Monthly Archives: April 2012

We Bought a Zoo / Un nouveau départ

En résumé : Acquérir un zoo peut servir de nouveau départ pour une famille après un deuil difficile. Et pourquoi pas ? Ce film a la capacité d’émouvoir et faire sourire, mais il se perd trop souvent dans le melodrame.

Some days, a good dose of wildlife, even if it is on the big screen rather than face-to-face, can do a world of good to the morale. Today was just one of those days, thanks to Cameron Crowe’s latest production, an adaptation of Benjamin Mee’s autobiography, We Bought A Zoo. I much prefer this title to the bland French version – A Fresh Start – although I suppose the French version smacks a little less of spoiler alert. But yes, in this film Matt Damon plays the recently widowed Benjamin Mee, and ends up buying a zoo in a bid to help cheer up his  fourteen-year-old son and much younger daughter.

It’s quickly clear that the family are in for a bumpy ride. Benjamin’s moody son Dylan (Colin Ford) isn’t too impressed at being stuck out in the sticks with only grumpy bears, tigers and other magnificent flesh-eating creatures for company. Moreover the zoo is a money-draining dilapidated mess, as Kelly Foster (Scarlett Johansson), harried zookeeper extraordinaire, is at pains to point out. Just to add to the fun, a crazed zoo inspector is chomping at the bit to get the whole place permanently closed down.

A roaring success?

Beyond the wildlife riff, this is primarily a muse on bereavement and how families handle it. While there are fortunately some decent comic moments to leaven things out,  it’s psychologically heavy-handed stuff, not least thanks to a somewhat overwrought soundtrack. Things get especially hard-going once a shall-we-or-shan’t-we-have-it-put-down dilemma involving an elderly tiger is transformed into a desperately unsubtle analogy for Benjamin’s difficulty in letting his wife go.

The motley crew who run the zoo were both strange and somewhat two-dimensional. They often reminded me of the happy-go-lucky crew of Aardman’s latest animation, The Pirates, only minus ham nite. Notably the film’s Scottish character (Angus Macfadyen) is perplexingly overblown in his whiskey-swilling buffoonery, and only mildly entertaining. The goofy way the zoo’s staff were told to act serves as a bumbling halfway house between the zoo animals’ eye-candy role, and Matt Damon’s existential angst-fueled furrowed brow-fest.

Furrowed brow: Exhibit A

It would, I fear, be a tad heartless not to tip my hat to the film’s sensitive depiction of bereavement, not to mention the real family’s experience on which the film is based. It’s great to know that their zoo is still going strong – and now has an order of giraffes on the way! Ultimately, while sweet and entertaining,  it all frequently descends into stodge, weighed down by melodramatic, vaguely overwrought, albeit fluffy wholesomeness.

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René Goscinny en deux temps : La Ballade des Daltons et Les 12 Travaux d’Astérix

In a nutshell: Nostalgia sets in the 3 buck DVD corner. Mlle L. regrets the loss of the great René Goscinny, creator of many of the most popular comic book heroes : Iznogoud, for instance, the famous second in command whose sole aim in life is to overthrow the Caliph and take his place. Since talking about this character might transform this cinema blog in a political one – after all France is voting for a new President on Sunday – Mlle L. decided to focus on Lucky Luke and Astérix.Two heroes, two movies, two different projects for a greater society … O dear ! It IS political.

En résumé : Avec la loi qui réprime toute divulgation avant l’heure légale des résultats de la présidentielle, on risque de lire de curieux message sur Twitter, sur Facebook ou sur ce blog : Mlle L. se lance et vous explique que si elle souhaite que Joe Dalton trébuche dans sa ballade, Astérix n’est pas au bout de ses travaux … Deux dessins animés pour le prix d’une chronique qui vous rappelleront les belles années où le seul président qui vaille, c’était celui des studios Idéfix, le si talentueux René Goscinny.

 

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Radiostars

In a nutshell: A surprise hit for Radiostars as French people are flocking to see it. Its generosity and a hint of sentimentalism remind of Crowe’s Almost Famous, but for my taste this comedic road movie lack a bit of punch and a proper ending. An « Almost ‘Good Morning France’ » ?

Quand on vous annonce que Romain Levy, le scénariste de nanars indigestes comme Cyprien, avec Elie Semoun, et Coursier, avec Mickaël Youn, se met derrière la caméra, on frémit. Mais, abandonné momentanément par Miss J., on se met à faire n’importe quoi et on a quelques audaces. En plus, j’ai toujours beaucoup aimé la radio. Médicalement c’est un outil pratique et comme médium “chaud”, c’est un format qui me plait. J’ai même eu l’occasion d’en faire et en ai gardé, à chaque fois, de très bons souvenirs. Je ne sais pas pour les auditeurs, mais pour moi … quel kiffe !

Clovis Cornillac très impressionné par cette introduction mêlant habilement langue savante et argot

C’est ce qui arrive à l’équipe de Breakfast Club, émission phare d’une chaîne musicale, Blast FM, qui à force de se gargariser de son succès, chute auprès d’un auditoire lassé et avide d’un peu plus de contenu et d’un peu moins de morgue. L’équipe dirigée par un fort en gueule, Arnold (Clovis Cornillac),  est en conséquence envoyée sur les routes durant tout l’été pour rencontrer la France qui ne l’écoute plus et dont elle ne connait rien. Pour renouer avec le succès les 3 présentateurs – Arnold, Alex (Manu Payet) et Cyril (Pascal Demolon) – s’adjoignent un jeune auteur (Douglas Attal), Ben, qui se remet difficilement d’un lourd échec professionnel et sentimental. De ville en ville, nos héros apprendront à se connaître, à s’améliorer et à retrouver le succès auquel ils aspirent.

Road movie comique de bon aloi, on songe très vite à une version édulcorée du remarquable Presque Célèbre de Cameron Crowe qui aurait rencontré Les Malheurs d’Alfred de Pierre Richard et n’importe quel film produit par Judd Appatow pour la crudité de certains dialogues.

Une comédie qui ne manque pas d'(on) air!

C’est très regardable sans être particulièrement affuté. On rit parfois, on sourit beaucoup, on s’ennuie un peu, surtout pendant le dernier tiers du film qui manque de rythme et de fond. Mais comme R. Levy a développé suffisamment ses personnages et a réussi à nous les faire apprécier, on passe sur le côté éculé de certaines plaisanteries, le personnage de Ben, vraiment sans relief, et l’inégalité des scènes faisant penser de temps en temps à une suite de sketchs reliés par les mêmes protagonistes à une véritable histoire.

Heureusement, les acteurs rendent terriblement attachants leurs personnages et on suit avec plaisir leurs péripéties sur une bande originale entrainante et rock. Quelques moments sont savoureux, quelques vannes bien senties et la troupe charme, Manu Payet en tête. De quoi passer un moment distrayant, qui permet d’attendre le retour de Miss J. et d’espérer que le second opus de M. Levy saura préserver la générosité de Radiostars et remédier aux maladresses de construction et à la platitude de la mise en scènes de ce premier film sympathique.

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The Best Exotic Marigold Hotel – Indian Palace

In a nutshell: Mlle L. leaves for a brief moment her 3 buck DVD corner and share with us her fondness for John Madden’s new flick, in France in a short month (May 9th), and her love for the cast. If you are a British actor, beware, utter adoration ahead!

Rassure-toi, ô lecteur, contrairement à ce que nombre de mes dernières critiques dans mon « 3 buck DVD corner » pouvaient laisser croire, je ne suis pas toujours de mauvais poil !

Il me suffit, pour retrouver ma bonne humeur, d’aller voir un film sympathique et bien ficelé ; si celui-ci parvient à me surprendre agréablement, c’est tant mieux, et ce fut le cas avec The Best Exotic Marigold Hotel – Indian Palace en « français ».

Le charme et l'expérience de l'exotisme anglais

Les bandes annonces vous le font clairement comprendre, il va s’agir de l’histoire d’un petit groupe de retraités qui ne se connaissent pas et qui, pour des raisons diverses, partent finir leurs jours en Inde, à la place par exemple d’une maison de retraite humide du Norfolk ; dans ces conditions, je m’envolerais pour l’Inde aussi.

Une fois sur place, chacun, en fonction de sa personnalité, va s’adapter et se réjouir, ou au contraire finir par atteindre des sommets d’irascibilité paniquée, face au déferlement de chocs culturels en tous genres.

La chose promettait de s’engluer très vite dans une guimauve nauséabonde.

Brochette (de stars) plutôt que guimauve

Heureusement, il y a des acteurs anglais ! Car ces retraités sont sujets britanniques ! Et grâce à ces merveilleux interprètes, le scénario, casse-gueule par excellence, donne au final un film charmant, drôle, aux situations cocasses et bien vues, et au discours pas trop idiot.

Ces acteurs sont (sans ordre particulier) : la délicieuse Maggie Smith et sa tronche de hibou outré ; le ressort comique est facile mais, utilisé à bon escient, il fait (en tout cas en ce qui me concerne) toujours mouche. Judi Dench, professionnelle, parfaite,  n’abuse pas trop du côté “soyons dignes – soyons femme” dans lequel pourrait sombrer son personnage.

Si Maggie Smith est "hibou", Tena Desae est chouette

Elle est en effet contrebalancée avec astuce par les errances dégingandées de Bill Nighy, tellement irrésistible avec ses attitudes de Dutronc déjanté. Quoi qu’il fasse, il est juste, drôle, infiniment sympathique, incarnation de l’autodérision classe et de l’élégance rieuse.

Penelope Wilton joue les casse-bonbons dépréciatives avec intensité et brio ; Celia Imrie incarne la “vieille-belle” avec une justesse qui me pousse à croire qu’il ne s’agit peut-être pas entièrement d’un rôle de composition … Et quant à Tom Wilkinson, il use de toute sa retenue pour camper un personnage TRES risqué, et grâce à lui, tout à fait réussi.

Chapeau, les mecs.

En l'occurrence, un panama

Enfin, il y a Dev Patel, présenté sur toutes les affiches comme “l’acteur de Slumdog Millionaire“, ce qui aurait plutôt tendance à me faire fuir ; il s’avère non seulement adorable mais également assez génial. Son appropriation de la phraséologie compulsivement hyperbolique de son personnage arrachera des sourires même aux plus revêches des spectateurs.

The Best Exotic Marigold Hotel est un film éminemment optimiste, sans être gluant de bons sentiments ; optimisme communicatif, grâce, encore une fois, à la justesse des situations et des réactions des personnages face au monde ahurissant de l’Inde.

Un baiser éminemment optimiste, sans être gluant

Car John Madden, le réalisateur, parvient à ne pas tomber trop souvent dans la carte postale ahurie (“Ah, les couleurs de l’Inde !” – phrase type du touriste imbécile qui s’est contenté de passer 15 jours au bord de la piscine de l’hôtel). Bien sûr, il filme l’exubérance kitsch inhérente à l’Inde, exubérance qui épaule largement la tonalité générale positive de ce film, mais Madden s’attache surtout à faire ressentir à son spectateur les claques morales auxquelles s’expose le touriste de base, par l’emploi d’un montage efficace sinon génial, et par sa capacité évidente (et nécessaire) à filmer la foule, la cohue, la vitesse, l’incohérence. Ce sont des dons qu’on ne retrouve pas chez tous les réalisateurs et sa capacité à réussir le dosage du cocktail final le place à des coudées au dessus de bon nombre de ses contemporains.

Un petit bonheur de printemps, sans aspirations intellectuelles ou métaphysiques porteuses de messages sentis. Un moment juste bien, juste plaisant, qui produira sur le moral le même effet que de recevoir en cadeau une grosse boite de chocolats et de la partager avec des copains sympas. Ce n’est certes pas un dîner chez Lasserre, mais ça fait très plaisir et ça ne se refuse pas.

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Oslo, 31 août

In a nutshell: Did you have too cheerful a day? Mme BP has a perfect gloom-fest for you : a Norwegian adaptation of Drieu La Rochelle’s Feu Follet. One follows the final day of a suicidal young man. Sad? Depressing? Yes, but brilliant and beautiful as well. Not to be missed on any day or in any city.

Nouvelle adaptation inspirée du Feu Follet de Drieu La Rochelle, Oslo 31 août nous raconte – comme son titre l’indique, à Oslo un 31 août – la dernière journée de Anders (Anders Danielsen Lie).

Anders ou la joie de vivre à la norvégienne

Il fait beau en cette fin d’été. Le jour est lumineux et la nuit est quasi inexistante. Anders quitte la chambre où il laisse une jeune femme endormie. Il s’en va, sans un mot, dans une direction précise : le bord de l’eau où il charge ses poches de cailloux et emporte une lourde pierre dans ses bras, le tout pour visiblement se suicider. Est-ce un hommage à Virginia Woolf, car Anders est un journaliste ou écrivain raté ? En tous cas il rate ce suicide et retourne au centre de désintoxication où il est en cure depuis quelques années, soigné pour ses addictions à diverses drogues et alcools.

Cette journée du 31 août commence et Anders ne dit rien de sa tentative. L’ambiance est à la solitude totale dans ce foyer. Anders a droit, pour bonne conduite, à une journée à l’extérieur pour aller à un entretien d’embauche car on le croit sur le chemin de la guérison. Le voilà parti, tout d’abord chez un de ses vieux amis. Cette rencontre est certainement un des points forts du film. Son ami, Thomas, visiblement surpris par la visite, ne sait pas s’il vaut la peine de déranger sa vie de père de famille pour quelqu’un capable de se détruire si régulièrement par abus de substances variées. En même temps leur dialogue est tellement sincère qu’il ne peut faire autrement que de décrire la vie ennuyeuse et déprimante qu’il mène avec sa femme et ses enfants ainsi que dans son travail de professeur à l’université. Il lui donne rendez-vous le soir même, rendez vous auquel il n’ira pas, au grand dam d’Anders.

Il y a de belles alternatives aux rendez-vous ratés

La seconde rencontre est avortée. L’entretien d’embauche comme rédacteur d’une revue ne va pas jusqu’au bout. Alors que Anders a visiblement toutes les chances d’obtenir ce travail, il se sabote, ne voyant aucun sens à cette activité. Il passe alors un long moment à se promener dans la ville. Il s’assied à une terrasse où il entend toutes les différentes conversations alentours et en imagine les prolongements ; on est entre le réel et l’imaginaire. Puis il file au rendez-vous qu’il a pris avec sa soeur, mais c’est la compagne de celle-ci qui vient, car elle refuse de le voir.

J’arrête là le compte rendu de cette journée qui s’achève par un suicide réussi. Ce résumé partiel ne peut pas vraiment donner envie d’aller voir ce film et, pourtant, je l’ai trouvé remarquable à tous points de vue. Le scénario est brillant, les acteurs vertigineusement bons, l’atmosphère formidablement rendue par la mise en scène et la photo. Le contraste entre la ville ensoleillée, les espérances imaginées de tous les passants à poursuivre une vie belle et épanouie face au questionnement permanent du héros, jeune homme de 34 ans, sur le sens l’existence, de sa vie gâchée, bouleverse. L’interprétation de l’acteur principal, Anders Danielsen Lie, est exceptionnelle. Son visage est si expressif qu’on a l’impression de ressentir à chaque instant toutes ses émotions. On comprend, on compatit, on s’émeut de l’indifférence et la solitude de chacun.

Solitairement indifférente ?

Esthétiquement, c’est un film qui vaut le déplacement. Philosophiquement, il vous enrichira l’esprit et nourrira vos réflexions. Tout comme en son temps j’avais adoré Le Feu Follet de Louis Malle et son héros interprété par Maurice Ronet, aujourd’hui je m’enthousiasme pour le film de Joachim Trier et son acteur principal Anders Danielsen Lie. Son mal-être saisit dès la première image et ce malaise accompagnera tout spectateur jusqu’à la fin, d’où, peut-être, ce doute constant sur le “plaisir” de voir cette oeuvre.

Oui, le film est déprimant. Il reflète le mal de vivre d’aujourd’hui avec un grand talent et une réussite certaine. Peut-être donne-t-il une idée de la vie dans les pays nordiques ? Peut-être est-il simplement une réflexion profonde sur le sens de la vie ? En tout cas, je suis heureuse d’avoir vu Oslo, 31 août, même si je crois en avoir retiré des questions qui continuent à me hanter plutôt que du divertissement, car c’est un de ces rares films dont on n’est pas sûr avant d’y aller qu’il va nous plaire et après l’avoir vu qu’il nous a plu

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Young Adult

In a nutshell: An engaging “feel bad” movie where scriptwriter Diablo Cody and director Jason Reitman show that Peter Pan syndrome should better be known as “a visit from Mavis”. Charlize Theron (as Mavis) shines, but Young Adult is a bit of a downer.

Mavis (Charlize Theron) a beau avoir un gentil chien, un joli appartement à Minneapolis, un physique de compétition malgré alcoolisme et mauvaise nutrition, et un travail de presque “nègre” pour une auteure de romans adolescents bas de plafond, Mavis souffre. Elle est amère. Il lui manque quelque chose. Peut-être Buddy, son amour de jeunesse (Patrick Wilson), celui qui vient d’avoir un enfant et paraît très heureusement marié. Alors Mavis décide de faire la chose avisée … prendre sa mignonne petite voiture de pimbêche des villes, retrouver son beau des champs et le reconquérir. Quelqu’un a-t-il dit “prévisible et cinglant échec”? Non ? Bon, mettons que je n’ai rien dit. Roule Mavis !

Vouloir jeter le bébé avec l'eau du bain.

Elle est comme ça, Mavis, égocentrique tendance sociopathe, ce qui est problématique car l’identification avec elle ne se fait pas, et le spectateur reste précisément cela, spectateur mi-amusé, mi-préoccupé par cette ex-reine de beauté dépressive totalement aveugle et insensible à la réalité. Ainsi la scénariste Diablo Cody et le réalisateur Jason Reitman déçoivent livrant une comédie cynique très superficielle où les répliques, habituel point fort de Cody, font rarement mouche, et les plans choisis par Reitman sont au mieux d’un classicisme lisse.

Si Charlize Theron impressionne, on regrette que son personnage ne soit principalement qu’un monstre de cruauté et d’aigreur, maladroitement rattrapée par un rebondissement final niais, un drame dans son passé qui expliquerait son comportement. Cet essai à représenter la complexité de la protagoniste échoue lamentablement et fut pour moi l’équivalent du spectacle d’un morse tentant de se faire passer pour une ballerine.

Une comédie "glacée"

Après Juno et Jennifer’s Body, Diablo Cody démontre son peu de capacité à comprendre et faire parler naturellement des adultes. Jason Reitman ne parvient pas à affirmer son style. S’il est net que le cinéaste souhaite proposer une passerelle entre cinéma indépendant et cinéma hollywoodien en traitant des thèmes sociaux pesants de manière légère, sous un biais comique, grinçant et persifleur, on s’éloigne toujours plus de ses succès initiaux, l’excellent Thank You for Smoking et le charmant Juno. In the Air marquait le pas, Young Adult est carrément à la traine. Altman ou les maîtres italiens de la satire (Monicelli, Comencini, Risi, Scola) sont loin.

Reitman garde un don certain pour la distribution (mention spéciale à Patton Oswalt), une dilection pour les personnages centraux à morale variable, et un talent pour la belle image ; on regrette une subversion factice et une morale finale conservatrice plutôt condescendante. Cela n’empêche pas Charlize Theron de briller et de faire croire à Mavis, portrait acerbe d’une génération X vieillissante dont le coeur semble bien froid et les ambitions défuntes. Recommandons à Jason Reitman une dose de Carnage pour insérer plus de drôlerie à sa cruauté, et cinq ou six de Capra pour l’empathie.

En résumé: où il est prouvé qu’être la reine de son lycée peut gravement nuire à sa santé mentale en tant qu’adulte. Ce film aurait voulu être drôle et noir, mais n’est pas franchement réussi.

I’ve been taking a ride on the flu express over the last few days, and can identify more than a little with the posture of the woman in the picture to the left of this text. But I shall weakly dab at the keyboard in between sips of lemon tea, and try and do this somewhat disconcerting black comedy justice.

A true pro writes whatever the circumstances.

Young Adult’s director Jason Reitman has been behind some excellent productions, not least Thank You For Smoking. Diablo Cody, ‘super-quill’ scriptwriter of Juno is also along for the ride in this production, so I was keen to see how it would pan out, despite mixed – and frequently tepid – reviews.

Charlize Theron stars as Mavis, a former high school prom queen type who’s left her small town behind to make it ‘big’ in Minneapolis as a downmarket teen novelist whose career appears to be on the rapid downslide. We meet her as she shuffles about in her bright pink pyjamas, grumpily extricating herself from her latest one-night-stand, and balking, big time, at the news that her one-time high school sweetheart and his wife have just had a baby. She packs up her pocket pooch into a travel bag and heads back to her home town, intent on rescuing whatshisname – sorry, Buddy (Patrick Wilson) from his hellish domestic idyl.

Trying too hard? Moi?

What can I say, it goes about as well as it sounds like it’s going to. Mavis quickly morphs into something rather two-dimensional and absurdly obnoxious – perhaps I just don’t get out enough in that part of the world, but she seemed just a tad overdone, so it becomes a bit like rubbernecking a car crash. She drinks, she dresses trashily, she slurs obnoxious, barbed insults to her former acquaintances – if we’d been watching  a pantomime bad guy it wouldn’t have got more overblown. A ‘sudden revelation’ about what might just have been fueling her meltdown is just as clumsily maneuvered.

There are some highly entertaining moments, including some wonderful flashes of dialogue and skilled use of social awkwardness that tickled the Brit in me. Patton Oswalt has one of the more interesting roles as a high school bullying victim who hasn’t managed to move on any more than Mavis has, if for exactly the opposite reasons. All in all, though, it just doesn’t quite hang together.  Shame!

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Quel Maledetto Treno Blindato/ The Inglorious Bastards

In a nutshell: Most moviegoers saw Tarantino’s Inglorious Basterds, but how many enjoyed the movie it was stemming from? Mlle L. is one of them. She explains at length why this movie deserves its cult status, and why courage and duty were rarely better depicted in this B (Z?) movie of the 1970s.

En résumé : Notre fan de Tarantino, de films B, voire Z – Mlle L. pour ne pas la nommer – devait bien finir par rendre hommage à l’Inglorious Bastards initial, inspiration du cinéphile Quentin. Elle nous narre par le menu les raisons qui soutiennent son entrain (en un mot).

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Le Skylab

In nutshell: Julie Delpy’s fifth movie, a humorous family chronicle set in 1979, Le Skylab, was well received by most of the critics. At worst, it was a great movie for killing time. “Certainly, if you like it better dead”, believes Mlle L. Ouch!

En résumé : Si certains voient en Le Skylab une chronique familiale drôle et chaleureuse, Mlle L. aurait préféré que la station spatiale américaine s’écrase vraiment sur ce groupe d’acteurs et préconise jusqu’aux derniers outrages pour empêcher Julie Delpy de retourner derrière une caméra. En vain, 2 jours à New York est déjà sur nos écrans.

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Sur la piste du Marsupilami

In a nutshell:  Beloved André Franquin’s comic book creation, Marsupilami, finds a fairly good home in Alain Chabat’s adaptation. After a rather sluggish start, the movie offers good moments, epic forays into absurdity and burlesque, and many laughs. Not too shabby!

Toujours plus convaincu de sa mission de service public, Franglaisreview offre une seconde critique pour un week-end de Pâques pouvant parfois sombrer dans la morosité. Que faire une fois tous les oeufs découverts pour protéger son butin ? … aller au cinéma voir ce qu’un spécialiste ferait. En effet, le marsupilami vous démontrera en moins de deux heures tout ce qu’il faut faire pour préserver ses oeufs de toute vilénie.

Notez l'oeil attentif et la queue menaçante

S’inspirant de l’univers de Franquin, Alain Chabat reste très respectueux des codes de la bande dessinée initiale, du cadre écologiste voulu par l’auteur, et plus généralement des volontés du créateur de cet étonnant mammifère ovipare à la queue démesurée. Ainsi nuls sang, mort, gros mots ou sexe et une loufoquerie tendre autour de personnages aimablement grotesques. Spirou et Fantasio ont disparu – pour des questions de droits impossibles à négocier à ce que j’ai pu comprendre – mais ils sont remplacés par Dan Geraldo, un journaliste falot attachant (Alain Chabat himself), et son guide palombien débrouillard et affable mais à l’honnêteté douteuse (Jamel Debbouze). Ce couple mal assorti, très buddy movie des années 1980, sera confronté à la dictature palombienne et plongé dans les méandres de sa jongle touffue dans laquelle se nichent les secrets de la jeunesse éternelle et un jovial marsupilami, bientôt père de famille.

Malgré un démarrage lent, assez maladroit à cause, notamment, d’un perroquet et d’une petite fille lamentables, à la limite de la beauferie (beaufitude si vous êtes de gauche, beaufisance si vous êtes de droite), l’humour de Chabat et Franquin finit par se déployer et emporter l’adhésion des petits et grands. Le réalisateur, fier quart de Les Nuls, a su garder une fidélité à l’absurde et au décalé de la formation qui le rendit célèbre. Fausse publicité, répliques qui crépitent, moments farfelus, corrosifs, parfois vaste n’importe quoi rappellent les plus belles heures du quatuor. L’espièglerie et la générosité de l’auteur lui permettent d’ailleurs de rendre attrayantes, ou du moins pas trop déplaisantes, jusqu’à la faiblesse de certains gags, ou les qualités bancales de sa mise-en-scène, pourtant très soignée.

Espérons que ce face à face ne les renvoie pas dos à dos (bruit de cymbale)

Son marsupilami n’est peut-être pas aussi présent que les fans de l’animal l’aurait voulu mais ce marsupial est farouche et il réjouit à chaque apparition. On peut regretter néanmoins le recours à Jamel Debbouze, qui le temps passant démontre film après film les limites très nettes de son personnage et de ses faibles talents d’acteurs. L’homme est éminemment sympathique mais son personnage de gentil escroc convainc peu et son incapacité à parler l’espagnol surprend, après tout il est censé être palombien. Heureusement, il a, çà ou là, des répliques d’anthologie (“Attention! Il tire à carottes réelles” fait partie de mes favorites) et une ou deux scènes avenantes, dont une rencontre avec un chien que je ne déflorerai pas.

Astérix et Cléopâtre était plus réussi, mais Chabat n’a pas à rougir de son Marsupilami, ni les spectateurs de regretter leur billet. La fantaisie de l’ensemble, les chorégraphies étonnantes, un Lambert Wilson dans une forme exemplaire, et un dynamisme imaginatif offrent les sourires que l’on attend, les rires que l’on désire, et un ou deux instants d’hilarité pour lesquels on ne peut être que reconnaissant.

En résumé: Houba, houba, hop !

This film has hit the French box office like a tornado, having tipped as the most successful French comedy since Les Intouchables. It stars the same duo behind Asterix and Cleopatre, Alain Chabat (who stars and directs) and Jamel Debbouze, this time in an adaptation of Franquin’s much-loved Belgian comic book series, Marsupilami. For reference, the Marsupilami is an unbelievably sweet, if fierce on demand, feline creature from the south Amercian tropical rainforest, whose most striking feature is his versatile mile-long tail.

This is a comedy that goes all out to tick as many boxes as possible for a diverse audience – at times simperingly sweet and child-friendly, at others, violently absurd. Alain Chabat’s origins in the comic outfit Les Nuls  come through loud and clear, with generous parodic digs at advertising culture, and violent carnivalesque elements that make it far from just a children’s flick. That said, there are moments when it loses its momentum and it drags its feet somewhat.

One of the these individuals is a rabid Céline Dion fan. Can you guess which one?

We follow Alain Chabat as a journalist, Dan Geraldo, who’s been given his ‘last chance’ at his prominent TV presenter’s job in France owing to sagging ratings, and who is sent to ‘Palombia’ to track down the chief of the the Paya tribe for the scoop of the year. His guide is the hapless conman Pablito (Jamel Debbouze), and the two quickly find themselves running into very hot water with the country’s ruling military despot General Pochero (Lambert Wilson), who turns out to be quite the Céline Dion fan. Moreover, they have competition for the marsupilami: the ancient mad zoologist Prof Hermoso (Fred Testot) is after it, especially once he discovers that it feasts on the orchids of eternal youth ($$$).

While none of it makes for life-altering viewing, it is extremely mood-lifting and almost subversively ridiculous in a way that’s not that easy to pull off. Either way, it had us laughing throughout, and despite some slack moments here and there, it made for excellent comic viewing. And it’s definitely worth staying to the end of the credits. I’d even go again – if only to practice my French, bien sûr, cough cough…

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The Pirates! Band of Misfits (Les Pirates! Bons à rien, mauvais en tout)

In a nutshell: There is such a beauty to the craft at Aardman’s, that it is always a pleasure to follow their heroes, whether they are a mute dog and a cheese-loving eccentric inventor, imprisoned chickens, or, here, clumsy pirates. Too bad the scenario isn’t as solid as the animation, it could have been perfect, but it is just light entertainment.

Le week-end pascal approche et une tension continue saisit tous les parents, directs ou indirects, croyants ou mécréants, car la progéniture sera en vacances et elle exigera divertissements, attentions et, qui sait, chocolats. Un potentiel cauchemar ! Pas de panique, Franglaisreview pense à tout et propose à votre attention une histoire de gentils pirates, de barbe luxuriante, et d’abordages vifs et allègres qui raviront les petits et ne désespéreront pas les grands. Ca y est, attention et divertissement sont désormais vôtres, pour les chocolats, nous vous faisons confiance vous ferez au mieux.

Les studios Aardman reviennent à leurs premières amours faites de plasticine et de charme britannique dans l’abracadabrante histoire de Capitaine Pirate (Hugh Grant, délicieux) et de son équipage de bras cassés. Désireux de remporter le prix du Pirate de l’Année, le capitaine et ses matelots vogueront avec autant d’enthousiasme que peu de succès vers les butins les plus élusifs. Si la richesse n’est pas au bout du chemin, la gloire l’est peut-être, celle en tout cas de croiser Charles Darwin (David Tennant) et la reine Victoria (Imelda Staunton), tous deux traités ici avec bien peu de révérence.

Capitaine Pirate et son "hum" perroquet, Charles Darwin et la reine Victoria (dans le fond), tels que vous ne les avez jamais vus

Visuellement très beau, techniquement très achevé, d’un rythme enlevé, on reconnaît le professionnalisme de la maison Aardman. Les réalisateurs Peter Lord et Jeff Newitt n’offrent rien en matière de 3D (je reste toujours très sceptique), mais beaucoup en terme de qualité d’animation, impeccable « stop motion », et d’attention aux détails. La bande originale est plaisante et souvent humoristique, les références aux classiques du film d’aventure marin sont multiples, habiles et tendrement parodiques, les arrières plans souvent cocasses, les protagonistes attachants et leurs voix épatantes. Grant, Tennant et Staunton bien entendu, mais aussi Martin Freeman, Jeremy Piven, Salma Hayek … tout le monde est parfait.

Seul gros bémol à cette partition virtuose, le scénario qui sans être poussif offre moins d’originalité, de profondeur et de dynamisme qu’attendu. On voudrait ressortir euphorique et on n’est que satisfait, mais très impressionné par l’excellence technique et particulièrement ravi par l’insolence générale du récit. Compliqué désormais de considérer tant Darwin que Victoria d’un œil qui ne soit que respectueux. Certaines scènes laisseront des traces, certains portraits corroderont vos souvenirs historiques. Embarquez sans rechigner, le Capitaine Pirate fera peut-être même oublier ces satanés chocolats que vous avez omis de partager, gourmand que vous êtes. … de quoi être tenté.

En résumé : La tentation de faire un gros dodo durant ce week-end pascal ? Allez plutôt en voir un ! Et les pirates autour. Vous ne serez pas déçus.

I saw this film at the end of an objectively execrable day. All I’d especially felt like doing was taking refuge under the duvet, but it seemed pretty logical that an Aardman film like this would probably help lift my mood, which it duly did. It sparkles with visual humour and is full of gags and cheery asides. It’s a slight shame, though, that the plot isn’t more finely honed, as it tends to lollop somewhat. Oh, and it’s in 3D, but that was almost unnoticeable – not that it particularly hurt the proceedings, either.

Hugh Grant stars with the voice of ‘Captain Pirate’, a middle-of-the-road terror of the sea who’s obsessed with winning the Pirate of the Year Annual Contest. Sadly this looks less than likely given the far more ruthless, professional pirating outfits he’s up against. Then again, it’s obvious that a wise pirate wouldn’t care that much, as he already has all the true riches he could ever desire. These include an adoring crew (his right-hand-man is played by Martin Freeman), astonishing adventures aplenty, and a loyal parrot which is so unique, it isn’t even a parrot, but a dodo. Best of all as far as I was concerned, however, was ‘Ham Night’ – and it seems that most nights are Ham Night – sorry, ‘Nite’ – where the crew tuck in to a massive pile of ham on their ship, slicing it with their cutlets as it flies through the air.

Hamming it up: Arrrr.

Enter Charles Darwin and Queen Victoria: neither presented in a particularly flattering light. Darwin is a shriveled, lonely specimen of a zoologist who dreams only of a girlfriend – ideally one named Queen Victoria  – and who falls fowl of Captain Pirate’s frenzied attempts at loot-grabbing. Once he spots the pet dodo, he’s determined to get it back to London to show off to his number one crush, and to do so he needs to bamboozle the pirates. While none of this is particularly unpleasant, it never really lifts off scenario-wise, leaving a selection of absolutely wonderful visuals and some decent gags from time to time.

Aardman fans would be crazy to miss this, but part of me couldn’t help feeling that they’re capable of even better. Here’s hoping they’ll boost the scriptwriting team for an even more delectable production next time round.

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