Monthly Archives: December 2011

Pina

In a nutshell: Wim Wenders shows in 3D what Pina Bausch is all about and why she was one of the most important choreographers of the 20th century. Contemporary dance never looked this amazing. I was moved to tears.

Une merveille que ce Pina qui fera partie de mes dix films favoris, de mes cinq films favoris et peut-être même que ce sera mon film favori de l’année 2011. Et pourtant, pourtant, je n’ai jusqu’à présent pas trouvé le chemin de mon clavier pour le recenser. Une honte ! … Et dire que j’avais des tas de choses intelligentes à écrire, mais j’ai oublié la plupart d’entre elles, cela m’apprendra à remettre au lendemain.

Dans cette chronique et sur scène un mouvement vaut mille mots

J’ai tout aimé dans ce documentaire réalisé par Wim Wenders jusqu’à la 3D qui habituellement me fatigue ou m’irrite. Pina Bausch, encore en vie au début de ce projet l’avait imposée, on la comprend. La danse prend son ampleur, les diagonales qui traversent ses mises en scènes retrouvent leur sens, leur vérité, sa troupe impressionne, émeut, transporte.

Transportée ... (Et mille mots de plus).

Je n’ai après tant de temps que peu à dire, si ce n’est le partage d’un moment intense et beau où soudain la virtuosité des interprètes des visions et des rêves de la grande chorégraphe sont nôtres. On admire d’abord, on finit par ressentir ces fragments de peines, de violence, de joie, d’extase et on remarque avec surprise quelques larmes perler au coin de ses yeux et un sourire se dessiner au creux de son coeur.

Bouleversant.

En résumé : les émotions vives et le talent pur que propose cet hommage à Pina Bausch sont touchants et bouleversants. 

Wim Wender’s tribute to the late German avant-garde choreographer Pina Bausch makes for a wonderful watch. The 3D production was created in partnership with Pina’s original troupe in Wuppertal, and recreates a rich variety of her choreographies in various settings both in the theatre and in the open air.

Unfortunately, Monsieur D. and I were so blown away by this film that we have only just emerged from the speechless admiration stage, six months later, and frankly I think I’ll have to get the DVD if I’m going to be able to say much more than the fact that the dancing is breathtaking and poignant. It ranges from evoking the most fragile of human vulnerability to the most towering of rage and fury.

Gripping dance = not all tutus and swan lake

There are equally interviews with Pina’s dancers, who testify to their loyalty, admiration, affection and at times intimidation in the face of the talent of her talent and dedication. Overall it was an inspiration to watch and a privileged insight into Pina’s world – highly recommended.

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Le Havre

In a nutshell: Where would you find a Finnish fairy tale about a gentle shoeshiner, his sick wife and their friends helping out a young teenager immigrant to escape the police and eventually join his mother. At Le Havre of course, where Ari Kaurismäki offers us a bittersweet Christmas delight.

Le conte social est à la mode, le conte de Noël est de saison, Le Havre en est un tendre, discrètement drôle et joliment ouvragé. Aki Kaurismäki vient poser sa patte mélancolique, atemporelle et délicate sur la grande ville portuaire normande. Il a emporté avec lui ses deux comédiens fétiches Kati Outinen et André Wilms toujours admirables. Il a ajouté quelques aimables vétérans, Jean-Pierre Daroussin en costume de gestapiste revisité par l’Inspecteur Gadget, Jean-Pierre Léaud bien loin de Doisnel, et le merveilleux Pierre Etaix en chef de service à l’hôpital. Le lien est fait entre l’esprit Tati/Etaix et le réalisateur finnois, gai et mélancolique.

Refusant toute vulgarité ou colère inique, Kaurismäki rend ses personnages attachants et réussit, dans son scénario et son cadre, par petites touches, à faire apparaître la couleur dans un quotidien sombre. Si de prime abord le monde ni contemporain, ni nostalgique, ni ancien, les situations statiques et les dialogues légèrement surannés peuvent surprendre, voire rebuter, assez rapidement le charme agit et l’on suit sans déplaisir les péripéties de ces marginaux havrais conduit par M. Marx (Marcel, pas Karl, joué par André Wilms), désireux de sauver Idrissa, un enfant africain (Blondin Miguel), des services de l’immigration afin de l’aider à retrouver sa mère , immigrante illégale en Angleterre.

Derrière cette barrière prolétarienne, un jeune immigré, Marx et Laïka!

Kaurismäki propose sa version de Welcome, mais là où Philippe Lioret préférait le réalisme presque documentaire et le mélodrame, le Finlandais choisit la poésie, le burlesque et le réalisme magique. Cela lui permet sans dramatisation excessive de donner son avis sur les demandeurs d’asile, et en évitant toute poussée lacrymale, de partager son indignation, sa révolte. La fable est irréaliste et bienveillante, c’est ce qui la rend délicieuse. Les protagonistes sont tous d’une attendrissante humanité. Le charme passé de Little Bob, vieux rockeur amoureux, agit tout comme les monologues d’instituteurs du brave Marcel. Le film n’est pas grand mais il est touchant, chaleureux, solidaire.

Le Havre méritait mieux que La Beuz et Disco, La Fée et Le Havre ont remis les pendules à l’heure.

En résumé: une comédie dramatique drôle, tendre et douce-amère, à laquelle on ne peux qu’adhérer grâce à son charme et la qualité de ses acteurs. 

This is the second film I’ve seen this year set in Le Havre and which I’ve absolutely loved – the other one being La Fée. Aki Kaurismäki’s Le Havre stars André Wilms as Marcel Marx, shoe shiner extraordinaire and gentle good Samaritan, who lives on the brink of poverty with his ailing wife Arletty (Finnish Kati Outinen). He winds up helping out a young West African refugee, Idrissa (Blondin Miguel), who manages to flee from the immigration police after the container he’s hidden in fails to reach London and is instead blocked at Le Havre.

This film does grate a tad for the way it pointedly makes the city look as if it’s stuck in some kind of retro timewarp: from the buses to the furniture, the hospital to the small businesses, it looks like it got stuck somewhere prior to 1975, and seems to be revelling in the fact. But that’s not really what drew my attention the most – what makes this such a great watch is the gentle humour, the poignancy of the minimalist yet perfectly formed dialogues – and the spirit of human kindness which is celebrated without cheesiness and with clear sincerity.

Retro-chic in Le Havre

It’s pretty rare to get that kind of a combination. It’s one of those films which really captured my heart, eliciting great affection for the characters, admiration for their kindness and largely understated courage, opening up a space for optimism and creative action in a setting which, frankly, could be more than a little dreary and depressing. So hooray for Le Havre, and for the actors who put in a wonderfully engaging performance all round, and for a storyline that shows people nudging the world in a better direction, without stooping to preaching or finger-wagging. Oh, and it was a privilege to become acquainted with Le Havre’s musical legend that is Little Bob, making a cameo appearance.

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Shame

In a nutshell: Steve McQueen focuses his grey-blue lenses on Brandon (a superb Michael Fassbender), a lonely sex addict in New York. The visit of his sister, Sissy, will trigger his sense of shame about his lifestyle and his life choices. Beautiful but filled with truisms and rather dull. So much for so little … shame.

Aimez-vous le gris ? Le bleu ? Les teintes et les nuances qui séparent ces deux couleurs ? Shame est pour vous car Steve McQueen s’est chargé de vous montrer la vie de Brandon (Michael Fassbender, magnifique) dans ces coloris là. Parfois cela donne quelque chose de très beau, comme une ballade en métro et des œillades à une passagère, parfois cela fonctionne un peu moins bien, comme au restaurant lors d’un premier rendez-vous, le plus souvent ce n’est pas totalement dénué d’intérêt mais c’est esthétisant, froid et, pour mon goût, ennuyeux.

Pourtant il y aurait de quoi fasciner (au sens premier et pénien du terme), Fassbender sait être magnétique, il est obsédé sexuel, accroc à la masturbation, aux prostituées, aux sites internet, aux aventures d’une nuit, et même à celles d’une minute. Puritain dans l’âme, il en est honteux et l’arrivée de Sissy (médiocre Carey Mulligan), sa sœur fantasque, fait éclater le cadre protecteur de sa routine de publicitaire que la vacuité de sa vie pousse à chercher adrénaline et souffle dans la chair, ici fort triste. La tension incestueuse qui les lie ne les réjouit d’ailleurs guère.

L’histoire est attendue, sans surprise, sans joie, et trop longue. La scène qui résume le film est celle dans un bar chic où Sissy chante « New York, New York » avec une lenteur telle qu’il est possible d’entonner la chanson et de l’achever entre « New » et « York ». Et chacun de s’ébaubir parce que c’est un classique reconnaissable, qu’on est dans un endroit luxueux et qu’il y a une chance de coucher avec l’interprète, du moins si vous êtes le patron coureur de Brandon (James Badge Dale). Le tout filmé superbement avec les whiskies qui scintillent, la vue sur la ville qui ondoient, et Brandon, ému malgré lui, qui a honte de sa colère et de sa fierté. Maintenant pensez bleu-gris ! Et voilà !

Ca marche aussi en gris bleu.

J’exagère bien sûr mais il est vrai que j’ai été un peu déçu par le manque d’originalité de McQueen, qui empile les truismes attendus autour de la solitude sans érotisme de son héros. Ceux qui m’ont le plus chagriné fut le moment d’impuissance de Brandon pour la première fois dans les bras d’une compagne qu’il aurait pu aimer (ben tiens !) et celui d’un suicide dont je ne dirais pas plus pour ne rien révéler d’un des rares mystères du film, mais qui est d’une lourdeur et d’un pataud et qui est annoncé depuis si longtemps qu’on regrette presque qu’il n’ait pas lieu plus tôt.

Ni troublant, ni dérangeant, ni cru, ni particulièrement fouillé, Shame est trop lisse, trop mécanique et même trop prude pour marquer au delà d’une hautaine beauté de façade. Il offre en revanche un podium à un très bel acteur, Fassbender, qui depuis Hunger (du même McQueen) et Inglorious Basterds (de Tarantino) nous convainc à chaque film supplémentaire de son immense talent. Shame par son sujet offre également de très beaux sujets de conversations et ce sont celles entamées par la suite avec quelques amis et surtout avec Miss J. qui resteront dans ma mémoire. Rien que pour cela, merci M. McQueen.

En résumé : Ce film sur l’addiction sexuel est censé être profond, bouleversant, mais il est surtout à mourir d’ennui, même s’il laisse un arrière-goût de réflexion et quelques débats. 

Steve McQueen’s latest film Shame, starring Michael Fassbender as a miserable New York sex addict, is one of those films that leaves no doubt as to how seriously it takes itself. Beautiful shots abound, an aura of portentiousness towers over everything, and, unfortunately, gaping chasms of dullness rapidly yawn open.

Michael Fassbender deftly plays sex addict Brandon, whose life is laced with deadened emotional pain and spiced up with risky sex, or just a good session alone with his laptop, or in the privacy of his, er, workplace. The shame. Meanwhile, where Brandon is aloof and guarded, and high functioning career-wise, his troubled aspiring singer sister Sissy (Carey Mulligan) is absolutely all over the place. She turns up unannounced to trample pretty much every boundary he has, acting out her intense inner turmoil with all the consideration of a fifteen-year-old girl (which she is not). Incestuous undertones also come along for the ride.

Vaguely incestuous undertones, anyone?

The pair’s relationship plays out as a poignant, intricate dance, with Sissy desperately reaching out to Brandon as the only family member she has to turn to, strewing her stuff all over his apartment, which she gatecrashes having nowhere else to go, sleeping with his married boss in her brother’s own bed, and singing horrendously. Actually, I think the film meant to portray Sissy’s super-slow lounge bar version of New York as powerful, vulnerable and oozing raw talent, but it just made me want to pull my own fingernails out.

So in Shame Brandon is sad, Sissy is desperate, and New York is filmed in the style of the cover of a first class airport lounge ‘gritty’ photography magazine. Stylish, but sterile. The whole production grinds along, as achingly dull and numbing as Brandon’s non-life. I was deeply grateful when the whole thing  finally ground to a halt, and was more than pleasantly surprised when the aftermath of the film resulted in a lot more interesting conversation and debate than the original filmwatching experience itself.

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Hara Kiri : mort d’un samouraï – Ichimei

In a nutshell: Hara Kiri: death of a samurai couldn’t be a clearer title. Miike tells a bleak and sardonic story of honour, justice and pride with a social twist. Rather long, quite beautiful and thought provoking.

Hara Kiri est un remake d’un classique japonais que peu ont vu (en tout cas dans notre entourage pourtant cinéphile), celui éponyme, de Masaki Kobayashi (1962) déjà à l’époque présenté à Cannes. Cette reprise, plutôt sobre, par le toujours prolifique et habituellement déjanté Takashi Miike, est également passée par l’auguste festival. Ce fut même le premier film en 3D en compétition. Mal lui en prit, puisque depuis il a perdu une dimension et n’est présenté partout qu’en projection classique.

Reprenant la trame du roman initial de Yasuhiko Takiguchi, le film narre le face à face entre le rônin Hanshiro (Ebizô Ichikawa), qui en 1617, vient demander au chef local d’un clan d’importance nationale, le clan Li, le droit d’accomplir devant sa maison et ses guerriers rassemblés un suicide rituel, le fameux seppuku, que nous connaissons mieux sous le nom de hara-kiri. Le chef Kageyu (Koji Yakusho), avant d’accéder à sa demande, lui raconte la fin cruelle, insoutenable, d’un jeune usurpateur, Motome (Eita), qui peu de temps auparavant avait eu la même exigence, et qui imaginait qu’on l’embaucherait ou qu’on le congédierait avec quelque argent plutôt que de le laisser s’exécuter. Le simulateur paiera très cher sa naïveté.

On découvre vite que Hanshiro, le samouraï tourmenté, est lié à Motome et que les raisons de sa présence devant Kageyu ne sont peut-être pas celles initialement énoncées.

Le coup de bambou des fêtes de fin d'année

Miike en revenant sur la vie de Motome et de Hanshiro ne propose pas vraiment un film de samouraï, mais un film sur les samouraïs. Le style est plutôt contemplatif en dehors d’une ou deux scènes brutales et le réalisateur évoque la fin d’un monde, d’un ordre plutôt que la mort d’un guerrier. Le maître de la transgression laisse ici toute outrance pour offrir une réflexion assez fine sur la culture traditionnelle, sur l’honneur, sur l’esprit martial, sur la forme sans le cœur, sur l’absurdité et la prétention d’une chevalerie oubliant que la noblesse s’acquiert et n’est en rien innée.

Deux chats blancs, l’un étique, l’autre bien nourri viennent souligner l’ironie de ces guerriers sans vaillance préférant l’armure vide d’un code dépassé, à la difficulté d’une remise en question certes moins prestigieuse mais peut-être plus juste. Philosophique et beau, mais plutôt lancinant tant Miike dilate le temps et fige sa narration pour faire ressortir dans une mise en scène très classique le drame intime de Hanshiro, tout en regard intense et douleur contenue. Celle des plus démunis, que le destin dessert, dans un système inique conçu pour les briser.

Le fait que toute ressemblance avec une époque ou un système proche du nôtre ne serait pas fortuit ne me surprendrait pas.

En résumé : au Japon médiéval, le code des Samuraïs est à respecter à tout prix. Un film sensible et réussi qui donne à réfléchir sur les limites de la compassion dans une société archi-codifiée. 

Takashi Miike’s adaptation of the 1962 version of Hara Kiri: mort d’un samouraï, makes for a moving and atmospheric piece of cinema. I must admit I went braced for something a little different: something more along the lines of Detective Dee (and the case of the missing plot), with lots of martial arts moves, some light to moderate war cry screeching, and probably a hefty dose of potentially unwelcome graphic imagery given the film’s focus on the Japanese ritual suicide of hara-kiri. But I was only right about the final ingredient.

But no, this is primarily a film about honour and self-control, as well, it seemed to me, as a searing condemnation of the heartlessness of a societal caste too rigidly codified for its own good, particularly when it’s all but caved in on itself. We’re taken back to medieval Japan where the Samurai warrior is bound to a strict code of conduct which includes not complaining if your master has died off, but living quietly and simply and staying out of the rest of society’s way. This all comes undone when more and more former Samurais start turning up in the main house of the dominant Li warrior clan proclaiming bogus ‘hara kiri’ intentions.

How could you get the wrong idea about a film with a screenshot like this?

The Li leaders quickly tire of this form of blackmail which forces their hand in helping the warriors out financially, and so the time comes when one unfortunate Samurai has his bluff called, to tragic consequences. The film follows the warrior’s family and we are led to empathise very deeply with the tragic circumstances leading to the terrible end of the Samurai in question. It’s beautifully shot, if at times painful to watch, and maintains a quiet dignity throughout, although I really got the idea about the ghastly tragedy of it all fairly soon into the proceedings. But I got a lot better than I was bargaining for, and it was well worth the watch.

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Mission Impossible: The Ghost Protocol

In a nutshell: A Tom Cruise festival … probably, as the little grasshopper jumps from Moscow to India passing through Dubaï, but mostly a very droll and fun, though a tad long, action movie where Ratatouille’s director, Brad Bird, proves that he can jump as gracefully and forcefully from the world of animation to the world of « live » actors.

Mission Impossible de chroniquer tous les films que nous avons vu jusqu’à la fin de l’année ? Tom Cruise répondrait « non », pourtant après le troisième opus de la série de film d’action dont il est le héros, on aurait pu espérer qu’un autre bondissant acteur tout de muscle et de regards intenses prenne la suite de la vedette. La star a pourtant repris le rôle de Ethan Hunt et a eu l’intelligence de confier son destin aux mains habiles de Brad Bird, que nos plus jeunes lecteurs adorent sans le connaître, puisqu’il est le créateur des Indestructibles et de Ratatouille.

Et le bougre sait ce que l’art du mouvement signifie, tout comme celui de rendre attachant un personnage en deux dimensions. J.J. Abrams peut prendre des notes. Le film nous plonge ainsi dans de très amusantes péripéties où quatre agents abandonnés par leur gouvernement tentent de sauver, une fois de plus, le monde. Spectaculaire et intelligent, Bird se place, comme dans les Indestructibles, du côté des super-héros plus maladroits et fatigués que l’on imagine, et comme dans Ratatouille, dans les cuisines des maîtres manipulateurs isolés. C’est là une inspiration, car tous les gadgets de ces guerriers ivres de nouvelles technologies hoquètent, buguent, bref ne fonctionnent plus aux moments clés, comme dans la vraie vie. Que celui qui n’a jamais vu disparaître son texte dans le néant informatique avant d’avoir eu le temps de le sauvegarder me jette la première imprimante (sans encre le dimanche où vous devez imprimer ce billet d’avion important … vous partez dans trois heures).

Il s'agissait de cet avion là ... pour Dubaï.

Survitaminée la première moitié du film se passe comme un charme, juste le temps pour Miss J. de se pencher vers vous pour vous demander, si « Mission Impossible c’est toujours aussi bien ? ». – Entraînant, hein ? – Oh oui, et drôle !

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, une fois Dubaï abandonné, Mumbaï fatigue et la dernière longue séquence finale fait presque bailler, car si l’humour fonctionne, les références réjouissent – la séquence en apesanteur en clin d’œil à De Palma est cocasse – la tension à l’instar des joujoux high-tech de ce groupe de professionnels tient mal la route sur la distance. En effet, qui doute que ces super-agents ne réussissent pas à désamorcer l’apocalypse nucléaire promise à San Francisco d’abord, puis au monde ?

Pas si grave car, malgré ces longueurs on ressort diverti, impressionné, vivifié par les absurdes aventures de cette belle équipe et on pardonne même la conclusion lénifiante au plus beau des pop-corn movies de cette année.

En résumé : Tom Cruise est en forme et on s’amuse bien dans ce film d’action plus drôle qu’attendu. 

Hollywood’s latest Tom Cruise fest, Mission Impossible 4, had been bouncing around in pre-show trailers for what felt like months, so it was perhaps in a hypnotised state of eagerness that we made our way to catch the film on the very day of its release. We luckily got to see it in the best possible conditions: it turns out that UGC Normandie on the Champs Elysées has one stunning main screening room – architecturally it felt almost like being at an intergalactic convention meeting. I now feel a bit bad about some of the criteria I used for this procrastination quiz in 2010 for choosing the best cinema in Paris for your mood.

Anyway, back to Mission Impossible 4, which turned out to be much funnier than expected. There’s little need to go into the fine intricacies of the plot, which ticks along in traditional Mission Impossible style – see trailer for almost all the details. Suffice to say that the Kremlin gets blown up and is framed as the work of the Americans, a nuclear bomb is at risk of detonation by dastardly villains, and top secret agent Ethan Hunt (Cruise) is broken out of a Moscow prison in a bid to avert disaster, alongside trusty sidekicks Beji Dunn (Simon Pegg on good comic form) and Jane Carter (a slightly bland Paula Patton).

Blending in with the locals

The producers succeed in harnessing Cruise’s moderate to severe eccentricity in just the right dose, his slightly crazed intensity echoing his performance in the entertaining Knight and Day which I finally got around to watching on DVD recently. As popcorn movies go, it makes for top notch, surprisingly comic viewing, even if it starts to drag its heels a little by the end and there’s really zero suspense as to whether everything’s going to work out OK. Instead of managing to ratchet up the tension, by the time they get to Dubai it’s onto a gentle downward slump – but it still makes for a highly entertaining watch overall.

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Carnage

In a nutshell: Four outstanding actors face one another in a play by the talented Yasmina Reza, directed by Roman Polanski, no less. Minor fairly static work but good times.

En cette période de Noël alors que nos critiques réguliers et, probablement, nombre de cinéphiles, reviennent sur l’année écoulée et les bons films qu’ils ont pu apprécier et affutent leur classement – Top 10 à venir … -, Miss J. et moi-même tentons désespérément de nous mettre à jour car le temps nous a manqué de pouvoir recenser tous les films que nous avons eu la chance de voir ces 12 derniers mois. Certains s’en sortent bien mais ce serait péché que d’en oublier d’autres (dire que Tree of Life, Pina ou The Trotsky ne seront peut-être pas chroniqués !).

En ce dimanche, jour de Noël, que nous souhaitons chaleureusement à tous, la majorité de nos lecteurs passera probablement la journée en famille dans un face à face souvent affectueux, parfois tendu, régulièrement convenu. Rien de mieux en ce jour que de proposer l’adaptation sur grand écran de l’une des pièces mineures de Yasmina Réza, Le Dieu du Carnage, par le très talentueux Roman Polanski. Carnage narre la rencontre de deux couples de parents dont les enfants se sont battus, l’un ayant frappé l’autre avec un bâton et lui ayant cassé une dent. Réunis pour agir de manière constructive et permettre à leur progéniture de se réconcilier, le rendez-vous s’éternise et le vernis de civilisation se craquèle pour laisser apparaître la véritable nature de chacun. Servi par une distribution exceptionnelle, la partition est jouée au demi ton près et le plaisir de voir Christoph Waltz et Kate Winslet se mesurer à Jodie Foster (qui en fait peut-être un poil trop) et John C. Reilly vaut le prix du billet. Ces acteurs sont merveilleux. Rien de moins.

Comme Mlle Winslet, sortez vos mouchoirs, ouvrez vos cadeaux, et préparez-vous au Carnage!

Le film n’est cependant pas le film le plus abouti du réalisateur pour plusieurs raisons. Tout d’abord la pièce de Yasmina Réza n’est pas aussi solide que ce qu’elle pourrait être, extrêmement statique, elle oblige, en dépit de tout bon sens, deux couples à rester dans un salon alors que la logique des personnages eût voulu qu’ils se séparent très vite. Si cette unité de lieu est précieuse au théâtre, elle paraît souvent moins crédible au cinéma et malgré la remarquable fluidité de la caméra de Polanski, on ne réussit guère à atteindre cette suspension de l’incrédulité dans laquelle tout bon spectateur consent à se plonger une fois le rideau levé. Ensuite, le recours à l’alcool (un excellent whisky) pour faire avancer l’action rend boulevardière la tension créée entre les quatre antagonistes et la frustration, la cruauté, la profondeur sous-jacente à la farce s’estompent. Enfin, à son habitude, le réalisateur donne l’impression de bâcler la fin de son film qu’il clôt avec une brutalité désarçonnante.

La comédie reste brillante, l’interprétation virtuose, la mise en scène au cordeau, et l’intelligence de Polanski s’exprime pleinement tant la caméra accompagne le point de vue de chacun et défend la subjectivité des quatre personnages. Il est, de plus, difficile de ne pas penser que la pièce reflète la vie et les thèmes de prédilection du réalisateur français et polonais qui du Locataire au Pianiste ou au Ghost Writer revient sans cesse au huis-clos, à la sauvagerie sous-jacente des hommes et leur pulsion, jusqu’à l’humour grinçant qui enrobe le tout. Cet ajout amène une dimension supplémentaire à cette farce sociologique assez formatée et relève le côté attendu, intello-chic, khâgneux moqueur, que l’on trouve parfois dans les oeuvres de Réza. Que tout cela ne vous décourage pas néanmoins d’aller apprécier ce petit plaisir qui démonte si bien les faux semblants et les bons sentiments servi, je le redis, par des acteurs dont le bonheur à jouer, Waltz en tête, est jouissif.

Bonne fêtes à toutes et tous !

En résumé : Quand on laisse deux couples soit-disant civilisés dans un appartement pendant quelques heures pour régler une dispute entre leurs enfants, c’est la fin du monde, mais un beau moment cinématographique. 

Happy Christmas, dear readers! Here at Franglaisreview we have quite the backlog of films to write up, but as we are all for alliteration, Carnage is our Christmas critique of choice. Polinski’s latest film is an adaptation of Yasmina Réza’s play The God of Carnage, a tense huis clos set in the living room of a New York apartment. It stars two sets of parents who have met up to try to come to an amicable arrangement after their two sons get into a fight, leaving one with a missing tooth. What begins superficially pleasantly quickly degenerates into a breathtaking meltdown where more than a few home truths are flung onto the table, and surface cracks in the characters’ lives and marriages tremble into giant crevasses.

The cast of Carnage wishes you a very happy Christmas

This film really is a gift for its actors, as its intense unity of focus and the range of emotions covered allow for true virtuosity of performance. And Jodie Foster, John C. Reilly, Christoph Waltz and Kate Winslet  are really up to the task. They gradually ratchet up the tension, flinching, snarling and sniping, all with a very pleasing mix of black humour which sent waves of laughter across the cinema throughout. As Monsieur D. has already pointed out, one of the weakness of the film at the cinema was the fact that it really doesn’t feel likely that this explosive set of characters would stay together in the same room for longer than, hm, ten minutes tops.

But on the other hand, who cares? With the close-up on the actors and the strong cinematic recreation of the stomach-churning intensity of the theatre play, it’s a bit like going to watch the Opera at the cinema (NB not that I would at the outrageous price UCG are asking for it in Paris – you could get into a real opera at that cost!!) It feels artificial, but you get to watch the best of the best performing their socks off. I’m not sure if it was supposed to be as funny as I found it – but I certainly had a great time, even if it was no Ghost Writer. 

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Hollywoo

In a nutshell:The “D” is not the only thing missing in this movie. From trying to shoot a comedy to make a comedy so very trying that you want to shoot someone, anyone, yourself. Give it a miss.

De l’inconvénient à avoir un peu de temps libre entre deux obligations mais insuffisamment pour rentrer chez soi … on se dit que justement le cinéma d’à côté – de l’avantage d’être dans une ville aussi cinéphile et riche en salle que Paris – propose sûrement un film qui comblera agréablement cet espace. Et là, c’est le drame. Le seul film dont les horaires correspondent à vos besoins est le dernier film (si seulement) de Foresti et Debbouze. Alors on y va, espérant un miracle malgré la bande annonce, et en se souvenant que Foresti et Debbouze sont talentueux, qu’ils ont fait des choses qu’on a aimées, que … en vain.

Foresti, qui jusqu’alors m’était sympathique, cabotine dans le rôle de la voix française d’une star américaine (Nikki Deloach) du petit écran. Catastrophe, celle-ci, déprimée, veut clore sa carrière, tuant ainsi la poule aux oeufs d’or. Foresti, qui tient à son salaire mensuel, prend alors la décision d’aller à Hollywood pour convaincre la vedette de revenir à la scène. Elle sera aidée par un jeune Français débrouillard et arnaqueur (Debbouze) qui cherche à faire son trou en Californie.

Sinatra et MacPherson ? Non, Foresti et Deloach ! Qu'est-ce qu'on se marre !!!

Point de départ qui permet de faire surgir les différences entre les cultures et les classes, ressort comique bien connu qui pourrait fonctionner avec un peu plus d’énergie et d’ambition. Mais les deux comédiens donnent l’impression de cachetonner et le charisme de ces deux bêtes de scènes s’épuise et disparait très vite. Il y a certes quelques plaisanteries et un humour de situation qui parfois peuvent amener à sourire, mais jamais on ne rit car le montage et le découpage du film a été fait avec une telle paresse que le rythme disparaît et la mécanique comique se grippe.

Déception, donc, devant le gâchis de tant de potentiel qui jamais ne se réalise. Tristesse de voir tant de banalités, de reprises maladroites de sketchs antérieurs, de lenteur. L’imagination n’est pas au pouvoir à Hollywood, ce film le prouve scène après scène, jusque dans les tentatives lourdingues d’anglais de carnaval des deux héros, qui immédiatement traduisent, équivalent filmographique de l’explication d’un calembours. On en est presque mal à l’aise. En conséquence, je ne peux conseiller ce film tristement bilingue à Miss J. que si elle souhaite affiner sa compréhension des différences entre nanar, bouse, daube, flop et navet ou voir l’océan depuis les jolies plages de Malibu.

On m’y reprendra à avoir du temps libre.

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Tous au Larzac

In a nutshell: Moustache or beard mandatory to watch or participate in Christian Rouaud’s documentary. Miss J HAD to wear fake ones. At least that’s what she told me, showing as much determination as the 103 family of farmers, who, for ten long years, peacefully fought the French Army, who wanted to evict them from their land. Larzac resisted, Larzac suffered, but Larzac prevailed.

Comment résister à une si belle affiche? C’est tout simple, on ne peut pas, et c’est ainsi que Miss J. et moi nous sommes retrouvés devant l’intéressant documentaire de Christian Rouaud : Tous au Larzac. Le film reprend l’histoire de la lutte des paysans du Larzac contre l’armée française, qui par la voix de son ministre, à l’époque Michel Debré (nous sommes en 1971), annonce l’expropriation des agriculteurs autour du camp du Larzac, afin que celui-ci puisse s’agrandir. Grandes manœuvres obligent. Prêtant serment, 103 familles paysannes jureront que jamais elles ne céderont. Après 10 ans de lutte pacifique acharnée, elles finiront par l’emporter, drainant derrière elles des énergies et des imaginations venues de toute la France. Peut-être la seule lutte où paysans, ouvriers, anars, babas et hippies se retrouvèrent solidaires et vainqueurs.

En effet, les paysans le disent bien, ils étaient conservateurs par tradition et se moquaient ou s’inquiétaient des mouvements gauchistes de 1968 et furent pour le moins surpris de voir débarquer chez eux, en soutien, des dizaines de jeunes maoïstes et quelques hippies. Le combat commun aplanit bien des différences et une camaraderie de résistance naquit assez vite entre les militants des villes et ceux des champs. Christian Rouaud, le réalisateur, dans un remarquable travail de montage et de mise en scène, met en valeur la générosité, le courage, la simplicité et l’humour des protagonistes, trouvant un bel équilibre entre documents d’archive, magnifiques paysages et témoignages contemporains.

Bergerie anarcho-paysanne

Manquent peut-être les témoignages de la partie adverse, ce que pensaient les soldats sur place, le préfet, le député local, les officiers au commande du camp militaire, ou les politiciens à Paris, mais peu importe après tout, la subjectivité est revendiquée et l’honnêteté intellectuelle est au rendez-vous. On suit avec intérêt la stratégie et l’intelligence avec laquelle les Tarlier, les Burguière, Bonnefous, Courtin, Maillé, Roqueirol ou … un jeune José Bové ont petit à petit mobilisé les médias et l’opinion publique. Des brebis sur le Champs de Mars, au “Woodstock français” de 1973, de l’expédition en tracteurs jusqu’à la marche à pieds sur Paris, des slogans amusants à la grève de la faim, M. Rouaud, avec malice et bienveillance, nous montre tout.

Instructif et attrayant, Tous au Larzac construit une histoire sans nostalgie qui lie les occupations des fermes d’hier au mouvement altermondialiste des indignés d’aujourd’hui démontrant les qualités indiscutables d’inventivité, de patience et de respect dont font preuve les courageux membres de ce mouvement qui inscrivit le Larzac dans la géographie de notre culture générale. Si l’illustration d’une certaine fraternité fait chaud au coeur, important est le moment où l’un des protagonistes rappelle que le choix du pacifisme ne fonctionne que parce que nous vivons dans une démocratie. Une démocratie, qui au delà de toute lecture partisane, mérite qu’on investisse en elle avec constance et qu’on la nourrisse avec humanisme, ce que ce film fait.

En résumé : Faites labours pas la guerre ! Ce documentaire de Christian Rouaud présente le déroulement du combat des paysans du Larzac pour garder leurs terres. Si vous êtes débutant en français, c’est fortement déconseillé, mais sinon, c’est le bonheur!

To the Anglophone readers of this blog, be warned that Christian Rouaud’s interesting documentary on the decade-long fight against military training ground expansion in the Larzac region of south west France calls for an ‘advanced +++’ level of French. The majority of the accents are as thick as they come, and I found myself replaying countless phrases in my head, twisting them this way and that to figure out what on earth had just been said. At which point everything had usually moved on a good three minutes, and there were sheep frolicking about in new exciting locations such as the Champs de Mars in Paris, and it was all a bit ‘eh’?

Except not entirely, because Larzac was a cause célèbre of one of the newspapers I studied for my thesis, so it was less ‘eh’ and more ‘ah, yes…’. Larzac = the French Woodstock, ‘baba cools’, experimental farming communes, peasant-maoist alliances and mass standoffs with the riot police. The farmers of Larzac swore that they wouldn’t sell their land to the army, fighting tooth and nail against losing their land, overcoming their own prejudices about the hairy layabout May 68-ers, accepting their arrival en masse to help out with the protests,  marching to Paris, letting their sheep loose in all sorts of places and camping out on the Champs de Mars. And finally… victory! Mostly thanks to the fact that Mitterrand finally got into power and dropped the whole sorry idea of ousting farmers from their land in order to expand the Larzac military training ground.

Think tanks? No, sheep!

It’s a very straight-laced documentary, carefully progressing chronologically through the whole epic standoff with tidily presented interview material interspersed with INA archive material. If your French isn’t up to it and there are no subtitles, you’re in for the boredom fest of the year. Even if there are some good sheep-storming scenes. Personally I was clinging grimly to the narrative for dear life (and I’ve been knocking about in Paris for the past – wow – six years plus now, and consider my comprehension skills to be pretty decent). I had to let go at times and sink back in exhaustion and just watch the brightly coloured fields and the ear-to-ear beaming of the participants as they recalled just how good it felt to stick it to the French army. I left with a smile on my face, and the feeling of having run a linguistic marathon.

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Immortals (Les Immortels)

Je ne pouvais aller voir ce film qu’avec Mr. J.A., Miss J. n’ayant pas fini de rire quand je lui avais demandé si elle voulait voir 300. Je ne peux pas la blâmer Immortals étant … nos compte-rendus le diront mieux.

 Mr. J.A’s in a nutshell : This mostly beautiful, but incoherent, fantasy-action film that butchers the Greek myths on which it is based (in a way resembling 300, but with a strangely Christian subtext), is played by mostly beautiful people, beautiful enough to keep you from walking out before it ends.

Okay, so let’s get the good part out of the way first: If, like I did, you went to see Immortals (Les Immortels) because you’d seen the trailer and, having been billed as having the same producers as 300, you expected a very stylized version of a Greek myth, presented in that very surreal, CG-bluescreen kind of way, filled with men with unnaturally flaring pecs and supermodel women getting naked for no reason, and a whole lot of hack-and-slash martial arts action, then you got much of what you expected. Henry Cavill’s (as Theseus) pecs were indeed flaring—clearly he’d been preparing for the Man of Steel.  And Freida Pinto was magnificent in an, alas, too-brief nude scene. I’m now of the opinion that pretty-much any movie could be improved with the addition of a Freida Pinto nude scene. Even films that she wasn’t a part of—just digitally insert a Freida Pinto nude scene into any movie, good or bad, and the film would be greatly improved  (although perhaps  not The Three Musketeers).

Cavill soon to become a Man of Steel ...

As for the plot of this story, it involves a bad guy named Hyperion (played by Mickey Rourke, and looking as WWE as he did in The Wrestler), who wants to capture the (soon-to-be-not-so) virgin oracle (played by Pinto), so he can find a magic bow, so he can release the Titans, so he can kill the Olympian Gods, so he can rule all of humanity forever and ever. [insert super-duper-evil-sounding laugh here] Opposing him is Theseus, a peasant boy who, although he can’t seem to make any progress at all at chopping a piece of wood in his opening scene, has the goal of saving the oracle and rallying the Greeks to fight Hyperion’s army.

It probably helped me that I was not familiar with the Greek mythology surrounding Theseus. As Monsieur D. afterward pointed out to me, usually the story of Theseus involves him slaying the Minotaur in a labyrinth created by Daedalus. One wonders why they didn’t just go with that. After doing some internet searching I discovered that the writers, brothers Charley and Vlas Parlapanides, were familiar with the Greek myths, but thought they were only a good “starting point” and decided to create an “original” story.

But it wasn’t really an original story, was it guys?

It was a Jesus story. Don’t get me wrong, there’s no turning the other cheek to be found here, but they’ve transformed Theseus from a founder figure to a messianic saviour figure: So, he’s a peasant of questionable fatherly origin chopping wood while talking to Zeus (kinda like a certain famous carpenter having chats with his Heavenly Father by another name). As he gains reknown, he is approached by Hyperion (a.k.a. Satan), who tries to tempt Theseus by offering him a seat at the right hand of his table, in a dialogue that could have been lifted right out of Matthew 4:8-11. In the end, Theseus sacrifices himself in his struggle against Hyperion in order to save humanity and for his efforts he ascends to Olympus to join the other gods. In other ways, parts of the movie, (like Zeus forbidding the gods from interfering with the course of humanity to protect their “free will”, or Theseus being implored to “respect” his mother’s belief in the gods even though he doesn’t share those beliefs, and castigating himself for his foolish skepticism), it begins to sound like the writers tried to slip in some undercover Christian apologetics.

A kneejerk reaction to Christian apologetics?

The martial arts action was okay. Cavil did a convincing job looking like a warrior. There were gigantic splashes of blood with every stroke of sword or spear and the accompanying sound effects added to the visceral nature of it (how do they do that anyway? Record the sounds of watermelons being hit by sledgehammers?), not to mention the now it’s slo-mo . . . now it’s regular . . . now it’s slo-mo . . . (you get the idea) tempo lifted straight out of 300.

Since I’m no military strategist, I won’t criticize the battles too much, but it seems to me, that if you go to the time and expense of building an impregnable wall with only one tunnel through which to pass to the other side (again, kinda like 300), DON’T build a side passage on the attacker’s end that leads them unimpeded directly to where your king is. If you do, he’ll get his head chopped off. Which is bad.

Overall, this film falls in the solidly mediocre range. It’ll do if you’re in need of some beefcake and some really sweet, sweet cheesecake, but you’re probably better served with 300 instead.

In a nutshell: The retelling of the Theseus legend does not convince. Why Hollywood feels the need to change a beautiful legend into a pile of idiotic crap is beyond me. To sum it up, when King Hyperion says of one character, “His pain has just begun,” you know exactly how he feels.

Depuis Gladiator, Troie, et surtout 300, le péplum a repris des couleurs, et Mr. J.A. et moi, sans illusion, décidâmes de donner une autre chance à Hollywood après l’inanité du Choc des Titans et la réinvention malheureuse du mythe de Persée. Cela tient de l’apostolat car la Mecque du cinéma mondial a décidé, pour une raison qui m’échappe de faire payer aux mythes et légendes hellènes un prix plus important que les sacrifices que la communauté internationale veut aujourd’hui imposer à la Grèce.

Alors que Thésée offre à lui seul une douzaine de scénarios si convaincants et si puissants qu’ils ont traversé les siècles, deux médiocres affligeants, Vlas et Charley Parlapanides, ont estimé qu’une purée putride aux vagues relents fondamentalistes chrétiens serait plus adaptée au public d’aujourd’hui. C’est accablant d’anachronismes mais surtout de bêtise. Le roi de Crète Hypérion (Mickey Rourke, qui surjoue) n’est plus un Titan, mais un paysan luciférien, devenu roi sanguinaire, bien décidé à libérer les Titans pour qu’ils tuent les dieux. Cela ne vous semble pas limpide, c’est normal tout est de la même eau. S’opposera à ce cruel antagoniste, Thésée (Henry Cavill, futur Superman, qui fait ce qu’il peut), tailleur de pierre marginal et athée (!). Il pourra s’élever, trouver la foi et combattre victorieusement contre ces hordes sauvages iconoclastes, grâce à l’aide de Phèdre, la sibylle la plus dissolue de l’Attique (Freida Pinto, qui se dévêt admirablement), et la protection des dieux, qui eux, croient en lui.

Michou présente les dieux grecs; ça claque !

Ces dieux grecs ressemblent à des travestis dépressifs, et on les comprend puisque Zeus (Luke Evans, qui … Luke Evans, quoi) les oblige à ne pas intervenir dans la vie des humains. Une question de libre arbitre semble-t-il … je vous passerai la symbolique christique que Thésée doit endosser, Mr. J.A. l’a fort bien fait ci-dessus, pour m’arrêter un instant sur les trous et la stupidité du scénario. Mon moment préféré est celui où le petit groupe de héros mené par Thésée, après s’être échappé d’une sorte de mosquée-prison dans le désert, avoir été sans raison couvert de pétrole, ce qui permet à Mlle Pinto de prendre une douche, et avoir découvert l’Arc d’Epire qui ne servira pas plus que durant les 8 secondes que vous apercevrez dans la bande annonce, ce petit groupe se jette dans le piège le plus évident du monde et offre ce fameux arc aux séides assassins d’Hypérion. Le plus évident du monde, car Thésée et ses compagnons voient les soldats, estiment, à juste titre, que c’est un piège, et se précipitent alors dedans.

Rien ne fait sens.

Ma tête a mal et mon âme se révolte que, même dans un navet prétentieux, on puisse prendre à ce point les spectateurs pour des ânes bâtés.

Comme dirait St. Luc, ou ici Phèdre : "To those who much is given, much is lost"

L’honnêteté m’oblige à écrire que tout n’est pas à jeter dans cet affreux nanar, car aux commandes se trouve le plasticien Tarsem Singh dont l’esthétique, entre kitsch et baroque, fait toujours son effet. Fidèle à la voie qu’il s’est tracé depuis The Cell, M. Singh sait montrer avec talent images insolites, extravagances esthétiques et construit un univers sombre et puissant sur les ruines de la Grèce antique. Ainsi, certaines scènes de combat, si sanglantes qu’elles en deviennent charcutières, sont en dépit de tout, marquantes. Mais ces quelques fulgurances et son travail sur les couleurs sont insuffisants pour faire oublier le ridicule et le ronflant d’un scénario indigent aux répliques ampoulées.

Dommage que ce film se prenne tant au sérieux, avec un peu d’humour, il eut pu devenir un plaisir coupable – comme le sera peut-être le prochain film de M. Singh, qui s’attaque cette fois à Blanche-Neige -, il n’est qu’un médiocre produit gore sans véritable émotion, ni attrait.

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La Défense Lincoln (The Lincoln Lawyer)

In a nutshell: Matthew McConaughey shines in this very classical and pleasant thriller where as a sleazy lawyer, he has to  defend a client whose case pushes to the limit his own ethical boundaries, however flexible.

Sur une très bonne bande originale hip hop, Brad Furman nous propose une adaptation solide et pleine de pep’s du roman éponyme de Michael Connelly. Mickey Haller (Matthew McConaughey) est un requin des prétoires et défend sans broncher et avec efficacité toutes les crapules de Los Angeles qui font appel à lui. Ainsi, il est presque officiellement l’avocat des Hell’s Angels locaux et ses relations avec les forces de l’ordre ne sont pas au beau fixe. En dehors de son mordant et de son efficacité, Haller est connu pour avoir transféré son bureau à l’intérieur de sa voiture, une Lincoln Continental, d’où il traite la plupart de ses affaires. Il va pourtant lui falloir abandonner ce cocon pour aller défendre un jeune homme riche (Ryan Philippe) accusé du meurtre d’une prostituée.

La recette du succès : l'avocat à l'amende

Sorte d’affaire Strauss-Kahn presque aussi sordide, cette accusation permet à chacun mille fantasmes, d’autant plus percutants que les rebondissements et les coups de Jarnac sont légions et l’avocat est peut-être en train de tomber dans un traquenard. Rondement menée sur un scénario vif et enlevé, la réalisation est à l’image de son héros, malicieuse, efficiente et intelligente. McConaughey incarne peut-être son meilleur rôle et démontre que derrière un torse nu et musculeux, il y a un très bel acteur, capable du meilleur. Il rappelle même Paul Newman chez Lumet.

Série B nerveuse et attrayante, La défense Lincoln réjouit et son classicisme attendu fait ressortir l’excellence de la distribution, transforme les quelques invraisemblances du scénario en moments attendus et, par le choix de son esthétique 70’s, rend l’ensemble subtilement ironique et vraiment très cool. Les amateurs de film noir et de manipulations expertes en auront donc pour leur argent et les autres passeront un moment certes modeste et oubliable mais séduisant et agréable.

En résumé : un avocat habitué à prendre des clients un poil louche se trouve dépassé par un accusé manipulateur à l’air plus qu’innocent. Un polar engageant qui tient la route. 

I must admit I’m filled with admiration for Monsieur D. who is able to remember this film rather well even though we saw it ions ago. But to add my two cents, this is a very decent thriller, starring Matthew McConaughey as Mickey Haller, a lawyer who’s used to defending dodgy characters for the pay cheque, but who finds himself up against a wholly unpalatable character in the superficially suave Louis Roulet (Ryan Philippe), who proceeds to mess with his personal and professional boundaries in very threatening ways.

The result is polished, engaging and well acted. And according to Monsieur D. I also really enjoyed the soundtrack. Voilà! Grab it on DVD or an airline entertainment channel if you get the chance – it’s worth the watch.

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