Tag Archives: comedy

Quai d’Orsay

Quai d'OrsayIn a nutshell: How is it to be the speechwriter of a larger than life French Minister of Foreign Affairs? Both confusing and extremely funny, as you’ll know if you’ve read Lanzac and Blain’s eponymous graphic novel, or as you’ll find out if you discover Tavernier’s (rather too) slapstick adaptation of this highly charming, whimsical farce.

“Tourbillon est roi” écrivait Aristophane, qui pourrait être parrain de ce joyeux ministère. Abel Lanzac (ou plutôt Antonin Baudry puisque celui-ci a rendu public son patronyme) et Christophe Blain ont en 2010 et 2011 séduit un large public en narrant les mésaventures d’Arthur Vlaminck devenu plume de Taillard de Worms (ou de Vorms dépendamment des versions), flamboyant ministre des affaires étrangères. Toute ressemblance avec le cabinet de Dominique de Villepin ne serait nullement fortuite puisque Baudry y a tenu le rôle de Vlaminck il y a plus de 10 ans. Drôle, enlevée, intelligente, parfois profonde, la bande dessinée séduisit immédiatement Bertrand Tavernier qui décida d’explorer le travail quotidien de la diplomatie par l’intermédiaire de la comédie.

Exploration physique de la comédie

Exploration (trop?) physique de la comédie

Son film, tout à fait réjouissant, reprend la structure de l’oeuvre originale et adapte plutôt bien le trait et le sens de l’espace de Blain par un usage malin du découpage, du cadrage et de la gestuelle des acteurs. Thierry Lhermitte compose avec talent un énergique ministre léonin, véritable Auguste de ce cirque diplomatique, face à Maupas, clown blanc interprété par Niels Arestrup, directeur de cabinet d’un calme olympien. Le candide Vlaminck (Raphaël Personnaz) découvrira que la vie au Quai d’Orsay n’est pas de tout repos et qu’en plus de trouver le mot juste et la citation adéquate (Héraclite est une valeur sûre), il doit s’adapter à la vie de caserne, ou plutôt celle de bateau d’un grand cabinet. On est – parfois littéralement – les uns sur les autres, on s’éloigne de ses proches et on dort peu, on subit les jalousies et les ragots par calme plat, on serre les coudes pendant les tempêtes, ici fréquentes. Le point d’orgue de ce grand jeu aux lourdes conséquences, un discours devant les Nations Unies pour tenter de gripper la mécanique états-unienne qui devrait mener à la guerre – on se souviendra de 2003 et de l’Irak.

Le grain de sable au bout du doigt

Le grain de sable au bout du doigt

Servi par une excellente distribution, Tavernier brosse avec le sourire un bel univers et crée un intéressant pendant au bien plus dramatique Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller. On constatera jusque dans la mise en scène pourtant burlesque l’importance de la parole, jamais loin de l’incarnation, coeur battant du processus diplomatique. Et l’on ne pourra que regretter que le brio d’Alexandre Taillard de Worms se soit estompé et que la bouffonnerie ait pris le pas sur l’équilibre précaire de la bande dessinée qui hésitait entre génie et folie de cet audacieux politique. Ici, l’impeccable serviteur de l’Etat qu’est Maupas semble diriger avec patience et en dépit de son Arlequin de ministre le grand navire de la diplomatie française. La farce l’emporte, la satire se fait quelque fois pesante ou vaine, la profondeur s’efface. Moins achevé que la BD et quoique Héraclite écrivît déjà que “les ânes préféreraient la paille à l’or”, le film est malgré ses quelques faiblesses une belle réussite et devrait faire votre bonheur, il fit en tout cas le mien.

Quai d'OrsayEn résumé : un jeune rédacteur de discours se débat pour répondre aux lubies politico-philosophiques de son patron, le redoutable ministre des affaires étrangères, Taillard de Worms, dans une adaptation bien réussie de la BD éponyme: Quai d’Orsay.

I can actually feel my fingers creaking as I start to crank out a new review for this poor neglected blog, at long last. As Monsieur D has already discussed, the past year has been quite eventful, and as a result my forays into this blog have, sadly, been almost as rare an event as a llama getting to have a night out on the town. But even that can happen it would seem (at least in Bordeaux), and now here I am, blinking into the white of the computer screen, happy to be back, and not with any saggy old, formulaic,  inflight time-passing excuse of a film, either.

... a film fit for ministerial inflight entertainment.

In Quai d’Orsay, you get to fly with the French government

We were lucky enough to see Quai d’Orsay at an advanced screening at UGC Les Halles as part of a mini-season of avant-premières we put together for ourselves at the kick-off of the rentrée. I came to this second avant-première with some curiosity: would the UGC crowd be as frisky, if not as downright aggressive, as the last lot had been at the start of the yawnsome Elle s’en va (which we may or may not write about)? Would the pathologically ungifted film journalist who appeared to be back again, try once more to ‘spoil’ the film in an ill-advised opening speech to the point of being screamed obscenities at by a large, increasingly angry crowd? Nope.  She kept her head down and muttered just a few words, and everyone seemed quite happy.

Quai d’Orsay is Bertrand Tavernier’s cinematic adaptation of Christophe Blain and Antoine Baudry’s epically satirical bande dessinée of the same name. It follows young graduate Arthur Vlaminck (Raphaël Personnaz), as he knuckles down as a new recruit at the French foreign ministry on the Quai d’Orsay. He’s tasked to make magic by composing rip-roaring political speeches for ‘Taillard de Worms’,  the silver-maned, implacable, Heraclitus-highlighting foreign minister, as France faces up to potential war in the Middle East led by the USA, and the minister prepares his opposition via a showdown against the superpower at the UN. You know…  that minister. Will Vlaminck last the week? Will he even find his office?

This is earth. You know that, right?

“This is earth, Arthur. You know that, right?”

One of the great joys of the BD was the way in which De Worms’ hurricane-esque demeanor is translated onto the page with hilariously crisp visuals, chopping of hands and swooshing of papers. Like an express train, you’re better off getting out of the way – and falling in line with the week-destroying implications of two seconds of fresh instructions from the philosophy-professing political tornado.

Tac-tac-tac-tac! And vlam! De Worms has spoken.

Tac-tac-tac-tac! And vlam! De Worms has spoken.

The physical comedy is transposed impressively well. De Worms is however far more of a buffoon in the cinema adaptation. In the BD there’s room for a certain degree of reverence and awe for his bursts of strategic brilliance, whereas Thierry Lhermite’s version only manages to scrape through his days without abject humiliation thanks to the efforts of his team, and in particular that of his unflappably saintly deputy, Claude Maupas (Niels Arestrup).

I thoroughly recommend the BD and the film, especially for anyone interested in the workings of French political life – and humour. The pacing is brisk, the satire sparkles in both versions although with a somewhat different hue, and you can have a muse, if you feel like it, about the two different interpretations of the minister – the boss from hell or a brush with political genius? There’s little subtlety as to the answer if you ask the film.

Leave a comment

Filed under Comedy

De l’autre côté du périph

autre-cote-du-periphIn a nutshell: Not Lethal Weapon or Beverly Hill’s Cop, but an ok buddy movie with a few laughs and a lot of smiles. Next time they might even have a decent scenario … anyhow, Sy and Lafitte make a very nice duo.

Comment est-ce que ma résolution pour aller voir Tabou au cinéma s’est transformée en découverte de De l’autre côté du périph est à la fois une énigme et une preuve que si ma volonté est de fer, celui-ci rouille.

Réalisé par David Charhon qui jusqu’alors ne s’était pas illustré dans ce qu’il y a de mieux – Cyprien pas le talentueux humoriste et vidéaste, celui avec Elie Semoun -, on pouvait douter des talents du réalisateur et sur le fait que jamais nous ne nous accorderions sur ce qu’est un “bon” film “drôle”.   Je suis malgré tout d’assez mauvaise foi car je n’ai vu de Cyprien que la bande annonce, mais vous admettrez que … Bref, De l’autre côté du périph partait avec un handicap.

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est "Intouchable" ici!

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est “Intouchable” ici!

Et bien, un peu comme dans ce film, foin du suspense, la sauce est bonne, manque la blanquette. A défaut de scénario et d’une certaine cohérence dans la mise-en-scène, De l’autre côté du périph offre à deux excellents acteurs (Omar Sy et un exceptionnel Laurent Lafitte) la possibilité d’exprimer tout leur talent comique. Ainsi, se calquant ouvertement sur les classiques de la comédie d’action policière et du buddy movie des années 1980 (Le Professionnel et Le flic de Beverly Hills, ou dans une moindre mesure le Marginal et l’Arme fatale), Charhon permet à deux caractères opposés, le bourgeois parisien, Lafitte, et Sy, le banlieusard du 9-3, de se détester, se charier, puis de s’apprécier, le tout en résolvant un meurtre crapuleux.

Les amateurs du genre remarqueront l’alchimie efficace entre les deux têtes d’affiche, mais surtout se divertiront. Le plaisir est éphémère, mais il est bien présent et à défaut d’une intrigue solide et d’une fin convenable quelques scènes réjouiront.

afficheperiphEn résumé : Omar Sy et Laurent Lafitte forment un duo de policiers dans un film comique d’action moins que remarquable, mais qui se laisse regarder avec plaisir grâce au grand talent de ses comédiens.

After Les Intouchables, Omar Sy is back with a new banlieue vs chichi Paris flick, David Charhon’s action comedy De l’Autre côté du périph. He plays Ousmane Diakhaté, a banlieusard policeman who’s convinced he’s uncovering the political and business corruption scoop of the decade. Armed with a camera and a death wish, he’s all over the case when the corpse of the wife of a French business bigwig is discovered right in his beat in Bobigny.

But the investigation of crimes of such magnitude gravitates straight to the flashy police units of Paris, which is where greasy pole careerist, womanising François Monge (Laurent Lafitte) comes in. And it’s hard to not to notice him, after a first scene where he demonstrates how to kill dead, and move on from, a flourishing relationship in thirty seconds flat (don’t try this at home?) Monge holds his nose as he heads to Bobigny in the hope of wrapping up the murder case by the evening, his mind firmly fixed on imminent promotion. Sy bounds up, armed with camera and copious rolls of velcro, latches on and Monge finds himself lumbered with an investigative partner whose methods look almost certain to scupper his quest not only for promotion, but continued employment of any form.

Has François Monge had his chips?

Has François Monge had his chips?

I’m glad to be able to report on this film at all, as for the first five minutes or so I wasn’t sure I was going to be able to make it through the screening. Nothing to do with Sy and co, but UGC Les Halles seemed to have decided that early onset deafness was the way forward for the hoards hardy enough to attend a screening in Salle 23 of their multiplex. I think jet planes taking off have a lower decibel count than the volume they’d gone for – even Lafitte’s seductive whispers to any woman foolhardy enough to get within striking distance of him came over as the roar of a pack of testy lions.

Anyway, I hung in there, grew used to the growing numbness in my ear canals, and noted that while the ensemble does not hang together terribly well – incoherent doesn’t begin to cover it at times – the whole thing is dripping with well-constructed gags, sparks flying thanks to the huge comic talents of both its stars. It waltzes fairly elegantly with the clichés it deals in, rather than sumo wrestling them for hours to the sounds of grunting and squishy flesh colliding. It’s no masterpiece and lacks narrative depth on pretty much all sides, but I had an excellent time.

Leave a comment

Filed under Comedy, Policier