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La Vie d’Adèle

originalIn a nutshell: Last but definitely not least: the Palme d’Or of the 2013 Cannes film festival. Inspired by a French graphic novel by Julie Maroh, Abdellatif Kechiche made a very touching love story between two young women his own. Raw and moving – the film has stired a fair bit of controversy due among others to its reportedly explicit sex scenes, this rather long film (almost 3 hours) left the jury and most of the press spellbound as well as our own Mlle Clara.

Première Palme d'or tirée d'une BD!

Première Palme d’or tirée d’une BD!

Le dernier vendredi de cette édition cannoise 2013, la queue était dense devant la « Salle du Soixantième » pour voir le film en sélection de Kechiche. C’est que le bouche-à-oreille était excellent, le film ayant été projeté la veille dans l’immense salle Lumière. Une de mes amies, qui n’est hélas pas pourvue du badge sésame « Presse », reste en rade dans sa ligne à elle, tandis qu’après une heure et demi de patience, j’entre enfin dans le saint des saints pour découvrir ce film monté dans l’urgence pour être à temps sur la Croisette — si bien que le générique en est encore absent.

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L’esquive d’une Marianne moderne ?

Les premiers plans du film ne laissent pas de doutes : on est bien dans l’univers de Kechiche. L’actrice qui incarne le rôle-titre est de quasiment tous les plans, la caméra s’attachant à son visage, ses gestes, sa démarche, dans une quête attentive et passionnée de l’être humain, dans ses trivialités comme dans ses fulgurances. Cette « vie d’Adèle » fait d’emblée référence à Marianne, le personnage de Marivaux du roman picaresque (la Vie de Marianne), manifestement un auteur cher à Kechiche si l’on en croit déjà L’Esquive. Le réalisateur prend au sérieux la façon dont les écrivains découverts à l’aube de la vie d’adulte nourrissent l’imaginaire, donnent à penser, influent sur les impulsions et les choix. Les professeurs sont dépeints par Kechiche avec un respect empathique pour le travail de passeur et d’accoucheur qu’ils peuvent avoir lorsqu’ils s’attachent à leur métier. C’est le cas des enseignants de la lycéenne Adèle. Et l’on peut penser que sa propre vocation de professeur des écoles (« institutrice » est le mot utilisé dans le film) n’est pas étrangère au plaisir qu’elle a éprouvé en classe de français. C’est au cours d’une de ces lectures à l’oral de La Vie de Marianne que le sujet du film est lancé : « «Je m’en allais avec un cœur à qui il manquait quelque chose, et qui ne savait pas ce que c’était…» Les lycéens sont interrogés sur le sens de ce « manque au cœur ». Prélude aux tâtonnements amoureux d’Adèle avec un garçon de son âge, avant de croiser dans la rue, comme dans un rêve, la fille aux cheveux bleus qui lui laissera un manque au cœur, sans qu’elle ne sache encore ce que c’est…

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La pièce manquante (allégorie en 3 heures)

La Vie d’Adèle s’attache à ce moment si particulier qu’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte, cette tranche de vie entre 16 ans et disons 23 ans, où tout est nouveau, infiniment intense, dangereux, crucial, comme irréversible. Ce moment où se vivent les premières vraies histoires d’amour, la découverte de la sexualité. Et où se décident les choix professionnels qui engageront souvent toute une vie. Si le film de Kechiche a su remuer tant de spectateurs cannois conquis, c’est évidemment pour la force de sa mise en scène, la radicalité naturaliste de sa direction d’acteurs, l’audace inédite dans le cinéma d’auteur des scènes charnelles entre deux femmes, mais aussi certainement pour le sujet universel qu’il traite : pas seulement la naissance puis la décadence de la passion amoureuse et charnelle, mais aussi, il me semble, ce moment transitoire et absolument bouleversant de notre existence au sortir de l’adolescence.

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Premiers baisers des filles d’à côté

Kechiche, il l’a redit au moment de recevoir sa palme d’or, a voulu mettre en scène l’amour entre deux êtres au-delà de la question de l’orientation sexuelle. Et c’est comme cela que l’ont reçu aussi les membres du jury présidé par Spielberg, qui, soit dit en passant, a montré pas mal de hardiesse à primer ce film qui risque de ne pas sortir aux Etats-Unis dans des réseaux de salles lambda. Disons que la force de La Vie d’Adèle c’est de ne pas occulter la question de l’hétérosexualité vs l’homosexualité, avec les interrogations du Sujet sur ses orientations personnelles, les réactions diverses de son entourage (amis, parents…), les combats à mener pour l’égalité des droits… Tout en réussissant à banaliser l’homosexualité en dépassant ce « particularisme » pour traiter de la passion amoureuse dans son absolu humain. La palme conjointe attribuée aux deux actrices du film apparaît ici parfaitement justifiée : Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux (alias Emma) livrent une interprétation ébouriffante de justesse, de vérité, à tel point que l’on croit assister à un pur documentaire.

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Est-elle pensive ou, de fatigue, est-elle morte Adèle?

La méthode de direction d’acteurs de Kechiche avait certes déjà prouvé son efficacité depuis son génial premier film, La Faute à Voltaire. On s’interroge sur la rudesse du tournage pour les actrices (laissons de côté les polémiques actuelles qui déchaînent les gazettes), qui ont payé de leur personne à un point qui, avouons-le, nous a à la fois subjugué et embarrassé. Les scènes de sexe sont d’une frontalité si criante de vérité, les longs plans-séquences laissant peu de possibilité à la simulation, que l’on hésite entre l’admiration médusée pour la captation de ce mystère du plaisir charnel, et la gêne d’entrer par effraction dans la chambre à coucher de voisines. A fortiori par l’entremise de l’œil d’un réalisateur, d’un homme mûr de surcroît. Eternelle question du cinéma comme dispositif voyeuriste/fétichiste phallocentré (cf. Laura Mulvey)… La dignité donnée au plaisir dans sa beauté nue et le respect empathique pour ses personnages tout au long du film font toutefois pencher le spectateur (la spectatrice ?) en faveur de Kechiche, qu’on a du mal à considérer comme un agent avilissant du patriarcat archaïque ! Dommage cependant qu’une vieille lune soit proférée vers le dernier tiers du film par un personnage de galeriste sympathique et qui pourrait passer comme un porte-parole du réalisateur : le plaisir féminin serait plus mystique que le plaisir masculin, plus cosmique, etc.  Ah bon ?

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Un bleu cométique plus que cosmique?

Le film de Kechiche fait près de trois heures, ce qui lui permet d’étudier, après la naissance et le déploiement d’une passion amoureuse, son érosion, son dénouement funeste, puis son épilogue après la séparation et les trajets de vie disjoints. Et c’est là l’autre sujet central de La Vie d’Adèle qui ne manque pas de force : si les deux jeunes femmes finissent par s’éloigner, c’est que le sentiment amoureux et la passion physique ne suffisent pas à dépasser les antagonismes sociaux. Le film montre en effet comment l’origine sociale des êtres les emprisonne dans l’imaginaire de leur classe. L’artiste, la fille aux cheveux bleus, a des parents qu’on imagine post-soixantuitards, hyper ouverts, cultivés, qui mangent des fruits de mer lorsqu’ils invitent la copine de leur fille, et offrent un vin blanc sélectionné avec la connaissance du gastronome. L’institutrice, fille de prolétaires, ne peut avouer à ses parents son homosexualité, et mange goulûment à table les spaghettis bolognaises que les parents cuisinent le jour où Emma est invitée. Une des observations très justes du film est le léger mépris qu’Emma et ses amis artistes et thésards éprouvent pour le métier d’institutrice d’Adèle. Il faudrait qu’Adèle devienne l’écrivaine qu’elle est en puissance, qu’elle s’exprime, bref, qu’elle réussisse sa vie, ce qui ne semble pas concevable si elle se cantonne à exercer son métier d’instit bien sympathique, mais… Kechiche épingle ce préjugé social, en donnant à voir la dignité, l’importance et la difficulté du métier d’enseignant pour les plus petits à l’orée de la vie.

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And the winners are …

Le film de Kechiche était donné par beaucoup gagnant dimanche avant la proclamation du palmarès, mais des hésitations  légitimes se faisaient entendre : Spielberg et son jury vont-ils oser ? Nous avons nous-même soupesé les personnalités supposées des membres du jury, en évaluant les chances que le réalisateur de Brokeback mountain (Ang Lee), que celui de Au-delà des collines (Cristian Miungiu), que les réalisatrices Lynn Ramsay et Naomie Kawase donneraient leurs suffrages, tout comme le feraient Daniel Auteuil et Christoph Walz. Et Nicole Kidman, sera-t-elle trop prude ? Mais elle a joué jadis dans Dogville, tout de même ! Et dans Eyes wide shut ! On aimerait bien être une petite souris pour assister aux débats de ces jurys cannois… En tous cas, en couronnant La Vie d’Adèle, Cannes a su s’affirmer comme un festival fidèle à une réputation qu’on espère perdurer : politique dans le meilleur sens du terme, artistique, audacieux.

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L’Inconnu du Lac

lacIn a nutshell: Third review from our Special Envoy to the Cannes film festival, Mlle Clara. This year: two major themes Money and Homosexuality, it’s the latter that Guiraudie explores in a very frontal yet very sensitive and relaxed way. One of the must see of 2013 according to both our talented reviewer and Thomas Vinterberg, Un certain regard‘s president of the jury.

A l’heure où l’on écrit, ce film cannois qui a fait le buzz (du ramdam !, note de M. D.), selon l’expression désormais consacrée, a reçu le prix de la mise en scène du jury d’Un certain regard, présidé cette année par Thomas Vinterberg. Ce n’est que justice, tant Alain Guiraudie confirme avec cet Inconnu du lac l’immense talent qu’il avait su démontrer dans Ce vieux rêve qui bouge (2001) et Le Roi de l’évasion (2009).

Je ne sais ps

Après la dame, l’homme du lac?

Un plan fixe sur un parking improvisé dans un bois à proximité d’un lac. Le bruit du vent dans les arbres. Le ciel bleu. Après-midi d’un mois d’août paisible. Un homme, silhouette svelte, se déshabille pour piquer une tête dans le lac limpide, où l’eau, lui dit un autre vacancier, est délicieuse. Plaisir de la nage crawlée : le corps fend l’onde avec aisance et énergie. Sur la grève, des hommes — que des hommes. Souvent entièrement nus. Ils bronzent allongés nonchalamment sur leur serviette, et parfois discutent. Les testicules et le sexe à l’air, filmés frontalement, dans une totale décontraction. Autour de ce lac, dans les bois avoisinants, ce sont des chassés croisés incessants, des étreintes fiévreuses ou lasses… Un voyeur à l’air niais se masturbe mollement en essayant d’apercevoir entre les buissons les couples éphémères. Le sexe est filmé avec honnêteté, réalisme, naturel : pénis branlés, sucés, éjaculant ; tout cela tranquillement, si l’on peut dire, comme l’évidence d’un verre d’eau glacé qu’on boit pour se désaltérer lors d’une chaude après-midi d’août. Et ainsi, jour après jour, le plan fixe sur le parking avec le vent dans les arbres scandant le passage des jours.

Je ne sais pas

Des hommes de l’ombre, plein soleil …

On apprend à mieux connaître Franck, le beau crawler, et Henri, un quadra attendrissant esseulé et bedonnant, seul ascète du lac. On se laisse saisir par la beauté de la nature, filmée avec sensualité ; on pense à Jean Renoir, à Partie de campagne, au Déjeuner sur l’herbe. On retrouve une certaine façon commune aussi de filmer avec justesse les gens simples, la classe ouvrière de Ce vieux rêve qui bouge, les gens du peuple du Roi de l’évasion — à l’instar de cet Henri, bûcheron de son état, ou de ce Franck, vendeur précaire sur des marchés… On a toutefois un peu du mal à s’habituer à ces organes génitaux filmés de face, crânement ! Et puis, quelque chose bascule. Un meurtre. Ce pourrait-être la Bête humaine (toujours Renoir), mais non, pas de psychologie, pas d’explication, de chaînes causales. Celui qui est témoin de ce meurtre apparemment de sang froid, meurtre par lassitude d’un amant trop collant, est troublé. Est-ce son trouble qui le pousse dans les bras du criminel, obscur objet du désir de danger, de mort? Ou bien son attirance pour le ténébreux bel étalon est-elle plus forte que les scrupules, et que la crainte d’être à son tour la victime ? On ne sait.  Le dénouement, en suspens, laisse planer le doute sur l’issue de sa destinée.

Eros et Thanatos

Noires amours et Renoir

Alain Guiraudie nous avait déjà éblouis dans ses précédents films par son sens du cadre, sa science de la lumière, ses plans qui durent, silencieux. Avec son Inconnu du lac, il offre un film radical dans ses partis pris de mise en scène à la fois rigoureux et audacieux. L’audace réside dans la répétition de certains plans, créant un léger effet d’hypnose ; dans les béances du scénario anti psychologisant ; dans ces séquences nocturnes à la lumière hyper réaliste, épousant le point de vue des personnages qui n’y voient pas plus que les spectateurs (contrairement à ces fausses nuits auxquelles le cinéma classique nous a habitués). L’audace gît aussi évidemment dans la franchise des scènes de sexe, coït homosexuel qu’on n’a pas souvent vu filmé aussi frontalement dans un film d’auteur.

Un film de face et de fesse?

Un film de face et de fesse?

Si le film touche à une certaine métaphysique du désir et du plaisir (l’éternel eros et thanatos), il n’est jamais poseur, et on retrouve même ça et là l’humour que Guiraudie avait exprimé à plein dans son loufoque et déjà très chaud Roi de l’évasion. Le réalisateur, à travers le commissaire de police qui enquête sur le meurtre mystérieux, semble aussi discrètement lancer quelques questions éthiques sur l’égoïsme de ces hommes qui se rencontrent charnellement dans l’anonymat, sans se soucier qu’un des leurs ait pu être assassiné. Comme si de communauté, il n’y en avait pas, mais juste des égoïsmes qui se frôlent et s’entendent uniquement pour jouir le temps d’une étreinte passagère… Enfin, vous l’aurez compris, L’inconnu du lac n’est pas un brûlot en faveur de Madame Boutin, hein !

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Rentrée, nouveauté et casserole

Franglaisreview en est à sa quatrième saison comme on dit dans le monde des séries télévisées et s’honore d’avoir eu au moment où j’écris ces lignes plus de 50’000 visiteurs dont certains sont même cinéphiles et non pas à la recherche de photos dénudées, de clips pornographiques ou du programme économique de Mitt Romney, car on trouve de tout sur ce site, sauf peut-être un programme économique de quelque candidat que ce soit.

Quoique …

Nous nous réjouissons de reprendre nos critiques, espérant, comme chaque année, que la pause estivale passée nous réussirons à tenir le rythme et que nous pourrons publier régulièrement chroniques et critiques des nouveautés cinématographiques de 2012 et 2013.

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, un petit cadeau de Mlle L.

Pour vous remercier de votre amitié et votre fidélité, ou alors pour tester vos limites – je ne suis pas bien sûr – notre complice et co-critique Mlle L. a décidé de vous proposer un objet cinématographique qui, nous l’espérons, vous réjouira, mais qui, quelle que soit votre réaction, interdira désormais à ses participants toute carrière publique.

A vite, sur Franglaisreview !

Miss J. far too shocked to be able to write anything will just say “keep reading Franglaisreview!” …

“Some of us have jobs, you know!” …

“Now, I’m lost!!!”

‘Tis now on the record.

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Les Infidèles

In a nutshell: Jean Dujardin and Gilles Lellouche gather friends to present various skits about infidelity. Some are successful, others less so, but they are all strikingly and unambiguously moralistic. A movie to go and watch as a couple, to tut together.

Les Infidèles a l’attrait des projets camarades où dans la bonne humeur et l’émulation taquine chacun se pousse du coude et joue avec un plaisir évident au côté des siens. Gilles Lellouche et son ami, la nouvelle vedette interplanétaire, Garden’s John enchaînent avec plus ou moins de bonheur des rôles variés d’hommes explorant, célébrant ou déplorant leur infidélité. Se revendiquant dans la lignée de la comédie italienne à sketch, dont Risi fut avec Les Monstres la figure de proue, les deux acteurs s’en donnent à coeur joie, mais sans jamais atteindre la cruauté ou la justesse sociale de leur modèle. Accompagnés de réalisateurs amis, ils proposent différentes saynètes allant du tragique à la farce mais dont la morale reste très fermement ancrée dans la tradition monogame.

Hors du couple durable point de salut et une galerie de personnages loufoques, minables ou sordides somme toute très consensuels. L’écriture est aimablement lourde mais la charge légère et sans irrévérence. Dujardin et Lellouche font un divertissant numéro sans réelle profondeur.

Un film chorale sympatoche aux notes parfois discordantes

On appréciera le sketch d’Emmanuelle Bercot, central et dramatique, surtout parce qu’il met en scène le couple à la ville Lamy/Dujardin, plus vu si ce n’est au théâtre depuis leur rencontre et le début de leur exceptionnelle carrière dans Un Gars. Une Fille. On rira aussi de bon coeur aux intermèdes brutaux d’Alexandre Courtès, tous présents dans les bandes annonces, seuls réels éclats comiques dans un film qui l’est moins que prévu. On regrettera dans les sketchs de Hazanavicius ou Lartigau un recours au cliché et au déjà vu, uniquement sauvé par le talent de la distribution, nettement réjouie quelle que soit la situation de participer à cette gentille potacherie (Sandrine Kiberlain, Isabelle Nanty  et Manu Payet rayonnent).

Rien de honteux dans ce projet, mais rien de glorieux non plus, un exercice de style attendu où l’on trouve quelques perles et quelques cochons, un en tout cas avec lequel on ne souhaite jamais partager une balançoire.

En résumé : Pour une excellente soirée autour de l’infidélité, soyez fidèle à Jean Dujardin, Gilles Lellouche et leurs amis qui vous feront partager le bonheur d’aller voir ailleurs.

Ah, the dearth of decent uplifting comedies of late… we’ve been scraping the bottle of the barrel these past weeks – and goodness knows, a good comedy or five in the Jan-Feb dip of the year is often just what’s needed to survive until spring. Just in time then, no sooner had Jean Dujardin been blasted into Oscars nirvana for The Artist than something new loomed up from the murky depths of winter 2012: Les Infidèles. Hark, an almost-comedy, let us pounce on it before it schmoozes away! On this occasion, I found it pretty funny, while Monsieur D thought it was mostly dismally sad.

It turns out that this is a ‘skit’ movie, featuring the work of a number of directors – Alexandre Courtès, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius (that names sounds familiar) – each with their own takes on the antics of unfaithful husbands. Dujardin features almost throughout, as does his buddy Gilles Lellouche, but there are also appearances from the likes of Manu Payet, Sandrine Kiberlain, and Dujardin’s wife Alexandra Lamy.

Working late at the office again

As this is a series of shorts, the pace varies greatly, from 45-second blasts of pure farce to longer, distinctly more melancholic or aburdity-laden pieces. There is some sharp observation and excellent social satire – not least a short featuring a dentist in his forties who’s having an affair with a student and struggles, lamentably, to keep up with her social life. Another favourite of mine involved the tragic attempts of a small-time manager to hook up during a business congress – lowering his standards by the hour, only for yet more humiliation to slap him down.

And the film is quite morally conservative at heart – not a whole lot of good comes out of these affairs, and when it does, it’s in the form of some kind of marital reconciliation. What’s left is some excellent social observation, some eye-popping moments of farce, and a few memorable storylines – I had a good evening!

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A Dangerous Method

In a nutshell: A young Jung finds out about Freud’s thesis, Freud himself, and forbidden love. A cerebral, rather quietly perverse and erotic play not quite transformed into a movie by an astute and often clever director, the always interesting Cronenberg.

Nous n’allions pas manquer le dernier opus de David Cronenberg, d’autant moins que son sujet d’élection était l’adaptation de la pièce de Christopher Hampton et du livre éponyme de John Kerr, A Most Dangerous Method, narrant les 6 années d’échanges des deux pères de la psychanalyse, Freud (Viggo Mortensen) et Jung (Michael Fassbender), d’un lien méconnu entre eux, la Russe Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente et amante du second, puis collègue et confidente du premier, avant de devenir la Françoise Dolto de son époque.

Mais où est la main gauche du Dr. Jung?

Cronenberg ne surprend pas par le choix de ses  thèmes, logiques dans sa filmographie (la sexualité, la maladie, la science, la figure du père, la rivalité entre frère), mais bien plus par le style de son film. En rien viscérale, il propose au contraire une oeuvre cérébrale, académique, parfois empesée, rappelant bien plus James Ivory que La Mouche ou eXistenZ. La violence est morale plutôt que physique et les mutations, les transformations par lesquelles passent le Dr. Jung tordent l’âme plus qu’elles ne déforment le corps. Le spectateur s’attache au jeune et brillant psychiatre suisse, le voit adopter cette nouvelle méthode autrichienne et suit les transformations que cette analyse de la psyché amène dans sa vie et celle de sa patiente. Leur relations évoluent, une douce perversion et un érotisme latent envahissent la vie intègre et protestante du médecin tandis qu’il partage avec son mentor viennois les progrès indéniables de sa belle hystérique, aux pulsions sadomasochistes.

De manière très théâtrale – le cinéaste perd de son rythme dans quelques échanges de lettres ou quelques discussions longuettes -, Cronenberg expose à la fois le trouble qui lie thérapeute et malade et celui qui se créée entre Freud, figure tutélaire et père de la psychanalyse, et Jung, héritier trop brillant et trop novateur. Le réalisateur montre le coup de foudre intellectuel que Carl Gustav Jung subit et sa déception grandissante, devant le refus de Freud à se remettre en cause, son intolérance aux initiatives théoriques de son protégé, sa volonté à n’utiliser exclusivement que le sexe comme étalon. La fracture qui, s’élargissant, finira par les séparer prend plusieurs formes, dont celle notable du très libertaire Otto Gross (Vincent Cassel), mais l’un de ses visages fondamentaux est celui de Mlle Spielrein.

Parfois un cigare n'est qu'un cigare.

Le film, par la densité de ses thématiques, par le talent de ses interprètes et celui de son réalisateur offre de nombreuses pistes de réflexion et pour quelqu’un qui s’intéresse un peu à la psychanalyse et à son histoire, il peut même devenir tout à fait fascinant. Ce n’est pourtant pas totalement emballé que je suis sorti de la salle de cinéma. Cronenberg ne réussit pas aussi parfaitement que dans ses derniers films à maintenir une tension dramatique suffisante pour que l’esprit ne vagabonde pas çà ou là, et quelques scènes superbes ne font pas oublier quelques autres de moindre intérêt, conventionnelles et bavardes. La femme de Jung est par exemple traitée de manière bien mécanique et superficielle.

Ajoutons que Mlle Knightley n’est peut-être pas l’actrice la plus adéquate pour incarner Mlle Spielrein. Son interprétation de l’hystérie, dont elle n’a en rien à rougir, est si classique que l’on ne peut s’empêcher de voir l’actrice derrière le personnage, de plus, lorsque dans la deuxième partie du film elle finit par séduire son thérapeute, on ne peut s’empêcher de tiquer car si ses charmes physiques vont de soi, elle n’incarne pas le brio intellectuel, la puissance d’innovation et de perception qu’a eu par la suite la vraie Dr. Spielrein. Ayant la chance de partager mon quotidien avec plus d’un docteur, Miss J. – pardon ! Dr. J. – peut en témoigner, il faut plus qu’une jolie plastique pour convaincre un jury de thèse, même si cela peut aider.

La fameuse relation privilégiée entre patient et thérapeute

Enfin, et là, M. Cronenberg n’y peut rien, nous avions notre propre hystérique dans la salle. Il fut en conséquence complexe de se laisser pleinement emporter par le film, quand après une vingtaine de minute, un homme s’est levé du premier rang a remonté les rangées du cinéma, s’est arrêté au dernier rang et s’est mis à insulter ce film “bouffon, de bouffons, pour les bouffons”, avant d’aller tenter, en vain, de se disputer avec un couple assis trois rangs plus bas, pour s’asseoir ensuite en milieu de salle attendre une vingtaine de minute se mettre à maugréer et vitupérer comme s’il avait un chat possédé dans la gorge et que l’exorcisme prenait effet, pour finalement aller se repositionner au premier rang et attendre la fin du film pour reprendre son délire.

Ce peut être troublant.

Mais, somme toute, malgré toutes ces imperfections, intérieures ou externes au film, A Dangerous Method intéresse, stimule et, comme l’écrivait M. J.M. dans son top 10, offre des émotions intenses, en rien négligeables. La partition est classique, mais elle belle, puissiez-vous y être sensible.

En résumé : Quand Jung se met à la psychanalyse d’une jeune russe hystérique, la tension sexuelle est palpable. Un drame très visible sur les difficultés de se lancer dans la psychothérapie. 

I had been really looking forward to watching David Cronenberg’s latest production, A Dangerous Method. It’s a sleek drama tracing six years of Carl Jung’s early psychoanalytic career (Michael Fassbender), his doomed correspondences with his father figure Freud (Viggo Mortensen) and, most spectacularly, his affair with his own patient, Sabina Spielrein (Keira Knightley), a classically hysterical, brilliant Russian chosen by Jung as a guinea pig for psychoanalysis. Her treatment goes splendidly, if by splendidly one means a dramatic reduction in hysteria accompanied by explosive patient-doctor sexual tension.

Fassbinder’s performance as Jung was somewhat mesmerizing, although perhaps I was just goggle-eyed with astonishment that this could be the same person who’d starred in Shame. While it feels as though some actors insert a similar persona into whatever film they star in, Fassbinder here was startlingly different and conveys Jung’s dilemmas and obsessions with panache. We see Jung struggle between admiration and frustration with Freud’s inflexibility regarding the limits of psychoanalysis. Jung grows a tad tired with Freud’s fixation on sexuality as the motor of the unconscious, while Freud grows exasperated with Jung’s preoccupations with synchronicity and the realm of the spiritual and the symbolic.

Just another Jungian psychoanalysis session

The film feels brittle at times, as if handled with kid gloves – there seems to be a reticence to step away from a clipped, almost antiseptic representation of the story. Its carefully stylised, costume drama elements feel overbearing at times. The violence of the characters’ emotions is kept hemmed back and largely ‘stuffed away’. In some ways this is quite fitting, as it allows for a sense of diffuse foreboding to seep into the whole fabric of the film, rather like a difficult-to-pin-down neurosis. Overall however I found it pretty riveting viewing, especially in terms of its explorations of two brilliant frontrunners of a new treatment philosophy feeling their way forward, all whilst grappling with their own desires, egos and delusions.

As Monsieur D. has already reported, we were also ‘treated’ to our very own nutter in the cinema where we saw the film – an appropriate film for it to happen – we got shouting, ranting, rambling about the cinema, strange gagging noises, and eventually, mercifully, relative periods of peace and quiet. It would have been good to see what Jung and company would have made of it.

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Top 10 – 2011

In a nutshell: For a third consecutive year, this blog lives! How cool is that?  As it’s tradition now we shall look back on 2011 and celebrate the movies we enjoyed the most. Since it wouldn’t be fair to forget our dear friends and contributors who helped us so much in maintaining this blog and providing new reviews when schedules are tight and movie theatres are packed so we can’t get in, they shall start with their Top (hum) 5 – most of them cheated -, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t.

Let the party begin – and happy New Year to you, dear reader!

Avant toute chose : Belle et Heureuse Année à Vous, Lectrice Aimée, et mes meilleurs voeux aussi pour toi sympathique lecteur, que 2012 vous apportent bien du bonheur.

Tout comme l’année dernière nous avons rassemblés nos forces, c’est à dire celles amicales et bénévoles de nos critiques invitées et leur avons demandé de nous fournir leur top 5 de leurs films préférés de cette année 2011. Chacun de nos bienveillants contributeurs nous a envoyé ses choix selon ses goûts et ses dégoûts. Certains sont commentés, d’autres nettement moins, ainsi s’expriment les différentes voix de franglaisreview. Les nôtres concluront l’exercice.

A tout seigneur, tout honneur, Mlle L. présente sur tous les fronts et sur trois continents nous donne, en plus des ses découvertes à 3€, son top 3, parce que 5, cette année c’est un peu trop.

Top Five des films vus au cinéma et qui sont sortis en cours d’année 2011 et que j’ai vraiment aimé et que c’est mission impossible d’en trouver cinq parce que sans blague cette année j’étais beaucoup aux Etats Unis et comment voulez vous que je fasse, alors du coup j’en ai que trois mais c’est vraiment en faisant tout mon possible, je vais quand même pas mettre Captain America dans mon classement, tu parles d’une daube ! :

1. Drive de Nicolas Winding Refn

2. The Killing Jar de Mark Young

3. The King’s speech de Tom Hooper

Mon top 6 de regrets terribles que j’ai pas pu les voir et que ça me rend très malheureuse et qu’en plus y en a beaucoup d’autres que j’ai ratés mais il faut bien faire un tri déjà que je respecte pas les consignes, mais que si ces films étaient passés dans le pays de blaireaux où j’étais cloitrée ben mon top five aurait eu plus de gueule, sauf que là j’ai pas pu les voir alors évidemment :

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal ; Hara Kiri de Takashi Miike ; The Artist de Michel Hazanavicius ; Harry Brown de Daniel Barber ; La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy ; Habemus Papam de Nanni Moretti.

Ma plus grosse déception que je suis pas contente et que ça aurait dû être génial et qu’en fait c’était tout mou et mal foutu et décevant et c’est pas du boulot: True Grit des frères Coen.

Bien sûr, il y a aussi les films dont on m’a rebattu les oreilles sans répit alors que c’était crâmé dès le départ puisqu’il s’agissait d’énormes daubes (en tête de liste, Black Swan de Darren Aronovsky, parce que RIEN A SECOUER des aventures en tutus de deux casse-couilles qui devraient se contenter de faire égéries Chanel et pas venir m’emm…rder à faire actrices, bon).

Et puis, enfin, un top five des films bizarres en DVD chroniques cette année :

1. Django, prepare a coffin de Stelvio Massi.

2. Danger Diabolik de Mario Bava.

3. Messiah of Evil de Willard Huyck.

4. La Banda del Trucido de Ferdinando Baldi.

5. The Abominable Doctor Phibes de Robert Fuest.

Our fan of entertainment with a bang, martial arts and cool witty one liners, Mr. J.A. followed the instructions to the letter. I love when a plan comes together.

1. Super 8 by J.J. Abrams

2. Suckerpunch by Zack Snyder

3. Crazy Stupid Love by John Requa and Glenn Ficarra

4. X-Men First Class by Matthew Vaughn

5. Midnight in Paris by Woody Allen

The worst movie of 2011 : The Three Musketeers by Paul W.S. Anderson (was there any doubt, after this biting review?)

The movie he most wanted to see but couldn’t: Red State by Kevin Smith

M. J.M., en plus d’avoir presque les mêmes initiales qu’un grand studio hollywoodien a des goûts aussi ambitieux et éclectiques … et des valeurs ! Voici ses choix :

Année étrange, difficile de donner un top 5, car les films marchent par ensembles

En 1, nettement au-dessus du lot : La piel que habito de Pedro Almodovar,

En 2, une errance : Essential Killing de Jerzy Skolimowski,

En 3, trois films, chacun imparfait, mais parfois d’une émotion très intense :

Le discours d’un roi de Tom Hopper ; Habemus papam de Nanni Moretti ; A dangerous method de David Cronenberg

En 4, trois films de genre, vitesse, accélération, vitesse :
X-Men First Class de Matthew Vaughn ; Scream 4 de Wes Craven ; Mission Impossible: Ghost Protocol de Brad Bird

Et pour (ne pas) conclure, ou pour faire une transition, un film de transition (reflet très esthète du film d’Almodovar) : L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Je n’ai pas oublié les catégories regret ou déception de l’année, mais mon tempérament ne me fait absolument rien regretter du tout et je ne suis jamais déçu par le cinéma ; en effet, je suis un mec positif, en analyse, serein, qui vit et jouit et lit et écrit et pense et rêve et voit au présent ; de telles catégories sont des réflexes de loser, certainement socialistes, soit dit en passant ; en outre, ce n’est pas une catégorie plus ou moins anonyme et en tous points conformiste qui me donnera le moindre ordre

Je n’ai pas vu Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, mais je crois que ce sera facile de rattraper cet oubli.

Déception : je ne sais pas, disons Hugo Cabret de Martin Scorsese, mais je n’en attendais rien

Surprise (voilà un terme positif et vivant, un peu fou, qui nous place dans le bonheur de l’instant présent) : L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz, que j’aime vraiment bien. En plus je n’ai détesté aucun des films français que j’ai vus cette année – voilà, au moins, les véritables valeurs peuvent se transmettre.


And then comes our international woman of mystery, the discreet but ever present Mlle CTP who sees more movies a day than there are hours. Her favorite 5 (well 6) are the following :

1. L’Apollonide de Bertand Bonello

2. Drive de Nicolas Winding Refn

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

4. La Piel que habito de Pedro Almodovar

5 (et 6). Tomboy de Céline Sciamma et Meek’s Cutoff de Kelly Reichardt

Estimant que les documentaires méritent une place à part, elle ajoute en sélection parallèle : The Ballad of Genesis and Lady Jaye  de Marie Losier et La nuit elles dansent de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault.

Elle a raté Dernière Séance de Laurent Achard, Essential Killing de Jerzy Skolimowski (mention spéciale pour la ressortie de Deep End cette année !!) et Hors Satan de Bruno Dumont.

Sa plus grande déception ?  … eeeeuh, The Tree of Life de Terrence Mallick (ils avaient fumé des gros bouts de moquettes à Cannes ou ils avaient tous des regrets new-age ?) et Poulet aux prunes de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.

Mlle Clara clôt avec sa prolixité souriante habituelle les classements de nos reviewers amis. Voici les films qui ont retenu son attention :

1. Le Gamin au vélo des frères Dardenne

Je pensais être fatiguée de leurs films, de leur univers qui me paraissait un brin répétitif, et puis, paf ! un gros coup de poing dans la figure ! Quelle force, quelle intensité, quelle maestria dans la mise en scène, dans la direction d’acteur. On en sort avec l’impression que seul le cinéma peut produire cet effet-là. Chapeau bas !

2. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Grand moment de cinéma à la Semaine de la critique, avec l’intensité de la première projection cannoise. Un sujet délicat, traité avec la force de l’urgence, la témérité d’une réalisatrice qui ose des choses risquées en s’en sortant brillamment – miracle de la grâce. Un film sur une maladie mortelle, dont on sort bouleversé et plein d’envie de vivre.

3. La Piel que habito de Pedro Almodovar

Quel étrange cerveau que celui de Pedro Almodovar… Comme avec les Dardenne, on croit qu’on est saturé de ce cinéaste à l’univers si cohérent, et puis, non ! On reste surpris par l’intelligence de sa mise en scène (la scénographie de la maison, l’esthétique de la chambre de la recluse), la folie de ces histoires d’identités sexuées chamboulées… Surpris enfin par son audace dans le mélange des tonalités, le grotesque et le sublime mêlés – très hugolien Almodovar, tiens ! Oui, cette façon qu’a Almodovar de mélanger la tonalité mélodramatique qui fait monter les larmes aux yeux, et le grand guignol qui fait éclater de rire : unique ! La référence aux Yeux sans visage en arrière-plan, si glaçante, si prégnante, est aussi une belle chose…

4. Une séparation de Asghar Farhadi

Révélation pour moi d’un cinéaste dont je suis allée après coup découvrir les films précédents, tous beaux, même si je préfère encore Une séparation. Bon, beaucoup a été déjà dit sur ce film haletant, à la direction d’acteur géniale, qui nous fait pénétrer dans cette société iranienne tellement intrigante vue d’ici…

5. Melancholia de Lars von Trier

Si j’avais envie d’aimer The Tree of life (raté !), je n’avais pas du tout envie d’aller honorer ce personnage idiot de Lars von Trier après ces débiles frasques cannoises. Mais bon, la curiosité fut trop grande. Et voilà, dès le prologue, j’ai été prise ! Ici, l’ambition métaphysique, les liens établis entre l’infini grand de l’univers et l’infiniment petit de nos affaires humaines dérisoires vus de Sirius, tout cela fonctionne et émeut, jusqu’à l’acmé final qui m’a cloué dans mon siège, knocked out. Les images et les questions soulevées par le film ont continué au-delà du visionnage de me hanter…

M. D et Miss J ont demandé un top five, mais c’est un peu juste, alors voilà pour le reste des révélations 2011 de votre serviteur.

The Artist de Michel Hazanavicius et L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller.

Et puis encore : Shame de Steve McQueen, Drive de Nicolas Winding Refn, Tomboy de Céline Sciamma, Impardonnables de André Téchiné, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, My little princess de Eva Ionesco, Habemus papam de Nanni Moretti et L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Là en revanche ce ne sera pas le pied

Mes trois plus grandes déceptions furent

1.The Tree of life de Terrence Mallick, parce que j’en attendais beaucoup et que j’avais envie d’aimer ce film ambitieux ; or impossible pour moi supporter le côté pompier des images, la dimension prêchi prêcha du message (« God, you took my son, he’s dead, it’s fine, take him, he’s yours ! » : Beurk !).

2. Carnage de Roman Polanski: autre déception d’un réalisateur dont j’attends forcément beaucoup. Pas seulement parce que Carnage est un petit film, mais aussi parce que sa misanthropie et sa misogynie m’ont semblé vaines. Et plus encore, son côté règlement de compte avec la gauche-américaine-politiquement correct-droitdelhommiste m’a paru mesquine.

3. Tintin de Steven Spielberg: encore un cinéaste dont on peut attendre beaucoup (enfin, à l’exception des fins). Impossible pour moi de supporter cette agitation de jeux vidéos, cette débauche d’effets, de caméra mouvante pour le mouvement, ce rythme frénétique sans le moindre répit. Résultat : la gerbe. Désolée !

Enfin voici le temps des regrets, dans ma bonne ville de Nice n’ont pas encore été programmé : L’Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira, Dernière séance de Laurent Achard, le dernier film de Bela Tarr, le cycle Welcome in Vienne d’Axel Corti, Donoma, Honk … J’ai aussi raté : Incendies de Denis Villeneuve et Hors satan de Bruno Dumont.

A tout ceci s’ajoute un message personnel, une épiphanie :

Cette année 2011 m’aura donné la joie de découvrir (tardivement, puisque j’aurai pu, dû, les débusquer avant) deux acteurs qui ont plus que titiller la midinette qui est moi. Rien de bien original, puisque la toile bruisse des noms de ces deux phénomènes, de ces deux créatures au sex appeal maximal mais aussi acteurs émérites dont on a envie de suivre la trajectoire future. J’ai nommé, évidemment, Michael Fassbender (mon prem’s) et Ryan Gosling. Merci d’exister les gars, et si vous lisez ce blog génial, vous pouvez écrire aux rédac chefs pour récupérer my phone number.

And now here’s…

Miss J’s top 10 for 2011:

…. I shall try to be reasonably concise.

1. Habemus Papam (Nanni Moretti) – sparklingly absurdist, compelling viewing as the Pope has a meltdown.

2. Pina (Wim Wenders) – a fine tribute to one of the twentieth century’s great choreographers.

3. Tyranosaur (Paddy Considine) – a powerful and moving drama that transcends clichés of victims and persecutors.

4. Le Havre (Aki Kaurismäki) – a touching, uplifting film about generosity and solidarity.

5. La Fée (Dominique Abel) – original and offbeat in a great way, who wouldn’t want three wishes from the fairy of Le Havre?

6. The King’s Speech (Tom Hooper) – an impeccably polished exploration of performance anxiety.

7. Moneyball (Bennett Miller) – another of those sports movies that digs down to lots of interesting universals.

8. Intouchables (Eric Toledano) – two ‘untouchables’ help each other back to life in the French comedy of the year.

9. Le Cochon de Gaza (Sylvain Estibal) – bittersweet comedy with dark satirical undertones and a storming performance by a pig.

10. The Sound of Noise (Johannes Stjärne Nilsson and Ola Simonsson) – audacious musical mayhem.

Miss J’s top three popcorn movies of the year:

 1. Rio (Carlos Saldanha) –  Feel-good music, bright sunshine, great animation, strong storyline – the perfect mood-lifter!

2. Friends With Benefits (Will Gluck) – sit back, unplug brain, smile and crunch popcorn.

3. Mission Impossible 4: The Ghost Protocol (Brad Bird) – far, far funnier than expected and as high energy as it comes.

Miss J’s top three ‘kill me now’ movies of the year:

1. The Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog) – very much wanted to care, but it was SO DULL.

2. The Lady (Luc Besson) – ugh, the soundtrack. Just thinking about it makes me want to retreat to a darkened room and whimper.

3. Hereafter (Clint Eastwood) – excruciatingly bad. As invigorating and engaging as drying paint.

Finally, three films I regret missing so far: The Artist, La Guerre est déclarée, We Need to Talk about Kevin.

Et si vous avez eu le courage d’atteindre le bout de cette page, voici le classement de mes films préférés vus en 2011, et si j’en crois ces résultats, ce fut une année durant laquelle j’ai eu besoin de rire.

1. Pina de Wim Wenders – parce que le travail d’une chorégraphe extraordinaire filmé par un réalisateur de talent crée des étincelles jusque dans l’âme

2. Habemus Papam de Nanni Moretti. Michel Piccoli est grand, beau, touchant, Moretti est caustique et tendre et la comédie vaticane subtile, j’en reveux.

3. Une séparation de Asghar Farhadi. Les acteurs sont à tomber tant ils ont la grâce, le réalisateur impressionne, l’histoire de ce divorce n’est jamais manichéenne et est universelle.

4. Tyrannosaure de Paddy Considine. Parce que Dinard recèle des pépites de cinéma britannique avec des morceaux de bravoure dedans, parce que ce drame social est puissant, percutant, émouvant et les acteurs dignes des plus beaux éloges

5. The Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson. Haletant, drôle, original et musical, que dire de plus !

6. The Trotsky de Jacob Tierney – parce que ce film hégélien a été fait pour moi, que l’histoire se répète toujours deux fois, que la seconde est une farce et quelle farce ! Et j’ai parfois la nostalgie de Montréal.

7. La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Poétique et clownesque au sens le plus noble.

8. Le Discours d’un roi de Tom Hooper – parce que ce film tout classique et conservateur qu’il est a du souffle, que Colin Firth y est magnifique, et que ce conte de fée royal m’a séduit.

9. L’Irlandais de John Michael McDonagh. Des acteurs superbes, des répliques qui font mouche, une caméra nerveuse enthousiasmante, LA comédie policière de l’année !

10. Intouchables de Eric Toledano & Olivier Nakache. Ce classement est clairement un hommage aux comédies (vues en 2011), et Intouchables réussit si bien dans l’art ô combien difficile que de faire rire, que l’on est tenté d’aller le revoir pour savourer pleinement les plaisanteries alors masquées par l’hilarité des salles. En plus, un film qui offre un podium à un handicapé moteur, un oeuf Fabergé et Omar Sy méritent qu’on le remarque.

Les trois films qui m’ont déçu ne seront pas en tant que tel les pires films de 2011, enfin pas forcément. Trop facile de dégommer un film de Christophe Honoré, Hollywoo ou Les Immortels. Toute personne qui avait un espoir en entrant dans la salle se mettait d’avance le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et pas évident avec un coude dans l’orbite de se concentrer sur l’écran.

Ainsi, là où mes espoirs furent déçus, piétinés, coupés en morceaux, noyés puis pendus :

1. Incendies de Denis Villeneuve. Une histoire absurde, ca veut faire renouveau de la tragédie grecque et ça n’est que fantasmes adolescents lourdauds et exotiques (parce que si le Liban, ou même le Moyen Orient c’est ça …) je reste encore incrédule que tant de gens que j’apprécie aient aimé ce film.

Behold the lamb de John McIlduff. Raté, tout simplement raté.

3. The Tree of Life de Terrence Mallick, qui n’est pas un mauvais film, mais tant de beautés pour tant d’ennui, je n’ai rien contre les dinosaures ni les métaphores filées, mais tout cela m’est apparu assez vain.

Enfin trois films manqués, “flûte”, mais nos chroniqueurs en disent tant de bien que s’éveille une certaine curiosité, alors espérons qu’un jour, si les Mayas nous en laissent le temps …

  1. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
  2. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
  3. La piel que habito de Pedro Almodovar.

Bonne année à toutes et tous ! Happy New Year et vivent les milles visages du cinéma.

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Shame

In a nutshell: Steve McQueen focuses his grey-blue lenses on Brandon (a superb Michael Fassbender), a lonely sex addict in New York. The visit of his sister, Sissy, will trigger his sense of shame about his lifestyle and his life choices. Beautiful but filled with truisms and rather dull. So much for so little … shame.

Aimez-vous le gris ? Le bleu ? Les teintes et les nuances qui séparent ces deux couleurs ? Shame est pour vous car Steve McQueen s’est chargé de vous montrer la vie de Brandon (Michael Fassbender, magnifique) dans ces coloris là. Parfois cela donne quelque chose de très beau, comme une ballade en métro et des œillades à une passagère, parfois cela fonctionne un peu moins bien, comme au restaurant lors d’un premier rendez-vous, le plus souvent ce n’est pas totalement dénué d’intérêt mais c’est esthétisant, froid et, pour mon goût, ennuyeux.

Pourtant il y aurait de quoi fasciner (au sens premier et pénien du terme), Fassbender sait être magnétique, il est obsédé sexuel, accroc à la masturbation, aux prostituées, aux sites internet, aux aventures d’une nuit, et même à celles d’une minute. Puritain dans l’âme, il en est honteux et l’arrivée de Sissy (médiocre Carey Mulligan), sa sœur fantasque, fait éclater le cadre protecteur de sa routine de publicitaire que la vacuité de sa vie pousse à chercher adrénaline et souffle dans la chair, ici fort triste. La tension incestueuse qui les lie ne les réjouit d’ailleurs guère.

L’histoire est attendue, sans surprise, sans joie, et trop longue. La scène qui résume le film est celle dans un bar chic où Sissy chante « New York, New York » avec une lenteur telle qu’il est possible d’entonner la chanson et de l’achever entre « New » et « York ». Et chacun de s’ébaubir parce que c’est un classique reconnaissable, qu’on est dans un endroit luxueux et qu’il y a une chance de coucher avec l’interprète, du moins si vous êtes le patron coureur de Brandon (James Badge Dale). Le tout filmé superbement avec les whiskies qui scintillent, la vue sur la ville qui ondoient, et Brandon, ému malgré lui, qui a honte de sa colère et de sa fierté. Maintenant pensez bleu-gris ! Et voilà !

Ca marche aussi en gris bleu.

J’exagère bien sûr mais il est vrai que j’ai été un peu déçu par le manque d’originalité de McQueen, qui empile les truismes attendus autour de la solitude sans érotisme de son héros. Ceux qui m’ont le plus chagriné fut le moment d’impuissance de Brandon pour la première fois dans les bras d’une compagne qu’il aurait pu aimer (ben tiens !) et celui d’un suicide dont je ne dirais pas plus pour ne rien révéler d’un des rares mystères du film, mais qui est d’une lourdeur et d’un pataud et qui est annoncé depuis si longtemps qu’on regrette presque qu’il n’ait pas lieu plus tôt.

Ni troublant, ni dérangeant, ni cru, ni particulièrement fouillé, Shame est trop lisse, trop mécanique et même trop prude pour marquer au delà d’une hautaine beauté de façade. Il offre en revanche un podium à un très bel acteur, Fassbender, qui depuis Hunger (du même McQueen) et Inglorious Basterds (de Tarantino) nous convainc à chaque film supplémentaire de son immense talent. Shame par son sujet offre également de très beaux sujets de conversations et ce sont celles entamées par la suite avec quelques amis et surtout avec Miss J. qui resteront dans ma mémoire. Rien que pour cela, merci M. McQueen.

En résumé : Ce film sur l’addiction sexuel est censé être profond, bouleversant, mais il est surtout à mourir d’ennui, même s’il laisse un arrière-goût de réflexion et quelques débats. 

Steve McQueen’s latest film Shame, starring Michael Fassbender as a miserable New York sex addict, is one of those films that leaves no doubt as to how seriously it takes itself. Beautiful shots abound, an aura of portentiousness towers over everything, and, unfortunately, gaping chasms of dullness rapidly yawn open.

Michael Fassbender deftly plays sex addict Brandon, whose life is laced with deadened emotional pain and spiced up with risky sex, or just a good session alone with his laptop, or in the privacy of his, er, workplace. The shame. Meanwhile, where Brandon is aloof and guarded, and high functioning career-wise, his troubled aspiring singer sister Sissy (Carey Mulligan) is absolutely all over the place. She turns up unannounced to trample pretty much every boundary he has, acting out her intense inner turmoil with all the consideration of a fifteen-year-old girl (which she is not). Incestuous undertones also come along for the ride.

Vaguely incestuous undertones, anyone?

The pair’s relationship plays out as a poignant, intricate dance, with Sissy desperately reaching out to Brandon as the only family member she has to turn to, strewing her stuff all over his apartment, which she gatecrashes having nowhere else to go, sleeping with his married boss in her brother’s own bed, and singing horrendously. Actually, I think the film meant to portray Sissy’s super-slow lounge bar version of New York as powerful, vulnerable and oozing raw talent, but it just made me want to pull my own fingernails out.

So in Shame Brandon is sad, Sissy is desperate, and New York is filmed in the style of the cover of a first class airport lounge ‘gritty’ photography magazine. Stylish, but sterile. The whole production grinds along, as achingly dull and numbing as Brandon’s non-life. I was deeply grateful when the whole thing  finally ground to a halt, and was more than pleasantly surprised when the aftermath of the film resulted in a lot more interesting conversation and debate than the original filmwatching experience itself.

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Les Prédateurs de la nuit

In a nutshell: “Come face to face with evil” proclaimed Jesus (Jess for the international market) Franco to cunningly sell his movie Faceless. One might argue that Clueless would have been a better suited title. But enough cutting remarks, let us all appreciate Mlle L’s critique.

En résumé : Un film, vague remake Des Yeux sans Visage de Franju, où le producteur René Château est crédité comme Fred Castle et où apparaissent Telly Savalas en riche chauve et Brigitte Lahaie en infirmière maléfique ne peut pas être fondamentalement mauvais, quoique … allons en débattre avec Mlle L. par ici.

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Les Petits Ruisseaux

In a nutshell: Emile is in his seventies, half depressed, half into his fishing and fully retired until his fishing friend Edmond passes. It makes him realise that life and its joys, sex included, are far from over. A lovely naughty film for old but also younger audiences.

Pour finir notre cycle revenons sur l’adaptation de Pascal Rabaté de sa propre bande dessinée gérontophile Les Petits Ruisseaux qui offre à Daniel Prévost l’un de ses plus beaux rôles. Il interprète Emile un septuagénaire effacé perdu dans une routine faite de pèche et de tranquille mélancolie. Son camarade pécheur, Edmond, un autre retraité, lui apprend juste avant de disparaître que la vieillesse peut être gaillarde. Et Emile d’être propulsé sur les routes du pays de Loire pour redécouvrir les plaisirs de la vie et une certaine verdeur.

Les bonheurs d'une vieillesse gaillarde

Jamais vulgaire, Rabaté n’est que tact et douceur pour ses personnages qu’il brosse modestement mais avec tendresse, les laissant s’épanouir au fil de ses plans. La renaissance sentimentale et sexuelle d’Emile pourrait aisément être tournée en ridicule, elle ne l’est jamais, la pudeur et le charme l’emporte toujours. On peut regretter une caméra naturaliste parfois timorée, si classique qu’elle touche au téléfilm, mais le découpage et la légèreté de l’ensemble font pardonner un scénario paisible et une mise en image qui l’est autant, car la finesse de Rabaté et le talent de Prévost réconfortent.

En résumé: Un film souriant sur les possibilités de recommencer sa vie de nouveau, quel que soit son âge.

To conclude this three-part series of reviews of BD film adaptations, back in the currently almost unimaginable heat of June, we went to see Les Petits Ruisseaux, an adaptation of the BD of the same name directed by its author himself, Pascal Rabaté. It tells the story of widower Emile (Daniel Prévost), who finds a new lease of life well into his seventies, spurred on by the death of his friend and fishing companion Edmond (Philippe Nahon). Edmond had discretely managed to live life to the full in, ahem, absolutely all areas despite his advanced age, giving Emile inspiration of his own. His subsequent adventures take him on a mini road-trip in his highly striking orange ‘car’, if that’s the correct term for it. He finds himself temporarily taking up residence in a rural commune, fixing their DIY problems, bonding with women aplenty, and having a grand time.

It's good to get out more

He returns rejuvenated, his life pepped up beyond recognition, and not too traumatised by the fact he’s almost killed in a traffic accident in that pesky bean can of a car of his. It’s a gently paced feel-good story that speaks for the great versatility of BD as a medium. Prévost is highly likeable in his role, conveying the poignancy of the widowed solitude of his character’s beginning, his gleeful astonishment at the adventures befalling him and his flourishing into a new life lived on his terms, freed from prejudicial expectations of the brittleness of old age as a caricatured narrowing down into ever-dwindling, not widening scopes for exploration.

Et un petit pas de deux pour clore ce cycle BD?

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Mot d’excuse

Pour des raisons trop dépendantes de notre volonté (réjouissances amicales et familiales nombreuses, thèse et travaux divers), nous nous devons de faire des choix difficiles et de laisser reposer quelque peu ce joli blog.

Mais pas d’inquiétude, la suite arrive dès que nous pouvons trouver plus de cinq minutes ou une critique amie.

Sachez que nous avons beaucoup aimé El Secreto de sus Ojos, sommes partagés pour l’Illusionniste, et passerons Les Meilleurs Amis du Monde sous silence (jusqu’à leur critique sévère bien sûr). Bébés fut charmant et L’Agence tout risque amusante.

We shall be back as soon as we possibly can … in July.

Et comme apparemment ce site manque de sexe voici un peu de porno.

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