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La Vie d’Adèle

originalIn a nutshell: Last but definitely not least: the Palme d’Or of the 2013 Cannes film festival. Inspired by a French graphic novel by Julie Maroh, Abdellatif Kechiche made a very touching love story between two young women his own. Raw and moving – the film has stired a fair bit of controversy due among others to its reportedly explicit sex scenes, this rather long film (almost 3 hours) left the jury and most of the press spellbound as well as our own Mlle Clara.

Première Palme d'or tirée d'une BD!

Première Palme d’or tirée d’une BD!

Le dernier vendredi de cette édition cannoise 2013, la queue était dense devant la « Salle du Soixantième » pour voir le film en sélection de Kechiche. C’est que le bouche-à-oreille était excellent, le film ayant été projeté la veille dans l’immense salle Lumière. Une de mes amies, qui n’est hélas pas pourvue du badge sésame « Presse », reste en rade dans sa ligne à elle, tandis qu’après une heure et demi de patience, j’entre enfin dans le saint des saints pour découvrir ce film monté dans l’urgence pour être à temps sur la Croisette — si bien que le générique en est encore absent.

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L’esquive d’une Marianne moderne ?

Les premiers plans du film ne laissent pas de doutes : on est bien dans l’univers de Kechiche. L’actrice qui incarne le rôle-titre est de quasiment tous les plans, la caméra s’attachant à son visage, ses gestes, sa démarche, dans une quête attentive et passionnée de l’être humain, dans ses trivialités comme dans ses fulgurances. Cette « vie d’Adèle » fait d’emblée référence à Marianne, le personnage de Marivaux du roman picaresque (la Vie de Marianne), manifestement un auteur cher à Kechiche si l’on en croit déjà L’Esquive. Le réalisateur prend au sérieux la façon dont les écrivains découverts à l’aube de la vie d’adulte nourrissent l’imaginaire, donnent à penser, influent sur les impulsions et les choix. Les professeurs sont dépeints par Kechiche avec un respect empathique pour le travail de passeur et d’accoucheur qu’ils peuvent avoir lorsqu’ils s’attachent à leur métier. C’est le cas des enseignants de la lycéenne Adèle. Et l’on peut penser que sa propre vocation de professeur des écoles (« institutrice » est le mot utilisé dans le film) n’est pas étrangère au plaisir qu’elle a éprouvé en classe de français. C’est au cours d’une de ces lectures à l’oral de La Vie de Marianne que le sujet du film est lancé : « «Je m’en allais avec un cœur à qui il manquait quelque chose, et qui ne savait pas ce que c’était…» Les lycéens sont interrogés sur le sens de ce « manque au cœur ». Prélude aux tâtonnements amoureux d’Adèle avec un garçon de son âge, avant de croiser dans la rue, comme dans un rêve, la fille aux cheveux bleus qui lui laissera un manque au cœur, sans qu’elle ne sache encore ce que c’est…

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La pièce manquante (allégorie en 3 heures)

La Vie d’Adèle s’attache à ce moment si particulier qu’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte, cette tranche de vie entre 16 ans et disons 23 ans, où tout est nouveau, infiniment intense, dangereux, crucial, comme irréversible. Ce moment où se vivent les premières vraies histoires d’amour, la découverte de la sexualité. Et où se décident les choix professionnels qui engageront souvent toute une vie. Si le film de Kechiche a su remuer tant de spectateurs cannois conquis, c’est évidemment pour la force de sa mise en scène, la radicalité naturaliste de sa direction d’acteurs, l’audace inédite dans le cinéma d’auteur des scènes charnelles entre deux femmes, mais aussi certainement pour le sujet universel qu’il traite : pas seulement la naissance puis la décadence de la passion amoureuse et charnelle, mais aussi, il me semble, ce moment transitoire et absolument bouleversant de notre existence au sortir de l’adolescence.

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Premiers baisers des filles d’à côté

Kechiche, il l’a redit au moment de recevoir sa palme d’or, a voulu mettre en scène l’amour entre deux êtres au-delà de la question de l’orientation sexuelle. Et c’est comme cela que l’ont reçu aussi les membres du jury présidé par Spielberg, qui, soit dit en passant, a montré pas mal de hardiesse à primer ce film qui risque de ne pas sortir aux Etats-Unis dans des réseaux de salles lambda. Disons que la force de La Vie d’Adèle c’est de ne pas occulter la question de l’hétérosexualité vs l’homosexualité, avec les interrogations du Sujet sur ses orientations personnelles, les réactions diverses de son entourage (amis, parents…), les combats à mener pour l’égalité des droits… Tout en réussissant à banaliser l’homosexualité en dépassant ce « particularisme » pour traiter de la passion amoureuse dans son absolu humain. La palme conjointe attribuée aux deux actrices du film apparaît ici parfaitement justifiée : Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux (alias Emma) livrent une interprétation ébouriffante de justesse, de vérité, à tel point que l’on croit assister à un pur documentaire.

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Est-elle pensive ou, de fatigue, est-elle morte Adèle?

La méthode de direction d’acteurs de Kechiche avait certes déjà prouvé son efficacité depuis son génial premier film, La Faute à Voltaire. On s’interroge sur la rudesse du tournage pour les actrices (laissons de côté les polémiques actuelles qui déchaînent les gazettes), qui ont payé de leur personne à un point qui, avouons-le, nous a à la fois subjugué et embarrassé. Les scènes de sexe sont d’une frontalité si criante de vérité, les longs plans-séquences laissant peu de possibilité à la simulation, que l’on hésite entre l’admiration médusée pour la captation de ce mystère du plaisir charnel, et la gêne d’entrer par effraction dans la chambre à coucher de voisines. A fortiori par l’entremise de l’œil d’un réalisateur, d’un homme mûr de surcroît. Eternelle question du cinéma comme dispositif voyeuriste/fétichiste phallocentré (cf. Laura Mulvey)… La dignité donnée au plaisir dans sa beauté nue et le respect empathique pour ses personnages tout au long du film font toutefois pencher le spectateur (la spectatrice ?) en faveur de Kechiche, qu’on a du mal à considérer comme un agent avilissant du patriarcat archaïque ! Dommage cependant qu’une vieille lune soit proférée vers le dernier tiers du film par un personnage de galeriste sympathique et qui pourrait passer comme un porte-parole du réalisateur : le plaisir féminin serait plus mystique que le plaisir masculin, plus cosmique, etc.  Ah bon ?

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Un bleu cométique plus que cosmique?

Le film de Kechiche fait près de trois heures, ce qui lui permet d’étudier, après la naissance et le déploiement d’une passion amoureuse, son érosion, son dénouement funeste, puis son épilogue après la séparation et les trajets de vie disjoints. Et c’est là l’autre sujet central de La Vie d’Adèle qui ne manque pas de force : si les deux jeunes femmes finissent par s’éloigner, c’est que le sentiment amoureux et la passion physique ne suffisent pas à dépasser les antagonismes sociaux. Le film montre en effet comment l’origine sociale des êtres les emprisonne dans l’imaginaire de leur classe. L’artiste, la fille aux cheveux bleus, a des parents qu’on imagine post-soixantuitards, hyper ouverts, cultivés, qui mangent des fruits de mer lorsqu’ils invitent la copine de leur fille, et offrent un vin blanc sélectionné avec la connaissance du gastronome. L’institutrice, fille de prolétaires, ne peut avouer à ses parents son homosexualité, et mange goulûment à table les spaghettis bolognaises que les parents cuisinent le jour où Emma est invitée. Une des observations très justes du film est le léger mépris qu’Emma et ses amis artistes et thésards éprouvent pour le métier d’institutrice d’Adèle. Il faudrait qu’Adèle devienne l’écrivaine qu’elle est en puissance, qu’elle s’exprime, bref, qu’elle réussisse sa vie, ce qui ne semble pas concevable si elle se cantonne à exercer son métier d’instit bien sympathique, mais… Kechiche épingle ce préjugé social, en donnant à voir la dignité, l’importance et la difficulté du métier d’enseignant pour les plus petits à l’orée de la vie.

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And the winners are …

Le film de Kechiche était donné par beaucoup gagnant dimanche avant la proclamation du palmarès, mais des hésitations  légitimes se faisaient entendre : Spielberg et son jury vont-ils oser ? Nous avons nous-même soupesé les personnalités supposées des membres du jury, en évaluant les chances que le réalisateur de Brokeback mountain (Ang Lee), que celui de Au-delà des collines (Cristian Miungiu), que les réalisatrices Lynn Ramsay et Naomie Kawase donneraient leurs suffrages, tout comme le feraient Daniel Auteuil et Christoph Walz. Et Nicole Kidman, sera-t-elle trop prude ? Mais elle a joué jadis dans Dogville, tout de même ! Et dans Eyes wide shut ! On aimerait bien être une petite souris pour assister aux débats de ces jurys cannois… En tous cas, en couronnant La Vie d’Adèle, Cannes a su s’affirmer comme un festival fidèle à une réputation qu’on espère perdurer : politique dans le meilleur sens du terme, artistique, audacieux.

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L’écume des jours

EDJCe n’est plus un hiatus, c’est presque une retraite. Miss J. et moi-même avons une vie trépidante et, à notre grand dam, n’avons réussi à faire vivre ce blog dont nous sommes si fiers et que vous avez la gentillesse de suivre en dépit de nos absences. Mlle Amber, une grande dame, vient à notre secours et partage son scepticisme devant le dernier opus de Michel Gondry. L’écume des jours, plutôt L’écume du snore (des ronflements) selon ses mots. Adapter Boris Vian … une gageure !

Il va falloir s'accrocher.

Il va falloir s’accrocher.

I had my doubts about this film before it even started. A wild haired woman accosted us as we waited for the INCREDIBLY SLOW staff and the lovely new Louxor cinema to serve us a drink. « this book had a most lasting affect on my life » she sighed.  Upon finding that I had not read it she gasped, looked visibly shocked and instructed me to not go in until I had. I did not take her advice. I should have. I can only presume that the book is full of wonderful and creative madness, where anything is possible in a surreal Paris, where a piano can make you a cocktail and people drive in transparent cars while anthropomorphic mice live in a parallel world.

One way to Cloud 9. Not!

One way to Cloud 9. Not!

Sadly the only truly magical thing about this film was the budget – ‘wow’ you felt yourself thinking how much did it cost to have Roman Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh and Omar Sy all in the same film? And they filmed in Paris, and they have loads of special effects!  If you liked the Science of Sleep then you might like Gondry’s particular brand of faux naïve, cutesy effects. Or not.

Faux romanticism ... shudder with Tautou

Faux romanticism … shudder with Tautou

Anyway the film – wealthy playboy Colin (Duris) meets kooky girl Chloé (Tautou), they fall in love and literally fly over Paris in a goddamn cloud. Meanwhile their gang: Nicolas, chef /butler/sex symbol (Sy) and Duris’ best friend Chick (Elmaleh) who embodies the meaningless of work and is addicted, literally, to the written word, gad about on killer ice-rinks or dog parties or other absurd things. Poor Audrey simpers and coughs, she has caught a flower (don’t ask), Duris splashes the cash until it runs out and their magic world literally decays and crumbles around them. He is even forced to get a job. He tries to save his love, but testimony to this being a French film he shags her best friend Alice (Aïssa Maïga) while she is putting on some mascara (sadly and badly). How sad. Thankfully Tautou dies in the end and her body is unceremoniously thrown into a mass grave. Phew.

Chick but not elegant

Chick but not elegant

Luckily while all this goes on you can distract yourself by playing spot that spot – “Oooh the communist building at Colonel Fabien”, I stage whisper to my boyfriend, “that herb place on rue d’Amsterdam” he shoots back, is that the Buttes Chaumont? We continue like this for the rest of the film.

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Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson  brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor – an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg – Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck – real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg – a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden – heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry – truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay Roach – Will Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort – a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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Anna Karenine

Affiche AKIn a nutshell: Mme BP loves Anna Karenina. She was afraid to go and watch its latest adaptation as some critics found that Joe Wright’s movie is more about the look and image than it is about the substance behind all of that. But to her great relief, she found that it is a sumptuous work that reignites the passion that generations of readers have felt for Tolstoy’s book. Impressive.

Ce film de Joe Wright (réalisateur de Atonement et Pride and Prejudice) est la dernière adapation, par Tom Stoppard, du roman de Tolstoï paru en 1877. Il se trouve que je venais juste de relire ce chef d’œuvre de la littérature russe. Le foisonnement d’histoires d’égale importance à celle, romantique, d’Anna et la réflexion de Tolstoï sur le sens de la vie, du mariage, des engagements, de la politique et de la religion m’avaient marquée, comme de multiples lecteurs avant moi. Je n’espérais guère retrouver cette richesse et cette complexité à l’écran ; j’ai été, comme on dit en Suisse, déçue en bien.

Est-il besoin de rappeler qu’Anna (Keira Knightley), mariée à Alexis Karenine (Jude Law), a engendré un fils et fait parti de la meilleure société de Saint Petersbourg ? Son frère, Stéphane Oblonsky (Matthew MacFadyen) l’appelle à l’aide car il a trompé sa femme Daria (Kelly Macdonald) et il faut réconcilier le couple. Chez Oblonsky, Anna rencontre Kitty (Alicia Vikander), une des sœurs de Daria, qui l’invite à un grand bal qui devrait marquer ses fiançailles avec le comte Alexis Vronsky (Aaron Taylor-Johnson). A l’arrivée du train qui l’amène chez Daria, et ensuite au grand bal, Anna tombe sous le charme de Vronsky et rien ne se passe plus comme prévu.

La densité du roman, avec notamment l’histoire d’amour parallèle de Levine (Domhnall Gleeson) que je vous laisserai découvrir, est transposée assez fidèlement grâce à un artifice qui paraît plaqué les trois premières minutes de la projection mais qu’on oublie très vite, tant tout devient clair et magique. Tourné presque exclusivement dans un théâtre, le film grâce à une musique superbe de Dario Marianelli, et aux costumes de Jacqueline Durran ajoute à ses qualités cinématographiques, celles d’un opéra-ballet.

J’ai été sous le charme des acteurs, Jude Law en tête. Il endosse le personnage d’Alexis Karenine avec la raideur qui convient et les émotions qui le traversent n’en sont alors que plus remarquables. Keira Kneightley est une Anna plausible. Seul bémol, une erreur de casting, je ne peux imaginer qu’on puise tomber raide amoureuse de Aaron Taylor-Johnson (Vronsky).

Même si rien ne remplace la richesse de la lecture, la mise-en-scène superbe, élégante, gracieuse, rend bien le foisonnement qu’on trouve dans le roman. Le film durerait 130 minutes, il n’en n’est rien paru et j’ai retrouvé toute la mythologie de cette grande oeuvre, faite d’amour, de foi, de fidélité et infidélités, de maladie, de sentiments aigus, d’hypocrisie et de jalousie, de noblesse et de perversions (tout le monde trompe tout le monde et seule la loi de la société vous autorise ou vous rejette). Tout cela est magnifié par les choix esthétiques et le montage habile de Joe Wright. Ouvrez une porte, passez derrière une colonnade et joignez-vous au ballet!

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Ruby Sparks – Elle s’appelle Ruby

In a nutshell: If Ruby Sparks, Mlle L. – our own Little Miss Sunshine – explodes. One could say she didn’t like the movie, it’d be kind. Calvin (Paul Dano) creates out of his writing the perfect girlfriend (and no it’s not Hobbes, it’s Zoe Kazan). Problems and happiness ensue. It seems than rather than being Stranger Than Fiction with insightful gender politics, Dayton and Faris’s movie is more a hipster La fille de papier by Guillaume Musso or a posh episode of Weird Science, John Hughes’ movie being definitely out of Ruby’s reach. Harsh!

Nous avions des places de cinéma gratuites; une amie (que je ne nommerai pas et à qui je promets qu’elle reste malgré tout une amie) avait aimé Little Miss Sunshine et nous fit part de son envie d’aller par conséquent voir Ruby Sparks. Cela semblait être une bonne idée, nous avons donc suivi le mouvement.

Nous sommes venues.

Nous avons vu.

Nous avons toutes cru crever tellement c’était nul.

Mlle L. et ses amies sont désormais un rien colère. Autrement dit, ça va faire mal!

Unanimité totale à la sortie: Elle s’appelle Ruby est une telle daube que malgré nos différences de goût parfois prononcées, nous avons toutes conclu que nous aurions mille fois, cent mille fois mieux fait d’aller voir American Pie 8 – Concours de pets dans les dortoirs, plutôt que ce film ni fait ni à faire, bâclé d’un bout à l’autre, et qui transpire la prétention branchouille par tous les pores.

Ruby Sparks, ça pourrait être le court métrage de fin de première année d’un des élèves les moins doués et les plus arrogants de la FEMIS – malheureusement ça dure 1h40. Tout y est prévisible, téléphoné, ridicule à force d’auto-satisfaction et d’onanisme pitoyable. Accablant.

J’explique: le film s’ouvre sur une image qui rappelle les plus grandes heures de la pub pour parfum ringarde – contre jour, couleurs dorées, musique nulle. A la différence qu’au lieu de Charlize Theron ou Laetitia Casta, la fille au centre de l’écran a l’air d’être un vilain boudin, et qu’elle est en prime dotée d’une des voix les plus insupportables de l’univers (dans le genre Mira Sorvino dans Mighty Aphrodite). Voix avec laquelle, je vous le dis tout de suite, elle va faire résonner son vocabulaire de 40 mots maximum: “What? Oh my God! That’s so cool. You’re such a loser. It’s amazing! I love it so much. I can’t believe you. Darn! You’re too much. I feel like I’m trapped. You know?” Voilà, vous avez ici l’intégralité des dialogues de Ruby – répétez à volonté pendant 105 minutes et traduisez parfois en français ; bravo, vous êtes désormais scénariste, que dis-je, écrivain.

Un calvaire s’annonce au fur et à mesure que le scénario se fait jour et que les acteurs apparaissent à l’écran.

Le héros, Calvin, est un écrivain trop méga sensible, genre il écrit des trucs qui sont trop cool, tu vois, genre trop bien (ai-je besoin de le préciser, Ruby Sparks s’adresse à un public qui aura plutôt tendance à lire Cosmopolitan et Fifty Shades of Grey que Tolstoï et Victor Hugo). Et en plus, genre c’est trop incroyable tellement c’est un génie le mec, il est à peine sorti de l’adolescence et il est grave trop pas sûr de lui, tu vois, genre timide choupinou trop cool. Très clairement, toute personne normale aura très rapidement envie de lui taper dessus à coup de barre de métal et de lui faire boire de l’élixir Eau Précieuse jusqu’à ce que mort s’ensuive, à cet insupportable abruti – joué avec le talent d’une brique par Paul Dano, qui pendant tout le film oblige ses sourcils à pointer vers le haut, ce qui lui confère une expression de niais souffreteux et surpris qui vous transformera à coup sûr en tueur sanguinaire.

“Mlle L. est après moi et … j’ai peur!”

Or, cet écrivain post-adolescent talentueux et peu sûr de lui ne parvient pas à se trouver de petite copine. Oui, car c’est bien connu: tous les grands auteurs de la littérature contemporaine à la sensibilité exacerbée se torturent avec des angoisses existentielles de poids, telles que “quand est ce que je vais pécho de la meuf ?”.

Rassurez-vous, notre sympathique héros va rapidement parvenir à pécho de la gazelle, justement en la personne de Ruby, jeune fille en fleur née de sa plume (non, d’ailleurs, de son insupportable machine-à-écrire-vintage-pour-faire-rétro-vachement-cool-tu-vois) et que son esprit et son désir finissent par concrétiser.

“Moi, dans la vie, j’aime les culottes rayées, les céréales et être concrète”

Oui, ça rappelle tellement La Rose Pourpre du Caire que ça pue le plagiat, mais on ne peut en vouloir à Zoé Kazan, auteur et interprète de cette grosse daube pourriecette bluette pour crétins, ce film. Car lorsqu’on la voit, on comprend immédiatement que Zoé Kazan n’est rien d’autre qu’une gourde décérébrée, et les accusations de plagiat en deviennent tristement risibles: car pour plagier quelque chose il faut d’abord l’avoir lu ou vu, c’est à dire avoir un minimum de culture, et ça, cette pauvre fille en est bien incapable. Ah, oui, précisons : Zoé Kazan joue Ruby, cette jeune fille idéale dont chacun tombe trop méga grave amoureux au premier regard – autrement dit, un boudin pleurnichard et inculte.

Femmes de tous les horizons, au lieu d’essayer d’être pleines d’esprit, marrantes, indépendantes, pas chiantes, modestes, cultivées mais pas pédantes, etc etc etc, écoutez Zoé Kazan: sachez que pour être irrésistible il suffit en fait de pleurnicher sur votre sort avec une voix de clarinette souffreteuse, d’avoir un gros pif rougeaud et des ongles rongés, et d’affirmer haut et fort que vous n’avez jamais ouvert un livre de votre vie.

Mais pourtant j’aime La Fille de Papier de Guillaume Musso

Je pense que vous avez saisi les grandes lignes de cette torture cinématographique, je m’autorise donc désormais à abréger: cadrages minables, montage scandaleux d’amateurisme, photo sans intérêt, le tout gorgé d’une prétention démonstrative qui rappelle les meilleurs moments des bobos s’essayant à la “photographie lifestyle avec instagram”. La bande originale vous donne envie de vous crever les tympans avec une aiguille à tricoter, car afin de bien montrer qu’il est maxi branché trop cool, les réalisateurs (oui, ils sont deux) ont fait le choix de passer un nombre parfaitement odieux et superfétatoire de chansons pop françaises rétro ou des années 1980 (que j’aurais plutôt tendance à affectionner au départ, mais dans ce contexte, ça vous donne envie de lapider Plastic Bertrand).

Les dialogues sont d’une pauvreté intolérable, les situations sont aussi prévisibles que répétitives et caricaturales, les personnages sont creux … On atteint les affres de la colère face au gâchis qui est fait des apparitions de Steve Coogan – l’acteur livre, comme à son habitude, une excellent performance, mais son personnage est inexistant, inutile, pas exploité. C’est d’ailleurs le cas d’à peu près tous les rôles de cette horripilante catastrophe cinématographique : si aberrant que cela paraisse, il n’y a jamais aucune interaction entre les protagonistes de Ruby Sparks ; chacun joue (mal) pour lui-même et les personnages n’ont, jamais, aucune réalité ni aucun intérêt. Pareil pour Eliott Gould dans le rôle du psychiatre. On est certes content de revoir l’ami Eliott, mais son personnage n’a aucune raison d’être. Et on réalise ainsi avec une bonne dose d’accablement que chacun des caractères de ce film, des rôles principaux jusqu’au chien très laid en passant par les personnages secondaires et les figurants, pourrait être aisément remplacé par un légume de votre choix (courgette, potiron, topinambours, vous êtes libres), le film en serait inchangé.

“… et Ruby sera désormais une tomate dans ce navet … mmm, I’m onto something”

Spéciale dédicace également à Annette Bening et Antonio Banderas pour leur participation à la séquence-hommage à Mon Beau Père, mes parents et moi (je sais, c’est inattendu, mais leurs personnages sont directement pompés sur ceux de Dustin Hoffman et Barbra Streisand dans cette grosse comédie bébête). Une catastrophe, vous dis-je – on a l’impression de s’être fait kidnapper par les post-ados d’un couple de hipsters prétentieux, et d’être forcés d’assister à leurs discussions logorrhéiques, creuses et arrogantes sur le sens de la vie. Un avant-goût de l’enfer. Il y a même la scène “placement de produit Apple“, que seul l’emploi de gyrophares et de cornes de brume aurait pu rendre plus hippopotamesque.

Je sens que ma pression artérielle est en train d’atteindre son seuil d’alerte pour cause d’agacement, je vais donc arrêter de m’énerver et conclure cette critique avant de faire une rupture d’anévrisme. Clairement, je vous enjoins à ne pas aller voir cette lamentable fiente qu’est Ruby Sparks. Je conseille également aux réalisateurs Jonathan Dayton et Valérie Faris ainsi qu’à l’actrice Zoé Kazan de ne pas se promener seuls dans les parkings sous terrains, car je risque à tout moment de surgir et de leur péter les genoux (métaphoriquement au moins). Et enfin, je vous recommande cette petite vidéo, qui vous donnera une idée de ce à quoi ressemblent les membres de l’équipe de Ruby Sparks : moches, mal sapés, bouffis d’orgueil, ignorants. Mais au moins, cette vidéo ne dure que huit minutes et fait sourire – ce qui n’est vraiment, vraiment pas le cas de Ruby Sparks.

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Salmon Fishing in the Yemen

In a nutshell: Will you guess where is the movie theatre we posted a picture of just below? This is the rather original place where we watched this pleasant and modest rom-com. It floats, even swims but doesn’t dazzle. Worth a watch if sweet and sentimental are your thing.

Que faire après une rude journée de voyage sur les routes, dans les montagnes et autour des lacs de Nouvelle Zélande (pays magnifique, gens charmants, seule Mlle L. y râle mais c’est parce qu’elle est française) ? Que faire, donc, à Wanaka ? Aller au cinéma, bien sûr, et quel cinéma ! Personnel à votre écoute, écran imposant, système de son cristallin, salle confortable, très confortable, mieux motorisée puisque vous pouvez voir votre film de deux automobiles situés au premier et dernier rang dans la salle.  Incroyable, non ? Mlle J et moi fûmes bluffés et séduits.

Original vous avouerez.

Nous étions néanmoins assez sceptiques sur la projection, j’avais lu le livre caustique de Paul Torday dont cette adaptation est tirée et n’en avait pas gardé un mauvais souvenir mais rien de transcendant non plus et le réalisateur, Lasse Hallström, et son cinéma classique et très sentimental ne m’enthousiasme guère. Je ne tiens pas Chocolat pour le meilleur film de Depp ou de Binoche … Des Saumons dans le Désert n’est certainement pas l’apogée de la carrière d’Emily Blunt et Ewan McGregor, mais on est loin de leur nadir. L’ensemble est honnête, même parfois charmant. Je ne vous conseillerais pas forcément d’y aller, mais ce peut être un distrayant moment, surtout si vous allez le voir en couple.

Un cheikh yéménite, charismatique et inspiré (Amr Waked) estime qu’il serait bon d’installer des saumons dans son pays pour répondre à sa passion de la pêche et partager les valeurs de celle-ci – tolérance, patience, égalité, liberté, fraternité, tout un programme démocrate et humaniste – avec ses compatriotes “qui en ont bien besoin”. Ses poches sans fond et la nécessité pour le gouvernement britannique d’avoir de bonnes nouvelles issues du Proche-Orient propulse le presque autiste scientifique Fred (McGregor) et la chargée d’affaire du cheikh Harriet (Blunt) dans ce projet surréaliste ruineux. Leur vie personnelle n’est pas au beau fixe et il devient vite clair qu’après de multiples péripéties il n’y aura pas que le poisson qui se rapprochera de la canne à pêche.

Une comédie dans laquelle on patauge un peu, mais où l’on apprend la différence importante entre pécher (c’est mal) et pêcher (c’est bien).

Fantaisie légère et (trop ?) candide, ces Saumons dans le Désert ont gommé tous les angles les plus féroces et les plus politiques de la satire parfois hargneuse de Torday, la conclusion de cette histoire, notamment, est bien plus hollywoodienne que dans le roman. Dommage, même si les midinettes s’en réjouiront. On remarquera aussi un clin d’oeil appuyé à la technologie et l’expertise chinoise – référence inexistante auparavant -, qui semble démontrer une volonté très nette de la part du cinéma anglo-américain à flatter ce nouveau grand marché jusque dans ces films les plus modestes. Nul ne devrait donc s’offusquer de cette souriante bluette plutôt lisse, un rien absurde, mais somme toute bien sympathique.

En résumé : Jolis acteurs, bonne adaptation, un cinéma d’anthologie (la salle!), un moment délicieux qui rappelle pourquoi le saumon est le poisson préféré des Européens.

One thing Salmon Fishing in the Yemen had going for it was that we had the luck to see it in one of the nicest cinemas I’ve ever been to, with a name to fit: the Cinema Paradiso in Wanaka, New Zealand. Overdosed on gazing in awe at spectacular lake Wanaka? Then head to Cinema Paradiso, where you can watch anything from art house to smash-buster with extra explosions on squishy sofas, armchairs or even from a car, supping on wine or pizza if the fancy takes you.

Ensconced in a nice sofa and basking in the laid back professionalism of the place, I was delighted to find this film less pretentious or dull than I’d been fearing. A charismatic sheikh, Muhammed (Amr Waked), hovering nicely between radiant philanthropy and more-money-than-sense nuttiness, has a vision of bringing the Scottish salmon fishing he loves so much to the Yemen, where it will proceed to heal political and social rifts within the community. And of course, dramatically raise the population’s Omega 3 levels, which is (almost) always a good thing.

Let there be fish

Cue Dr Alfred Jones (Ewan McGregor), an unhappily married fish specialist who’s contacted by Harriet (Emily Blunt), the Sheikh’s agent in London. He scoffs at the suggestion with all the righteous irritation of an expert who’s just been requested to back up the most ridiculous project he’s ever heard of, after a long history of getting interrupted from studying fish by someone else’s stupid idea. But the twin forces of office politics and the Sheikh’s bountiful mountains of crisp bank notes get him on board. Add charming Harriet to the mix and you have a recipe for fish-based explosions and fireworks.

While mushy to the point of sagginess at times, the film is pepped up by regular doses of humour and rounded off with some beautiful shots of sparkling water and cavorting salmon, which made a very strong case for grabbing a fishing rod and taking off to the nearest fish stock – which was pretty close by given our location in Wanaka. It however backs off from the savage ending of the original novel by Paul Torday, I am reliably informed – obviously cinema audiences could not be trusted to recover from or speak highly of a work lacking a golden sunset conclusion – and the film is surely weaker for it.

Sunset viewpoint

Ewan McGregor didn’t seem fully at ease in his role as a somewhat unworldly academic in a stagnant marriage – it felt as contrived and artificial as the idea of bringing coldwater fish to a desert environment. And yet, as with the film, the incongruity settled down into something more charming than troublesome. There was meanwhile something awkwardly apologetic about the sheik’s ability to leverage this kind of project. It was a shame that the romantic elements completely overshadowed the fascinating political dimensions so central to this slightly strange plot.

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This Means War (Target)

In a nutshell: Two men fight for a woman, and dirty they fight. Since they are spies, they have guns and, even better, witty dialogues, it gives Target an edge that I didn’t foresee. Way more funny than expected, a pleasant screwball comedy.

A franglaisreview on fait dans le carrément intellectuel et on va voir les films qui font tous les festivals, quand ils ne marquent pas l’histoire du 7e art d’un sceau définitif ! Bon, ça c’était une déclaration d’intention intéressante qui s’avère un peu faussée même si Mlle Clara, Mlle CTP et M. JM font leur possible pour nous aider çà et là à nourrir nos ambitions d’alternative réaliste à Positif et aux Cahiers du Cinéma. En attendant leur retour dans nos pages (Allez Mamzelle CTP et M’sieur JM ! Soyez cools ! Revenez !!!), nous nous concentrerons sur Target, le dernier produit proposé par McG – Joseph McGinty Nichol pour ses intimes -, producteur doué et réalisateur efficace et peu subtil (pensez Charlie’s Angels: Full Throttle et Terminator Salvation ou n’y pensez pas, parfois c’est mieux).

Target est d’abord un titre crétin, qui représente le choix d’adaptation d’un titre anglais – This Means War – en un autre qu’on pourrait traduire par La Cible. Je ne vais pas m’offusquer de ce que les défenseurs de la langue française faiblissent ou disparaissent mais m’étonner qu’on choisisse un titre alternatif tout aussi incompréhensible pour un public francophone que l’original. Peut-être plus abscons encore, une de mes amies pensait qu’il s’agissait de “targette”, un verrou plat, et ne comprenait donc pas du tout le lien avec ces deux espions se disputant le coeur et les jolies jambes de la même femme (Reese Witherspoon), incapable de trancher entre eux. Si on lie ce titre à une bande annonce médiocre (ci-dessous), difficile d’aller voir ce film autrement que sur une méprise ou comme plus petit dénominateur commun d’un groupe d’amis (nous étions quatre) désireux d’aller ensemble au cinéma.

Le concours pour savoir qui a la plus grosse (arme) s'avère plus amusant que prévu

Et bien j’ignore si c’est parce que mes attentes étaient très mais alors TRES basses ou que mes goûts se situent tout simplement entre le pervers et l’innommable, mais j’ai passé un bon moment. Certes la fin est primaire, pesante, puritaine, indigne, bref hollywoodienne et McG n’est pas un réalisateur très habile, mais les dialogues sont vifs, la farce souvent attrayante, et le mélange entre film d’action souriant et comédie romantique fonctionne plutôt bien car les rires sont nombreux. Le couple amical formé par Tom Hardy et Chris Pine est étonnamment crédible, Reese Witherspoon reste fade mais pas déplaisante, et un certain charme se dégage de ce triangle amoureux qui aurait mérité un peu plus d’amoralité et un scénario un peu plus solide.

Le résultat n’atteint pas celui de Design for Living  où Lubitsch adaptait Noël Coward mais on en perçoit nettement l’influence. Ainsi, la volonté badine de divertir s’exprime par la douce immoralité des protagonistes (les deux espions détournent jusqu’au Patriot Act pour draguer leur belle), ce qui augmente le potentiel comique de chaque scène. C’est donc surpris et souriants que nous sommes ressortis de cette séance dont nous n’attendions que peu et si le plaisir fut éphémère, il fut présent et continu.

En résumé: Deux espions se battent pour la même femme. Une astuce simple mais plutôt efficace pour une soirée divertissante. 

This Means War was a lot better than the trailer, which came as a relief, as it had come over as stodgy if high-octane stuff, and the reviews of the film already doing the rounds weren’t quite swooning. What we got was a great movie night with friends over a decent action movie-romantic comedy hybrid, with plenty of entertaining moments. It does depressingly conform to the ‘nobody has any real life economic issues whatsoever here’ bracket, but it also has lots of zingy dialogues and quality observations on friendship and love triangles. And of course there’s the secret agent angle, which is duly mined for gags.

Thin veneer of civilisation seconds away from wearing off

Reese Witherspoon stars as Lauren, who is utterly improbable as a character having any problem whatsoever in getting a date – the initial premise – but much more credible once two decent catches start fighting over her. Those two suitors are FDR Foster (Chris Pine), and Tuck (Tom Hardy), best friends and secret agent colleagues. And so the daftness begins. Once both realise they have the same woman in their sights, they get their gentleman’s agreement on and set out to win her over. Things of course quickly degenerate.

It succeeds in being utterly watchable by setting a good pace, and in the energy and charisma of the central trio. Moreover, thank goodness, many of the best gags had not all been spewed in the trailer, and there was a lot more to it than might have been expected. Which just left us wondering whether we had such a great time thanks to low expectations, or whether it was truly a little gem. Either way, we’ve seen a lot worse. Even if the final parts of the film do start to sag somewhat.

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L’amour dure 3 ans

In a nutshell: Does love last three years? Is it love or desire? Is Louise Bourgoin sexier than Elisa Sednaoui? Would it be fun to mix Joey Starr and Michel Legrand? GQ‘s table of content or the heart of Frédéric Beigbeder’s L’amour dure trois ans? A people’s magazine of a movie, as pleasant and entertaining, and as forgettable.

L’amour dure trois ans est l’adaptation du roman éponyme (1997) par son auteur, qui pour son premier film se place sous le parrainage de Bukowski et de Canal+ puisque le premier ouvre brièvement le film et la moitié des figures connues du second font des apparitions ou tiennent les premiers rôles, le tout sur une musique de Michel Legrand, qui, lui aussi, viendra jouer quelques notes face caméra. Là est l’art de Beigbeder, savoir se faire des amis et jouer sur tous les tableaux.

Marc/Frédéric knows that Saint Germain is the best place to be looking for his sole-mate.

A la fois profondément narcissique et quelque peu déprimé par sa personne, il opère dans un système ou la dérision fait loi et empêche toute critique sur le fond puisque formulée à l’intérieur de l’oeuvre. Après tout, son personnage principal Marc Marronnier (véritable pseudonyme de Beigbeder qui signa des articles de ce patronyme), d’inspiration très fortement biographique, ne cesse de se vomir dessus. Qui voudrait être aussi sévère ? Et son éditrice chez Grasset, jouée par la délicieuse Valérie Lemercier, résume assez bien et assez rudement ce que vaut l’ensemble : le titre est suffisamment “con” pour plaire et intriguer, son sens de la formule donne un genre, et c’est une première oeuvre qui complète bien leurs quotas.

Les quotas de comédie romantique classique pour ce film, genre cher à Miss J. Rom.-com. réalisée de manière sage, un peu maladroite, mais avec une modestie de bon aloi. Celle-ci commence d’ailleurs plutôt bien pour s’effilocher, s’essouffler et s’achever assez vainement. Mais, sauf si l’on est totalement allergique à la publicité, pas de quoi se mettre en colère : quelques moments sont assez drôles, Louise Bourgoin (Alice, l’aimée) est ravissante et désirable, et si je n’ai pas été sensible au charme de Gaspard Proust (Marc Marronnier, l’aimant), très tête à claques, il n’y a rien de déshonorant à son interprétation. Le reste de la distribution est un défilé de célébrités germanopratines, d’Alain Finkelkraut ou Ali Baddou, dans leurs rôles, à un Joey Starr, très mauvais dès qu’il commence à jouer ce qu’il n’est pas.

L'amour c'est avoir ensemble les dents blanches

Ce processus de cannibalisation d’un milieu et de ses critiques est central à toute campagne menée avec intelligence: ne pas être en antagonisme avec ses adversaires, mais les incorporer à son message et son milieu, se les approprier. Ce détournement des symboles est symptomatique de la publicité et est admirablement orchestré ici : on trouvera donc de quoi plaire à tout le monde, des romantiques aux cyniques, des amateurs de haute culture aux fans de culture populaire, des admirateurs aux contempteurs du clinquant. On peut néanmoins se sentir mal à l’aise devant cette leçon d’ambiguïté morale (de lâcheté ?), de copinage et d’autopromotion par l’autodérision, tout en respectant la franchise du réalisateur qui se dépeint comme un grand bourgeois gentiment débauché, très égocentrique, trop apitoyé sur son sort, souvent obscène, à la limite du mépris.

C’est d’ailleurs ce manque d’amour pour lui-même et pour les autres qui marque, alors que Edouard Baer, qui peut souffrir de travers similaires, tant dans la déprime que dans la fête, exsude charme et générosité jusque dans les plans les plus incongrus du culte La Bostella ou du très raté Akoibon, Frédéric Beigbeider n’a pas réussi à me faire penser qu’une affection ou un intérêt réel le liait à ses acteurs. Le produit qu’est son film est en conséquence lisse, gentiment satirique, visible sans plus, mais sans moins non plus. Un produit. Juste un produit.

En résumé : Un petit con prétentieux essaie de nous donner des leçons sur l’amour. Quand il saura ce que c’est, il pourra venir parler, en attendant qu’il aille se faire f*****. Si je puis me permettre.

This romantic comedy, penned by former ad man-turned-writer Frédéric Beigbeider and reeking autobiographical undertones, irritated me.

It stars a self-centered Germanopratan pseudo-intellectual in dire need of a system reboot of his values, backbone and emotional integrity: literary critic and soon-to-be superstar author Beigbeider Marc Maronnier (Gaspar Proust). He kicks off the proceedings vomiting all over himself after the ‘mysterious’ breakdown of his marriage, agonizing over the strangely uncompelling question of how all the passion could have run dry. And with two such charming, altruistic people in the relationship! Still, it gives him inspiration for a bitter book about relationships, “Love Only Lasts Three Years’, which is initially trounced by a stream of editors, who basically recommend he never put pen to paper again for the good of humanity. And Amen to that.

Louise Bourgoin then comes onto the scene as Alice. They meet at Marc’s grandmother’s funeral in the gorgeous (tourism board sponsored?) Basque country. These guys really know how to act classily at a funeral, getting wasted and flirting to death – Alice is married to Marc’s cousin, but it’s lust at first sight. Marc isn’t too constrained by the awkward family ties issue, and proceeds to hotly pursue Alice, while various other subplots limp along. JoeyStarr is there in the role of pointless friend, but does bring one of the most awkward man on man kisses I’ve ever seen. Credit where it’s due, there are some great satirical moments in places – the presentation of the Parisian literary scene is hilarious, particularly Marc’s acerbic editor at Grasset (impeccable Valérie Lemercier).

Yes, the Basque coast is stunning. If we can just get these two idiots out of the shot.

What really oozed from all this, though, was bland, superficial coldness. The characters are spectacularly self-involved and it stinks. The worst moment for me, which summed it all up pretty well, was how a homeless person is used as a prop for a gag – Marc falls asleep on the poor guy’s shoulder while moping around waiting for Alice. The homeless thing contrasts depressingly to this world populated by people whose biggest problem is to have too many good options in their lives. Who have their nice apartments, clothes, consumer products, super privileged, drowning-in-good-things lifestyle, and who can’t see more than two millimeters in front of their own noses. Didn’t care about them, wasn’t surprised they were in thrall to a lust gratification compunction, didn’t care, felt annoyed. A ‘product’ of a film without any hint of a soul. Blech.

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Top 10 – 2011

In a nutshell: For a third consecutive year, this blog lives! How cool is that?  As it’s tradition now we shall look back on 2011 and celebrate the movies we enjoyed the most. Since it wouldn’t be fair to forget our dear friends and contributors who helped us so much in maintaining this blog and providing new reviews when schedules are tight and movie theatres are packed so we can’t get in, they shall start with their Top (hum) 5 – most of them cheated -, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t.

Let the party begin – and happy New Year to you, dear reader!

Avant toute chose : Belle et Heureuse Année à Vous, Lectrice Aimée, et mes meilleurs voeux aussi pour toi sympathique lecteur, que 2012 vous apportent bien du bonheur.

Tout comme l’année dernière nous avons rassemblés nos forces, c’est à dire celles amicales et bénévoles de nos critiques invitées et leur avons demandé de nous fournir leur top 5 de leurs films préférés de cette année 2011. Chacun de nos bienveillants contributeurs nous a envoyé ses choix selon ses goûts et ses dégoûts. Certains sont commentés, d’autres nettement moins, ainsi s’expriment les différentes voix de franglaisreview. Les nôtres concluront l’exercice.

A tout seigneur, tout honneur, Mlle L. présente sur tous les fronts et sur trois continents nous donne, en plus des ses découvertes à 3€, son top 3, parce que 5, cette année c’est un peu trop.

Top Five des films vus au cinéma et qui sont sortis en cours d’année 2011 et que j’ai vraiment aimé et que c’est mission impossible d’en trouver cinq parce que sans blague cette année j’étais beaucoup aux Etats Unis et comment voulez vous que je fasse, alors du coup j’en ai que trois mais c’est vraiment en faisant tout mon possible, je vais quand même pas mettre Captain America dans mon classement, tu parles d’une daube ! :

1. Drive de Nicolas Winding Refn

2. The Killing Jar de Mark Young

3. The King’s speech de Tom Hooper

Mon top 6 de regrets terribles que j’ai pas pu les voir et que ça me rend très malheureuse et qu’en plus y en a beaucoup d’autres que j’ai ratés mais il faut bien faire un tri déjà que je respecte pas les consignes, mais que si ces films étaient passés dans le pays de blaireaux où j’étais cloitrée ben mon top five aurait eu plus de gueule, sauf que là j’ai pas pu les voir alors évidemment :

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal ; Hara Kiri de Takashi Miike ; The Artist de Michel Hazanavicius ; Harry Brown de Daniel Barber ; La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy ; Habemus Papam de Nanni Moretti.

Ma plus grosse déception que je suis pas contente et que ça aurait dû être génial et qu’en fait c’était tout mou et mal foutu et décevant et c’est pas du boulot: True Grit des frères Coen.

Bien sûr, il y a aussi les films dont on m’a rebattu les oreilles sans répit alors que c’était crâmé dès le départ puisqu’il s’agissait d’énormes daubes (en tête de liste, Black Swan de Darren Aronovsky, parce que RIEN A SECOUER des aventures en tutus de deux casse-couilles qui devraient se contenter de faire égéries Chanel et pas venir m’emm…rder à faire actrices, bon).

Et puis, enfin, un top five des films bizarres en DVD chroniques cette année :

1. Django, prepare a coffin de Stelvio Massi.

2. Danger Diabolik de Mario Bava.

3. Messiah of Evil de Willard Huyck.

4. La Banda del Trucido de Ferdinando Baldi.

5. The Abominable Doctor Phibes de Robert Fuest.

Our fan of entertainment with a bang, martial arts and cool witty one liners, Mr. J.A. followed the instructions to the letter. I love when a plan comes together.

1. Super 8 by J.J. Abrams

2. Suckerpunch by Zack Snyder

3. Crazy Stupid Love by John Requa and Glenn Ficarra

4. X-Men First Class by Matthew Vaughn

5. Midnight in Paris by Woody Allen

The worst movie of 2011 : The Three Musketeers by Paul W.S. Anderson (was there any doubt, after this biting review?)

The movie he most wanted to see but couldn’t: Red State by Kevin Smith

M. J.M., en plus d’avoir presque les mêmes initiales qu’un grand studio hollywoodien a des goûts aussi ambitieux et éclectiques … et des valeurs ! Voici ses choix :

Année étrange, difficile de donner un top 5, car les films marchent par ensembles

En 1, nettement au-dessus du lot : La piel que habito de Pedro Almodovar,

En 2, une errance : Essential Killing de Jerzy Skolimowski,

En 3, trois films, chacun imparfait, mais parfois d’une émotion très intense :

Le discours d’un roi de Tom Hopper ; Habemus papam de Nanni Moretti ; A dangerous method de David Cronenberg

En 4, trois films de genre, vitesse, accélération, vitesse :
X-Men First Class de Matthew Vaughn ; Scream 4 de Wes Craven ; Mission Impossible: Ghost Protocol de Brad Bird

Et pour (ne pas) conclure, ou pour faire une transition, un film de transition (reflet très esthète du film d’Almodovar) : L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Je n’ai pas oublié les catégories regret ou déception de l’année, mais mon tempérament ne me fait absolument rien regretter du tout et je ne suis jamais déçu par le cinéma ; en effet, je suis un mec positif, en analyse, serein, qui vit et jouit et lit et écrit et pense et rêve et voit au présent ; de telles catégories sont des réflexes de loser, certainement socialistes, soit dit en passant ; en outre, ce n’est pas une catégorie plus ou moins anonyme et en tous points conformiste qui me donnera le moindre ordre

Je n’ai pas vu Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, mais je crois que ce sera facile de rattraper cet oubli.

Déception : je ne sais pas, disons Hugo Cabret de Martin Scorsese, mais je n’en attendais rien

Surprise (voilà un terme positif et vivant, un peu fou, qui nous place dans le bonheur de l’instant présent) : L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz, que j’aime vraiment bien. En plus je n’ai détesté aucun des films français que j’ai vus cette année – voilà, au moins, les véritables valeurs peuvent se transmettre.


And then comes our international woman of mystery, the discreet but ever present Mlle CTP who sees more movies a day than there are hours. Her favorite 5 (well 6) are the following :

1. L’Apollonide de Bertand Bonello

2. Drive de Nicolas Winding Refn

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

4. La Piel que habito de Pedro Almodovar

5 (et 6). Tomboy de Céline Sciamma et Meek’s Cutoff de Kelly Reichardt

Estimant que les documentaires méritent une place à part, elle ajoute en sélection parallèle : The Ballad of Genesis and Lady Jaye  de Marie Losier et La nuit elles dansent de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault.

Elle a raté Dernière Séance de Laurent Achard, Essential Killing de Jerzy Skolimowski (mention spéciale pour la ressortie de Deep End cette année !!) et Hors Satan de Bruno Dumont.

Sa plus grande déception ?  … eeeeuh, The Tree of Life de Terrence Mallick (ils avaient fumé des gros bouts de moquettes à Cannes ou ils avaient tous des regrets new-age ?) et Poulet aux prunes de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.

Mlle Clara clôt avec sa prolixité souriante habituelle les classements de nos reviewers amis. Voici les films qui ont retenu son attention :

1. Le Gamin au vélo des frères Dardenne

Je pensais être fatiguée de leurs films, de leur univers qui me paraissait un brin répétitif, et puis, paf ! un gros coup de poing dans la figure ! Quelle force, quelle intensité, quelle maestria dans la mise en scène, dans la direction d’acteur. On en sort avec l’impression que seul le cinéma peut produire cet effet-là. Chapeau bas !

2. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Grand moment de cinéma à la Semaine de la critique, avec l’intensité de la première projection cannoise. Un sujet délicat, traité avec la force de l’urgence, la témérité d’une réalisatrice qui ose des choses risquées en s’en sortant brillamment – miracle de la grâce. Un film sur une maladie mortelle, dont on sort bouleversé et plein d’envie de vivre.

3. La Piel que habito de Pedro Almodovar

Quel étrange cerveau que celui de Pedro Almodovar… Comme avec les Dardenne, on croit qu’on est saturé de ce cinéaste à l’univers si cohérent, et puis, non ! On reste surpris par l’intelligence de sa mise en scène (la scénographie de la maison, l’esthétique de la chambre de la recluse), la folie de ces histoires d’identités sexuées chamboulées… Surpris enfin par son audace dans le mélange des tonalités, le grotesque et le sublime mêlés – très hugolien Almodovar, tiens ! Oui, cette façon qu’a Almodovar de mélanger la tonalité mélodramatique qui fait monter les larmes aux yeux, et le grand guignol qui fait éclater de rire : unique ! La référence aux Yeux sans visage en arrière-plan, si glaçante, si prégnante, est aussi une belle chose…

4. Une séparation de Asghar Farhadi

Révélation pour moi d’un cinéaste dont je suis allée après coup découvrir les films précédents, tous beaux, même si je préfère encore Une séparation. Bon, beaucoup a été déjà dit sur ce film haletant, à la direction d’acteur géniale, qui nous fait pénétrer dans cette société iranienne tellement intrigante vue d’ici…

5. Melancholia de Lars von Trier

Si j’avais envie d’aimer The Tree of life (raté !), je n’avais pas du tout envie d’aller honorer ce personnage idiot de Lars von Trier après ces débiles frasques cannoises. Mais bon, la curiosité fut trop grande. Et voilà, dès le prologue, j’ai été prise ! Ici, l’ambition métaphysique, les liens établis entre l’infini grand de l’univers et l’infiniment petit de nos affaires humaines dérisoires vus de Sirius, tout cela fonctionne et émeut, jusqu’à l’acmé final qui m’a cloué dans mon siège, knocked out. Les images et les questions soulevées par le film ont continué au-delà du visionnage de me hanter…

M. D et Miss J ont demandé un top five, mais c’est un peu juste, alors voilà pour le reste des révélations 2011 de votre serviteur.

The Artist de Michel Hazanavicius et L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller.

Et puis encore : Shame de Steve McQueen, Drive de Nicolas Winding Refn, Tomboy de Céline Sciamma, Impardonnables de André Téchiné, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, My little princess de Eva Ionesco, Habemus papam de Nanni Moretti et L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Là en revanche ce ne sera pas le pied

Mes trois plus grandes déceptions furent

1.The Tree of life de Terrence Mallick, parce que j’en attendais beaucoup et que j’avais envie d’aimer ce film ambitieux ; or impossible pour moi supporter le côté pompier des images, la dimension prêchi prêcha du message (« God, you took my son, he’s dead, it’s fine, take him, he’s yours ! » : Beurk !).

2. Carnage de Roman Polanski: autre déception d’un réalisateur dont j’attends forcément beaucoup. Pas seulement parce que Carnage est un petit film, mais aussi parce que sa misanthropie et sa misogynie m’ont semblé vaines. Et plus encore, son côté règlement de compte avec la gauche-américaine-politiquement correct-droitdelhommiste m’a paru mesquine.

3. Tintin de Steven Spielberg: encore un cinéaste dont on peut attendre beaucoup (enfin, à l’exception des fins). Impossible pour moi de supporter cette agitation de jeux vidéos, cette débauche d’effets, de caméra mouvante pour le mouvement, ce rythme frénétique sans le moindre répit. Résultat : la gerbe. Désolée !

Enfin voici le temps des regrets, dans ma bonne ville de Nice n’ont pas encore été programmé : L’Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira, Dernière séance de Laurent Achard, le dernier film de Bela Tarr, le cycle Welcome in Vienne d’Axel Corti, Donoma, Honk … J’ai aussi raté : Incendies de Denis Villeneuve et Hors satan de Bruno Dumont.

A tout ceci s’ajoute un message personnel, une épiphanie :

Cette année 2011 m’aura donné la joie de découvrir (tardivement, puisque j’aurai pu, dû, les débusquer avant) deux acteurs qui ont plus que titiller la midinette qui est moi. Rien de bien original, puisque la toile bruisse des noms de ces deux phénomènes, de ces deux créatures au sex appeal maximal mais aussi acteurs émérites dont on a envie de suivre la trajectoire future. J’ai nommé, évidemment, Michael Fassbender (mon prem’s) et Ryan Gosling. Merci d’exister les gars, et si vous lisez ce blog génial, vous pouvez écrire aux rédac chefs pour récupérer my phone number.

And now here’s…

Miss J’s top 10 for 2011:

…. I shall try to be reasonably concise.

1. Habemus Papam (Nanni Moretti) – sparklingly absurdist, compelling viewing as the Pope has a meltdown.

2. Pina (Wim Wenders) – a fine tribute to one of the twentieth century’s great choreographers.

3. Tyranosaur (Paddy Considine) – a powerful and moving drama that transcends clichés of victims and persecutors.

4. Le Havre (Aki Kaurismäki) – a touching, uplifting film about generosity and solidarity.

5. La Fée (Dominique Abel) – original and offbeat in a great way, who wouldn’t want three wishes from the fairy of Le Havre?

6. The King’s Speech (Tom Hooper) – an impeccably polished exploration of performance anxiety.

7. Moneyball (Bennett Miller) – another of those sports movies that digs down to lots of interesting universals.

8. Intouchables (Eric Toledano) – two ‘untouchables’ help each other back to life in the French comedy of the year.

9. Le Cochon de Gaza (Sylvain Estibal) – bittersweet comedy with dark satirical undertones and a storming performance by a pig.

10. The Sound of Noise (Johannes Stjärne Nilsson and Ola Simonsson) – audacious musical mayhem.

Miss J’s top three popcorn movies of the year:

 1. Rio (Carlos Saldanha) –  Feel-good music, bright sunshine, great animation, strong storyline – the perfect mood-lifter!

2. Friends With Benefits (Will Gluck) – sit back, unplug brain, smile and crunch popcorn.

3. Mission Impossible 4: The Ghost Protocol (Brad Bird) – far, far funnier than expected and as high energy as it comes.

Miss J’s top three ‘kill me now’ movies of the year:

1. The Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog) – very much wanted to care, but it was SO DULL.

2. The Lady (Luc Besson) – ugh, the soundtrack. Just thinking about it makes me want to retreat to a darkened room and whimper.

3. Hereafter (Clint Eastwood) – excruciatingly bad. As invigorating and engaging as drying paint.

Finally, three films I regret missing so far: The Artist, La Guerre est déclarée, We Need to Talk about Kevin.

Et si vous avez eu le courage d’atteindre le bout de cette page, voici le classement de mes films préférés vus en 2011, et si j’en crois ces résultats, ce fut une année durant laquelle j’ai eu besoin de rire.

1. Pina de Wim Wenders – parce que le travail d’une chorégraphe extraordinaire filmé par un réalisateur de talent crée des étincelles jusque dans l’âme

2. Habemus Papam de Nanni Moretti. Michel Piccoli est grand, beau, touchant, Moretti est caustique et tendre et la comédie vaticane subtile, j’en reveux.

3. Une séparation de Asghar Farhadi. Les acteurs sont à tomber tant ils ont la grâce, le réalisateur impressionne, l’histoire de ce divorce n’est jamais manichéenne et est universelle.

4. Tyrannosaure de Paddy Considine. Parce que Dinard recèle des pépites de cinéma britannique avec des morceaux de bravoure dedans, parce que ce drame social est puissant, percutant, émouvant et les acteurs dignes des plus beaux éloges

5. The Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson. Haletant, drôle, original et musical, que dire de plus !

6. The Trotsky de Jacob Tierney – parce que ce film hégélien a été fait pour moi, que l’histoire se répète toujours deux fois, que la seconde est une farce et quelle farce ! Et j’ai parfois la nostalgie de Montréal.

7. La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Poétique et clownesque au sens le plus noble.

8. Le Discours d’un roi de Tom Hooper – parce que ce film tout classique et conservateur qu’il est a du souffle, que Colin Firth y est magnifique, et que ce conte de fée royal m’a séduit.

9. L’Irlandais de John Michael McDonagh. Des acteurs superbes, des répliques qui font mouche, une caméra nerveuse enthousiasmante, LA comédie policière de l’année !

10. Intouchables de Eric Toledano & Olivier Nakache. Ce classement est clairement un hommage aux comédies (vues en 2011), et Intouchables réussit si bien dans l’art ô combien difficile que de faire rire, que l’on est tenté d’aller le revoir pour savourer pleinement les plaisanteries alors masquées par l’hilarité des salles. En plus, un film qui offre un podium à un handicapé moteur, un oeuf Fabergé et Omar Sy méritent qu’on le remarque.

Les trois films qui m’ont déçu ne seront pas en tant que tel les pires films de 2011, enfin pas forcément. Trop facile de dégommer un film de Christophe Honoré, Hollywoo ou Les Immortels. Toute personne qui avait un espoir en entrant dans la salle se mettait d’avance le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et pas évident avec un coude dans l’orbite de se concentrer sur l’écran.

Ainsi, là où mes espoirs furent déçus, piétinés, coupés en morceaux, noyés puis pendus :

1. Incendies de Denis Villeneuve. Une histoire absurde, ca veut faire renouveau de la tragédie grecque et ça n’est que fantasmes adolescents lourdauds et exotiques (parce que si le Liban, ou même le Moyen Orient c’est ça …) je reste encore incrédule que tant de gens que j’apprécie aient aimé ce film.

Behold the lamb de John McIlduff. Raté, tout simplement raté.

3. The Tree of Life de Terrence Mallick, qui n’est pas un mauvais film, mais tant de beautés pour tant d’ennui, je n’ai rien contre les dinosaures ni les métaphores filées, mais tout cela m’est apparu assez vain.

Enfin trois films manqués, “flûte”, mais nos chroniqueurs en disent tant de bien que s’éveille une certaine curiosité, alors espérons qu’un jour, si les Mayas nous en laissent le temps …

  1. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
  2. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
  3. La piel que habito de Pedro Almodovar.

Bonne année à toutes et tous ! Happy New Year et vivent les milles visages du cinéma.

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Sexe entre amis (Friends With Benefits)

In a nutshell: Miss J, good “friend” that she is, brought me to watch that comedy. After that, we came back to my place and “talked” it through. In conclusion … we had a laugh and the right balance between raunchiness and sweetness.

Toujours en recherche de la comédie romantique absolue, Miss J. nous emmena voir la comédie “libérée” Sexe entre amis, qui à ma surprise fut bien plus réussie que je l’imaginais. Non pas que le film soit exceptionnel mais parce que plus simplement la recette fonctionne. Comme pour un plat modeste dont chaque ingrédient aurait été bien choisi et qui aurait eu la chance d’être cuisiné comme il faut.

Ainsi rien de particulièrement mémorable dans ce produit hollywoodien, mais rien de honteux non plus et beaucoup d’éclats de rire. La jolie Mila Kunis et Justin Timberlake, qui devient un acteur plus que valable, forment un couple très assorti d’amants réguliers effrayés par l’idée de devenir amoureux. Destin funeste auquel bien sûr ils n’échapperont pas.

En même temps, il y a des destins plus funestes que ça ...

Habile petite comédie post-moderne, Sexe entre amis se moque gentiment de ses héros et des lois du genre sans jamais trop s’en éloigner, proposant même une parodie de rom-com que Kunis se plait à regarder lors de ses soirées télé. Grâce à une distribution de seconds rôles percutants – la grande Patricia Clarkson, le toujours solide Richard Jenkins et Woody Harrelson, réjouissant en homosexuel viril et dominateur – et d’un sens aigu du rythme – Jean-Luc Moreau a trouvé une âme sœur américaine – Will Gluck maîtrise de bout en bout sa comédie de mœurs l’ancrant admirablement dans l’esprit de notre époque.

Irrévérencieux quand il le faut, nourri de dialogues vifs et amusants et surtout servi par deux acteurs semblant faits pour jouer ensemble, Sexe entre amis ne révolutionne rien mais divertit beaucoup. Natalie Portman et Ashton Kutcher (soupir) feraient bien de s’en inspirer, car sur une trame presque équivalente Ivan Reitman (dans Sex friends, voir la critique malaisienne de Miss J.) ne réussit qu’à produire une bluette sirupeuse. Restons tonique et préférons ce film-ci.

En résumé : Peut-on faire l’amour et rester copains sans embarquer dans un truc plus sérieux? Même si on s’en fout de la réponse, la comédie romantique Sexe entre amis n’est pas mal du tout dans son genre . 

At first glance, I felt like I’d already seen this romcom: friends embarking on no-strings attached sex, only to get the urge to grab the nearest coil of rope to start tying ever-lasting knots. Hadn’t I seen this already? Then the flashbacks began. It’s very, very early in the morning, and I am in a minibus zooming up a Malaysian motorway. Many of the passengers are getting paler by the minute. I am starting to wonder when we’re going to take off. And a crappy quality DVD with Natalie Portman and – much worse – Ashton Kutcher is playing. It’s pretty terrible, but if I focus hard enough on the movie I can distract myself from the sneaking suspicion that sudden death might be moments away. As a fellow traveler commented afterwards, “well, that was the best film I’ve seen all morning”.

But no! This is not No Strings Attached, more’s the mercy. This time it’s Justin ‘cry me a riverrr’ Timberlake and Mila ‘husky’ Kunis who decide to fail at the friends with benefits thing. It’s still a total product, and I should not be proud in any way, but I had a great evening. I even had a giant, giant cardboard cup of Coke with a straw and ice and everything, slurped and slurped, and forgot for a while that i) life can be tough and ii) life is often tough with knobs on. Timberlake’s great as a just-slightly quirky guy (who’s less creepy than the geeky prof he plays in Bad Teacher). He of course has a cardboard cutout perfect career. Kunis plays a Head Hunter, similarly unencumbered by worries of struggling to get by in life job-wise, who tracks him down and talks him into moving to New York to become the photo editor of GQ. Sleek. They soon start sleeping together with the promise that it will be nothing more than a buddies-meeting-to-play-tennis thing.

Where's Jaws when you need him?

The result, happily, is unpretentious, feel-good and polished. The actors have a real energy (Woody Harrelson is quite something). There is some surprisingly daring humour, and it pokes fun at itself and the romcom genre. It’s full of joie de vivre without overdoing it too badly. It slumps a bit towards the end, wallows around just a little as Kunis and Timberlake start to freak out at how complicated it’s all getting, but it manages to pull back from melodramatic disaster with frequent shifts in mood and register. And when things get a little slack between the main characters, others pick up the pace. A giant ice cream sundae of a film. With all the pros and cons that go with it.

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