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Gravity

Gravity 1In a nutshell: Awesome visual effects, very thin storyline, Gravity is spectacular, yet not as thrilling or deep as promised by the raving blurbs and most professional critics.

Et vous ? Vous sentez-vous plutôt attiré par la dernière Palme d’Or ou le meilleur film catastrophe de l’année ? Nous, ce fut l’immensité de l’espace et la virtuosité d’Alfonso Cuaròn qui nous séduisirent. Gravity narre de façon très linéaire, par petites touches et grands bonds spatiaux, les tentatives de survie d’une équipe d’astronautes, réduite très vite à peau de chagrin (George Clooney et Sandra Bullock), perdue dans l’orbite de notre planète tandis qu’une pluie de débris les menacent avec régularité. Images renversantes, plans-séquence grandioses, Cuaròn démontre une fois de plus ses capacités à mettre en scène et faire ressentir l’espace et le temps en un ballet en apesenteur inspirant. Spectaculaire et maîtrisé, Gravity impressionne.

Selon James Cameron, le plus beau film sur l'espace tout de même!

Selon James Cameron, le plus beau film sur l’espace tout de même!

Mais peut-être parce que précédé d’une rumeur dithyrambique, le film n’emporte pas autant que ce que l’emballement des critiques aurait pu faire penser. Le scénario, bien mince, est attendu et sans surprise, si ce n’est celle de voir que la NASA envoit, semble-t-il sans y songer à deux fois, une scientifique mal préparée et dépressive dans les profondeurs de notre univers. La métaphore filée du cordon ombilical et derrière d’une renaissance de cette héroïne retrouvant l’envie de vivre ou la volonté de survivre apparaît maladroite en dépit du charme de Sandra Bullock, et la dernière demi-heure de ce film nous fait revivre les mêmes scènes en boucle en subissant une bande son tonitruante désireuse de guider nos émotions, voire de dicter ce que nous devons ressentir.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Notons aussi que plus que la 3D, c’est la construction d’une grande partie de l’histoire directement sur ordinateur qui marque l’histoire du cinéma. Ainsi la magnifique scène d’ouverture n’est pas tournée sur écran vert mais créée sur ordinateur, les visages des astronautes filmés ailleurs, étant ensuite ajoutés. On constatera la crédibilité des images et la difficulté de plus en plus importante pour le spectateur à définir la réalité ou non de ce qu’il observe.

Entre histoire chétive, technique éblouissante et images sublimes chacun fera son choix.

247813id1h_Ver1_Gravity_2ndLook_27x40_1Sheet.inddEn résumé : Vous connaissez des jeunes qui souhaitent devenir astronautes quand ils seront grands? Amenez-les voir ce film, ça les calmera. Ce film se regarde avec plaisir mais en fin de compte, les critiques me semblent avoir été un peu hyperboliques …

I must admit, I’m not entirely sure what all the extra-extravagant swooning has all been about for this one. Someone seems to have sent out the memo that Gravity is a work of awe-inspiring genius, and even Les Cahiers du Cinéma has been toeing the line. Les Cahiers! That’s not to say that Gravity is not an extremely decent watch. But it’s also so… formulaic and box-ticking! For anyone who’s been living in outer space cut off from the world lately (other than the cast of Gravity, huhu), the premise here is that poor Sandra Bullock, hastily-trained NASA technician, finds herself caught in an unfortunate chain reaction whereby bits of flying satellite (the Soviets’ fault) destroy her craft and most functional space stations within a thousand mile radius. She’s left stranded in her spacesuit with only George Clooney for company, and anyone can tell that he has been given far too jocular, reassuring a personality to have much chance of lasting long. Can she get back to earth in the face of all the odds, armed with only about 200 ml of oxygen and a wavering will to live?

uh-oh

uh-oh

The film’s beautifully shot and clearly knows its Space Odyssey. Second-to-none technology is doing its thing with brio here. The narrative arc is perfectly solid and the tension is kept up throughout – but not as spectacularly high as I’d been led to believe it might. Meanwhile its 3D elements felt pretty cursory and limp, other than for the very odd bit of flying debris that felt like it might be going to take your eye out. Bullock’s character has quite the time of it, and learns some important stuff about herself in the midst of being given the fright – and fight – of her life in zero gravity. She plays very well and it was all highly professional and well oiled. But I really think the people crying genius have lost the plot – there’s something quite crude and clunky about the whole thing that just makes the lavish praise a bit startling.

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The Descendants

In a nutshell: Matt King (George Clooney) should feel like his name but can’t. His wife is in a coma. He can’t remember how to be a father to his two troubled daughters. He has to settle a multi-million real estate deal. Where to turn to? Payne presents a Clooney festival in a decent Hawaiian dramatic comedy.

Si vous souhaitez apprécier ce film ne regardez pas la bande annonce, ami lecteur (et toi aussi amie lectrice, mais bon, toi tu fais comme tu veux), elle vous révélera tout ! J’ai eu la chance d’arriver sans idées préconçues et je pense que j’ai pu en conséquence éviter une irritation persistance face à des longueurs certaines tant les deux minutes que vous trouverez en bas de cette recension résume l’ensemble du film, révèlent (presque) tous ses secrets et expose ses moments les plus amusants.

Alexander Payne, sur les pas de Wes Anderson, mais jusqu’à présent sans sa fluidité, son charme et son originalité fantasque, se concentre sur une réinvention de la famille, nucléaire par des membres passablement ébranlés par le coma de celle qui jusqu’alors était le centre : la mère et l’épouse, et étendue autour d’un héritage commun, des milliers d’hectares de terres superbes qu’il faut vendre. Tout comme dans Sideways ou Monsieur Schmidt, le réalisateur décrit son protagoniste, ici Matt King (George Clooney), comme un homme complexe en perte de repères, en reconstruction. L’image qu’il avait de lui-même et de sa famille ne convient plus, il doit donc se réadapter à la réalité. Si au contexte tragique s’ajoute sa désillusion personnelle, de son apprentissage naissent quelques scènes comiques et touchantes.

A Hawaii, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les rapports père-fille aussi.

Les attraits du film tiennent principalement en l’interprétation sensible et nuancée de George Clooney qui fait admirablement ressortir la vulnérabilité de son personnage, et la représentation sans romantisme de Hawaii. Honolulu ressemble à n’importe quelle ville moyenne américaine et le reste des îles sont le plus souvent d’une banalité kitsch réaliste. On se retrouve bien loin du “paradis” vanté par les promotions pour croisières ou lunes de miel. Les tribulations douces-amères de Clooney, âme remarquable de cette oeuvre, en deviennent donc plus crédibles et attachantes et l’on pardonne çà et là quelques larmoiements, une bande originale au ukulele trop présent, un scénario très balisé, surtout sur la fin, et un montage flegmatique frisant une aimable paresse.

The Descendants reste un moment plutôt charmant et souvent très juste sur les réactions émotionnelles d’une famille en temps de crise. L’ensemble est paradoxalement parfois un peu trop appuyé et régulièrement trop lisse mais les appréciateurs d’un cinéma adulte aux personnages fouillés y trouveront leur compte, et pour les amateurs de mélancolie gaie, ce pourrait même être un délice.

En résumé : On ne peut jamais savoir quand sa vie va basculer, voire s’effondrer un petit peu. Quand cela arrive, on n’a qu’à tenter de s’en sortir avec autant de dignité et de courage que possible. Georges Clooney y arrive admirablement dans cette comédie dramatique franchement réussie. 

I’d somehow escaped every single trailer going for this film, so I came to Alexander Payne’s The Descendants  completely blind, other than with expectations of a cracking performance by George Clooney, which was duly delivered. I was glad not even to have realized that The Descendants comes from the director of Sideways, one of the biggest ‘comic’ letdowns I’ve seen in recent years. There are traces of Sideways, though, in its flabby, consciously slow pace, which was the weakest thing about The Descendants. Rather than the vineyards of California of Sideways, however, we are taken to a startlingly grotty-looking Hawaii.

Clooney stars as a lawyer, Matt King. As a direct descendant of Hawaian royalty, he’s been arranging for a vast estate he inherited along with his cousins to be sold off to the best bidder. Then his wife falls into a coma after a speedboat accident. With the accident, he is catapulted into the role of primary carer after years as the understudy, the backup parent. He realises he hasn’t really spent time with his younger daughter since she was a toddler; now Scottie (Amara Miller) is ten and throws pool loungers into the pool to let off steam. His older daughter Alexandra (Shailene Woodley) is seventeen, at boarding school, and fond of the odd drink or three, and doofus boys.

Father-daughter team extraordinaire

Hawaii is pretty much a character in its own right in the film. We see the impact of aggressive urban development on the island: condos, shredded nature reserves, a constant straining at the reins to wring profit from this ‘paradise’, the myth of which is ferociously shot down throughout. Matt, who also narrates, comments to the effect that people are kidding themselves if they think that the awkward parts of life can be opted out of just by donning a super bright shirt and flip flops. In the film, people and the environment are in a kind of limbo between a state of neglect and moribundity, and an ephemeral hope of reinvention and harmonious realignment with what could – and perhaps should – be a much more nurturing state of being.

It gets pretty intense as Matt faces up to multiple crises, which force him to reassess his life to its core, all whilst trying to hold on to what’s left of his family. It veers between splashes of comedy and existential fire-fighting. Clooney really is in one of the roles of his career – he’s completely immersed, rolling with the absurdities and carrying the drama along without fussiness. That said, there are times when it gets a little soggy and bogged down in its own pathos. It’s a shame and I think it could have been pepped up throughout for an even better production. That said, I found it a very moving, thoughtful, funny-wise film which deserves all the acclaim it’s received.

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The Ides of March – Les marches du pouvoir

In a nutshell: Mlle L. is disillusioned, or as Kevin Kline would say “DISAPPOINTED”, by George Clooney’s latest movie, The Ides of March. A too common story about idealism and politics. It won’t prevent Miss J. and myself going and watching this movie, when out in a couple of weeks, and, who knows, respectfully disagree …

Le tout dernier film réalisé par George Clooney parle de politique. Il relate un épisode des primaires démocrates en Ohio, avec Clooney dans le rôle du candidat prometteur, Philip Seymour Hoffman dans le rôle de son directeur de campagne, et le charmant Ryan Gosling dans celui du jeune conseiller en communication qui monte.

L’histoire sera celle de la désillusion du personnage joué par ledit Ryan Gosling, qui au fil de la campagne finira par perdre son idéalisme rafraîchissant et ses convictions pleines de pureté, parce que le monde de la politique, en vrai, c’est retors.

Le film n’est pas mauvais. Il est juste accablant de manque d’inventivité et d’ennui.

Good Night and Good Luck était exigeant mais construit, dur, déprimant. Clooney en avait fait un grand film de suspens et de convictions libérales. Dans la série des films politiques, je pensais donc que The Ides of March allait se situer très près de All the Presidents Men ou The Candidate. Grossière erreur. The Ides of March est un remake mollasson de Primary Colors avec Travolta, film qui était déjà très mou lui-même.

Tout cela est d’un ennui sans nom.

Et on parle de quoi alors ? - Ben ... T'étais bien dans "Drive.

Les rôles, les dialogues sont écrits de telle façon que les acteurs n’ont à aucun moment ni l’occasion ni le besoin de faire preuve du moindre talent. Gosling, Seymour-Hoffamn, Clooney pourraient avantageusement être remplacés par des acteurs de téléfilms français produits par France 3 Périgord, ou par autant de tourne-vis, le film n’en serait pas changé d’un poil.

On en vient à souhaiter, dans l’espoir de sortir de cette torpeur molle du genou caractéristique du film, que Clooney eût essayé de faire passer un message bien lourd et didactique, histoire qu’on puisse s’énerver contre lui, se mettre en colère, être en désaccord avec le film… No such luck, my friends. The Ides of March continue à se dérouler mollement et sans aucun but et tout le monde maintient son accablante vitesse de croisière.

Après une heure quarante d’espoir déçu par une prévisibilité constante, une heure quarante passée à essayer de passer outre le manque absolu d’intérêt et d’inventivité de cette chose molle et d’un ennui total, on sort de ce film éberlué, en se demandant “pourquoi?!”.

George y croit, Mlle L. bien moins.

Pourquoi avoir fait ce film?

Quel était le but, quelle était l’idée?

Je me contrefous du destin de la stagiaire au gros menton, aux poils de tête filasses et faussement blonds et au look parfaitement interchangeable (état de fait d’ailleurs souligné par Clooney lui-même en fin de film avec l’apparition d’une stagiaire-sosie de remplacement).

Clooney essaierait-il de nous dire que les politiciens sont “tous pourris”? Même pas, Clooney est heureusement toujours un peu trop malin pour ça. Son personnage défend des idées aussi courageuses que valides et est fondamentalement porteur d’espoir. Alors?

“Personne n’est parfait, il faut prendre le bon avec le mauvais”? Oui, en quelque sorte, c’est, si atterrant que cela soit, la vérité révélée que nous assène Clooney avec The Ides of March. “La vie est faite de compromis”, “Il y a des trucs contre lesquels on ne peut pas lutter”, “Un mal pour un bien”, “Il faut savoir composer”, “De toute façon la vie est un éternel recommencement”, etc etc, voici les idées fondatrices, tout droit sorties des pages “courrier des lectrices / conseils de vie” de Cosmo (même pas dignes de figurer dans le Dictionnaire des Idées reçues de Flaubert) de ce film ramolli du cerveau, du scénario et de la pellicule.

Un film de cons promis ? Le silence est en plateau.

Pourquoi, pourquoi? Pourquoi faire un film “politique” si c’est pour dire ça et seulement ça? Pourquoi faire ce film où tout et chacun est gris, commun, dépourvu de vie et bourré de cliches rassis, mou, tellement mou et rebattu? Primary Colors avait au moins l’avantage d’avoir été fait le premier et d’avoir quelques personnages un peu dignes d’attention.

The Ides of March est une grosse inutilité barbante, sans but et sans tripes. Une méduse sous Temesta. Un film a peu près aussi passionnant qu’un dimanche après midi passé à attendre votre commande au rayon “Bois à la découpe” du Castorama, ou sur le siège arrière d’une R5 lors d’un long trajet sur autoroute.

La méga fête, quoi. Navrant.

Quand le cinéma reproduit avec une telle perfection la réalité, la vie minablement quotidienne, il perd son sens. Comme la littérature, le cinéma, lorsqu’il parle de nous d’aussi près et dans un contexte tellement usuel et commun, est fait pour transcender la réalité – ce qui ne signifie absolument pas l’embellir, mais bien la soumettre à une distorsion suffisante pour que celle-ci présente un intérêt artistique, humain et intellectuel légèrement supérieur à celui d’un reportage sur les élections cantonales dans la périphérie de Roubaix.

Pour The Ides of March, vous l’aurez compris, c’est loupé.

In a nutshell : I do respectfully disagree and find The Ides of March far from perfect but way more interesting than Mlle L.

Comment ne pas être intrigué et volontaire devant le nouveau film politique de George Clooney, le Cary Grant démocrate d’Hollywood ? En dépit des admonestations de Mlle L., Miss J. et moi avons profité d’une avant-première parisienne pour découvrir quelles marches du pouvoir le beau George ferait gravir à son héros, le désormais omniprésent Ryan Gosling.

Celui-ci interprète le talentueux bras-droit du directeur de campagne (Philip Seymour Hoffman) d’un gouverneur populaire, Morris, (George Clooney) se présentant aux primaires du parti démocrate pour les présidentielles. Dirigeant la communication de ce charismatique candidat, Gosling éprouvera la violence feutrée nécessaire aux victoires et découvrira quelques vérités difficiles sur son candidat, ses collègues et lui-même.

Deux Césars se racontent des salades

« Les marches du pouvoir » auraient dû garder son titre original des « Ides de Mars ». Le film de George Clooney décrit moins un idéalisme balayé par le pragmatisme de la politique que l’assassinat de deux Césars (Hoffman dans les faits et Clooney dans son coeur) par leur fils adopté (Ryan Gosling), plus idéaliste et bien plus naïf qu’il ne se l’imaginait. Les ides marquent la moitié du mois, Clooney décrit aussi le moment médian entre les espoirs nourris et la difficile réalisation de ceux-ci. Les ides, enfin, sont pleine lune avant qu’elle ne décroisse, et pour les as de la communication que sont Gosling et Hoffman c’est bien de cela qu’il s’agit. On assiste avec la lenteur due aux destins tragiques à la transformation de Gosling de jeune fauve en requin amer.

Comme souvent dans le cinéma américain, les scènes sont parfois très didactiques mais Clooney réussit par le choix de ses acteurs à rendre intense quelques scènes qui auraient pu ne pas l’être. Le moment où Paul Giamatti explique la vie au jeune Gosling m’a, par exemple, beaucoup plu. Son choix d’un rythme lent, de sénateur diraient certains, m’a semblé également pertinent. Il souligne la tragédie et l’inévitable dans le destin de ce conseiller de communication confronté à l’ambiguïté de la chose politique. J’ai même trouvé intéressant le décalage entre le rythme du film et celui imposé aujourd’hui à la médiatisation de nos élus, tout d’instantanéité et de phrases courtes.

Un McGuffin souriant mais inadéquat

Le problème majeur du film n’est pas son réalisateur, c’est son scénariste, car pour permettre à son protagoniste d’évoluer, le personnage a besoin d’un élément extérieur qui fasse avancer l’intrigue, le fameux McGuffin si cher à Hitchcock. C’est ici une jeune stagiaire de 21 ans (Evan Rachel Wood, qui malgré ses 25 ans a l’air d’en avoir 10 de plus, ce qui nuit à son rôle) dont les antécédents familiaux, la stabilité économique et le caractère jurent avec les décisions qui lui sont imposées par le script. Toute la partie du film dans laquelle elle intervient s’effondre donc un peu.

George Clooney propose un film de bonne facture, élégant, bien mené, honnête mais maladroit en son centre, ce qui, malheureusement, interdit l’enthousiasme. On peut par ailleurs témoigner de la solitude du pouvoir et de la cruauté du milieu politique, des arrangements cyniques imposés par réalisme aux candidats et équipes, la mécanique est éprouvée. Notables aussi sont les souhaits du réalisateur qui se permet d’incarner un candidat démocrate populaire fantasmatique, clairement ancré à gauche, internationaliste, en faveur de l’abolition de la peine de mort, et surtout athée !

Derrière le difficile mariage des ambitions et des idéaux de Gosling, se dessinerait-il une critique de la classe américaine actuelle, un regret d’un autre temps ? Sans doute, mais il est bien dommage que ceux-ci soient passés à l’as tout comme les questions fondamentales des jeux d’argent et du poids des médias dans les campagnes d’aujourd’hui. Les Marches du Pouvoir est un petit film efficace, mais peut-être un rien trop petit.

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The American

In a nutshell: Clooney plays a professionnal killer on the run. He wants to retire. He slowly builds a gun in a beautiful Italian village, he also falls in love with a gorgeous prostitute. He does know he is somehow already dead, so is the movie.

Pendant que Miss J. prenait un temps de repos cinématographique et devenait Dr. J., me revenait la lourde tâche de poursuivre ce blog. C’est donc fier et volontaire que je partis voir avec une amie fan du beau George Clooney, ce qui promettait d’être un thriller classique et brillant, à l’image léchée teintée de mélancolie. Le résultat n’en est pas loin, si ce n’est qu’il ne s’agit en rien d’un thriller tant l’ensemble du scénario amoncelle clichés et coups de théâtre téléphonés le tout accompagné de choix musicaux surlignant à gros traits ce qui se passe à l’écran. Notons par exemple Tu vuo fa l’Americano alors que George, tueur à gages en cavale, en commande un dans un café et tente de passer inaperçu, ou La Bambola (la poupée) de Patty Pravo quand il fait la connaissance et rencontre bibliquement pour la première fois la ravissante prostituée, interprétée par Violante Placido. La photographie reste néanmoins magnifique, et les Abbruzzes offrent des paysages sublimes et rudes. La caméra esthétisante, parfois légèrement putassière, s’attarde sur les gestes et les ambiances, plutôt que les dialogues ou l’action, mais là où Leone, dont le magnifique “Il était une fois dans l’Ouest” est cité, réussit à faire naître violence et tension en une posture ou un regard, Corbijn ne crée qu’un joli tableau.

George C. à la recherche d'une tension quelconque dans The American

On peut aisément imaginer un parallèle entre ce film et le plus beau des Westerns spaghetti. La vengeance contre un tueur à sang froid (Henri Fonda) menée par Harmonica (Charles Bronson), ombre grinçante, correspond à l’esprit du personnage car le tueur que joue M. Clooney ne paraît pas pouvoir se pardonner le meurtre de sang froid de sa compagne, prélude à cette histoire italienne. Il s’agit ensuite d’une recherche de justice et de rédemption, M. Corbijn tentant de faire résonner les doutes de son héros et ses souhaits de construire et compter dans la vie de quelques uns avec les itinéraires d’un vieux et sage prêtre (Paolo Bonacelli) qui aurait pêché, et d’une jeune prostituée (Placido) qui cherche la vérité des sentiments. Le résultat est certes dépouillé, mais la routine du professionnel qu’est ce tueur n’atteint jamais l’efficacité sobre d’un Melville, ou le souffle mystique d’un Antonioni. The American ne réussit jamais à transformer la passivité mortuaire de ce tueur caché dans un modeste village en un rituel inspiré. Le film ne dépasse en conséquence jamais l’exercice de style, esthétiquement plaisant, mais peu passionnant. On est heureux de voir George Clooney bricoler, Placido se dévêtir ou Reuten changer de couleur de cheveux, mais l’attention quoique bienveillante n’est jamais plus que flottante.

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The Men Who Stare At Goats

In a nutshell : Goats can bleat in fear, George Clooney is after them. He can kill with his mind. Or not. At least he can disperse clouds. Maybe. These modern “jedi warriors” have to be improved. Unfortunately, as fun as it is, so does the movie.

Aimez vous la satire politique? Moi j’adore. J’étais en conséquence très curieux de découvrir les chèvres du Pentagone, tirée d’une histoire vraie narrée dans le livre éponyme de Jon Ronson. Un journaliste médiocre, Bob Wilton (Ewan McGregor) découvre le programme secret parapsychologique développé par l’armée américaine pour contrer les soviétiques. «Nous devons être la première super-puissance à avoir des super-pouvoirs» annonce doctement le général Hopgood (Stephen Lang parfait). Croyant à une plaisanterie, Wilton se remet en question alors qu’il rencontre par hasard Lyn Cassidy (George Clooney), soldat “jedi” accompli, se rendant en Irak pour apparemment combattre le terrorisme.  Prometteur, non? Vous admettrez que l’affiche est alléchante: George Clooney, Jeff Bridges, Kevin Spacey et une chèvre ! Qui peut résister à ça? Avec en plus l’avantage non négligeable de retrouver Ewan McGregor qui semble être dans un film anglophone sur deux ces derniers mois, comme ça on n’est pas trop dépaysé. Le résultat est malheureusement moins attrayant que ce que l’on pouvait espérer. Pas catastrophique, même si mon père, par exemple, serait en profond désaccord avec moi sur la question, mais très boiteux tout de même.

Grant Heslov, le réalisateur, sans doute aussi enthousiaste devant son étincelante distribution que Clinton devant une stagiaire et un cigare, en oublie de structurer son film. Le résultat ressemble plus à une suite de saynètes plus ou moins réussies qu’à une oeuvre construite. Et si la première moitié du film se tient, la seconde est aux abonnés absents. L’histoire s’égare et en dépit des efforts méritoires de ladite coruscante distribution, l’attention du spectateur aussi. Reste le plaisir de voir d’excellents acteurs dans des situations loufoques et absurdes. Jeff Bridges est le plus bel officier hippie que vous rencontrerez et Clooney est parfait en moine-soldat décalé. Subsiste également une stimulante esquisse des risques de la guerre “post-moderne”, car si la pochade sur la confondante bêtise de l’Amérique éternellement en guerre est sympathique, sous les rires pointe la critique sur les répercussions dangereuses de ce genre de manipulations belliqueuses, et le menaçant sérieux de toute armée en exercice.

En résumé: Aimez-vous les chèvres? Si oui, allez vous plaindre auprès de l’armée américaine, c’est un scandale, je vous dis, un scandale.

Political satire time once again. What’s a lonesome Ann Arbour journalist, Bob Wilton (Ewan McGregor), to do in the crushed aftermath of his wife having run off with his boss and former good-as best friend? Turns out the answer is: head out to Kuwait for some serious Iraqi war zone investigative desert action, looking for the scoop that’ll fix up his wounded pride and validate him as a bona fide fearless fact-finding hero. In doing so, he runs into an unlikely Jedi warrior, a psychic spy no less, Lyn Cassady (George Clooney), with whom he (rashly?) heads off into the desert based on Cassady’s hunch that this was all somehow all preordained. (Lingo-geek points for anyone noticing that Cassady’s spelt Cassidy in the French version…hmm).

It would seem that The Men Who Stare At Goats is based on true events involving the US government’s New Age special forces, in this story the ‘First Earth Battalion’, which were home to a brave new breed of psychic soldier-spy, dabbled in the paranormal and plenty of consciousness-expanding hallucinogens (but emphatically not hookers – see trailer for details), embracing all things peace and love with the goal of radically transforming warfare for the better. To in fact heal the world… to make it a better place…. for you and for me and the entire human ra-…. oh, and to kill goats stone dead with a mere piercing stare. It’s all loosely based on Jon Ronson’s 2004 documentary book of the same name, which in turn was based on original research by John Sergeant, who apparently has felt (understandably) miffed by the lack of credit he received for his pivotal role in the proceedings in the film’s credits. That has all been kind of grudgingly sorted out now, apparently, but it’s clear that a multitude of dark psychic forces have gathered over a number of aspects of this curious tale of goats and fervent communion with the paranormal.

Not least, the complete dogs dinner it all makes out of a very promising politically satirical film pitch. The individual performances are great, with some memorable characters besides the two key players Clooney and McGregor. Jeff Bridges for instance is great as the pony-tailed general, Bill Django, who trains up the paranormals in the 1970s. What goes wrong is that it muddles along vaguely from one set piece to the next, getting its feet all tangled up in a very sinuous plot, apparently so overexcited about the sheer ludicrousness of this battalion actually having existed that it just doesn’t know what to do with it, instead simply jumping up and down on the spot going “isn’t it all just like totally crazeeeeee, what are they all like!!” On the plus side however, apparently no goats were harmed in the making of the movie (and I should think so, too).

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Fantastic Mr. Fox

In a nutshell Wes Anderson’s take on Roald Dahl’s book is spot on, magical, obviously « fan-tas-tic ». The animal puppets are interestingly more credible than so many actors (you do know who I am thinking of, we probably share the same list). Simply a delight.

N’avez-vous jamais souhaité être fantastique, aimé pour ce que vous êtes, reconnu, suivi tout en gardant votre originalité? Est-on vu, lu comme le voudrait Mr. Fox? A-t-on un impact sur sa communauté? Wes Anderson, depuis Bottle Rocket et Rushmore, explore ce désir, ainsi que celui de créer, comprendre sa place dans la cellule familiale et se faire accepter. Il mêle ces thèmes à l’univers du talentueux écrivain Gallois Roald Dahl, dont l’imagination fertile et bondissante, l’humour régulièrement noir, la tendresse et la délicate et souvent allègre cruauté ont enchanté tous ses lecteurs jeunes et moins jeunes. La densité de son imaginaire et la magie de son oeuvre lui a permis d’être déjà fort bien servi par le cinéma, Fantastic Mr. Fox ajoute une pierre supplémentaire au monument de son talent. L’adaptation de son conte pétillant et son métissage avec le monde mélancolique et chic d’Anderson donne un film d’animation drôle, unique et beau.

Maître Renard (George Clooney) est un voleur expert, un Lupin des poulaillers en retraite, forcé qu’il fut par son épouse, la douce et ferme Felicity (Merryl Streep), à laisser de côté la cambriole pour la sécurité de leur fils Ash (Jason Schwartzman) et l’harmonie de leur foyer. Il est désormais journaliste, la déchéance est absolue. Vivant au dessus de ses moyens dans un très bel hêtre avec vue sur trois riches fermes gorgées de poules, d’oies et de cidre canaille, arrive ce qu’il se doit, Maître Renard succombe à la tentation du chapardage. Mais les propriétaires sont plus belliqueux et revanchards qu’escomptés et une guerre sans merci débute entre les êtres humains brutaux et acharnés et les animaux de la forêt, bien plus civils, mené par notre Renard dandy. Cette lutte permettra à Mr. Fox de se retrouver et de s’assumer et à son fils, Ash, de se confronter à ses complexes, notamment ceux d’être si différent de son flamboyant père et en deçà de son aimable cousin Kristofferson (Eric Chase Anderson, frère du réalisateur) par trop parfait.

La séduction de l’oeuvre tient non seulement à l’humour des répliques et des situations et aux rebondissements qui scandent cette aventure mais aussi à l’adéquation entre forme et fond. En choisissant des marionnettes se mouvant avec une raideur fluide dans un décors où chaque détail est choisi, Wes Anderson utilise optimalement son perfectionnisme et son élégance (jusqu’aux pommes siglées Louis Vuitton), car l’équilibre entre imaginaire et réalisme, étrangeté et repères ordinaires, devient parfaite et permet à l’illusion de s’incarner. Les tics habituels du réalisateur, ses éventuelles faiblesses à aimer les univers calfeutrés, contrôlés, tout de raffinement distingué complètent remarquablement le réalisme des dialogues et des situations, la “sauvagerie” de tous derrière le vernis de civilisation et l’inachèvement artisanal des poupées humaines et animales. La sophistication du dandy inadapté qu’est Anderson retrouve tout son charme et offre un moment de bonheur, de loufoquerie et de poésie automnale. A voir, sans doute même plusieurs fois.

En résumé : Wes Anderson se tourne pour la première fois vers l’animation avec cette superbe adaptation du roman Fantastique Maître Renard de Roald Dahl.

I was a childhood Roald Dahl fanatic. The Witches gave me nightmares, The Twits disgusted me with their cornflake-infested beards, Matilda had me cheering for revenge against sadistic headmistresses, the BFG was a dog-eared snozcumber-tastic favourite, James and the Giant Peach had me wistful for glow-worms and grasshoppers crossing the ocean on hot-peach-balloons towed along by seagulls, and Danny The Champion of the World had me convinced that Coxes Orange Pippins are the closest to apple nirvana that you can get. So I was a bit dismayed with myself that I couldn’t remember much at all about the original story of Dahl’s Fantastic Mr Fox. Wes Anderson’s fantastic animated adaptation of the tale didn’t ring many bells either plot-wise, other than its trio of enraged farmers. What you get is a very nicely done riff on the original and it’s by no means a carbon copy.

The Fox Family find themselves in hot water when the dapper Mr Fox (George Clooney) finds himself unable to resist a poaching crime spree in Boggis, Bunce and Bean’s industrial-scale farms not far away from his brand new, swanky tree house (as an upmarket Fox family, they decide to upgrade their formerly underground lifestyle). His wife isn’t happy, especially when the robbed BBB trio turn up with bulldozers, explosives and the combined wrath of generations of wronged farmers to annihilate him from the face of the earth. They have to start digging for their lives, as does half of the neighbourhood’s properly disgruntled wildlife. In keeping with Wes Anderson’s directing style, it’s smart, gently ironic and softly understated. The animation adds a generous dollop of deliciously sweet, painstakingly crafted, uplifting visual genius. The result is subtle, witty, affectionate, suave, and highly recommended.

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Filed under Animation, Comedy

Up in the Air

In a nutshell : Being fired sucks, but if Clooney does it, it’s not as painful. Interesting comedy, shame it ends up, well, up in the air.

Certains enfants ont de la chance d’être formé par leurs parents et de bénéficier de leurs réseaux pour se lancer dans un métier qu’ils aiment et pour lequel ils ont un don certain. Non, je ne parle pas de Jean Sarkozy, mais du réalisateur d’In the Air, Jason Reitman, et de son acteur principal, le beau George Clooney.

Fils du tchéco-canadien Ivan Reitman, réalisateur connu pour Ghost Busters et toutes les oubliables comédies avec le gouverneur de Californie, le massif Arnold S.,  Jason a poursuivi l’œuvre comique familiale, dans  une veine plus grinçante, passionné qu’il est par les figures et les situations amorales. Après l’exceptionnel Thank you for smoking dont le héros est un lobbyiste de l’industrie du tabac et l’original et décalé Juno, qui suit une adolescente enceinte, Reitman se concentre sur la vie de Ryan Bingham, un as du licenciement, misanthrope et charmeur, interprété à la perfection par M. Clooney. Bingham vire sur ordre, il renvoie, saque, limoge, congédie et destitue sans remords mais avec délicatesse, offrant une certaine dignité à ses victimes prostrées.

A son habitude, le réalisateur ancre son film autour d’un personnage amoral, charismatique et éloquent qui doit faire face à une crise majeure dans sa vie publique et privée. A son habitude, il choisit une admirable galerie de seconds rôles pittoresques. A son habitude, il film avec efficacité et retenue, ayant un talent certain pour le cadrage et la belle image au service de son scénario et de ses acteurs plutôt que l’inverse.

On s’attache donc immédiatement au style de vie pérégrin et solitaire de Bingham, on admire son art consommé du bagage et de la file d’attente, on en vient même à comprendre son but abstrus : atteindre 10 millions de miles. L’adéquation entre le personnage et la vie privée de l’acteur qui l’interprète est remarquable, Bingham correspond totalement à l’idée que le spectateur peut se faire de Clooney dans sa vie privée : virilité engageante, léger humour omniprésent, séduction de tous et surtout toutes, refus du mariage, etc. On perçoit très vite ce qui a pu plaire à la vedette dans ce projet : l’examen de son images et de ses fêlures tandis que Bingham tombe amoureux d’une femme d’affaire tout aussi rouée que lui (la séduisante Vera Farmiga) et doit de plus et malgré lui s’occuper d’une jeune et ambitieuse collaboratrice (Anna Kendrick très juste) qui menace de le rendre obsolète.

Pourtant malgré ces qualités évidentes, le film ne convainc pas autant que les deux précédents et cela pour deux raisons. Tout d’abord le montage laisse à désirer, une fois n’est pas coutume, Jason Reitman perd son rythme initial et le film passe soudain par certains trous d’air en milieu de vol (par exemple lors des scènes dans l’ancienne école de Bingham). Ensuite parce que le jeune réalisateur n’a pas été capable de prendre suffisamment de recul face à l’univers de son héros. Les vagues de licenciements, la crise générale aux Etats-Unis l’ont clairement touché et il désire nettement partager son empathie pour les martyrs de la récession. Ainsi la satire sociale perd de son mordant, le film devient alors didactique et moralisant, le héros perd de sa prestance et s’excuse presque d’être ce qu’il est, tandis que la comédie romantique tourne à l’aigre et au banal, recouverte par la douleur des révoqués. Reitman confirme cependant ses talents d’écriture, ses dons pour le casting et un attrait réjouissant pour le cynisme de notre époque et les sujets sérieux à traiter avec tonus et humoristiquement.

En résumé : George Clooney est de retour dans un nouveau film de Jason Reitman où il n’a qu’un seul désir: qu’on le laisse en paix pour faire son travail de virer les gens.

Jason Reitman is back with this ‘is-it-or-isn’t-it-a-reinvented-romcom’ film, and as a director, he has a lot to live up to after the glories of Thank You For Smoking and Juno. Up in the air stars George Clooney as Ryan Bingham, who lives out of a suitcase, trundling endlessly across the USA and firing hapless employees on their cowardly bosses’ behalves before ushering them off the premises as quickly and quietly as possible. He does it well, amassing corporate hospitality loyalty cards and aspiring to eventually acquire the ultimate air miles card made of precious metals for having officially flown 60 billion miles (or something). He’s pretty content. And massive carbon footprint and abject misery-spreading aside, what’s not to love? He wants his life weightless, in perpetual motion as an ultimate worker of the globalised age who’s at peace with what he does.

Drama strikes when overbearingly intense, bright new young shark Nathalie Keener (Anna Kendrick) arrives, fresh from college with revolutionary economising ideas for grounding the company workforce and getting them to fire people via video-link instead of in person. Ryan suddenly feels what it’s like to have his own niche livelihood at stake. It’s not the firing he enjoys, but the crisp liberty of it all, the fresh cotton sheets that someone else made up for him, the buzz of the airport, a soothingly empty apartment to rent which he only sees for a few weeks a year. George Clooney plays up the ambiguous pleasures of his character’s situation well. He’s a good choice for the part given the inevitable connotations of his own well-publicised tie-free lifestyle, which he has been as openly happy to assume as his character, giving an added underlying ironic nod to the proceedings.

But is it all actually a reinvented romcom rather than an attack on capitalism, as has been argued? While Ryan’s love life and comedy are indeed major ingredients to Up in the Air, thanks to Vera Farmiga playing Alex Goran as his apparent ideal match, this is just part of Reitman’s take on the impact of today’s globalised economic set-up on human relations more widely. The best scenes in the film deal less with Ryan’s individual situation than with bigger groups of people interacting (often hilariously) in variously dysfunctional ways thanks to the nature of their jobs. Private and public life become intractably intertwined in this tale from the extreme frontiers of ‘workforce mobility’: in fact Ryan almost succeeds in making himself vanish entirely as an individual from the conventional private space through his work. Corporate hospitality takes over as the reliable, soothing, undemanding home life he could never have if his ties to others were anything other than so robustly economic in nature. Yet the intense precarity of his personal situation is perfectly alluded to in the title of the film: Up in the Air. There is unquestionably an underlying and sometimes searing critique of capitalism here, although it’s a shame the film trawls for quite so long through Ryan’s family background towards the end, nudging it indeed closer to slack-paced romcom territory, all ultimately slightly disappointing.

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