Monthly Archives: July 2012

The Dictator

In a nutshell: Half political farce, half romantic comedy, the boundary ignoring Sacha Baron Cohen comes back with another hero of triumphant imbecility. It does work because SBC does things so awful no one would ever dare to try them: great, but not for all audiences.

Un film qui s’ouvre sur un hommage à Kim Jong-Il peut-il être vraiment mauvais ? Non, bien sûr, et dans un style digne de la belle époque d’Hara-Kiri, Sacha Baron Cohen, qui jamais n’a dû entendre parler du Professeur Choron ou de Cavanna, nous propose une fable “bête et méchante” retraçant le premier voyage aux Etats-Unis, “un pays bâti par les Noirs et possédé par les Chinois”, de Aladeen, dictateur de Wadiya, autocratie pétrolière nichée près du Soudan, dans le nord de l’Afrique.

Aladeen et ses 40 gardes du corps

Tout comme Ali G. (dont j’ignore tout sauf la bande annonce), le réjouissant Borat ou le faiblard Brüno, Sacha Baron Cohen propose de suivre un héros d’une crétinerie abyssale et triomphante, mais cette fois-ci, sans doute rançon d’une gloire méritée, son film n’a rien d’un documentaire et assume un statut fictionnel en rendant hommage à un dictateur d’une brutalité capricieuse et d’une ignorance crasse.

Brutalité capricieuse et ignorance crasse, à vous de choisir

Après une première partie caustique se moquant des us cruels des Saddam Hussein et autres Kadhafi, Aladeen part à New York pour éviter l’invasion et le bombardement de son pays par des forces internationales menées par les Etats-Unis. Là, il échappe à un coup d’Etat et tombe amoureux de Zoey (Anna Faris méconnaissable), une bo-bo propriétaire d’une épicerie écolo-organique. La satire est intéressante car le message politique initial semble s’effacer devant une comédie romantique contre-nature. Or, SBC s’attaque à bon nombre de dogmes de ce qui structure le politiquement correct des pays occidentaux et démonte avec sa témérité habituelle et son manque total de retenue la bien-pensance dans laquelle nous nous trouvons tous.

La retenue est allée se rhabiller … pas forcément de manière appropriée.

Ainsi, Aladeen, dans un discours final, hommage direct à l’autre Dictateur (“The Great” one, celui de Chaplin), souligne bien que le but de ce film, si but il y a, est plus de dénoncer nos propres faiblesses que de se moquer des quelques dictateurs officiels restant, suffisamment guignols et ridicules pour n’avoir pas besoin d’être longuement brocardés. Suivre le couple Zoey-Aladeen et l’influence réciproque qu’ils peuvent avoir l’un sur l’autre pourra faire cruellement sourire.

Un programme nucléaire à faire douter de celui d’Ahmadinejad

Pour le reste, que vous dire … misogyne, homophobe, raciste, antisémite, scatologique, vulgaire, ignorant sciemment les limites de la décence, The Dictator n’hésite devant rien ni personne, servi par son très talentueux interprète. Cela peut faire rire, et ce fut mon cas, comme celui de la salle très enthousiaste dans laquelle je me trouvais, mais je comprendrais parfaitement que cela déplaise à certains, car j’avoue qu’à certains moments mon rire fut plus de défense que de joie. Toutefois, à l’instar des comédies de Mel Brooks, la multitudes des gags fait oublier ceux qui échouent ou la paresse de quelques scènes pour retenir ce qui, pour vous, est le plus percutant. Ici, ça casse, mais la farce passe.

En résumé : Mauvais goût assumé. Sera-t-il le vôtre ? Il est le mien.

Due to unforeseen events, that some misguided members of the press might have called a “coup”, Miss J. wasn’t able to write her review yet.

Now on holidays with M. D., she prefers “sipping” “cocktails” and having “fun” than writing a review on this magnificent movie, the Pearl of the Middle-East, the Jewel of Humour!

She obviously wishes you, dear reader a beautiful Summer and will come refreshed in August with new movies and new reviews.

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Filed under Comedy

Cosmopolis

In a nutshell: David Cronenberg’s faithful adaptation from Don DeLillo’s 2003 slow-paced novel is stylish, wordy, detached yet visceral and rather fascinating. A dark theatrical ride worthy of your attention.

Deux expressionnistes abstraits pour entourer une très fidèle adaptation du roman de Don DeLillo. Pollock ouvre le film tandis que Rothko illustre le générique de fin. En fait, je pourrais m’arrêter là tant l’intelligence de Cronenberg s’exprime dans ces choix et permettent de comprendre le personnage de Eric Packer (Robert Pattinson parfait), jeune milliardaire surdoué, et son rendez-vous tragique avec la mort après une longue et assez absurde promenade en limousine dans un New York proche de la révolte.

L’analyse fractale des œuvres de Jackson Pollock montre que, derrière les taches de peintures jetée sur la toile, si l’on sépare la toile en n carrés, la proportion de motifs reste constante quel que soit le nombre de carrés étudiés et donc quelle que soit la taille des carrés. Un ordre dans le chaos, telle est la mission de Packer, son talent, la raison de son succès.

Attention, ça peut être tachant

Or, pour une raison qui lui échappe, le yuan ne réagit pas comme il le devrait et par son refus d’obéir aux règles de la logique plonge la fortune de Packer et probablement le reste de l’économie mondiale dans une crise sans précédent. Pour répondre à ce cauchemar, notre froid et capricieux financier veut une nouvelle coupe de cheveux chez le coiffeur de feu son père, en dépit de mouvements sociaux, d’une visite présidentielle, des funérailles d’une vedette de rap soufie et – lui assure son chef de la sécurité (Kevin Durand) – une “menace crédible” d’un attentat contre lui.

Enfermé dans sa limousine immense et luxueuse, Packer tente de comprendre par une série de dialogues socratiques, la raison de sa chute et Cronenberg expose la vacuité de son existence qui semble, le temps passant, se réduire à quelques paroles creuses, quelques relations sexuelles sans émotion, quelques repas sans espoir. Un ennui verbeux le hante et pourra – je pense – contaminer quelques spectateurs.

Comment s’ennuyer avec J. Binoche?

Pattinson, que je n’avais jamais vu auparavant, ayant manqué la saga Twilight, est superbe dans son incarnation du prédateur capitaliste, répondant viscéralement aux besoins de son corps, mais semblant ignorer l’empathie et le doute. Hyper-rationnel et pourtant impulsif, il cherche une réponse auprès de tous ceux qu’il rencontre et face aux événements qui se dressent devant les roues de sa limousine-bureau-chambre-cercueil. Mais nonobstant des dialogues rappelant le théâtre absurde de Pirandello ou, dans une moindre mesure, Pinter, et une volonté de fer à modeler l’univers selon ses règles rien n’accélère le rythme du parcours de Packer.

En cela, les bandes annonces sont particulièrement mensongères tant elles ne correspondent en rien au tempo de l’oeuvre. Certains regretteront donc une langueur interrompue çà et là par quelques arrêts brutaux, et ce n’est pas la logorrhée hypnotisante des protagonistes qui avivera l’allure du convoi. De plus, certains passages inégaux pourront décevoir (celui d’Amalric par exemple) et la volonté de Cronenberg de s’attarder dans l’intellectuel et l’abscons rebuter.

Malgré quelques anicroches, ça roule!

Mais en dépit de ces imperfections, le film ne m’a pas déplu. “Fort bien. Et Rothko ?” me direz-vous. Son art a comme objectif nietzschéen de soulager le vide spirituel fondamental de l’homme moderne, the exhilarated tragic experience is for me the only source of art (“L’expérience tragique euphorique est pour moi la seule source d’art”), écrivait-il. Et Cronenberg paraît reprendre ses réflexions et les illustrer par le destin de Packer qui finit, incarnation de l’homme moderne sans monstres ni dieux, en “figure humaine seule dans un moment d’immobilité complète”, par racheter les terreurs d’une vie mortelle en créant son propre mythe, un véritable moment de grâce.

En résumé: Ce film noir et sans compromis m’a surprise et marquée plus que je ne l’imaginais. Exceptionnel !

David Cronenberg can usually be relied on to direct a film with class (A History of Violence, A Dangerous Method..) and he certainly delivers with Cosmopolis.

This intriguing adaptation of the original novel by Don deLillo was not what a cursory glance at the trailer had led me to imagine. I’d been expecting a heavy-handed, stomach churning, violence-dripping adrenaline fest that would delight Monsieur D and leave me a bit queasy, if admiring. What I got was something far more literary and delightful, although given how disjointed and abstracted it became at times, I’m not entirely surprised that on Alloiné almost half of all viewers rating it gave it zero out of five!

His kingdom for a haircut

Robert Pattinson here is slamming away his past performances in the Twilight vampire blockbuster love-in, proving he’s got far more going for him than the ability to flash a pair of fangs. He plays the narcissistic, brilliant, troubled rich kid banker Eric Packer on a day when everything is set to unravel. New York is in a state of revolutionary uprest, the Yuan is in freefall and so is his business empire. The president has come to town and Packer has received ‘credible’ death threats. But Pattinson wants a haircut. So off he sets in his chauffeur-driven stretch limousine, where a series of visitors join him for a spot of strange interactions.

Packer seems to be in a death grip with existential ennui.  The film cannily sets out cutting observations on the emotional and material disconnect between the ‘1%’ Packer incarnates and the furious masses on the street, who ravage the outside of his limousine to be met by utter indifference by Packer and his associates. Packer shows an almost complete absence of empathy, but a farcically extreme emotional reaction to the death of a NY rapper whose music he plays in one of the elevators in his condo.

What does it take to feel alive?

The listless claustrophobia of his life seeps through everything as the film proceeds, undoing the glamour of his exceptional privilege. His body increasingly becomes a tortured junk yard of his own making, his utter disdain and boredom rotting him from the inside, and his desperation to feel alive, and stimulated, drive him in ever more murderous directions.

The delicacy and the linguistic flair with which all this is delivered is quite the masterstroke. Pattinson puts in a stunning performance and is supported by an assortment of encounters who have a dreamlike, ephemeral quality. The film’s stark moments of violence have all more impact given the macabre, black-velvet softness of the rhythm they disrupt. A surprise, in the best possible way.

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