Category Archives: Comedy

Quai d’Orsay

Quai d'OrsayIn a nutshell: How is it to be the speechwriter of a larger than life French Minister of Foreign Affairs? Both confusing and extremely funny, as you’ll know if you’ve read Lanzac and Blain’s eponymous graphic novel, or as you’ll find out if you discover Tavernier’s (rather too) slapstick adaptation of this highly charming, whimsical farce.

“Tourbillon est roi” écrivait Aristophane, qui pourrait être parrain de ce joyeux ministère. Abel Lanzac (ou plutôt Antonin Baudry puisque celui-ci a rendu public son patronyme) et Christophe Blain ont en 2010 et 2011 séduit un large public en narrant les mésaventures d’Arthur Vlaminck devenu plume de Taillard de Worms (ou de Vorms dépendamment des versions), flamboyant ministre des affaires étrangères. Toute ressemblance avec le cabinet de Dominique de Villepin ne serait nullement fortuite puisque Baudry y a tenu le rôle de Vlaminck il y a plus de 10 ans. Drôle, enlevée, intelligente, parfois profonde, la bande dessinée séduisit immédiatement Bertrand Tavernier qui décida d’explorer le travail quotidien de la diplomatie par l’intermédiaire de la comédie.

Exploration physique de la comédie

Exploration (trop?) physique de la comédie

Son film, tout à fait réjouissant, reprend la structure de l’oeuvre originale et adapte plutôt bien le trait et le sens de l’espace de Blain par un usage malin du découpage, du cadrage et de la gestuelle des acteurs. Thierry Lhermitte compose avec talent un énergique ministre léonin, véritable Auguste de ce cirque diplomatique, face à Maupas, clown blanc interprété par Niels Arestrup, directeur de cabinet d’un calme olympien. Le candide Vlaminck (Raphaël Personnaz) découvrira que la vie au Quai d’Orsay n’est pas de tout repos et qu’en plus de trouver le mot juste et la citation adéquate (Héraclite est une valeur sûre), il doit s’adapter à la vie de caserne, ou plutôt celle de bateau d’un grand cabinet. On est – parfois littéralement – les uns sur les autres, on s’éloigne de ses proches et on dort peu, on subit les jalousies et les ragots par calme plat, on serre les coudes pendant les tempêtes, ici fréquentes. Le point d’orgue de ce grand jeu aux lourdes conséquences, un discours devant les Nations Unies pour tenter de gripper la mécanique états-unienne qui devrait mener à la guerre – on se souviendra de 2003 et de l’Irak.

Le grain de sable au bout du doigt

Le grain de sable au bout du doigt

Servi par une excellente distribution, Tavernier brosse avec le sourire un bel univers et crée un intéressant pendant au bien plus dramatique Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller. On constatera jusque dans la mise en scène pourtant burlesque l’importance de la parole, jamais loin de l’incarnation, coeur battant du processus diplomatique. Et l’on ne pourra que regretter que le brio d’Alexandre Taillard de Worms se soit estompé et que la bouffonnerie ait pris le pas sur l’équilibre précaire de la bande dessinée qui hésitait entre génie et folie de cet audacieux politique. Ici, l’impeccable serviteur de l’Etat qu’est Maupas semble diriger avec patience et en dépit de son Arlequin de ministre le grand navire de la diplomatie française. La farce l’emporte, la satire se fait quelque fois pesante ou vaine, la profondeur s’efface. Moins achevé que la BD et quoique Héraclite écrivît déjà que “les ânes préféreraient la paille à l’or”, le film est malgré ses quelques faiblesses une belle réussite et devrait faire votre bonheur, il fit en tout cas le mien.

Quai d'OrsayEn résumé : un jeune rédacteur de discours se débat pour répondre aux lubies politico-philosophiques de son patron, le redoutable ministre des affaires étrangères, Taillard de Worms, dans une adaptation bien réussie de la BD éponyme: Quai d’Orsay.

I can actually feel my fingers creaking as I start to crank out a new review for this poor neglected blog, at long last. As Monsieur D has already discussed, the past year has been quite eventful, and as a result my forays into this blog have, sadly, been almost as rare an event as a llama getting to have a night out on the town. But even that can happen it would seem (at least in Bordeaux), and now here I am, blinking into the white of the computer screen, happy to be back, and not with any saggy old, formulaic,  inflight time-passing excuse of a film, either.

... a film fit for ministerial inflight entertainment.

In Quai d’Orsay, you get to fly with the French government

We were lucky enough to see Quai d’Orsay at an advanced screening at UGC Les Halles as part of a mini-season of avant-premières we put together for ourselves at the kick-off of the rentrée. I came to this second avant-première with some curiosity: would the UGC crowd be as frisky, if not as downright aggressive, as the last lot had been at the start of the yawnsome Elle s’en va (which we may or may not write about)? Would the pathologically ungifted film journalist who appeared to be back again, try once more to ‘spoil’ the film in an ill-advised opening speech to the point of being screamed obscenities at by a large, increasingly angry crowd? Nope.  She kept her head down and muttered just a few words, and everyone seemed quite happy.

Quai d’Orsay is Bertrand Tavernier’s cinematic adaptation of Christophe Blain and Antoine Baudry’s epically satirical bande dessinée of the same name. It follows young graduate Arthur Vlaminck (Raphaël Personnaz), as he knuckles down as a new recruit at the French foreign ministry on the Quai d’Orsay. He’s tasked to make magic by composing rip-roaring political speeches for ‘Taillard de Worms’,  the silver-maned, implacable, Heraclitus-highlighting foreign minister, as France faces up to potential war in the Middle East led by the USA, and the minister prepares his opposition via a showdown against the superpower at the UN. You know…  that minister. Will Vlaminck last the week? Will he even find his office?

This is earth. You know that, right?

“This is earth, Arthur. You know that, right?”

One of the great joys of the BD was the way in which De Worms’ hurricane-esque demeanor is translated onto the page with hilariously crisp visuals, chopping of hands and swooshing of papers. Like an express train, you’re better off getting out of the way – and falling in line with the week-destroying implications of two seconds of fresh instructions from the philosophy-professing political tornado.

Tac-tac-tac-tac! And vlam! De Worms has spoken.

Tac-tac-tac-tac! And vlam! De Worms has spoken.

The physical comedy is transposed impressively well. De Worms is however far more of a buffoon in the cinema adaptation. In the BD there’s room for a certain degree of reverence and awe for his bursts of strategic brilliance, whereas Thierry Lhermite’s version only manages to scrape through his days without abject humiliation thanks to the efforts of his team, and in particular that of his unflappably saintly deputy, Claude Maupas (Niels Arestrup).

I thoroughly recommend the BD and the film, especially for anyone interested in the workings of French political life – and humour. The pacing is brisk, the satire sparkles in both versions although with a somewhat different hue, and you can have a muse, if you feel like it, about the two different interpretations of the minister – the boss from hell or a brush with political genius? There’s little subtlety as to the answer if you ask the film.

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Malavita

malavita1In a nutshell: Besson’s The Family (Malavita) is like a pita: flat, lacking salt and – I suppose – out of place in a movie theatre. Great cast, terrible script unable to set consistently on a tone, lazy camera work … Besson can do much better than that, or can he?

Quelques mots brefs sur un film qui ne mérite guère que l’on s’y arrête mais appréciant Tonino Benacquista et ayant lu avec plaisir son Malavita il y a quelques temps, la curiosité et la distribution étoilée de l’adaptation bessonienne ont eu raison de mon bon sens.

Lui aussi a vu le film ...

Instantané en sortie de salles …

Luc Besson poursuit sa chute aux enfers et ne fait pas mieux que The Lady, pire il cumule les défauts initiaux du roman avec une réalisation plate, une incapacité à choisir un genre (entre la farce noire et la comédie grand public bon enfant) et une igorance flagrante des qualités de l’histoire originelle qu’il a pu adapter. Résultat : incohérences dérangeantes (la moindre d’entre elle consistant à voir les Français parler anglais entre eux), clichés prévisibles fleurant bon le poujadisme et la francophobie, et pour l’humour, il n’est pas lourd mais pachydermique.

Ringard et s’achevant sur une fusillade inepte, Malavita est cependant trop insignifiant pour que l’on se mette vraiment en colère : à voir pour les amateurs de bocage normand, les fans les plus courageux des grands De Niro, Jones et Pfeiffer ou ceux que les plaisanteries graisseuses et molles réjouissent.

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White House Down

White_House_DownIn a nutshell: We are back or are we? Gently coerced by friends and our bad conscience, we are trying to revive this blog one movie at a time. Our first stop, Washington D.C., where gun-toting lunatics financed by the weapon industry take over the White House and destroy the Capitol, proving to Al Qaeda that America does it better. Fortunately for the brash handsome Air Jordans wearing President (Jamie Foxx), a former military hothead (Channing Tatum), now simple security agent at the Capitol, will save the day. Ludicrous, but a guilty pleasure.

Bon, on prend son courage et son clavier à deux mains et on relance la machine ! Si nous n’avons pas cessé d’aller au cinéma, les six (huit ? dix ?) derniers mois ont été si fertiles en événements que la chronique de nos expériences cinématographiques en a été oubliée. Miss J. est devenue Mrs. J. (on la félicite, on l’embrasse, on … on va s’arrêter là), M. D. s’est engagé dans des projets variés, et la vie s’est montrée tumultueuse avec tous, mais pas autant qu’avec le président des Etats-Unis – Jamie Foxx plus Obama que le vrai – et son garde du corps d’un jour, le sympathique et grognon Cale alias Channing Tatum, Bruce Willis du pauvre. Un groupe de vilains terroristes s’empare de la Maison Blanche et souhaite lancer une attaque nucléaire contre l’Iran de manière proactive et régler son compte à un président bien trop colombe pour leur goût. Ils avaient pensé à tout (enfin, il faut le dire vite, le scénario a des béances qu’il serait sans doute impoli de fixer trop intensément) sauf au fait que Cale et sa fille serait en visite organisée et bien décidés à se défendre avec alacrité. Vous connaissez déjà la fin.

Un grand saut

Un grand saut

Que dire en conséquence de ce film carbone d’un carbone, mélange souriant de deux classiques du cinéma d’action The Rock (souvenez-vous de ce remake de “Twilight’s last gleaming” -1976- avec Nicolas Cage, Sean Connery et un grand Ed Harris prenant Alcatraz en otage) et Die Hard (rappelez-vous Bruce Willis rendant la vie du magnifique Alan Rickman très difficile)? Qu’il n’est pas à la hauteur de ses modèles? Certes – même si l’on peut sourire aux reprises plan par plan des scènes d’introduction du méchant (James Woods ici moins convaincant qu’Ed Harris) ou de conclusion, la fille – très tête à claques – de Cale reprenant avec un drapeau la même chorégraphie que Nicolas Cage avec des fusées éclairantes. Mais la mécanique est plutôt bien huilée et l’alchimie des deux acteurs principaux fait suivre sans déplaisir leurs abracadabrantesques aventures.

Alchimie explosive

Alchimie explosive, semble-t-il

On peut ajouter à l’instar de Mr. J.A., qui eut la gentillesse de m’accompagner et qui vous parle de son expérience ci-dessous , que les références multiples à l’actualité et à la politique américaine feront sourire les amateurs. On remarquera enfin qu’il devient de plus en plus compliqué pour Hollywood de trouver des méchants crédibles par peur de vexer ou de subir d’orageuses répercussions économiques. Les vilains sont ainsi de plus en plus locaux ou apatrides, même si l’on peut penser que la Corée du Nord et peut-être l’Iran ont un potentiel intéressant.

En dépit d’un scénario étique, l’art de Roland Emmerich, grand faiseur de film popcorn devant l’Eternel, la qualité des interprètes et la bonne humeur évidente qui accompagne ce projet aux ambitions restreintes permettent de sortir du cinéma avec le sourire et la certitude que tout sera oublié dès le lendemain.

white-house-downLe résumé de Mr. J.A. : La Maison Blanche a été attaquée par un groupe de terroristes locaux ivres de vengeance. Un agent de sécurité du Capitole doit sauver le président pour  se faire engager par le Secret Service et prouver à sa fille adolescente qu’il n’est pas un père inepte. Un moment divertissant, surtout si on l’interprète comme un commentaire peu subtile de la scène politique américaine actuelle.

OK, so this is not a particularly original plot, given it’s the second offering from Hollywood in the same season in which terrorists attack the White House. Unlike its predecessor, the bad guys here are not from an evil, foreign regime trying to wage nuclear war on the US, but rather are a group of American mercenaries hired by US government administration insiders to sideline the President (played by Jamie Foxx) and wage nuclear war on a foreign regime. The good guys are, of course, the President and the guy trying to save him, Cale (played by Channing Tatum). Both actors give good, sometimes funny performances, as do all the other actors, including James Woods, Richard Jenkins and Maggie Gyllenhaal. But that’s not what makes this movie interesting.

Yes he can

Yes, it can be an interesting movie

What’s more interesting is that White House Down is a Hollywood caricature of current US politics, and that’s what makes this movie both funny and a bit scary. Jamie Foxx’s character of President Sawyer is of course a stand-in for President Obama, as he espouses his desire for world peace and negotiating with US rivals like Iran when in front of a camera, but we learn later has also ordered secret military strikes on that country. Other references to Obama are overt, from his attempts to quit smoking, to his choice of basketball sneakers.

A president giving up his gun, but still winning at the end: what wil the NRA make of this?

A president giving up his gun, but still winning at the end: what will the NRA make of this?

Some references to U.S. politicians are hilarious, like the rather tanned congressman who seems to be crying for no particular reason, because it’s clearly aiming to depict John Boehner. The notion of a group of right-wing radical mercenaries trying to take over the White House would be funny too, if not for this, as would be the notion of someone thinking that the whole Middle East was just too much trouble, might as well nuke ‘em, if not for this (that’s right, 50% said “yes”).

All in all, White House Down is an entertaining action flick that doesn’t take itself too seriously.

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La Vie d’Adèle

originalIn a nutshell: Last but definitely not least: the Palme d’Or of the 2013 Cannes film festival. Inspired by a French graphic novel by Julie Maroh, Abdellatif Kechiche made a very touching love story between two young women his own. Raw and moving – the film has stired a fair bit of controversy due among others to its reportedly explicit sex scenes, this rather long film (almost 3 hours) left the jury and most of the press spellbound as well as our own Mlle Clara.

Première Palme d'or tirée d'une BD!

Première Palme d’or tirée d’une BD!

Le dernier vendredi de cette édition cannoise 2013, la queue était dense devant la « Salle du Soixantième » pour voir le film en sélection de Kechiche. C’est que le bouche-à-oreille était excellent, le film ayant été projeté la veille dans l’immense salle Lumière. Une de mes amies, qui n’est hélas pas pourvue du badge sésame « Presse », reste en rade dans sa ligne à elle, tandis qu’après une heure et demi de patience, j’entre enfin dans le saint des saints pour découvrir ce film monté dans l’urgence pour être à temps sur la Croisette — si bien que le générique en est encore absent.

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L’esquive d’une Marianne moderne ?

Les premiers plans du film ne laissent pas de doutes : on est bien dans l’univers de Kechiche. L’actrice qui incarne le rôle-titre est de quasiment tous les plans, la caméra s’attachant à son visage, ses gestes, sa démarche, dans une quête attentive et passionnée de l’être humain, dans ses trivialités comme dans ses fulgurances. Cette « vie d’Adèle » fait d’emblée référence à Marianne, le personnage de Marivaux du roman picaresque (la Vie de Marianne), manifestement un auteur cher à Kechiche si l’on en croit déjà L’Esquive. Le réalisateur prend au sérieux la façon dont les écrivains découverts à l’aube de la vie d’adulte nourrissent l’imaginaire, donnent à penser, influent sur les impulsions et les choix. Les professeurs sont dépeints par Kechiche avec un respect empathique pour le travail de passeur et d’accoucheur qu’ils peuvent avoir lorsqu’ils s’attachent à leur métier. C’est le cas des enseignants de la lycéenne Adèle. Et l’on peut penser que sa propre vocation de professeur des écoles (« institutrice » est le mot utilisé dans le film) n’est pas étrangère au plaisir qu’elle a éprouvé en classe de français. C’est au cours d’une de ces lectures à l’oral de La Vie de Marianne que le sujet du film est lancé : « «Je m’en allais avec un cœur à qui il manquait quelque chose, et qui ne savait pas ce que c’était…» Les lycéens sont interrogés sur le sens de ce « manque au cœur ». Prélude aux tâtonnements amoureux d’Adèle avec un garçon de son âge, avant de croiser dans la rue, comme dans un rêve, la fille aux cheveux bleus qui lui laissera un manque au cœur, sans qu’elle ne sache encore ce que c’est…

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La pièce manquante (allégorie en 3 heures)

La Vie d’Adèle s’attache à ce moment si particulier qu’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte, cette tranche de vie entre 16 ans et disons 23 ans, où tout est nouveau, infiniment intense, dangereux, crucial, comme irréversible. Ce moment où se vivent les premières vraies histoires d’amour, la découverte de la sexualité. Et où se décident les choix professionnels qui engageront souvent toute une vie. Si le film de Kechiche a su remuer tant de spectateurs cannois conquis, c’est évidemment pour la force de sa mise en scène, la radicalité naturaliste de sa direction d’acteurs, l’audace inédite dans le cinéma d’auteur des scènes charnelles entre deux femmes, mais aussi certainement pour le sujet universel qu’il traite : pas seulement la naissance puis la décadence de la passion amoureuse et charnelle, mais aussi, il me semble, ce moment transitoire et absolument bouleversant de notre existence au sortir de l’adolescence.

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Premiers baisers des filles d’à côté

Kechiche, il l’a redit au moment de recevoir sa palme d’or, a voulu mettre en scène l’amour entre deux êtres au-delà de la question de l’orientation sexuelle. Et c’est comme cela que l’ont reçu aussi les membres du jury présidé par Spielberg, qui, soit dit en passant, a montré pas mal de hardiesse à primer ce film qui risque de ne pas sortir aux Etats-Unis dans des réseaux de salles lambda. Disons que la force de La Vie d’Adèle c’est de ne pas occulter la question de l’hétérosexualité vs l’homosexualité, avec les interrogations du Sujet sur ses orientations personnelles, les réactions diverses de son entourage (amis, parents…), les combats à mener pour l’égalité des droits… Tout en réussissant à banaliser l’homosexualité en dépassant ce « particularisme » pour traiter de la passion amoureuse dans son absolu humain. La palme conjointe attribuée aux deux actrices du film apparaît ici parfaitement justifiée : Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux (alias Emma) livrent une interprétation ébouriffante de justesse, de vérité, à tel point que l’on croit assister à un pur documentaire.

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Est-elle pensive ou, de fatigue, est-elle morte Adèle?

La méthode de direction d’acteurs de Kechiche avait certes déjà prouvé son efficacité depuis son génial premier film, La Faute à Voltaire. On s’interroge sur la rudesse du tournage pour les actrices (laissons de côté les polémiques actuelles qui déchaînent les gazettes), qui ont payé de leur personne à un point qui, avouons-le, nous a à la fois subjugué et embarrassé. Les scènes de sexe sont d’une frontalité si criante de vérité, les longs plans-séquences laissant peu de possibilité à la simulation, que l’on hésite entre l’admiration médusée pour la captation de ce mystère du plaisir charnel, et la gêne d’entrer par effraction dans la chambre à coucher de voisines. A fortiori par l’entremise de l’œil d’un réalisateur, d’un homme mûr de surcroît. Eternelle question du cinéma comme dispositif voyeuriste/fétichiste phallocentré (cf. Laura Mulvey)… La dignité donnée au plaisir dans sa beauté nue et le respect empathique pour ses personnages tout au long du film font toutefois pencher le spectateur (la spectatrice ?) en faveur de Kechiche, qu’on a du mal à considérer comme un agent avilissant du patriarcat archaïque ! Dommage cependant qu’une vieille lune soit proférée vers le dernier tiers du film par un personnage de galeriste sympathique et qui pourrait passer comme un porte-parole du réalisateur : le plaisir féminin serait plus mystique que le plaisir masculin, plus cosmique, etc.  Ah bon ?

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Un bleu cométique plus que cosmique?

Le film de Kechiche fait près de trois heures, ce qui lui permet d’étudier, après la naissance et le déploiement d’une passion amoureuse, son érosion, son dénouement funeste, puis son épilogue après la séparation et les trajets de vie disjoints. Et c’est là l’autre sujet central de La Vie d’Adèle qui ne manque pas de force : si les deux jeunes femmes finissent par s’éloigner, c’est que le sentiment amoureux et la passion physique ne suffisent pas à dépasser les antagonismes sociaux. Le film montre en effet comment l’origine sociale des êtres les emprisonne dans l’imaginaire de leur classe. L’artiste, la fille aux cheveux bleus, a des parents qu’on imagine post-soixantuitards, hyper ouverts, cultivés, qui mangent des fruits de mer lorsqu’ils invitent la copine de leur fille, et offrent un vin blanc sélectionné avec la connaissance du gastronome. L’institutrice, fille de prolétaires, ne peut avouer à ses parents son homosexualité, et mange goulûment à table les spaghettis bolognaises que les parents cuisinent le jour où Emma est invitée. Une des observations très justes du film est le léger mépris qu’Emma et ses amis artistes et thésards éprouvent pour le métier d’institutrice d’Adèle. Il faudrait qu’Adèle devienne l’écrivaine qu’elle est en puissance, qu’elle s’exprime, bref, qu’elle réussisse sa vie, ce qui ne semble pas concevable si elle se cantonne à exercer son métier d’instit bien sympathique, mais… Kechiche épingle ce préjugé social, en donnant à voir la dignité, l’importance et la difficulté du métier d’enseignant pour les plus petits à l’orée de la vie.

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And the winners are …

Le film de Kechiche était donné par beaucoup gagnant dimanche avant la proclamation du palmarès, mais des hésitations  légitimes se faisaient entendre : Spielberg et son jury vont-ils oser ? Nous avons nous-même soupesé les personnalités supposées des membres du jury, en évaluant les chances que le réalisateur de Brokeback mountain (Ang Lee), que celui de Au-delà des collines (Cristian Miungiu), que les réalisatrices Lynn Ramsay et Naomie Kawase donneraient leurs suffrages, tout comme le feraient Daniel Auteuil et Christoph Walz. Et Nicole Kidman, sera-t-elle trop prude ? Mais elle a joué jadis dans Dogville, tout de même ! Et dans Eyes wide shut ! On aimerait bien être une petite souris pour assister aux débats de ces jurys cannois… En tous cas, en couronnant La Vie d’Adèle, Cannes a su s’affirmer comme un festival fidèle à une réputation qu’on espère perdurer : politique dans le meilleur sens du terme, artistique, audacieux.

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Les Garçons et Guillaume à table !

guillaume2In a nutshell: Mlle Clara’s second review from the Croisette at Cannes. After the gloom and doom of Claire Denis, a more sunny and funny flick, Guillaume Gallienne’s first movie, the autobiographic Les Garçons et Guillaume, à table !, adapted from his successful one man show. Some like it hot says Mlle Clara, hot and hilarious …

Guillaume Gallienne est un garçon à la mode depuis quelques temps maintenant: on peut l’entendre sur France Inter lire des textes choisis (« Ca ne peut pas faire de mal »), le voir sur Canal plus dans des bonus comiques où son goût pour le travestissement s’assouvit à plein. Sur grand écran, l’acteur s’illustre toujours avec bonheur dans un certain nombre de seconds rôles comiques ou dramatiques (sa prestation d’homme d’église dans Confessions d’un enfant du siècle permettait de découvrir son impeccable accent anglais). Et enfin, les plus chanceux ont pu voir le sociétaire de la Comédie française sur les planches, ou l’admirer dans sa pièce de théâtre à succès : Les Garçons et Guillaume à table ! Ce dernier spectacle, dont il est aussi l’auteur, s’inscrit dans une veine autobiographique un peu particulière et que d’aucuns ont nommé : le « coming out hétérosexuel » ! C’est ce spectacle que Gallienne a entrepris d’adapter lui-même pour le cinéma : pari risqué, car tomber dans l’écueil du théâtre filmé eut été facile. Mais Guillaume Gallienne avoue être un cinéphile averti, et son passage à la réalisation se révèle parfaitement maîtrisée. Dans la salle du Palais Stéphanie où le film était projeté (Quinzaine des réalisateurs), une standing ovation de près de quinze minutes à l’issue du film atteste que mon avis est largement partagé.

Ovation debout pour Guillaume

Ovation debout pour Guillaume avec Mlle Clara (à gauche) et ses amis.

Enfin, disons-le d’emblée, les toutes premières minutes nous ont fait craindre le ratage : on y voit en effet Gallienne se préparer dans sa loge de théâtre, quelques instants avant son entrée en scène, se regardant avec gravité dans le miroir, en pleine concentration anxieuse. Ce début un peu convenu est surtout rendu assez insupportable par une musique sirupeuse, semblant dire aux spectateurs : « Attention, émotion ! ». On n’a pu d’ailleurs s’empêcher de songer à un film récent très réussi, Le Temps de l’aventure, dans un registre différent, qui commençait aussi par une pré-entrée en scène de l’héroïne, dans ce moment si tendu pour le comédien, sorte de saut dans le vide périlleux et grisant. Dans ce film, ce prologue fonctionnait à merveille, notamment car il n’était pas lesté d’une bande sonore lourdingue. Bref.

Passons à table avec Guillaume

Passons à table avec Guillaume

Ce moment de doute fut heureusement vite balayé par la suite qui nous fit découvrir le dispositif choisi par Gallienne : l’ancrage initial sur les planches, le comédien faisant face à un public hors champ (miroir de nous-mêmes spectateurs), et le passage insensible et fluide à l’illusion réaliste du cinéma. Un dispositif payant qu’utilisait jadis Autant-Lara dans son adaptation géniale d’Occupe-toi d’Amélie ! Et d’emblée, on découvre une des grandes trouvailles du film de Gallienne : s’autoriser à incarner à la fois le personnage de Guillaume (lui-même, donc) adolescent, sans transformation physique particulière, en dehors de sa puissance de jeu pour retrouver les accents d’un garçon de douze ans, et le personnage de sa mère, perruque blonde, lunettes et vêtements ad hoc ! Les deux personnages apparaissant dans les mêmes plans, se donnant le réplique, dans une folle logique imparable du scénario : puisque l’adolescent Guillaume admire sa mère au point de céder au mimétisme et de troubler son entourage (sa grand-mère, son père) qui prennent Guillaume, lorsqu’ils ont le dos tourné et ne font que l’entendre, pour la mère de celui-ci ! Il y a une grande jubilation à contempler Guillaume Gallienne jouer cette femme, grande bourgeoise hyper sûre d’elle et quelque peu excentrique, que le garçon, puis le jeune homme, ont contemplé passionnément comme l’incarnation ultime de la féminité, d’une féminité fascinante, comme l’explique Guillaume-ado : « Elle est géniale, ma mère ! Elle est encore plus belle quand elle parle espagnol. » C’est d’ailleurs d’abord en Espagne que le film nous mène, Guillaume ayant découvert au cours d’un voyage linguistique à quel point tout le monde le prenait pour une fille quand il dansait la sévillane ­ — ce qui commence par le perturber un peu, puis ce qu’il accepte comme un compliment.

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Un film un brin perturbé mais très souriant

Le film nous raconte donc comment ce rejeton d’une fratrie de trois garçons, issu de la grande bourgeoisie très aisée, est désigné implicitement par sa mère comme un être à l’identité genrée à part. Le titre de la comédie n’étant que la citation de la phrase rituelle prononcée par la mère pour appeler ses enfants à dîner. Le jour où, jeune adulte, Guillaume s’invite à une « soirée de filles » organisée par une amie, et qu’il entend cette dernière appeler les convives par un « Les filles et Guillaume à table ! », le déclic se produira, celui-ci permettant au jeune homme de s’autoriser à tomber amoureux d’une femme. Avant cette issue que Guillaume Gallienne présente comme une délivrance, le jeune homme aura à subir les vexations de ses frères, les bizutages de ces copains machos, le regard sévère de son propre père, mais il aura aussi à vivre des tâtonnements sentimentaux et sexuels cruels. Cette histoire d’un itinéraire de vie compliqué par une identité genrée perturbée, Gallienne a choisi de la mettre en scène avec truculence et autodérision.

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Truculence et autodérision on vous dit!

Et ce parti pris donne lieu à des scènes hilarantes, dont on parie qu’elles seront bientôt d’anthologie, à l’instar de ces soirées dans les dortoirs d’une pension où les homologues de l’adolescent expérimentent leur sexualité masculine comme s’ils étaient enfermés dans une prison turque (dixit Guillaume). Ou de cette séquence ahurissante de drôlerie où l’adolescent s’imagine à la fois sous les traits de Sissi impératrice et de sa belle-mère l’archiduchesse ; ou bien encore de ces séquences en cure médicale en Allemagne où Gallienne se retrouve tour à tour entre les mains d’un Teuton géant peu délicat puis d’une Gretchen interprétée avec délice par Diane Kruger en roue libre! La force de Les Garçons et Guillaume à table !, c’est de réussir ces séquences loufoques, tout en évitant le film à sketchs, et en maintenant une profondeur psychologique et une délicatesse de touche jamais démentie. Gallienne est émouvant derrière son autodérision et sa moquerie pour sa mère qu’il réussit à ne pas éreinter, la tendresse affleurant toujours in fine. On pense un peu à Woody Allen, forcément, a fortiori pendant les séquences chez les psy, compatissants. Mais l’analogie s’arrête là, car Guillaume Gallienne a une personnalité totalement singulière.

Singulier et cravaté, A life aquatic with G. Gallienne

Singulier et cravaté, A life aquatic with G. Gallienne

Le film enfin résonne particulièrement en ces temps de débats sur le « Mariage pour tous », où les contempteurs de la nouvelle loi ne désarment toujours pas. Si le comédien-réalisateur s’est (re)trouvé en assumant son hétérosexualité, il ne faudrait surtout voir dans son propos une stigmatisation de l’homosexualité ! Gallienne semble d’ailleurs assumer aussi parfaitement sa part féminine, continuant à se travestir avec bonheur dans ses rôles (voir les Bonus de Canal plus). On ne vous dévoilera pas la réplique finale de la mère de Guillaume, lorsque celui-ci lui apprend qu’il va se marier avec « Amandine ». Digne de Certains l’aiment chaud !, dont on devine que le comédien doit l’avoir parmi ses films de chevet.

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Happiness Therapy – The Silver Linings Playbook


Happiness-Therapy-Affiche-FranceIn a nutshell:
Little Miss Sunshine is all grown up now (Lawrence) and meets an angry yet charming troubled young bipolar man (Cooper). Will they end up together?
The suspense is killing me. A rather conventional rom-com with a hint of drama served beautifully by a stellar cast.

La comédie dramatique américaine qui fait du bruit est l’adaptation du livre de Matthew Quick, The Silver Linings Playbook, dont Sydney Pollack avait initialement acquis les droits avant que David O Russel ne reprenne le gouvernail. Heureusement Russel suit plutôt la ligne énergique, parfois non conventionnelle, aperçue dans Les Rois du Désert ou même Fighter que celle de l’atterrant I ♥ Huckabees, film qui mérite une vision ne serait-ce que pour savoir à quoi ressemble un foutoir existentiel boursouflé avec Isabelle Huppert et Dustin Hofmann. Happiness Therapy est en conséquence un cocktail plutôt vitaminé hésitant entre comédie et drame, servi par des acteurs au mieux de leur forme.

Ca guinche

Et la forme, ça se maintient.

Pat Soletano (Bradley Cooper très juste porte le film sur ses épaules) sort d’un hôpital psychiatrique où il a dû passer huit mois après avoir tabassé très brutalement l’amant de sa femme, et sans surprise celle-ci ne souhaite désormais plus le voir. Sous l’illusion qu’elle ne veut que lui, il bout de n’avoir pas le droit de communiquer avec elle, d’être coincé chez ses parents (Robert De Niro et Jacki Weaver), de ne savoir que faire de ses dix doigts. Une rencontre inopinée avec une très jeune veuve voisine (Jennifer Lawrence), dont l’état mental est aussi tumultueux que le sien, va les faire avancer et les aider à surmonter leurs crises respectives.

Après un prologue assez original, dénonçant avec une légère complaisance la culture du succès et les antiennes de la vie amoureuse états-unienne, le film finit par se précipiter dans le modèle des plus conventionnelles comédies romantiques américaines, ce qui n’est pas, en soi, désagréable, mais qui transforme une oeuvre qui promettait d’être marquante en une aimable distraction pour samedi soir pluvieux.

Une mise au point énergique s'impose

Aimable, distrayant et parfois ébouriffé

Très belle illustration de ce qu’une distribution affutée peut faire d’un scénario sans génie, et une mise-en scène un rien pataude (les scènes de danse sont filmées à la truelle) Happiness Therapy fait ressortir le talent, et parfois même la grâce des premiers et seconds rôles, certains, tel Robert De Niro, réussissant à émouvoir et convaincre pour la première fois depuis bien longtemps. On s’attache aux personnages car le charisme de Cooper et l’énergie mutine de Lawrence séduisent en dépit de situations de plus en plus factices. On retiendra qu’aujourd’hui aux Etats-Unis, le mal-être est désormais qualifié de “troubles bipolaires”, que la douleur d’un veuvage excuse les liaisons multiples et un parfum de bisexualité, et enfin que le sac poubelle peut être un jogging seyant. Bref, Happiness Therapy est inoffensif et gentiment plaisant.

affiche-Happiness-Therapy-Silver-Linings-Playbook-2012-3En résumé : Une comédie romantique avec des aspects très réussis, qui traite de la maladie mentale sans trop se casser la figure, mais qui n’ose pas réellement prendre son envol non plus. 

The Silver Linings Playbook, an adaptation of the novel by Matthew Quick, gets off to a punchy start. Pat Soletano (Bradley Cooper), a former teacher in his mid-thirties, is about to be discharged from a long-haul stint in a psychiatric hospital, where he’s been in treatment after the sudden breakdown of his marriage. It’s lucky, albeit embarrassing, for him to be taken back to his family home, to his old childhood bedroom, and the care of his parents, Pat Sr (Robert de Niro) and Delores (Jackie Weaver). His sole obsession is to get his wife Nikki back, but as he’s regularly reminded, the outcome of him having severely battered the man he’d discovered canoodling with his wife in the shower to the dulcet tones of their wedding song, is that he is now under a restraining order.

Keeping nervous watch

Keeping nervous watch

Pat is then introduced to Tiffany (Jennifer Lawrence), a very young widow who promises that she can get a message to his wife despite the restraining order and whatnot. This proves the only way to get through to Pat in that delusional-obsessional mode of his which so troubles his family, who just want to do all they can to keep him out of hospital, with the help of his amiable psychiatrist, Cliff Patel (Anupam Kher). This is a tough call, as Pat is often inappropriate and aggressive while in the throes of his obsession, with tragi-comic outcomes. This is all kept within pretty mellow limits however, which helps to keep the rom com vibe going, as well as the audience’s sympathy for Cooper’s character. One of the most talked-about moments is a scene where he comes to blows with his father, who is trying to restrain him. De Niro’s subsequent tears are evidently real, as with the interviews he’s given where he has said he understands only too well what the character he plays is going through.

Scissors, paper, STONE!!

Scissors, paper, STONE!!

Such sincerity is undoubtedly one of the film’s strengths. It tackles the issue of workaday mental illness in open, playful yet sympathetic ways that just wouldn’t have been possible until recently. This is perhaps a side-effect of the tendency of bipolar order to be liberally diagnosed nowadays, not least in the States, in all shapes and sizes ranging from ‘my child likes to run around a lot screaming’ to ‘this person thinks he is the Son of God and won’t stop dashing around the shopping mall naked trying to bless people’. Taboos are getting pushed back (although it’s still pretty delicate). One of the ways this is happening is through the condition’s association with a certain moody romantic poet persona, which is incidentally not unreasonable: did you know (yes, of course you did) that greatly talented individuals over history are widely cited as having suffered from manic depression, sorry, bipolar disorder: Virginia Wolf, Winston Churchill et al. The film props this one up, associating Pat with the complex, troubled, artistic, rebellious Tiffany.

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Sturm und Drang suburban style

The warm fuzzy factor equally derives from its insistence on community and on taking people as you find them, providing an environment where recovery can best come about. Such things are often catastrophically lacking in society with the break-up of communities in this global capitalist set up we are currently labouring under. So I give props to the message, albeit while reeling from the sentimental overload that emerges, as the rom com cookie cutter slices down. More provocative comedy would have been welcome – more use could have been made of absurdity – it is there, not least thanks to Chris Tucker who keeps popping up as a fellow psychiatric patient.  Sadly as the film progresses, the punch factor starts to wilt somewhat, and the film gradually subsides into a tamer rom-com template, albeit with excellent comic touches.But it should have gone further, been braver still. Oh well.

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The Last Stand – Le Dernier Rempart

120X160 Rempart CIn a nutshell: Undemanding entertainment, the movie gives in enthusiasm what it somehow lacks in originality. A bit disappointing for a Kim Jee-Woon film, a blast for a Schwarzenegger movie. Silly, at times  clumsy, but overall good solid fun.

Miss J. n’ayant que peu de libertés ces dernières semaines – le culot du monde professionnel à vous dévorer vos instants de loisirs – , il ne me restait plus qu’à trouver des films qui l’intéresseraient moins, la tenteraient peu, soyons clairs, qu’elle ne voudrait voir que si le sort du monde en dépendait, et elle n’y irait d’ailleurs qu’en soupirant. J’ai commencé par Django unchained mais la novella de ma camarade Mlle L vous aura certainement suffi, d’autant plus que même si mon avis est bien plus modéré que le sien (j’ai beaucoup aimé la première heure, à l’instar de M. JMS je trouve le personnage de Samuel L. Jackson intéressant), je la rejoins beaucoup sur ses critiques de la seconde moitié de cet opus tarantinien bancal. On s’approche de très près du combat de trop pour reprendre la métaphore du réalisateur agressif et doué que vous trouverez en fin d’extrait (à partir de 7min.36) ici.

Revenons à nos pieds nickelés

Revenons à notre (soupir) dernier rempart

Accompagné d’une amie tout comme moi amateur (amatrice?) de réalisateurs coréens, de pétaradantes absurdités, d’explosions et d’action heros sur le retour, j’ai choisi après le sanglant Tarantino d’aller découvrir le septième mais premier film américain de l’excellent Kim Jee-Woon, dont, entre autres, Le Bon, la Brute et le Cinglé m’avait ravi (ça, incidemment, c’était ce que Django aurait dû être). Le Dernier Rempart n’est pas à la hauteur de ses réalisations précédentes, mais l’enthousiasme de chacun rend cette série B modeste regardable, mieux même, très divertissante.

L’histoire est d’une simplicité digne des productions d’action des années 1980, c’est à dire étique : un baron de la drogue (parfait Eduardo Noriega) s’évade, le FBI est – ici, littéralement – dépassé, quelques outsiders, le vieux shérif Schwarzenegger (déjà 65 ans) et ses adjoints sont les seuls à pouvoir s’opposer à ce que lui et ses hommes traversent la frontière mexicaine et échappent ainsi à toute poursuite de la justice de l’Oncle Sam (la “Justice”, quoi, c’est un film américain). Je ne vous cacherai pas que cela va flinguer à tout va.

Et ça, ce sont les "petits" calibres

Et ça, ce sont les “petits” calibres

Entre Rio Bravo de Hawks et Assaut de Carpenter, mais en moins sérieux, toute la distribution s’en donne à coeur joie et n’hésite pas à en faire beaucoup. Avec intelligence, le réalisateur et son équipe de scénaristes (c’est malgré tout toujours un peu triste de voir qu’ils s’y mettent à plusieurs pour ce genre de résultat) ne se montrent pas dupes des clichés de ce type de production, respectent leurs spectateurs en leur donnant ce qu’ils attendent et parfois même un peu plus, et prennent surtout en considération l’âge de ce brave Schwarzie … si l’homme est frappé, il a bien du mal à se relever.

Efficace, distrayant et gratuitement violent mais c’est un peu le but, on perçoit même une réflexion nostalgique sur le destin de Schwarzenegger dont le personnage prononce des répliques souvent drôles (“L.A.’s not all that you think it is” ou encore “You make us immigrants look bad” ) parce que le spectateur croit plus en l’acteur qu’à son interprétation. On sort donc de salle diverti et, oserais-je le dire, curieux de connaître le prochain film de l’ex Gouvernator. De quoi se laisser tenter.

1029468-affiche-officielle-du-dernier-rempart-620x0-1En résumé : Je ne saurais vous dire, ne l’ayant point vu … mais croyez moi cela ne me manque guère. A très vite, pour une critique peut-être moins testostéronée.

I know, it’s been a while; I haven’t seen this one, but couldn’t bring myself to go and watch it. The last movie I reviewed on my own for this blog was Haneke’s Amour … it should give you a clue about my tastes for violent action packed limbs flying around Schwarzenegger flick. But do believe me when I say this: I’ll be back. And soon too.

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Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson  brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor – an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg – Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck – real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg – a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden – heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry – truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay Roach – Will Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort – a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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De l’autre côté du périph

autre-cote-du-periphIn a nutshell: Not Lethal Weapon or Beverly Hill’s Cop, but an ok buddy movie with a few laughs and a lot of smiles. Next time they might even have a decent scenario … anyhow, Sy and Lafitte make a very nice duo.

Comment est-ce que ma résolution pour aller voir Tabou au cinéma s’est transformée en découverte de De l’autre côté du périph est à la fois une énigme et une preuve que si ma volonté est de fer, celui-ci rouille.

Réalisé par David Charhon qui jusqu’alors ne s’était pas illustré dans ce qu’il y a de mieux – Cyprien pas le talentueux humoriste et vidéaste, celui avec Elie Semoun -, on pouvait douter des talents du réalisateur et sur le fait que jamais nous ne nous accorderions sur ce qu’est un “bon” film “drôle”.   Je suis malgré tout d’assez mauvaise foi car je n’ai vu de Cyprien que la bande annonce, mais vous admettrez que … Bref, De l’autre côté du périph partait avec un handicap.

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est "Intouchable" ici!

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est “Intouchable” ici!

Et bien, un peu comme dans ce film, foin du suspense, la sauce est bonne, manque la blanquette. A défaut de scénario et d’une certaine cohérence dans la mise-en-scène, De l’autre côté du périph offre à deux excellents acteurs (Omar Sy et un exceptionnel Laurent Lafitte) la possibilité d’exprimer tout leur talent comique. Ainsi, se calquant ouvertement sur les classiques de la comédie d’action policière et du buddy movie des années 1980 (Le Professionnel et Le flic de Beverly Hills, ou dans une moindre mesure le Marginal et l’Arme fatale), Charhon permet à deux caractères opposés, le bourgeois parisien, Lafitte, et Sy, le banlieusard du 9-3, de se détester, se charier, puis de s’apprécier, le tout en résolvant un meurtre crapuleux.

Les amateurs du genre remarqueront l’alchimie efficace entre les deux têtes d’affiche, mais surtout se divertiront. Le plaisir est éphémère, mais il est bien présent et à défaut d’une intrigue solide et d’une fin convenable quelques scènes réjouiront.

afficheperiphEn résumé : Omar Sy et Laurent Lafitte forment un duo de policiers dans un film comique d’action moins que remarquable, mais qui se laisse regarder avec plaisir grâce au grand talent de ses comédiens.

After Les Intouchables, Omar Sy is back with a new banlieue vs chichi Paris flick, David Charhon’s action comedy De l’Autre côté du périph. He plays Ousmane Diakhaté, a banlieusard policeman who’s convinced he’s uncovering the political and business corruption scoop of the decade. Armed with a camera and a death wish, he’s all over the case when the corpse of the wife of a French business bigwig is discovered right in his beat in Bobigny.

But the investigation of crimes of such magnitude gravitates straight to the flashy police units of Paris, which is where greasy pole careerist, womanising François Monge (Laurent Lafitte) comes in. And it’s hard to not to notice him, after a first scene where he demonstrates how to kill dead, and move on from, a flourishing relationship in thirty seconds flat (don’t try this at home?) Monge holds his nose as he heads to Bobigny in the hope of wrapping up the murder case by the evening, his mind firmly fixed on imminent promotion. Sy bounds up, armed with camera and copious rolls of velcro, latches on and Monge finds himself lumbered with an investigative partner whose methods look almost certain to scupper his quest not only for promotion, but continued employment of any form.

Has François Monge had his chips?

Has François Monge had his chips?

I’m glad to be able to report on this film at all, as for the first five minutes or so I wasn’t sure I was going to be able to make it through the screening. Nothing to do with Sy and co, but UGC Les Halles seemed to have decided that early onset deafness was the way forward for the hoards hardy enough to attend a screening in Salle 23 of their multiplex. I think jet planes taking off have a lower decibel count than the volume they’d gone for – even Lafitte’s seductive whispers to any woman foolhardy enough to get within striking distance of him came over as the roar of a pack of testy lions.

Anyway, I hung in there, grew used to the growing numbness in my ear canals, and noted that while the ensemble does not hang together terribly well – incoherent doesn’t begin to cover it at times – the whole thing is dripping with well-constructed gags, sparks flying thanks to the huge comic talents of both its stars. It waltzes fairly elegantly with the clichés it deals in, rather than sumo wrestling them for hours to the sounds of grunting and squishy flesh colliding. It’s no masterpiece and lacks narrative depth on pretty much all sides, but I had an excellent time.

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C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule

En résumé : Un titre piteux, un film “consternant, aux situations comiques affligeantes” (selon le Nouvel Obs’), bref un nanard à réhabiliter : Mlle L. répond présente, et royale, mieux napoléonienne, déferle sur le 3 buck dvd corner comme les grognards sur le Prussien. C’est beau comme Austerlitz, même si le film est plus un Waterloo (water? – loo?, c’est approprié m’indique Miss J.) qu’un Marengo. Engagez-vous qu’ils disaient … par ici.

rien_adire

In a nutshell: Are 3 € too much money for a 1975 French comedy mostly located in one of Paris’s railroad-station’s loo? Certainly not writes Mlle L. The actors’ talent is enough to leave you entertained and happy with this charming farce. Low-key but worth a look.

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