Tag Archives: Jake Gyllenhaal

Prisoners

PRISONERSIn a nutshell: If your daughter were to disappear, what would be going too far? And is this even far enough? As Prisoners lets you wonder bleakly about this question, you can focus on the stellar performances of the cast and forget about the lows of this uneven weary movie, or you can regret that Villeneuve can’t seem to do better than your average (fairly smart) adult thriller from the seventies.

Des amis se réunissent, leurs deux petites filles vont gentiment jouer dehors et disparaissent … Tandis que certains s’abîment dans le désespoir ou se tétanisent Keller (Hugh Jackman intense et menaçant) n’est plus que fureur et brutalité. Le suspect numéro 1 (Paul Dano assez insupportable), bénard vagabond, relâché fautes de preuves par le très compétent détective chargé de l’affaire (Jake Gyllenhaal soucieux, consciencieux et concentré) l’apprendra à ses dépends.

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Attention, il va couper …

Denis Villeneuve, après Incendies, poursuit son exploration des blessures à vif et des passions instrumentalisées par le destin avec la même patte lourde, prétentieuse et languide qui semble lui tenir de style. La solennité du propos et l’image sombre et glacée veulent souligner le sérieux du projet, et, sans doute, la profondeur de celui-ci: deux réflexions classiques sont proposées, savoir si la fin justifie les moyens, et découvrir que chacun d’entre nous a en lui secrets et ténèbres. L’intrigue hésite entre critique sociale, ambiguïté dramatique et camelote racoleuse vaguement horrifique. On est sur le territoire d’un Cortès (Buried) et surtout d’un Fincher tant le spectateur songe à la rencontre de Zodiac et Seven, mais jamais le réalisateur et son scénariste ne réussissent à régater avec leurs modèles.

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Prisoners et Zodiac : beau nez blanc et  blanc bonnet ?

Soulignons néanmoins une cinématographie digne d’éloge et l’excellence de la distribution ( sauf Paul Dano que, vous avez pu comprendre, je ne porte pas dans mon coeur). Chaque acteur habite avec conviction son rôle et donne en conséquence à ce film inégal de très beaux moments  démontrant que Prisoners eut pu être un grand thriller oppressant et claustrophobe. La complexité des états émotionnels des protagonistes détonnant dans un paysage cinématographique nord-américain souvent plutôt simpliste voire manichéen en réjouira même quelques uns.

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Source Code

In a nutshell: Will you be able to read in eight minutes the following review? It’s the time Captain Stevens has to find a mad bomber in a train bound to Chicago. If he fails ? The time travel programme he’s into is reset and back he goes … Groundhog Day becomes a thriller, an improbable but entertaining one.

Pour vous je ne sais pas, mais pour nous cette moitié d’année 2011 nous parait, sans doute à tort, assez creuse, année de vaches maigres pour le cinéma. Le côté positif de cet état tient à partir à la découverte de films qui n’auraient pas forcément retenu notre attention sinon. Vous l’avez deviné, Source Code fait partie du lot. La science fiction a cela d’agréable que l’on apprend toujours un petit quelque chose, ici j’ai appris que David Bowie avait un fils, Duncan Jones, et que celui-ci était réalisateur à Hollywood. Au niveau scientifique, c’est un peu plus flou, mais j’ai suivi que ce récit défendait l’idée de multivers, qui n’est pas un groupe de lombrics et ténias prêts à envahir le monde mais plus abstraitement celui issu de la théorie des cordes, soit un ensemble d’univers possibles, coexistant parallèlement avec peu ou pas d’interactions ou d’intersections entre eux. On conçoit que le sujet soit riche en possibilités scénaristiques et que l’on s’attache à créer des liens entre ces différents plans.

Gyllenhaal et Farmiga s'attachent à créer du lien

C’est ce que propose Source Code, programme informatique qui projette notre héros, le capitaine Colter Stevens (Jake Gyllenhaal), dans le corps d’un homme qui vit ses huit dernières minutes à bord d’un train en route vers Chicago ayant explosé dans la matinée, afin qu’il puisse découvrir le responsable de l’attentat et empêcher l’action terroriste suivante. Cette enquête dans cet univers parallèle permet donc d’avoir un impact sur son univers de référence, mais à chaque échec (c’est court huit minutes) Stevens est renvoyé et il devient complexe pour lui de savoir à quel univers il appartient vraiment, quelle est l’alternative la plus séduisante à vivre, entre un train miné dans lequel se trouve la délicieuse Michelle Monaghan et un centre militaire austère commandé par un scientifique fat et irritable (Jeffrey Wright) et une capitaine très carrée (Vera Farmiga).

Mélange habile et amusant d’Un jour sans fin (Groundhog Day), Code Quantum (Quantum Leap – on notera la brève participation de Scott Bakula, héros de la série, ici père de Stevens), Twilight Zone et toute proportion gardée Hitchcock (North by Northwest) et Trumbo (Johnny Got His Gun), Source Code est un thriller romantique malin, tendu et souvent drôle puisque le scénario, bien construit, prend en considération ses carences et (parfois) ses absurdités pour donner à ses protagonistes des répliques  permettant par une pirouette de faire passer une pilule quelques fois énorme. A la différence de Bill Murray, qui vivait pleinement sa journée de la marmotte, Jake Gyllenhaal apparaît plus comme un joueur qui échoue partie après partie à un niveau difficile, mais qui au fil du temps, en vient à se demander s’il n’est pas lui-même partie d’une simulation plus vaste encore. Le discret travail de Jones sur la répétition, l’enfermement, le libre-arbitre et l’identité est intéressant et permet à ce blockbuster souvent invraisemblable de prendre une dimension et une consistance qui fait momentanément oublier les inconsistances de l’histoire pour offrir un savoureux petit plaisir estival.

En résumé : Un soldat américain est chargé de découvrir l’identité d’un poseur de bombes. Le problème est qu’il doit voyager dans le temps pour le faire et qu’il n’a que huit minutes à chaque essai – que de stress –  mais on s’amuse bien!

The scenario to Duncan Jones’ thriller Source Code is something of a mash-up between Groundhog Day and Quantum Leap, with a side serving of The Matrix. Jake Gyllenhall plays US soldier Colter Stevens, who suddenly finds himself in another man’s body, on a train, being praised for the quality of advice he can’t remember having given by an attactive women he never met, Christina (Michelle Monaghan). And then the train blows up. He comes to in a weird time capsule, and is sent, over and over, to go back over the same events until he can figure out who the bomber is. He also has just eight minutes to act, as he’s in some kind of quantum contraption, living  the last minutes of people who are already dead.

Yesss…. So far, so morbid (and plausible). Vera Farmiga plays Colleen Goodwin, the tight-lipped supervisor who keeps sending him back into the same loop, under whose urging he gradually pieces together just what kind of plot he’s up against, all whilst falling for Christina. It is a guilty pleasure of a film: decently high-adrenaline, well played, and forgivably daft – because it’s well done, it’s not too much to ask to put all the implausibility to one side and to get sucked into the mini-dramas of the side stories and ‘suspects’ in the train – from a bitter comedian with an alcohol problem, to a hustler in shades who just has to finish his business deal, to a quiet geeky student in the corner… and a train loo with an ever-ticking device.

Half Man, Half Machine: what does it mean?

The ‘8 minutes’ permaloop works well and it’s overall well structured plotwise, with plenty of twists, theme park mini-roller coaster style. All while the train blows up countless times, I ended up happily rooting for the hero to somehow make his way out of this interminable maze he’s stuck in, while sniggering a little at some of the over-the-top lines that were delivered. The fact I was able to care at all was a great relief after the grating debacle of one of Jake Gyllenhall’s other recent cinematic forays in Brothers. As Monsieur D. has said, we probably only saw this because it was a slow cinema week, but there were no regrets, lots of enjoyable moments and only a few smirks.

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Brothers

In a nutshell : Irish sentimentalism meets American didactism and Danish silent family drama … oh brother !

Sam (Tobey Maguire) est envoyé en Afghanistan. Il est capitaine, marine, un homme responsable, un héros. Son hélicoptère s’écrase et il est porté disparu. Sa femme, Grace (Natalie Portman), qui l’aime tendrement depuis qu’elle a 16 ans est effondrée. Elle et ses deux petites filles trouvent un appui auprès de Tommy (Jake Gyllenhaal), jeune frère de Sam, mouton noir de la famille, récemment libéré de prison. Tommy responsabilisé par la disparition de son frère se rapproche de sa belle-soeur et prend petit à petit la place de Sam. Celui-ci revient alors du front, mentalement et moralement brisé par ce qu’il a subi et fait subir, et ne voit pas d’un bon œil les changements apparus depuis son départ.

Jim Sheridan en reprenant fidèlement le film danois éponyme de Susanne Bier (Brødre, 2004) retrouve des thèmes qui lui sont chers, la famille et l’impact de la violence des guerres sur l’âme des hommes (In the Name of the FatherThe Boxer, etc.). Mais le réalisateur irlandais manque le coche en mêlant un grand sentimentalisme au drame intérieur, aux proportions bibliques ou shakespeariennes que traversent les trois personnages principaux. Le dépouillement nécessaire qui permet de faire ressortir les émotions les plus crues et de faire surgir la beauté et la dureté des dilemmes les plus cruels est remplacé par la componction des images et les mimiques stanislavskiennes des acteurs. Tous les effets sont si clairement explicités qu’on finit par se demander s’il y a vraiment nécessité d’avoir à la fois l’image et le son, tant l’un fait redondance avec l’autre. Pire, la bande annonce révèle absolument tout du film à l’exception de la minute finale. Epargnez vous deux heures et voyez plutôt l’excellente synthèse ci-dessous. Enfin, Sheridan ne semble pas trouver la distance juste pour traiter de la guerre, à la fois trop proche et trop lointain, il décrit un Afghanistan de propagande dans lequel la lente dissolution du héros apparaît plaquée, plutôt que vécue. Le scénario s’embourbe en conséquence dès le retour de Sam et malgré les efforts légitimes de chacun de ne pas faire sombrer l’ensemble dans le mélodrame le plus larmoyant, l’histoire dérape dans le stéréotype et les protagonistes se noient dans la geignardise.

Les thèmes du secret, de la jalousie, de la loyauté liés aux liens du sang et aux traumatismes enfantés par les brumes de guerre sont fascinants mais ici les choix du cinéastes déçoivent. Les mythes s’estompent : Richard III n’est qu’un triste et lent Falstaff, Amphitryon un Onan limité.

En résumé: Si on part en Afghanistan comme soldat en laissant sa femme toute seule avec son frère, mieux vaut choisir un film avec un peu de subtilité si on veut s’en tirer dignement.

Brothers, directed by Jim Sheridan, is a grating, semaphore-flag-wavingly unsubtle mangling of a reportedly once-decent Danish film called Brødre (2004). It has my wholehearted nomination for most irritating film of 2010 to date, and while it may yet still be February, my money’s on it still being up there on the list come next December. It would be best to start (and finish) by saving two hours of valuable life by just watching the trailer, which thoughtfully treats anyone watching it to practically every notable twist in the plot from start to finish. Whilst Franglaisreview has already flagged this up for various other films, this trailer goes the extra mile, saving up nothing for the desperate viewer longing for the sustenance of a little surprise or two while the film’s grinding its way through what it’s already given away with all the rapidity of continental drift.

Good brother Sam (Tobey Maguire), married to his wholesome wife Grace (Natalie Portman), goes to Afghanistan where he falls foul of some two-dimensional, fifty-thousand-foot-high, flashing-light-blatant, US propaganda-serving, freedom hating, Rent-a-Taliban. Bad Brother Tommy (Jake Gyllenhaal), with the constant demeanour of a leathery dog on the verge of collapsing from old age, fresh from jail, meanwhile steps up and makes friends with Grace and her two girls after they find out that Sam’s been killed. Tommy becomes rather super-close friends with wholesome Grace, who turns out to be a super-crazy fan of the odd puff of weed. And whose very sweaters made me want to scream.

The problem hinges on the fact that it’s a potentially good storyline that gets pissed on from all directions. Every rich angle, every psychological dilemma, every opportunity for thoughtful character development is mercilessly crushed by the ruthless bulldozer that is the cheerleading, trombone-playing, cymbal-crashing merciless psychopath that decided to scribble over everything with a glow-in-the-dark sixty foot marker. Think interminable holiday slide show featuring people you never even met, with fifty –minute-long commentaries between each one from a booming computer-generated voice. It grates, grinds, grumbles along, pauses dramatically while arrows and diagrams are added, sticking ruthlessly within the minuscule stereotypical boxes of what supposedly constitutes good, god-fearing, upright USA as opposed to the hairy, implicitly and unquestionably irredeemably bad Everything Else. Best to stay away! Otherwise, like Maguire’s character, you could end up howling and screaming at your nearest and dearest out of sheer pain and frustration.

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