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Malavita

malavita1In a nutshell: Besson’s The Family (Malavita) is like a pita: flat, lacking salt and – I suppose – out of place in a movie theatre. Great cast, terrible script unable to set consistently on a tone, lazy camera work … Besson can do much better than that, or can he?

Quelques mots brefs sur un film qui ne mérite guère que l’on s’y arrête mais appréciant Tonino Benacquista et ayant lu avec plaisir son Malavita il y a quelques temps, la curiosité et la distribution étoilée de l’adaptation bessonienne ont eu raison de mon bon sens.

Lui aussi a vu le film ...

Instantané en sortie de salles …

Luc Besson poursuit sa chute aux enfers et ne fait pas mieux que The Lady, pire il cumule les défauts initiaux du roman avec une réalisation plate, une incapacité à choisir un genre (entre la farce noire et la comédie grand public bon enfant) et une igorance flagrante des qualités de l’histoire originelle qu’il a pu adapter. Résultat : incohérences dérangeantes (la moindre d’entre elle consistant à voir les Français parler anglais entre eux), clichés prévisibles fleurant bon le poujadisme et la francophobie, et pour l’humour, il n’est pas lourd mais pachydermique.

Ringard et s’achevant sur une fusillade inepte, Malavita est cependant trop insignifiant pour que l’on se mette vraiment en colère : à voir pour les amateurs de bocage normand, les fans les plus courageux des grands De Niro, Jones et Pfeiffer ou ceux que les plaisanteries graisseuses et molles réjouissent.

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Men in Black 3 (M.I.B. 3)

In a nutshell: Men in Black 3. Three. It would seem to indicate more than two … Well spotted dear reader, three reviews it’s gonna be with Miss J. as Will Smith, Mlle L. as Josh Brolin and M. D. as Tommy Lee Jones. So … now … where did I put that flashy thing so that you won’t remember this introduction?

Souvenirs, souvenirs… Nous étions jeunes, le jeudi après-midi au collège nous avions un TD d’anglais parfaitement insoutenable, et nous en profitions pour faire le mur et aller parfois au cinéma, quand nous avions les sous; les films vus dans ces circonstances revêtaient un goût tout particulier et se trouvaient souvent considérablement améliorés par la clandestinité relative de l’expérience. Ainsi, Men In Black s’inscrit très haut dans le panthéon du film du jeudi après-midi, les extra-terrestres et Tommy Lee Jones n’apparaissant alors qu’accessoires, très secondaires en comparaison de Will Smith brandissant un pisto-laser (eh oui, c’est ça l’adolescence). Il s’avère qu’il s’agissait en fait d’un film en soi très honorable et étonnamment inventif ; ce qui n’est pas le cas de MIB2 : mise à part la scène d’anthologie où Tommy Lee Jones apparaissait en préposé des Postes, ce film- sentait méchamment le réchauffé.

Si elle commence comme ça la critique, ça va chauffer …

Nous voici quinze ans après nos escapades collégiennes, et Barry Sonnenfeld nous fait le coup du rappel nostalgique en sortant Men In Black 3 … Le risque était grand … L’échec menaçait d’être fatal … Comme d’habitude, je l’attendais au tournant, le réalisateur !

J’ai vu MIB3, j’en suis sortie ravie, j’ai rigolé d’un bout à l’autre et j’y retourne après-demain.

Ce qui est une façon de vous dire que ce film est une complète réussite (dans son genre, bien sûr; vous vous doutiez bien qu’il ne s’agirait pas d’une escapade Buñuélienne !).

Mlle L. séduite par le bel homme en noir, et prête à l’escapade!

Will Smith, l’acteur chéri de nos années Eau Précieuse, a non seulement gardé mais amélioré son talent comique et sa belle gueule, pour mon total ravissement. Les dialogues sont, il faut bien l’avouer, souvent excellents, et l’agent J se voit offrir d’innombrables occasions de briller, au cours de moments de bravoure du comique de situation, renforcés d’ailleurs par un montage toujours très habile. MIB3 est donc un de ces trop rares blockbusters qui ne se limite pas, en termes d’éclats de rire, aux 5 blagues officielles de sa bande annonce. Ouf !

Face à un Will Smith ravi par son rôle, Tommy Lee Jones joue les absents, remplacé par Josh Brolin, la version “jeune homme” de l’agent K. Ce n’est pas la peine que je vous vende Josh Brolin, vous n’avez pas besoin de moi pour savoir qu’il est parfait, cet acteur.

Le scénario n’est pas mauvais (la collaboration d’Etan Cohen améliorant toujours bien les choses) et la transposition de l’histoire des MIB de 2012 à 1969 donne lieu à plusieurs scènes tout à fait savoureuses. Pour préserver les secrets du film, je dirai simplement que New York, en 1969, était effectivement une planque rêvée pour les extra-terrestres, certains d’entre eux accédant même à une gloire légendaire dans les milieux artistiques … Huhuhu.

John Lennon (en vert), Paul McCartney (de profil), Ringo Starr (de 3/4) et George Harrison (de genou) avant l’opération.

Les extra-terrestres, justement, sont joliment réussis, le recours à l’image de synthèse ayant été heureusement limité au profit des effets spéciaux pratiques. Jemaine Clement (Flight of the Conchords) est méconnaissable et assez convaincant en vilain monstrueux, Michael Stuhlbarg charmant en alien divinatoire un peu fatigué.

En quelques mots comme en beaucoup, Men In Black 3 est un divertissement admirablement réussi, qui tient très bien la route et égale, voire dépasse, nos joyeux souvenirs extra-terrestres. Ça fait très plaisir, je ne demande pas mieux.

En résumé : Men In Black est de retour. On s’amuse gentiment, sans plus, pendant deux heures tandis que Will Smith voyage dans le temps tentant de sauver la planète de la destruction par un extraterrestre laid et agressif. 

Looking for a way to fill a couple of hours up? You could do worse than Men In Black 3, although I daresay you could do a whole lot better, too. The last time I had anything to do with the MIB ‘aliens + Will Smith comedy/thriller/sci-fi’ franchise was in 1997 and I had just sat my final A level exam in history. It hadn’t gone as well as I’d hoped it would. Stalin’s domestic policy was the special subject and I misread the clock, believing I only had 35 minutes left when in fact I had 1hr 35 minutes, but by the time I stopped panicking, my handwriting had gone to mush, and soon there really were only 35 minutes left.

Will Smith, too, is in a race against the clock.

Anyway, the next thing I knew I was in the cinema in Bath watching aliens and Will Smith. And there was the “Here come the men in black, they won’t let you remember (just bounce with me)” song, and Tommy Lee Jones looking very old indeed. Although in fact, I hadn’t seen anything yet, because if you want to see Tommy Lee Jones looking VERY OLD INDEED, you need to see the latest installment: it looks like the unfortunate outcome of plastic surgery and decades on a sunbed. Still, props to the man for getting through it in as spritely a manner as he does.

The film itself? The concept is of course unchanged: the ‘Men In Black’ are a secret agency charged with protecting the planet from alien mischief, monitoring the many harmless aliens on planet earth who, unbeknown to mere mortals, are going about their daily lives, often disguised as humans, and usually without causing too much bother. Humans who notice anything strange afoot alien-wise are duly blasted with a specially patented amnesia gun, which seems to be one of the cooler duties of being a Man In Black.

“This will be more fun for us than it is for you”.

This time, Will Smith has to travel back in time to prevent a particularly problematic alien from obliterating planet earth. There’s some strong comedy moments in just how tricky it is for him to integrate pre Martin Luther King America. Sadly those such moments are a little sparse; while there are also some witty alien visuals, overall it droops on the comedy front. It does however rumble along pleasantly enough and even gives you a slight lump in your throat at the end, if you’re of the sentimental persuasion.

Will Smith looks perky and chipper, the aliens are on good form and there’s enough suspense and flashy sound effects to prevent even the tiredest person from nodding off half way through.  Fans of the genre will probably be quite content, if a little short of ecstatic about this latest – but surely not the last – installment.

In a nutshell: Will Smith has returned and it’s always a pleasure to see him. Not enough for making me crave a n°4 but this third installment is better than the previous Men in Black, in brief a fun and spirited three-quel that should entertain you. I still can’t find that neurolizer … oh well!

Quatre ans sans Will Smith alors que Louis Garrel tourne toujours … espérons que le retour de l’un signifiera la disparition de l’autre. De nos écrans, hein, disparition de nos écrans, déjà que je fais dans l’ad hominem, je ne vais pas en plus pousser au crime. Ce genre de réserves n’est pas le fort d’un agressif Boglodite, Boris (Jemaine Clement à la dentition … britannique?) qui réussit à s’évader de sa prison lunaire pour revenir se venger de celui qui l’y a enfermé, l’agent K (Tommy Lee Jones, sous valium). Finaud, Boris se rend compte qu’à la loyale, la lutte est inégale, et ayant probablement vu les films de Terminator dans sa cellule, il sait ce qu’il lui reste à faire. Non pas trucider Sarah Connor, mais voyager dans le temps, retourner dans le passé et supprimer K quand celui-ci, quoique jeune et fringant (Josh Brolin, impeccable), ne s’y attendra guère. Etonnamment peu réceptif à cette idée, l’agent J, partenaire fidèle de K, sautera à son tour dans l’histoire jusqu’en 1969 pour empêcher ce vil assassinat d’avoir lieu.

Boris et une fille canon s’entrainant à être vils et assassins

Vous vous doutez bien que J finira par l’emporter, déjà parce que c’est Will Smith, mais aussi parce que c’est une comédie et que vous avez peut-être même vu les précédents opus (opi?). La formule reste en conséquence très proche de celle du n°1 et elle est tout à fait plaisante. L’alchimie qui lie J à K, que celui-ci soit dans sa version âgée ou rajeunie, fonctionne admirablement et c’est un bonheur de voir se chamailler et s’épauler ces deux protagonistes. Efficace sans être exceptionnel, Men in Black 3 rattrape le souvenir déçu du n°2 mais ne dépasse pas l’étonnement et l’excitation ressentie au n°1, revu récemment et toujours très distrayant en dépit de ses imperfections. Par goût, on peut regretter que l’enquête course-poursuite et une touche de mélo familial prennent le pas sur l’humour et le bonheur de découvrir quelques extraterrestres de plus (il y a bien Lady Gaga, mais ça, je crois que tout le monde s’en doutait).

Barry Sonnenfeld, le réalisateur, remplit son cahier des charges mais ne va pas plus loin. Film pop-corn calibré dont le but premier est de faire fonctionner les tiroirs-caisses du monde entier, MIB3 est suffisamment sincère pour emporter l’adhésion, suffisamment vif pour plaire aux amateurs de film d’action, suffisamment sentimental pour que le public soit ému et suffisamment drôle pour sourire en sortant de salle. C’est bien, mais, je dois dire, j’attendais mieux.

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Captain America: First Avenger

Franglaisreview is back after the Summer break, hopefully to last. To start the new season Mlle L. talks about the latest Marvel production,  the scare power of nazis, and the sex appeal of American custom agents.

Sans surprise, Captain America est un film sympathique et estival, aussi profond qu’une BD empruntée à la bibliothèque locale pour lire à la plage, avec au moins le mérite d’être un franc divertissement.

Après quelques lourdingues catastrophes type Thor, face auxquelles nous n’avions eu dernièrement pour maigre alternative que la pénible et didactique nouvelle vague philosophante et dépressive (X-Men, par exemple, qui incarne le stéréotype du super-héros filmé en grisâtre qui marche tête baissée sous la pluie en se demandant “pourquoi la vie la mort la condition humaine tout ça”), on est en fait assez heureux de retrouver un film de super héros classique et sans prétentions. Captain America rappelle les deux premiers volets de Spider-Man: c’est bien fait, bien cousu, pas malin, mais vraiment pas mauvais.

Vraiment pas mauvais, le gringalet ... dixit Mlle L.

L’histoire est distrayante : gringalet courageux, le jeune Steve Rogers (charmant Chris Evans), par l’entremise des soins délicats d’un “bon Allemand”, scientifique estampillé par le Pentagone (Stanley Tucci, toujours délicieux), deviendra le gentil et héroïque Captain America, dont les muscles sont à l’image du courage: très grands. Le tout sous l’oeil bougon et, naturellement, éminemment réjouissant de Tommy Lee Jones, qui incarne avec grand bonheur un Colonel à l’accent rural et aux idiomes fleuris. Et c’est comme ça qu’alliant sens du sacrifice et super pouvoirs bioniques, notre brave garçon gagnera la guerre à lui tout seul, apportant ainsi un répit bienvenu aux troupes épuisées par l’effort, et volera le coeur du lieutenant Carter (gentille et presque incolore Hayley Atwell).

Le réalisateur Joe Johnston se rachète donc honorablement, même si sans brio excessif, de l’atroce-abominable Wolfman, dont la vision était insoutenable d’ennui mou – même coincée pendant huit heures dans un avion, c’était in-regardable. Captain America, au contraire, a le grand mérite de distraire et de faire sourire, plusieurs fois.

Soyons à présent un peu cruels, en soulignant que ce succès relatif tient sans doute bien davantage au jeu des acteurs, en général tous fort honnêtes, qu’à la vision du réalisateur lui-même. Tommy Lee Jones sait très bien se débrouiller tout seul, nous en avions eu la preuve avec Dans la brume électrique; je pressens que les acteurs de Captain America auraient pu être dirigés par un pneu de tracteur, la différence n’aurait sans doute pas été notoire.

Poursuivi par un pneu de tracteur

Reconnaissons cependant au film le très grand mérite de ne pas rendre l’utilisation (constante) du numérique trop insupportable – on sent bien sûr très profondément le recours systématique à l’écran vert, mais pas au point où celui-ci devient gênant, omniprésent, dérivatif. Bel effort, donc, qu’il est primordial de souligner.

Quelques petits ridicules passagers vous feront sourire, sans cependant vous énerver: Captain America tâchant de se glisser discrètement derrière les lignes ennemies à pas de loups, mais dans un costume fluo, bon… De même que nous noterons avec amusement que, comme toujours et suivant la tradition, le soldat Allemand (ou le méchant en général), bien qu’équipé d’armes offensives longue-portée (mitraillette, pisto-lazer, peu importe), ne s’en sert JAMAIS! La règle, que le méchant suit en bon sport, l’oblige à ne dégainer son arme que lorsqu’il se tient à moins de trente centimètres du héros, afin que celui-ci puisse lui retourner un pain et le mettre KO, ce qui est plus difficile à accomplir sous un tir nourri de mitraillette à trente mètres. Sympa, les méchants.

Tout cela, vous l’aurez compris, est sans gravité et fait même partie des règles du jeu.

Mais en parlant des méchants, c’est là que le bât blesse (un peu durement): les Nazis de Captain America sont censés être pires encore que des Nazis “classiques”. Ce sont des atroces Nazis bioniques aux super pouvoirs infernaux. Tellement fous et dangereux et sans limites qu’ils font peur aux Nazis eux-mêmes. A là tête de ces Schutzstaffel thermo-nucléraires maléfiques, le Red Skull (maquillage rehaussé de numérique pas toujours très heureux, ce red skull a parfois un peu la texture du gant Mapa). Le Red Skull, c’est Hugo Weaving, tout nul.

Parfois le méchant voit rouge

Le brave garçon serait manifestement heureux d’égaler la performance de Christoph Waltz chez Tarantino. C’est un souhait louable. Mais dérisoire par son irréalisme flagrant. Weaving, c’est l’élève besogneux. Plein de bonne volonté, mais dépourvu de résultats. Les Nazis des De Funès les plus ridicules faisaient plus peur que ça. Thierry Lhermitte dans Papy fait de la résistance est, en comparaison, terrifiant de cruauté et d’incontrôlabilité suggérée.

Cette situation résume toute mon incompréhension et ma lassitude face au cinéma de ces dernières années. Qu’il s’agisse des plus minables coproductions franco-italo-allemandes des années 60 et 70 (Quel Maledetto treno blindato – Inglorious Bastards, l’original), ou bien sûr des classiques tels que Paris brûle-t-il, La traversée de Paris, The Great Escape, mais aussi plus récemment d’Amen de Costa Gavras ou de Laissez-passer de Tavernier, le Nazi d’écran était dangereux, tangiblement terrifiant. Une fois le héros pris dans ses griffes, tout pouvait arriver. La toute-puissance accordée par le Reich à ses sbires quant à la gestion par la force des autochtones récalcitrants était, à mon sens, palpable dans ces films. Comme Jean Moulin, le héros pouvait être torturé indéfiniment; exécuté immédiatement, dans la rue, au milieu des passants; déporté, parfois presque par hasard (comme pour le personnage de Delon): le Reich n’allait pas se poser de questions pour un passager de plus ou de moins dans ses trains à bestiaux; il se fallait d’un miracle pour que le héros s’en sorte. Les méchants étaient tout-puissants, le héros démuni. Même dans La Grande Vadrouille, les Nazis représentaient un vrai danger: il faut que Bourvil et son Anglais se cachent au dessus des ascenseurs ou dans les égouts, et même dans ce film grand public, on sait que l’échec signifie pour eux la mort (au mieux).

Dans Captain America, ce Red Skull est sur-puissant mais sans pouvoir. Immortel, increvable… mais inexistant. Et c’est ainsi que ce film, sympathique, divertissant, réussit le tour de force de nous présenter le Nazi sans danger, mieux, le super-horrifique-maxi-Nazi-de l’enfer-qui fait peur-avec des super pouvoirs-en plus d’être un Nazi… incapable de quoi que ce soit d’autre qu’une petite crise de colère bien dérisoire. Weaving, comme les scénaristes et le réalisateur de Captain America, auraient bien fait d’aller au cinéma plus souvent quand ils étaient petits, ils y auraient vu des films de guerre où les SS faisaient au moins un petit peu peur. De mon côté, j’affirme que ce Red Skull, Nazi dopé aux amphétamines, ne parvient pas, en matière de danger latent et de folie incontrôlée, à la cheville des agents de l’Immigration Américaine de l’aéroport de Philadelphie…

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