Category Archives: Cinema

Top 10 – 2013

NYHappy New Year dear readers. What to wish for in 2014? – More presence on this blog, and more time to review movies is what we’d like for Franglaisreview. Anyhow, last year was a pretty big year for us all – changes in our personal and professional lives, some new friends joining our blog (Hello Mlle Amber!), some faithful ones back with us (Hi dear Mlle Clara), some deciding to leave us (bye Mlle L.), and not a lot of time to focus on writing. So .. yes, let’s try to be more present in 2014.

Belle et heureuse année 2014 chers lectrices et lecteurs. Que vos voeux se réalisent ! Quels sont les nôtres ? Principalement de pouvoir être plus présents sur ce blog tant 2013 a été une année d’absences. Nos vies personnelles et professionnelles nous ont un peu éloignés de nos claviers et sans l’amitié de nos critiques amis anciens (Messieurs J.A. et J.M. – respect) ou relativement nouveaux (Mme B.P. – toujours un plaisir), de mince 2013 serait passé à maigre. Ainsi, tentons de bien débuter 2014.

Ava vous embrasse aussi.

Pour cela Ava G. se permet de vous embrasser

In a nutshell: You know the drill, 2013 is over, we classify, hierarchize, prioritize, nostalgize … here are the tops and flops of the Franglaisreview team.

Pour la 5e année consécutive l’exercice reste le même, nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2013, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

 La_grande_bellezzaMme BP’s Top 5: With us for a second year in a row, she shares with us her mostly Latin and romantic choices

1. La grande bellezza de Paolo Sorrentino

2. Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

3. La cage dorée de Ruben Alves

4. Blue Jasmine de Woody Allen

5. Anna Karenine de Joe Wright

Ma plus grosse déception fut Je fais le mort de Jean-Paul Salomé

J’aurais voulu voir Inside Llewyn Davis des frères Coen et Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier.

StokerLe Top 5 de Mlle Amber : Nous ayant rejoint pour la première année (et nous espérons que ce ne sera pas la dernière), Mlle Amber ne mâche pas ses mots (ou alors c’est de l’anglais) et habituellement sait  faire sourire ses lecteurs (voir plus si affinités).

1 Stoker by Park Chan-wook – I am no real fan of Nicole Kidman and her Tupperware-fresh beauty, but lately in movies like Paper Boy and Stoker she has surprised me. Accidentally, or on purpose she plays up her grotesque form of porcelain loveliness, and in this dark and surprising film which makes subtle winks at Dracula without being dull or obvious she, and the whole cast give a splendid performance.

2. Mud by Jeff Nichols – Gah! Child actors – the worst… usually, but for once brilliant. Also staring Matthew McConaughey, with his dark, sexy (compulsory shirt removal in every film, not that we mind – amirite ladiez) plays the lost, loner, no-good outlaw, and where for once the ‘innocence’ of children does not make you want to puke.

3. Dans la Maison by François Ozon – More children I know! A modern day Madame Bovary, middle class ennui meets notes on a scandal, kinda thing. Good stuff.

4. 9 mois ferme by Albert Dupontel – A farce – love it or hate it but when it’s good it is great and keeps you chuckling throughout.

5. La Grande Bellezza by Paolo Sorrentino – Decadent Roman old-timers and a dwarf party the night away. What is not to like?

Wish I had seen: Trance by Danny Boyle because I have a deep love, respect for the work of James McAvoy, and I should have watched Tel Pere Tel Fils by Hirokazu Kore-Eda – but this is happily still on so I know what I will be doing tonight.

I hated: A Song for Marion by Paul Andrew Williams for its ability to make me cry despite its hackneyed script and predictable story line. Damn you!

GetGMlle Clara’s Top 5: Mlle Clara was once more lovely enough to share what she had seen on the Croisette, allowing Franglaisreview to be at the heart of the #1 Film Festival in the world. Thank you again. Here are the movies which she liked the most.

Les Garçons et Guillaume à table de Guillaume Gallienne – Pour la folie, la tendresse, le propos qui a su toucher la féministe pourfendeuse de clichés déterministes que je suis.

La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche – On en a déjà dit beaucoup de ce film … et je garde en mémoire la stupeur que j’ai éprouvée à Cannes en découvrant cet ample film audacieux.

La Bataille de Solférino de Justine Triet – Pour la liberté de ton, la folie des acteurs au naturel ahurissant, la dinguerie de la mise en scène échevelée.

Biancanieves de Pablo Berger – Pour la splendeur visuelle enchanteresse du noir et blanc muet et le côté OVNI de cette adaptation de Blanche-neige au pays du flamenco…

L’Inconnu du lac de Alain Guiraudie – Pour la radicalité de la mise en scène et l’étrangeté de cette histoire de fascination morbide en territoire gay.

Bonus : Gravity de Alfonso Cuaron – Pour le trip sensitif d’une heure trente, où je me suis identifiée dans ma chair à Sandra Bullock, seule à la dérive dans l’immensité cosmique…

Le film qui m’a le plus énervé : Grand central – Scénario cousu de fil blanc, absence d’étincelles entre les deux partenaires (c’est ballot quand le film repose sur le présupposé d’une passion racinienne – et svp ! J. Audiard, reviens pour diriger Tahar Rahim, car tu es le seul à être capable d’en sortir quelque chose de crédible !) ; enfin gros sabots auteuristes et citationnels, avec signature juste à la  fin de la réalisatrice en lettres géantes rouges (pour ceux à qui cela aurait échappé que Rebecca Zlotowski avait commis ce faux GRAND film).

Le film que j’aurais voulu voir : Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer parce que tout le monde me dit que c’est un OVNI passionnant, et La Fille de nulle part car Brisseau peut –être agaçant, mais je suis tout de même curieuse de voir ce film qui a reçu un excellent accueil critique.

DM2Le Top 5 de M. J.A. : Toujours amateurs de films d’action, de blockbusters et d’humour, M. J.A. nous propose une liste plutôt testostéronée.

1. Despicable Me 2 by Pierre Coffin and Chris Renaud

2. Elysium by Neill Blomkamp

3. Man of Steel by Zack Snyder

4. Star Trek: Into Darkness by J. J. Abrams

5. Now You See Me by Louis Leterrier

I hated Desolation of Smaug by Peter Jackson, it could have been so good but the High Frame Rate and 3D just kills it for me.

Wish I had seen Bullet to the Head by Walter Hill.

Promised-LandM. JM’s Top 5 ( well 8 or 9, hum 5): This year M. JM is on his own, and his top 5 isn’t a familial but a congenial one.

1. Promised Land de Gus Van Sant

2. La fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau

3. Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer

4. No de Pablo Larrain

5. Lincoln de Steven Spielberg

Remarque générale : il y a eu beaucoup de très bons films cette année, et je regrette ne pas avoir pu mettre The Immigrant de James Gray ou Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa ou encore Passion de Brian De Palma.
Remarque incidente : le titre d’un film que nos petits-enfants apprécieront alors qu’à l’époque tout le monde avait dit que c’était à tort de la daube : Cartel de Ridley Scott !!

Le plus déçu : disons qu’un mauvais film se détache nettement de la somme des mauvais films que j’ai pu voir – malheureusement le mettre dans le top five des pires films des cinq dernières années serait lui faire trop d’honneur, il s’agit de Tip-top, de Serge Bozon, plus prétentieux que la moyenne des films français, et plus vide aussi, il bat à lui seul haut la main plusieurs records et distance de très sérieux rivaux (même si Assayas n’a rien réalisé cette année).

J’ai deux très grands regrets : The Act of Killing de Joshua Oppenheimer et Le dernier des injustes de Claude Lanzmann ; mais je rattraperai cela très vite en dvd – peut-être même qu’un sujet en commun relie ces deux films, je suis sûr qu’ils sont passionnants tous les deux.

ILDLe Top 10 de Miss J : Helloo, heureuse d’être sur ce blog ! Bonne Année ! Après un lent démarrage en janvier 2013 nous a offert des expériences de cinéma jouissives tout comme des désastres innommables. Voici ma liste …

1. Inside Llewyn Davis by Ethan & Joel Coen . The odyssey of a struggling folk musician whose smoldering talent combines with the life-sabotaging effects of (misplaced or justified? hmm) arrogance and stubbornness. Does he need to show greater humility and a sense of compromise to avoid ending up homeless and shivering with just a guitar and some very pissed off exes for company? Or is the philistine, crass world to blame for his dire straits? Llewyn Davis is put through the wringer by the Coen brothers in what’s a blisteringly good watch.

2. Attila Marcel by Sylvain Chaumet. A tender, blackly humorous tale of a mute pianist who finds a weighty family secret pulling his squashed life into new directions and dimensions. Features enviable Proustian substances and a raft of strong characters.

3. La Grande Bellezza by Paolo Sorrentino. The visuals on this are off-the-scale sumptuous. Cinema with a capital C, with a synopsis which on the surface of it did little to inspire me – a loaded aging Roman socialite wafts around town contemplating the Great Novel he never got around to writing – but it’s captivating and makes you want to catch the next plane to Rome, and fail to write a novel there just like he does. Gorgeous, decadent viewing.

4. Sugar Man by Malik BendjelloulThe documentary tale of an obscure American folk musician who could have been as big as Bob Dylan if only fate had decided otherwise – except that he actually was,  in certain far-flung corners of the world – without having a clue, scraping by as a construction worker. A lovely soundtrack, unsurprisingly enough, and it’s a beautifully told, engaging story.

Zulu5. Zulu by Jérôme Salle. A haunting, brutal tour de force of a thriller which explores, amongst other themes, the limits of forgiveness and non-retaliation in post-apartheid South Africa. Forest Whitaker is superb in his role of a police inspector with a horrifying backstory, while Orlando Bloom is also outstanding, spitting out all the frustration of being typecast as the sensitive pretty guy in a ponytail – he’s barely recognisable and his talent’s fully blazing. Purportedly not as good as the novel it’s based on, but I think by and large it got far too rough of a ride from the critics.

6. Wadjda – Haifaa Al-Mansour. Dreaming of getting a bicycle when you’re a 10 year old Saudi girl is not the most fortunate of aspirations – trying to survive religious school for girls is a tough enough call already. Wadjda makes you care, a lot about its protagonist, and is told with the same fire and spirit that its young heroine has.

7. Les Garçons et Guillaume, à table ! by Guillaume Gallienne. This is a wistfully sorrowful, albeit comic autobiographical exploration of its protagonist Guillaume’s gender identity troubles, spanning the actor and director’s early life into adulthood. He manages to be distinctive and honest while avoiding to fall into any grating militancy. Moving and brave.

8. Jimmy P by Arnaud Desplechin. Beautifully acted, simply laid out story of the psychotherapy of a plains Indian – Benicio Del Toro is towering and powerful in his silences and his painful path to figuring out why he seems to have lost his mind in the aftermath of wartime military service.

9. Blue Jasmine by Woody Allen. Many people seemed to be left a little cold by Woody Allen’s latest but it’s one of my favourites ever, far better than that Vicky Cristina Midnight in Paris Euro-slush he’s been coming out with in recent years. Cate Blanchett is spectacular and it’s a razor-sharp exploration of delusion and denial.

10. No Pain No Gain by Michael Bay. Hilarious and excruciating to watch in turn, this is the true life tale of steroid-jacked crooks whose antics become so unbelievable the film has to actually remind you with flashing captions that it’s all – yes, even this part – a true story based on police records.

But that’s not all! This year I also especially liked (in no particular order): The Heat, 9 mois ferme, Don Jon, Last Vegas and Quai d’Orsay.

wolf of wall streetWhat a mess – I do not endorse:

1. The Wolf of Wall Street by Martin Scorsese: yes, it’s very well played, and I even would grudgingly admit fantastic cinema that’s memorable from start to finish, but it’s also completely nauseating and I find it beyond abhorrent that the raging, abject sociopath on whose life this is based is actually cashing in and puffing his sorry chest out, once again, thanks to this movie.

2. The Great Gatsby by Baz Luhrmann: at the risk of appearing to pick on films starring Leonardo Di Caprio and perhaps being a little unfair (because there have been worse movies than this one but they are less worthy of griping about on a blog), The Great Gatsby is a crass, overly bombastic, Jay-Z’d-all over, overhyped turkey. Bloated and crass, particularly when seen right after La Grande Bellezza, which blows it out of the water, with class.

3. The Hit Girls by Jason Moore. Lame. I don’t know what I was expecting, but lame nonetheless.

Wish I’d seen: Mud and Snowpiercer.

AFFICHE-LA-GRANDE-BELLEZZAM. D.’s Top 10: Pretty brave of you to have read until here. Thanks, you are awesome dear Reader! Here’s my list

1. La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino parce que ce film fut pour moi une merveille. La beauté de Rome, l’élégance classieuse et fatiguée de Toni Servillo, l’hommage réussi à Fellini, le montage vertigineux, tout dans ce film est beau et prodigieux.

2. Mud de Jeff Nichols. N’ayant pas vu Take Shelter, on ne peut être que cueilli par le talent de Nichols et sa capacité à mettre en scène la nature, ici le Mississipi, et rendre plus qu’attachants, magiques ses protagonistes. Récit initiatique digne de Mark Twain Mud offre un remarquable équilibre entre action et contemplation.

3. Compliance de Craig Zobel. Huis-clos modeste, quasi documentaire très « Milgramien » sur la docilité, ce film dérange et entre un cinquième et un tiers des spectateurs, mal à l’aise, quittèrent la salle. Très percutant témoignage sur l’ahurissante banalité du mal.

4. No Pain No Gain de Michael Bay. Passé en dessous de la plupart des radars, car ne correspondant guère aux attentes de des fans du faiseur de blockbusters qu’est Bay et trop en décalage pour les amateurs de films d’auteur, No Pain No Gain mérite, à l’instar de Fargo, le respect de la critique. Michael Bay signe son premier et peut-être son unique film personnel en choisissant avec audace le thème de la bêtise. Grotesque, stupide, antipathique, méchant, ce film joue avec la grammaire cinématographique rendue célèbre dans The Rock ou Bad Boys pour un résultat cauchemardesque et hilarant et une critique caustique et grimaçante de l’Amérique et de ses valeurs.

5. The Grandmaster de Wong Kar Wai. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris à cet onirique biographie d’Ip Man, maître de kung-fu légendaire ; peu importe, quelle maestria, quel souffle, quelle grandeur ! Tony Leung et Zhang Ziyi sont irréels de beauté et a-t-on mieux fait cette année en terme de lente (ok très, très lente) élégie ?

9 mois6. 9 mois ferme d’Albert Dupontel. Comme l’écrivait plus haut Mlle Amber, une farce certes, mais quelle réussite ! Sandrine Kiberlain illumine l’écran, les portes claquent, les objets tombent, la caméra s’agite avec brio et Dupontel, enfin, trouve son équilibre entre tendresse et agressivité.

7. Blue Jasmine de Woody Allen. Ce film, dans ma mémoire, s’allie immédiatement à Inside Llewyn Davis des frères Coen : une distribution impeccable, un rôle principal marquant, habité (Cate Blanchett, je t’oscarise avec respect), et une amertume douce qui vous accompagne longtemps lié au désespoir de ne pas être celui, ou ici celle, que l’on a rêvé d’être. Blue Jasmine traite du déclassement, de l’échec mais aussi des illusions dont chacun se berce en suivant la structure modernisée d’un Tramway nommé désir (le drame n’est plus d’être marié à un homosexuel mais à un banquier véreux du genre Madoff) et on aime cette alliance entre ridicule et bouleversant.

8. Sugar Man de Malik Bendjelloul. Documentaire touchant sorti en décembre 2012 mais vu en janvier 2013, Sugar Man fait perler une petite larme devant l’abnégation de son héros, Rodriguez, musicien avalé, essoré, passé à côté de son destin de vedette et redécouvert par l’Afrique du Sud qui, au crépuscule de sa vie, lui offrira un peu de gloire et les concerts qu’il méritait. Ce film réchauffe le cœur et répare une injustice. Pas mal, non ?

9. Wadjda de Haifaa Al-Mansour. Doux réquisitoire féministe, Wadjda égratigne la politique sociale saoudienne et encourage les femmes à s’émanciper au travers d’une petite fille charmante et mutine qui ne rêve que de vélo, dans un pays où ceux-ci sont plutôt réservés aux garçons. Jolie fable courageuse et réaliste.

10. Wolf of Wall Street de Martin Scorcese. Dernier film vu en 2013 entre Noël et Jour de l’An, le très (trop ?) long film de Scorcese renvoie stylistiquement Tarantino à ses études et dresse un portrait extravagant et risible d’un golden boy médiocre et pourtant génial interprété par Leonardo Di Caprio plus histrionique et charmeur que jamais. Ce presque remake des Affranchis présente des gangsters en col blanc avec la même ironie et cruauté que ceux, cols bleus, plus séduisants mais tout aussi idiots et vulgaires, qui jusqu’alors plaisaient tant au maestro américain. Très drôle et très écœurant, ce portrait décadent et très cynique de la haute finance marque au vitriol cette fin d’année.

AdeleLes films que non, vraiment non, n’insistez pas ! : La vie d’Adèle de Kéchiche – ce cinéaste n’est pas fait pour moi – tout est trop long, prétentieux et, en ce qui me concerne, pervers et sale (soyons clair, le regard du cinéaste me gêne, pas l’histoire en tant que telle). Depuis La Graine et le Mulet, je ne m’explique pas la fascination internationale que l’on peut trouver à son travail. Et je pense que Spielberg a récompensé à Cannes le fait qu’on puisse produire un tel film plutôt que sa réalisation ou alors c’était pour avoir le plaisir d’embrasser les deux actrices …

Bling Ring, un film vide sur la vacuité … mettons que le fond correspond trop à la forme. J’en viens à penser que Lost in Translation était un heureux hasard, tant le reste des films de Sofia Coppola m’apparaissent médiocres ou ici abyssalement mauvais.

Enfin, Mariage à l’anglaise de Dan Mazer. On se dit qu’avec le scénariste de Borat, on risque d’avoir une comédie romantique qui déménage et en fait ce n’est pas franchement romantique pas tellement comique (tout ce qui est drôle est dans la bande annonce), et on cumule dans ce mariage anglo-américain les tares des deux pays plutôt que leurs qualités. A fuir.

Film que oui j’aurais bien voulu mais bon, pas pu … la liste est longue mais Cloud Atlas déjà cité, le Transperceneige, Ilo Ilo, Heimat, Shérif Jackson et Möbius ont fait partie de mes plus criants regrets.

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Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson  brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor – an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg – Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck – real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg – a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden – heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry – truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay Roach – Will Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort – a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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2012 in review

Merci, merci pour cette année 2012. Nous tenterons d’être plus présents encore en 2013 avec de nouveaux invités chroniqueurs et tous les anciens qui voudront bien poursuivre l’aventure avec nous.A bientôt pour de nouvelles aventures cinématographiques et critiques.

Nos meilleurs voeux,
Miss J. et Monsieur D.

The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2012 annual report for this blog.

Here’s an excerpt:

4,329 films were submitted to the 2012 Cannes Film Festival. This blog had 51,000 views in 2012. If each view were a film, this blog would power 12 Film Festivals

Click here to see the complete report.

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Holy Motors

In a nutshell: 24 hours, or maybe 24 images for a second in the life of Monsieur Oscar (hint), a man who journeys from one life to the next. Carax explores cinema, and leaves no prisonners. Deranged, fascinating, strikingly unconventional.

On pourrait presque parler du retour du film à sketch dans le cinéma français. Presque. Comique en ce qui concerne par exemple Dujardin, Lellouche et leur bande, dramatique pour Leos Carax et bien plus esthétique et stimulant. A l’arrière d’une limousine-stretch diaphane, roulotte du 7e art, fil blanc de ce film, un acteur, Monsieur Oscar (oui, l’univers caraxien ne fait jamais dans la légèreté), interprété brillamment par l’exceptionnel et assez effrayant Denis Lavant, passe de scène en scène et de rôle en rôle sans plus très bien savoir où le réel débute et où s’achève la fiction.

Une réalité entre perplexité et beauté

Chacune des incarnations successives célèbre le cinéma et prophétise sa fin. Tous les états du 7e art sont convoqués, tous les genres, toutes les époques et avec une forme de mélancolie ludique explorée par un réalisateur inspiré. La beauté plastique de certaines scènes marque et quelques moments de grâce – avec notamment Kylie Minogue – font oublier le ryhtme lent, très lent de l’ensemble et quelques maladresses et lourdeurs (immondes effets spéciaux pour révéler un incube et sa rencontre érotique avec une souple succube ou encore la scène finale). Carax  nous plonge dans un monde de références multiples si nombreuses, qu’elles peuvent parfois étouffer ; mais sur une ligne fine flirtant avec la poésie et le ridicule, il réussit souvent à nous sidérer.

Entre miracle et vacuité, hermétisme et brio, humour et grandiloquence, Holy Motors stimule et interpelle, faisant de la vision de celui-ci une expérience singulière parfois déconcertante à conseiller.

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Rentrée, nouveauté et casserole

Franglaisreview en est à sa quatrième saison comme on dit dans le monde des séries télévisées et s’honore d’avoir eu au moment où j’écris ces lignes plus de 50’000 visiteurs dont certains sont même cinéphiles et non pas à la recherche de photos dénudées, de clips pornographiques ou du programme économique de Mitt Romney, car on trouve de tout sur ce site, sauf peut-être un programme économique de quelque candidat que ce soit.

Quoique …

Nous nous réjouissons de reprendre nos critiques, espérant, comme chaque année, que la pause estivale passée nous réussirons à tenir le rythme et que nous pourrons publier régulièrement chroniques et critiques des nouveautés cinématographiques de 2012 et 2013.

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, un petit cadeau de Mlle L.

Pour vous remercier de votre amitié et votre fidélité, ou alors pour tester vos limites – je ne suis pas bien sûr – notre complice et co-critique Mlle L. a décidé de vous proposer un objet cinématographique qui, nous l’espérons, vous réjouira, mais qui, quelle que soit votre réaction, interdira désormais à ses participants toute carrière publique.

A vite, sur Franglaisreview !

Miss J. far too shocked to be able to write anything will just say “keep reading Franglaisreview!” …

“Some of us have jobs, you know!” …

“Now, I’m lost!!!”

‘Tis now on the record.

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We Bought a Zoo / Un nouveau départ

En résumé : Acquérir un zoo peut servir de nouveau départ pour une famille après un deuil difficile. Et pourquoi pas ? Ce film a la capacité d’émouvoir et faire sourire, mais il se perd trop souvent dans le melodrame.

Some days, a good dose of wildlife, even if it is on the big screen rather than face-to-face, can do a world of good to the morale. Today was just one of those days, thanks to Cameron Crowe’s latest production, an adaptation of Benjamin Mee’s autobiography, We Bought A Zoo. I much prefer this title to the bland French version – A Fresh Start – although I suppose the French version smacks a little less of spoiler alert. But yes, in this film Matt Damon plays the recently widowed Benjamin Mee, and ends up buying a zoo in a bid to help cheer up his  fourteen-year-old son and much younger daughter.

It’s quickly clear that the family are in for a bumpy ride. Benjamin’s moody son Dylan (Colin Ford) isn’t too impressed at being stuck out in the sticks with only grumpy bears, tigers and other magnificent flesh-eating creatures for company. Moreover the zoo is a money-draining dilapidated mess, as Kelly Foster (Scarlett Johansson), harried zookeeper extraordinaire, is at pains to point out. Just to add to the fun, a crazed zoo inspector is chomping at the bit to get the whole place permanently closed down.

A roaring success?

Beyond the wildlife riff, this is primarily a muse on bereavement and how families handle it. While there are fortunately some decent comic moments to leaven things out,  it’s psychologically heavy-handed stuff, not least thanks to a somewhat overwrought soundtrack. Things get especially hard-going once a shall-we-or-shan’t-we-have-it-put-down dilemma involving an elderly tiger is transformed into a desperately unsubtle analogy for Benjamin’s difficulty in letting his wife go.

The motley crew who run the zoo were both strange and somewhat two-dimensional. They often reminded me of the happy-go-lucky crew of Aardman’s latest animation, The Pirates, only minus ham nite. Notably the film’s Scottish character (Angus Macfadyen) is perplexingly overblown in his whiskey-swilling buffoonery, and only mildly entertaining. The goofy way the zoo’s staff were told to act serves as a bumbling halfway house between the zoo animals’ eye-candy role, and Matt Damon’s existential angst-fueled furrowed brow-fest.

Furrowed brow: Exhibit A

It would, I fear, be a tad heartless not to tip my hat to the film’s sensitive depiction of bereavement, not to mention the real family’s experience on which the film is based. It’s great to know that their zoo is still going strong – and now has an order of giraffes on the way! Ultimately, while sweet and entertaining,  it all frequently descends into stodge, weighed down by melodramatic, vaguely overwrought, albeit fluffy wholesomeness.

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The Oscars 2012

En résumé : C’est la saison des prix, et le roi d’entre eux, Oscar, s’est arrêté brièvement sur notre blog pour cette 250ème intervention électronique. Mille mercis ô lectrice, et toi itou sympathique lecteur, de venir et revenir soutenir nos efforts et découvrir nos critiques et celles de nos amis. Rien à dire vous êtes superbes, revenons à notre ami doré, sans être staphylocoque, et nos prédictions pour savoir dans quelles mains il finira la soirée.

It’s our 250th post, we feel very proud, and would like to take a moment to thank everyone from our guest critics to our (almost) 22’000 visitors, who albeit quickly clicked on or through our blog.

When feeling this grateful, when suddenly you kind of want to call your parents and thank them, embrace your children and hug your friends, you are either quite drunk or the Oscars’ bug caught you …

It must be the bug since these bottles of whisky are empty!

To salute “The Artist” and wish good luck to our new national treasure Jean Dujardin, here come our predictions for the Oscars. We shall try to be Crystal (see the video below) clear and make a difference between who we think will win and who we would love to see winning. Yes, I know, it’s a silly game, one of frustration, but it’s Sunday and let’s be fair you are procrastinating yourself as you are reading this delightful prose.

Let us start with Best Documentary, Pina has my vote as I loved Wim Wenders’ latest opus, but I believe American football has more chance than interpretative contemporary dance and the Academy will award Undefeated.

Other contenders :  Hell and back again, If a tree falls, Paradise Lost 3 : purgatory

Best foreign language film: A Separation by Farhadi, Iran, it should win and will win if there is any justice. It is, I believe, head and shoulders above the other movies. You go Asghar !

Other contenders : Bullhead, Michael R. Roskam (Belgique), Monsieur Lazhar, Philippe Falardeau (Canada), Footnote, Joseph Cedar (Israël), In Darkness, Agnieszka Holland (Poland).

Best animated film: Rango should prevail, which is a shame, but the beautifully done Kung fu Panda 2 and Puss in Boots don’t seem to have the added quirkiness that could convince the voters. Une vie de chat and Chico and Rita – the latter would get my vote -, seem too much of a long shot.

Parlons scénarios …

Pour la meilleure adaptation la tâche est difficile, si ma préférence va à l’exceptionnel travail de feue Bridget O’Connor et Peter Straughan pour Tinker, Taylor, Soldier, Spy (La Taupe), il semblerait que  The Descendants d’Alexander Payne, Nat Faxon et Jim Rash ait la préférence des Américains, suivi éventuellement par Moneyball de Steven Zaillian et Aaron Sorkin, abonnés à cette récompense.

La Couleur des sentimentsLes marches du pouvoir et Hugo ne semblent pas pouvoir créer la surprise.

Le meilleur scénario original offre un choix plus ouvert encore même si Woody Allen est annoncé favori pour Midnight in Paris. Il ne serait guère étonnant de voir récompenser The Artist de Michel Hazanavicius,
Bridesmaids d’Annie Mumolo et Kristen Wiig, Margin Call de J.C. Chandor ou encore Une séparation d’Asghar Farhadi vers lequel mon coeur penche.

In a category replete with clever scene stealers, fascinating actors and actresses will hope to bring home the golden statuette.

The Best Supporting Actress will go to newcomer Octavia Spencer in The Help. Her character, the gravity, the humor of her part will convince the Academy, and the legacy of the civil rights era won’t hurt.

A strong contender would be the hilarious Melissa Mccarthy in Bridesmaids, but my vote goes to the marvelous Jessica Chastain, for everything she’s done this year from The Help, to The Tree of Life. Bérénice Bejo in The Artist and Janet McTeer in Albert Nobbs have all my sympathy.

Best Supporting Actor : Well, it’s Christopher Plummer’s year, isn’t it for his lovely part in Beginners. I can’t really imagine this one escaping the veteran actor. Kenneth Branagh, My Week With Marilyn, Jonah Hill, Moneyball, Nick Nolte, Warrior, and Max von Sydow in Extremely Loud & Incredibly Close don’t seem to have much of a chance. I really liked Nolte, though.

Plus qu'un acteur, un 'meme' (cf. http://jeansleepingonpeople.tumblr.com/)

Best Actor : This should be an interesting mano a mano between Jean Dujardin in The Artist and George Clooney, The Descendants, I’ll cheer for Dujardin, who should get it, but I have to underline how much I loved Gary Oldman in Tinker, Taylor … Demian Bichir, A Better Life,  and Brad Pitt, Moneyball, are also nominated.

Best Actress : it looked like a shoe-in for the new face of the Iron Lady, the incredibly talented Meryl Streep. But being the most Oscar-nominated actor of all time won’t suffice and Viola Davis in The Help is the official predicted winner. Glenn Close comes third for her part in Albert Nobbs. Rooney Mara, The Girl with a Dragon Tatoo, and Michelle Williams, A Week with Marylin, might create a surprise but probably more with their choice of dress than with a win. Though I loathed the movie, I support Meryl!

Et finalement, last but not least, les deux catégories reines :

Meilleur réalisateur : Difficile d’imaginer Michel Hazanavicius (The Artist) repartir bredouille après avoir séduit l’ensemble des Etats-Unis et récolté tous les prix de  réalisation dont celui de la guilde des réalisateurs américains … Scorcese (Hugo) peut avoir un espoir, mais il n’a jamais été très apprécié, en tout cas très récompensé par l’Académie et son film, officiellement pour enfants, risque de détourner quelques votes. Woody Allen (Midnight in Paris), Terrence Malick (The Tree of Life) et Alexander Payne (The Descendants) n’apparaissent pas dans les pronostics des connaisseurs.

Constatons que tous les films de ces excellents réalisateurs font preuve de grande nostalgie, sur ce critère uniquement (et avec un rien de patriotisme) je choisirai Hazanavicius et espère qu’il rapportera le brillant petit athlète à Paris.

Pour le meilleur film, toute la France (et nous aussi) attend le couronnement de The Artist, ce qui permettrait au film d’achever un grand chelem historique et qui restera probablement unique dans l’histoire du cinéma. Le système de vote des Oscars favorisant le consensus, ce sont les films les plus rassembleurs, pas forcément les plus enthousiasmants ou les plus originaux, qui l’emportent : The Tree of Life devrait donc faire de la figuration, tout comme l’excellent Moneyball. The Help, Extremely Loud & Incredibly Close et War Horse peuvent rassembler les spectateurs, démontrer quelques qualités mais ne sont sans doute pas à la hauteur.

The Descendants, Hugo et Midnight In Paris ont une chance, minime pour les deux derniers, mais existante, il reste néanmoins plus que probable que le Hollywood de 1920 plaira plus qu’un froid Hawaï au Hollywood de 2012.

En espérant que nos pronostics vous auront amusés … nous vous laissons avec un enthousiaste jeune réalisateur :

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The Tree of Life

In a nutshell: Some movies of 2011 have been seen and are still awaiting their reviews. Brace yourself, here comes the Palme d’or, no less, the both sublime and embarrassing latest work of the legendary Terrence Malick: The Tree of Life.

Le temps passe, le temps passe et on ne sait quand écrire. Certains films nous ont échappé avant le 1er janvier, shame on us, mais nous allons essayer de rattraper notre retard. A l’instar des deux ou trois précédentes critiques de votre serviteur, il va y avoir du mou dans la corde mais n’écrit-on pas dans les saints hadiths que selon le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) les actions doivent être d’abord jugés par leurs intentions. Alors, Terrence, cher Maître, accroche-toi à ta palme, pas sûr que tu reconnaisses ton film, l’un des plus saillants, des plus médiatisés de l’année tout juste passée.

La grâce ! (La volonté de puissance viendra plus tard).

Deux proches dont je respecte l’opinion et le goût, bref des êtres d’élite tout comme vous chère lectrice (et vous un peu aussi ami lecteur) ressortirent chacun de leur côté tellement enchantés de The Tree of Life qu’il eût fallu être bien sot pour ne pas se sentir intrigué. C’est accompagné de la première d’entre eux, partante pour une nouvelle séance, que nous allâmes, Miss J. et moi, nous confronter à la Palme d’or cannoise de l’année 2011.

Emerveillement et déception devant cette imposante (ronflante?) fresque familiale et universelle aux accents grandioses. Malick, virtuose de l’image, propose des séquences époustouflantes de beauté, mais en choisissant un récit éclaté et un ton de prêcheur susurrant. Il dilue sa poésie dans un mysticisme alambiqué et une non-narration terriblement longue. J’ai donc été tout d’abord renversé par sa sublime ouverture, si magique, si magnifique que j’ai tout aimé jusqu’aux dinosaures – car il y a brièvement des dinosaures, dont un magnanime -, pour ensuite être assez agacé par les chuchotements pénibles de Sean Penn et la lourdeur philosophique un rien absconse de la métaphore malickienne.

Etre Sean Penn : un destin

L’homme (ici un jeune garçon qui deviendra Sean Penn, il y a pire destin) y doit, après la mort de l’un de ses deux frères, trouver le juste milieu entre nature et culture, grâce et volonté de puissance, paix et violence, mère (Jessica Chastain à tomber de beauté) et père (Brad Pitt, intense et magnétique) sur une musique classique tonitruante (dont le Lacrimosa de Preisner). Le réalisateur pour ce faire revient à la création du monde afin de nous aider à mieux comprendre que ces deux forces s’affrontent depuis toujours. Et je vous rappelle que dans la tradition judéo-chrétienne, ce genre de création prend bien six jours, et c’est ce que vous ressentez dans votre fauteuil. C’est monumental, entre les hauteurs de l’Everest et le pompier d’un buste mussolinien.

Toute réaction est compréhensible pour ce film, de l’enthousiasme le plus absolu (sans doute lié à la déshydratation tant c’est long) jusqu’à la détestation la plus totale (peut-être lié au bail qu’on vous oblige à signer à l’entrée) car on y trouve de tout, moments embarrassants comme instants glorieux. Panache d’un projet original et ennui devant une baudruche métaphysique esthétisante … déception et émerveillement. Pour moi le premier sentiment prima sur le second, je le déplore mais espère, espère, sans doute un peu en vain, d’autres Moissons du Ciel et que Malick le funambule reste sur sa Thin Red Line plutôt que de chuter dans le Nouveau Monde d’un Thoreau pour les snobs ou d’un Heidegger pour les nuls.

En résumé :  Ce film de Terrence Malick m’a laissée complètement froide.

Terrence Malick’s Tree of Life pretty much polarized critics at Cannes last year, where it won the Palme d’or. There were boos and cheers in equal measure after the screening, and we were certainly intrigued to go and find out what all the fuss was about. I’m afraid I was one of the people who really couldn’t understand what the point of the whole ridiculously long venture was. Some kind of overarching metaphysical directorial ambition was at stake apparently, but all I can (vaguely) remember was a grating narratorial whisper, some spectacular but gradually tiresome cinematography, and some characters (Brad Pitt et al) struggling to come to terms with small to giant sized disappointments in their lives. I’m happy for anyone who did find it momentous and stirring cinema, however.

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Top 10 – 2011

In a nutshell: For a third consecutive year, this blog lives! How cool is that?  As it’s tradition now we shall look back on 2011 and celebrate the movies we enjoyed the most. Since it wouldn’t be fair to forget our dear friends and contributors who helped us so much in maintaining this blog and providing new reviews when schedules are tight and movie theatres are packed so we can’t get in, they shall start with their Top (hum) 5 – most of them cheated -, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t.

Let the party begin – and happy New Year to you, dear reader!

Avant toute chose : Belle et Heureuse Année à Vous, Lectrice Aimée, et mes meilleurs voeux aussi pour toi sympathique lecteur, que 2012 vous apportent bien du bonheur.

Tout comme l’année dernière nous avons rassemblés nos forces, c’est à dire celles amicales et bénévoles de nos critiques invitées et leur avons demandé de nous fournir leur top 5 de leurs films préférés de cette année 2011. Chacun de nos bienveillants contributeurs nous a envoyé ses choix selon ses goûts et ses dégoûts. Certains sont commentés, d’autres nettement moins, ainsi s’expriment les différentes voix de franglaisreview. Les nôtres concluront l’exercice.

A tout seigneur, tout honneur, Mlle L. présente sur tous les fronts et sur trois continents nous donne, en plus des ses découvertes à 3€, son top 3, parce que 5, cette année c’est un peu trop.

Top Five des films vus au cinéma et qui sont sortis en cours d’année 2011 et que j’ai vraiment aimé et que c’est mission impossible d’en trouver cinq parce que sans blague cette année j’étais beaucoup aux Etats Unis et comment voulez vous que je fasse, alors du coup j’en ai que trois mais c’est vraiment en faisant tout mon possible, je vais quand même pas mettre Captain America dans mon classement, tu parles d’une daube ! :

1. Drive de Nicolas Winding Refn

2. The Killing Jar de Mark Young

3. The King’s speech de Tom Hooper

Mon top 6 de regrets terribles que j’ai pas pu les voir et que ça me rend très malheureuse et qu’en plus y en a beaucoup d’autres que j’ai ratés mais il faut bien faire un tri déjà que je respecte pas les consignes, mais que si ces films étaient passés dans le pays de blaireaux où j’étais cloitrée ben mon top five aurait eu plus de gueule, sauf que là j’ai pas pu les voir alors évidemment :

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal ; Hara Kiri de Takashi Miike ; The Artist de Michel Hazanavicius ; Harry Brown de Daniel Barber ; La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy ; Habemus Papam de Nanni Moretti.

Ma plus grosse déception que je suis pas contente et que ça aurait dû être génial et qu’en fait c’était tout mou et mal foutu et décevant et c’est pas du boulot: True Grit des frères Coen.

Bien sûr, il y a aussi les films dont on m’a rebattu les oreilles sans répit alors que c’était crâmé dès le départ puisqu’il s’agissait d’énormes daubes (en tête de liste, Black Swan de Darren Aronovsky, parce que RIEN A SECOUER des aventures en tutus de deux casse-couilles qui devraient se contenter de faire égéries Chanel et pas venir m’emm…rder à faire actrices, bon).

Et puis, enfin, un top five des films bizarres en DVD chroniques cette année :

1. Django, prepare a coffin de Stelvio Massi.

2. Danger Diabolik de Mario Bava.

3. Messiah of Evil de Willard Huyck.

4. La Banda del Trucido de Ferdinando Baldi.

5. The Abominable Doctor Phibes de Robert Fuest.

Our fan of entertainment with a bang, martial arts and cool witty one liners, Mr. J.A. followed the instructions to the letter. I love when a plan comes together.

1. Super 8 by J.J. Abrams

2. Suckerpunch by Zack Snyder

3. Crazy Stupid Love by John Requa and Glenn Ficarra

4. X-Men First Class by Matthew Vaughn

5. Midnight in Paris by Woody Allen

The worst movie of 2011 : The Three Musketeers by Paul W.S. Anderson (was there any doubt, after this biting review?)

The movie he most wanted to see but couldn’t: Red State by Kevin Smith

M. J.M., en plus d’avoir presque les mêmes initiales qu’un grand studio hollywoodien a des goûts aussi ambitieux et éclectiques … et des valeurs ! Voici ses choix :

Année étrange, difficile de donner un top 5, car les films marchent par ensembles

En 1, nettement au-dessus du lot : La piel que habito de Pedro Almodovar,

En 2, une errance : Essential Killing de Jerzy Skolimowski,

En 3, trois films, chacun imparfait, mais parfois d’une émotion très intense :

Le discours d’un roi de Tom Hopper ; Habemus papam de Nanni Moretti ; A dangerous method de David Cronenberg

En 4, trois films de genre, vitesse, accélération, vitesse :
X-Men First Class de Matthew Vaughn ; Scream 4 de Wes Craven ; Mission Impossible: Ghost Protocol de Brad Bird

Et pour (ne pas) conclure, ou pour faire une transition, un film de transition (reflet très esthète du film d’Almodovar) : L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Je n’ai pas oublié les catégories regret ou déception de l’année, mais mon tempérament ne me fait absolument rien regretter du tout et je ne suis jamais déçu par le cinéma ; en effet, je suis un mec positif, en analyse, serein, qui vit et jouit et lit et écrit et pense et rêve et voit au présent ; de telles catégories sont des réflexes de loser, certainement socialistes, soit dit en passant ; en outre, ce n’est pas une catégorie plus ou moins anonyme et en tous points conformiste qui me donnera le moindre ordre

Je n’ai pas vu Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, mais je crois que ce sera facile de rattraper cet oubli.

Déception : je ne sais pas, disons Hugo Cabret de Martin Scorsese, mais je n’en attendais rien

Surprise (voilà un terme positif et vivant, un peu fou, qui nous place dans le bonheur de l’instant présent) : L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz, que j’aime vraiment bien. En plus je n’ai détesté aucun des films français que j’ai vus cette année – voilà, au moins, les véritables valeurs peuvent se transmettre.


And then comes our international woman of mystery, the discreet but ever present Mlle CTP who sees more movies a day than there are hours. Her favorite 5 (well 6) are the following :

1. L’Apollonide de Bertand Bonello

2. Drive de Nicolas Winding Refn

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

4. La Piel que habito de Pedro Almodovar

5 (et 6). Tomboy de Céline Sciamma et Meek’s Cutoff de Kelly Reichardt

Estimant que les documentaires méritent une place à part, elle ajoute en sélection parallèle : The Ballad of Genesis and Lady Jaye  de Marie Losier et La nuit elles dansent de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault.

Elle a raté Dernière Séance de Laurent Achard, Essential Killing de Jerzy Skolimowski (mention spéciale pour la ressortie de Deep End cette année !!) et Hors Satan de Bruno Dumont.

Sa plus grande déception ?  … eeeeuh, The Tree of Life de Terrence Mallick (ils avaient fumé des gros bouts de moquettes à Cannes ou ils avaient tous des regrets new-age ?) et Poulet aux prunes de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.

Mlle Clara clôt avec sa prolixité souriante habituelle les classements de nos reviewers amis. Voici les films qui ont retenu son attention :

1. Le Gamin au vélo des frères Dardenne

Je pensais être fatiguée de leurs films, de leur univers qui me paraissait un brin répétitif, et puis, paf ! un gros coup de poing dans la figure ! Quelle force, quelle intensité, quelle maestria dans la mise en scène, dans la direction d’acteur. On en sort avec l’impression que seul le cinéma peut produire cet effet-là. Chapeau bas !

2. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Grand moment de cinéma à la Semaine de la critique, avec l’intensité de la première projection cannoise. Un sujet délicat, traité avec la force de l’urgence, la témérité d’une réalisatrice qui ose des choses risquées en s’en sortant brillamment – miracle de la grâce. Un film sur une maladie mortelle, dont on sort bouleversé et plein d’envie de vivre.

3. La Piel que habito de Pedro Almodovar

Quel étrange cerveau que celui de Pedro Almodovar… Comme avec les Dardenne, on croit qu’on est saturé de ce cinéaste à l’univers si cohérent, et puis, non ! On reste surpris par l’intelligence de sa mise en scène (la scénographie de la maison, l’esthétique de la chambre de la recluse), la folie de ces histoires d’identités sexuées chamboulées… Surpris enfin par son audace dans le mélange des tonalités, le grotesque et le sublime mêlés – très hugolien Almodovar, tiens ! Oui, cette façon qu’a Almodovar de mélanger la tonalité mélodramatique qui fait monter les larmes aux yeux, et le grand guignol qui fait éclater de rire : unique ! La référence aux Yeux sans visage en arrière-plan, si glaçante, si prégnante, est aussi une belle chose…

4. Une séparation de Asghar Farhadi

Révélation pour moi d’un cinéaste dont je suis allée après coup découvrir les films précédents, tous beaux, même si je préfère encore Une séparation. Bon, beaucoup a été déjà dit sur ce film haletant, à la direction d’acteur géniale, qui nous fait pénétrer dans cette société iranienne tellement intrigante vue d’ici…

5. Melancholia de Lars von Trier

Si j’avais envie d’aimer The Tree of life (raté !), je n’avais pas du tout envie d’aller honorer ce personnage idiot de Lars von Trier après ces débiles frasques cannoises. Mais bon, la curiosité fut trop grande. Et voilà, dès le prologue, j’ai été prise ! Ici, l’ambition métaphysique, les liens établis entre l’infini grand de l’univers et l’infiniment petit de nos affaires humaines dérisoires vus de Sirius, tout cela fonctionne et émeut, jusqu’à l’acmé final qui m’a cloué dans mon siège, knocked out. Les images et les questions soulevées par le film ont continué au-delà du visionnage de me hanter…

M. D et Miss J ont demandé un top five, mais c’est un peu juste, alors voilà pour le reste des révélations 2011 de votre serviteur.

The Artist de Michel Hazanavicius et L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller.

Et puis encore : Shame de Steve McQueen, Drive de Nicolas Winding Refn, Tomboy de Céline Sciamma, Impardonnables de André Téchiné, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, My little princess de Eva Ionesco, Habemus papam de Nanni Moretti et L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Là en revanche ce ne sera pas le pied

Mes trois plus grandes déceptions furent

1.The Tree of life de Terrence Mallick, parce que j’en attendais beaucoup et que j’avais envie d’aimer ce film ambitieux ; or impossible pour moi supporter le côté pompier des images, la dimension prêchi prêcha du message (« God, you took my son, he’s dead, it’s fine, take him, he’s yours ! » : Beurk !).

2. Carnage de Roman Polanski: autre déception d’un réalisateur dont j’attends forcément beaucoup. Pas seulement parce que Carnage est un petit film, mais aussi parce que sa misanthropie et sa misogynie m’ont semblé vaines. Et plus encore, son côté règlement de compte avec la gauche-américaine-politiquement correct-droitdelhommiste m’a paru mesquine.

3. Tintin de Steven Spielberg: encore un cinéaste dont on peut attendre beaucoup (enfin, à l’exception des fins). Impossible pour moi de supporter cette agitation de jeux vidéos, cette débauche d’effets, de caméra mouvante pour le mouvement, ce rythme frénétique sans le moindre répit. Résultat : la gerbe. Désolée !

Enfin voici le temps des regrets, dans ma bonne ville de Nice n’ont pas encore été programmé : L’Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira, Dernière séance de Laurent Achard, le dernier film de Bela Tarr, le cycle Welcome in Vienne d’Axel Corti, Donoma, Honk … J’ai aussi raté : Incendies de Denis Villeneuve et Hors satan de Bruno Dumont.

A tout ceci s’ajoute un message personnel, une épiphanie :

Cette année 2011 m’aura donné la joie de découvrir (tardivement, puisque j’aurai pu, dû, les débusquer avant) deux acteurs qui ont plus que titiller la midinette qui est moi. Rien de bien original, puisque la toile bruisse des noms de ces deux phénomènes, de ces deux créatures au sex appeal maximal mais aussi acteurs émérites dont on a envie de suivre la trajectoire future. J’ai nommé, évidemment, Michael Fassbender (mon prem’s) et Ryan Gosling. Merci d’exister les gars, et si vous lisez ce blog génial, vous pouvez écrire aux rédac chefs pour récupérer my phone number.

And now here’s…

Miss J’s top 10 for 2011:

…. I shall try to be reasonably concise.

1. Habemus Papam (Nanni Moretti) – sparklingly absurdist, compelling viewing as the Pope has a meltdown.

2. Pina (Wim Wenders) – a fine tribute to one of the twentieth century’s great choreographers.

3. Tyranosaur (Paddy Considine) – a powerful and moving drama that transcends clichés of victims and persecutors.

4. Le Havre (Aki Kaurismäki) – a touching, uplifting film about generosity and solidarity.

5. La Fée (Dominique Abel) – original and offbeat in a great way, who wouldn’t want three wishes from the fairy of Le Havre?

6. The King’s Speech (Tom Hooper) – an impeccably polished exploration of performance anxiety.

7. Moneyball (Bennett Miller) – another of those sports movies that digs down to lots of interesting universals.

8. Intouchables (Eric Toledano) – two ‘untouchables’ help each other back to life in the French comedy of the year.

9. Le Cochon de Gaza (Sylvain Estibal) – bittersweet comedy with dark satirical undertones and a storming performance by a pig.

10. The Sound of Noise (Johannes Stjärne Nilsson and Ola Simonsson) – audacious musical mayhem.

Miss J’s top three popcorn movies of the year:

 1. Rio (Carlos Saldanha) –  Feel-good music, bright sunshine, great animation, strong storyline – the perfect mood-lifter!

2. Friends With Benefits (Will Gluck) – sit back, unplug brain, smile and crunch popcorn.

3. Mission Impossible 4: The Ghost Protocol (Brad Bird) – far, far funnier than expected and as high energy as it comes.

Miss J’s top three ‘kill me now’ movies of the year:

1. The Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog) – very much wanted to care, but it was SO DULL.

2. The Lady (Luc Besson) – ugh, the soundtrack. Just thinking about it makes me want to retreat to a darkened room and whimper.

3. Hereafter (Clint Eastwood) – excruciatingly bad. As invigorating and engaging as drying paint.

Finally, three films I regret missing so far: The Artist, La Guerre est déclarée, We Need to Talk about Kevin.

Et si vous avez eu le courage d’atteindre le bout de cette page, voici le classement de mes films préférés vus en 2011, et si j’en crois ces résultats, ce fut une année durant laquelle j’ai eu besoin de rire.

1. Pina de Wim Wenders – parce que le travail d’une chorégraphe extraordinaire filmé par un réalisateur de talent crée des étincelles jusque dans l’âme

2. Habemus Papam de Nanni Moretti. Michel Piccoli est grand, beau, touchant, Moretti est caustique et tendre et la comédie vaticane subtile, j’en reveux.

3. Une séparation de Asghar Farhadi. Les acteurs sont à tomber tant ils ont la grâce, le réalisateur impressionne, l’histoire de ce divorce n’est jamais manichéenne et est universelle.

4. Tyrannosaure de Paddy Considine. Parce que Dinard recèle des pépites de cinéma britannique avec des morceaux de bravoure dedans, parce que ce drame social est puissant, percutant, émouvant et les acteurs dignes des plus beaux éloges

5. The Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson. Haletant, drôle, original et musical, que dire de plus !

6. The Trotsky de Jacob Tierney – parce que ce film hégélien a été fait pour moi, que l’histoire se répète toujours deux fois, que la seconde est une farce et quelle farce ! Et j’ai parfois la nostalgie de Montréal.

7. La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Poétique et clownesque au sens le plus noble.

8. Le Discours d’un roi de Tom Hooper – parce que ce film tout classique et conservateur qu’il est a du souffle, que Colin Firth y est magnifique, et que ce conte de fée royal m’a séduit.

9. L’Irlandais de John Michael McDonagh. Des acteurs superbes, des répliques qui font mouche, une caméra nerveuse enthousiasmante, LA comédie policière de l’année !

10. Intouchables de Eric Toledano & Olivier Nakache. Ce classement est clairement un hommage aux comédies (vues en 2011), et Intouchables réussit si bien dans l’art ô combien difficile que de faire rire, que l’on est tenté d’aller le revoir pour savourer pleinement les plaisanteries alors masquées par l’hilarité des salles. En plus, un film qui offre un podium à un handicapé moteur, un oeuf Fabergé et Omar Sy méritent qu’on le remarque.

Les trois films qui m’ont déçu ne seront pas en tant que tel les pires films de 2011, enfin pas forcément. Trop facile de dégommer un film de Christophe Honoré, Hollywoo ou Les Immortels. Toute personne qui avait un espoir en entrant dans la salle se mettait d’avance le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et pas évident avec un coude dans l’orbite de se concentrer sur l’écran.

Ainsi, là où mes espoirs furent déçus, piétinés, coupés en morceaux, noyés puis pendus :

1. Incendies de Denis Villeneuve. Une histoire absurde, ca veut faire renouveau de la tragédie grecque et ça n’est que fantasmes adolescents lourdauds et exotiques (parce que si le Liban, ou même le Moyen Orient c’est ça …) je reste encore incrédule que tant de gens que j’apprécie aient aimé ce film.

Behold the lamb de John McIlduff. Raté, tout simplement raté.

3. The Tree of Life de Terrence Mallick, qui n’est pas un mauvais film, mais tant de beautés pour tant d’ennui, je n’ai rien contre les dinosaures ni les métaphores filées, mais tout cela m’est apparu assez vain.

Enfin trois films manqués, “flûte”, mais nos chroniqueurs en disent tant de bien que s’éveille une certaine curiosité, alors espérons qu’un jour, si les Mayas nous en laissent le temps …

  1. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
  2. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
  3. La piel que habito de Pedro Almodovar.

Bonne année à toutes et tous ! Happy New Year et vivent les milles visages du cinéma.

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La Source des femmes

En résumé: Les femmes d’un village entre l’Afrique du nord et le Moyen-Orient font la grève de l’amour pour essayer de convaincre leurs maris daller chercher l’eau à la source en haut de la montagne à leur place. Film un peu lent, où la caricature n’est jamais loin, qui est également drôle et souvent réjouissant.

La Source des femmes is the work of Radu Mihaileanu and Alain-Michel Blanc, the directorial and scriptwriting team behind Le Concert. This time they have left the angst-ridden former Bolshoi ballet behind for an anonymous village somewhere between North Africa and the Middle East, where trouble is afoot. Drought has been blighting the region for a decade, and lazy infrastructure development means the only source of water is small conduit high up in the hills. While the village’s largely unemployed men put their feet up, it’s the women – as tradition dictates – who hoist themselves huge distances to fetch the water. This is exhausting at best and miscarriage-inducing at worst.

Leila, played by the lovely Leïla Bekhti (for one of the most emotional acceptance speeches ever see here), is a newcomer from the south who has married for love, and acquired the mother-in-law from hell for her trouble (Fatima, played by Hiam Abbass). Luckily, she also has a sweet sister-in-law, Loubna Esmeralda (Hafsia Herzi). Leila’s particularly disgusted at what the village’s women have to endure. The grande dame of the village, ‘Old Pistol’ (Biyouna) urges the village’s women to agree when Leila calls for a ‘love strike’ to change their men’s minds about the water situation if they ever want to have sex again.

More than just water is hanging in the balance

As the strike kicks in, some of the village’s men resort to beating and raping their wives, while others such as Leila’s schoolteacher husband Sami are much more conciliatory, although the pressures on the women to capitulate are still immense. When some of the women waver owing to their husband’s brutality, Old Pistol asks them how they ever hope to stop their husbands treating them like cattle if they give up, and if they think that their husbands will love them any more if they continue to accept their violence. The answer being no, the strike escalates.

There are some very warm, entertaining moments, such as when some oblivious tourists are shown around the village for a fee and treated to a traditional performance where the women begin to pepper their singing with criticisms of their husbands’ heartlessness, while the men are forced to continue clapping along with increasingly forced smiles on their faces. There are warm and spirited performances from the actors, and although the film takes a pace that often felt too sluggish for me, it’s uplifting to watch the women making increasingly effective strides in their fight for respect and greater equality. There’s a bit too much typecasting swilling around in the mix, and it’s yet another of those films whose trailer takes care to highlight most, although mercifully not all, of the major plot developments.

A possible breakthrough: village man offers to pour own tea

I did often find myself regularly wanting to punch a wall thanks to the sheer dolt-headed bloody-mindedness of many of the village’s men in the film – the ‘next they’ll be wanting washing machines’ line of argument went down particularly well. I could feel the strings being pulled though, and resented that for its heavy-handedness. But I was far from sorry for having gone, and am now left with increasingly positive memories of this warm and, at times, gently humorous film.

http://www.lasourcedesfemmes.com/

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