Monthly Archives: May 2012

Les Bons Vivants (alias Un Grand Seigneur)

In a nutshell: What to do, waiting for the palmares of the Cannes film festival ? Maybe enjoy a DVD ! French comedy had a lot to offer in 1965, and Mlle L. is here to tell us about one which has been unjustly forgotten: Les Bons Vivants

En résumé : Alors que le 65e festival de Cannes s’achève avec, probablement, une récompense pour Jacques Audiard, Mlle L. prend tout le monde à contrepied et propose un film de 1965, un festival de rire en trois sketchs qui ne sont jamais allés à Cannes, dialogués par Michel Audiard, père du précédent. Tout est pensé.

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Moonrise Kingdom

In a nutshell: Cannes 2012 has started! Unfortunately we’re not at the festival but we can partly follow it, from afar. I can’t judge if the festival will be a success or not, but the opening film, Moonrise Kingdom, has my vote as, so far, one of this year’s best movies: it’s wonderfully acted, lovingly crafted, funny, quirky, charming, esthetically beautiful, and with great music. To date: Wes Anderson’s masterpiece.

Thierry Frémaux, le directeur du festival de Cannes, est face à deux polémiques cette année : la première sur un manque évident de femmes réalisatrices dans sa sélection, très portée sur le drame réaliste, la seconde sur le fait qu’il n’a pas invité franglaisreview à participer à son festival. Mon coeur saigne devant la mesquinerie de certains … Faisons preuve de magnanimité et accordons-lui néanmoins la qualité d’avoir programmé en ouverture un film étonnant, tendre et délicieux, Moonrise Kingdom, du très talentueux Wes Anderson.

Peut-être vous souvenez-vous du film d’animation épatant tiré d’une oeuvre de Roald Dahl, Fantastic Mr. Fox, de La Famille Tenenbaum, ou de l’un de mes films préférés Rushmore ? C’est ce Texan admirable qui les a tous réalisés. Si vous n’êtes pas familiers de son style, plutôt maniériste, réjouissez-vous car Moonrise Kingdom offre tout ce qui fait de lui un cinéaste rare et précieux. Vous trouverez ainsi sur une île de la Nouvelle Angleterre, en 1965, dans la fugue amoureuse de deux jeunes adolescents Sam (Jared Gilman) et Suzy (Kara Hayward) tous les thèmes de l’oeuvre d’un des plus éminents représentants du cinéma indépendant états-unien : une mélancolie gaie, le difficile passage de l’enfance à l’âge adulte, le rejet puis le triomphe de ceux qui créent, l’importance de la musique, la force des mythes (ici par exemple celui du Déluge) et de la filiation, une maniaquerie pour le détail, la profondeur du champ, les travelling latéraux, ainsi qu’une attirance pour les cadres stricts et la miniaturisation du monde à la limite du théâtre de marionnettes …

Une jeune fille à recadrer ?

Avec virtuosité et grâce, Anderson évoque le destin de ces deux enfants extraordinaires et créateurs poursuivis par une troupe de scouts débrouillards hésitant entre loyauté et cruauté et quelques adultes dépassés, au premier rang desquels les superbes Bruce Willis (sobre et touchant en flic de province), Edward Norton (chef-scout attendrissant), Frances McDormand (mère à poigne, vélo et haut parleur) et Tilda Swinton (grandiose en représentante anonyme des services sociaux). Tous les complices fétiches du réalisateur sont présents, Alexandre Desplats à la musique quand Britten fait défaut, Roman Coppola au scénario, Yeoman à la photo, Weisblum au montage et Stockhausen (Adam) aux décors toujours exceptionnels, n’oublions pas Bill Murray et Jason Schwartzman devant la caméra. Si je prends la peine de nommer tout le monde c’est parce que Anderson les utilise tous à leur meilleur – prenez des notes, cher Tim Burton – et fait du cinéma un art d’équipe, de troupe, héritier de l’art théâtral à son sens le plus noble.

Elégante et émouvante, la fugue des enfants, pourtant fantaisiste, est d’une justesse impressionnante et transgressive. Sam et Suzy sont à la fois boudeurs, innocents, frondeurs et Anderson ne nous cache rien, pas même le maladroit éveil de leurs sens qu’il filme avec distinction et affection. Confrontant la pureté des sentiments de ces jeunes héros à la médiocrité de ceux des adultes, désormais pusillanimes, Anderson dirige son film comme on le ferait d’un orchestre et tire de chacun les plus belles notes, ici, apparemment, celles de Britten, et crée, comme dans ses films précédents, une communauté de coeur, celle de l’éphémère Moonrise Kingdom, un bien plus joli nom que “Goulet de marée au mile 3.25”, vous l’admettrez.

Ne vous faites pas prier, allez vite voir ce poétique “goulet” d’air frais avant qu’il ne repleuve !

En résumé : Une adolescente troublée et un orphelin s’évadent ensemble et volent nos coeurs dans le nouveau film de Wes Anderson. C’est poignant et délicieux.  

What can I say, Wes Anderson’s outdone himself.  I haven’t actually always been bowled over by Wes Anderson, although Rushmore and Fantastic Mister Fox have been two favourites to date. It often felt to me like there were some aspects of storytelling that Anderson shirked because they were too obvious, crowd-pleasing and mainstream – hipster syndrome, basically. Not this time. There’s everything that’s poignant and original in his films, but it’s that bit more well rounded, beautifully formed, full of humanity yet not holier than thou… an absolute joy.

Two social outsiders, orphan Sam (Jared Gilman) and ‘difficult child’ Suzy (Kara Hayward) cross paths on a remote New England island where Sam is at scout camp, and Suzy is starring in her school play. They become pen friends and soon hatch up a plan to run away together the following year. One can’t blame them, their lives are the kind of miserable things get when you’re a young person and no one will be your friend. Both are brilliant and original in their own ways – Sam is a master scout and a born adventurer, while Suzy is a literary fiend who’s clearly out of her element on an island devoid of much of anything.

Scouting around for a girl

The supporting cast is top notch to say the least. Edward Norton is superb as a Scout Master cum math teacher facing the  catastrophic unravelling of the ordered summer camp he loves so much. His life revolves around scouting, and clockwork efficiency is his calling card until Sam breaks out by digging a big hole in the side of his tent. Bruce Willis was initially unrecognisable to me as the island’s police officer Captain Sharp, who is making a cuckold out of Bill Murray’s character, Walt Bishop, Suzy’s father. The Bishop family is the definition of suffocating – although there was a handy childrearing tip towards the beginning, in the form of calling your kids for dinner with a megaphone.

A special mention also has to go to the wonderful soundtrack and use of music more generally in the film. The proceedings kick off with a rousing if somewhat puzzlingly placed rendition of Benjamin Britten’s Young Person’s Guide to the Orchestra.  Staying to the end of the credits really pays off with this one – and I was left in the mood for giving a standing ovation.

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Dark Shadows

In a nutshell: A glass half empty or half full? Dark Shadows got Mlle L. thinking and pondering. Miss J. follows up with a dashing review, M. D. concludes the exercise for this very special “three critics for the price of none”, after all this blog is free … Mmm, there might be something rotten in the Kingdom of Franglaisreview.

C’est avec une assez grande appréhension que je reçois désormais la nouvelle de la sortie d’un nouveau film de Tim Burton. Après plusieurs déceptions face à des réalisations trop bancales, inégales, parfois un peu mal fichues (Planète des Singes, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie) et quelques accès de fureur pleine d’incompréhension (Les Noces Funèbres, dont la maladresse de l’animation et la fin cul-cul la praline à souhait étaient une insulte à l’Etrange Noël de Mr Jack, et Sweeney Todd, dont les errements musicaux m’ont rappelé les pires moments de Celine Dion au Stade de France), je m’étais réfugiée dans le choix de l’embargo (Alice au Pays des Merveilles, que je pense ne jamais voir), à force d’avoir été trop souvent déçue par les bâclages de plus en plus réguliers d’un réalisateur qui m’était si cher au départ.

Et puis, je vois la bande annonce de Dark Shadows : c’est que ça a l’air très bien, ce film-là … Ne connaissant pas bien du tout la série télévisée des années 1970 dont le film s’inspire (créée par Dan Curtis, avec Jonathan Frid dans le rôle repris par Johnny Depp), je ne risquais pas de me lancer dans les a priori comparatifs négativistes dont je suis pourtant férue. C’est dit, j’y vais ; Tim Burton et moi repartons enfin sur des bases amicales !

Une première critique sur des bases amicales

Tim Burton est bien aidé par une idée de départ assez géniale, associant la thématique des vampires à celle d’Hibernatus et des Visiteurs, propice comme on peut l’imaginer à la multiplication des “moments de bravoure” du comique de situation. Le casting, très prestigieux et fort talentueux, soutient le propos avec noblesse et professionnalisme : Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham-Carter s’amusent manifestement beaucoup et leur plaisir est contagieux. L’exubérance seventies (garde robe, décors, bande son) est un adjuvant efficace. Les dialogues sont fort bien travaillés. La photo “burtonienne” est prévisible mais toujours très belle, souvent grandiose.

Les 90 premières minutes de ce film sont une réussite totale, et recèlent de vrais moments de génie comique (sinon cinématographique): la rencontre de Barnabas le vampire anachronique avec les hippies, sa découverte du synthétiseur Bontempi, son dialogue de sourds avec une adolescente odieuse (Chloe Moretz, un peu décevante si l’on compare avec son extraordinaire personnage dans Kick Ass, reste néanmoins très convenable), bref, toutes ces scènes sont réellement parfaites, le film est un bonheur.

Mais … ? L’ensemble de la distribution retient son souffle!

Malheureusement … après cette première heure et demie, il reste encore 20 minutes de pellicule. Ces vingt dernières minutes de film sont consacrées au grand final, qui mériterait plutôt d’être qualifié de grosse catastrophe. Finition à la truelle, dialogues ineptes, va-et-vient de camera rappelant le style de Luc Besson dans Taxi 8 le retour de la vengeance qui va te péter ta gueule, “surprises de dernière minute” totalement injustifiées, inexploitées, incompréhensibles et franchement à la limite du débile, invasion des effets numériques sans aucune coordination avec les acteurs (on souffre pour Michelle Pfeiffer qui s’agite désespérément au cours d’une pantomime lamentable impliquant un fusil – bien réel – et une hydre – numérisée – donnant naissance à un des moments les plus ridicules de l’ère CGI), et, pour couronner le tout, un loup garou d’une laideur et d’une pauvreté technique qui m’a mise totalement hors de moi – j’ignore le nom de l’abruti responsable du design puis de la supervision de l’équipe technique qui a donné jour à ce loup garou, mais c’est un sacré gros nul, ne reculant devant aucune minablerie – le roi des nazes et des incompétents.

Bref, ces vingt dernières minutes, vous l’aurez compris, vous ruinent ce film pourtant jusque là si heureusement réussi. Suivant votre humeur, vous sortirez donc de la salle très heureux d’avoir vu 90 minutes d’un très bon Tim Burton, et vous ne vous attarderez pas sur le final (très) décevant ; ou vous repartirez grincheux et plein d’incompréhension, vous interrogeant sur ce ratage magistral d’un film qui était si bien parti. Alors, êtes-vous plutôt verre à demi vide ou à demi plein ? A vous de voir.

En résumé : Johnny Depp se joint de nouveau à Tim Burton pour un film gothique et – j’espérais bien – comique. Mais c’est surtout le gothique qui prime, et cela m’a plutôt déçu. 

Ah, it’s good to write a critique sandwiched between the work of two of my favourite cinema buffs, Monsieur D. and Mlle L. I shall try to do my best for Team English Language. Here goes: We dashed to the cinema on the opening Wednesday to see Tim Burton’s latest production, a liberal adaptation of the 1960/70s cult gothic TV series Dark Shadows. I can’t say I ever watched the series, but it seems a lot of people did. The story plays out in the coastal town of Collinsport in Maine, where gothic happenings are afoot.

Back when the town was an English colonial settlement, the son of the local fishing tycoon, Barnabas Collins (Johnny Depp) was turned into a vampire for spurning the advances of a servant girl far beneath his station, Angelique (Eva Green), who turns out to be a vengeful witch in her spare time. When Barnabas continues to refuse to submit to her, she has the stubborn vampire buried alive, and over the centuries, does all she can to ensure the Collins family’s decline.

Insomnia is a terrible thing.

By the time Barnabas gets dug up by a gang of unsuspecting road diggers in the 1970s, his family home is utterly dilapidated, despite the best efforts of the family matriarch Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer) and the two remaining servants, not least the one in her early nineties who takes seven hours to polish a single silver spoon. And the children are as oddball as might be expected. The youngest, David (Gulliver McGrath), Sees Dead People and has a live-in therapist, Dr Julia Hoffman (the obligatory Helena Bonham Carter). His older sister, Caroline (Chloë Moretz), is the quintessential moody teenager, with the corresponding tastes in music and fashion.

Barnabas has quite some adapting to do, and the comic potential is rich. Depp applies his customary panache as a graceful, eerily pale character with ‘special dietary requirements’ guaranteed to make any airline company tremble. And as an aside, were the depictions of Barnabas’ ginger excursions out into daylight channeling Michael Jackson, or what?

See what I mean?

I was mainly sold on the trailer for the film, which unfortunately made it look a lot more humorous than it actually was. I’d expected there to be less gothic bloodthirstiness, and more comedy. As it turns out, most of the best gags are in the trailer. And there’s a whole lot more gore and dark warpedness in a production that drags at times. While the characters deliver all the zest they’ve got and more, deep down the film seems to be taking itself horribly, excessively seriously – and the overall effect is spoiled.

In a nutshell (bis) : Fans will find their reward but Dark Shadows disappoints. The script lacks fangs and both Burton and Depp are quite predictable. But like pizza or chocolate cake, even when it’s not great, it remains pretty good. Let’s hope both director and actor will step outside their comfort zone on their next project.

Nul besoin d’épiloguer avec tant de critiques précédant mes modestes mots. Assez brièvement, donc, Dark Shadows reprend une série inconnue du plus grand nombre (si vous la connaissiez, faites-nous signe pour nous dire si Burton y est fidèle ou non, et si même cela a une quelconque importance). Barnabas Collins (Johnny Depp, toujours plus Depp) couche avec la bonne, beaucoup plus mauvaise – huhuhu … – qu’il ne l’imaginait, car la ravissante Angélique (sic) Bouchard (Eva Green parfaite) est une sorcière démoniaque. Elle maudit toute la famille Collins, en particulier Barnabas, transformé alors en vampire, qu’elle enfermera pour deux siècles dans un cercueil sanglé de lourdes chaines. Libéré, celui-ci tentera de sauver ce qu’il reste de sa très dysfonctionnelle famille et de redonner un lustre au blason des Collins. Sur sa route, évidemment, il trouvera la toujours superbe, toujours amoureuse et toujours diabolique Mlle Bouchard. La lutte sera rude.

Troisième critique dans laquelle la lutte sera rude

Comme le soulignaient avec prolixité mes camarades, Burton sait s’entourer d’une troupe d’acteurs dont le talent ne fait jamais défaut. Fidèle à sa famille, il retrouve Danny Elfman, poursuit sa collaboration fertile avec Johnny Depp, offre un rôle à son épouse Helena Bonham Carter et permet une apparition en Capitaine au long court au légendaire Christopher Lee. Son film, sans surprise, permet à Depp de faire son numéro, et dessine un univers parallèle notoire et rassurant où le gothique faussement épeurant (comme le dise nos amis Québécois) est interrompu par quelques saillies et autres cocasseries tendres.

Cela résume les points forts et les faiblesses de ce Dark Shadows. Les amateurs trouveront l’ambiance burtonienne qu’ils apprécient tant, le mélange entre fantastique effronté et humour malicieux, un héros “monstrueux” pourtant plus aimable que les gens normaux, et le professionnalisme d’une grosse production. Les détracteurs du réalisateur américain souligneront les présences inutiles, pesantes de l’épouse (H. Bonham Carter) et du mentor (C. Lee) que Burton ne sait comment utiliser. Ils remarqueront un scénario faiblard et une bande annonce bien plus drôle que le film, souvent languide. Ils regretteront aussi que le créateur génial d’Edward aux mains d’argent ou d’Ed Wood n’arrive pas à se renouveler depuis Big Fish, tous ses films oscillants entre le très lisse attendu (bien sympathique Charlie …) et le carrément raté (catastrophique Alice …).

Un film ni vraiment gauche, ni très adroit … au centre. Attention à ne pas se faire écraser !

Le divertissement est honnête mais inconstant et l’on reste plus attaché à la Famille Adams qu’à la famille Collins. Quelques scènes et effets sont magistraux – le visage d’Eva Green qui se craquèle, véritable coquille d’oeuf ; le spectre chutant éternellement du haut d’un lustre ; la réunion brutale et acrobatique des désirs de la sorcière et du vampire, etc. -, la dernière partie, lamentable, est à oublier. On pleurera simultanément qu’un créateur, désormais “muséifié”, ne soit plus qu’un styliste certes talentueux mais loin de ce qu’il fut, on se réjouira qu’en dépit d’un dernier acte bâclé il soit toujours capable de nous offrir quelques instants de rires, de rêves, de charme, de merveilleux.

Allez, M. Burton ! Allez, M. Depp ! Soyez audacieux ! Repartez sur des chemins de traverse, réinventez-vous!

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Dépression et des potes

In a nutshell: Not as depressing as the title invites you to think, but not as funny as it wishes to be, Dépression et des potes has a few good moments but is “kinda” lame. A shame. “Sorta”.

Mais que sommes-nous allés faire dans cette galère? En voilà une question qu’elle est bonne. En fait, je crois que je suis en dépression, après Lock Out il me fallait me reconstruire ; on reprend pas à pas, par une comédie qui traite de mon mal. Certes celle-ci est française, mais Fred Testot est sympathique et le réalisateur, Arnaud Lemort, dans son film précédent (L’amour c’est mieux à deux), le premier, n’avait pas déçu. Nous étions donc partis pour un moment distrayant, sans plus. Ce fut surtout sans plus.

Alors hiérarchisons, mes bons ! Ce film n’est pas une catastrophe, il n’est que médiocre. Il offre quelques moments amusants, et permet de remarquer le talent de Laurence Arné, convaincante aveugle, la constance de Jonathan Lambert, les limites de Fred Testot, qui ne devrait pas choisir trop de films de ce calibre s’il ne veut pas épuiser rapidement le capital de sympathie qu’on peut avoir pour lui. Néanmoins, on ne peut guère défendre beaucoup plus cette pochade. La réalisation fait passer Philippe de Broca pour Antonioni, et le scénario est bien paresseux.

Tagada, tagada, voilà nos paresseux Dalton …

Quatre amis, trentenaires, deviennent adultes en surmontant ce qu’ils appellent une dépression et qui ressemble plus à de forts accès de beauferie. On frise la misogynie (pauvre Brésil) et le racisme (pauvre Québec), mais quelques dialogues font mouche et permettent à l’ensemble de surnager, ou du moins de ne pas trop couler.

Il m’est difficile de savoir précisément ce qui ne fonctionne pas, mais la sauce ne prend pas en dépit d’une sympathie initiale pour les protagonistes. Dénué d’enjeux réels – la dépression de Fred Testot étant aussi convaincante que l’idée de virginité chez M. Berlusconi – on suit les fades péripéties des quatre compères sans bien comprendre pourquoi on le fait. Le film s’achève, platement, sur une fin douçâtre, très Joséphine, Ange Gardien. Poussif, en quelque sorte.

En résumé : Ce film m’a tout fait sauf rire. Un peu raté pour une comédie …

I’m going to have to be a bit snarly about this one. Arnaud Lemort’s previous film was a half-decent romantic comedy – reviewed on this very site, which goes to show we’ve been around for a while now – called L’Amour c’est mieux à deux. Trite title, but the film was alright. Now I can’t say we beat down the door of the cinema to watch his latest production Dépression et des potes – with a catchy theme like ‘depression and chums’ who could blame us – but I had hoped for something with a bit of zing to it.

What I mostly got though, was a slap in the face for the credibility of depression as a devastating illness – and a big leg-up for the Just Snap Yourself Out Of It brigade. The whole premise of this sluggish piece of cinema is that the central character, Franck (Fred Testot), an inept boyfriend and mediocre employee, gets diagnosed by an actual doctor with depression. His friends rally around and a series of hilarious adventures duly buck him up, largely by helping him realise the people around him are having just as rubbish a time of it as he is.

Sensitive engagement with a challenging topic. Not.

I suppose the film probably meant well enough, and that featuring someone with actual full blown clinical depression could have been a bit too much of a drag, so we get ‘depression lite’. The doctor encourages Franck to take the odd yoga class – and a disastrous session of acupuncture. Again, its’s little to do with the real illness, and it really ought to be called ‘a mild touch of the blues and chums’. Or something.

Reluctantly moving on from this truly aggravating blunder on the part of the filmmakers, I can only say that the rest is barely above made-for-TV movie calibre, that the central characters are trite and tiresome, that the portrayal of Franck’s ex-girlfriend is lazy, cliché-ridden and feebly misogynistic, and that the audience rarely went beyond the odd titter throughout the whole thing. An utterly missable film and a kick in the teeth for decent scriptwriting.

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Lock Out

In a nutshell: I’d rather not talk about it … I feel ashamed, dirty even … but at times a reviewer’s gotta do what a reviewer’s gotta do. Go watch it if you are Guy Pearce’s n°1 fan, and then go cleanse yourself. Or go if you want further proof that any scenario developped from a Luc Besson’s idea is a big no-no. Now, go cleanse yourself.

Voilà un film vu entre deux activités. En douce. Pour tuer le temps. Et parce que un p’tit film d’action, parfois, c’est sympa. Une erreur. 96 minutes d’ennui. Une catastrophe. Comment vous résumer l’ensemble ? Faut-il le faire ? Je ne sais, je ne m’en remets pas. Il semblerait que Luc Besson ait décidé de lancer une collection Série Z dont la bêtise consternante ne serait dépassée que par l’indigence générale du scénario, des dialogues et de la mise en scène. Nous avons ici une très jolie tête de gondole.

Pour le scénario, prenez New York 1997 avec Kurt Russel, pour les répliques sarcastiques peut-être Piège de Cristal, et pour l’ambiance en apesanteur Alien et vous aurez les références, le rêve des deux tâcherons qui ont réalisé le film. Mais James Mather et Stephen St Leger sont loin, bien loin de leurs glorieux aînés, et même épaulé par un Guy Pearce très en forme, le résultat est au mieux affligeant. Après quelques minutes engageantes, laissant présager une série B honnête, testostéronée, un peu pataude mais de bon aloi, Lock Out s’enfonce dans l’irrémédiablement stupide, caricatural et primaire. Alors parfois un grand acteur dans un nanar extra-atmosphérique vaut le prix du billet, mais là, non, cent fois non.

C’est vrai qu’un film avec un scénario inepte c’est long …

Assister à la mutinerie la plus invraisemblable du système carcéral et la résolution par l’absurde d’une prise d’otage ne vous réjouira pas, cela soulignera seulement le mépris dans lequel on vous tient en tant que spectateur. Les effets spéciaux sont bâclés, l’esthétisme du film ne fonctionne en rien, les scènes d’action sont pour la plupart illisibles, le montage est mollachu, la direction d’acteurs à la truelle. Alors quand Télérama vous annonce que vous retirerez de Lock Out “un certain plaisir (coupable ?)”, que Chronic’art trouve que ce film “démontre qu’il reste un peu de bonne soupe au fond des vieux pots”, ou encore que Le Parisien ou Ouest France estiment que “c’est efficace, rythmé, tendu et spectaculaire” et que “Lock Out ne manque pas d’un certain panache”, j’exige des excuses.

Bon, je sens que je vais avoir des séquelles après ce film. Je ne peux en rien garantir mes prochains choix, ni même s’il est bon que notre espèce survive. Je vais retourner sangloter dans mes oreillers et espérer que Prometheus soit à la hauteur.

Méfiez-vous des “thrillers d’anticipation”.

Méfiez-vous !

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Blackthorn

In a nutshell: A strange thing happened to Mlle L. She went to the movies and saw a film that was shown everywhere else about 9 months ago. Regardless, Blackthorn entertains. Were you wondering what happened to Robert LeRoy, a.k.a. Butch Cassidy, after 1908? To find out, you’d better follow Sam Shepard in Mateo Gil’s dusky western, set in beautiful but harsh Bolivia. 

Blackthorn ne se verra gratifier que d’une critique assez concise – je sais, je dis toujours ça au démarrage … Mais en l’occurrence il n’y a pas réellement matière à digresser infiniment sur ce western de Mateo Gil (scénariste pour le cinéma hollywoodien et sinon assistant-réalisateur d’Amenabar tournant ici son premier long métrage).

L’histoire est celle d’un Butch Cassidy vieillissant, vraiment très bien interprété par Sam Shepard, qui, après avoir survécu discrètement pendant des années en Bolivie à la suite de la mort du Sundance Kid, décide sur ses vieux jours de prendre enfin le chemin du retour vers les USA. Il rencontrera au passage l’Espagnol Eduardo (très convenable Eduardo Noriega) avec qui, un peu contre son gré, il sera amené à revivre ses années de jeunesse traquée et hors la loi.

Ce film est, dans son ensemble, très convenable, accumulant de belles à époustouflantes images, des scènes intéressantes, des acteurs talentueux, et un scénario qui, s’il ne casse pas toujours des briques, reste très honnête. Le montage, sans être empreint de génie, reste juste, et insuffle un rythme de western lent qui n’est pas désagréable.

Sale eau propice pour Cassidy

Blackthorn cependant, alors qu’il traite avec sensibilité de nombreux sujets propices (la vieillesse, la loyauté, les valeurs morales, la nostalgie, les regrets, l’affection, l’attachement, la survie, etc.) ne semble jamais réellement parvenir à décoller vers le grandiose, se confinant au (parfois très) acceptable. Il n’y a pas dans Blackthorn le souffle de Wyatt Earp (Kevin Costner filmé par Lawrence Kasdan), encore moins de Open Range (Kevin Costner cette fois réalisateur, une merveille de film), ni la mélancolie élégante du fantastique Appaloosa (Ed Harris devant et derrière la caméra, Vigo Mortensen admirable, Renée Zellweger enfin brillante et Jeremy Irons toujours grandiose).

Peut être aurait il été plus judicieux de confier toutes les manettes du film à Sam Shepard ? Ce n’est pas sûr, car Mateo Gil n’est manifestement pas le mauvais cheval (ahaha! pardon, les calembours  de Monsieur D. semblent m’être montés au cerveau). Mateo Gil, donc, a un talent certain, qui transparaît tout au long du film. Alors ?…

Mateo Gil sait quoi faire (à cheval), mais pour Sam Shepard.

 

Alors, l’explication, elle est à trouver du côté des producteurs, qui ont eu l’idée absolument catastrophique, destructrice, suicidaire, d’une part d’introduire de (beaucoup trop) nombreux flashbacks ; or, la jeunesse de Butch Cassidy et Sundance Kid, figurez vous que ça a déjà été filmé, par George Roy Hill, avec Paul Newman et Robert Redford (1969), et du coup, ça va être assez difficile de faire mieux, les aminches. Si bien que chacun de ces flashbacks devient un boulet supplémentaire, entrainant le pauvre Blackthorn vers des comparaisons dont il ne peut sortir qu’atrocement perdant.

En outre (car quand les producteurs sabotent un film, ils peaufinent le boulot), alors que Sam Shepard campe, encore une fois, un excellent Cassidy en fin de parcours, les acteurs incarnant les mythiques personnages de Butch et Sundance dans leur jeunesse ont été manifestement choisis pour leur totale absence de talent et de personnalité: je n’ai jamais vu deux acteurs au jeu aussi plat et inintéressant que Nikolaj Coster-Waldau (une gueule à jouer dans des reconstitutions historiques sur France 24) et Padraic Delaney (lui, ce serait plutôt les téléfilms policiers de France3 Limousin) !

Malgré tout, cela reste un western qui claque!

Clou du spectacle (les producteurs n’avaient pas tout à fait fini de refermer le cercueil) : le personnage féminin de Etta, incarné avec tant de grâce par la sublime, rieuse et fragile Katharine Ross en 1969, s’est vu confier ici aux soins peu délicats de Dominique McElligott, dont la fatuité abrutie et l’absolue nullité professionnelle égalent, et c’est peu dire, la lamentable-insupportable-odieusement irritante contre-performance de Megan Fox dans Jonah Hex (rappelez vous, j’avais alors envisagé d’aller l’assassiner dans son sommeil …).

Pour conclure, je dirai que si les producteurs pouvaient se contenter d’aligner les chèques, sans chercher à placer de force la gourde décérébrée avec laquelle ils ont une liaison et qui ne serait même pas capable de tenir un rôle dans Oui Oui rencontre les Sept Nains, s’ils pouvaient également s’abstenir d’imposer leurs idées “créatives” d’une lourdeur accablante, s’ils pouvaient juste arrêter de ruiner les films et tout simplement laisser les acteurs et les réalisateurs travailler tranquilles, le cinema s’en porterait tellement, tellement mieux … Gâcheurs épuisants, va !

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Margin Call

In a nutshell: An intelligent boardroom thriller that’s commandably sober and slick. Served by an impressive cast and very strong performances, Margin Call echoes Wall Street and Inside Job and illuminates moral corruption without demonizing people falling under its spell. Because they are all of us.

Je dois devenir de plus en plus professionnel car je vais faire quelque chose de peu éthique, je vais descendre un film que je n’ai pas vu. Comme ça. Sur la mine. Je sais, c’est injuste, peut-être même dégueulasse. Mais bon Krach avec Gilles Lellouche et Charles Berling pour traiter d’une crise financière et boursière … même en étant indulgent quand on voit la bande annonce, on se dit que le film n’est pas à la hauteur de son sujet. Margin Call, en revanche, là, on parle.

Savoir prendre de la hauteur

J.C. Chandor, pour son premier film, fait très fort ; il réunit une distribution de très haute volée autour de Zachary Quinto (Peter Sullivan), Kevin Spacey (Sam Rogers) et Jeremy Irons (John Tuld), leur offre un scénario intelligent, adulte et nuancé, à la David Mamet, et les filme comme si Michael Mann voulait faire un huis-clos. Sans effets de manche particuliers – il n’y aura ni explosions de colère jupiterienne, ni filles dénudées, ni coups de feu – Chandor brosse le tableau rigoureux du marigot de la finance mondiale. S’inspirant de la chute de Lehman Brothers, le réalisateur retrace froidement les débuts de la crise des subprimes et les décisions immorales prises par son PDG, Richard Fuld (Tuld dans le film) et son conseil de direction.

Refusant toute diabolisation, Chandor décortique les rapports de pouvoirs, les ambitions, la cruauté, l’avidité et la tension qui fait le quotidien des requins de la finance. Et ça marche terriblement bien. Comment le sais-je? Aisément car Miss J., habituellement silencieuse, respectueuse de l’oeuvre projetée, n’a pu retenir quelques jurons bien sentis contre les protagonistes au fil du film. Et ça, c’est une preuve irréfutable de la puissance de l’oeuvre.

Protagonistes de plus en plus cintrés, “enjuronés” par Miss J.

Margin Call s’ouvre sur un écrémage au sein d’une banque d’investissement. Le couperet tombe, brutal, 80% d’un service est à la rue. Eric Dale (Stanley Tucci), remercié après 19 ans de bons et loyaux services, réussit à donner à Peter, l’un de ses jeunes collègues (Zachary Quinto), le modèle sur lequel il travaillait. Celui-ci découvre vite que suite à une série de mauvais investissements et d’un cadre financier trop flexible, sa banque risque de se retrouver en très mauvaise posture. Il alerte ses responsables (Paul Bettany, Kevin Spacey), qui appellent les leurs (Demi Moore, Simon Baker), pour finalement déposer ce dossier ruineux et brûlant entre les mains de leur PDG (Jeremy Irons). Des décisions morales et financières doivent rapidement être prises dans les prochaines 24 heures et les questions d’intérêt personnel et d’intérêt général se posent alors avec acuité.

Même si dans sa deuxième moitié, le film est un peu didactique, sa théâtralité classique (unité de lieu, d’action et de temps) séduit. On voit vivre une petite dizaine de personnages complexes dont les choix nous sont rendus compréhensibles au fil de l’histoire. Sans manichéisme Chandor rend la crise compréhensible, et son attirance pour le milieu renforce encore son propos. Une violence ouatée sourd des conversations courtoises mais tendues qui scandent les heures de ce huis clos. On suit avec intérêt les motivations de chacun et l’on note avec amusement que jamais le spectateur n’obtient d’explications définitives tandis que le raisonnement expliquant la catastrophe en attente se simplifie jusqu’à devenir enfantine au plus haut niveau.

La roche tarpéienne n’est pas très loin du Chrysler Building …

Le film est tragique car chaque protagoniste devra à son tour faire un choix éthique et Chandor démontre sans trop de cynisme la difficulté, voire l’impossibilité de faire le bon choix. L’appel de marge est aussi moral. La volonté de justifier, de plus en plus finement tandis que l’on remonte dans la hiérarchie, son avidité ou son égoïsme entraine le spectateur à spéculer si, vraiment, il saurait être meilleur. La scène finale, lourde mais puissante allégorie, exprime bien le cercle vicieux dans lequel s’enferme ces traders et banquiers. Wall Street a un successeur, Inside Job un pendant fictionnel ; sans être parfait Margin Call impressionne.

En résumé : La crise financière, vous en avez entendu parler? Qu’importe, ce film vaut absolument le coup.

I’d initially been a little skeptical about Margin Call, which dramatises the onset of the 2008 financial crisis as it plays out in an ‘ethically challenged’ high financial centre (cough cough – Lehman Brothers – cough cough). The trailer had me concerned that that J.C. Chandor’s directorial debut might so much court a boardroom ‘thriller’ atmosphere, that it would fail to do justice to the crisis’s complexity, stooping too often for easy entertainment kicks.

While there were a few problems with the production, sensationalism wasn’t one of them.  So many rich observations and reflections were teeming within this elegantly unified drama – in time, space and location – that there was almost too much to digest in one sitting. The dialogues were often a bit bloated, though rarely wooden, with so much being conveyed in what made for some politically and intellectually engaging cinema.

Fetch. Fetch the pencil. Good boy!

We’re gradually taken up the ranks of the firm as the crisis sets in, the proceedings kicking off with a ‘mass firing’ of 80% of a trading floor. Close to the bottom rung of the firm’s hierarchical pyramid are rocket scientist PhD Peter Sullivan (Zachary Quinto), who’s been poached away from aeronautics by a six figure pay cheque, and his ‘living-the-dream’ bling-worshiping 23-year-old colleague Seth Bregman (Penn Badgley). Sullivan’s the first to go pale as a ghost, after the fired head of risk management Eric Dale (Stanley Tucci) slips him a USB key full of ‘we’re sailing on the Titanic’ data through the closing doors of the elevator.

“And for my next trick, I shall make billions of dollars disappear.”

Soon, the whole of the board are flying in by helicopter. There are some excellent performances, not least from Paul Bettany as Will Emerson, a not-quite-killer middle management hack, and Kevin Spacey as Sam Rogers, a mawkish high-ish level executive. Sam’s survived nearly thirty-five years in the firm by selectively closing his ears to what’s going on around him, at his own admission. He’s far more affected by his pet dog’s illness than the fate of underlings who get laid off. The ultra-ultra wealthy boss of the whole outfit, John Tuld (Jeremy Irons) is impassive, chilling and faintly rakish, as well as utterly blasé as to his technical ignorance of the complex financial derivatives the firm’s been wielding to catastrophic results. That’s for the poached rocket scientists to worry about.

Fine dining for one at the top.

While the story is now all too familiar, it was still refreshing viewing. It’s a high quality, gripping countdown of the survival strategies and rationale of a firm faced with the realisation that it needs to shift all of its bad debts onto unsuspecting buyers, before firing everyone responsible for those sales, within one trading day. This was the polar opposite of the ‘cinnamon bun’ romantic comedy experience, as it vividly brought to life the ruthless double dealing of powerful firms as the world’s markets poised to implode. It’s workplace sharkery exposed to the maximum. It’s bloated at times, but its glossy aesthetic and slickly commercial feel is used to skillful, and at times, disconcerting effect. It’s rather rare, and satisfying, for such a critical film to closely appropriate a mainstream aesthetic.

PS. As a mildly indignant addendum to this review, I have to mention the the group of American guys heading out of the cinema just behind us, one of whom could be heard commenting: “well, you know, never trust anyone with a British accent”. Really? That’s what you took away from this film?! Pffff….

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Nixon

In a nutshell: Time to get political on this blog as the second round of the French elections approaches. Tomorrow, we will know who is going to lead France for the next five years … Since most people are thinking about politics and its dangers, Mlle L. decided to go back to one of her classics, Oliver Stone’s Nixon. For her, not only did Stone have greatness within his grasp, he did grasp it thanks to Anthony Hopkins.

En résumé : Mlle L., méfiante face à Tricky Nick, est bien plus favorable à Tricky Dick. En ces temps électoraux où la France va choisir son nouveau président. Il est intéressant de revenir sur le destin d’un grand président américain dont la carrière s’est achevé dans le déshonneur, mais dont l’action a durablement marqué son pays et le monde. Réflexion d’Oliver Stone sur le pouvoir, la persévérance, la vérité, le courage, Nixon séduit. Le serez-vous aussi ?

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The Avengers

In a nutshell: An ambitious film proposal bringing together Marvel heroes when little actually links them. The Avengers is meant to be something of a reunion. It is, and more. Popcorn cinema with panache.

Joindre un héros de la seconde guerre mondiale, Captain America (Chris Evans), à un dieu scandinave, Thor (Chris Hemsworth), c’est déjà d’une logique discutable mais y ajouter Hulk (Mark Ruffalo), Iron Man (Robert Downey Jr.), deux agents surentraînés, Black Widow (Scarlett Johansson) et Hawkeye (Jeremy Renner), des extraterrestres, Loki (Tom Hiddleston) et un colonel borgne (Samuel L. Jackson), c’est d’une ambition entre l’hubris et le grand port’nawak. La magie de Joss Whedon est non seulement de nous faire passer l’ensemble comme parfaitement naturel et en plus de nous convaincre qu’il n’aurait pu en être autrement. Bluffant.

Un dieu un peu marteau, un playboy blindé, un capitaine fasciné par une histoire d’écu … une équipe est née

Un peu déçu de ne pouvoir retrouver notre spécialiste de film à effets spéciaux imposants, Mr. J.A., pour l’occasion en mission secrète, nom de code “crème brûlée”, Miss J. et moi nous rendîmes sceptiques au cinéma n’ayant pas été très convaincus par les réalisations précédentes de la Marvel à l’exception notable du premier Iron Man. Quelle ne fut pas notre surprise de confirmer la pluie d’excellentes critiques que ce film a pu recevoir : dans son genre, c’est une très belle réussite. Joss Whedon, scénariste et réalisateur, parvient à nouer les destins de 8 antagonistes remarquables sans jamais ni perdre les novices, ni décevoir les fans.

Spectaculaire et drôle, Whedon emprunte sans compter aux meilleures règles du blockbuster, mais aussi à Tex Avery, et aux règles des séries télévisées les plus achevées. The Avengers capture les nuances des relations des protagonistes avec une économie de moyens louable. L’humanité et les fêlures de chacun apparaissent suffisamment pour que les explosions, les combats ou les cascades prennent un véritable sens.

Vers le bas, apparemment.

La distribution est exceptionnelle et les acteurs étonnent par la variété de leur jeu et de leurs intentions dans un film qu’on n’attendait pas aussi travaillé. Nuls ne restent sur le bas côté. Downey Jr. reprend le rôle qui le résume le mieux en Iron Man, ce millionnaire génial et égotiste ; Scarlett Johansson fascine en Black Widow, et propose un métissage intéressant des personnages féminins principaux de Buffy, Firefly et Dollhouse ; Tom Hiddleston, à la différence de sa prestation dans Thor, trouve dans le rôle d’un Loki très complexé, un argument pour pour faire ressortir toutes ses qualités ; Mark Ruffalo, enfin, réussit à donner au personnage de Bruce Banner/Hulk un fatalisme, une résignation sublime qui transforme la colère brute de l’homme vert en événement quasi métaphysique.

Contre toutes attentes, The Avengers a su garder le meilleur de chacun de ses héros et, malgré çà ou là quelques faiblesses, le film, séquencé en vignettes percutantes, simultanément graves et légères, est à la fois spectaculaire, malicieux et très amusant. Le face à face Hulk/Loki reste gravé dans ma mémoire et j’espère que vous passerez un aussi bon moment que nous devant les batailles d’égo, et de répliques cinglantes de cette équipe hétérogène, et les combats brutaux contre une menace extraterrestre d’ampleur, une fois l’unité accomplie. Un film popcorn avec ce panache … c’est presque à vous convaincre de vous mettre au popcorn.

En résumé : Pas besoin d’être un adepte de la BD pour adorer cette aventure ingénieuse qui met en avant la crème de Marvel Comics. Ce film mérite amplement tous les éloges reçus dans la presse. 

Reviews for The Avengers have been positively sparkling, and rightly so. Director and scriptwriter Joss Whedon is back – he of Buffy fame and, as I discovered to my recent delight, if thoroughly late for the party, Dr Horrible’s Singalong Blog. He’s come up with a humdinger here, with a rich assortment of Marvel superheroes in a new adventure against dreadful blue things from outer space.

We were somewhat startled to enter a room packed to the rafters during what should have been relatively ‘dead air’ cinema time – especially as the film was also showing in 3D right next door. Not sure how much of a difference the 3D would have made – although my money is on my head quite possibly having exploded, as it is intense on the special effects front. Luckily it’s not just that, though – there’s witty dialogues, sound characterisation, and dynamite quantities of bang for your buck on the entertainment front.

Another happy voter considers the prospect of five more years of Sarkozy?

The Marvel heroes we encounter struggle engagingly not just against the fearful blue creatures, but also their own inner demons and their tendency to profoundly wind each other up. There’s a bewildered ‘just defrosted’ Captain America (Chris Evans), blonde bombshell demigod Thor (Chris Hemsworth), not to mention ‘genius, billionaire, philanthropist’ Iron Man (Robert Downey Jr.)  and ‘sorrowfully rageful’ Hulk (Mark Ruffalo). And just to leaven out the superhero quotient, there are some admirably courageous ‘regular’ humans, Black Widow (Scarlett Johansson) and arrow-touting Hawkeye (Jeremy Renner).

Hulk, as Monsieur D has already intimated, is one of the resounding success stories here – his rage is apposite, personally burdensome yet humorously conveyed. There’s something for everyone in this film, except perhaps for people with an aversion to loud bangs. From its gripping narrative and thoughtful characterisation to its plentiful in-jokes for the Marvel geeks, this was top-notch viewing.

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Le Prénom

In a nutshell: A wannabe Carnage without the keen eye of Polanski. Entertaining even if flat and too theatrical. To watch if you enjoy hysterical family dinners, contentious names and cold couscous.

Quel prénom serait capable d’amener un groupe soudé à se déchirer ? Intrigué par l’énigme proposée par cette adaptation d’une pièce de théâtre éponyme, nous nous demandions quel patronyme pouvait être source de querelles … hormis le mien – “Mister” a-t-on idée ?- nous avions bien une idée et, effectivement, c’est ce que vous pensez aussi. Heureusement, il ne s’agit là que du début de la pièce, le mystère de ce prénom s’estompe vite, pour laisser place à une mécanique efficace, souvent drôle, un peu trop hystérique, révélant les rancoeurs de ce groupe amical et familial.

Bling bling vs. bobo

Dans le salon cossu d’un professeur vedette de la Sorbonne, Pierre (Charles Berling), et de son épouse Elisabeth (Valérie Benguigui), enseignante lasse de collège, débarquent autour d’un repas marocain le meilleur ami du couple, le doux Claude (Guillaume de Tonquédec), tromboniste à Radio France, et Vincent, le frère d’Elisabeth, beauf insupportable mais charismatique, fort bien incarné par Patrick Bruel. Celui-ci, en attendant son épouse très enceinte et très en retard (Judith El Zein), se décide à partager avec ses proches le prénom qu’ils souhaitent donner à leur enfant. Je ne gâcherai rien à la fête en vous révélant que le couscous va voler. Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, co-scénaristes de la pièce originelle, adaptateurs et réalisateurs, proposent à la fois une pièce de théâtre boulevardière et une déconstruction cruelle d’un milieu familial “bobo”, dans lequel les imperfections et hypocrisies de chacun vont se révéler.

Dans la partie comique, le résultat est intéressant, les répliques crépitent, les comédiens s’amusent et gesticules, et les spectateurs se divertissent de leurs invectives ; dans celle satirique, l’ensemble pèche, la critique socio-politique est lourde – un couple de professeurs donneurs de leçons de gauche clichée reçoit un couple de droite UMP caricaturale, tandis que le neutre tromboniste, affectionnant pour ses chemises la couleur orange, compte les points. Les auteurs-réalisateurs vont d’ailleurs bien vite abandonner tout sous-texte politique, pour se recentrer sur des tensions familiales plus classiques. C’est attendu et gentillet, le Carnage de Yasmina Reza, pourtant loin d’être un chef d’oeuvre, est sur une autre planète.

Oreilles asymétriques pour un film qui l'est aussi

Pas évident de ne pas comparer les deux adaptations, celle de Polanski et celle-ci. Si dans la première on peut parler cinéma, ici c’est beaucoup plus difficile car en dehors du premier quart d’heure, clippé Amélie Poulain, présentant les protagonistes, le reste du film est principalement du théâtre filmé très platement. Jamais les réalisateurs ne peuvent faire oublier le côté très joué des situations et même si tous les acteurs sont plaisants à suivre, ils cabotinent tous et exagèrent toutes les situations faisant honneur aux traditions du boulevard, mais guère au naturalisme cinématographique. En gros, mon conseil est celui de Thoreau : “Simplifiez ! Simplifiez ! Simplifiez !”. Less is more comme dirait notre Miss J. L’hystérie des dialogues fatigue à la longue et même si le film épingle assez bien nos mesquineries, lâchetés et vanités, on souhaiterait moins d’artifices.

Si la fin est conventionnelle et la rédemption des antagonistes à la limite de l’absurde, on passe un moment agréable. Ainsi, si en ce premier mai férié, ami lecteur, aimable lectrice, tu ne manifestes pas autre chose qu’un intérêt pour divertissement léger, va admirer Patriiiick et ses amis, sinon quel prénom choisir, François ou Nicolas ?

En résumé : Un dîner entre amis dérape grâce à un prénom très litigieux. Mais lequel ? Il va falloir aller voir le film pour le savoir. Ca vaut le coup, même si cette adaptation manque un peu de souffle par rapport à la pièce originale. 

Le Prénom was originally a comic play penned by Matthieu Delaporte and Alexandre de la Patellière, which after a hit run in 2010 was swiftly adapted into a screenplay starring most of the original cast, with the addition of Charles Berling. As such it smacks a lot of another recent theatrical adaptation to the cinema, Carnage. There’s the same unity of focus of action within one room in an apartment, while once again, what is anticipated as a polite social occasion between civilised adults takes some highly awkward turns. And some of the furniture gets hurt.

Le Prénom is considerably less hard-hitting than Carnage, while failing to settle down into the comedy bracket either. It follows a dinner party hosted in the left bank Parisian home of harried secondary school French teacher Elizabeth (Valérie Benguigui) and her self-absorbed high-flying Sorbonne literary professor husband, Pierre (Charles Berling). Things get off to a cracking start with the film’s tongue-in-cheek presentation of the couple: for a convincing yet wince-worthy sketch of some veritable Education Nationale stalwarts, this set piece touts the most cinematic home truths since La journée de la jupe.

Soon, all this will be carnage.

Things continue nicely as two other dinner party guests assemble: Elisabeth’s cocky younger brother Vincent (Patrick Bruel) and sensitive,  unassuming professional trombonist Claude (Guillaume de Tonquédec). Conversation turns to Vincent’s unborn child, whose mother, Anna (Judith El Zein) is late for the party. The name chosen for the boy turns out to be a tad controversial, and before we know it, home truths are spilling everywhere, as does the nice Moroccan buffet Elizabeth’s gone to a lot of trouble to prepare. The bitterness and resentment that bursts forth is only patchily comic, although it does have its moments.

It could have done with more of an exuberant upswing into out-and-out farce, or possibly a heftier dose of grit, although then it really would practically have been Carnage. As it stood, it felt cramped and constrained within its one-room setting, and the witty portraits of the characters in their everyday lives that spiced up the very beginning fell away, leaving… well, a lot of dining room/salon. There’s enough energy and pleasingly crafted dialogue to make it a highly watchable production, but I’m certain it worked better at the theatre. As it was, by the end, I felt mildly bemused at the careening about I’d been witness to, if not a little sorry for the poor Moroccan buffet.

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