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Gravity

Gravity 1In a nutshell: Awesome visual effects, very thin storyline, Gravity is spectacular, yet not as thrilling or deep as promised by the raving blurbs and most professional critics.

Et vous ? Vous sentez-vous plutôt attiré par la dernière Palme d’Or ou le meilleur film catastrophe de l’année ? Nous, ce fut l’immensité de l’espace et la virtuosité d’Alfonso Cuaròn qui nous séduisirent. Gravity narre de façon très linéaire, par petites touches et grands bonds spatiaux, les tentatives de survie d’une équipe d’astronautes, réduite très vite à peau de chagrin (George Clooney et Sandra Bullock), perdue dans l’orbite de notre planète tandis qu’une pluie de débris les menacent avec régularité. Images renversantes, plans-séquence grandioses, Cuaròn démontre une fois de plus ses capacités à mettre en scène et faire ressentir l’espace et le temps en un ballet en apesenteur inspirant. Spectaculaire et maîtrisé, Gravity impressionne.

Selon James Cameron, le plus beau film sur l'espace tout de même!

Selon James Cameron, le plus beau film sur l’espace tout de même!

Mais peut-être parce que précédé d’une rumeur dithyrambique, le film n’emporte pas autant que ce que l’emballement des critiques aurait pu faire penser. Le scénario, bien mince, est attendu et sans surprise, si ce n’est celle de voir que la NASA envoit, semble-t-il sans y songer à deux fois, une scientifique mal préparée et dépressive dans les profondeurs de notre univers. La métaphore filée du cordon ombilical et derrière d’une renaissance de cette héroïne retrouvant l’envie de vivre ou la volonté de survivre apparaît maladroite en dépit du charme de Sandra Bullock, et la dernière demi-heure de ce film nous fait revivre les mêmes scènes en boucle en subissant une bande son tonitruante désireuse de guider nos émotions, voire de dicter ce que nous devons ressentir.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Notons aussi que plus que la 3D, c’est la construction d’une grande partie de l’histoire directement sur ordinateur qui marque l’histoire du cinéma. Ainsi la magnifique scène d’ouverture n’est pas tournée sur écran vert mais créée sur ordinateur, les visages des astronautes filmés ailleurs, étant ensuite ajoutés. On constatera la crédibilité des images et la difficulté de plus en plus importante pour le spectateur à définir la réalité ou non de ce qu’il observe.

Entre histoire chétive, technique éblouissante et images sublimes chacun fera son choix.

247813id1h_Ver1_Gravity_2ndLook_27x40_1Sheet.inddEn résumé : Vous connaissez des jeunes qui souhaitent devenir astronautes quand ils seront grands? Amenez-les voir ce film, ça les calmera. Ce film se regarde avec plaisir mais en fin de compte, les critiques me semblent avoir été un peu hyperboliques …

I must admit, I’m not entirely sure what all the extra-extravagant swooning has all been about for this one. Someone seems to have sent out the memo that Gravity is a work of awe-inspiring genius, and even Les Cahiers du Cinéma has been toeing the line. Les Cahiers! That’s not to say that Gravity is not an extremely decent watch. But it’s also so… formulaic and box-ticking! For anyone who’s been living in outer space cut off from the world lately (other than the cast of Gravity, huhu), the premise here is that poor Sandra Bullock, hastily-trained NASA technician, finds herself caught in an unfortunate chain reaction whereby bits of flying satellite (the Soviets’ fault) destroy her craft and most functional space stations within a thousand mile radius. She’s left stranded in her spacesuit with only George Clooney for company, and anyone can tell that he has been given far too jocular, reassuring a personality to have much chance of lasting long. Can she get back to earth in the face of all the odds, armed with only about 200 ml of oxygen and a wavering will to live?

uh-oh

uh-oh

The film’s beautifully shot and clearly knows its Space Odyssey. Second-to-none technology is doing its thing with brio here. The narrative arc is perfectly solid and the tension is kept up throughout – but not as spectacularly high as I’d been led to believe it might. Meanwhile its 3D elements felt pretty cursory and limp, other than for the very odd bit of flying debris that felt like it might be going to take your eye out. Bullock’s character has quite the time of it, and learns some important stuff about herself in the midst of being given the fright – and fight – of her life in zero gravity. She plays very well and it was all highly professional and well oiled. But I really think the people crying genius have lost the plot – there’s something quite crude and clunky about the whole thing that just makes the lavish praise a bit startling.

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Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson  brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor – an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg – Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck – real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg – a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden – heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry – truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay Roach – Will Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort – a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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Rentrée, nouveauté et casserole

Franglaisreview en est à sa quatrième saison comme on dit dans le monde des séries télévisées et s’honore d’avoir eu au moment où j’écris ces lignes plus de 50’000 visiteurs dont certains sont même cinéphiles et non pas à la recherche de photos dénudées, de clips pornographiques ou du programme économique de Mitt Romney, car on trouve de tout sur ce site, sauf peut-être un programme économique de quelque candidat que ce soit.

Quoique …

Nous nous réjouissons de reprendre nos critiques, espérant, comme chaque année, que la pause estivale passée nous réussirons à tenir le rythme et que nous pourrons publier régulièrement chroniques et critiques des nouveautés cinématographiques de 2012 et 2013.

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, un petit cadeau de Mlle L.

Pour vous remercier de votre amitié et votre fidélité, ou alors pour tester vos limites – je ne suis pas bien sûr – notre complice et co-critique Mlle L. a décidé de vous proposer un objet cinématographique qui, nous l’espérons, vous réjouira, mais qui, quelle que soit votre réaction, interdira désormais à ses participants toute carrière publique.

A vite, sur Franglaisreview !

Miss J. far too shocked to be able to write anything will just say “keep reading Franglaisreview!” …

“Some of us have jobs, you know!” …

“Now, I’m lost!!!”

‘Tis now on the record.

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Cosmopolis

In a nutshell: David Cronenberg’s faithful adaptation from Don DeLillo’s 2003 slow-paced novel is stylish, wordy, detached yet visceral and rather fascinating. A dark theatrical ride worthy of your attention.

Deux expressionnistes abstraits pour entourer une très fidèle adaptation du roman de Don DeLillo. Pollock ouvre le film tandis que Rothko illustre le générique de fin. En fait, je pourrais m’arrêter là tant l’intelligence de Cronenberg s’exprime dans ces choix et permettent de comprendre le personnage de Eric Packer (Robert Pattinson parfait), jeune milliardaire surdoué, et son rendez-vous tragique avec la mort après une longue et assez absurde promenade en limousine dans un New York proche de la révolte.

L’analyse fractale des œuvres de Jackson Pollock montre que, derrière les taches de peintures jetée sur la toile, si l’on sépare la toile en n carrés, la proportion de motifs reste constante quel que soit le nombre de carrés étudiés et donc quelle que soit la taille des carrés. Un ordre dans le chaos, telle est la mission de Packer, son talent, la raison de son succès.

Attention, ça peut être tachant

Or, pour une raison qui lui échappe, le yuan ne réagit pas comme il le devrait et par son refus d’obéir aux règles de la logique plonge la fortune de Packer et probablement le reste de l’économie mondiale dans une crise sans précédent. Pour répondre à ce cauchemar, notre froid et capricieux financier veut une nouvelle coupe de cheveux chez le coiffeur de feu son père, en dépit de mouvements sociaux, d’une visite présidentielle, des funérailles d’une vedette de rap soufie et – lui assure son chef de la sécurité (Kevin Durand) – une “menace crédible” d’un attentat contre lui.

Enfermé dans sa limousine immense et luxueuse, Packer tente de comprendre par une série de dialogues socratiques, la raison de sa chute et Cronenberg expose la vacuité de son existence qui semble, le temps passant, se réduire à quelques paroles creuses, quelques relations sexuelles sans émotion, quelques repas sans espoir. Un ennui verbeux le hante et pourra – je pense – contaminer quelques spectateurs.

Comment s’ennuyer avec J. Binoche?

Pattinson, que je n’avais jamais vu auparavant, ayant manqué la saga Twilight, est superbe dans son incarnation du prédateur capitaliste, répondant viscéralement aux besoins de son corps, mais semblant ignorer l’empathie et le doute. Hyper-rationnel et pourtant impulsif, il cherche une réponse auprès de tous ceux qu’il rencontre et face aux événements qui se dressent devant les roues de sa limousine-bureau-chambre-cercueil. Mais nonobstant des dialogues rappelant le théâtre absurde de Pirandello ou, dans une moindre mesure, Pinter, et une volonté de fer à modeler l’univers selon ses règles rien n’accélère le rythme du parcours de Packer.

En cela, les bandes annonces sont particulièrement mensongères tant elles ne correspondent en rien au tempo de l’oeuvre. Certains regretteront donc une langueur interrompue çà et là par quelques arrêts brutaux, et ce n’est pas la logorrhée hypnotisante des protagonistes qui avivera l’allure du convoi. De plus, certains passages inégaux pourront décevoir (celui d’Amalric par exemple) et la volonté de Cronenberg de s’attarder dans l’intellectuel et l’abscons rebuter.

Malgré quelques anicroches, ça roule!

Mais en dépit de ces imperfections, le film ne m’a pas déplu. “Fort bien. Et Rothko ?” me direz-vous. Son art a comme objectif nietzschéen de soulager le vide spirituel fondamental de l’homme moderne, the exhilarated tragic experience is for me the only source of art (“L’expérience tragique euphorique est pour moi la seule source d’art”), écrivait-il. Et Cronenberg paraît reprendre ses réflexions et les illustrer par le destin de Packer qui finit, incarnation de l’homme moderne sans monstres ni dieux, en “figure humaine seule dans un moment d’immobilité complète”, par racheter les terreurs d’une vie mortelle en créant son propre mythe, un véritable moment de grâce.

En résumé: Ce film noir et sans compromis m’a surprise et marquée plus que je ne l’imaginais. Exceptionnel !

David Cronenberg can usually be relied on to direct a film with class (A History of Violence, A Dangerous Method..) and he certainly delivers with Cosmopolis.

This intriguing adaptation of the original novel by Don deLillo was not what a cursory glance at the trailer had led me to imagine. I’d been expecting a heavy-handed, stomach churning, violence-dripping adrenaline fest that would delight Monsieur D and leave me a bit queasy, if admiring. What I got was something far more literary and delightful, although given how disjointed and abstracted it became at times, I’m not entirely surprised that on Alloiné almost half of all viewers rating it gave it zero out of five!

His kingdom for a haircut

Robert Pattinson here is slamming away his past performances in the Twilight vampire blockbuster love-in, proving he’s got far more going for him than the ability to flash a pair of fangs. He plays the narcissistic, brilliant, troubled rich kid banker Eric Packer on a day when everything is set to unravel. New York is in a state of revolutionary uprest, the Yuan is in freefall and so is his business empire. The president has come to town and Packer has received ‘credible’ death threats. But Pattinson wants a haircut. So off he sets in his chauffeur-driven stretch limousine, where a series of visitors join him for a spot of strange interactions.

Packer seems to be in a death grip with existential ennui.  The film cannily sets out cutting observations on the emotional and material disconnect between the ‘1%’ Packer incarnates and the furious masses on the street, who ravage the outside of his limousine to be met by utter indifference by Packer and his associates. Packer shows an almost complete absence of empathy, but a farcically extreme emotional reaction to the death of a NY rapper whose music he plays in one of the elevators in his condo.

What does it take to feel alive?

The listless claustrophobia of his life seeps through everything as the film proceeds, undoing the glamour of his exceptional privilege. His body increasingly becomes a tortured junk yard of his own making, his utter disdain and boredom rotting him from the inside, and his desperation to feel alive, and stimulated, drive him in ever more murderous directions.

The delicacy and the linguistic flair with which all this is delivered is quite the masterstroke. Pattinson puts in a stunning performance and is supported by an assortment of encounters who have a dreamlike, ephemeral quality. The film’s stark moments of violence have all more impact given the macabre, black-velvet softness of the rhythm they disrupt. A surprise, in the best possible way.

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Men in Black 3 (M.I.B. 3)

In a nutshell: Men in Black 3. Three. It would seem to indicate more than two … Well spotted dear reader, three reviews it’s gonna be with Miss J. as Will Smith, Mlle L. as Josh Brolin and M. D. as Tommy Lee Jones. So … now … where did I put that flashy thing so that you won’t remember this introduction?

Souvenirs, souvenirs… Nous étions jeunes, le jeudi après-midi au collège nous avions un TD d’anglais parfaitement insoutenable, et nous en profitions pour faire le mur et aller parfois au cinéma, quand nous avions les sous; les films vus dans ces circonstances revêtaient un goût tout particulier et se trouvaient souvent considérablement améliorés par la clandestinité relative de l’expérience. Ainsi, Men In Black s’inscrit très haut dans le panthéon du film du jeudi après-midi, les extra-terrestres et Tommy Lee Jones n’apparaissant alors qu’accessoires, très secondaires en comparaison de Will Smith brandissant un pisto-laser (eh oui, c’est ça l’adolescence). Il s’avère qu’il s’agissait en fait d’un film en soi très honorable et étonnamment inventif ; ce qui n’est pas le cas de MIB2 : mise à part la scène d’anthologie où Tommy Lee Jones apparaissait en préposé des Postes, ce film- sentait méchamment le réchauffé.

Si elle commence comme ça la critique, ça va chauffer …

Nous voici quinze ans après nos escapades collégiennes, et Barry Sonnenfeld nous fait le coup du rappel nostalgique en sortant Men In Black 3 … Le risque était grand … L’échec menaçait d’être fatal … Comme d’habitude, je l’attendais au tournant, le réalisateur !

J’ai vu MIB3, j’en suis sortie ravie, j’ai rigolé d’un bout à l’autre et j’y retourne après-demain.

Ce qui est une façon de vous dire que ce film est une complète réussite (dans son genre, bien sûr; vous vous doutiez bien qu’il ne s’agirait pas d’une escapade Buñuélienne !).

Mlle L. séduite par le bel homme en noir, et prête à l’escapade!

Will Smith, l’acteur chéri de nos années Eau Précieuse, a non seulement gardé mais amélioré son talent comique et sa belle gueule, pour mon total ravissement. Les dialogues sont, il faut bien l’avouer, souvent excellents, et l’agent J se voit offrir d’innombrables occasions de briller, au cours de moments de bravoure du comique de situation, renforcés d’ailleurs par un montage toujours très habile. MIB3 est donc un de ces trop rares blockbusters qui ne se limite pas, en termes d’éclats de rire, aux 5 blagues officielles de sa bande annonce. Ouf !

Face à un Will Smith ravi par son rôle, Tommy Lee Jones joue les absents, remplacé par Josh Brolin, la version “jeune homme” de l’agent K. Ce n’est pas la peine que je vous vende Josh Brolin, vous n’avez pas besoin de moi pour savoir qu’il est parfait, cet acteur.

Le scénario n’est pas mauvais (la collaboration d’Etan Cohen améliorant toujours bien les choses) et la transposition de l’histoire des MIB de 2012 à 1969 donne lieu à plusieurs scènes tout à fait savoureuses. Pour préserver les secrets du film, je dirai simplement que New York, en 1969, était effectivement une planque rêvée pour les extra-terrestres, certains d’entre eux accédant même à une gloire légendaire dans les milieux artistiques … Huhuhu.

John Lennon (en vert), Paul McCartney (de profil), Ringo Starr (de 3/4) et George Harrison (de genou) avant l’opération.

Les extra-terrestres, justement, sont joliment réussis, le recours à l’image de synthèse ayant été heureusement limité au profit des effets spéciaux pratiques. Jemaine Clement (Flight of the Conchords) est méconnaissable et assez convaincant en vilain monstrueux, Michael Stuhlbarg charmant en alien divinatoire un peu fatigué.

En quelques mots comme en beaucoup, Men In Black 3 est un divertissement admirablement réussi, qui tient très bien la route et égale, voire dépasse, nos joyeux souvenirs extra-terrestres. Ça fait très plaisir, je ne demande pas mieux.

En résumé : Men In Black est de retour. On s’amuse gentiment, sans plus, pendant deux heures tandis que Will Smith voyage dans le temps tentant de sauver la planète de la destruction par un extraterrestre laid et agressif. 

Looking for a way to fill a couple of hours up? You could do worse than Men In Black 3, although I daresay you could do a whole lot better, too. The last time I had anything to do with the MIB ‘aliens + Will Smith comedy/thriller/sci-fi’ franchise was in 1997 and I had just sat my final A level exam in history. It hadn’t gone as well as I’d hoped it would. Stalin’s domestic policy was the special subject and I misread the clock, believing I only had 35 minutes left when in fact I had 1hr 35 minutes, but by the time I stopped panicking, my handwriting had gone to mush, and soon there really were only 35 minutes left.

Will Smith, too, is in a race against the clock.

Anyway, the next thing I knew I was in the cinema in Bath watching aliens and Will Smith. And there was the “Here come the men in black, they won’t let you remember (just bounce with me)” song, and Tommy Lee Jones looking very old indeed. Although in fact, I hadn’t seen anything yet, because if you want to see Tommy Lee Jones looking VERY OLD INDEED, you need to see the latest installment: it looks like the unfortunate outcome of plastic surgery and decades on a sunbed. Still, props to the man for getting through it in as spritely a manner as he does.

The film itself? The concept is of course unchanged: the ‘Men In Black’ are a secret agency charged with protecting the planet from alien mischief, monitoring the many harmless aliens on planet earth who, unbeknown to mere mortals, are going about their daily lives, often disguised as humans, and usually without causing too much bother. Humans who notice anything strange afoot alien-wise are duly blasted with a specially patented amnesia gun, which seems to be one of the cooler duties of being a Man In Black.

“This will be more fun for us than it is for you”.

This time, Will Smith has to travel back in time to prevent a particularly problematic alien from obliterating planet earth. There’s some strong comedy moments in just how tricky it is for him to integrate pre Martin Luther King America. Sadly those such moments are a little sparse; while there are also some witty alien visuals, overall it droops on the comedy front. It does however rumble along pleasantly enough and even gives you a slight lump in your throat at the end, if you’re of the sentimental persuasion.

Will Smith looks perky and chipper, the aliens are on good form and there’s enough suspense and flashy sound effects to prevent even the tiredest person from nodding off half way through.  Fans of the genre will probably be quite content, if a little short of ecstatic about this latest – but surely not the last – installment.

In a nutshell: Will Smith has returned and it’s always a pleasure to see him. Not enough for making me crave a n°4 but this third installment is better than the previous Men in Black, in brief a fun and spirited three-quel that should entertain you. I still can’t find that neurolizer … oh well!

Quatre ans sans Will Smith alors que Louis Garrel tourne toujours … espérons que le retour de l’un signifiera la disparition de l’autre. De nos écrans, hein, disparition de nos écrans, déjà que je fais dans l’ad hominem, je ne vais pas en plus pousser au crime. Ce genre de réserves n’est pas le fort d’un agressif Boglodite, Boris (Jemaine Clement à la dentition … britannique?) qui réussit à s’évader de sa prison lunaire pour revenir se venger de celui qui l’y a enfermé, l’agent K (Tommy Lee Jones, sous valium). Finaud, Boris se rend compte qu’à la loyale, la lutte est inégale, et ayant probablement vu les films de Terminator dans sa cellule, il sait ce qu’il lui reste à faire. Non pas trucider Sarah Connor, mais voyager dans le temps, retourner dans le passé et supprimer K quand celui-ci, quoique jeune et fringant (Josh Brolin, impeccable), ne s’y attendra guère. Etonnamment peu réceptif à cette idée, l’agent J, partenaire fidèle de K, sautera à son tour dans l’histoire jusqu’en 1969 pour empêcher ce vil assassinat d’avoir lieu.

Boris et une fille canon s’entrainant à être vils et assassins

Vous vous doutez bien que J finira par l’emporter, déjà parce que c’est Will Smith, mais aussi parce que c’est une comédie et que vous avez peut-être même vu les précédents opus (opi?). La formule reste en conséquence très proche de celle du n°1 et elle est tout à fait plaisante. L’alchimie qui lie J à K, que celui-ci soit dans sa version âgée ou rajeunie, fonctionne admirablement et c’est un bonheur de voir se chamailler et s’épauler ces deux protagonistes. Efficace sans être exceptionnel, Men in Black 3 rattrape le souvenir déçu du n°2 mais ne dépasse pas l’étonnement et l’excitation ressentie au n°1, revu récemment et toujours très distrayant en dépit de ses imperfections. Par goût, on peut regretter que l’enquête course-poursuite et une touche de mélo familial prennent le pas sur l’humour et le bonheur de découvrir quelques extraterrestres de plus (il y a bien Lady Gaga, mais ça, je crois que tout le monde s’en doutait).

Barry Sonnenfeld, le réalisateur, remplit son cahier des charges mais ne va pas plus loin. Film pop-corn calibré dont le but premier est de faire fonctionner les tiroirs-caisses du monde entier, MIB3 est suffisamment sincère pour emporter l’adhésion, suffisamment vif pour plaire aux amateurs de film d’action, suffisamment sentimental pour que le public soit ému et suffisamment drôle pour sourire en sortant de salle. C’est bien, mais, je dois dire, j’attendais mieux.

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Lock Out

In a nutshell: I’d rather not talk about it … I feel ashamed, dirty even … but at times a reviewer’s gotta do what a reviewer’s gotta do. Go watch it if you are Guy Pearce’s n°1 fan, and then go cleanse yourself. Or go if you want further proof that any scenario developped from a Luc Besson’s idea is a big no-no. Now, go cleanse yourself.

Voilà un film vu entre deux activités. En douce. Pour tuer le temps. Et parce que un p’tit film d’action, parfois, c’est sympa. Une erreur. 96 minutes d’ennui. Une catastrophe. Comment vous résumer l’ensemble ? Faut-il le faire ? Je ne sais, je ne m’en remets pas. Il semblerait que Luc Besson ait décidé de lancer une collection Série Z dont la bêtise consternante ne serait dépassée que par l’indigence générale du scénario, des dialogues et de la mise en scène. Nous avons ici une très jolie tête de gondole.

Pour le scénario, prenez New York 1997 avec Kurt Russel, pour les répliques sarcastiques peut-être Piège de Cristal, et pour l’ambiance en apesanteur Alien et vous aurez les références, le rêve des deux tâcherons qui ont réalisé le film. Mais James Mather et Stephen St Leger sont loin, bien loin de leurs glorieux aînés, et même épaulé par un Guy Pearce très en forme, le résultat est au mieux affligeant. Après quelques minutes engageantes, laissant présager une série B honnête, testostéronée, un peu pataude mais de bon aloi, Lock Out s’enfonce dans l’irrémédiablement stupide, caricatural et primaire. Alors parfois un grand acteur dans un nanar extra-atmosphérique vaut le prix du billet, mais là, non, cent fois non.

C’est vrai qu’un film avec un scénario inepte c’est long …

Assister à la mutinerie la plus invraisemblable du système carcéral et la résolution par l’absurde d’une prise d’otage ne vous réjouira pas, cela soulignera seulement le mépris dans lequel on vous tient en tant que spectateur. Les effets spéciaux sont bâclés, l’esthétisme du film ne fonctionne en rien, les scènes d’action sont pour la plupart illisibles, le montage est mollachu, la direction d’acteurs à la truelle. Alors quand Télérama vous annonce que vous retirerez de Lock Out “un certain plaisir (coupable ?)”, que Chronic’art trouve que ce film “démontre qu’il reste un peu de bonne soupe au fond des vieux pots”, ou encore que Le Parisien ou Ouest France estiment que “c’est efficace, rythmé, tendu et spectaculaire” et que “Lock Out ne manque pas d’un certain panache”, j’exige des excuses.

Bon, je sens que je vais avoir des séquelles après ce film. Je ne peux en rien garantir mes prochains choix, ni même s’il est bon que notre espèce survive. Je vais retourner sangloter dans mes oreillers et espérer que Prometheus soit à la hauteur.

Méfiez-vous des “thrillers d’anticipation”.

Méfiez-vous !

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John Carter

In a nutshell: Where one learns that little green men are actually 3 meters high with four arms, and that Mars’s name is Barsoom. John Carter doesn’t revolutionize the fun sci-fi adventure genre but certainly delivers.

A la vision des deux affiches ci-contre et ci-après, le sang de Miss J. ne fit qu’un tour, elle savait que jamais elle n’irait voir un film qui promettait autant que le patronyme de son acteur principal, Taylor Kitsch. D’un goût bien moins sûr j’étais alléché par le réalisateur, Andrew Stanton, dont les oeuvres chez Pixar, Finding Nemo et Wall-E, m’avaient plutôt plu, mais surtout intéressé par l’adaptation d’un classique de la science-fiction anglo-saxonne dont jusqu’alors je n’avais jamais entendu parler.

Edward Rice Burroughs n’évoquait pour moi que Tarzan et j’étais vraiment intrigué par le discours promotionnel du film indiquant que La Guerre des Etoiles, Avatar ou Total Recall s’inspiraient tous des aventures de John Carter, qui fête d’ailleurs avec ce film son 100e anniversaire. Il me fallait le voir, et je réussissais à finir par convaincre Miss J. Bien nous en a pris.

Un jour tu feras la fierté de tous les Kitsch, Taylor, en attendant la feuille recouvre le caillou ... nous irons donc voir John Carter.

On ne dira jamais assez de bien des films dont on attend peu, nous ressortîmes ravis, distraits, amusés, prêts même à ne pas en vouloir au très probable second de ne pas être à la hauteur du premier. Certes, le film est imparfait, on notera quelques scories, quelques acteurs outranciers (Dominic West si tu nous lis …), un air de déjà vu, quelques péripéties inutiles ou redondantes, mais peu importe. Difficile de ne pas se laisser emporter par les grands espaces, l’atmosphère épique et les scènes spectaculaires – j’en ai (presque) oublié que je portais les (inutiles) lunettes 3D, nécessaires aujourd’hui à chaque film dont le but premier tient à vendre du popcorn (soupir).

On suit avec joie les aventures de John Carter, héros sudiste de la guerre de Sécession, se retrouvant, à son grand dam, par un concours de circonstances étonnantes, projeté astralement jusqu’à Mars. Il découvre que la planète est bien plus vivante que l’on pouvait se l’imaginer.

Quand le corniaud local ressemble à ceci, vous savez que la planète est peut-être "trop" vivante.

Partagée entre deux villes états en guerre continue, razziée par les agressifs Tharks, de brutaux et spartiates martiens de 3 mètres de haut et munis de 4 bras, la terre de Barsoom (Mars) a besoin d’un héros et d’un rassembleur. Coup de chance Carter est là. Recoup de bol, il rencontre une princesse locale ce qui lui donne une raison de rester et de combattre. Troisième sérendipité, ce garçon, quoique d’une intelligence au mieux moyenne, a l’énergie du soleil s’il s’agit de se dégourdir les jambes et des talents de combattants hors pairs démultipliés par l’atmosphère martienne qui le rend tout bondissant.

En découlent deux heures souriantes et entrainantes assez classiques où l’astucieux Stanton et son scénariste, l’écrivain Michael Chabon, s’en donnent à coeur joie et proposent, derrière le désormais presque habituel discret message écologiste très policé et la morale sans inspiration à la sauce Disney, des séquences d’action virtuoses et la jouissance de deux gamins emmenant leur héros dépassé, faussement blasé, de jolie princesse en batailles acharnées. De quoi vouloir en savoir plus sur les mystérieux Therns et d’aller se plonger dans les livres de Burroughs. Jules Verne qui s’en dédit !

En résumé : Un film de science fiction plein d’énergie qui se laisse regarder tout à fait agréablement, surtout si l’on ne se prend pas trop au sérieux. 

This poor film has been sliced and diced over at The Guardian. And OK, it’s no masterpiece, but it didn’t deserve to get quite such a royal trouncing. The critiques of unoriginality are a tad undeserved, given that John Carter is an adaptation of an early twentieth century work of science fiction, Edgar Rice Burroughs’ Barsoom series. It might well smack of Star Wars and company, but that’s because it inspired George Lucas – and it might have a soupcon of Avatar, but that wasn’t exactly first out of the box either!

Who wants a cuddle?

I went to watch John Carter without having read up on it, trusting Monsieur D’s enthusiasm, which he couched with the warning that it was likely to be silly. We got a feisty sci-fi adventure with some top-notch special effects, and the odd smattering of Disney smulch, which fortunately didn’t linger too long. It stars the entertainingly named Tailor Kitsch as John Carter, a Wild West gold prospector turned space traveler. On being transported to Mars via a sort of spiritual travel portal, he pings around like a flee thanks to his low gravitational density, and quickly befriends the locals, who, naturally, are at war.

A love interest pops up in the form of beleaguered princess-slash-scientist Dejah Thoris (Lynn Collins), Princess of Helium. She’s being hounded down for marriage with the local warlord, who’s backed up by the godlike Holy Therns, led by the shape-shifting Matai Shang (Mark Strong). It all keeps up a lively pace, with splashes of humour – not least thanks to the immensely likeable alien/dog who adopts John. In its genre, it’s highly watchable and the audience clearly had a good time. The 3D was pleasant enough, if thoroughly expendable.

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Top 10 – 2011

In a nutshell: For a third consecutive year, this blog lives! How cool is that?  As it’s tradition now we shall look back on 2011 and celebrate the movies we enjoyed the most. Since it wouldn’t be fair to forget our dear friends and contributors who helped us so much in maintaining this blog and providing new reviews when schedules are tight and movie theatres are packed so we can’t get in, they shall start with their Top (hum) 5 – most of them cheated -, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t.

Let the party begin – and happy New Year to you, dear reader!

Avant toute chose : Belle et Heureuse Année à Vous, Lectrice Aimée, et mes meilleurs voeux aussi pour toi sympathique lecteur, que 2012 vous apportent bien du bonheur.

Tout comme l’année dernière nous avons rassemblés nos forces, c’est à dire celles amicales et bénévoles de nos critiques invitées et leur avons demandé de nous fournir leur top 5 de leurs films préférés de cette année 2011. Chacun de nos bienveillants contributeurs nous a envoyé ses choix selon ses goûts et ses dégoûts. Certains sont commentés, d’autres nettement moins, ainsi s’expriment les différentes voix de franglaisreview. Les nôtres concluront l’exercice.

A tout seigneur, tout honneur, Mlle L. présente sur tous les fronts et sur trois continents nous donne, en plus des ses découvertes à 3€, son top 3, parce que 5, cette année c’est un peu trop.

Top Five des films vus au cinéma et qui sont sortis en cours d’année 2011 et que j’ai vraiment aimé et que c’est mission impossible d’en trouver cinq parce que sans blague cette année j’étais beaucoup aux Etats Unis et comment voulez vous que je fasse, alors du coup j’en ai que trois mais c’est vraiment en faisant tout mon possible, je vais quand même pas mettre Captain America dans mon classement, tu parles d’une daube ! :

1. Drive de Nicolas Winding Refn

2. The Killing Jar de Mark Young

3. The King’s speech de Tom Hooper

Mon top 6 de regrets terribles que j’ai pas pu les voir et que ça me rend très malheureuse et qu’en plus y en a beaucoup d’autres que j’ai ratés mais il faut bien faire un tri déjà que je respecte pas les consignes, mais que si ces films étaient passés dans le pays de blaireaux où j’étais cloitrée ben mon top five aurait eu plus de gueule, sauf que là j’ai pas pu les voir alors évidemment :

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal ; Hara Kiri de Takashi Miike ; The Artist de Michel Hazanavicius ; Harry Brown de Daniel Barber ; La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy ; Habemus Papam de Nanni Moretti.

Ma plus grosse déception que je suis pas contente et que ça aurait dû être génial et qu’en fait c’était tout mou et mal foutu et décevant et c’est pas du boulot: True Grit des frères Coen.

Bien sûr, il y a aussi les films dont on m’a rebattu les oreilles sans répit alors que c’était crâmé dès le départ puisqu’il s’agissait d’énormes daubes (en tête de liste, Black Swan de Darren Aronovsky, parce que RIEN A SECOUER des aventures en tutus de deux casse-couilles qui devraient se contenter de faire égéries Chanel et pas venir m’emm…rder à faire actrices, bon).

Et puis, enfin, un top five des films bizarres en DVD chroniques cette année :

1. Django, prepare a coffin de Stelvio Massi.

2. Danger Diabolik de Mario Bava.

3. Messiah of Evil de Willard Huyck.

4. La Banda del Trucido de Ferdinando Baldi.

5. The Abominable Doctor Phibes de Robert Fuest.

Our fan of entertainment with a bang, martial arts and cool witty one liners, Mr. J.A. followed the instructions to the letter. I love when a plan comes together.

1. Super 8 by J.J. Abrams

2. Suckerpunch by Zack Snyder

3. Crazy Stupid Love by John Requa and Glenn Ficarra

4. X-Men First Class by Matthew Vaughn

5. Midnight in Paris by Woody Allen

The worst movie of 2011 : The Three Musketeers by Paul W.S. Anderson (was there any doubt, after this biting review?)

The movie he most wanted to see but couldn’t: Red State by Kevin Smith

M. J.M., en plus d’avoir presque les mêmes initiales qu’un grand studio hollywoodien a des goûts aussi ambitieux et éclectiques … et des valeurs ! Voici ses choix :

Année étrange, difficile de donner un top 5, car les films marchent par ensembles

En 1, nettement au-dessus du lot : La piel que habito de Pedro Almodovar,

En 2, une errance : Essential Killing de Jerzy Skolimowski,

En 3, trois films, chacun imparfait, mais parfois d’une émotion très intense :

Le discours d’un roi de Tom Hopper ; Habemus papam de Nanni Moretti ; A dangerous method de David Cronenberg

En 4, trois films de genre, vitesse, accélération, vitesse :
X-Men First Class de Matthew Vaughn ; Scream 4 de Wes Craven ; Mission Impossible: Ghost Protocol de Brad Bird

Et pour (ne pas) conclure, ou pour faire une transition, un film de transition (reflet très esthète du film d’Almodovar) : L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Je n’ai pas oublié les catégories regret ou déception de l’année, mais mon tempérament ne me fait absolument rien regretter du tout et je ne suis jamais déçu par le cinéma ; en effet, je suis un mec positif, en analyse, serein, qui vit et jouit et lit et écrit et pense et rêve et voit au présent ; de telles catégories sont des réflexes de loser, certainement socialistes, soit dit en passant ; en outre, ce n’est pas une catégorie plus ou moins anonyme et en tous points conformiste qui me donnera le moindre ordre

Je n’ai pas vu Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, mais je crois que ce sera facile de rattraper cet oubli.

Déception : je ne sais pas, disons Hugo Cabret de Martin Scorsese, mais je n’en attendais rien

Surprise (voilà un terme positif et vivant, un peu fou, qui nous place dans le bonheur de l’instant présent) : L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz, que j’aime vraiment bien. En plus je n’ai détesté aucun des films français que j’ai vus cette année – voilà, au moins, les véritables valeurs peuvent se transmettre.


And then comes our international woman of mystery, the discreet but ever present Mlle CTP who sees more movies a day than there are hours. Her favorite 5 (well 6) are the following :

1. L’Apollonide de Bertand Bonello

2. Drive de Nicolas Winding Refn

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

4. La Piel que habito de Pedro Almodovar

5 (et 6). Tomboy de Céline Sciamma et Meek’s Cutoff de Kelly Reichardt

Estimant que les documentaires méritent une place à part, elle ajoute en sélection parallèle : The Ballad of Genesis and Lady Jaye  de Marie Losier et La nuit elles dansent de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault.

Elle a raté Dernière Séance de Laurent Achard, Essential Killing de Jerzy Skolimowski (mention spéciale pour la ressortie de Deep End cette année !!) et Hors Satan de Bruno Dumont.

Sa plus grande déception ?  … eeeeuh, The Tree of Life de Terrence Mallick (ils avaient fumé des gros bouts de moquettes à Cannes ou ils avaient tous des regrets new-age ?) et Poulet aux prunes de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.

Mlle Clara clôt avec sa prolixité souriante habituelle les classements de nos reviewers amis. Voici les films qui ont retenu son attention :

1. Le Gamin au vélo des frères Dardenne

Je pensais être fatiguée de leurs films, de leur univers qui me paraissait un brin répétitif, et puis, paf ! un gros coup de poing dans la figure ! Quelle force, quelle intensité, quelle maestria dans la mise en scène, dans la direction d’acteur. On en sort avec l’impression que seul le cinéma peut produire cet effet-là. Chapeau bas !

2. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Grand moment de cinéma à la Semaine de la critique, avec l’intensité de la première projection cannoise. Un sujet délicat, traité avec la force de l’urgence, la témérité d’une réalisatrice qui ose des choses risquées en s’en sortant brillamment – miracle de la grâce. Un film sur une maladie mortelle, dont on sort bouleversé et plein d’envie de vivre.

3. La Piel que habito de Pedro Almodovar

Quel étrange cerveau que celui de Pedro Almodovar… Comme avec les Dardenne, on croit qu’on est saturé de ce cinéaste à l’univers si cohérent, et puis, non ! On reste surpris par l’intelligence de sa mise en scène (la scénographie de la maison, l’esthétique de la chambre de la recluse), la folie de ces histoires d’identités sexuées chamboulées… Surpris enfin par son audace dans le mélange des tonalités, le grotesque et le sublime mêlés – très hugolien Almodovar, tiens ! Oui, cette façon qu’a Almodovar de mélanger la tonalité mélodramatique qui fait monter les larmes aux yeux, et le grand guignol qui fait éclater de rire : unique ! La référence aux Yeux sans visage en arrière-plan, si glaçante, si prégnante, est aussi une belle chose…

4. Une séparation de Asghar Farhadi

Révélation pour moi d’un cinéaste dont je suis allée après coup découvrir les films précédents, tous beaux, même si je préfère encore Une séparation. Bon, beaucoup a été déjà dit sur ce film haletant, à la direction d’acteur géniale, qui nous fait pénétrer dans cette société iranienne tellement intrigante vue d’ici…

5. Melancholia de Lars von Trier

Si j’avais envie d’aimer The Tree of life (raté !), je n’avais pas du tout envie d’aller honorer ce personnage idiot de Lars von Trier après ces débiles frasques cannoises. Mais bon, la curiosité fut trop grande. Et voilà, dès le prologue, j’ai été prise ! Ici, l’ambition métaphysique, les liens établis entre l’infini grand de l’univers et l’infiniment petit de nos affaires humaines dérisoires vus de Sirius, tout cela fonctionne et émeut, jusqu’à l’acmé final qui m’a cloué dans mon siège, knocked out. Les images et les questions soulevées par le film ont continué au-delà du visionnage de me hanter…

M. D et Miss J ont demandé un top five, mais c’est un peu juste, alors voilà pour le reste des révélations 2011 de votre serviteur.

The Artist de Michel Hazanavicius et L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller.

Et puis encore : Shame de Steve McQueen, Drive de Nicolas Winding Refn, Tomboy de Céline Sciamma, Impardonnables de André Téchiné, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, My little princess de Eva Ionesco, Habemus papam de Nanni Moretti et L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Là en revanche ce ne sera pas le pied

Mes trois plus grandes déceptions furent

1.The Tree of life de Terrence Mallick, parce que j’en attendais beaucoup et que j’avais envie d’aimer ce film ambitieux ; or impossible pour moi supporter le côté pompier des images, la dimension prêchi prêcha du message (« God, you took my son, he’s dead, it’s fine, take him, he’s yours ! » : Beurk !).

2. Carnage de Roman Polanski: autre déception d’un réalisateur dont j’attends forcément beaucoup. Pas seulement parce que Carnage est un petit film, mais aussi parce que sa misanthropie et sa misogynie m’ont semblé vaines. Et plus encore, son côté règlement de compte avec la gauche-américaine-politiquement correct-droitdelhommiste m’a paru mesquine.

3. Tintin de Steven Spielberg: encore un cinéaste dont on peut attendre beaucoup (enfin, à l’exception des fins). Impossible pour moi de supporter cette agitation de jeux vidéos, cette débauche d’effets, de caméra mouvante pour le mouvement, ce rythme frénétique sans le moindre répit. Résultat : la gerbe. Désolée !

Enfin voici le temps des regrets, dans ma bonne ville de Nice n’ont pas encore été programmé : L’Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira, Dernière séance de Laurent Achard, le dernier film de Bela Tarr, le cycle Welcome in Vienne d’Axel Corti, Donoma, Honk … J’ai aussi raté : Incendies de Denis Villeneuve et Hors satan de Bruno Dumont.

A tout ceci s’ajoute un message personnel, une épiphanie :

Cette année 2011 m’aura donné la joie de découvrir (tardivement, puisque j’aurai pu, dû, les débusquer avant) deux acteurs qui ont plus que titiller la midinette qui est moi. Rien de bien original, puisque la toile bruisse des noms de ces deux phénomènes, de ces deux créatures au sex appeal maximal mais aussi acteurs émérites dont on a envie de suivre la trajectoire future. J’ai nommé, évidemment, Michael Fassbender (mon prem’s) et Ryan Gosling. Merci d’exister les gars, et si vous lisez ce blog génial, vous pouvez écrire aux rédac chefs pour récupérer my phone number.

And now here’s…

Miss J’s top 10 for 2011:

…. I shall try to be reasonably concise.

1. Habemus Papam (Nanni Moretti) – sparklingly absurdist, compelling viewing as the Pope has a meltdown.

2. Pina (Wim Wenders) – a fine tribute to one of the twentieth century’s great choreographers.

3. Tyranosaur (Paddy Considine) – a powerful and moving drama that transcends clichés of victims and persecutors.

4. Le Havre (Aki Kaurismäki) – a touching, uplifting film about generosity and solidarity.

5. La Fée (Dominique Abel) – original and offbeat in a great way, who wouldn’t want three wishes from the fairy of Le Havre?

6. The King’s Speech (Tom Hooper) – an impeccably polished exploration of performance anxiety.

7. Moneyball (Bennett Miller) – another of those sports movies that digs down to lots of interesting universals.

8. Intouchables (Eric Toledano) – two ‘untouchables’ help each other back to life in the French comedy of the year.

9. Le Cochon de Gaza (Sylvain Estibal) – bittersweet comedy with dark satirical undertones and a storming performance by a pig.

10. The Sound of Noise (Johannes Stjärne Nilsson and Ola Simonsson) – audacious musical mayhem.

Miss J’s top three popcorn movies of the year:

 1. Rio (Carlos Saldanha) –  Feel-good music, bright sunshine, great animation, strong storyline – the perfect mood-lifter!

2. Friends With Benefits (Will Gluck) – sit back, unplug brain, smile and crunch popcorn.

3. Mission Impossible 4: The Ghost Protocol (Brad Bird) – far, far funnier than expected and as high energy as it comes.

Miss J’s top three ‘kill me now’ movies of the year:

1. The Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog) – very much wanted to care, but it was SO DULL.

2. The Lady (Luc Besson) – ugh, the soundtrack. Just thinking about it makes me want to retreat to a darkened room and whimper.

3. Hereafter (Clint Eastwood) – excruciatingly bad. As invigorating and engaging as drying paint.

Finally, three films I regret missing so far: The Artist, La Guerre est déclarée, We Need to Talk about Kevin.

Et si vous avez eu le courage d’atteindre le bout de cette page, voici le classement de mes films préférés vus en 2011, et si j’en crois ces résultats, ce fut une année durant laquelle j’ai eu besoin de rire.

1. Pina de Wim Wenders – parce que le travail d’une chorégraphe extraordinaire filmé par un réalisateur de talent crée des étincelles jusque dans l’âme

2. Habemus Papam de Nanni Moretti. Michel Piccoli est grand, beau, touchant, Moretti est caustique et tendre et la comédie vaticane subtile, j’en reveux.

3. Une séparation de Asghar Farhadi. Les acteurs sont à tomber tant ils ont la grâce, le réalisateur impressionne, l’histoire de ce divorce n’est jamais manichéenne et est universelle.

4. Tyrannosaure de Paddy Considine. Parce que Dinard recèle des pépites de cinéma britannique avec des morceaux de bravoure dedans, parce que ce drame social est puissant, percutant, émouvant et les acteurs dignes des plus beaux éloges

5. The Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson. Haletant, drôle, original et musical, que dire de plus !

6. The Trotsky de Jacob Tierney – parce que ce film hégélien a été fait pour moi, que l’histoire se répète toujours deux fois, que la seconde est une farce et quelle farce ! Et j’ai parfois la nostalgie de Montréal.

7. La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Poétique et clownesque au sens le plus noble.

8. Le Discours d’un roi de Tom Hooper – parce que ce film tout classique et conservateur qu’il est a du souffle, que Colin Firth y est magnifique, et que ce conte de fée royal m’a séduit.

9. L’Irlandais de John Michael McDonagh. Des acteurs superbes, des répliques qui font mouche, une caméra nerveuse enthousiasmante, LA comédie policière de l’année !

10. Intouchables de Eric Toledano & Olivier Nakache. Ce classement est clairement un hommage aux comédies (vues en 2011), et Intouchables réussit si bien dans l’art ô combien difficile que de faire rire, que l’on est tenté d’aller le revoir pour savourer pleinement les plaisanteries alors masquées par l’hilarité des salles. En plus, un film qui offre un podium à un handicapé moteur, un oeuf Fabergé et Omar Sy méritent qu’on le remarque.

Les trois films qui m’ont déçu ne seront pas en tant que tel les pires films de 2011, enfin pas forcément. Trop facile de dégommer un film de Christophe Honoré, Hollywoo ou Les Immortels. Toute personne qui avait un espoir en entrant dans la salle se mettait d’avance le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et pas évident avec un coude dans l’orbite de se concentrer sur l’écran.

Ainsi, là où mes espoirs furent déçus, piétinés, coupés en morceaux, noyés puis pendus :

1. Incendies de Denis Villeneuve. Une histoire absurde, ca veut faire renouveau de la tragédie grecque et ça n’est que fantasmes adolescents lourdauds et exotiques (parce que si le Liban, ou même le Moyen Orient c’est ça …) je reste encore incrédule que tant de gens que j’apprécie aient aimé ce film.

Behold the lamb de John McIlduff. Raté, tout simplement raté.

3. The Tree of Life de Terrence Mallick, qui n’est pas un mauvais film, mais tant de beautés pour tant d’ennui, je n’ai rien contre les dinosaures ni les métaphores filées, mais tout cela m’est apparu assez vain.

Enfin trois films manqués, “flûte”, mais nos chroniqueurs en disent tant de bien que s’éveille une certaine curiosité, alors espérons qu’un jour, si les Mayas nous en laissent le temps …

  1. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
  2. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
  3. La piel que habito de Pedro Almodovar.

Bonne année à toutes et tous ! Happy New Year et vivent les milles visages du cinéma.

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In Time (Time Out)

In a nutshell: Andrew Niccol’s new sci-fi movie stems from a very powerful premise: “money is time”. Literally. But unlike in Gattaca, he doesn’t seem to be able to do anything with it and In Time times out.

Une fois n’est pas coutume, Miss J. bouillait d’impatience et me pressait d’aller voir le nouveau film du Néo-Zélandais Andrew Niccol In Time (bizarrement adapté en Time Out en hum vf). Etait-ce parce qu’elle se souvenait de l’excellent Bienvenue à Gattaca, qu’elle souhaitait une suite au cynique Lord of War ou qu’elle se réjouissait de retrouver Justin Timberlake, je l’ignore. Mais nous fûmes dès sa sortie assis confortablement à attendre que ce nouveau monde dystopique se déploie.

Evidemment il nous fallut supporter les mêmes annonces promotionnelles irritantes à force de répétition, mais, enfin, Jean Mineur termina son petit déjeuner bio, des dessins mal animés achevèrent de vanter une assurance prétendument militante, un petit “crossover” fit disparaître le travesti noir qui habituellement concluait son spot, et Charles Bukowski cessa de se retourner à toute allure dans sa tombe face à l’usage qui était fait de son poème “Le coeur riant” dans une publicité de jeans. A l’instar du message promotionnel, le film débuta de belle manière, épris de liberté et droits sociaux et fonça™ dans le mur.

Dans le mur, avec application.

Grosse déception car les prémisses de l’histoire stimulent. Niccol crée un monde où le temps est l’argent et chacun a l’obligation de l’utiliser comme mode de règlement. Chacun s’arrête de vieillir à 25 ans et a une année de capital à dépenser ou faire fructifier, avant de mourir. Les pauvres n’ont en conséquence pas le temps de vivre, tandis que les riches sont immortels ayant amassés décennies, siècles, voire millénaires. Les aspects métaphysiques du concept passionnent, mais Niccol n’en fait – quel est le mot déjà ? – rien.

Plutôt que d’explorer ce que jeunesse éternelle signifie, ou combat pour chaque seconde, ou même les tensions intergénérationnelles ou incestueuses, puisque dans cet univers tout le monde a 25 ans, Timberlake et Seyfried incarnent assez platement une version bâtarde de Bonnie & Clyde mollachue et de Robin des Bois inepte. La société dans laquelle ils s’ébattent a peu de sens et leurs péripéties n’offrent une logique que très lacunaire. Les poursuites que l’on espère haletantes s’achèvent en bus, devant le regard déçu de l’impavide policier (Time Keeper) qui ne peut absolument pas deviner où ils vont, et l’héroïne trouve pratique de courir en talon aiguille pendant des heures.

La tenue biathlon "in time"

Si l’on peut apprécier l’esthétisme froid choisi par le réalisateur, la beauté figée de ses actrices qu’il semble favoriser depuis S1mone, et s’amuser de sa (très lourde et très surlignée) métaphore filée sur la cruauté et l’injustice du capitalisme actuel, on peut regretter un manque de tension notable en dépit des compteurs qui s’épuisent. Hormis Cillian Murphy qui insuffle à son personnage ce qu’il faut de désenchantement, les autres protagonistes sont plus proches de pantins sexy que de héros incarnés.

Bien dommage, donc, qu’un si fort potentiel ne se réalise pas. Même l’histoire d’amour des deux personnages principaux ne livre pas ce qu’elle promet et le monde décrit finit par devenir aussi factice que celui du Truman Show, premier scénario à succès de Niccol. “L’absence ni le temps ne sont rien quand on aime” écrivait Musset, ici on n’aime peu.

En résumé: Grosse déception que ce film, qui avait l’air intrigant avec son histoire dystopique et très d’actualité dans ce monde de corruption financière et d’injustice sociale. Mais non, c’est juste mauvais, même si parfois c’est si mauvais que c’est drôle.

Ok, so with hindsight there were a fair few warning signs this film would turn out to be a giant turkey. If nothing else, they released it in France the day before Thanksgiving. (Ooh, and talking of giving thanks, a big Welcome Back to Paris to Marks & Spencer! Just in time for mince pie season!)

So, Time Out, apart from being a great guide to some of the world’s most exciting cities, and a listings guide for London that’s 15 times more expensive than its Parisian counterparts L’officiel des spectacles and Pariscope, is the dubious French ‘translation’ of the original title In Time. Why did they do that? Did they think that the French would have seizures on the pavement trying to force the horribly hard to pronounce ‘In Time’ from their mouths? Anyway, Time Out it was: time out from scenario credibility, convincing acting, and quality filmmaking.

But… Andrew Niccol’s lumbering bird of a flop was still a lot of fun to watch. Firstly, to join in with the other people in the audience who were pointing and laughing at various stages of the scenario. After the initial stomach-sinking oh-no-this-is-not-going-to-work feeling, I settled in and sniggered along with everyone else. It’s a shame though, as it really did sound like it could be a good dystopian drama, all the more satisfying thanks to being a pointed critique of unregulated capitalism. Transposed into a world where money is time, everyone has a ‘die by date’ and they have to earn the minutes of the rest of their lives. The poor wake up in the morning with barely minutes to their name, the sheltered minority swan around with thousands of years banked up.

It... it's a giant turkey... RUN!

Unfortunately this allegory keeps collapsing in on itself and is so fifty-foot-high that it quickly starts to grate. If Justin Timberlake’s character is low on time at the start of the film, he has ten-figure moral capital throughout. His Robin Hood routine comes from a place of towering righteous indignation – which although justified given the scenario he’s stuck in, doesn’t budge an inch throughout and starts to grow old. Don’t even get me started on the idiotic policeman ‘time keeper’ (Cillian Murphy) who, as Monsieur D has rightly pointed out, doesn’t even have the brains to work out where Timberlake and his rich hostage/girlfriend (Amanda Seyfried) are going when they make an escape on a city bus.

Anyway, if you go and see this, OD on a huge bucket of popcorn and why not a big packet of chocolates, perhaps have a drink or three beforehand, expect to point and laugh, or perhaps to take refuge in the fact that at least something this huge has very decent sentiments underpinning it. Unless you’re a casino capitalist that is, in which case, welcome to the blog, and please feel free to slip us a fiver. Actually, Monsieur D asks if you could make that a tenner.

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Westworld

In a nutshell: And what if the Terminator was bald and more of a cow-boy than a biker with sunglasses … it’d be great, says Mlle L., and maybe even more interesting than James Cameron’s classic. Fans of the late Michael Crichton and Yul Brynner please proceed to the 3 buck dvd corner.

En résumé : Yul Brynner veut vous faire la peau, enfin celle des héros, et le premier des six films (+un téléfilm) réalisés par Michael Crichton (oui, celui de Jurassic Park et Urgences) enthousiasme Mlle L. Modeste et percutant, Westworld étonne.

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