr. J.A.  entre anéantissement et bouillonnante colère sourde, vous ne pouvez que passer une soirée merveilleuse. Il y avait même une quatrième mousquetaire adjointe à notre trio mais je crains que nous n’ayons jamais sa critique.

La mienne sera bien moins sévère que celle, délicieuse, de Mr. J.A. et, je suppose, moins enthousiaste que celle de Miss J. Cette nouvelle version des Trois Mousquetaires peut sans soucis être considérée comme un superbe navet. Mlle Jovovich démontre que l’expérience n’influe en rien sur ses capacités, elle décline avec le temps, et que le 5ème élément reste, à date, sa meilleure interprétation. Messieurs Waltz, Mikkelsen et Bloom sont tous entre cabotinage et minimum syndical mais il n’est pas particulièrement déplaisant de les suivre (même si Orlando Bloom est à la limite du carton rouge). Les 3 mousquetaires et le jeune d’Artagnan manquent de charisme, ce dernier a autant d’intensité qu’un artichaut drogué, mais ils sont, dans l’esprit, étonnamment fidèles à celui de leurs illustres modèles de papier.

Bloom, carton jaune, tout surpris d'avoir survécu à la critique de Mr. J.A.

Le fait est notable tant Paul W.S. Anderson a pris de liberté avec cet extraordinaire roman. On ne peut guère parler d’adaptation mais d’inspiration prise dans ce classique de cape et d’épée. Je ne commencerai pas à dénombrer les incohérences, les anachronismes, la stupidité même de certaines situations, et l’ignorance assumée de ce que pouvait être la France du XVIIe siècle. Nul débat non plus sur les carences dans la direction d’acteurs, les difficultés de montage – l’ensemble est bâclé et un peu longuet car répétitif sur la seconde partie du film –, et la terrible promesse d’un n°2 pesamment évoqué dans les dernières images du film. Mais on trouve aussi dans ce vaste n’importe-quoi une candeur ludique, une joie et une énergie surprenante. On peut imaginer ce film avoir une grande carrière en DVD et plaire aux amateurs de cocktail action/humour déjà un brin éméchés. Et on peut donc s’amuser à quelques unes des sottises et cascades proposées par le réalisateur, car à chaque fois que le rythme pâtit, il suffit de se tourner vers son voisin s’étouffant de rage et rire de plus belle. Il s’avère qu’en fait on a mauvais fond.

En résumé:All for fun and fun for all” ou presque (voir la critique de Mr. J.A.). Ce film n’est pas aussi mauvais que cela, et je vais vous expliquer pourquoi. Vous avez Google Traductions si l’anglais vous échappe. 

So apparently I get the dubious honour of somewhat defending this film, which is pretty ironic given that I had gone expecting it to be awful – I mean, a quick glance at the trailer could have cleared that up, right? So it was less with glee or excitement and more a sense of resignation with a side serving of well-you-never-know that I sat down to watch this film. And I had a pretty good time!

It reminded me of the Castle Lego set of my childhood. You got to create crazy things and have absurd battles – “…and then the giant flying bus full of swordsmen will CRASH into the roof of the SHEEP HOSPITAL and my KNIGHTS will charge over and stampede them and there’ll be a HUGE BATTLE and the PRINCESS will be the referee and then they’ll all DANCE IN THE SKY with the souls of the DEAD SHEEP from the hospital …!!” And director Paul Anderson to my mind is having just such a splurge with this film, only he gets to boss around real people and have actual flying battle boats and a multi-million dollar budget. Respect.

Lego of my boats (caption copyright Monsieur D)

And yes, it gets more and more ludicrous. The acting is perfunctory at best (here’s looking at you, Milla) , but play lego was never about the ACTING, it was about the FUN! And the fact that your story gets more and more elaborate and convoluted, and none of the little plastic critters can contradict you, mwahaha. And we are given a moment of truly great cinema when not one, but TWO giant zeppelins get impaled on the roof of Notre Dame, and wobble about like crazy, and the air starts coming out, just like the air started coming out of poor Dumas’ original masterpiece from the get-go of this eye-popping bit of cinema, but, somehow, all the energy and enthusiasm keeps the whole gargantuan beast afloat until the final moments which can only promise one thing: a SEQUEL! With MORE ZEPPELINS than you could ever IMAGINE!! See you there, Mr J.A.?

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Incendies

In a nutshell: An attempt at recreating an antique tragedy. For me, it failed.

Je ne devrais pas écrire cette critique car cela fait trop longtemps que j’ai vu ce film et mes souvenirs ne sont plus très vifs et mon avis est minoritaire au vu du succès de ce si long métrage. Comme je connais au moins 5 ou 6 de mes amis proches qui ont adoré, ce qui suit risque d’être d’autant plus agaçant que sans arguments particuliers que l’expression de ma profonde irritation. Mais … bon, Miss J. ayant estimé qu’il était important que nous y revenions, tentons l’exploit.

Incendies est tiré de la pièce de Wajdi Mouawad, dont les créations, souvent talentueuses, m’ont toujours semblé être très adolescentes et bizarrement pour un auteur se revendiquant comme Libanais en exil très nord-américaines. Ce qui n’est pas une critique, juste une remarque. Malheureusement pour Denis Villeneuve, intéressant réalisateur (notamment de Polytechnique et d’un 32 août sur terre), je connaissais donc la trame de Mouawad, et la construction de son thriller tragique s’est effondrée après quelques minutes, une fois que ma mémoire s’est enclenchée et que les détails de cette histoire saumâtre et grotesque me sont revenus à l’esprit. Rien dans ce film n’a fait sens tant je n’ai pu croire, en dépit des efforts méritoires des acteurs, Lubna Azabal en tête, à la crédibilité des coïncidences extraordinaires qui scandent ce drame.

Mais qu'est-ce que c'est que ce binz?

L’enquête familiale, qu’une mère impose à ses enfants québécois, jumeaux hétérozygotes, comme dernières volontés, les envoie dans un Moyen-Orient a-topique marqué par les conflits, rappelant beaucoup le Liban et les événements majeurs de sa guerre entre 1975 à 1990. Cette recherche imposée (la fille doit retrouver son père et le frère son frère, alors que tous deux se pensaient orphelins et enfants uniques) est absurde et cruelle, mais le fait que ses enfants réussissent à accomplir leur mission m’est apparu tellement irréaliste et tiré par les cheveux que James Bond ou Fantasia sont soudain devenus des documentaires, des témoignages. Autant j’ai pu être profondément ému par Antigone, par Oedipe Roi, ou par Les Invasions Barbares pour prendre une oeuvre plus récente, autant j’ai trouvé le thème et le traitement de ces Incendies lourds, lents, sans intensité, exaspérants.

La photo est souvent belle, la scène d’ouverture sur “You and whose army” est démonstrative mais réussie, le reste m’a laissé froid. Entre incohérence, ennui et grand guignol, le Liban et sa guerre méritent mieux, beaucoup mieux, la tragédie aussi. En me permettant un message personnel: Jenn., Lucien, et quelques autres, pardon! Mais, expliquez-moi, que lui trouvez-vous à ce film?

En résumé : Un frère et une soeur retournent dans le pays d’origine de leur mère pour découvrir qu’ils ne la connaissaient à peine. Les chocs seront rudes. 

Goodness, it’s a long time since we saw this one. But Denis Villeneuve’s Incendies surely deserves writing up! This is one Intense film. It’s adapted from the 2003 play by Wajdi Mouawad and set in an imaginary country bearing a striking resemblance to Lebanon. It begins in Montreal, where twins Jeanne and Simon Marwan (Mélissa Désormeaux-Poulin and Maxime Gaudette) have just lost their mother, Nawal (Lubna Azabal). She has left a mysterious will requesting that Jeanne ‘find her father’ and her brother ‘find his brother’. Which is confusing to the pair, as they’d always thought they had no other siblings, and that their father was dead.

This sends them off onto a journey of uncomfortable discovery, where they find out that their mother was quite the iceberg and that her life had been much more harrowing than they had realised. In the meantime they wrestle with their own relationship and the boundaries of how good it can be for anyone to fully know their past in a hatred-torn country. It’s a long time since I saw the film so I am now left mostly with impressionistic fragments of the experience. It can best be described as having a big fat python around your neck that starts ever more persistently squeezing until you realise that getting oxygen is going to be quite the problem.

Dreams of peace going up in smoke

It’s well constructed, well played and has more grit than a motorway de-icer truck. It is also somewhat gratingly bombastic. By the time you get to the end you’re in pure Greek tragedy with a war correspondent aesthetic. It’s tragic (oh so!) and wrings every last inch of emotional energy out of its (long) trajectory. I think my predominant thought on leaving the cinema was ‘ouch’.

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Sexe entre amis (Friends With Benefits)

In a nutshell: Miss J, good “friend” that she is, brought me to watch that comedy. After that, we came back to my place and “talked” it through. In conclusion … we had a laugh and the right balance between raunchiness and sweetness.

Toujours en recherche de la comédie romantique absolue, Miss J. nous emmena voir la comédie “libérée” Sexe entre amis, qui à ma surprise fut bien plus réussie que je l’imaginais. Non pas que le film soit exceptionnel mais parce que plus simplement la recette fonctionne. Comme pour un plat modeste dont chaque ingrédient aurait été bien choisi et qui aurait eu la chance d’être cuisiné comme il faut.

Ainsi rien de particulièrement mémorable dans ce produit hollywoodien, mais rien de honteux non plus et beaucoup d’éclats de rire. La jolie Mila Kunis et Justin Timberlake, qui devient un acteur plus que valable, forment un couple très assorti d’amants réguliers effrayés par l’idée de devenir amoureux. Destin funeste auquel bien sûr ils n’échapperont pas.

En même temps, il y a des destins plus funestes que ça ...

Habile petite comédie post-moderne, Sexe entre amis se moque gentiment de ses héros et des lois du genre sans jamais trop s’en éloigner, proposant même une parodie de rom-com que Kunis se plait à regarder lors de ses soirées télé. Grâce à une distribution de seconds rôles percutants – la grande Patricia Clarkson, le toujours solide Richard Jenkins et Woody Harrelson, réjouissant en homosexuel viril et dominateur – et d’un sens aigu du rythme – Jean-Luc Moreau a trouvé une âme sœur américaine – Will Gluck maîtrise de bout en bout sa comédie de mœurs l’ancrant admirablement dans l’esprit de notre époque.

Irrévérencieux quand il le faut, nourri de dialogues vifs et amusants et surtout servi par deux acteurs semblant faits pour jouer ensemble, Sexe entre amis ne révolutionne rien mais divertit beaucoup. Natalie Portman et Ashton Kutcher (soupir) feraient bien de s’en inspirer, car sur une trame presque équivalente Ivan Reitman (dans Sex friends, voir la critique malaisienne de Miss J.) ne réussit qu’à produire une bluette sirupeuse. Restons tonique et préférons ce film-ci.

En résumé : Peut-on faire l’amour et rester copains sans embarquer dans un truc plus sérieux? Même si on s’en fout de la réponse, la comédie romantique Sexe entre amis n’est pas mal du tout dans son genre . 

At first glance, I felt like I’d already seen this romcom: friends embarking on no-strings attached sex, only to get the urge to grab the nearest coil of rope to start tying ever-lasting knots. Hadn’t I seen this already? Then the flashbacks began. It’s very, very early in the morning, and I am in a minibus zooming up a Malaysian motorway. Many of the passengers are getting paler by the minute. I am starting to wonder when we’re going to take off. And a crappy quality DVD with Natalie Portman and – much worse – Ashton Kutcher is playing. It’s pretty terrible, but if I focus hard enough on the movie I can distract myself from the sneaking suspicion that sudden death might be moments away. As a fellow traveler commented afterwards, “well, that was the best film I’ve seen all morning”.

But no! This is not No Strings Attached, more’s the mercy. This time it’s Justin ‘cry me a riverrr’ Timberlake and Mila ‘husky’ Kunis who decide to fail at the friends with benefits thing. It’s still a total product, and I should not be proud in any way, but I had a great evening. I even had a giant, giant cardboard cup of Coke with a straw and ice and everything, slurped and slurped, and forgot for a while that i) life can be tough and ii) life is often tough with knobs on. Timberlake’s great as a just-slightly quirky guy (who’s less creepy than the geeky prof he plays in Bad Teacher). He of course has a cardboard cutout perfect career. Kunis plays a Head Hunter, similarly unencumbered by worries of struggling to get by in life job-wise, who tracks him down and talks him into moving to New York to become the photo editor of GQ. Sleek. They soon start sleeping together with the promise that it will be nothing more than a buddies-meeting-to-play-tennis thing.

Where's Jaws when you need him?

The result, happily, is unpretentious, feel-good and polished. The actors have a real energy (Woody Harrelson is quite something). There is some surprisingly daring humour, and it pokes fun at itself and the romcom genre. It’s full of joie de vivre without overdoing it too badly. It slumps a bit towards the end, wallows around just a little as Kunis and Timberlake start to freak out at how complicated it’s all getting, but it manages to pull back from melodramatic disaster with frequent shifts in mood and register. And when things get a little slack between the main characters, others pick up the pace. A giant ice cream sundae of a film. With all the pros and cons that go with it.

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Messiah of Evil

In a nutshell: When you find out that a movie is about a “blood-crazed cannibal zombie cult”, who do you think of? Mlle L. of course. There is a bad moon on the rise and it’s frightening enough because a corruption that undermines all your ‘good’ influences is threatening to spread throughout the world. Its source? Naturally, California. Ready for fun (and conservative) nightmares, do read this.

En résumé : Willard Huyck et Gloria Katz sortaient tout juste de l’université qu’on leur proposait de l’argent pour tourner un film, tout ce qu’ils voulaient du moment que ce soit un film d’horreur. Les petits malins ont donc décidé de réaliser un film expérimental tout en respectant le cahier des charges. Leur relatif désintérêt pour le genre a rendu ce film classique tant la peur s’insinue sans les ficelles habituelles et tant la normalité de Point Dune, petite ville californienne banale, devient le cadre parfait au plus beau des cauchemars. Si vous aimez Suspiria et The Fog, allez retrouver la prose de Mlle L. par ici.

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Django – Prepare a coffin

In a nutshell: I said to Mlle L. to please prepare a review. I logically received Django – prepare a coffin. You all know the man with no name, this is the movie with many titles and a rather good spaghetti western according to this. Get ready … set … Django!

En résumé : Notre germanophile Mlle L. nous présente aujourd’hui Django (Preparati la bara!), un classique oublié du western-spaghetti, avec l’acteur teuton Horst Frank en méchant glacé et celui qui fut une superstar chez nos amis Allemands, le mutique Terence Hill, ivre de vengeance. Ca va défourailler et jamais notre coin n’aura mieux porté son nom car voici un dvd pour trois balles et quelques rafales de plus.

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The Artist

In a nutshell: A charming and gutsy pastiche of Hollywood’s silent movies, with two excellent actors and such love for the cinema that you immediately want to go back home and watch again A Star is born, Singing in the Rain, Sunset Boulevard, all the Chaplin and the Lubitsch, and even Mel Brooks’ wonky parody. Heartwarming!

Peut-on faire une critique muette en l’honneur de The Artist ?
Donc …

Plus sérieusement, l’artiste du titre correspond plus, pour moi, au réalisateur qu’à l’acteur principal, car Michel Hazanavicius, en récréant un film (presque) muet, offre un très joli hommage au cinéma et à la pureté de la forme sans le son, hormis celui de la musique bien sûr. Poursuivant sa carrière de brillant pasticheur, que ce soit par son Grand Détournement, ou par ses parodies d’OSS 117, Hazanavicius trace un sillon fait d’humour et de références, car l’admiration qu’il peut avoir pour ses prédécesseurs ne disparait jamais derrière la plaisanterie. Là se trouvent la noblesse et la faiblesse de son projet. Faiblesse car il recrée un film muet classique, du moins tel qu’on peut se l’imaginer aujourd’hui, sans véritablement repousser les limites de son genre ou bousculer son spectateur, la chute de son héros, la partie mélodramatique du film est attendue et plutôt molle. Noblesse car son hommage est d’une finesse délicieuse, sans pesanteurs didactiques ou prétentions irritantes.

Tout est parfait des moustaches au bibi ; à en rester muet d'admiration!

Construit autour d’un couple d’acteurs resplendissants (Dujardin et Béjo) et sur les trames mêlées d’Une étoile est née (1937, William Wellman) et celle de l’histoire d’amour qui lia Garbo et John Gilbert, jusqu’à ce qu’elle l’impose dans la Reine Christine, Hazanavicius réussit à transformer leurs mimiques, grimaces ou minauderies en gestes d’amour, en bref à les transcender. On suit alors, transporté, le destin de l’orgueilleux George Valentin, vedette du muet, mélange bravache dudit Gilbert, de Valentino et de Douglas Fairbanks, refusant de s’adapter au cinéma parlant et à celui plus heureux de Peppy Miller, qui profite de cette révolution pour devenir une star. La jeune femme fera alors tout son possible pour sauver du déclin le désormais ringard Valentin. De tous les plans, Jean Dujardin étincelle, cabotine et convainc. Son élégance rieuse rappelle les plus grands et sert à construire un très beau et très crédible personnage de demi-dieu devenu has been. Bérénice Béjo est charmante et les seconds rôles de luxe, tous Américains (Goodman, Cromwell, McDowell), jouent avec assiduité la partition ludique et émouvante de ce réalisateur si aimablement fou.

Il est bon de saluer la maîtrise et la générosité de ce mélodrame romantique et comique offrant de grands moments de cinéma et quelques scènes d’une intense intelligence et/ou d’une drôlerie remarquable. Le cauchemar de Valentin ou encore le jeu du réalisateur avec son public sur quelques intertitres ambigus valent à eux seuls la louange. Franglaisreview ne peut en conséquence qu’ajouter sa voix au barnum impressionnant qui entoure ce film et faire toujours plus de bruit pour vous persuader d’aller apprécier à votre tour ce réconfortant film très musical et très muet.

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Westworld

In a nutshell: And what if the Terminator was bald and more of a cow-boy than a biker with sunglasses … it’d be great, says Mlle L., and maybe even more interesting than James Cameron’s classic. Fans of the late Michael Crichton and Yul Brynner please proceed to the 3 buck dvd corner.

En résumé : Yul Brynner veut vous faire la peau, enfin celle des héros, et le premier des six films (+un téléfilm) réalisés par Michael Crichton (oui, celui de Jurassic Park et Urgences) enthousiasme Mlle L. Modeste et percutant, Westworld étonne.

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La Fée

In a nutshell: Can you gracefully mix Keaton’s burlesque, Pierre Etaix’s poetry and Tati’s gentle humor? Dominique Abel, Fiona Gordon and Bruno Romy give it a try in Le Havre, and they happen to make a fairy good movie.

Si Le Havre ne vous apparaissait pas comme une ville attrayante, c’est sans doute parce que vous n’aviez pas eu l’occasion d’aller au cinéma dernièrement. Los Angeles n’a qu’à bien se tenir, après Amalric, Belvaux et Kaurismaki, le dernier film de la triplette de réalisateurs-acteurs Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy s’y passe et on ne pourrait imaginer la Fée dans un plus parfait environnement.

Après Iceberg et Rumba, les cinéastes-clowns reprennent les personnages de Dom et Fiona qu’ils emmènent cette fois dans la ville portuaire normande où Dom est veilleur de nuit dans un hôtel minable et Fiona … et bien Fiona est une fée qui un soir débarque pieds nus, demande une chambre en échange de trois voeux. Dom accepte et lui révèle ses deux premiers voeux. Quand, après une nuit agitée, Dom découvre que ceux-ci ont été exaucés, il s’empresse de rechercher sa bienfaitrice, pour laquelle il nourrit d’ailleurs des sentiments toujours plus tendres. Inutile de vous révéler quelles péripéties ce couple traversera car les découvrir fait partie du plaisir, sachez que vous rencontrerez un Anglais kleptomane et cynophile (Philippe Martz superbe), un bébé souriant, quelques migrants africains débrouillards, un patron de bar très myope, une cantatrice demie de mêlée et bien d’autres attachants personnages.

Ce n'est pas de la petite bière, ce joli moment de cinéma

Burlesques et poétiques, Dom et Fiona explorent physiquement leur environnement avec inventivité et la gracieuse maladresse d’un Pierre Etaix. Rappelant tour à tour les films de Tati ou de Keaton, ils réussissent à enchanter chacun de leurs mouvements et chaque élément de leur décors, même s’ils s’essoufflent légèrement sur la fin. Utilisant les tons pastels du Havre, ils font ressortir la douceur impressionniste de la ville qui devient le proscénium rêvé aux ballets des deux héros. Proposant moments déjantés, décalés et instants désuets tendres, ils créent une ambiance délicate fertile en sourires, derrière lesquels ils glissent, l’air de rien, quelques discrètes critiques sur nos institutions et la brutalité de notre monde contemporain.

Film aimable et délicieux, refusant tout réalisme, la Fée apparait comme une incongruité charmante dans la production cinématographique habituelle. Savoir que des clowns rêveurs et des magiciens peuvent encore faire des films réjouit, comme j’ai pu l’entendre à la sortie de salle, ce film, ça le fée. Courrez-y!

En résumé: Croyez-vous aux fées? Après ce film drôle, déjanté et touchant, ma réponse est un oui, sans aucune hésitation!

The Franco-Belgian production La Fée is set in Le Havre, city of docks and concrete blocks. A pale, lanky, rain-sodden man on a bicycle, Dom (Dominique Abel) fights his way to the hotel where he works as a night receptionist. He sinks into his chair, grabs a ham sandwich containing the ketchup bottle lid he’s accidentally also slopped into it, and is constantly interrupted. Firstly by a smiling but awkward English man (Philippe Martz) who is looking for a room with the help of his guidebook, and is turned away because of his pet dog. He returns without the dog, but his bag walks up the stairs unaided. Next comes the slightly wild-eyed Fiona (Fiona Gordon), and it’s lucky she does, as she saves Dom from choking on the ketchup bottle and delivers the news that she’s a fairy with three wishes to grant him.

Le Havre's love police strikes again

And so begins their love story, which takes them from mental institutions to clifftops, from bars heaving with women rugby players to nighttime raids on petrol depots. While Dom is easily able to pick his first two wishes (and to have them granted in oddball fashion), he struggles with picking the third, and his fate is joined with Fiona’s. Dominique Abel expertly conveys the panic of a man overtaken by events, who becomes heroic through expediency and only because events have run away from him. The film is underpinned with brilliantly absurdist physical humour – and manages to push the envelope taboo-wise while remaining graceful and elegant to the end. It’s funny, poignant and often disorientating in its blend of fantasy, the burlesque, the downright improbable, and yet the somehow believable.

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