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Malavita

malavita1In a nutshell: Besson’s The Family (Malavita) is like a pita: flat, lacking salt and – I suppose – out of place in a movie theatre. Great cast, terrible script unable to set consistently on a tone, lazy camera work … Besson can do much better than that, or can he?

Quelques mots brefs sur un film qui ne mérite guère que l’on s’y arrête mais appréciant Tonino Benacquista et ayant lu avec plaisir son Malavita il y a quelques temps, la curiosité et la distribution étoilée de l’adaptation bessonienne ont eu raison de mon bon sens.

Lui aussi a vu le film ...

Instantané en sortie de salles …

Luc Besson poursuit sa chute aux enfers et ne fait pas mieux que The Lady, pire il cumule les défauts initiaux du roman avec une réalisation plate, une incapacité à choisir un genre (entre la farce noire et la comédie grand public bon enfant) et une igorance flagrante des qualités de l’histoire originelle qu’il a pu adapter. Résultat : incohérences dérangeantes (la moindre d’entre elle consistant à voir les Français parler anglais entre eux), clichés prévisibles fleurant bon le poujadisme et la francophobie, et pour l’humour, il n’est pas lourd mais pachydermique.

Ringard et s’achevant sur une fusillade inepte, Malavita est cependant trop insignifiant pour que l’on se mette vraiment en colère : à voir pour les amateurs de bocage normand, les fans les plus courageux des grands De Niro, Jones et Pfeiffer ou ceux que les plaisanteries graisseuses et molles réjouissent.

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Lock Out

In a nutshell: I’d rather not talk about it … I feel ashamed, dirty even … but at times a reviewer’s gotta do what a reviewer’s gotta do. Go watch it if you are Guy Pearce’s n°1 fan, and then go cleanse yourself. Or go if you want further proof that any scenario developped from a Luc Besson’s idea is a big no-no. Now, go cleanse yourself.

Voilà un film vu entre deux activités. En douce. Pour tuer le temps. Et parce que un p’tit film d’action, parfois, c’est sympa. Une erreur. 96 minutes d’ennui. Une catastrophe. Comment vous résumer l’ensemble ? Faut-il le faire ? Je ne sais, je ne m’en remets pas. Il semblerait que Luc Besson ait décidé de lancer une collection Série Z dont la bêtise consternante ne serait dépassée que par l’indigence générale du scénario, des dialogues et de la mise en scène. Nous avons ici une très jolie tête de gondole.

Pour le scénario, prenez New York 1997 avec Kurt Russel, pour les répliques sarcastiques peut-être Piège de Cristal, et pour l’ambiance en apesanteur Alien et vous aurez les références, le rêve des deux tâcherons qui ont réalisé le film. Mais James Mather et Stephen St Leger sont loin, bien loin de leurs glorieux aînés, et même épaulé par un Guy Pearce très en forme, le résultat est au mieux affligeant. Après quelques minutes engageantes, laissant présager une série B honnête, testostéronée, un peu pataude mais de bon aloi, Lock Out s’enfonce dans l’irrémédiablement stupide, caricatural et primaire. Alors parfois un grand acteur dans un nanar extra-atmosphérique vaut le prix du billet, mais là, non, cent fois non.

C’est vrai qu’un film avec un scénario inepte c’est long …

Assister à la mutinerie la plus invraisemblable du système carcéral et la résolution par l’absurde d’une prise d’otage ne vous réjouira pas, cela soulignera seulement le mépris dans lequel on vous tient en tant que spectateur. Les effets spéciaux sont bâclés, l’esthétisme du film ne fonctionne en rien, les scènes d’action sont pour la plupart illisibles, le montage est mollachu, la direction d’acteurs à la truelle. Alors quand Télérama vous annonce que vous retirerez de Lock Out “un certain plaisir (coupable ?)”, que Chronic’art trouve que ce film “démontre qu’il reste un peu de bonne soupe au fond des vieux pots”, ou encore que Le Parisien ou Ouest France estiment que “c’est efficace, rythmé, tendu et spectaculaire” et que “Lock Out ne manque pas d’un certain panache”, j’exige des excuses.

Bon, je sens que je vais avoir des séquelles après ce film. Je ne peux en rien garantir mes prochains choix, ni même s’il est bon que notre espèce survive. Je vais retourner sangloter dans mes oreillers et espérer que Prometheus soit à la hauteur.

Méfiez-vous des “thrillers d’anticipation”.

Méfiez-vous !

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The Lady

In a nutshell: Luc Besson pays homage to Burmese Nobel Prize winner Aung San Suu Kyi, through a teary melodrama where we find out that her family life was as tough as her public life, and her ideals noble. Strong woman, much weaker film.

J’aime bien Luc Besson, ses films adolescents emplis de combats, d’honneur et de jolies filles dangereuses m’ont toujours plu. J’ai grandi avec lui, c’est un cinéaste de ma génération et du Dernier Combat (1983, mais je l’ai vu plus tard, en DVD) jusqu’à Jeanne d’Arc (1999), j’ai suivi ce réalisateur bourru, sensible et talentueux en voyant (presque) tous ses films. Parfois plusieurs fois. Et les années 2000 sont arrivées, tout s’est écroulé. Le “scénariste” a pris le pas sur le réalisateur et nous a imposé une bêtise après l’autre (Mozinor, merci). Tout n’était pas aussi mauvais qu’Angel-A ou Les Rivières pourpres 2 : les Anges de l’Apocalypse, non, mais rien n’était très bon non plus. Alors j’ai pris mon mal en patience et ai attendu la décennie suivante. En 2010, Miss J. et moi sommes allés voir emplis d’espoir Adèle Blanc-Sec et en sommes sortis pas mécontents mais sans enthousiasme (Rappelez-vous). Nous étions donc intrigué de découvrir sa réalisation suivante, The Lady, bioscopie (biografilm?) d’Aung San Suu Kyi que lui avait apportée Michelle Yeoh, dont la ressemblance physique avec La Dame du Lac est frappante.

Besson rend hommage à la vie difficile de l’héroïne birmane, Prix Nobel de la Paix en 1991, en retraçant non pas son combat politique en faveur de la démocratie, combat inspiré par la philosophie de Gandhi, mais en mettant assez platement en scène sa vie privée et les drames familiaux qu’elle dût subir, en particulier le cancer qui fut fatal à son mari, Michael Aris (David Thewlis). Drame augmenté par l’infâme chantage dont elle fut l’objet, la junte des militaires, refusant tout visa à son mari, lui proposa de choisir entre son époux et son pays … elle choisit de rester. Selon le réalisateur, si vous ne pleurez pas, il faut aller consulter. J’ai pris rendez-vous car si les intentions sont bonnes, son hagiographie peine à émouvoir, ou même – le rouge me monte aux joues – à intéresser.

La plume est plus forte que la caméra

Je vais volontairement omettre de parler de la musique lourdingue, calamiteuse, quelque fois ignoble, malheureusement omniprésente qui surligne absolument chaque scène, je crois avoir aperçu Miss J. porter un T-shirt sur lequel on peut lire : Eric Serra doit mourir. Je la laisserai vous en dire plus. Ma critique portera plutôt sur l’absence de choix de Besson. Refusant de s’engager plus que dans un mélo familial, il passe à côté de son sujet et n’arrive pas à présenter plus qu’un conflit manichéen et de ternes allées retours entre Angleterre où Michael Aris n’en finit pas de mourir (127 minutes d’agonie) et Rangoun où la Dame, plus icône qu’humaine, subit le joug de son enfermement. Manquant cruellement de pédagogie, le spectateur ne comprend rien de la réalité birmane au delà de la carte postale simpliste opposant généraux huileux et superstitieux, parlant toujours birman, à une courageuse jeunesse épaulée par les moines menée par Aung San Suu Kyi, étrangement anglophone même parmi les siens.

Si le scénario de Rebecca Frayn tente d’expliquer comment progressivement l’héroïne s’engage dans la résistance à la junte, il le fait bien maladroitement et le film n’éclaire en rien les choix, les préférences, ni même l’intransigeance d’Aung San Suu Kyi. On ne sait pas ce qui la lie à son mari, ni ce qui la pousse à sacrifier jusqu’à ses enfants pour continuer son combat. On ne saisit pas les voltes faces du pouvoir, ici caricaturé et presque comique. On regrette que Besson ne décide pas soit de s’éloigner de la réalité et, avec cette ardeur entre anarchisme et groupe d’auto-défense, qu’il transforme les généraux en flics d’opérette comme dans Taxi, soit qu’il poursuive son projet initial montrer l’état de la Birmanie par les conflits internes de la Dame. Il n’y parvient guère. Thewlis et Yeoh font ce qu’ils peuvent (et plutôt bien) mais se montrent bien moins inspirés que chez Leigh (Mike) ou Lee (Ang) et sont dans un démonstratif qui frise parfois le ridicule. Peu doué pour montrer la complexité psychologique, Luc Besson ne s’arrête qu’à l’image. Celle-ci est belle et on ne peut que respecter la volonté qu’il y met derrière, mais elle ne reste qu’image lointaine et folklorique.

En résumé: Eric Serra doit mourir.

Ugh. While Monsieur D. has delivered a well measured, reasoned critique of Luc Besson’s latest film The Lady, I fear I may not be up to the task given just how ear-splittingly bad its soundtrack is. But I shall try. At least the worthy subject matter of this ‘bio-flick’ is beyond reproach. It follows Aung San Suu Kyi (Michelle Yeoh)’s brave battle in Burma for free and democratic elections and subsequently to have her landslide election as president acknowledged by the country’s oppressive military junta, supported by her English Oxford academic husband Michael Aris (David Thewlis) and her two teenage sons.

Suu Kyi returns to her country of birth from Oxford in 1988 to to care for her ailing mother, to find Burma in a state of violent political turmoil. She is persuaded by activists to stay and campaign for democracy in the country, not least because she is the daughter of Aung San, the man who had negotiated Burma’s independence from the British in 1947 only to be assassinated, with a harsh military junta tightening its grip on the country over the years. When Suu Kyi returns to fight for the presidency, she is separated from her family and placed under a brutal house arrest, while her family is consistently refused visas to visit her. Worse still, her husband is eventually struck down by cancer and she is unable to see him in the years leading up to his death.

"Speak up darling, I can barely hear you over this grating soundtrack"

The film focuses heavily on the family tragedy side of Suu Kyi’s story while in many ways brushing over the political other than presenting an archetypal good vs evil type of struggle. While I took a slightly kindlier view to the family focus than Monsieur D., I was blown away by how off-putting and overblown the soundtrack was. Eric Serra babysits your emotions as viewer throughout, never once leaving you alone in a little bit of silence for some unsullied dialogue. An orchestra screeches and warbles, drums bang, flute tweedle, you name the emotion, they’re there harassing you into whatever state of mind it is they fancy pushing at a particular moment in the proceedings.

Suu Kyi is alone? Tinkle the piano heart-rendingly. Students are running desperately from gunfire? Crank up the frantic violins and  add a pounding dance beat. I had the impression that the director does not trust the intelligence of his audience for one minute and needs to keep things as overwrought as possible to stop his imagined viewers from wandering off, dragging their knuckles along the ground. Honestly, if someone can’t get their head around a story as compelling as this without a whole cohort of crazed musicians clammering away over the top shamelessly orchestrating their emotions, then I doubt they would even make it into the cinema for this one in the first place.

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Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec

In a nutshell: Luc Besson changed his mind and decided he’d make more movies than he promised: good. He decided to adapt Tardi’s Adèle Blanc-Sec: Alright! He kind of forgets about rythm and tempo in the process: damn!

Luc Besson a tant d’admirateurs: un réalisateur français de films populaires rythmés, générationnels (Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le 5ème Elément). Besson a également tant de contempteurs: un cinéaste parfois complaisant (Angel A) devenu mogul, grand producteur bougon de films efficaces (comprenez sommaire et à succès) mais souvent aux recettes si simplistes qu’ils en deviennent insultants. Autant dire que son dernier film après sa rémunératrice mais atterrante parenthèse animée (sacré Arthur) était attendu! Son choix s’est porté sur l’héroïne renfrognée de Jacques Tardi: la courageuse et astucieuse Adèle Blanc-Sec.

Pour le rôle titre, Besson a choisi la séduisante Louise Bourgoin, bien plus jolie que son modèle, et l’entoure de seconds rôles solides (Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Mathieu Amalric méconnaissable, etc.), dont les visages ont tous été transformés pour les faire ressembler aux protagonistes de la bande dessinée. En cela, l’adaptation est bonne et le Paris de 1912 est impressionnant de réalisme. En revanche l’humeur, l’atmosphère fantastique et prenante des aventures de Mlle Blanc-Sec ont été remplacés par un humour bon enfant souriant mais sans grand relief et une ambiance Indiana Jones revendiquée, en décalage avec l’oeuvre originale. Le résultat n’est pas déplaisant, souvent agréable et certaines scènes sont même extrêmement réussies : une partie de tennis peut-être insuffisamment échevelée et une cruelle guillotine ont notamment retenu mon attention. Mais on ne peut s’empêcher de ne pas être vraiment emporté par le charme de l’ensemble, le tout manquant singulièrement et étonnamment de rythme. Les effets spéciaux sont bizarrement assez maladroits et on en vient à se demander si Besson n’a pas remplacé une partie de son brio par un regain de fraîcheur pas encore tout-à-fait maîtrisé.

Le film s’ouvre sur la naissance inattendue d’un ptérodactyle au Jardin des Plantes tandis qu’Adèle, journaliste et feuilletoniste, parcourt l’Egypte à la recherche de la momie du médecin de Ramsès II, dernier espoir pour un jour ramener à la vie sa jeune soeur  plongée dans un coma profond. Après mille péripéties la menant de canot-sarcophage (un clin d’oeil à Tintin?) en dos de ptérodactyle (clin d’oeil à Avatar?), elle s’attirera bien des amours et des haines jusqu’à l’image finale qui semble promettre une suite ou alors une fin vraiment funeste. Le bruit court en effet que ce film serait le premier d’une trilogie et on ne peut qu’espérer que les suivants retrouveront le tempo qui a plus qu’à son tour rendu magnétique (ou visible selon vos goûts) une bonne partie des films de Besson. Un peu plus de l’ironie froide et de la noirceur de Tardi ne serait pas non plus pour me déplaire, mais je comprends que ce sont des éléments plus segmentants que rassembleurs dans la grande aventure marketing qui accompagne toujours les production Europa Corps. Allez, Luc, c’était pas mal mais encore un effort!

En résumé: Luc Besson est de retour avec cette adaptation de la bande dessinée du même nom de Tardi. Un film exubérant qui déçoit au final par son manque de force innovatrice.

I really stumbled in off the street for this one, speech-slurringly dazed and confused from a too-heavy work schedule and rather ready for a nap in the velvety darkness of the creaking-seated UGC Gare de Lyon. Still, it was hard not to be at least a bit roused, grudgingly or otherwise, by Luc Besson’s long-awaited directorial return and rework of Jacques Tardi’s BD (graphic novel) of the same name, swashbunkling as it all was. Compared to the original BD, everything is relatively purged of any warped gothic irony, barring the odd Tim Burton-esque grotesque moment. There are, for instance, some things a forehead just shouldn’t have to go through (or perhaps should I say, just shouldn’t have to go through a forehead).

It’s a high-octane adventure-epic adaptation, with a sure eye for atmospheric detail from the 1912 Paris where it’s mostly set, a pleasingly giant, mostly good-natured if hungry pterodactyl, and the indomitable Adèle Blanc-Sec (Louise Bourgoin), archeologist extraordinaire, who clearly never stops for a nap, unlike her poor sister Agathe, (Laure de Clemont-Tonnerre), who’s basically been doing nothing but for years. Adèle travels to Egypt in order to steal away the ancient mummy of a Pharaoh’s physician, strangely confident of resurrecting him so that he can raise her sister from her torpor, which she sort of does, although it doesn’t pan out quite as expected. Naturally, there are hoards of brutal adversaries to defeat but also loyal friends on hand to help, not least Andrej Zborowski (Nicolas Giraud), budding scientist with a boffin-sized crush on Adèle.

The whole thing’s much more gleeful than I was expecting, but sadly also more formulaic, slack in places and by the end increasingly tiresome, something akin to a toddler who’s been given far too many sweets to eat and is now getting tedious and needs to be put to bed. It’s probably a best bet for early teen fantasy fans, but not anyone much younger given certain gruesome moments, unless by any chance nowadays they make kids harder bitten than they used to.

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