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Prisoners

PRISONERSIn a nutshell: If your daughter were to disappear, what would be going too far? And is this even far enough? As Prisoners lets you wonder bleakly about this question, you can focus on the stellar performances of the cast and forget about the lows of this uneven weary movie, or you can regret that Villeneuve can’t seem to do better than your average (fairly smart) adult thriller from the seventies.

Des amis se réunissent, leurs deux petites filles vont gentiment jouer dehors et disparaissent … Tandis que certains s’abîment dans le désespoir ou se tétanisent Keller (Hugh Jackman intense et menaçant) n’est plus que fureur et brutalité. Le suspect numéro 1 (Paul Dano assez insupportable), bénard vagabond, relâché fautes de preuves par le très compétent détective chargé de l’affaire (Jake Gyllenhaal soucieux, consciencieux et concentré) l’apprendra à ses dépends.

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Attention, il va couper …

Denis Villeneuve, après Incendies, poursuit son exploration des blessures à vif et des passions instrumentalisées par le destin avec la même patte lourde, prétentieuse et languide qui semble lui tenir de style. La solennité du propos et l’image sombre et glacée veulent souligner le sérieux du projet, et, sans doute, la profondeur de celui-ci: deux réflexions classiques sont proposées, savoir si la fin justifie les moyens, et découvrir que chacun d’entre nous a en lui secrets et ténèbres. L’intrigue hésite entre critique sociale, ambiguïté dramatique et camelote racoleuse vaguement horrifique. On est sur le territoire d’un Cortès (Buried) et surtout d’un Fincher tant le spectateur songe à la rencontre de Zodiac et Seven, mais jamais le réalisateur et son scénariste ne réussissent à régater avec leurs modèles.

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Prisoners et Zodiac : beau nez blanc et  blanc bonnet ?

Soulignons néanmoins une cinématographie digne d’éloge et l’excellence de la distribution ( sauf Paul Dano que, vous avez pu comprendre, je ne porte pas dans mon coeur). Chaque acteur habite avec conviction son rôle et donne en conséquence à ce film inégal de très beaux moments  démontrant que Prisoners eut pu être un grand thriller oppressant et claustrophobe. La complexité des états émotionnels des protagonistes détonnant dans un paysage cinématographique nord-américain souvent plutôt simpliste voire manichéen en réjouira même quelques uns.

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Ruby Sparks – Elle s’appelle Ruby

In a nutshell: If Ruby Sparks, Mlle L. – our own Little Miss Sunshine – explodes. One could say she didn’t like the movie, it’d be kind. Calvin (Paul Dano) creates out of his writing the perfect girlfriend (and no it’s not Hobbes, it’s Zoe Kazan). Problems and happiness ensue. It seems than rather than being Stranger Than Fiction with insightful gender politics, Dayton and Faris’s movie is more a hipster La fille de papier by Guillaume Musso or a posh episode of Weird Science, John Hughes’ movie being definitely out of Ruby’s reach. Harsh!

Nous avions des places de cinéma gratuites; une amie (que je ne nommerai pas et à qui je promets qu’elle reste malgré tout une amie) avait aimé Little Miss Sunshine et nous fit part de son envie d’aller par conséquent voir Ruby Sparks. Cela semblait être une bonne idée, nous avons donc suivi le mouvement.

Nous sommes venues.

Nous avons vu.

Nous avons toutes cru crever tellement c’était nul.

Mlle L. et ses amies sont désormais un rien colère. Autrement dit, ça va faire mal!

Unanimité totale à la sortie: Elle s’appelle Ruby est une telle daube que malgré nos différences de goût parfois prononcées, nous avons toutes conclu que nous aurions mille fois, cent mille fois mieux fait d’aller voir American Pie 8 – Concours de pets dans les dortoirs, plutôt que ce film ni fait ni à faire, bâclé d’un bout à l’autre, et qui transpire la prétention branchouille par tous les pores.

Ruby Sparks, ça pourrait être le court métrage de fin de première année d’un des élèves les moins doués et les plus arrogants de la FEMIS – malheureusement ça dure 1h40. Tout y est prévisible, téléphoné, ridicule à force d’auto-satisfaction et d’onanisme pitoyable. Accablant.

J’explique: le film s’ouvre sur une image qui rappelle les plus grandes heures de la pub pour parfum ringarde – contre jour, couleurs dorées, musique nulle. A la différence qu’au lieu de Charlize Theron ou Laetitia Casta, la fille au centre de l’écran a l’air d’être un vilain boudin, et qu’elle est en prime dotée d’une des voix les plus insupportables de l’univers (dans le genre Mira Sorvino dans Mighty Aphrodite). Voix avec laquelle, je vous le dis tout de suite, elle va faire résonner son vocabulaire de 40 mots maximum: “What? Oh my God! That’s so cool. You’re such a loser. It’s amazing! I love it so much. I can’t believe you. Darn! You’re too much. I feel like I’m trapped. You know?” Voilà, vous avez ici l’intégralité des dialogues de Ruby – répétez à volonté pendant 105 minutes et traduisez parfois en français ; bravo, vous êtes désormais scénariste, que dis-je, écrivain.

Un calvaire s’annonce au fur et à mesure que le scénario se fait jour et que les acteurs apparaissent à l’écran.

Le héros, Calvin, est un écrivain trop méga sensible, genre il écrit des trucs qui sont trop cool, tu vois, genre trop bien (ai-je besoin de le préciser, Ruby Sparks s’adresse à un public qui aura plutôt tendance à lire Cosmopolitan et Fifty Shades of Grey que Tolstoï et Victor Hugo). Et en plus, genre c’est trop incroyable tellement c’est un génie le mec, il est à peine sorti de l’adolescence et il est grave trop pas sûr de lui, tu vois, genre timide choupinou trop cool. Très clairement, toute personne normale aura très rapidement envie de lui taper dessus à coup de barre de métal et de lui faire boire de l’élixir Eau Précieuse jusqu’à ce que mort s’ensuive, à cet insupportable abruti – joué avec le talent d’une brique par Paul Dano, qui pendant tout le film oblige ses sourcils à pointer vers le haut, ce qui lui confère une expression de niais souffreteux et surpris qui vous transformera à coup sûr en tueur sanguinaire.

“Mlle L. est après moi et … j’ai peur!”

Or, cet écrivain post-adolescent talentueux et peu sûr de lui ne parvient pas à se trouver de petite copine. Oui, car c’est bien connu: tous les grands auteurs de la littérature contemporaine à la sensibilité exacerbée se torturent avec des angoisses existentielles de poids, telles que “quand est ce que je vais pécho de la meuf ?”.

Rassurez-vous, notre sympathique héros va rapidement parvenir à pécho de la gazelle, justement en la personne de Ruby, jeune fille en fleur née de sa plume (non, d’ailleurs, de son insupportable machine-à-écrire-vintage-pour-faire-rétro-vachement-cool-tu-vois) et que son esprit et son désir finissent par concrétiser.

“Moi, dans la vie, j’aime les culottes rayées, les céréales et être concrète”

Oui, ça rappelle tellement La Rose Pourpre du Caire que ça pue le plagiat, mais on ne peut en vouloir à Zoé Kazan, auteur et interprète de cette grosse daube pourriecette bluette pour crétins, ce film. Car lorsqu’on la voit, on comprend immédiatement que Zoé Kazan n’est rien d’autre qu’une gourde décérébrée, et les accusations de plagiat en deviennent tristement risibles: car pour plagier quelque chose il faut d’abord l’avoir lu ou vu, c’est à dire avoir un minimum de culture, et ça, cette pauvre fille en est bien incapable. Ah, oui, précisons : Zoé Kazan joue Ruby, cette jeune fille idéale dont chacun tombe trop méga grave amoureux au premier regard – autrement dit, un boudin pleurnichard et inculte.

Femmes de tous les horizons, au lieu d’essayer d’être pleines d’esprit, marrantes, indépendantes, pas chiantes, modestes, cultivées mais pas pédantes, etc etc etc, écoutez Zoé Kazan: sachez que pour être irrésistible il suffit en fait de pleurnicher sur votre sort avec une voix de clarinette souffreteuse, d’avoir un gros pif rougeaud et des ongles rongés, et d’affirmer haut et fort que vous n’avez jamais ouvert un livre de votre vie.

Mais pourtant j’aime La Fille de Papier de Guillaume Musso

Je pense que vous avez saisi les grandes lignes de cette torture cinématographique, je m’autorise donc désormais à abréger: cadrages minables, montage scandaleux d’amateurisme, photo sans intérêt, le tout gorgé d’une prétention démonstrative qui rappelle les meilleurs moments des bobos s’essayant à la “photographie lifestyle avec instagram”. La bande originale vous donne envie de vous crever les tympans avec une aiguille à tricoter, car afin de bien montrer qu’il est maxi branché trop cool, les réalisateurs (oui, ils sont deux) ont fait le choix de passer un nombre parfaitement odieux et superfétatoire de chansons pop françaises rétro ou des années 1980 (que j’aurais plutôt tendance à affectionner au départ, mais dans ce contexte, ça vous donne envie de lapider Plastic Bertrand).

Les dialogues sont d’une pauvreté intolérable, les situations sont aussi prévisibles que répétitives et caricaturales, les personnages sont creux … On atteint les affres de la colère face au gâchis qui est fait des apparitions de Steve Coogan – l’acteur livre, comme à son habitude, une excellent performance, mais son personnage est inexistant, inutile, pas exploité. C’est d’ailleurs le cas d’à peu près tous les rôles de cette horripilante catastrophe cinématographique : si aberrant que cela paraisse, il n’y a jamais aucune interaction entre les protagonistes de Ruby Sparks ; chacun joue (mal) pour lui-même et les personnages n’ont, jamais, aucune réalité ni aucun intérêt. Pareil pour Eliott Gould dans le rôle du psychiatre. On est certes content de revoir l’ami Eliott, mais son personnage n’a aucune raison d’être. Et on réalise ainsi avec une bonne dose d’accablement que chacun des caractères de ce film, des rôles principaux jusqu’au chien très laid en passant par les personnages secondaires et les figurants, pourrait être aisément remplacé par un légume de votre choix (courgette, potiron, topinambours, vous êtes libres), le film en serait inchangé.

“… et Ruby sera désormais une tomate dans ce navet … mmm, I’m onto something”

Spéciale dédicace également à Annette Bening et Antonio Banderas pour leur participation à la séquence-hommage à Mon Beau Père, mes parents et moi (je sais, c’est inattendu, mais leurs personnages sont directement pompés sur ceux de Dustin Hoffman et Barbra Streisand dans cette grosse comédie bébête). Une catastrophe, vous dis-je – on a l’impression de s’être fait kidnapper par les post-ados d’un couple de hipsters prétentieux, et d’être forcés d’assister à leurs discussions logorrhéiques, creuses et arrogantes sur le sens de la vie. Un avant-goût de l’enfer. Il y a même la scène “placement de produit Apple“, que seul l’emploi de gyrophares et de cornes de brume aurait pu rendre plus hippopotamesque.

Je sens que ma pression artérielle est en train d’atteindre son seuil d’alerte pour cause d’agacement, je vais donc arrêter de m’énerver et conclure cette critique avant de faire une rupture d’anévrisme. Clairement, je vous enjoins à ne pas aller voir cette lamentable fiente qu’est Ruby Sparks. Je conseille également aux réalisateurs Jonathan Dayton et Valérie Faris ainsi qu’à l’actrice Zoé Kazan de ne pas se promener seuls dans les parkings sous terrains, car je risque à tout moment de surgir et de leur péter les genoux (métaphoriquement au moins). Et enfin, je vous recommande cette petite vidéo, qui vous donnera une idée de ce à quoi ressemblent les membres de l’équipe de Ruby Sparks : moches, mal sapés, bouffis d’orgueil, ignorants. Mais au moins, cette vidéo ne dure que huit minutes et fait sourire – ce qui n’est vraiment, vraiment pas le cas de Ruby Sparks.

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Night and Day (Knight and Day)

In a nutshell: A superb blockbuster! Tom Cruise is great as a loony spy, Diaz is very convincing as a woman suddenly thrown into an action movie when she was thinking she was only leading a “normal” life, and enjoying the change a lot. So will you.

On ne peut pas faire autrement que d’admirer le sens du timing de Tom Cruise, alors qu’il apparaît de plus en plus comme un dingue avec lequel il ne fait ni bon travailler, ni bon vivre (Libérez Katie Holmes !?), celui-ci choisit un film dans lequel il joue une sorte d’espion dingue, éminemment sympathique, dans un monde délirant, ce qui vous fait passer un moment jouissif. Car Knight and Day est une histoire absurde, désinvolte et rafraîchissante, une sorte de parfait cocktail devant lequel on hésite (toutes ces couleurs, tout ce sucre, et je ne suis pas sûr du goût …) pour, sans très bien comprendre, se retrouver hilare, en fin de soirée, devant une rangée de verres vides et de petits parasols éparpillés.

James Mangold, habile réalisateur, joue avec les attentes du spectateur et propose l’exagération et l’invraisemblable pour réussir son film popcorn de l’été. Un quart d’heure après le début du film, Tom Cruise (Knight) agent secret paranoïaque et brillant, mêlant à la sympathie taquine et musclée d’un Bruce Willis, le détachement élégant d’un Pierce Brosnan, a dessoudé passagers, pilotes et personnel de bord d’un avion qu’il fait atterrir en rase-campagne avant de raccompagner chez elle, incrédule et paniquée, Cameron Diaz (June), innocente jeune femme du Midwest allant au mariage de sa soeur. A l’instar de June, on ne peut croire l’audace abracadabrante dans lequel le film nous embarque, tout comme elle, on lâche prise et on prend plaisir au voyage, à la limite de la parodie, dans lequel les moyens colossaux de la machine hollywoodienne sont mis en place pour nous en mettre plein la vue.

Bull's eye for Diaz and Cruise in Knight and Day

On passe d’île paradisiaque inconnue en féria sans broncher car tout devient possible tant on frôle constamment le grotesque. La jubilation des deux vedettes qui semblent toutes deux s’amuser beaucoup sert à l’optimisme, au pétillant du film et Mangold use de leur alchimie pour maintenir l’intérêt de cette course effrénée. Souvent dans ce genre, après un début en fanfare, le réalisateur ne réussit pas à maintenir le rythme et le spectateur se lasse des poursuites répétitives ou des combats, quand le soufflé d’action et d’humour ne s’affaisse pas tout simplement. Rien de tout cela ici, le plaisir est constant.

Reste à souligner le talent des acteurs, Tom Cruise démontre qu’il devient toujours meilleur et que la jolie gueule de Top Gun a ajouté au fil de sa filmographie plusieurs cordes à son arc. Il a aujourd’hui en plus de ses capacités esthétiques et dramatiques d’étonnantes capacités comiques qui font de lui un acteur complet et l’une des véritables et rares stars internationales capables de tout entreprendre. Cameron Diaz renoue avec ses rôles de grande et jolie gigue sympathique et conquérante, et trouve en Mangold un réalisateur féministe, désireux de donner épaisseur et importance au personnage féminin qui soutient à parts égales le succès de ce film enivrant.

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