Monthly Archives: January 2013

Django unchained

Django_Unchained_PosterIn a nutshell: If you appreciate marathons, here is a review which should make you happy, as if it were longer, it’d be considered a novel. For Tarantino’s latest flick we sent a grumpy fan, the lovely Mlle L. She came back mostly grumpy and less of a fan. A discordant voice in what Mlle L. would consider a sickening chorus of praise. Unchain Django? Sure, but mostly unchain Tarantino, from himself.

Lecteurs, lectrices.

Dans les moments de doute, de tristesse, de désespoir parfois, le capitaine du navire en péril se doit de regarder la tempête droit dans les yeux, et sait faire face à la vague destructrice avec un moral qu’il conserve d’acier (trempé, aha). C’est pourquoi, en ce jour funeste, je n’ai pas peur de déclarer franchement, en regardant à mon tour la houle furieuse dans le blanc de son oeil glauque:

Quentin Tarantino et moi, c’est le divorce.

Et Django Unchained, c’est du travail de gros médiocre.

Django-Unchained-Still-6

Tarantino prépare la contre-attaque

Oui, je m’explique, et même en détails. Parce que moi, là, le Tarantino, je vais l’aligner méthodiquement et sans pitié. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais il va me le payer, son ratage de film – au centime près. Pour les impatients, je vous donne le programme en trois points, comme ça vous pourrez passer votre chemin, ou descendre directement à un paragraphe qui vous parle. Vous êtes libres.

1) inquiétudes préalables quant à la rencontre de Tarantino et du western

2) ah la vache que tout ça est mauvais

3) je diagnostique à Quentin une dépression suicidaire et je lui prescris du Magné B6.

On commence? allez.

1. Un western, Quentin? Vous êtes sûr de vous?

D’ores et déjà, j’admets que j’allais voir Django avec méfiance, malgré l’immense et admiratif amour que je portais à QT.

En effet, le choix du western m’apparaissait comme extrêmement dangereux pour mon réalisateur chéri: on le sait, Quentin “s’inspire” (c’est à dire qu’il copie) de larges pans du cinéma des autres. A mon sens, il avait toujours réussi à dépasser de façon fulgurante toutes ses sources d’inspiration. Faut dire… Il s’agissait des films de blaxploitation, des films de kung fu, des polars à trois balles des années 70… Le challenge n’était pas si lourd. Pour son film de guerre, Quentin a eu le bol ahurissant (le génie?) de choisir Christoph Waltz pour jouer Hans Landa, et est, grâce à lui, parvenu à élever son Inglourious Basterds au même niveau que The Dirty Dozen – en tout cas comme spectatrice j’ai ressenti un plaisir et une montée d’adrénaline équivalents.

Mais le western, c’est autre chose… D’abord c’est un genre que je connais à fond – au point que ça confinerait d’ailleurs davantage à la névrose qu’à l’érudition. Du western blaxploitation au western chinois, du très bon au parfaitement nul, je les ai tous vus! Alors autant dire qu’il allait avoir du mal à me surprendre, le Quentin, et que je le verrais drôlement venir quand il essaierait de me resservir la soupe piquée aux autres… En parlant des autres: malheureusement pour QT, il y a eu avant lui un nombre considérable de génies du western (Leone, Ford, Huston, Hawkes, Sturges, Pekinpah, même Eastwood, Costner et Ed Harris ont chacun à leur tour réalisé des westerns absolument subjuguants). Alors que des génies du film de kung fu… on en connait nettement moins. Fatalement, Quentin partait déjà avec un handicap.

Un handicap fumant.

Un handicap fumant.

De plus, le western est un genre fondamentalement inadapté à Tarantino: car si amouraché soit-il de la façon de filmer de Sergio Leone et des musiques d’Ennio Morricone, Quentin Tarantino livre toujours un cinéma que l’on ne peut que qualifier de verbeux (oui, je sais, un peu comme cette critique). Le silence est une chose inconnue à Tarantino – sur tous ses films, on compte au maximum 17 secondes de silence entre deux personnages, et ce dans Pulp Fiction, et l’incongruité supposée de ce silence est d’ailleurs soulignée quelques instants plus tard par Uma Thurman. Et ce n’est même pas du vrai silence, il y a Ricky Nelson qui braille une chanson en arrière plan sonore. Or le western, c’est presque par définition un genre qui repose sur le silence. Last Train from Gunhill, Apaloosa, L’Homme aux colts d’or, High Plains Drifter, Tombstone ou même Mon nom est personne, Le Bon la brute et le Cinglé comme Westworld ou Nevada Smith, Rolling Thunder ou Règlement de comptes à OK Corral, le western, quel que soit son pays d’origine ou son année de réalisation, s’articule toujours sur les espaces vides, la solitude, le silence. Quentin, lui, fonctionne à la tchatche. Mauvais présage.

Enfin, par pure mauvaise foi, j’ai décidé à l’âge de 12 ans que je détestais Leonardo di Caprio, et à l’âge de 25 que Jamie Foxx était un acteur sans intérêt, donc ça me donnait deux raisons de plus de redouter que Django unchained ne soit un film décevant.

Moi, mauvais? Mlle L., êtes-vous marteau?

Moi, mauvais? Mlle L., êtes-vous marteau?

Restaient quelques éléments auxquels je pensais pouvoir me rattacher: la franchise Django m’inspirait une immense sympathie, les histoires de vengeance, que QT maîtrise parfaitement, sont tout aussi nécessaires au western que le silence dont nous parlions tout à l’heure (donc il y avait moyen que l’une compensât l’autre), Quentin serait en outre certainement dans son élément pour la bande son, qui promettait d’être merveilleuse, et j’allais retrouver Christoph Waltz et Samuel L. Jackson, ce qui est un plaisir que l’on ne boude pas.

Je me suis plantée sur toute la ligne.

2. Mais… mais? Ce film est une grosse bouse!

D’abord, à ma grande honte, je dois reconnaître en Jamie Foxx un très grand acteur. Il incarne son personnage avec une justesse absolue, ce qui est d’ailleurs particulièrement flagrant en début de film, lorsqu’il n’est encore qu’un esclave silencieux et franchement dérouté par ce qui lui arrive; contrairement à beaucoup d’acteurs français, Jamie Foxx, même muet, même hors focus caméra, parvient à nous faire ressentir ses émotions, parfaitement en phase avec la réalité de son personnage. Chapeau.

Et quoi qu’il m’en coûte, je dois avouer que Leonardo di Caprio est quant à lui vraiment bien, mais je nuancerais mon éloge en suggérant (perfidement?) que son personnage est quand même très, mais alors très, facile à jouer, et que la justesse de son jeu ne relève donc pas du même genre de talent que celui dont fait preuve Jamie Foxx.

Un acteur un peu vert? Non, un acteur mûr!

Un acteur un peu vert? Non, un acteur mûr!

Samuel L. Jackson, lui, se fait très plaisir, dans un rôle qui ne sert à rien du tout mais qui lui a permis de se mettre une moumoute blanche et de se promener avec une canne, ce qui l’amuse tellement qu’on s’en accommode. Mais on est terriblement loin de la performance de Michael Parks dans son double rôle de Kill Bill 1 & 2, où l’acteur se rendait méconnaissable sans autre artifice que son pur talent. Dans le cas de Samuel L. Jackson, on est simplement content de retrouver un vieux copain et de voir qu’il est en bonne santé.

Et Christoph Waltz, alors? Ahlala. Waltz est toujours un immense acteur. En dépit de la nullité des dialogues que lui a écrits Tarantino. C’est accablant de vacuité. Le pauvre Waltz s’en dépatouille au mieux, mais passé un certain stade même un acteur aussi brillant que lui ne peut plus lutter. Ces dialogues sont tellement pleins de vide, tellement redondants… Le personnage lui-même n’est qu’une triste resucée de Hans Landa chasseur de juifs, si bien qu’à chacune des apparitions de Waltz on a l’impression de regarder de possibles (mauvaises) scènes coupées d’Inglourious Basterds.

Un désastre.

A part Django, vengeur obsessionnel et mono-maniaque (le type de personnages que Tarantino n’a aucun mal à écrire), les personnages sont d’ailleurs dans leur ensemble entre peu et pas du tout crédibles, sans motivations, sans corps et sans cohérence, puisqu’enchaînant les réactions contradictoires. Quant au scénario, il est à l’avenant: bourré d’incohérences insultantes pour l’intelligence du spectateur moyen et de rebondissements poussifs et ridicules, tirant à la ligne dans des proportions qui vous rappelleront, au choix:

– vos copies de philo, quand vous n’aviez vraiment RIEN à dire sur le sujet imposé et essayiez malgré tout de produire une copie double;

– les romans de gare pourris que vous lisiez chez votre Mémé pendant l’été (genre “SAS contre OSS117 – opération Bermudes mortelles”, vous voyez le truc)

– les épisodes les plus poussifs des séries TV les plus ringardes des années 80 (imaginez un truc du style Magnum contre Dynasty).

Donc, vous l’aurez compris, sur ce terrain là non plus, la qualité n’est pas vraiment au rendez vous. J’ai même carrément eu la nette impression qu’en osant me présenter un boulot pareillement bâclé, Tarantino se payait ouvertement ma tronche et me prenait sans ambages pour une quiche.

Pour tout dire, j’ai fini par fouiller dans mon sac pour regarder l’heure sur mon portable, histoire de savoir combien de temps il me restait à tirer, parce qu’au troisième rebondissement tout pourri mené à deux à l’heure grâce à un montage lamentable (sur lequel je vais revenir), j’en avais vraiment ma claque. Venant de moi, regarder l’heure pendant le film, c’est vraiment l’insulte suprême. Je n’ai fait ça qu’une seule fois auparavant dans ma vie de cinéphile; et là Quentin, ça va faire très mal, mais tu l’as bien cherché: c’était pendant la projection de Ruby Sparks.

Mais oui Quentin, c’est bien ça: je viens de te faire tomber un parpaing sur le pied, et en plus j’ai fait exprès.

Aïe, ça picote ...

Aïe, ça picote …

Le montage, donc, est une hérésie totale, enfoncé encore d’un cran par la pauvreté des cadrages et de la photo; on se demande à quoi a bien pu servir Robert Richardson, le chef opérateur, qui nous avait habitués à mieux… Sans doute s’est il contenté d’approuver aveuglément tout ce que pouvait dire Tarantino sans jamais oser mettre son grain de sel de peur de contrarier le patron? En effet, au delà de l’absence de rythme et de la monotonie des plans (même au cours de la fusillade finale, le rythme est inadapté, par faute de variation dans les cadrages, ce qui tend à accroître la sensation de répétition, donc de lenteur poussive, de l’ensemble), on s’attristera tout particulièrement sur l’usage du zoom avant rapide, dont la systématisation est, réellement, pitoyable. Car le travail de Quentin est à ce point médiocre qu’il finit en effet par ne plus tant fâcher que par faire peine.

Un seul de ces zooms aurait constitué un sympathique clin d’oeil aux films de Bruce Lee; mais cinq fois dans le même film, avec qui plus est un bruitage ridiculement lourd venant à chaque fois souligner un effet déjà pachydermique, ce n’est plus de la maladresse, c’est carrément de la dépression suicidaire. Allez savoir, Tarantino est peut-être très malade.

Malade, mais le "d" est silencieux.

Malade, mais le “d” est silencieux.

Quant à la bande son… Considérant sans doute qu’il avait épuisé son stock de thèmes western sur ses précédents films, ou alors simplement pour faire le mariole, Tarantino a multiplié sur Django unchained des choix musicaux qui me paraissent fort peu avisés. Après avoir utilisé en ouverture le générique de la franchise initiée par Franco Nero (seule piste sonore que j’aie appréciée durant le film), Quentin nous balance une version assez malheureuse, car en dièse, de Sierra Torride, pourtant originellement très belle musique composée par Morricone pour le film de Don Siegel, mais qui en l’occurrence tombe comme un cheveu sur la soupe.

Tous les choix musicaux qui suivent seront de plus en plus malheureux, en passant par une chanson originale parfaitement insupportable aux paroles à l’eau de rose (musique écrite par Morricone mais “chantée” par Elisa, qui est désormais une ennemie personnelle). Il y a aussi les trop nombreuses incursions sonores de RZA, rappeurs fatigants dont Tarantino s’est fait des amis envahissants, au point de s’attifer tout pareil qu’eux, ce qui prouve qu’il n’a pas conscience du ridicule vestimentaire.

La déchéance se poursuit jusqu’en fin de film, où Tarantino parvient à aligner, sur trois scènes consécutives, trois pistes sonores à la queue-leu-leu, dans un style qui rappellera les meilleurs moments du diaporama généré automatiquement sur iPhoto (ou sur Powerpoint). Ahurissant. Je me pinçais pour le croire. Je rappelle que nous sommes en train de parler de Quentin Tarantino, le cinéaste musical par excellence. Incompréhensible.

Sur la musique de "Une petite maison dans la prairie"

Sur la musique de “Une petite maison dans la prairie”

La dernière couche? Elle ne sera pas tant pour la lourdeur infernale du message militant pro-noir-américain (quoique, franchement, Quentin, ça finit par être fatigant à force d’être didactique, il y a un moment où il faut choisir entre l’écriture d’un scénario et l’écriture d’un tract) que pour l’extraordinaire contre-productivité dudit message.

Il n’y a aucun doute, c’est totalement involontaire (mais du coup d’autant plus ennuyeux); force est de constater qu’en conclusion de son film, Tarantino, qui aurait vraiment dû se relire, balance une phrase qui atteint un niveau de racisme proprement ahurissant.

Brièvement, sachez que le personnage de Leonardo di Caprio passe une grande partie de son temps de présence à l’écran à dégoiser sur l’infériorité des noirs et le fait que “Django fait exception à sa race” car “un nègre avec de l’intelligence et une personnalité, c’est rarissime“, évaluant “à hauteur d’un sur dix mille l’occurrence d’un tel phénomène“. Bon, c’est un vilain, quoi, il dit des trucs de vilains.

Redressement fiscal pour tous, je dis des trucs de vilaiiiiiin!!!

Redressement fiscal pour tous, je dis des trucs de vilaiiiiiin!!!

Eh bien, croyez le ou non, mais à la fin du film, Jamie Foxx confirme ses théories nauséabondes, et je vous garantis que ce n’est pas de façon sarcastique. A la fin donc, tout le monde s’entre-tue, y a du sang plein les murs, tout ça tout ça, bref, Django, qui s’apprête à abattre le dernier survivant dans la plantation de di Caprio, tonne sur son ultime adversaire qui se contorsionne au sol: “En une vie passée sur la plantation tu as dû voir défiler, quoi, 9000 esclaves? 9999? Et aucun d’eux n’a jamais fait de difficultés! Mais ton patron avait raison, moi je ne suis pas comme les autres noirs! Des nègres comme moi il n’y en a vraiment qu’un sur dix mille – et tu as eu le malheur de finir par me rencontrer!

Euh… attendez, j’ai bien compris, là, ce qu’on me dit c’est: “C’est vrai que les noirs sont tous de grands enfants bêlants et soumis, mais moi je fais exception à la règle, alors du coup je suis capable de prendre la décision de te casser la gueule“? Ah ben, voyez, moi qui ne suis pourtant pas une obsédée du racisme sous-jacent, je trouve cette phrase très, très gênante… Et elle me pousse en tout cas à affirmer que Tarantino n’a vraiment visiblement pas pris la peine de relire son script, que d’ailleurs ses assistants de production ont tous dû unanimement qualifier de “super génial et trop maxi courageux”. Bravo les mecs, pour laisser passer ça, surtout vu le climat de paranoïa à ce sujet aux Etats-Unis, fallait vraiment être très forts.

3. Allez, Monsieur Tarantino, il faut être raisonnable, prenez vos médicaments.

Alors, quelle explication à cet affreux ratage, à part celle de la dépression grave?

En voici une: Tarantino a malheureusement atteint ce stade où plus une seule personne dans son entourage n’ose lui dire: “tu sais quoi, ce truc-là c’est quand même pas top délire, tu veux pas essayer de le refaire en mieux?” Rôle qu’avaient d’abord rempli les frères Weinstein, ses producteurs qui savaient de quoi ils causaient, et surtout, jusqu’en 2009, Sally Menke, la monteuse géniale qui rattrapait tous les égarements tarantiniens. Or les Weinstein ont désormais trop de sous pour suivre quoi que ce soit d’autre que les mouvements de la Bourse. Et Sally Menke, elle, est tombée malade, et a fini par disparaître fin 2010; elle laisse derrière elle, en plus d’un vide immense, un remplaçant qui n’est qu’un fantoche Fred Raskin, lamentable lèche-bottes qui en outre maîtrise mal ses outils et se contente de coller bout à bout les rushes de Tarantino, en lui disant qu’il est grave trop génial, maîîîîîîîître, ce qui est une façon comme une autre d’assurer la pérennité de son boulot.

Bref, Tarantino est dans le cas de figure typique du gars devenu “archi-bankable” à Hollywood, et qui n’est pas assez génial (ni assez masochiste) pour aller chercher de son propre chef et avec insistance la critique aiguillonnante, que son entourage élargi n’envisage désormais même plus de lui sussurer.

Et pourtant…

Serait-ce de ma part un regain de compassion pour mon héros réalisateur, désormais brutalement passé de Dieu vivant à simple être humain amoché? Je dirais en tout cas que les deux apparitions de Tarantino dans son propre film (raté, tellement raté…) sont peut-être révélatrices d’une certaine conscience de la situation de la part de QT.

Tout d’abord, durant une scène (tellement mal montée! une massive erreur de timing en plein milieu, rendant l’action totalement incohérente) se situant dans le premier tiers du film, un planteur et ses hommes de main organisent une expédition punitive à la nuit tombée contre ce “nègre arrogant” qu’est Django. Tous à cheval, il revêtent, en précurseurs du KuKluxKlan, des cagoules blanches pour décupler leur effet. S’en suit un dialogue trop long mais assez cocasse où les hommes de main constatent que ces cagoules sont fort mal pratiques, qu’on ne voit rien à travers et que les trous sont mal fichus. Un des hommes masqués, en qui l’on reconnaîtra, à la voix et à la gestuelle, Tarantino, finit par conclure (in extenso):

“Je crois que nous sommes tous d’accord pour dire que les cagoules étaient plutôt une bonne idée au départ mais, sans vouloir accuser personne en particulier, pour ce qui est de la réalisation pratique, nous nous sommes lamentablement ramassés. Alors moi je dis, pour cette fois, tant pis, on fera sans, mais la prochaine fois on mettra toute la gomme!”

Tout est dit, non?

Tout est dit.

Tout est dit.

Et pour enfoncer le clou, la seconde apparition de Tarantino achève de m’attrister par ce qu’elle a de révélateur; en effet, en toute fin de film, au cours d’un des rebondissements les plus affligeants d’un scénario dont on n’attendait plus rien depuis longtemps, Tarantino vient camper un petit rôle, presque sans dialogues, ce qui en soi est déjà significatif: Quentin reconnaîtrait-il qu’il n’a plus rien à dire?

Il apparaît en tout cas fatigué, gras et triste. Et surtout, il se fait descendre par Jamie Foxx au moment le plus inopportun, c’est à dire alors qu’il charrie des sacs de dynamite. Si bien que Tarantino se filme explosant sur place, réduit en poussière par un de ses personnages assoiffés de vengeance, sur lidos duquel il comptait se faire de l’argent facile. Faut-il y voir la fin explosive qu’il appelle de ses voeux?

En tout cas, s’il comptait sur ce film pour finir en feu d’artifice, Tarantino a lamentablement loupé son coup; car si Django unchained doit marquer la mort de mon cinéaste de prédilection, ce sera d’une mort beaucoup plus dans le genre “ah c’est ballot, il changeait une ampoule et il a glissé du tabouret” que dans le genre “suite à une lutte furieuse au dessus de l’Atlantique, son avion est tombé en flammes, criblé par les balles du terrible Baron Rouge“.

Tarantino ou ce qu'il en reste, après le malheureux incident du tabouret de Mlle L.

Tarantino ou ce qu’il en reste, après le malheureux incident du tabouret de Mlle L.

Allez, Quentin, reprends-toi.

Vous n’avez pas le droit de finir comme ça, chéri. C’est trop triste, trop bête… Trop sale.

Lâchez un peu tous les traîne-patins et autres lèche-bottes qui vous entourent, reprenez le vrai boulot avec juste quelques copains, un budget divisé par dix-mille, et faites un vrai film, un vrai truc bien qui sentira la poudre et la sueur, et pas le plateau-repas usagé.

Rappelez-vous ce que vous pouviez faire, il y a tout juste vingt ans, avec douze acteurs, un hangar et deux caméras.

Ca s’appelait Reservoir Dogs et c’était époustouflant.

Alors, pour paraphraser le langage qui vous est cher, laissez-moi, tendre ami cinéaste, vous répéter mes encouragements.

MERDE, QUENTIN, C’EST GRAVE, BOUGE TOI LE CUL, T’ES EN TRAIN DE DEVENIR UNE SALOPERIE DE GROSSE LARVE OBÈSE!

A la prochaine, cher Quentin, et d’ici là travaillez bien.

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Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson  brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor – an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg – Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck – real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg – a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden – heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry – truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay Roach – Will Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort – a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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De l’autre côté du périph

autre-cote-du-periphIn a nutshell: Not Lethal Weapon or Beverly Hill’s Cop, but an ok buddy movie with a few laughs and a lot of smiles. Next time they might even have a decent scenario … anyhow, Sy and Lafitte make a very nice duo.

Comment est-ce que ma résolution pour aller voir Tabou au cinéma s’est transformée en découverte de De l’autre côté du périph est à la fois une énigme et une preuve que si ma volonté est de fer, celui-ci rouille.

Réalisé par David Charhon qui jusqu’alors ne s’était pas illustré dans ce qu’il y a de mieux – Cyprien pas le talentueux humoriste et vidéaste, celui avec Elie Semoun -, on pouvait douter des talents du réalisateur et sur le fait que jamais nous ne nous accorderions sur ce qu’est un “bon” film “drôle”.   Je suis malgré tout d’assez mauvaise foi car je n’ai vu de Cyprien que la bande annonce, mais vous admettrez que … Bref, De l’autre côté du périph partait avec un handicap.

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est "Intouchable" ici!

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est “Intouchable” ici!

Et bien, un peu comme dans ce film, foin du suspense, la sauce est bonne, manque la blanquette. A défaut de scénario et d’une certaine cohérence dans la mise-en-scène, De l’autre côté du périph offre à deux excellents acteurs (Omar Sy et un exceptionnel Laurent Lafitte) la possibilité d’exprimer tout leur talent comique. Ainsi, se calquant ouvertement sur les classiques de la comédie d’action policière et du buddy movie des années 1980 (Le Professionnel et Le flic de Beverly Hills, ou dans une moindre mesure le Marginal et l’Arme fatale), Charhon permet à deux caractères opposés, le bourgeois parisien, Lafitte, et Sy, le banlieusard du 9-3, de se détester, se charier, puis de s’apprécier, le tout en résolvant un meurtre crapuleux.

Les amateurs du genre remarqueront l’alchimie efficace entre les deux têtes d’affiche, mais surtout se divertiront. Le plaisir est éphémère, mais il est bien présent et à défaut d’une intrigue solide et d’une fin convenable quelques scènes réjouiront.

afficheperiphEn résumé : Omar Sy et Laurent Lafitte forment un duo de policiers dans un film comique d’action moins que remarquable, mais qui se laisse regarder avec plaisir grâce au grand talent de ses comédiens.

After Les Intouchables, Omar Sy is back with a new banlieue vs chichi Paris flick, David Charhon’s action comedy De l’Autre côté du périph. He plays Ousmane Diakhaté, a banlieusard policeman who’s convinced he’s uncovering the political and business corruption scoop of the decade. Armed with a camera and a death wish, he’s all over the case when the corpse of the wife of a French business bigwig is discovered right in his beat in Bobigny.

But the investigation of crimes of such magnitude gravitates straight to the flashy police units of Paris, which is where greasy pole careerist, womanising François Monge (Laurent Lafitte) comes in. And it’s hard to not to notice him, after a first scene where he demonstrates how to kill dead, and move on from, a flourishing relationship in thirty seconds flat (don’t try this at home?) Monge holds his nose as he heads to Bobigny in the hope of wrapping up the murder case by the evening, his mind firmly fixed on imminent promotion. Sy bounds up, armed with camera and copious rolls of velcro, latches on and Monge finds himself lumbered with an investigative partner whose methods look almost certain to scupper his quest not only for promotion, but continued employment of any form.

Has François Monge had his chips?

Has François Monge had his chips?

I’m glad to be able to report on this film at all, as for the first five minutes or so I wasn’t sure I was going to be able to make it through the screening. Nothing to do with Sy and co, but UGC Les Halles seemed to have decided that early onset deafness was the way forward for the hoards hardy enough to attend a screening in Salle 23 of their multiplex. I think jet planes taking off have a lower decibel count than the volume they’d gone for – even Lafitte’s seductive whispers to any woman foolhardy enough to get within striking distance of him came over as the roar of a pack of testy lions.

Anyway, I hung in there, grew used to the growing numbness in my ear canals, and noted that while the ensemble does not hang together terribly well – incoherent doesn’t begin to cover it at times – the whole thing is dripping with well-constructed gags, sparks flying thanks to the huge comic talents of both its stars. It waltzes fairly elegantly with the clichés it deals in, rather than sumo wrestling them for hours to the sounds of grunting and squishy flesh colliding. It’s no masterpiece and lacks narrative depth on pretty much all sides, but I had an excellent time.

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Anna Karenine

Affiche AKIn a nutshell: Mme BP loves Anna Karenina. She was afraid to go and watch its latest adaptation as some critics found that Joe Wright’s movie is more about the look and image than it is about the substance behind all of that. But to her great relief, she found that it is a sumptuous work that reignites the passion that generations of readers have felt for Tolstoy’s book. Impressive.

Ce film de Joe Wright (réalisateur de Atonement et Pride and Prejudice) est la dernière adapation, par Tom Stoppard, du roman de Tolstoï paru en 1877. Il se trouve que je venais juste de relire ce chef d’œuvre de la littérature russe. Le foisonnement d’histoires d’égale importance à celle, romantique, d’Anna et la réflexion de Tolstoï sur le sens de la vie, du mariage, des engagements, de la politique et de la religion m’avaient marquée, comme de multiples lecteurs avant moi. Je n’espérais guère retrouver cette richesse et cette complexité à l’écran ; j’ai été, comme on dit en Suisse, déçue en bien.

Est-il besoin de rappeler qu’Anna (Keira Knightley), mariée à Alexis Karenine (Jude Law), a engendré un fils et fait parti de la meilleure société de Saint Petersbourg ? Son frère, Stéphane Oblonsky (Matthew MacFadyen) l’appelle à l’aide car il a trompé sa femme Daria (Kelly Macdonald) et il faut réconcilier le couple. Chez Oblonsky, Anna rencontre Kitty (Alicia Vikander), une des sœurs de Daria, qui l’invite à un grand bal qui devrait marquer ses fiançailles avec le comte Alexis Vronsky (Aaron Taylor-Johnson). A l’arrivée du train qui l’amène chez Daria, et ensuite au grand bal, Anna tombe sous le charme de Vronsky et rien ne se passe plus comme prévu.

La densité du roman, avec notamment l’histoire d’amour parallèle de Levine (Domhnall Gleeson) que je vous laisserai découvrir, est transposée assez fidèlement grâce à un artifice qui paraît plaqué les trois premières minutes de la projection mais qu’on oublie très vite, tant tout devient clair et magique. Tourné presque exclusivement dans un théâtre, le film grâce à une musique superbe de Dario Marianelli, et aux costumes de Jacqueline Durran ajoute à ses qualités cinématographiques, celles d’un opéra-ballet.

J’ai été sous le charme des acteurs, Jude Law en tête. Il endosse le personnage d’Alexis Karenine avec la raideur qui convient et les émotions qui le traversent n’en sont alors que plus remarquables. Keira Kneightley est une Anna plausible. Seul bémol, une erreur de casting, je ne peux imaginer qu’on puise tomber raide amoureuse de Aaron Taylor-Johnson (Vronsky).

Même si rien ne remplace la richesse de la lecture, la mise-en-scène superbe, élégante, gracieuse, rend bien le foisonnement qu’on trouve dans le roman. Le film durerait 130 minutes, il n’en n’est rien paru et j’ai retrouvé toute la mythologie de cette grande oeuvre, faite d’amour, de foi, de fidélité et infidélités, de maladie, de sentiments aigus, d’hypocrisie et de jalousie, de noblesse et de perversions (tout le monde trompe tout le monde et seule la loi de la société vous autorise ou vous rejette). Tout cela est magnifié par les choix esthétiques et le montage habile de Joe Wright. Ouvrez une porte, passez derrière une colonnade et joignez-vous au ballet!

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C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule

En résumé : Un titre piteux, un film “consternant, aux situations comiques affligeantes” (selon le Nouvel Obs’), bref un nanard à réhabiliter : Mlle L. répond présente, et royale, mieux napoléonienne, déferle sur le 3 buck dvd corner comme les grognards sur le Prussien. C’est beau comme Austerlitz, même si le film est plus un Waterloo (water? – loo?, c’est approprié m’indique Miss J.) qu’un Marengo. Engagez-vous qu’ils disaient … par ici.

rien_adire

In a nutshell: Are 3 € too much money for a 1975 French comedy mostly located in one of Paris’s railroad-station’s loo? Certainly not writes Mlle L. The actors’ talent is enough to leave you entertained and happy with this charming farce. Low-key but worth a look.

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Le Téléphone Sonne Toujours Deux Fois !!

En résumé : Mlle L. en savait plus que les autres et les autres en savaient moins qu’elle. Elle décida en conséquence, et toujours aussi entière, de porter aux nues le premier film des Inconnus quand ceux-ci l’étaient vraiment et ne portaient pas encore ce nom (suivez car cela ne deviendra pas plus simple). En chemin, elle se désole du peu de succès de cet opus (à l’instar de Jonathan Lambert, vous verrez cela et la critique de Mlle L. ici) et de la réussite d’autres films qu’elle (et elle seule) estime moins dignes de louanges, comme, tenez, La Cité de la Peur. J’en connais une qui va recevoir du courrier …

Mlle L. (inspirée par Marc Elbichon) : Vous savez, les critiques de cinéma officiels sont aussi efficaces devant cette affaire qu’une cuillère à soupe devant un bon bifteck.
Un lecteur lambda (inspiré par Annabella) : Et vous êtes le couteau?
Mlle L. : Oui… Le couteau, oui c’est ça.
Un lecteur lambda : Ça tombe mal je ne mange que de la viande hachée.

TST2F

In a nutshell: To start 2013, Mlle L. remembers 1985 and a relatively forgotten French comedy, a spoof of a thriller, The Phone always rings twice. I don’t believe it was ever dubbed or subtitled in English, quite the loss if you believe Mlle L. You can be the judge of it as you’ll find the movie online at the end of the review. Happy New Year!

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The Hobbit: An Unexpected Journey

Hobbit-AfficheLe 3 janvier 1892 naissait en Afrique du Sud l’Anglais John Ronald Reuel Tolkien, dont les oeuvres allaient séduire des générations de lecteurs, emportés par la création d’un monde d’heroic fantasy sérieuse, ancré dans les mythologies germaniques et anglo-saxonnes.

Hasard? Coïncidence? Cent vingt et un ans plus tard, un 4 janvier, Mr. J.A. critiquait l’adaptation cinématographique de son plus célèbre roman pour la jeunesse, Le Hobbit, critique qui allait séduire des générations de lecteurs, emportés par … mmm, c’est plutôt moi qui m’emporte, je vous laisse découvrir la suite.

THE-HOBBIT-AN-UNEXPECTED-JOURNEY-PosterIn a nutshell: Pas seulement un voyage inattendu, mais un film étonnamment bon à voir.

I assure you, I didn’t have any high hopes for The Hobbit: An Unexpected Journey. I had heard that originally, and despite a desire by the studio, Peter Jackson had not wanted to direct the film adaptation of Tolkien’s children’s story. Understandable, not just because Jackson was suing New Line for unpaid royalties from the Lord of the Rings trilogy, but also because of the inevitable comparison to his handling of the LOTR to that of The Hobbit. Jackson was apparently willing (after the suit was settled) only to executive produce the film. Then, when Guillermo del Toro quit as director, apparently because of three years of delays, it looked pretty grim. Jackson having been arm-twisted into writing-directing, I wondered how he was possibly going to resuscitate a film that was looking to be a little more than a half-baked money-grab, clutching to the coattails of LOTR greatness?

Why, by turning it into three such coattail-clutching money-grabs, of course.

The multiplication of scripts: Praise the Lord (of the Ring, that is)

The multiplication of scripts: Praise the Lord (of the Ring, that is)

As everyone now knows, Jackson has stretched out a story of exactly 310 pages (1st edition) into three films, each lasting about three hours, and that’s not counting the inevitable super-special-deluxe-collector’s-director’s-extended-fan-box-set-edition to be had in future on DVD/Blu-Ray.  And while I expected this to mean that the story’s pace would be ploddingly slow and with action scenes few and far between, I’m delighted to say that I was quite wrong. The film begins portraying background information about the dragon Smaug and how it came to be that the dwarves had been driven from their home of Erebor (any film that starts off with a fire-breathing dragon is a good one in my opinion). Later we are treated to an epic battle scene between armies of dwarves and orcs, again recounted as background to the main story. Although this might detract from the flow of a novel, it really works as a film and in this case, keeps it from becoming two straight hours of watching people in costumes hiking through New Zealand. Radagast the Brown also has several scenes in the film (and a great line) while he’s only mentioned in the book.

In general, the film feels much like the LOTR. The familiar music is there throughout, but with the addition of the ‘Song of the Lonely Mountain’ that animates the dwarves of the party. It’s haunting and beautiful. There are familiar, sweeping, wide-angle shots of New Zealand landscapes, sure to drive that country’s tourism industry for years to come. And as one would hope, the CG renderings of orcs, wargs, trolls, eagles, etc., are all done with all the improvements you would expect to see ten years post LOTR. The wargs especially looked much better close-up than they did in Two Towers. But Gollum, perhaps as expected, really stole the show. The scene where he and Bilbo play their game of riddles is fantastic. The artists have managed to render facial expressions so life-like that, looking into his massive, orb eyes, I had to remind myself that Gollum wasn’t actually thinking.

How harsh! I think about the sequels, my precious, at 48 frames per second.

How harsh! I think about the sequels, my precious, at 48 frames per second.

While The Hobbit feels like it builds on and improves upon what was good about the LOTR, it also suffers from the same ailments. For instance, Jackson seems to film scenes that are supposed to be sentimental or funny, but come off as being completely cheesy. For example, there’s the scene at the end between Bilbo and Thorin Oakenshield, in which Thorin does the whole, ‘I’m-gonna-make-you-think-I-still-don’t-like-you-by-showing-my-gruff-exterior-self-then-melt-into-my-teddy-bear-on-the-inside-self-it-was-just-a-joke’ routine. We saw this in Fellowship between Gandalf and Frodo, and in Two Towers between Gimli and Legolas. Each time it was just, well . . . meh.

That small criticism aside though, The Hobbit was a thoroughly enjoyable three hours and definitely worthy of repeated viewings. I expect it to continue to grab much more of my money.

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2012 in review

Merci, merci pour cette année 2012. Nous tenterons d’être plus présents encore en 2013 avec de nouveaux invités chroniqueurs et tous les anciens qui voudront bien poursuivre l’aventure avec nous.A bientôt pour de nouvelles aventures cinématographiques et critiques.

Nos meilleurs voeux,
Miss J. et Monsieur D.

The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2012 annual report for this blog.

Here’s an excerpt:

4,329 films were submitted to the 2012 Cannes Film Festival. This blog had 51,000 views in 2012. If each view were a film, this blog would power 12 Film Festivals

Click here to see the complete report.

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