Category Archives: Action

Gravity

Gravity 1In a nutshell: Awesome visual effects, very thin storyline, Gravity is spectacular, yet not as thrilling or deep as promised by the raving blurbs and most professional critics.

Et vous ? Vous sentez-vous plutôt attiré par la dernière Palme d’Or ou le meilleur film catastrophe de l’année ? Nous, ce fut l’immensité de l’espace et la virtuosité d’Alfonso Cuaròn qui nous séduisirent. Gravity narre de façon très linéaire, par petites touches et grands bonds spatiaux, les tentatives de survie d’une équipe d’astronautes, réduite très vite à peau de chagrin (George Clooney et Sandra Bullock), perdue dans l’orbite de notre planète tandis qu’une pluie de débris les menacent avec régularité. Images renversantes, plans-séquence grandioses, Cuaròn démontre une fois de plus ses capacités à mettre en scène et faire ressentir l’espace et le temps en un ballet en apesenteur inspirant. Spectaculaire et maîtrisé, Gravity impressionne.

Selon James Cameron, le plus beau film sur l'espace tout de même!

Selon James Cameron, le plus beau film sur l’espace tout de même!

Mais peut-être parce que précédé d’une rumeur dithyrambique, le film n’emporte pas autant que ce que l’emballement des critiques aurait pu faire penser. Le scénario, bien mince, est attendu et sans surprise, si ce n’est celle de voir que la NASA envoit, semble-t-il sans y songer à deux fois, une scientifique mal préparée et dépressive dans les profondeurs de notre univers. La métaphore filée du cordon ombilical et derrière d’une renaissance de cette héroïne retrouvant l’envie de vivre ou la volonté de survivre apparaît maladroite en dépit du charme de Sandra Bullock, et la dernière demi-heure de ce film nous fait revivre les mêmes scènes en boucle en subissant une bande son tonitruante désireuse de guider nos émotions, voire de dicter ce que nous devons ressentir.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Notons aussi que plus que la 3D, c’est la construction d’une grande partie de l’histoire directement sur ordinateur qui marque l’histoire du cinéma. Ainsi la magnifique scène d’ouverture n’est pas tournée sur écran vert mais créée sur ordinateur, les visages des astronautes filmés ailleurs, étant ensuite ajoutés. On constatera la crédibilité des images et la difficulté de plus en plus importante pour le spectateur à définir la réalité ou non de ce qu’il observe.

Entre histoire chétive, technique éblouissante et images sublimes chacun fera son choix.

247813id1h_Ver1_Gravity_2ndLook_27x40_1Sheet.inddEn résumé : Vous connaissez des jeunes qui souhaitent devenir astronautes quand ils seront grands? Amenez-les voir ce film, ça les calmera. Ce film se regarde avec plaisir mais en fin de compte, les critiques me semblent avoir été un peu hyperboliques …

I must admit, I’m not entirely sure what all the extra-extravagant swooning has all been about for this one. Someone seems to have sent out the memo that Gravity is a work of awe-inspiring genius, and even Les Cahiers du Cinéma has been toeing the line. Les Cahiers! That’s not to say that Gravity is not an extremely decent watch. But it’s also so… formulaic and box-ticking! For anyone who’s been living in outer space cut off from the world lately (other than the cast of Gravity, huhu), the premise here is that poor Sandra Bullock, hastily-trained NASA technician, finds herself caught in an unfortunate chain reaction whereby bits of flying satellite (the Soviets’ fault) destroy her craft and most functional space stations within a thousand mile radius. She’s left stranded in her spacesuit with only George Clooney for company, and anyone can tell that he has been given far too jocular, reassuring a personality to have much chance of lasting long. Can she get back to earth in the face of all the odds, armed with only about 200 ml of oxygen and a wavering will to live?

uh-oh

uh-oh

The film’s beautifully shot and clearly knows its Space Odyssey. Second-to-none technology is doing its thing with brio here. The narrative arc is perfectly solid and the tension is kept up throughout – but not as spectacularly high as I’d been led to believe it might. Meanwhile its 3D elements felt pretty cursory and limp, other than for the very odd bit of flying debris that felt like it might be going to take your eye out. Bullock’s character has quite the time of it, and learns some important stuff about herself in the midst of being given the fright – and fight – of her life in zero gravity. She plays very well and it was all highly professional and well oiled. But I really think the people crying genius have lost the plot – there’s something quite crude and clunky about the whole thing that just makes the lavish praise a bit startling.

1 Comment

Filed under Action, Sci-fi, Thriller

White House Down

White_House_DownIn a nutshell: We are back or are we? Gently coerced by friends and our bad conscience, we are trying to revive this blog one movie at a time. Our first stop, Washington D.C., where gun-toting lunatics financed by the weapon industry take over the White House and destroy the Capitol, proving to Al Qaeda that America does it better. Fortunately for the brash handsome Air Jordans wearing President (Jamie Foxx), a former military hothead (Channing Tatum), now simple security agent at the Capitol, will save the day. Ludicrous, but a guilty pleasure.

Bon, on prend son courage et son clavier à deux mains et on relance la machine ! Si nous n’avons pas cessé d’aller au cinéma, les six (huit ? dix ?) derniers mois ont été si fertiles en événements que la chronique de nos expériences cinématographiques en a été oubliée. Miss J. est devenue Mrs. J. (on la félicite, on l’embrasse, on … on va s’arrêter là), M. D. s’est engagé dans des projets variés, et la vie s’est montrée tumultueuse avec tous, mais pas autant qu’avec le président des Etats-Unis – Jamie Foxx plus Obama que le vrai – et son garde du corps d’un jour, le sympathique et grognon Cale alias Channing Tatum, Bruce Willis du pauvre. Un groupe de vilains terroristes s’empare de la Maison Blanche et souhaite lancer une attaque nucléaire contre l’Iran de manière proactive et régler son compte à un président bien trop colombe pour leur goût. Ils avaient pensé à tout (enfin, il faut le dire vite, le scénario a des béances qu’il serait sans doute impoli de fixer trop intensément) sauf au fait que Cale et sa fille serait en visite organisée et bien décidés à se défendre avec alacrité. Vous connaissez déjà la fin.

Un grand saut

Un grand saut

Que dire en conséquence de ce film carbone d’un carbone, mélange souriant de deux classiques du cinéma d’action The Rock (souvenez-vous de ce remake de “Twilight’s last gleaming” -1976- avec Nicolas Cage, Sean Connery et un grand Ed Harris prenant Alcatraz en otage) et Die Hard (rappelez-vous Bruce Willis rendant la vie du magnifique Alan Rickman très difficile)? Qu’il n’est pas à la hauteur de ses modèles? Certes – même si l’on peut sourire aux reprises plan par plan des scènes d’introduction du méchant (James Woods ici moins convaincant qu’Ed Harris) ou de conclusion, la fille – très tête à claques – de Cale reprenant avec un drapeau la même chorégraphie que Nicolas Cage avec des fusées éclairantes. Mais la mécanique est plutôt bien huilée et l’alchimie des deux acteurs principaux fait suivre sans déplaisir leurs abracadabrantesques aventures.

Alchimie explosive

Alchimie explosive, semble-t-il

On peut ajouter à l’instar de Mr. J.A., qui eut la gentillesse de m’accompagner et qui vous parle de son expérience ci-dessous , que les références multiples à l’actualité et à la politique américaine feront sourire les amateurs. On remarquera enfin qu’il devient de plus en plus compliqué pour Hollywood de trouver des méchants crédibles par peur de vexer ou de subir d’orageuses répercussions économiques. Les vilains sont ainsi de plus en plus locaux ou apatrides, même si l’on peut penser que la Corée du Nord et peut-être l’Iran ont un potentiel intéressant.

En dépit d’un scénario étique, l’art de Roland Emmerich, grand faiseur de film popcorn devant l’Eternel, la qualité des interprètes et la bonne humeur évidente qui accompagne ce projet aux ambitions restreintes permettent de sortir du cinéma avec le sourire et la certitude que tout sera oublié dès le lendemain.

white-house-downLe résumé de Mr. J.A. : La Maison Blanche a été attaquée par un groupe de terroristes locaux ivres de vengeance. Un agent de sécurité du Capitole doit sauver le président pour  se faire engager par le Secret Service et prouver à sa fille adolescente qu’il n’est pas un père inepte. Un moment divertissant, surtout si on l’interprète comme un commentaire peu subtile de la scène politique américaine actuelle.

OK, so this is not a particularly original plot, given it’s the second offering from Hollywood in the same season in which terrorists attack the White House. Unlike its predecessor, the bad guys here are not from an evil, foreign regime trying to wage nuclear war on the US, but rather are a group of American mercenaries hired by US government administration insiders to sideline the President (played by Jamie Foxx) and wage nuclear war on a foreign regime. The good guys are, of course, the President and the guy trying to save him, Cale (played by Channing Tatum). Both actors give good, sometimes funny performances, as do all the other actors, including James Woods, Richard Jenkins and Maggie Gyllenhaal. But that’s not what makes this movie interesting.

Yes he can

Yes, it can be an interesting movie

What’s more interesting is that White House Down is a Hollywood caricature of current US politics, and that’s what makes this movie both funny and a bit scary. Jamie Foxx’s character of President Sawyer is of course a stand-in for President Obama, as he espouses his desire for world peace and negotiating with US rivals like Iran when in front of a camera, but we learn later has also ordered secret military strikes on that country. Other references to Obama are overt, from his attempts to quit smoking, to his choice of basketball sneakers.

A president giving up his gun, but still winning at the end: what wil the NRA make of this?

A president giving up his gun, but still winning at the end: what will the NRA make of this?

Some references to U.S. politicians are hilarious, like the rather tanned congressman who seems to be crying for no particular reason, because it’s clearly aiming to depict John Boehner. The notion of a group of right-wing radical mercenaries trying to take over the White House would be funny too, if not for this, as would be the notion of someone thinking that the whole Middle East was just too much trouble, might as well nuke ‘em, if not for this (that’s right, 50% said “yes”).

All in all, White House Down is an entertaining action flick that doesn’t take itself too seriously.

Leave a comment

Filed under Action, Comedy, Thriller

Zero Dark Thirty

Zero-Dark-Thirty-Affiche-FranceEn résumé : Mr. J.A. remplace Miss J. le temps d’une critique. Zero Dark Thirty propose une représentation saisissante des côtés les moins glamour du travail de renseignement et de collecte d’information. Résultat? Peut-être une discussion plus fouillée que le film lui-même sur l’usage de la torture et la force de la foi.

How does one make a compelling film depicting the hunt for Osama Bin Laden? We all know why this started, and we all know how it’s going to end. But Katherine Bigelow’s Zero Dark Thirty manages to do that, I think, by laying out a series of events, “based on” first-hand accounts of the hunt for the world’s most-wanted terrorist. I won’t go through a plot summary here, but just point out that Bigelow lays out events in a  blow-by-blow, us-versus-them way: 9/11 happened, then the CIA tortured some people (almost like payback, no?), then an attack happened, then the CIA tortured some more, then a bombing happened, then more torture happened, and so on. Bigelow doesn’t provide much more structure than this, which seems to invite the viewer to project that structure onto the film, much like an Rorschach ink blot–give someone an ambiguous form and ask them what it looks like and it might tell you something about how that person thinks (because a blob of ink isn’t actually meant to look like anything).

Look at all that ink. Obscene!

Look at all that ink. Obscene!

Having said that, it seems to me that there are two main themes running through this film. The first is the controversy we’ve all heard about: torture. And as I’ve said above, I think some criticisms that are being leveled at this film related to the portrayal of torture says more about the critic than it does the film. Some people are upset because the film suggests that torture provided useful information that did eventually lead to the location and killing of Bin Laden, and they would like to claim that this is inaccurate: torture of detainees could have played no part in it, because torture doesn’t work, which is why torture is morally wrong. By this reasoning, one cannot even question whether torture might ever be an effective means of getting information, because that would remove the moral argument against it. But this is clearly wrong. There are many things that are effective in getting a desired outcome, but are also clearly immoral. I think it was Chris Rock, great moral philosopher that he is, who said (and I’m paraphrasing), “You can get a cat out of a tree with a shotgun. That don’t mean it’s a good f**king idea!” For those who don’t care for cats, I suggest that a crying baby can be quieted by placing duct tape over their nose and mouth, but such a heinous act could never be considered moral.

In the case of torture, I think we can grant that in the case where someone does possess information and does not want to provide that information, sufficient application of pain and suffering can and does reliably result in that person providing the information. However, it also results in the case of people making up stories just to make the torture stop, and we can never know with certainty what case we’re in. Further, it seems to me that there are plenty of methods of questioning suspects that do not involve torture. Police officers do this all the time and seem to be able to extract confessions just fine. What’s more, there exists decades of research in psychology involving things like questioning techniques, persuasion, sensory deprivation, sleep deprivation, as well as things like stress, emotional cues, lie detection, motivation, obedience, groupthink, and behaviour change, not to mention neuroscience, interpersonal, family and cultural factors, all of which can be expected to impact a person’s behaviour (in this case, willingness to provide information to an interrogator). It seems to me that one ought to be able to bring these factors to bear on an individual, case by case, in a way that increases the likelihood of obtaining useful information in a way that does not involve torture.

Don't try it at home, kids - actually, just don't.

Don’t try it at home, kids – actually, just don’t.

Other people (mostly U.S. Republican politicians) are upset with the film because they think that the scenes of torture that result in getting a lead that eventually results in Bin Laden’s death indicate that the Obama administration might have given the filmmakers improper access to classified information about such a chain of events. But then, if that was true and the film was in fact portraying events accurately, doesn’t that also undermine the notion about the use of torture never being effective?

The other theme that I see woven throughout the film is the impact of faith, and by this, I don’t mean faith in the sense of well-deserved trust. Rather, I mean it in the sense of a willingness to claim certainty about a thing where all one truly has are hope, rumor and guesses. The role of faith on the part of Al Qaeda is more assumed than shown in this film—a willingness to fly a plane into a building, or blow oneself up in a crowd of infidels, may be many things, but it is not an act of cowardice. It rather better resembles the kind of bravery born of the certainty of heavenly reward that can only be the product of religious faith, indeed, perfect faith. We all know that these kinds of people have faith. What Bigelow does however, is show the impact of this kind of faith possessed by the CIA operatives. Sometimes this unwarranted certainty has disastrous consequences, as when one operative, Jessica (Jennifer Ehle), lets her guard down because she really wants to believe that a possible informant is trustworthy—she even baked him a cake, certain that he’d love it—before she’d ever met him. He blew himself up, Jessica and several others along with him.

I don't know about the cake, but Jessica's cooked

I don’t know about the cake, but Jessica’s cooked

Other times, such unwarranted certainty sustains one’s morale, as when Maya (Jessica Chastain), the protagonist, confides to a colleague that she believes that she was ‘spared’, while others were not, for the purpose of finding Bin Laden. But over the course of the film, one sees that faith becoming more and more extreme, beginning in a sense, to mirror her Al Qaeda opponents. This is not just because she becomes comfortable with the use of torture, but rather because she becomes completely obsessed with following up on the lead involving Bin Laden’s courier. She reveals herself a true believer, when she declares to Seal Team Six members as well as the CIA director and those advising the U.S. President that she’s “100%” certain that Bin Laden is hiding in the compound in Abbottabad. She had no evidence, but at that point, it was not even a gamble for her anymore. She was a study in perfect faith. We all know that, in the end, she was also right—Bin Laden was actually hiding in the compound.

It seems then to me that the key questions raised by this film are not whether torture was used by the U.S. (it was), or whether torture can be effective (it can), or whether that makes it moral (it doesn’t). Rather it’s a matter of values: Was it all worth it? What kind of society do you want to live in? What kind of person do you want to be?

How’s that for a blob of ink?

zero-dark-thirtyIn a nutshell: Is Zero Dark Thirty a fascist movie? I’d be tempted to say yes. Is it an interesting movie? Probably. Should you go and see it? Unless you are interested by the subject, no.

Une fois n’est pas coutume, ne résumons rien, car l’actualité nous renseigne sur ce film et si il vous venait un doute car vous revenez de plus d’une décennie de retraite érémitique, la bande annonce vous révélera tout : les Etats-Unis finissent toujours par retrouver leur homme, et Ben Laden après avoir vécu par le djihad est tombé grâce aux efforts continus de Maya, une agente de la CIA (Jessica Chastain) obsessionnelle et tout aussi radicale que lui. Comme l’indique Mr J.A. dans son excellent article ci-dessus, c’est le choc de deux fois et la victoire de l’Etat sur le réseau.

Rien de plus agaçant dans les longs commentaires qui parfois suivent les articles des journaux et magasines que de rapidement tomber dans les comparaisons avec l’Allemagne nazie et autres sinistres épisodes d’un vingtième siècle régulièrement raciste et meurtrier. La fameuse reductio ad Hitlerum (ou loi de Godwin) n’a pour l’instant je crois jamais atteint ce site … mais, pardon d’avance, on va frôler le carton rouge.

Jessica Chastain expulsée?

Nos héros se rapprochent-ils du point Godwin ?

En effet, Zero Dark Thirty m’a mis mal à l’aise, non que les 45 premières minutes de tortures aient été si douloureuses – malheureusement les milliers d’heures passées à voir des films ou des séries de qualités diverses m’ont petit à petit désensibilisé -, mais l’ensemble m’est apparu flirtant dangereusement avec le fascisme. Pas le nazisme, le fascisme au sens large. Je n’indique pas ceci pour disqualifier d’office l’oeuvre de Kathryn Bigelow, mais plutôt pour explorer la fascination que ce film a su faire naître à la fois chez les critiques et dans les publics américains et européens.

Si l’on se souvient Mussolini résumait son idéologie par cette formule : “tout par l’Etat, rien en dehors de l’Etat, rien contre l’Etat”, et Bigelow nous expose un monde qui obéit à ce dogme. Ses protagonistes sont sans reliefs, leur psychologie est sommaire et grandement manichéenne (eux contre nous). En nous rappelant la définition proposée par Guillemin, Berstein ou Milza (ah souvenirs d’études) : “une organisation fasciste, au sens large, s’appuie sur un pouvoir fort au service d’une classe humaine dominante, la persécution d’une classe ennemie chargée de tous les maux, l’exaltation du sentiment nationaliste, le rejet des institutions démocratiques et libérales, la répression de l’opposition et un contrôle politique extensif de la société civile”, on constate de fortes convergences avec l’univers présenté par Bigelow. Certes, l’individualisme de Maya, son obsession, est célébré, mais hors de cette singularité tout s’articule autour de l’efficacité de la machine dont elle est à la fois un rouage, mais surtout une incarnation.

Subtile illustration.

Subtile illustration

Les nombreuses erreurs factuelles très évidentes dans la description de la société pakistanaise ( je ne jugerai pas la réalité de la traque secrète de la CIA, me permettant uniquement de douter qu’une agente, aussi talentueuse soit-elle, travaille plus de dix ans sur un dossier unique) font ressortir celle-ci comme exotique, homogène, hostile voire traîtresse, et lointaine (en plus d’être bizarrement arabophone). Maya déconseille même de s’essayer à la gastronomie locale qu’elle confond d’ailleurs avec celle moyenne-orientale au moment où elle offre un repas à l’un des malheureux qu’elle a vu torturé. Le repas n’est pas pour le réconforter, Maya ne perçoit pas l’humain chez son adversaire, mais pour le manipuler et le faire parler ; littéralement, la carotte après le bâton. Intéressant aussi de constater que la réalisatrice fait apparaître “l’ennemi” plutôt comme une silhouette fanatisée, éventuellement un corps, jamais plus. Et quand celui-ci cède, car il finit toujours par céder, c’est pour soutenir l’idée que la torture est efficace ou que la mission est accomplie.

Ce manichéisme est d’ailleurs intéressant car ce refus d’empathie que la réalisatrice tente lourdement de nous faire partager en mènera, je pense, quelques uns à se dire que les actions des terroristes en deviennent justifiables.

Ironie.

Certains verront cet argument comme preuve de la droiture de la réalisatrice, de sa volonté de faire ressortir froidement la réalité de la lutte contre le terrorisme, cela ne me convainc guère. Il y a très nettement des héros et de vilains antagonistes et on ne trouvera trace de nul Hector parmi ces nouveaux Troyens.

Elle ce serait plutôt Achilles. Et c'est à coups de talon qu'elle te fera parler

Elle ce serait plutôt Achilles. Et c’est à coups de talon qu’elle te fera parler

Comme Bigelow n’est pas Riefenstahl, les efforts esthétiques de Zero Dark Thirty ne vont pas vers une volonté de magnifier une beauté plastique ou même une organisation, mais plutôt d’exposer dans un univers de violences et souffrances, la force d’une volonté et la volonté d’une force. Sa capacité à mettre en scène un univers brut que certains trouveront haletant offre quelques moments saisissants mais ce faux documentaire pèche par sa longueur et le côté profondément attendu de toutes les scènes. Homeland ou 24 heures offrent bien plus de tension et le même genre de réflexion à savoir si la fin justifie les moyens.

Dernière critique, celle-ci adressée à la presse, ce n’est pas une leçon d’histoire, cessez de tout confondre. Ou alors c’est une leçon sur la manière dont on peut écrire l’histoire et l’importance de croiser les sources. L’oeuvre de fiction très inspirée par l’histoire ne correspond évidemment pas à un documentaire, sinon c’est ce que la réalisatrice aurait choisi de faire. Il est problématique de voir qu’après ce film pour de nombreux spectateurs et, semble-t-il, de nombreux critiques, la réalité soit l’histoire racontée par Mme Bigelow. Un hommage à la force du cinéma … une défaite de la pensée critique.

4 Comments

Filed under Action, Drama, Espionnage, Guerre, Historique, Policier

The Last Stand – Le Dernier Rempart

120X160 Rempart CIn a nutshell: Undemanding entertainment, the movie gives in enthusiasm what it somehow lacks in originality. A bit disappointing for a Kim Jee-Woon film, a blast for a Schwarzenegger movie. Silly, at times  clumsy, but overall good solid fun.

Miss J. n’ayant que peu de libertés ces dernières semaines – le culot du monde professionnel à vous dévorer vos instants de loisirs – , il ne me restait plus qu’à trouver des films qui l’intéresseraient moins, la tenteraient peu, soyons clairs, qu’elle ne voudrait voir que si le sort du monde en dépendait, et elle n’y irait d’ailleurs qu’en soupirant. J’ai commencé par Django unchained mais la novella de ma camarade Mlle L vous aura certainement suffi, d’autant plus que même si mon avis est bien plus modéré que le sien (j’ai beaucoup aimé la première heure, à l’instar de M. JMS je trouve le personnage de Samuel L. Jackson intéressant), je la rejoins beaucoup sur ses critiques de la seconde moitié de cet opus tarantinien bancal. On s’approche de très près du combat de trop pour reprendre la métaphore du réalisateur agressif et doué que vous trouverez en fin d’extrait (à partir de 7min.36) ici.

Revenons à nos pieds nickelés

Revenons à notre (soupir) dernier rempart

Accompagné d’une amie tout comme moi amateur (amatrice?) de réalisateurs coréens, de pétaradantes absurdités, d’explosions et d’action heros sur le retour, j’ai choisi après le sanglant Tarantino d’aller découvrir le septième mais premier film américain de l’excellent Kim Jee-Woon, dont, entre autres, Le Bon, la Brute et le Cinglé m’avait ravi (ça, incidemment, c’était ce que Django aurait dû être). Le Dernier Rempart n’est pas à la hauteur de ses réalisations précédentes, mais l’enthousiasme de chacun rend cette série B modeste regardable, mieux même, très divertissante.

L’histoire est d’une simplicité digne des productions d’action des années 1980, c’est à dire étique : un baron de la drogue (parfait Eduardo Noriega) s’évade, le FBI est – ici, littéralement – dépassé, quelques outsiders, le vieux shérif Schwarzenegger (déjà 65 ans) et ses adjoints sont les seuls à pouvoir s’opposer à ce que lui et ses hommes traversent la frontière mexicaine et échappent ainsi à toute poursuite de la justice de l’Oncle Sam (la “Justice”, quoi, c’est un film américain). Je ne vous cacherai pas que cela va flinguer à tout va.

Et ça, ce sont les "petits" calibres

Et ça, ce sont les “petits” calibres

Entre Rio Bravo de Hawks et Assaut de Carpenter, mais en moins sérieux, toute la distribution s’en donne à coeur joie et n’hésite pas à en faire beaucoup. Avec intelligence, le réalisateur et son équipe de scénaristes (c’est malgré tout toujours un peu triste de voir qu’ils s’y mettent à plusieurs pour ce genre de résultat) ne se montrent pas dupes des clichés de ce type de production, respectent leurs spectateurs en leur donnant ce qu’ils attendent et parfois même un peu plus, et prennent surtout en considération l’âge de ce brave Schwarzie … si l’homme est frappé, il a bien du mal à se relever.

Efficace, distrayant et gratuitement violent mais c’est un peu le but, on perçoit même une réflexion nostalgique sur le destin de Schwarzenegger dont le personnage prononce des répliques souvent drôles (“L.A.’s not all that you think it is” ou encore “You make us immigrants look bad” ) parce que le spectateur croit plus en l’acteur qu’à son interprétation. On sort donc de salle diverti et, oserais-je le dire, curieux de connaître le prochain film de l’ex Gouvernator. De quoi se laisser tenter.

1029468-affiche-officielle-du-dernier-rempart-620x0-1En résumé : Je ne saurais vous dire, ne l’ayant point vu … mais croyez moi cela ne me manque guère. A très vite, pour une critique peut-être moins testostéronée.

I know, it’s been a while; I haven’t seen this one, but couldn’t bring myself to go and watch it. The last movie I reviewed on my own for this blog was Haneke’s Amour … it should give you a clue about my tastes for violent action packed limbs flying around Schwarzenegger flick. But do believe me when I say this: I’ll be back. And soon too.

1 Comment

Filed under Action, Aventure, Comedy

Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
.
Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
.
Votre regret : Amour de Michael Haneke
.
Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
.
1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
.
Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
.

Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

.

killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson  brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor – an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg – Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck – real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg – a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden – heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
.
Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry – truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay Roach – Will Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort – a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
.
I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

Leave a comment

Filed under Action, Animation, Aventure, Biopic, Cinema, Comedy, Drama, Espionnage, Fantasy, Guerre, Historique, Policier, Road movie, Romance, Sci-fi, Superhero, Thriller

The Hobbit: An Unexpected Journey

Hobbit-AfficheLe 3 janvier 1892 naissait en Afrique du Sud l’Anglais John Ronald Reuel Tolkien, dont les oeuvres allaient séduire des générations de lecteurs, emportés par la création d’un monde d’heroic fantasy sérieuse, ancré dans les mythologies germaniques et anglo-saxonnes.

Hasard? Coïncidence? Cent vingt et un ans plus tard, un 4 janvier, Mr. J.A. critiquait l’adaptation cinématographique de son plus célèbre roman pour la jeunesse, Le Hobbit, critique qui allait séduire des générations de lecteurs, emportés par … mmm, c’est plutôt moi qui m’emporte, je vous laisse découvrir la suite.

THE-HOBBIT-AN-UNEXPECTED-JOURNEY-PosterIn a nutshell: Pas seulement un voyage inattendu, mais un film étonnamment bon à voir.

I assure you, I didn’t have any high hopes for The Hobbit: An Unexpected Journey. I had heard that originally, and despite a desire by the studio, Peter Jackson had not wanted to direct the film adaptation of Tolkien’s children’s story. Understandable, not just because Jackson was suing New Line for unpaid royalties from the Lord of the Rings trilogy, but also because of the inevitable comparison to his handling of the LOTR to that of The Hobbit. Jackson was apparently willing (after the suit was settled) only to executive produce the film. Then, when Guillermo del Toro quit as director, apparently because of three years of delays, it looked pretty grim. Jackson having been arm-twisted into writing-directing, I wondered how he was possibly going to resuscitate a film that was looking to be a little more than a half-baked money-grab, clutching to the coattails of LOTR greatness?

Why, by turning it into three such coattail-clutching money-grabs, of course.

The multiplication of scripts: Praise the Lord (of the Ring, that is)

The multiplication of scripts: Praise the Lord (of the Ring, that is)

As everyone now knows, Jackson has stretched out a story of exactly 310 pages (1st edition) into three films, each lasting about three hours, and that’s not counting the inevitable super-special-deluxe-collector’s-director’s-extended-fan-box-set-edition to be had in future on DVD/Blu-Ray.  And while I expected this to mean that the story’s pace would be ploddingly slow and with action scenes few and far between, I’m delighted to say that I was quite wrong. The film begins portraying background information about the dragon Smaug and how it came to be that the dwarves had been driven from their home of Erebor (any film that starts off with a fire-breathing dragon is a good one in my opinion). Later we are treated to an epic battle scene between armies of dwarves and orcs, again recounted as background to the main story. Although this might detract from the flow of a novel, it really works as a film and in this case, keeps it from becoming two straight hours of watching people in costumes hiking through New Zealand. Radagast the Brown also has several scenes in the film (and a great line) while he’s only mentioned in the book.

In general, the film feels much like the LOTR. The familiar music is there throughout, but with the addition of the ‘Song of the Lonely Mountain’ that animates the dwarves of the party. It’s haunting and beautiful. There are familiar, sweeping, wide-angle shots of New Zealand landscapes, sure to drive that country’s tourism industry for years to come. And as one would hope, the CG renderings of orcs, wargs, trolls, eagles, etc., are all done with all the improvements you would expect to see ten years post LOTR. The wargs especially looked much better close-up than they did in Two Towers. But Gollum, perhaps as expected, really stole the show. The scene where he and Bilbo play their game of riddles is fantastic. The artists have managed to render facial expressions so life-like that, looking into his massive, orb eyes, I had to remind myself that Gollum wasn’t actually thinking.

How harsh! I think about the sequels, my precious, at 48 frames per second.

How harsh! I think about the sequels, my precious, at 48 frames per second.

While The Hobbit feels like it builds on and improves upon what was good about the LOTR, it also suffers from the same ailments. For instance, Jackson seems to film scenes that are supposed to be sentimental or funny, but come off as being completely cheesy. For example, there’s the scene at the end between Bilbo and Thorin Oakenshield, in which Thorin does the whole, ‘I’m-gonna-make-you-think-I-still-don’t-like-you-by-showing-my-gruff-exterior-self-then-melt-into-my-teddy-bear-on-the-inside-self-it-was-just-a-joke’ routine. We saw this in Fellowship between Gandalf and Frodo, and in Two Towers between Gimli and Legolas. Each time it was just, well . . . meh.

That small criticism aside though, The Hobbit was a thoroughly enjoyable three hours and definitely worthy of repeated viewings. I expect it to continue to grab much more of my money.

1 Comment

Filed under Action, Aventure, Fantasy

Taken 2

En résumé : Si, comme Mr. J.A., vous avez aimé l’original, vous aimerez Taken 2. Car Liam Neeson sait admirablement incarner ce que Bryan Mills, héros récurrent bourru, fait de mieux : péter la gueule du plus grand nombre, avec style.

I admit to having felt a bit perplexed initially at the notion of Taken 2, given my memory of its 2008 predecessor, in which ex-CIA agent Bryan Mills single-handedly rescues his kidnapped daughter from human traffickers intent on selling her into sex-slavery, leaving a trail of shot, stabbed, drowned, bludgeoned and electrocuted bodies in his wake. The most pertinent question for me then was, “Why, oh why, do people keep taking things from this man? You know, I think he made it pretty clear last time that he does not like it when you take things from him. Stop that, bad guys!”

Then I watched the trailer.

Ohhhhhhhh. I see. The bad guys are taking him hostage. Well then. With that out of the way, it’s time to watch more old guy who’s really good at relentlessly kicking ass.

To summarize the plot, the bad guys in Taken 2 are a group of Albanians out to avenge the deaths of the people Mills killed in the first film. They determine that he will be in Istanbul soon, so hatch a plan to kidnap him there so they can take him back to their tiny mountain-top village in Albania and kill him (apparently, these kinds of bad guys can cross international borders with little more than a stern look at the border guard, so it totally makes sense). As luck would have it, Mills’ ex-wife and daughter have decided to join him in Istanbul for a holiday, so bonus–the bad guys decide to kidnap all of them. Without giving too many details away, that’s not quite the way things work out, and Mills spends the rest of the movie shooting, stabbing, and bludgeoning (but not electrocuting) these guys too. It’s awesome. Liam Neeson is convincing as both the over-protective father as well as the semi-retired freelance tough-guy.

Liam Neeson with a reviewer who didn’t enjoy “Taken 2”. Good for us, Mr. J.A. liked the movie.

There were some moments that strained credulity more than usual though. For example, I learned that:

  1. It always helps to have a mental map of the entire city of Istanbul so that you can relay directions to your ex-wife or daughter. Who knew?
  2. When kidnapped, blindfolded and dumped in the back of a van, make sure you have a really loud watch to help you count the seconds along with right and left turns out loud in order to estimate the distance travelled.
  3. People strung upside-down after having their throats slashed take exactly 30 minutes to bleed to death, so you’d better hurry—tick tick.
  4. Be sure to have an adequate supply of grenades on hand so that your daughter can throw one into a carpark (but only if no one seems to be there) so that you can triangulate your position by counting the lag between the boom on the super-spy cellular phone that you pulled out of your sock, and the boom outside. So, why doesn’t the super-cool spy-phone come with GPS?
  5. When you’re speeding a stolen taxi up the the front gates of the U.S. Embassy and the soldiers guarding it are now pelting you with a .50 cal anti-material machine gun, just duck your head behind the steering wheel. You’ll be fine. Really.

Nonetheless, Taken 2 was entertaining and worth the price of admission. Now I’m left wondering about the plot of Taken 3. What’s left for the bad guys to take? His dog? His TV remote? The last chocolate chip cookie?

Et de fait … Luc Besson, producteur, a annoncé que la série serait un diptyque. (Note de M. D.)

Leave a comment

Filed under Action, Thriller

The Bourne Legacy (Jason Bourne: L’Héritage)

In a nutshell: The Bourne Legacy is watchable, but it doesn’t dazzle. Far from it. The movie’s last hour or so squanders rich narrative possibilities in an incoherently plotted, generically action-packed pile of ineptitude.

Un drôle d’héritage qu’un film qui tente par tous les moyens de lier son arc narratif à celui de la plaisante trilogie portée par Matt Damon. Tony Gilroy, co-scénariste de tous les épisodes et pour la première fois dans la série réalisateur du film, trace sans cesse des parallèles et prend comme référence les aventures de Jason Bourne sans jamais pleinement persuader de la pertinence de ceux-ci. La faute n’est pas à ses acteurs qui interprètent avec conviction leur rôle, Jeremy Renner notamment est un très convenable super-espion, mais bien plus à une incapacité à filmer avec intensité les scènes d’action et à un scénario manquant d’enjeux. Il ne s’agit après tout que d’un junkie en quête de sa dose.

Sans sa dose, c’est le grand sot …

En effet, Aaron Cross (Renner), soldat modifié génétiquement pour accentuer ses dons physiques et intellectuels, se doit de prendre avec régularité des pilules qui lui permettent de préserver ces changements. Malheureusement pour lui le programme secret dont il fait partie, Outcome, est supprimé au sens propre et figuré par un colonel paranoïaque, Eric Byer (Edward Norton), effrayé que l’affaire Jason Bourne n’amène trop d’attention sur les tentatives amorales des services secrets américains à créer des surhommes. En découle une course poursuite entre le vilain et faussement pragmatique Byer, dont la politique de terre brûlée apparaît inique et contre-productive, et Cross qui veut à la fois sauver sa peau et trouver les médicaments qui lui permettront de garder ses dons. Il trouvera très vite sur son chemin la charmante docteure Martha Shearing (Rachel Weisz), quota féminin dont la fonction est surtout d’avoir des yeux de biche effrayée et la lèvre tremblante et pulpeuse. Mlle Weisz s’acquitte avec fraîcheur de cette tâche ingrate.

Knight and Day sans humour, Terminator 2 sans tension, The Bourne Legacy est un film d’action sérieux, énergique mais plutôt froid et assez bancal. Le spectateur se lasse devant une trop bavarde première partie et une conclusion à moto longuette, car il faut un talent que Gilroy n’a pas pour rendre une course poursuite haletante. Les scènes d’action étonnamment éparses sont d’ailleurs peu intéressantes tant Cross est supérieur à ses adversaires simplement humains, et jamais le réalisateur ne réussit à faire croire qu’un risque quelconque ne pèse sur les épaules musculeuses de son héros.

Un avant bras tout aussi musclé que ses épaules et une arrière-garde en marcel

De manière assez nette Gilroy semble s’intéresser bien plus à l’observation d’un monde glacé de secrets, manipulations et luttes intestines pour le pouvoir que la recherche de la vérité et la reconstruction d’un homme au coeur de la trilogie initiale. Aaron Cross connaît son histoire et comprend vite les tenants et aboutissants de la chasse à laquelle il participe malgré lui. Somme toute, le réalisateur concentre bien plus l’attention du spectateur sur la question de la responsabilité ou encore de l’amoralisme et du cynisme nécessaires des lieux de pouvoir soit au travers de personnages qui assument leur part d’ombre et refusent de faire du sentiment (Norton), ceux qui n’y arrivent plus (Renner), ou de ceux qui préfèrent s’abstenir d’y réfléchir (Weisz), que sur le destin de ses protagonistes dont la fin (heureuse) est déjà connue.

Jason Bourne : L’Héritage est en conséquence peut-être le plus maladroitement profond mais le moins marquant des opus de la tétralogie (qui promet de s’agrandir encore au vu de l’épilogue du film), mais grâce aux très beaux paysages, deux ou trois jolies scènes (celle face à un drone agressif par exemple) et à l’abattage des rôles principaux on ne passe, malgré tout, pas un mauvais moment. On se permettra cependant de regretter Paul Greengrass, Matt Damon et la série originelle.

En résumé : Au début je n’ai rien compris à ce film, puis j’ai fini par comprendre qu’il n’y avait pas grande chose à comprendre, et que ce n’était pas bien grave, sauf qu’un peu de scénario aurait quand même fait du bien, en fin de compte. 

The Bourne Legacy launches straight in with the breezy confidence that no one watching could possibly fail to have a clue what’s going on. Even if they had somehow missed the previous three installations, surely they would have taken the time to do a little research before the lights dimmed, right? I mean, even if they had failed to scour every prior detail on IMDB, they would at least have turned to someone else in their group while the previews endlessly rolled to ask, hey guys, can someone quickly bring me up to speed as to what this whole Bourne series has been about, now that they’re on their fourth outing ten years later and I’ve finally showed up for the party?

What do you mean, this is the first you’ve ever heard of us?

Yes, I sighed to myself, that would indeed have been a bright move. And now the music was pumping, Jeremy Renner was scuttling about in the Alaskan snow downing all sorts of dodgy pharmaceutical products, and some hagged FBI bigwigs were stroking their chins, making decisions so monumentally cynical that the weight of a thousand prior events was surely helping the audience to accept it all without throwing their popcorn down in disgust and stalking out the cinema.

I decided my best tactic was to relax, soak it up and hope that the passage of time would bring some clarity. Half an hour in, I decided that wasn’t working and tried to extract some information from Monsieur D in between the pumping music that had been relentlessly telling us since the start that Very Stressful Events were upon us and that really, really it was time to run, fast, in order to… uh, get some more blue pills? And anyway, where was Matt Damon? I’m all for holding back for a while in introducing the careworn hero of the proceedings, but this was getting ridiculous!

“Dear, I think we’re just going to have to accept that Matt has stood us up.”

Poor, woefully under-informed spectator that I was, it was only later that I concluded that there was far less I needed to understand than I’d initially thought, that it felt weird because it was unashamedly far-fetched, this new episode they’d decided to craft out of thin air in order to cash in a bit more, and that frankly, when you have visuals these bombastic, wolves that snarly, drones this whooshy and that crazed a soundtrack, you can’t really have that bad an evening. Luckily. All a bit confusing at times, though.

Leave a comment

Filed under Action

The Expendables 2 – Back for War

Is any excuse a good excuse? Mlle L. pretends intoxicating drinks and friendship made her go and watch Simon West and Sly’s latest shoot-’em-up … I think we all know better. Here is a very amused review for the very successful and bombastic n°2 of a series of at least 3 steroid fueled movies (apparently Stallone has asked Clint Eastwood to star in the next one, if he accepts I shall go).

Il fait froid, la Nouvelle Zélande est un pays hostile et bête, et Wellington un trou noir en termes de culture. Alors, emportée par la chaleur de l’amitié et de la déconne, et puis aussi parce qu’un verre ça va, mais qu’après deux verres bonjour les dégâts, nous décidâmes par bravade et dans un esprit potache un peu éméché d’aller voir avec une amie ce qui ne pouvait être qu’une énorme daube : The Expendables 2.

Attention, il va y avoir multiplication des pains

L’affiche, déjà, remporta notre adhésion hilare (je confesse pour mémoire un léger état d’ébriété) : rien que des gros en gilet sans manches, pleins de maxillaires tendus et de biceps tellement gonflés qu’ils semblent prêts à vous exploser à la face, le tout sur fond d’explosions partout avec des flammes, un slogan abscons (“de retour pour la guerre”, euh?…) et en plus c’est une suite, ouhlala ça va être tellement mauvais, et donc, espérions-nous, tellement involontairement drôle.

Je vous le dis tout de suite l’affiche ne vous ment pas, et le fou rire inextinguible qui nous prit en contemplant cette merveille de l’art publicitaire appliqué au cinéma vous gagnera tout aussi inévitablement en salle, durant le visionnage du film. Impossible de ne pas finir par se faire pipi de rire dessus, ce film est inimaginable – et pourtant j’en ai vu, du lourd dossier (le coin des DVD est là pour vous le prouver) et j’ai même récemment été témoin du spectacle atroce de Marion Cotillard faisant semblant de mourir dans Batman 3, alors c’est vous dire, je ne suis pas une enfant de choeur, j’ai fait le Vietnam de la connerie cinématographique, moi, monsieur ; j’ai vu l’horreur en face.

La terreur de profil

Tiens, en parlant de voir l’horreur en face, Sylvester Stallone, d’abord. Comment dire … Quand on regarde Sylvester Stallone à moins de trente mètres, on a l’impression qu’il s’est fait recomposer le visage par un chirurgien fou qui aurait décidé de coudre ensemble de petits bouts de zizis et de les faire parler à coups d’électrochocs. C’est un peu flippant. Il a une moustache, aussi, Stallone, un truc dingue, qu’on ne dirait pas que ça peut exister, à part dans les rêves d’alcooliques. Le tout souligné par un maquillage très, très blanc sous les yeux, contrastant avec un trait de khôl, je n’en dis pas plus, y a mon goûter qui commence à s’agiter dans mon estomac.

Voilà pour Stallone, qui joue le chef des gentils mercenaires virils. Sa troupe se compose d’un noir, d’un Chinois (qui devient rapidement une Chinoise, parce que sinon il n’y aurait pas eu de gonzesse), d’un truc bizarre qui ressemble aux frères Bogdanov mâtinés de zombie SS (il s’agit en fait, on l’apprendra plus tard, de l’élément suédois de cette bande de testostéronés, Dolph Lundgren, qui j’espère n’est pas né comme ça).

On avait dit : “Pas le physique !”

Il y a aussi un Anglais (Jason Statham, toujours aussi, disons, euh… bon je me tais parce que j’aime pas vexer), et un gros type indéfini qui entre deux coups de latte dans la gueule des ennemis sera filmé, à un moment, tenant un livre (j’en déduis qu’il s’agit de l’élément intello du groupe, mais vous concéderez en regardant  cette photo que l’on se doit de douter).  Et enfin il y a le petit jeune (Liam Hemsworth), copie fadasse et bouffie de Ryan Gosling, qui, vu qu’il annonce dès les premières minutes du film qu’il veut mettre un terme à sa vie de mercenaire violent, et tout abandonner après cette dernière mission pour rejoindre sa fiancée française qu’il aime tellement, va évidemment mourir. Il est con, le jeune, il a pas compris que dans les films d’action, le gars qui veut raccrocher parce qu’il a une fiancée qu’il aime, il lui arrive que des pépins.

Une belle bande de bras cassés, quoi. En face, je vous donne le quarté dans le désordre: Bruce Willis en chef de la CIA, je ne l’ai jamais vu aussi mauvais de toute sa vie d’acteur, même dans Blind Date qui était pourtant une sacrée bouse. Arnold Schwarzenegger, qui n’a toujours pas appris à parler anglais, en dépit des fonctions éminentes qu’il occupa. Chuck Norris, que nous n’allons pas accabler parce que le pauvre garçon a déjà eu sa dose et qu’on ne tire pas sur les corbillards. Et enfin Jean-Claude Van Damme, qui au milieu de ce ramassis de crevards semble touché par la grâce et passerait presque pour un acteur. C’est vous dire comme les autres en face sont mauvais, Jean Claude en devient crédible, mesuré, élégant.

Jean-Claude ou l’élégance “aware”

Je ne me fatigue pas à vous raconter l’histoire (y a les gentils, ils vont péter la gueule aux méchants) ni à vous décortiquer les inénarrables et innombrables incohérences et aberrations du “scénario”, ça fait partie de la surprise, je ne voudrais pas gâcher. Je vous glisse quand même mes deux préférées, comme ça : le crash de l’hydravion dans une grotte à plutonium (posez pas de questions, vous allez vous faire mal à la tête) et la conclusion violente dans l’aéroport (car c’est bien connu, les terroristes internationaux et autres trafiquants d’armes acheminent leurs cargaisons sur des vols touristiques, et ils font la queue au comptoir de la compagnie aérienne comme tout le monde pour vérifier si les dimensions de leur bagage à main sont aux normes).

A souligner, le petit “plus” de ce film : The Expendables 2 a certainement le plus gros budget “bérets de berger des Landes” de toute l’histoire d’Hollywood, je soupçonne Stallone d’avoir trouvé que ça faisait super chic, la casquette en lainage, en tout cas il en a affublé toute sa troupe, au point que ça devient limite oppressant, on en vient à se demander si on n’a pas des hallucinations quand on voit tous ces abrutis coiffés d’une casquette de pépé en train de balancer de la mitraille explosive dans les tripes de tout le monde.

Je passe avec un rapide mépris sur les effets numériques indescriptibles de médiocrité crasse. Les pires jeux vidéos du début des années 2000 étaient moins mal fichus que ça.

Une béret-zina ?

Ce film est tellement bâclé, tellement incroyablement nul qu’il cumule une pléiade de grands moments, selon moi inoubliables et qui marqueront à jamais l’histoire du nanard au cinoche, parmi lesquels cette scène merveilleuse durant laquelle le jeune évoqué plus haut, s’étant fait arracher le coeur à coup de couteau par JCVD, nous confirme notre pronostic concernant sa survie en déclarant : “Je suis en train de mourir”. Sans blague ? Tu veux pas faire une radio, d’abord, pour vérifier, ou des analyses pendant qu’on y est ?

Il y a aussi Stallone, encore lui, qui accumule les “BRREUAARGH” à un rythme encore plus soutenu que sa marionnette aux Guignols, déclenchant à chaque fois mon inextinguible hilarité. Oh et puis il y a ces séquences incroyables où il… court, je crois, oui, je pense qu’il essaie de courir, mais je m’interroge encore, il produit un mouvement tellement … indéterminé, je ne suis pas sûre de moi. Vous me direz ce que vous en pensez.

Stallone ne court plus, il vole (notamment l’argent utilisé pour acheter votre billet de cinéma, bien trop dispendieux).

Il y a du machisme en veux-tu en voilà, des blagues d’une lourdeur telle que la cuisine de Maïté, en comparaison, c’est diététique. Le chef opérateur accompagne un réalisateur aveugle (Simon West si tu nous lis … ah ben non, tu peux pas) et un éclairagiste psychotique, il n’y a pas un plan de réussi, tout est toujours flou, ou tremblé, ou mal cadré, ou mal monté. Il y a la séquence “Paris”, filmée en studio à Burbank California, avec cette notion magnifique : les Expendables ont amené à la nouillasse de fiancée du jeunot décédé un gros paquet de pognon dans une boîte à chaussures, qu’ils laissent devant la porte de l’immeuble, dans la rue, en voilà une bonne idée ! Ca me rappelle le service Chronopost, ça! Le scénario et les dialogues, nous n’en parlerons plus. Je referme le couvercle du cercueil.

Bref, si vous êtes portés sur la raillerie joviale, foncez car The Expendables 2 est une excellente occasion de vous fendre la poire au détriment de tout un tas de gens, acteurs, techniciens, etc. Si vous avez le moral en berne et une tendance à la déprime, je vous conseillerais de passer votre chemin – car si vous considérez ce film avec sérieux pendant plus de 10 secondes, vous voudrez commettre un génocide et vous risqueriez de commencer par vous-même, ou alors de finir en prison. The Expendables 2 est un film hideux, vraiment – à vous de voir si vous pensez pouvoir en tirer le meilleur parti, auquel cas il y a matière à rigoler comme un bossu.

6 Comments

Filed under Action

Men in Black 3 (M.I.B. 3)

In a nutshell: Men in Black 3. Three. It would seem to indicate more than two … Well spotted dear reader, three reviews it’s gonna be with Miss J. as Will Smith, Mlle L. as Josh Brolin and M. D. as Tommy Lee Jones. So … now … where did I put that flashy thing so that you won’t remember this introduction?

Souvenirs, souvenirs… Nous étions jeunes, le jeudi après-midi au collège nous avions un TD d’anglais parfaitement insoutenable, et nous en profitions pour faire le mur et aller parfois au cinéma, quand nous avions les sous; les films vus dans ces circonstances revêtaient un goût tout particulier et se trouvaient souvent considérablement améliorés par la clandestinité relative de l’expérience. Ainsi, Men In Black s’inscrit très haut dans le panthéon du film du jeudi après-midi, les extra-terrestres et Tommy Lee Jones n’apparaissant alors qu’accessoires, très secondaires en comparaison de Will Smith brandissant un pisto-laser (eh oui, c’est ça l’adolescence). Il s’avère qu’il s’agissait en fait d’un film en soi très honorable et étonnamment inventif ; ce qui n’est pas le cas de MIB2 : mise à part la scène d’anthologie où Tommy Lee Jones apparaissait en préposé des Postes, ce film- sentait méchamment le réchauffé.

Si elle commence comme ça la critique, ça va chauffer …

Nous voici quinze ans après nos escapades collégiennes, et Barry Sonnenfeld nous fait le coup du rappel nostalgique en sortant Men In Black 3 … Le risque était grand … L’échec menaçait d’être fatal … Comme d’habitude, je l’attendais au tournant, le réalisateur !

J’ai vu MIB3, j’en suis sortie ravie, j’ai rigolé d’un bout à l’autre et j’y retourne après-demain.

Ce qui est une façon de vous dire que ce film est une complète réussite (dans son genre, bien sûr; vous vous doutiez bien qu’il ne s’agirait pas d’une escapade Buñuélienne !).

Mlle L. séduite par le bel homme en noir, et prête à l’escapade!

Will Smith, l’acteur chéri de nos années Eau Précieuse, a non seulement gardé mais amélioré son talent comique et sa belle gueule, pour mon total ravissement. Les dialogues sont, il faut bien l’avouer, souvent excellents, et l’agent J se voit offrir d’innombrables occasions de briller, au cours de moments de bravoure du comique de situation, renforcés d’ailleurs par un montage toujours très habile. MIB3 est donc un de ces trop rares blockbusters qui ne se limite pas, en termes d’éclats de rire, aux 5 blagues officielles de sa bande annonce. Ouf !

Face à un Will Smith ravi par son rôle, Tommy Lee Jones joue les absents, remplacé par Josh Brolin, la version “jeune homme” de l’agent K. Ce n’est pas la peine que je vous vende Josh Brolin, vous n’avez pas besoin de moi pour savoir qu’il est parfait, cet acteur.

Le scénario n’est pas mauvais (la collaboration d’Etan Cohen améliorant toujours bien les choses) et la transposition de l’histoire des MIB de 2012 à 1969 donne lieu à plusieurs scènes tout à fait savoureuses. Pour préserver les secrets du film, je dirai simplement que New York, en 1969, était effectivement une planque rêvée pour les extra-terrestres, certains d’entre eux accédant même à une gloire légendaire dans les milieux artistiques … Huhuhu.

John Lennon (en vert), Paul McCartney (de profil), Ringo Starr (de 3/4) et George Harrison (de genou) avant l’opération.

Les extra-terrestres, justement, sont joliment réussis, le recours à l’image de synthèse ayant été heureusement limité au profit des effets spéciaux pratiques. Jemaine Clement (Flight of the Conchords) est méconnaissable et assez convaincant en vilain monstrueux, Michael Stuhlbarg charmant en alien divinatoire un peu fatigué.

En quelques mots comme en beaucoup, Men In Black 3 est un divertissement admirablement réussi, qui tient très bien la route et égale, voire dépasse, nos joyeux souvenirs extra-terrestres. Ça fait très plaisir, je ne demande pas mieux.

En résumé : Men In Black est de retour. On s’amuse gentiment, sans plus, pendant deux heures tandis que Will Smith voyage dans le temps tentant de sauver la planète de la destruction par un extraterrestre laid et agressif. 

Looking for a way to fill a couple of hours up? You could do worse than Men In Black 3, although I daresay you could do a whole lot better, too. The last time I had anything to do with the MIB ‘aliens + Will Smith comedy/thriller/sci-fi’ franchise was in 1997 and I had just sat my final A level exam in history. It hadn’t gone as well as I’d hoped it would. Stalin’s domestic policy was the special subject and I misread the clock, believing I only had 35 minutes left when in fact I had 1hr 35 minutes, but by the time I stopped panicking, my handwriting had gone to mush, and soon there really were only 35 minutes left.

Will Smith, too, is in a race against the clock.

Anyway, the next thing I knew I was in the cinema in Bath watching aliens and Will Smith. And there was the “Here come the men in black, they won’t let you remember (just bounce with me)” song, and Tommy Lee Jones looking very old indeed. Although in fact, I hadn’t seen anything yet, because if you want to see Tommy Lee Jones looking VERY OLD INDEED, you need to see the latest installment: it looks like the unfortunate outcome of plastic surgery and decades on a sunbed. Still, props to the man for getting through it in as spritely a manner as he does.

The film itself? The concept is of course unchanged: the ‘Men In Black’ are a secret agency charged with protecting the planet from alien mischief, monitoring the many harmless aliens on planet earth who, unbeknown to mere mortals, are going about their daily lives, often disguised as humans, and usually without causing too much bother. Humans who notice anything strange afoot alien-wise are duly blasted with a specially patented amnesia gun, which seems to be one of the cooler duties of being a Man In Black.

“This will be more fun for us than it is for you”.

This time, Will Smith has to travel back in time to prevent a particularly problematic alien from obliterating planet earth. There’s some strong comedy moments in just how tricky it is for him to integrate pre Martin Luther King America. Sadly those such moments are a little sparse; while there are also some witty alien visuals, overall it droops on the comedy front. It does however rumble along pleasantly enough and even gives you a slight lump in your throat at the end, if you’re of the sentimental persuasion.

Will Smith looks perky and chipper, the aliens are on good form and there’s enough suspense and flashy sound effects to prevent even the tiredest person from nodding off half way through.  Fans of the genre will probably be quite content, if a little short of ecstatic about this latest – but surely not the last – installment.

In a nutshell: Will Smith has returned and it’s always a pleasure to see him. Not enough for making me crave a n°4 but this third installment is better than the previous Men in Black, in brief a fun and spirited three-quel that should entertain you. I still can’t find that neurolizer … oh well!

Quatre ans sans Will Smith alors que Louis Garrel tourne toujours … espérons que le retour de l’un signifiera la disparition de l’autre. De nos écrans, hein, disparition de nos écrans, déjà que je fais dans l’ad hominem, je ne vais pas en plus pousser au crime. Ce genre de réserves n’est pas le fort d’un agressif Boglodite, Boris (Jemaine Clement à la dentition … britannique?) qui réussit à s’évader de sa prison lunaire pour revenir se venger de celui qui l’y a enfermé, l’agent K (Tommy Lee Jones, sous valium). Finaud, Boris se rend compte qu’à la loyale, la lutte est inégale, et ayant probablement vu les films de Terminator dans sa cellule, il sait ce qu’il lui reste à faire. Non pas trucider Sarah Connor, mais voyager dans le temps, retourner dans le passé et supprimer K quand celui-ci, quoique jeune et fringant (Josh Brolin, impeccable), ne s’y attendra guère. Etonnamment peu réceptif à cette idée, l’agent J, partenaire fidèle de K, sautera à son tour dans l’histoire jusqu’en 1969 pour empêcher ce vil assassinat d’avoir lieu.

Boris et une fille canon s’entrainant à être vils et assassins

Vous vous doutez bien que J finira par l’emporter, déjà parce que c’est Will Smith, mais aussi parce que c’est une comédie et que vous avez peut-être même vu les précédents opus (opi?). La formule reste en conséquence très proche de celle du n°1 et elle est tout à fait plaisante. L’alchimie qui lie J à K, que celui-ci soit dans sa version âgée ou rajeunie, fonctionne admirablement et c’est un bonheur de voir se chamailler et s’épauler ces deux protagonistes. Efficace sans être exceptionnel, Men in Black 3 rattrape le souvenir déçu du n°2 mais ne dépasse pas l’étonnement et l’excitation ressentie au n°1, revu récemment et toujours très distrayant en dépit de ses imperfections. Par goût, on peut regretter que l’enquête course-poursuite et une touche de mélo familial prennent le pas sur l’humour et le bonheur de découvrir quelques extraterrestres de plus (il y a bien Lady Gaga, mais ça, je crois que tout le monde s’en doutait).

Barry Sonnenfeld, le réalisateur, remplit son cahier des charges mais ne va pas plus loin. Film pop-corn calibré dont le but premier est de faire fonctionner les tiroirs-caisses du monde entier, MIB3 est suffisamment sincère pour emporter l’adhésion, suffisamment vif pour plaire aux amateurs de film d’action, suffisamment sentimental pour que le public soit ému et suffisamment drôle pour sourire en sortant de salle. C’est bien, mais, je dois dire, j’attendais mieux.

3 Comments

Filed under Action, Comedy, Sci-fi