Monthly Archives: November 2011

Tower Heist (Le casse de Central Park)

In a nutshell: A bunch of usually good actors directed by a usually fun director get stuck in a tower and a comedic heist where disgruntled employees led by Ben Stiller and Eddie Murphy try to get even with the evil financeer, Alan Alda, who bamboozled them. They wanted to make a deeper Ocean’s 11 but got an unwilling Towering Inferno.

Il est dit qu’un soir de beuverie Eddie Murphy, alors au sommet de son art comique, cracha face au vent du sud-ouest et se rit de lui. Mauvaise pioche, le roi des démons du vent maudit l’acteur car on ne se moque pas impunément de celui qui amène sécheresse et famine si on ne le traite pas avec respect, celui qui a des griffes à la place des pieds, une queue de scorpion et quand il est en forme un pénis en forme de serpent. Cela eut trois conséquences, une blague grivoise calamiteuse à base de viagra et d’orvet murmurée par le comédien, le retour sur le devant de la scène de Pazuzu (les Babyloniens lui disent merci), et une loi résumant l’ensemble, celle de Murphy (Eddie) : si quelque chose peut mal tourner dans un film comique, cela arrivera infailliblement dans un film avec le célèbre comédien, jadis si drôle.

Le Casse de Central Park ne fait pas exception à la règle. Doté d’un scénario étique et d’une brochette d’acteurs individuellement doué mais aussi brillant en groupe qu’un morceau de charbon dans une cave sombre, le braquage de l’appartement en attique d’un financier véreux à la Bernie Madoff (Alan Alda) par les employés de son immeuble qu’il a aussi escroqués ne convainc pas. Le gérant de cette résidence de luxe, John Kovaks (Ben Stiller, dont le jeu d’acteur ces temps consistent surtout à regarder fixement la caméra de ses yeux cobalt) mènent les opérations, se sentant responsable d’avoir confié toutes les économies de ses équipes à ce voyou en col blanc. Il s’entoure pour cela de bras cassés insignifiants et de “Slide” (Eddie Murphy, excellent), délinquant miteux qu’il estime être le coach approprié pour savoir comment cambrioler l’infâme magnat.

"Et à un moment dans le film, Ben, tu verras, tu seras même brièvement drôle"

Les gags sont rares, souvent vulgaires et poussifs. Casey Affleck a beau répéter le mot “vagin” et parler de l’étroitesse de celui de sa femme enceinte pour exprimer ses craintes de devenir père, l’idée de rire ne m’envahit pas inextinguiblement. Les seules plaisanteries qui pourront faire naître si ce n’est l’hilarité (ne poussons pas) du moins un sourire sont celles que vous trouverez dans la bande annonce ci-dessous. Le casse lui-même est atterrant et les retournements de situation téléphonés. Brett Ratner, habituellement habile faiseur, n’a su cette fois-ci suivre le rythme de sa bande originale nerveuse et funky. Tout s’affaisse, tout lasse, tout accable. Murphy est sous-employé, il apparait et disparait étrangement tout au long du film, et l’alchimie que Ratner avait réussi à faire surgir entre Jackie Chan et Chris Tucker (Rush Hour), ou même Jacke Chan et Owen Wilson n’existe pas avec Stiller.

Occasion ratée qui laisse le temps de réfléchir sur le temps qui passe ; Le Casse de Central Park fait tout de même preuve d’une intéressante ironie en confiant à des acteurs millionnaires (le fameux 1%) le devoir de représenter les 99% et leur légitime indignation. Nous vivons une époque sans vergogne. Je vais aller retrouver mon ami Pazuzu et lui demander de lever sa malédiction, Murphy a suffisamment payé,  et ensuite, s’il le souhaite, nous irons revoir The Trotsky, un film montréalais qui dépote. Par ces temps hivernaux et mélancoliques, une comédie politique intelligente ne peut pas faire de mal.

En résumé : Que faire quand votre patron vous a piqué tout votre pognon que vous pensiez épargner pour votre retraite? Se venger, bien sûr! Un film d’humour facile qui n’est pourtant pas totalement dénué de charme.

It had been a long day. I wasn’t in the mood for anything heavy, but perhaps something with a bit of a kick to it. The trailers for Tower Heist had made it look funny, high energy and like it wanted to lay into thieving business scoundrels, so it looked like it could fit the bill.

One major doubt… Tower Heist had been sent straight to the underground hovel of a cinema that is UGC Orient Express, which nestles next to the RER station at Les Halles and which regularly feels like one of its platforms given how loud the trains rumbling by are. The place is usually a dumpster for films at the tail end of their release which have had a few decent weeks at UGC Les Halles, but which are still drawing a straggle of spectators so they don’t want to totally pull the plug yet. When films go straight to the UGC Orient Express, it usually means they’re a bit rubbish. Especially when they have names as big as Ben Stiller and Eddie Murphy in their credits, which usually guarantees at least a week in the nice(r) cinema.

And I suspect that if you ask Monsieur D, he’ll suggest that film was lucky to have made it to UGC Orient Express at all, and should have been given a battery powered first release in the middle of the Gobi desert, projected for free onto the back of a stained old tablecloth to a couple of passing camels. Anyway, I didn’t find it quite as bad as all that and was happy enough to sit back as the script galumped along unconvincingly and the actors gave it all the pep they could.

A... an UGC Orient Express release? Some mistake, surely?!

The story centres around Ben Stiller’s character, Josh Kovacs, who manages the staff at an insanely luxurious residential skyscraper in the heart of New York, whose main tenant Mr Shaw (Alan Alda) happens to be one of those fraudster types. Thanks to his heartless plundering antics the block’s staff all find themselves swindled out of their pension funds, so with the help of some embittered colleagues, Kovacs plots to storm his apartment and steal his emergency fund kitty, which they guestimate to be worth in the region of 20 million dollars.

The rest of the time is spent watching them bungling around, getting constantly screwed over by Eddie Murphy’s character Slide, whom they’re convinced as an excon will be able to help them with their plot, despite ongoing proof to the contrary. No easy laugh is left unturned, and I found myself chuckling along at least some of the time, enjoying the good humour behind all the silliness. Case in point: man locked in cupboard plus salsa music = quite funny actually. Ahem. Luckily for high quality cinema, we took ourselves off afterwards for a dose of Moneyball at UGC Les Halles, and it was quite a different pair of sleeves, as the French would say (trans: kettle of fish).

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Sleeping Beauty

In a nutshell: A pretty young woman gets paid to get drugged and sleep naked at the mercy of old impotent men. An atmospheric kind of a movie: very cerebral and sophisticated, very empty too. I clearly saw the path the director, Ms. Leigh, was taking towards beauty, but I also felt the one most spectators erred towards: sleeping…

Les auteurs de Franglaisreview partent parfois en promenade mais, s’ils le peuvent, ils s’arrêtent dans les cinémas des lieux qu’ils visitent. C’est à Lille, au confortable et cossu Majestic, que nos pas nous menèrent pour aller voir un film australien présenté à Cannes en 2011, le premier de Julia Leigh : Sleeping Beauty.

Le point de départ de ce film n’est pas le célèbre conte de Perrault, mais bien plus celui des nouvelles de Yasunari Kawabata et Gabriel Garcia Marquez où des hommes paient des fortunes pour passer une nuit à se reposer auprès de belles endormies. L’originalité tient à ce que la focale reste sur la jeune femme plutôt que ses clients.  Après un début mystérieux et érotisant, Mme Leigh dresse un portrait ambigu d’une jeune fille, Lucy (Emilie Browning) entre audace et passivité qui prostitue ses talents et en tout premier lieu son corps, sans bien savoir pourquoi ni dans quel but.

"Voulez-vous coucher avec - enfin à côté de moi - ce soir" (air connu)

Cérébrale et esthétisante la caméra suit les provocations inertes et sans surprise de l’héroïne dolente, à la chair désirée mais languissante, et les nuits frustrantes ou apaisantes des vieillards qui la rémunèrent. Réceptacle vide, Lucy, inconsciente, échange durant ces nuits étranges, un peu de sa pureté, de sa beauté et de sa jeunesse et se remplit des émotions de ses clients. Les jours qui suivent ces nuits étranges semblent prendre pour elle la teinte de l’état d’esprit dans lequel chacun de ces gérontes débute sa soirée.

Quoi que… car Mme Leigh a le talent de présenter un film qui tel une page blanche est si ouvert et si distant qu’il laisse tout loisirs à son spectateur de laisser flotter son imagination et nourrir de ses interprétations et surinterprétations une suite d’images étonnamment neutres en dépit de scènes de nudité ou de violences émotionnelles fréquentes. En découle une attention bienveillante et lointaine pour les protagonistes, une admiration polie pour la beauté de la photographie et des regrets que Jane Campion, marraine de ce projet, n’ait su donner à la réalisatrice quelques conseils pour juguler ses appétences à la sophistication absconse et au snobisme et quelques autres pour mettre plus en avant son talent pour les atmosphères étouffantes et ouatées, et ses capacités d’invention, de jeu avec la grammaire cinématographique.

En résumé : une belle étudiante australienne se lance dans le travail du sexe ‘haut de gamme’. Il y a des belles images mais il y a surtout une effroyable froideur, et l’ennui est également souvent au rendez-vous …

We went to Lille this weekend to visit friends (only an hour away from Paris by train – so quick!) Besides discovering the city and eating huge amounts of delicious food, we also picked a film to watch. This proved complicated, as the options were often uninspiring, or had already been watched by at least one of us. Among the slim pickings left was Australian director Julia Leigh’s debut film, the intriguing sounding Sleeping Beauty, which was presented by Jane Campion and had been nominated for the main award at this year’s Cannes film festival.

It stars Emily Browning as Lucy, a disaffected university student with porcelain skin who decides to supplement her jobs as a waitress, a medical guinea pig and an office assistant with hefty money as an ‘adult silver service’ waitress, who then upgrades to ‘lying naked in bed drugged asleep with wealthy, impotent old men’. The story is strongly influenced by the original 1964 novel by Yasunari Kawabata, The House of Sleeping Beauties, which recounts a brothel where men pay to spend time with sleeping women. This time, however, the tale is presented from the woman’s point of view.

A different kind of student job to waiting tables

We see Lucy elegantly flouncing through her life in a nihilistic daze, highly disconnected from everything, and happy to press her body into service when the opportunity arises. The film starts in the most unlovely – and unsubtle – way with medical researcher stuffing a tube down her neck, which made her gag, and my eyes water.  But Emily’s less overtly unhappy and much more numbed by life: she appears to be past caring about much, but is still smart and resourceful. She also seems bored in that nothing-is-exciting, too-cool-for-school way which plummy-voiced maîtresse de maison, Clara (Rachael Blake) finds perfect for the sack-of-potatoes high-class sex work she has to offer.

It’s coldly elegant and poised, but left little emotional impact on me other than a sense that surely there has to be more to life than this, for both Lucy and the more-money-than-sense wrinkled basket cases that decide to invest in a night with her. It offers such a blank canvas that it’s possible to project a range of thoughts and interpretations onto her story. I was left with the impression of a very young woman who’s struggling to maintain a connection with her own emotions and whose choices keep her stuck in that state, adding layers of further trauma over the top. So it’s quite bleak viewing, albeit with splashes of beauty and some striking, if cold, imagery.

http://sleepingbeautyfilm.com/

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In Time (Time Out)

In a nutshell: Andrew Niccol’s new sci-fi movie stems from a very powerful premise: “money is time”. Literally. But unlike in Gattaca, he doesn’t seem to be able to do anything with it and In Time times out.

Une fois n’est pas coutume, Miss J. bouillait d’impatience et me pressait d’aller voir le nouveau film du Néo-Zélandais Andrew Niccol In Time (bizarrement adapté en Time Out en hum vf). Etait-ce parce qu’elle se souvenait de l’excellent Bienvenue à Gattaca, qu’elle souhaitait une suite au cynique Lord of War ou qu’elle se réjouissait de retrouver Justin Timberlake, je l’ignore. Mais nous fûmes dès sa sortie assis confortablement à attendre que ce nouveau monde dystopique se déploie.

Evidemment il nous fallut supporter les mêmes annonces promotionnelles irritantes à force de répétition, mais, enfin, Jean Mineur termina son petit déjeuner bio, des dessins mal animés achevèrent de vanter une assurance prétendument militante, un petit “crossover” fit disparaître le travesti noir qui habituellement concluait son spot, et Charles Bukowski cessa de se retourner à toute allure dans sa tombe face à l’usage qui était fait de son poème “Le coeur riant” dans une publicité de jeans. A l’instar du message promotionnel, le film débuta de belle manière, épris de liberté et droits sociaux et fonça™ dans le mur.

Dans le mur, avec application.

Grosse déception car les prémisses de l’histoire stimulent. Niccol crée un monde où le temps est l’argent et chacun a l’obligation de l’utiliser comme mode de règlement. Chacun s’arrête de vieillir à 25 ans et a une année de capital à dépenser ou faire fructifier, avant de mourir. Les pauvres n’ont en conséquence pas le temps de vivre, tandis que les riches sont immortels ayant amassés décennies, siècles, voire millénaires. Les aspects métaphysiques du concept passionnent, mais Niccol n’en fait – quel est le mot déjà ? – rien.

Plutôt que d’explorer ce que jeunesse éternelle signifie, ou combat pour chaque seconde, ou même les tensions intergénérationnelles ou incestueuses, puisque dans cet univers tout le monde a 25 ans, Timberlake et Seyfried incarnent assez platement une version bâtarde de Bonnie & Clyde mollachue et de Robin des Bois inepte. La société dans laquelle ils s’ébattent a peu de sens et leurs péripéties n’offrent une logique que très lacunaire. Les poursuites que l’on espère haletantes s’achèvent en bus, devant le regard déçu de l’impavide policier (Time Keeper) qui ne peut absolument pas deviner où ils vont, et l’héroïne trouve pratique de courir en talon aiguille pendant des heures.

La tenue biathlon "in time"

Si l’on peut apprécier l’esthétisme froid choisi par le réalisateur, la beauté figée de ses actrices qu’il semble favoriser depuis S1mone, et s’amuser de sa (très lourde et très surlignée) métaphore filée sur la cruauté et l’injustice du capitalisme actuel, on peut regretter un manque de tension notable en dépit des compteurs qui s’épuisent. Hormis Cillian Murphy qui insuffle à son personnage ce qu’il faut de désenchantement, les autres protagonistes sont plus proches de pantins sexy que de héros incarnés.

Bien dommage, donc, qu’un si fort potentiel ne se réalise pas. Même l’histoire d’amour des deux personnages principaux ne livre pas ce qu’elle promet et le monde décrit finit par devenir aussi factice que celui du Truman Show, premier scénario à succès de Niccol. “L’absence ni le temps ne sont rien quand on aime” écrivait Musset, ici on n’aime peu.

En résumé: Grosse déception que ce film, qui avait l’air intrigant avec son histoire dystopique et très d’actualité dans ce monde de corruption financière et d’injustice sociale. Mais non, c’est juste mauvais, même si parfois c’est si mauvais que c’est drôle.

Ok, so with hindsight there were a fair few warning signs this film would turn out to be a giant turkey. If nothing else, they released it in France the day before Thanksgiving. (Ooh, and talking of giving thanks, a big Welcome Back to Paris to Marks & Spencer! Just in time for mince pie season!)

So, Time Out, apart from being a great guide to some of the world’s most exciting cities, and a listings guide for London that’s 15 times more expensive than its Parisian counterparts L’officiel des spectacles and Pariscope, is the dubious French ‘translation’ of the original title In Time. Why did they do that? Did they think that the French would have seizures on the pavement trying to force the horribly hard to pronounce ‘In Time’ from their mouths? Anyway, Time Out it was: time out from scenario credibility, convincing acting, and quality filmmaking.

But… Andrew Niccol’s lumbering bird of a flop was still a lot of fun to watch. Firstly, to join in with the other people in the audience who were pointing and laughing at various stages of the scenario. After the initial stomach-sinking oh-no-this-is-not-going-to-work feeling, I settled in and sniggered along with everyone else. It’s a shame though, as it really did sound like it could be a good dystopian drama, all the more satisfying thanks to being a pointed critique of unregulated capitalism. Transposed into a world where money is time, everyone has a ‘die by date’ and they have to earn the minutes of the rest of their lives. The poor wake up in the morning with barely minutes to their name, the sheltered minority swan around with thousands of years banked up.

It... it's a giant turkey... RUN!

Unfortunately this allegory keeps collapsing in on itself and is so fifty-foot-high that it quickly starts to grate. If Justin Timberlake’s character is low on time at the start of the film, he has ten-figure moral capital throughout. His Robin Hood routine comes from a place of towering righteous indignation – which although justified given the scenario he’s stuck in, doesn’t budge an inch throughout and starts to grow old. Don’t even get me started on the idiotic policeman ‘time keeper’ (Cillian Murphy) who, as Monsieur D has rightly pointed out, doesn’t even have the brains to work out where Timberlake and his rich hostage/girlfriend (Amanda Seyfried) are going when they make an escape on a city bus.

Anyway, if you go and see this, OD on a huge bucket of popcorn and why not a big packet of chocolates, perhaps have a drink or three beforehand, expect to point and laugh, or perhaps to take refuge in the fact that at least something this huge has very decent sentiments underpinning it. Unless you’re a casino capitalist that is, in which case, welcome to the blog, and please feel free to slip us a fiver. Actually, Monsieur D asks if you could make that a tenner.

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50/50

In a nutshell: Tough to have a rare type of cancer that leaves you with a 50/50 chance of making it. The same goes for your personal relationships apparently, but Adam (Joseph Gordon-Levitt) can count on Seth (Rogen) and his humour to cheer him up, and so can we. 50/50, no, a bit more like 65/100.

Adam (Joseph Gordon-Levitt) a 27 ans et une vie prudente et saine, il découvre que cela ne lui garantit rien et tombe de haut quand son médecin lui apprend que les douleurs qu’il éprouve depuis quelques temps sont imputables à une forme maligne et rare de cancer qui ne lui laisse au mieux qu’une chance sur deux de survie. Débute alors la narration de son combat contre la maladie épaulé par une thérapeute débutante (Anna Kendrick), une compagne absente (Bryce Dallas Howard), une mère envahissante (Angelica Huston) et un ami grossier et amusant, plus attentif qu’il n’y paraît (Seth Rogen). L’ensemble crée un mélodrame de compétition, si ce n’est qu’il s’agit d’une comédie.

Savoir s'enflammer pour l'art-thérapie

En effet, à chaque fois que le film est tenté par le larmoyant, Seth Rogen l’en sort à coups de vannes gaillardes, de grognements ou d’humeurs grivoises. Et cela marche. Alors que son personnage de lourdaud grande gueule était éprouvant dans le Frelon Vert et bien qu’il soit assez visiblement en roue libre, il est ici très à propos. Cela s’explique sans doute du fait que 50/50 est tiré d’une histoire vraie, celle de Will Reiser ami de Seth Rogen et Evan Goldberg, co-scénaristes et producteurs de l’oeuvre. Ce côté vécu explique peut-être le refus de la mièvrerie et du pathos qui grèvent de manière conséquente les films sur des maladies mortelles. Si Jonathan Levine, le réalisateur, n’évite pas le piège du sentimentalisme et fait preuve d’une faible imagination cinématographique, il réussit à préserver un rythme et une ambiance de comédie douce et acide plutôt plaisante.

Alors oui, les situations sont attendues, la fin évidente, et nulle surprise ne viendra rehausser la mécanique de cette formule, mais le punch des répliques, une ou deux scènes d’anthologie et le talent des acteurs (à l’exception de Mlle Kendrick, sotte musaraigne peu crédible en psychothérapeute débutante) font passer un moment prévisible mais attrayant. Le film est mineur et réussi car émouvant et drôle, proposant une histoire d’amitié masculine sensible plutôt rare dans le cinéma américain.

En résumé : Adam (Joseph Gordon-Levitt) découvre qu’il est atteint d’un cancer rare à seulement 27 ans. Heureusement pour lui, son meilleur ami Kyle (Seth Rogen) ne l’abandonne pas et il apprend à vaincre ses peurs face à la possibilité très tangible de la mort. C’est un film plein d’humour, et c’est tant mieux.

There were a few things going for 50-50 that got it onto my ‘want to watch’ list, not least that it was showing just next door and that it features Seth Rogen, who usually guarantees a robust, pretention-free comedy factor. I was thinking The Green Hornet, Superbad, Knocked Up… And I overlooked any nagging concern that the film also stars Joseph Gordon-Levitt, whose performance in the sniveling mediocrity-fest that was (500) Days of Summer should have earned him an Academy Award for Best Performance Ever of an Annoying Overgrown Adolescent. Given his talent for glum, pained performances, he’s well casted for 50/50, where he plays a young journalist, Adam, who suddenly discovers he has a rare malignant multi-syllabic tumour growing up his spine. And 50/50 odds of survival.

The film fails to descend into an unwatchable hand-wringing, tear-jerking TV soap opera affair thanks to an honest script with plenty of comic breaks. While there’s nothing astoundingly good about it, it’s filled with convincing, often touching details. It was little surprise to learn the film is based on the experiences of Rogen’s friend and comic script writer Will Reiser’s own battle with cancer, which he’s described as a “really absurd, surreal experience”. Particularly convincing is how Adam gets to discover who his true friends are through his diagnosis. While the portrayal of his then girlfriend (played by Bryce Dallas Howard) lurches into caricature, it does convincingly convey how some people buckle under the burden of this kind of profound personal crisis, while others (Rogen’s character Kyle, the loud, brash best friend) find a way to leverage their fears into action and to stand by their friends.

Friends through thick and thin

All said and done, it does at times feel a little like a television drama – the scenes between Adam and his spectacularly gauche beginner therapist (Anna Kendrick) are particularly padded. But it was a good watch – it deals with cancer unflinchingly and humorously, and engages wryly with how it feels to be accidentally breaking a social taboo – having cancer at the age of twenty-seven proves quite the conversation stopper, and not the best way to pick up girls despite Kyle’s best efforts to use it as a sympathy magnet. If not quite worth beating down the door of the cinema unless it happens to be showing close by at a convenient time, it definitely left a good impression.

http://www.50-50themovie.com/

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Killer Elite

In a nutshell: The poster says it all, it’s going to be about men, guns and sunglasses (sure sign of coolness and spy work), if you want anything else, you’ll be sorely disappointed. If you’re fine with that, Killer Elite will prove a modest but solid B movie.

J’espérais convaincre Mr. J.A. d’aller voir Killer Elite, première réalisation couillue de Gary McKendry, mais en vain, celui-ci a préféré partir momentanément sur les plages du Mexique pour réviser son espagnol (- ¿Cómo se dice “cocktail” en español? – Cóctel!  – Ah, sí, entonces voy a tener uno más). Il n’y aura donc pas de contre critique en anglais, Miss J. ayant préféré elle aussi les joies des boissons alcoolisées aux brutalités viriles du grand écran.

Killer Elite n’est pas un film que l’on peut qualifier d’intello. Son héros, un tueur d’élite au grand coeur, interprété par Jason Statham, règle ses problèmes par une philosophie très appliquée, celle de la torgnole joyeuse ou celle généreuse de ses amis Smith et Wesson, toujours prêts à aboyer dès que la situation se tend. Et, franchement, dans ce genre de film, la situation commence tendue. La suite est si raide qu’on frôle l’ankylose.

Comment mettre quelqu'un à chaise (ou H.S. je ne sais jamais)

J’hésite un peu à vous présenter l’argument du film car on ne peut pas dire qu’il soit d’une importance majeure dans le plaisir que vous éprouverez (ou non) à voir Danny (Statham) se mesure à Spike (Clive Owen) pour sauver son mentor, Hunter (Robert De Niro). Ce dernier a d’ailleurs l’air tellement heureux qu’on lui ait confié une mitraillette que j’espère qu’on la lui a donnée à la fin du tournage.

Tentons néanmoins une forme de résumé partiel: des S.A.S. ont assassiné 3 des quatre fils d’un riche cheik lors des opérations britanniques durant une de leurs opérations moyen-orientales. Celui-ci est un peu colère et est prêt à tout pour venger dans le sang son triple deuil. Il apprend (sans doute sur tueurdelite.com) que le meilleur pour ce genre de mission serait un certain Danny (Aaaah), mais que celui-ci a pris sa retraite (ooooh) après une mission de trop.

Afin de le motiver, le cheik enlèvera son meilleur ami et mentor, Hunter. Pour le sauver, Danny reformera son ancienne équipe, composée notamment d’un magnifique moustachu, Davies (Dominic Purcell superbe et méconnaissable). Il iront ensuite gaillardement mais discrètement supprimer les coupables, commandos ultras entrainés qui font passer les Marines pour des  bambins peureux et maladroits (Le film le dit en d’autres termes mais c’est l’idée). Et c’est là que le bât blesse, ceux-ci sont protégés par une société secrète d’anciens officiers du SAS, les Feather Men, dont l’homme-lige est le dangereux Spike, déterminé à faire passer de vie à trépas tout inconscient qui voudrait s’approcher de trop près de ses frères d’armes. Autant vous dire que ça va ch… auffer.

Dispute de barbouzes (et moustachus)

S’inspirant du livre d’un ancien officier du Special Air Service, Ranulph Fiennes, Killer Elite est censé représenter des événements plausibles qui se seraient passés dans les années 1980, je ne sais pas si le résultat est aussi convaincant que le souhaiterait Gary McKendry, mais il est assurément amusant et testostéroné.

Série B décomplexée, les scènes d’action sont bien découpées, les acteurs réjouissants et les enjeux moraux suffisamment crédibles pour que l’on suive sans déplaisir la distribution de coups de tatanes de Statham. On regrettera quelques confusions, une intrigue parfois bancale ou lâche et les maladresses sentimentales du héros que McKendry peine à insérer dans sa narration. Mais on n’en voudra pas à son réalisateur, dont c’est le premier film, son Killer Elite est  une jolie et distrayante récréation adrénalinée.

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L’ordre et la morale

En résumé: L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz traite de la prise d’otages qui a eu lieu en Nouvelle Calédonie juste avant les élections présidentielles de 1988. Film d’action ou documentaire politique? Un peu des deux, mais ni l’un ni l’autre ne m’ont totalement convaincue.

Matthieu Kassovitz directs and stars in L’ordre et la morale, a drama about the hostage crisis which hit the French territorial island of Ouvea in New Caledonia in May 1988, in the immediate run-up to the 1988 French presidential elections. Kassovitz’s character, Captain Philippe Legorjus of the National Gendarmerie Intervention Group, is sent to the island to ostensibly broker a peace deal with Kanak militant separatists, who have taken thirty local gendarmes hostage, and killed several others. This was in a botched attempt to peacefully occupy local gendarme headquarters in order to raise their group’s profile in the run-up to the elections.

By the time Legorjus arrives, the island is already overrun by various factions of the French military, all of whom have been sent to clear up the situation as quickly as possible, indeed, ‘by whatever means necessary’. When Legorjus tries to make contact with the FLNKS separatists, who are holding their hostages in underground caves in the middle of thick tropical jungle, he finds himself taken hostage in turn along with five of his men. There he starts to enter into negotiations with the group’s leader, Alphonse Dianou (Iabe Lapacas), who seems much more open to negotiation than might be expected given the tendency of certain French mainland politicians – not least Chirac who can be seen clashing with Mitterrand in a televised debate which features in the film here – to portray the group as extremist terrorists.

Friendly neighbourhood gendarmes on jungle treck

Legorjus manages to negotiate his freedom and to begin work on reaching a form of compromise, but the film presents his efforts as doomed from the start, because of the electioneering impetus for the French government to be seen as taking a tough stance. The film indeed begins by presenting the full-on French army attack on the separatists’ base, which freed the hostages but killed thirty militants and two French soldiers. The rest of the film is a flashback count-down to those bloody moments, a ‘how did we get here’-type affair which blames electioneering for the failure to engage in a more protracted, but less devastating, strategy of dialogue. Failure to do so leaves Legorjus stuck in the middle, with a sense of great injustice.

L’ordre et la morale has proved controversial with certain politicians and residents of Ouvea alike. The island refused permission for the film to be shot there, and the film will not be screened in New Caledonia, as the owner of the only cinema in Noumea, its capital, judged the subject matter too sensitive.  The UMP boss of the southern province of the island, Pierre Frognier, has criticised the film as overly subjective and ‘caricaturised’, while relatives of the dead have commented that it has rubbed salt in old wounds.

Fanning the flames of an old controversy

None of this of course answers the question as to whether it’s a good watch or not. I found the film’s hybridity between political documentary and tense action thriller a little awkward. There was no great dramatic tension as the ultimate military crack-down was the first thing we saw, which left the documentary side of things, which while interesting, I personally find more edifying in archive format – perhaps that’s the researcher in me – indeed the film’s website has a good compilation of just such archives. I also couldn’t easily forget that I was watching Matthieu Kassovitz the actor rather than Philippe Legorjus, and although his performance is entirely to his credit, it did feel a little like the Matthieu Kassovitz show, and it was sometimes hard to look beyond that.

There is an overbearing sense of caricature hanging in the air, although it’s hard to decide whether it helps to heighten the reality of the events or to distort them. It’s also certainly not a film to watch if you’ve got a headache of any sort as it crashes and booms from start to finish. It is however well played by all concerned and, when I look at the archives, often eerily close to the original television footage.

http://www.lordreetlamorale-lefilm.com

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La Source des femmes

En résumé: Les femmes d’un village entre l’Afrique du nord et le Moyen-Orient font la grève de l’amour pour essayer de convaincre leurs maris daller chercher l’eau à la source en haut de la montagne à leur place. Film un peu lent, où la caricature n’est jamais loin, qui est également drôle et souvent réjouissant.

La Source des femmes is the work of Radu Mihaileanu and Alain-Michel Blanc, the directorial and scriptwriting team behind Le Concert. This time they have left the angst-ridden former Bolshoi ballet behind for an anonymous village somewhere between North Africa and the Middle East, where trouble is afoot. Drought has been blighting the region for a decade, and lazy infrastructure development means the only source of water is small conduit high up in the hills. While the village’s largely unemployed men put their feet up, it’s the women – as tradition dictates – who hoist themselves huge distances to fetch the water. This is exhausting at best and miscarriage-inducing at worst.

Leila, played by the lovely Leïla Bekhti (for one of the most emotional acceptance speeches ever see here), is a newcomer from the south who has married for love, and acquired the mother-in-law from hell for her trouble (Fatima, played by Hiam Abbass). Luckily, she also has a sweet sister-in-law, Loubna Esmeralda (Hafsia Herzi). Leila’s particularly disgusted at what the village’s women have to endure. The grande dame of the village, ‘Old Pistol’ (Biyouna) urges the village’s women to agree when Leila calls for a ‘love strike’ to change their men’s minds about the water situation if they ever want to have sex again.

More than just water is hanging in the balance

As the strike kicks in, some of the village’s men resort to beating and raping their wives, while others such as Leila’s schoolteacher husband Sami are much more conciliatory, although the pressures on the women to capitulate are still immense. When some of the women waver owing to their husband’s brutality, Old Pistol asks them how they ever hope to stop their husbands treating them like cattle if they give up, and if they think that their husbands will love them any more if they continue to accept their violence. The answer being no, the strike escalates.

There are some very warm, entertaining moments, such as when some oblivious tourists are shown around the village for a fee and treated to a traditional performance where the women begin to pepper their singing with criticisms of their husbands’ heartlessness, while the men are forced to continue clapping along with increasingly forced smiles on their faces. There are warm and spirited performances from the actors, and although the film takes a pace that often felt too sluggish for me, it’s uplifting to watch the women making increasingly effective strides in their fight for respect and greater equality. There’s a bit too much typecasting swilling around in the mix, and it’s yet another of those films whose trailer takes care to highlight most, although mercifully not all, of the major plot developments.

A possible breakthrough: village man offers to pour own tea

I did often find myself regularly wanting to punch a wall thanks to the sheer dolt-headed bloody-mindedness of many of the village’s men in the film – the ‘next they’ll be wanting washing machines’ line of argument went down particularly well. I could feel the strings being pulled though, and resented that for its heavy-handedness. But I was far from sorry for having gone, and am now left with increasingly positive memories of this warm and, at times, gently humorous film.

http://www.lasourcedesfemmes.com/

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Polisse

In a nutshell: Maïwenn presents Maïwenn : shame. She also presents the daily chores and duties of the officers of the Child Protection Police, which is both fortunate and often powerful. A mixed bag of a movie.

Remarquable est l’idée de traiter le travail de la brigade de protection des mineurs (BPM) et on ne peut que saluer l’audace et la motivation de Maïwenn (Le Besco) pour écrire et monter un projet de cette envergure. Toujours entourée de ses amis acteurs, tous plus célèbres les uns que les autres, elle réussit à créer un esprit de troupe qui transparait à chaque image et ajoute au percutant des situations.

Mélissa, une jeune photographe (Maïwenn), mal dans son couple, se voit chargée, sans doute par népotisme, de suivre et promouvoir le travail de la BPM. Elle apprend à connaître les membres de la brigade du 19e arrondissement, leurs devoirs, leurs obligations, leurs plaisirs et leurs fêlures et tombe même amoureuse de Fred (Joey Starr), lieutenant soupe au lait, toujours à fleur de peau. Mais la vie de ces policiers est âpre et la tragédie jamais très lointaine.

Joey Starr nique la peau lisse (désolé ...)

Ce film semble programmé pour recevoir des éloges, mais il m’a laissé mi-figue mi-raisin, tout comme le couple ami qui nous accompagnait Miss J. et moi. Certes quelques moments sont émouvants, quelques scènes choquantes ou intéressantes mais l’ensemble ressemble plus à un long catalogue racoleur qu’à une histoire en laquelle croire. Ardu de bien saisir l’intérêt du rôle tenu par Maïwenn, il ne sert narrativement à rien, si ce n’est peut-être à nourrir le narcissisme de la réalisatrice. L’usage de son appareil photo souligne plus encore le recours au cliché et rend le film assez artificiel. D’autant plus que les acteurs, tous connus, n’ont pas réussi à me faire oublier qui ils étaient.

A l’exception de Marina Foïs, s’effaçant derrière Iris, j’ai vu et admiré Karine Viard, Frédéric Pierrot, Nicolas Duvauchelle, Audrey Lamy, Anthony Delon, Sandrine Kiberlain, Lou Doillon et j’en passe. Ce fut un moment agréable, mais un moment qui jurait avec la volonté réaliste, presque documentaire de Polisse. C’est d’ailleurs une impression très télévisuelle qui s’est imposé à moi au fil du film, les épisodes successifs qui scandent la vie de ces policiers font penser à un épisode dense de Urgences influencé par Envoyé Spécial. Je ne m’attendais pas à voir surgir Françoise Joly et Guilaine Chenu, mais n’aurais pas été surpris si cela avait été le cas.

Après la route du Rom, Françoise et Guilaine nous emmèneront sur la route du rhum, pour oublier.

L’enjeu des scènes, toutes motivées par la colère et une impudeur mesurée que l’on retrouve dans le travail de la réalisatrice depuis son premier One Woman Show (que j’avais beaucoup aimé), se concentre d’abord sur la vie personnelle de tous ces héros du quotidien, si compétents dans leur emploi, si blessés dans leur intimité (l’une boit, l’autre est anorexique, la troisième divorce, etc.) et font passer au second plan le travail de ces flics. La douleur, la bêtise, la violence auxquelles ils sont confrontés deviennent anecdotiques et j’aurais souhaité savoir ce qui arrive aux enfants roms enlevés à leurs parents, à ce garçon malien séparé de sa mère, ou même à ce riche et puissant père violeur, frappé par Fred (Joey Starr), dont l’acte ne semble d’ailleurs déboucher sur aucune sanction.

Ce mélange hétérogène entre comédie de moeurs, mélodrame et témoignage sur un métier difficile et précieux laisse donc perplexe. Et si certaines scènes sont très réussies (la danse en disco), certains instants très drôles (un interrogatoire autour d’un Coran), certaines répliques profondes, d’autres sont vulgaires, balourds, voyeurs, presque insupportables – Les enfants roms qui dansent dans le bus qui les emmènent, ou tous les moments narcissiques de Maïwenn avec Joey Starr. Mais, malgré mes critiques, à l’instar de l’ancien rappeur de NTM, Polisse a des qualités de punch, de vivacité, de crudité nécessaire qui font de cet objet un film marquant et saisissant.

En résumé: Polisse est un drame d’une dureté certaine sur la brigade de protection des mineurs dans le 19ème arrondissement de Paris. Il y a des moments forts mais c’est trop long, il aurait vraiment fallu couper la romance improbable entre les personnages de Maïwenn et de JoeyStarr.

I tried to forget how very much I’d hated Maïwenn’s 2009 film, Le bal des actrices, when I went to see this new production (Le bal des actrices came out just before we started Franglaisreview but I would have torn it into little pieces had I had the opportunity). Happily, Polisse is much, much better, if not an easy watch given its subject matter – presenting a ‘fly on the wall’ pseudo-documentary glimpse into Paris’ 19th arrondissements’ child protection police division.

Maïwenn not only directed the film, but unfortunately also features in it. She plays one of the least convincing roles in the drama as Mélissa, a gauche photographer with connections who is allowed to shadow the division’s ‘gritty’ lives in order to produce some kind of coffee table art book, if I understood correctly. She then proceeds to get in the way and to have a highly improbable romance with one of the police officers, Fred (JoeyStarr). His defining characteristic is finding everything to do with his work with vulnerable minors enraging and/or outrageously mishandled by his boss, who he likes to shout at. Their romance proceeds to clog up the screen and add wasteful minutes to what’s already a lumbering beast of a production, which had more than a few people fidgeting in their seats by the time it finally wrapped up – although to be fair, there was also a round of applause, which surprised me a little.

Signs the police are annoyed no. 23: arm crossing

I feel like I’m talking myself into trashing the film by starting with its weakest points, so I’ll quickly move on to some of its strengths. Maïwenn shot the film in a semi-structured way, leaving the actors lots of leeway to improvise in a way that enhances the realism and the immediacy of the action. It makes for a very tense watch at times, as the scenes switch between interrogations, raids, and more disturbing material –  it is all about a child protection unit after all, and the film seems quite determined to cover as wide a gamut of ‘very bad things that can happen to children’ as possible.

At times I felt uneasy and found myself thinking back to a very different film, Precious. There’s a similar sense of ‘social porn’, and there’s a voyeuristic aspect to how the film flits from one case to the next, sometimes without returning to follow through on the stories it dips into.  But Polisse conveys sympathy and humour in its presentation of the work of the police officers. It directs a critical eye to how these officers are considered low down in the police food chain because they ‘only’ work with children, highlighting the versatility and strength the job demands, and the extent to which their task is frequently made needlessly overwhelming through a lack of resources. The film is pretty heavy-handed in its symbolism in bringing this home, but the ‘unsung heroes’ message certainly gets through.

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Mon pire cauchemar

In a nutshell: Another cliché-ridden movie, but where Intouchables worked, Mon pire cauchemar hesitates between laughter and sighs. Worth seeing for Benoît Poelvoorde and Isabelle Huppert.

Difficile de ne pas être attiré par la distribution stellaire du dernier film d’Anne Fontaine, Poelvoorde, Huppert, Dussollier, l’affiche est alléchante. La rencontre entre la plus talentueuse et éclectique de nos actrices rousses et, probablement, le meilleur acteur francophone de sa génération (il est né en 1964) ne déçoit pas, le film un peu tout de même.

Confronter des personnages que tout oppose et les obliger à s’entendre est une des bases de la comédie, ici une grande bourgeoise acariâtre et roide (Huppert), directrice de la Fondation Cartier, doit tolérer chez elle un bricoleur inculte, rabelaisien et alcoolique qui rénove son appartement et est le père du meilleur ami de son fils. Ils se trouvent mutuellement insupportables, ils finiront évidemment par s’entendre.

Et avec ce bruit, pas si simple de s'entendre.

Anne Fontaine offre malheureusement un scénario bancal et attendu à son exceptionnelle distribution et si ses dialogues sont soignés et régulièrement amusants, les situations dans lesquelles elle emmène ses personnages ne s’imbriquent pas avec la cohérence et l’originalité que l’on pourrait souhaiter. Difficile de ne pas anticiper la scène suivante et de ne pas être surpris par une fin banale, laborieuse, un rien caricaturale. L’arythmie amenée par le peu de développement des histoires connexes, pourtant très présentes, contribue également à modérer le plaisir de cette jolie association de talents.

On passe néanmoins un moment agréable car certaines scènes sont délicieuses (Dussollier découvrant le quotidien macrobiotique de sa nouvelle compagne, Virginia Efira), maintes répliques bien senties et les acteurs excellents. Ne reste plus qu’à espérer que la prochaine rencontre du comédien belge et de l’actrice française se fera à nouveau, mais cette fois-ci sur des chemins moins balisés.

En résumé: Une comédie sociale débordant de clichés mais très bien jouée en ce qui concerne l’excellent Poelvoorde. Ce n’est donc pas le pire des cauchemars.

Anne Fontaine’s latest production Mon pire cauchemar stars Isabelle Huppert as Agathe, a controlling, ultra-bourgeoise art gallery director in a bad marriage to literary editor François (André Dussollier). Alongside Huppert is the excellent Benoît Poelvoorde who plays Patrick, a random Belgian pseudo-handyman who lives in a large cupboard in the fifth arrondissement so that his intellectually gifted son can attend the ultra-elite Henri IV lycée by the Pantheon.

This is how Patrick runs into Agathe – bellowing his demands for greasier school dinners at a parents’ meeting. And so the cliché-peppered social comedy begins. Fast and furious love-hate capers commence as Patrick swiftly infiltrates Agathe’s family life through the friendship of their two sons. He manages to considerably loosen up hen-pecked François, who takes a shining for housing officer and tree hugger Julie (Virginie Efira). Meanwhile Agathe’s life starts to unravel take some interesting new directions.

This will all take some unraveling

It makes for a good-natured and frequently entertaining comedy, particularly thanks to Poelvoorde’s performance. It’s let down by an overly sinuous plot and some highly shaky scriptwriting – by the time it finally ends, it feels as though it’s completely lost track of its original starting point. Even for a comedy it all feels far-fetched, and a tad desperate for a laugh.

Inconsistent and laden down with tired clichés as it is, there are some memorable high points – from Belgian car washes with a difference to an avant-garde Japanese artist with a gift for descriptions of tomatoes. The actors manage to get the very best out of what they’ve got script-wise, which saves the day at the regular moments when it all starts to wobble precariously. At times it gets too much, but it pushes back with something winning – a bit like Poelvoorde’s character.

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Le cochon de Gaza

In a nutshell: Sylvain Estibal took a pig in a poke to tell the tale of Jafaar, a Palestinian fisherman, who caught the strangest fish of all, a huge Vietnamese hog. What to do with it? Maybe solving the Israël-Palestine conendrum. Or not. Absurd, poetic and funny, if that don’t beat a pig a-pecking!

Courageuse et belle initiative que celle du Cochon de Gaza, fable burlesque proposée par Sylvain Estibal pour exprimer son immense ras-le-bol face au  gâchis désespérant d’un conflit qui semble à jamais figé. Ni juif, ni arabe, le réalisateur ne prend pas parti et décrit par l’humour le combat d’un homme humble, le pêcheur Jafaar (interprété par le magnifique Sasson Gabay), qui essaie de survivre aux situations catastrophiques dans lesquelles il est projeté.

Comme le dit l’acteur : “On a l’impression que Jafaar se bat contre le monde entier, les soldats sont contre lui, les pêcheurs, les policiers, le jihad, l’administration… même la mer est contre lui ! Pourtant, il refuse de baisser les bras. C’est un de ces hommes très simples en qui chacun de nous peut croire.” Ramassant dans ses filets un imposant cochon vietnamien, Jafaar tentera de se débarrasser de cette bête noire, grognante et inconnue, pas franchement halal, avant de s’appuyer sur l’animal pour s’évader d’un contexte difficile.

Belle idée que de mêler humours glacé et cochon

Souvent très drôle, Le Cochon de Gaza fait ressortir avec talent les absurdités de cette guerre israélo-palestinienne perpétuelle sans diaboliser quiconque. Farce tendre, le film met en scène l’un des couples les plus attachants et les plus inattendus de cette rentrée et c’est avec bonheur que l’on suit les aventures du pêcheur et du porc dans un cadre magnifique. Ainsi les péripéties chaplinesques de Jafaar et son cochon sont ô combien plaisantes à suivre.

Le film se fait néanmoins quelque peu dépasser par son message de tolérance et après une première heure délicieuse et imaginative s’engonce lentement dans un moralisme onirique pesant. Le dernier quart d’heure lourdement symbolique est ainsi de trop et noie dans les bons sentiments et la bien pensance une loufoquerie originale, généreuse et sympathique qui mériterait sinon toutes les louanges.

En résumé: un pêcheur palestinien se surprend à attraper un gros cochon vietnamien dans ce film émouvant et comique. Surprenant et à recommander!

Sylvain Estibal’s Le Cochon de Gaza is a fantastic comedy set in the occupied territories about a struggling Palestinian fisherman, Jafaar (Sasson Gabay). His fish stocks are ever-decreasing, he has close to zero overland mobility due to all the roadblocks, his house has been half-destroyed and Israeli guards are everywhere, even in his living room watching soap operas, to his wife’s perplexity. Then one day after a storm, he somehow fishes a big black Vietnamese pig out of the water, which is of course a halal catastrophe.

Thinking himself to be even more cursed than previously and having no idea what to do with his grunting cargo, he  discovers that a woman in a nearby Israeli farmers’ colony breeds pigs. Soon, he is a fully fledged insemination facilitator, albeit wringing his hands in anxiety, caught between mounting debts and the disaster awaiting him if his multiple social and religious transgressions are to surface.

Not the easiest way to bring home the bacon

It’s all carried along superbly by Sasson Gabay’s wonderful performance as a man who finds himself pulling off increasingly heroic and farcical feats out of sheer expediency. He conveys the touching astonishment of someone whose ingenuity is just milimetres ahead of catastrophe at any moment, but who just keeps going somehow. Behind the comedy, the injustices and tragedies of the Gaza occupation are ever-present, but without resorting to preaching or demonising. This combination gave it a bite which was carried along through the modesty of its characters and the whimsies of its plot. An excellent watch!

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